‹ Dictionnaire féodal ou recherches et anecdotesChapitre 44 sur 76 · CLO · texte numérisé non relu

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du Mont-Blandin , dont l'abbé célébrait pontificalement la messe, et ceignait ensuite l'épée au nouveau souverain.

Cette cérémonie étant achevée (i), le prince allait , en grande pompe , à l'église de Saint- Bavon ; là , il s'approchait du maître autel , faisait serment à tous les états de Flandre de bien s'acquitter de ses devoirs, de protéger l'église , les veuves et les orphelins , de maintenir la paix, les privilèges , les lois et les coutumes du pays ; et pour en donner la preuve , il sonnait lui-même, par trois fois , les cloches de l'église : ce qui devait être tout-à-fait majestueux.

On conduisait ensuite le nouveau comte sur la grande place de la ville , où il recevait du peuple le serment de fidélité. Le clergé, qui avait soumis ces princes à la très-humble fonc-» tion de sonneurs, ne se contentait pas de leur faire sonner seulement les cloches de Saint- Bavon. Dans toutes les villes et châtellenies de la Flandre où ils allaient pour la première fois, ils répétaient la même cérémonie ; de façon qu'a-

(i) Avant propos de V histoire des comtes de Flandre, jusqu'en 1697»

98 COM près avoir fait le tour de leurs états , ils devaient sonner assez habilement.

Dans une des nombreuses églises situées

sur le territoire de l'abbaye de Saint-Denis, il y avait autrefois une cloche, qu'on disait trèsutile, et qu'on appelait chasse-ribauds , parce que le son de cette cloche était un ordre de retraite pour les filles publiques et leurs braves amis , alors comme aujourd'hui passablement nombreux. Les chanoines ayant cessé de la faire tonner le soir , on les obligea de rétablir cet usage.

COMMISE.— C'était la cpnfiscation du fief du vassal, au profit du seigneur dominant. La commise pouvait avoir lieu , quand le vassal était assez impudent pour dire qu'il ne dépendait pas de son seigneur; et un petit seigneur, vassal d'un plus grand, perdait tous ses biens, lorsqu'il oubliait qu'il avait un maître.

Mais ce droit avait des modifications : lorsque le vassal disait qu'il était libre possesseur de son fief, le suzerain confisquait le fief. Lorsque le vassal prétendait qu'il était maître dans son château, le suzerain confisquait le château. Lorsque le vassal osait dire, en montrant les arbres de son jardin, que le seigneur suzerain n'avait point de droits sur ses pommes,

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