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Troie, ils firent esclaves les princesses mêmes et la veuve du roi Priam.
Dans ces siècles reculés , qu'on s'est plu à décorer du nom de siècles d or , l'humanité et les droits naturels paraissent totalement inconnus. Les temps héroïques de l'ancienne Grèce ressemblent aux temps de notre chevalerie errante. C'était des deux côtés le règne du brigandage.
Chez les Grecs , une foule de petits tyrans enlevaient les femmes, détroussaient les passans , et s'en faisaient des esclaves. Les Thésée, les Hercule et tous ces héros si renommés employèrent leurs forces et leur courage à l'extermination de ces fléaux , à la défense des opprimés. Chez nos pères, après les funestes invasions des Normands , quand tout n'était en France que trouble et qu'anarchie , les seigneurs se donnèrent un pouvoir sans limites ; ils infestèrent les grands chemins; ils enlevèrent les pucelles ; on avait fortifié leurs châteaux contre l'ennemi: ils profitèrent de cet avantage ; et les manoirs des seigneurs devinrent, dans plusieurs provinces, des
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repaires de brigands. Alors, ceux d'entre les gentilshommes qui n avaient point encore perdu l'habitude de la courtoisie et de la vraie vaillance, se formèrent en confréries de chevaliers errans , qui parcoururent les pays infestés, réparèrent les torts , et firent justice par l'épée. Il faut dire aussi que, chez les Grecs et chez nos ancêtres, quelques-uns^ de ces coureurs d'aventures ftirent de faux frères a qui exercèrent la violence , en jurant de la punir. — Quoi qu'il en soit, c est à ces temps que les Grecs durent leurs fables héroïques , et nous les géans , les enchanteurs , les fées et les prodiges de nos romans de chevalerie.
A mesure que les peuples s'éclairent , on pourrait s'attendre à voir renaître quelque égalité parmi les hommes. Mais ces Grecs , que l'on nous dit si bien civilisés, l'étaient -ils véritablement? Sans doute its eurent de grands hommes; mais il faut que la masse ait été bien barbare , puisque leurs anciens législateurs leur ont donné des lois de cannibales. Lycurgue
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permît aux Spartiates de tuer leurs esclaves , et de les traiter comme des bêtes de somme. Les Ilotes, qui n étaient esclaves de ce peuple que par le droit de la victoire, étaient soumis chez eux à tous les travaux des champs, et dans la maison à toutes les insultes (i) ; et ils ne pouvaient espérer aucune justice (2). L'excès de leur malheur était tel qu'ils n'étaient pas seulement esclaves d un citoyen , mais encore du public; ils appartenaient à tous et à un seul; et chacun pouvait les tuer impunément; bien plus, quand la trop grande population des Ilotes leur faisait ombrage , les Lacédémoniens en faisaient un carnage, calculé dans le secret, exécuté lâchement, comme on exécuta chez nous le massacre de la Saint-Barthélemy.
Ils prétendaient , pour justifier de pareilles mesures, que l'état serait en danger, si
(1) Dans la maison, ils étaient soumis à la servitude personnelle auprès du maître. Aux cliamps , ils étaient serf* delaglhbe.
(2) Montesquieu , Esprit dee Lois , liv, 1 5 , ch. 1 oet 1 7.
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le nombre des esclaves devenâit trop grand ; mais chez les Athéniens , où les esclaves étaient traités avéc plus de douceur, où leur maître avait seul des droits sur leur vie , on ne voit pas qu'il aient troublé l'état, comme ils ébranlèrent celui de Lacédémone (i).
Des historiens ont reproché comme un crime à ces malheureux Ilotes le courage qu'ils eurent quelquefois de se révolter contre leurs tyrans. Il y a dans ce reproche une lâcheté bien cruelle. Le sort des Ilotes était une usurpation odieuse ; leur misère était horrible; leur vie continuellement menacée; ils n'étaient abreuvés que de mauvais traitemens et d'outrages ; et ils ne pouvaient espérer ni de changer de maîtres , ni d'être jamais affranchis
( i ) Idem , ibidem . ch. 1 6.
(2) « Agis , ayant soumis les Ilotes rebelles, les coudam- » na à une perpétuelle servitude ; il défendit à leurs maîtres » de les affranchir ; il ne voulut pas même qu'on pût 1rs » vendre à des peuples qui les auraient /raiiés plus humai-
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Chez les Parthes , les esclaves n'avaient point non plus de liberté à espérer. Chez les Perses, lorsqu'un esclave trop maltraité avait pris la fuite, s'il ne se donnait pas la mort, on le retrouvait; on l'accablait de peines et de châtimens ; on l'enchaînait ensuite, et on l'obligeait de travailler, avec les pieds et les mains chargés de fers, jusqu'à la* fin de sa vie. Si l'esclave , qu'une crise de désespoir avait porté à fuir, se repentait de sa démarche, et revenait le lendemain à son maître , on se contentait de le déchirer de verges, pendant une heure ou deux ; après quoi , on le renvoyait à ses travaux.
Chez les Chaldéens, les esclaves indociles étaint attachés par les cheveux à \sl queue d'une bête de course ; et une mort cruelle était la peine d'une faute, qui n'existait souvent que dans l'imagination du maître.
» nement que les Spartiates » (Alexandri ab Alexandre , Genialium dienim , lib. Ht, cap. 20.)