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plaisir à 1 amour et aux empressemens du princo d'Antioche. Louis VII s en aperçut et se repentit de lavoir menée en Syrie. Au retour de la croisade , il lui fît des reproches très-piquans ; elle y répondit avec beaucoup de hauteur, et finit par lui proposer le divorce , ajoutant quelle en avait un moyen, en ce qu'on 1 avait trompée ; qu'elle avait cru se marier à un prince , et qu'elle n'avait épousé qu'un moine (1).
Malheureusement , ils s'aigrirent de plus en plus, et firent casser leur mariage. Léonore épousa, six semaines après, Henri, duc de Normandie, comte d'Anjou, qui devint dans la suite roi d'Angleterre, et à qui elle porta en dot le Poitou et la Guyenne. Delà vinrent ces guerres qui ravagèrent la France pendant trois cents ans : il périt plus de trois millions de Français, parce qu'un archevêque s'était fâché contre les longues chevelures, parce qu'un roi avait racourci la sienne et s'était fait raser la barbe , et parce que sa femme lavait trouvé ridicule , avec des cheveux courts et un menton rasé (2).
(1) Mézerai. Histoire de France, tome I er . ( m-4 0 .)
(2) Saiat-Foix. Essais historiques, tome II.
C H RE NE CHRUNDA. — La loi salique n'avait établi pour l'homicide et pour tous les crimes, excepté le crime d'état, que des amendes pécuniaires ; et celui qui n'était pas assez riche pour payer ces amendes, trouvait dans la loi salique même une ressource qui lui assurait l'impunité.
Il était seulement obligé de renoncer à ses biens, avec des cérémonies assez bizarres : il assemblait sa famille, ramassait un peu de terre aux quatre coins de sa maison , et la jetait sur son plus proche parent. Ensuite , n'étant vêtu que de sa chemise, la tête découverte , les pieds nus , et tenant un bâton à la main , il allait sauter par-dessus une haie. Alors, on ne pouvait plus le poursuivre. Mais le parent, sur qui la terre avait été jetée , se trouvait possesseur des biens du coupable , et chargé de payer ses amendes; à moins qu'il ne fît à son tour la.
même cérémonie, et qu'il ne rejetât le tout sur un autre. — Cette singulière façon de se libérer se nommait chrenechrunda.
CLERGÉ. — Chez les peuples barbares, les prêtres ont ordinairement du pouvoir , parce qu'ils ont et l'autorité religieuse et la puissance que donne la superstition. Il ne faut donc pas
être étonné , dit Montesquieu, si , dès le commencement de la première race, on voit les évêques paraître dans les assemblées de la nation , s'ils influent si fort dans les résolutions des rois , si on leur donne tant de biens.
— Sous les deux premières races, et sous les premiers rois de la troisième , les ecclésiastiques allaient à la guerre. On voit, dans les capitulaires de Charles-le-Chauve , que les évêques, les abbés et les prieurs étaient obligés de marcher, en personnes, à la tête de leurs moines et de leurs serfs. Les abbesses envoyaient aussi leurs vassaux à l'armée , avec un équipage de guerre, et un porte-enseigne.
Du temps de Louis-le-Gros, les villes et les bourgs étaient obligés de lever des troupes qui marchaient par paroisses. Les curés allaient en tête ; et la bannière de leur église servait d'étendard. — Cependant Charlemagne avait décidé que les prêtres n'iraient plus à la guerre , si ce n'est pour l'administration des sacremens, et pour la célébration du service divin (1).
Mais on ne regardait pas Charlemagne comme un homme infaillible (2).
( 1 ) Voyez les Capitulaires de Charlemagne.
(2) Il y a eu » depuis quelques siècles , bien des change-
— Henri VIII, voulant réformer l'église d'Angleterre, détruisit les moines , nation paresseuse elle-même , et qui entretenait la paresse des autres, parce que, pratiquant l'hospitalité, une infinité de gens oisifs, gentilhommes et bourgeois , passaient leur vie à courir de couvent en couvent. Il ôta encore ces hôpitaux , où le bas peuple trouvait sa subsistance , comme les gentilshommes trouvaient la leur dans les monastères. Depuis ce changement , l'esprit de commerce et d'industrie s etablit en Angleterre (i).
— Dans Une affaire purement temporelle, puisqu'il ne s'agissait quë de simples déclarations de leurs biens , que l'on voulait que les ecclésiastiques donnassent, comme les autres sujets du roi , voici lès propres termes du prélat qui portait la parole au nom du clergé , dans ses remontrances présentées à Louis XV ,
meus dans l'état du clergé. Les prêtres étaient obligés de servir l'état : ils en sont exempts. Ils devaient vivre pauvres , selon leur institution ; ils ont souffert d'être riches. Le canon II du concile de Calcédoine leur défend de se mêler d'aucune affaire particulière et temporelle mais il
. est bon d'avoir plusieurs cordes à son arc.
(i) Montesquieu. Esprit des lois, liv. 23, ch. 29. — Burnet. Histoire de la réforme d'Angleterre.
CLO 9 5 le 34 août 1749 , et imprimées à Paris la même année. — « Ne craindrait-on pas , Sire, dafiai- » blir le respect dû à la religion , si Ton voyait » aujourd'hui les ministres de l'église , pour la » première fois , à vins et réduits à la condition » de vos autres sujets ?.
Quoi! les prêtres sont-Us d'un autre sang que nous?....
On ne leur demandait que la déclaration de leurs biens , ils étaient immenses > il fallut les leur ôter pour les connaître , et c'est ce qu'on fit à l'époque de la révolution.
Saint-Foix remarque (1) que les maréchaux de France, les ducs, les ministres, et les plus •grands seigneurs déclaraient au moins leurs biens , s'ils n'en payaient pas les revenus à l'état, et le clergé craignait de s avilir , en se réduisant à la condition des ducs et des maréchaux : de quelle condition se croyait-il donc?... (Voyez Abbayes , Biens ecclésiastiques, Évëyues , Bénéfices , Dîmes , etc. )
CLOCHES. — On fait remonter jusqu'aux Égyptiens l'origine des cloches, et l'on prétend qu elles anhofiçaient les fêtes d'Osiris. Il n'y en
(1) Essais, toine II.
9 6 CLO eut en France qu'au commencement du septième siècle. Vers Fan 610 , l'armée de Clotaire , qui assiégeait Sens, fut si effrayée du bruit des cloches , que l'évêque Loup ou Lupus fit sonner, qu'elle leva le siège et prit la fuite.
La cérémonie du baptême des cloches s'introduisit en France, peu de temps après qu'elles furent reçues dans l'église. Àlcuin donne à entendre qu'on les baptisait déjà à la fin du septième siècle. Il n'est pas donné à tout le monde de concevoir le motif de cette institution ; et on ne voit pas de quel péché originel les cloches ont à se purger (i)... Lorsqu'on baptise ces masses sacrées, on leur donne des parrains ou répondans. C'est de droit le seigneur ou le plus apparant de la paroisse. A quoi servent ces répondans?... Une cloche est tombée, il y a huit ans, dans un village des environs de Mézières, et a tué deux paysans. Les parrains ont-ils payé les dommages?..-.
—Lorsque les comtes de Flandre prenaient possession de leurs états, le clergé, la noblesse «t les échevins des villes allaient au-devant d eux , hors des portes de Gand. Le nouveau comte était conduit a l'abkaye cte Saint-Pierre
(i) Dictionnaire infernal. . u