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filles publiques sont un mal nécessaire dans les grandes villes; et on prit le parti de les tolérer.
Elles commencèrent donc à faire un corps qui payait des impôts , qui était soumis aux taxes, et qui avait des statuts et des juges. On les appelait femmes amoureuses , filles folles de leur corps 9 etc. Tous les ans, elles faisaient une procession solennelle, le jour de la Madeleine. On leur désigna, pour leur commerce, certaines rues, où elles avaient des clapiers , qu elles s'efforçaient de rendre agréables et commodes au public. Elles étaient obligées de s'y rendre, à dix heures du matin, et d'en sortir dès qu'on sonnait le couvre-feu (i), c'est-à-dire, à six heures du soir en hiver , et entre huit et neuf en été. Il leur était absolument défendu d'exercer chez elles.
Celles qui suivaient la cour étaient tenues , tant que le mois de mai durait, de faire le lit du roi des ribauts, et de servir ensuite, à un prix raisonnable , les courtisans qui avaient besoin d'elles.
— • De toutes les rues affectées, par la ville de Paris, au débordement des filles publiques, la rueBrisemiche et la rue Tire-Boudin (aujour-
(i) Voyez Couvre-feu , dans ce dictionnaire.
FIL 2 4 t d'hui rue Marie Stuart), étaient les mieux fournies. En 1387 , le prévôt de Paris rendit une ordonnance qui chassait ces sortes de femmes de la rue Brisemiche , à la requête du curé de Saint-Merri, et attendu l'indécence de leur domicile si près dune église et d'un chapitre. Des> bourgeois, à qui le voisinage des filles de joie ne déplaisait point, s'opposèrent généreusement ' à l'exécution de cette ordonnance, et entreprirent de maintenir les femmes publiques 'dans l'ancienne possession où elles étaient de cette rue. Le parlement admit , en 1 588, l'opposition des bourgeois, et débouta le curé de ses prétentions, sauf à prononcer définitivement, au ca*. réme prochain, sur les nouvelles raisons des par-! ties. Les filles amoureuses gagnèrent leur cause, en objectant que, si on les chassait de la rue Brisemiche, à cause du voisjuiage de l'église ^ il faudrait les chasser de Paris, où l'on comptait, plus d'églises que de rues. , v % (
Mais quelque temps après, le curé de Saint- Merri trouva le moyen de se venger d'un de ces braves bourgeois , qui avaient si bien défendu" la chose publique, en le condamnant à faire amende honorable, un dimanche, à la porte de 1 la paroisse , pour avoir mangé de la viande le
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