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pas jouir long- temps de leurs droits , ils traitaient favorablement leurs vassaux, aimant mieux recevoir peu que rien.' Mais, dans les bons temps, le chapitre avait aussi le droit de cuissage et les autres prérogatives attachées au titre de seigneur.
Celte cérémonie attirait tous les atis à Âûtun un concours immense de curieux ; et quoique les magistrats (i) se fussent plaints , en 1 769 , des désordres qui en étaient la Suite , die ne fut abolie que peu de temps avant la révolution.
(Voyez Processions.)
— On a remarqué plus haut que les seigneurs avaient le droit d'empêchér les fêtes de village.... (Voyez Droits divers. )
FEUX DE JOIE. — L'usage J dës feux de joie est de la plus haute antiquité. Paul-Emile, après avoir vaincu Persée, roi de Macédoine , et réduit ses états en province romaine , alluma un feu de joie, pour remercier les dieux de sçs conquêtes. Les Sarrasins faisaient un feu de
joie la veille de la saint Jean-Baptiste^ èt *»
(1) Pans, Versailles et les provinces au dix-ïmïtiètnè siècle, tome IL
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qu'il y a d'étonnant , c'est que les chrétiens suivaient le même usage. ■
De plus, à la fin du dernier siècle, le maire e} leséchevins de plusieurs v^les du royaume Rêvaient encore faire mettre dans un panier une ou deux douzaines de chats , et les bru- 1er dans le feu de joie de la veille de la Saint
Cette ^arbare coutume ,. dont on ignore l'origide , subsistait à ^aris même : c'était le prévôt des marchands qui devait présider à la mort des chats sacrifiés. On l'abolit dans cette ville, au commencement du règne de Louis XIY ; elle ne tpmba dans les provinces qu'au moment de la révolution (i). .
FIDÈLES. — On a parlé , au mot Féodalité,
(i) Qu lit , dit Saint-Foix , dans un des exécrables libelles du temps de la ligué x ( lè Banquet dt Arête , par Louis d'Orléans), que les ecclésiastiques, qui avaient assisté à la prétendue 1 conversion de Henri IV, rhéritaient d'être attachés en Grève comme fagots , depuis le pied jusqu'au haut' de V arbre de la Saint Jean; que ce prince devait tiré mis dans le panier otiT on met les chats; et que ce serait un sacrifice , agréable au ciel et délectable à la terre
de ces volontaires qui , chez les Germains , suivaient les princes dans leurs entreprises. Le même usage se conserva après la conquête.
Tacite les désigne par le nom de compagnons ; la loi saiique par celui $ hommes qui sont sous la foi du roi; les formules de Marculfe par celui d'antrustions du roi; nos premiers historiens par ceux de leudes , de fidèles ; et les suivans par ceux de vassaux et de seigneurs.
Les fidèles recevaient du prince, qu'ils suivaient à la guerre , des privilèges , des dignités et des biens. Ces biens furent appelés fiscs , biens fiscaux, bénéfices, honneurs, fiefs, dans les divers auteurs et dans les divers temps (i).
Mais la principale ressource de ces fidèles , avant qu'ils se fussent établis dans les Gaules, était le butin qu'ils faisaient à la guerre, et qui se partageait entre eux, dans la proportion des grades, et des dangers qu'ils avaient courus (2).
Ce fut à la tête de cette noblesse que Pharamond , cherchant un pays plus doux que le sien, arriva dans la Gaule romaine , et s'y fit recevoir lui et ses fidèles, non comme des hôtes, mais
(1) Montesquieu. Esprit des lois, liv. 3o, chaj). 16, (a) Histoire de Vesprit révolutionnaire des nobles en France , tome I er . , ch. P[.
254 F1E comme des maîtres. Les Francs prirent leur domicile chez les plus ricbès habitans de la contrée , et se déclarèrent propriétaires des deux tiers des terres , et du tiers des esclaves qui appartenaient aux Gaulois, Ces usages ne se sont pas tout-à-fait perdus, parmi les nations civilisées (i). >•
Avant l'établissement de la monarchie , il n'y avait dans les Gaules, qu'un petit nombre d'esclaves que Ton traitait avec, humanité (2).. Les conque rans gardèrent, dans leur maison, la férocité qu'ils avaient côrftractée à la guerre* Ils multiplièrent par la violence le nombre de leurs esclaves; et, quand ils en curent des troupeaux, ils voulurent jouir des terres, ce qu'ils avaient jusque-là négligé : ils obligèrent leurs esclaves à les cultiver pour eux . L'immense majorité des habitans de la Gaule devint, par ce moyen, un peuple de serfe attachés à la glèbe; «t les fidèles , des seigneurs féodaux .
FIEFS. — Les annales de Saint-Bertin «disent qu'en 85o , Salomon , duc de Bretagne , payait le tribut et faisait hommage, pour sa province,
(1) Idem y ibidem.
(2) L'abbé Bertou , Anecdotes françaises.
au roi Charles-le-Chauve , suivant Y ancienne coutume. Voilà pourquoi quelques écrivains ont pensé que la Bretagne était dès lors un fief détaché originairement de la couronne ; et Grégoire de Tours décide cette question, en faveur de ceux qui font remonter les fiefe au commencement de la monarchie. Lés Bretons, dit-il, ont toujours été soumis aux Français , depuis la mort de Clovis, et leurs chefs ont été appelés comtes et non rois ( i ) .
Mais, comme on la déjà dit, ce né fut que vers la fin du neuvième siècle que toute la France acheva de se diviser en fiefe héréditaires. Cefutalors aussi qu'on inventa la plupart des mots qui tiennent à la féodalité; et, au commencement de la troisième Tace , îl n'y avait plus en France que des serfs et des seigneurs.
— Les villes mêmes étaient des fiefe. Il y avait à Paris, autour de l'hôtel de Bourgogne, seize maisons qui formaient un fief royal. C'est ce fief que Henri IV céda aux religieux de sainte Catherine, lorsqu'il bâtit la place Royale, qu Occupait une partie de leurs terres,
(0 Gregorii Turon. Hislor., lib. IV, ch. /,.
Le reste de la ville était divisé en une multitude de fiefe, à l'exception de quelques quartiers qui jouissaient du droit de franchise. Les seigneurs de ces fiefe étaient souvent des moines, qui percevaient leurs droits seigneuriaux sur les rois mêmes. François I e '., tout fier qu'il était , payait le cens et le quint dans ses ventes , à ces mêmes religieux de sainte Catherine, pour son hôtel des Tournelles, situé en partie dans le fief de ces pères.
En 1 33o, Philippe de Valois ayant acheté mille vingt-cinq livres parisisle fief de Thérouenne, dans le quartier de Saint-Denis, paya au comte de Dammartin, de qui ce fief relevait, deux cent cinquante livres pour le quint (ou cinquième du prix de la vente ), et pour les autres droits féodaux.
Les évêques de Paris avaient, dans cette seule ville, neuf grands fiefs, et y étaient dans certains temps plus puissans que le roi (1). H y
(i) Sous le régime féodal , tout le pouvoir était entre les mai us des seigneurs ; le droit à la vérité était au roi : mais qu'est-ce que le droit sans la force , dans des siècles de barbarie? — L'évêque avait droit de justice seigneuriale dans cent cinq rues de Paris; l'abbé de Saint-Germain-des-Prés dans tout le faubourg Saint-Germain , et dans trente rues de la ville 5 et ainsi de suite , de sorte que le roi n'avait rien ou presque rien.
avait peu de couvent qui n'eussent de même plusieurs fiefs , et qui ne reçussent des hommages et des redevances , de tous côtés et tous les jours.
— Mais il y avait des seigneurs, dont les fiefs étaient plus ridicules que considérables. Ainsi la fabrique de l'église des Innocens possédait , en manière de fief, les échoppes qui entouraient le cimetière. Les marguilliers en recevaient les hommages et y percevaient les droits seigneuriaux.
Le sous-chantre de Notre-Dame était, en 1 256, seigneur féodal d'un coin du faubourg de Saint-Jacques. Le chapelain du collège des Bons- Enfans percevait des droits seigneuriaux sur les maisons environnantes. Le fief de Patouillet était une petite rue du faubourg de Saint-Victor, qui appartenait à un sonneur, dans le treizième siècle. Les clercs qui chantaient les matines à Notre-Dame,, avaient pareillement un fief qui rapportait bien cinq sous par mois : ils n'en étaient pas moins seigneurs.
Le fief des Trois Pucelles consistait en trois ou quatre maisons , situées près de l'église de Saint Jacques-de-la-Boucherie. T'était souvent le chefcier ou l'obitier de cette paroisse qui en était seigneur féodal. Ce fief fut vendu , au conv
s38 FIE mencement du quinzième siècle , à un maître d école , qui y percevait, comme ses devanciers , le droit de cuissage sur les trois premières pucelles qui se mariaient dans Fan.
En faisant hommage à ce seigneur , on lui portait une alose ou deux sous. Il fallait aussi que celui qui rendait hommage fût à genoux , tandis que celui qui le recevait était assis, les fesses à terre.
Ces petits seigneurs relevaient d'un seigneur un peu plus considérable, qui relevait à son tour d'un plus grand ; et , dans des villes comme Paris , il fallait quelquefois remonter neuf ou
zerain, qui relevait du roi (i). (Voyez Féodalité, Arriere-jiefs , Hommages, , Redevances, Dmits féodaux , etc).
FIEFS DE DIGNITÉ. — Suivant l'éditde mars 1682, une terre ne pouvait être érigée en duché-pairie, si elle ne valait huit mille écus de revenu annuel ; mais cet édit n'était pas trèsexactement observé; et, suivant ledit d'août 1579, un marquisat devait être composé de
(1) Voyez Sauvai. Antiquités de Paris, liv. II, VII, VI II, X, etc.
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trois baronnies et trois châtellenies ; un comté, de deux baronnies et trois châtellenies; une baronnie, de trois châtellenies. La châjtellenie devait avoir haute, moyenne et basse justice, avec plusieurs droits seigneuriaux. Cet édit encore e'tait mal exécuté ; car il y avait une foule de marquis et de comtes qui n'avaient d'autres terres que le pavé du roi. — Les duchés, principautés , marquisats , comtés et baronnies , étaient des fiefs de dignité, qui relevaient de la couronne (i).
FILLES PUBLIQUES. — Charlemagne, qui ne se piquait pourtant pas de continence , ne voulut point de filles publiques dans ses états. Il ordonna , en conséquence , qu'elles seraient condamnées au fouet , et que ceux qui les auraient logées , ou chez qui on Jes aurait trouvées, les porteraient sur leurs épaules, jusqu'au lieu de l'exécution (2).
Mais ces lois produisirent de grands désordres; les femmes honnêtes ne furent bientôt plus en sûreté ; l'expérience fit connaître que les
(1) LoisCfiu. Des seigneuries, ch. 6. — Henriquez. Code des seigneurs hauts- justiciers et féodaux , ch. 5.
(2) Capitubires de Baltizc, tome 1 er .