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fausse monnaie, ou d'hérésie , ses biens étaient confisqués au profit du roi seul (1). — Dans les autres crimes, la confiscation avait lieu au profit du seigneur suzerain ; et ce qu'il y a de plus odieux dans ceci , c'est que , quand le condamné obtenait des lettres de grâce ou de réhabilitation, le seigneur haut justicier n'était pas obligé de rendre les biens confisqués, s'ils étaient vendus ou aliénés. On se hâtait donc d'aliéner ou de vendre, lorsque le condamné avait quelque espoir (2).
— Le code pénal avait rétabli en France l'usage affreux des confiscations , que la charte a pour jamais abolies (3). Nous pensions vivre cependant loin de la féodalité et de la barbarie; et nous y étions, et nous y sommes peut-étré encore en bien des choses. — On a vu plus d'une fois , dans ces dernières années , une famille dépouillée de sa fortune , parce que le chef de cette famille , sans doute irisensé , avait porté une décoration proscrite. . ...
— Ces droits révoltons d'aubaine et de con-
(1) Paquet. Des droits de justice, ch. i3.
(2) Id. ch. 16. — Ordonnance de 1670 , tit. 17.
(3) * La peine de la confiscation des biens est abolie , et » ne pourra êtra rétablie. »> ( Art, 66 de U Chcr&. )
no CON fiscation sont suprimés; espérons que, sous un gouvernement représentatif, nous verrons bientôt tomber tout ces autres vieux abus, qui nous rappellent des mœurs de sauvages , et ne conviennent plus à des peuples policés.
CONFRÉRIE DE LA PAIX. — Au commencement du règne de Henri I er , la France fut déchirée par des dissensions sanglantes. Un grand nombre de seigneurs s'étaient mis en révolte ouverte contre le roi , et voyaient des ennemis dans tous les Français attachés à leur prince. On se livra a des rivalités , à des jalousies, a des contestations , qui firent partout verser le sang
français (1).
Comme aucune force humaine ne put arrêter ce débordement de crimes et d'atrocités, ni dans la capitale, ni dans les provinces, on fit intervenir le ciel, au secours d'un gouvernement sans autorité. On établit en 1041 la trêve du seigneur. C'était une loi qui défendait les combats particuliers, depuis le mercredi au soir jusqu'au lundi matin. L'autorité royale et ecclésiastique n'en pouvait pas faire davantage alors,
(1) Histoire de VesjDrit révolutionnaire des nobles en France , /iV. 3, ch. 7.
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pour empêcher les Français de se détruire (i) ; mais ce n'était pas assez; les seigneurs n'observèrent pas long-temps la trêve ; et nos provinces allaient être de nouveau dé vaste'es , lorsqu'on organisa la confrérie de la paix.
Un charpentier , nommé Durand (2) , publia que Dieu lui avait apparu , qu'il lui avait donné une image de la sainte Vierge, et qu'il lui avait commandé de former une société protectrice , qui porterait l'effigie de la Vierge pour décoration. On le crut; on institua la confrérie de la paix, dont les membres furent vêtus d'un froc blanc, et distingués par une plaque de tain à l'image de Marie.
Mais, dans ces bons temps où la piété était si fervente, les assassins et les rebelles furent assez malheureux pour se moquer de cette milice encapuchonnée et de ces chevaliers de la sainte Vierge; et les grands désordres ne se réprimèrent qu'avec une extrême lenteur ...( Vojex Quarantaine rojale.)
— On ne parlera point ici des jongleries et des scandales que donnèrent à la France les confréries de Henri III. L'abbé Poncet les ac-
(1) Le président He'naut. Abrégé chronologique (*) Mcierai. Abrégé de l 'histoire de France.
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cusa en chaire, à Notre-Dame, d'avoir mange le chapon gras, un vendredi , au retour de leurs processions, et d'avoir passé la nuit avec des filles (i). En rapportant de pareilles abominations, où les princes même jouaient un rôle, on pourrait déplaire au lecteur; ainsi, nous renverrons aux histoires des confréries.
Il y avait encore, au commencement du
dernier siècle , à la chapelle du Saint-Esprit , (près la place de Grève) , une confrérie de Notre-Dame de Liesse, dont le premier devoir était de bien tenir table. Cette pieuse société , qui dépensait en deniers tout Targent qu'elle recevait |>our des aumônes , s'appelait la confrérie des goulus. On dit qu'elle se relève et se multiplie en France.