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Malgré tout , les filles publiques eurent la jouissance de leurs droits et de leurs rues , jusqu'au règne de Charles IX. Mais, en i565, tous les lieux de débauche privilégiés furent abolis, et les femmes amoureuses obligées de quitter toutes les rues dont elles étaient en possession. On voulut alors > comme du temps de Charlemagne , supprimer la prostitution et les débauches. Malheureusement des désordres d un genre plus grave prirent la place des lubricités qui se passaient dans les maisons infâmes; et, après cette nouvelle expérience, on fut obligé de rétablir encore les filles de joie , que Ton a jusqu'ici tolérées, et qui payent aujourd'hui à la police des impôts et des patentes , qu'elles payaient autrefois aux seigneurs justiciers , ecclésiastiques et laïques (i).
- —Un côrdelier fonda à Parte, vers la fin du ^uineième sièclë, le couvent des Filles repenties de saint Magloire, pour servir de retraite aux femmes débauchées , qui auraient
Sauvai, Z*V, //, VII, XI, XII, XIF, des antiquités; livre des preuves;, cahier des amours.— Saint-Foix, tomes I et //. — Du Tillet. Fêtes des fous — Pasquïer. Recherches .'-Histoire de Paris, de FéGKe» et Lobin«au. — Journal de Henri III, etc.
FIL a45 toute leur vie abusé de leur corps. Jean Simon de Champigny , évêque de Paris , rédigea luimême les statuts de cette maison , et fit tout son possible pour empêcher qu'on y reçut des pucellçs, et que les vierges mangeassent le pain jies pauvres filles prostituées.
On remarque avec satisfaction cette petite partie des statuts du bon évêque : « On ne rece- » vra , dans les filles pénitentes , aucune sœur » qui n'ait mené , au moins pendant quelque » temps, une vie dissolue ; et, pour que celles » qui se présenteront ne puissent tromper a » cet égard , elles seront visitées en présence . » des mères , sous-mères et discrètes , par des » matrones nommées exprès, et-qui feront ser- » ment , sur les saints évangiles, de faire bon » et loyal rapport.
» Afin d'empêchér les filles d'aller se prosti-< » tuer pour être reçues , celles qu'on aura uné » fois visitées et refusées seront exclues pout » toujours....
» Outre ce , les postulantes seront obligées » de jurer, sous peine de leur damnation éter- » nelle , entre le& mains de leur confesseur et » de six religieuses, qu'elles ne s'étaient pas » prostituées , à dessein d'entrer un jour dans m cette congrégation , et qu'elles avaient péché
» sans intention pieuse. On les avertira encore » que, fiissent-elles professes , on les renverra, » si Ton découvre qu'elles ont abusé de leurs » corps pour devenir religieuses (i )...,»
A la vérité, notre siècle n'offrirait peut-être pas une charité aussi prévoyante , et une destinée aussi consolatrice pour les nymphes de nos rues et de nos places publiques.
FOI ET HOMMAGE. — En rendant hommage, le vassal mettait sa main dans celle du seigneur, et jurait : le serment de fidélité se faisait, en jurant sur les évangiles.
L'hommage se Élisait à genoux; le serment de fidélité debout. — Il n'y avait que le seigneur qui pût recevoir l'hommage ; mais ses officiers pouvaient prendre le serment de fidélité. . • ' • . . *
Foi et hommage , c'était fidélité et hommage (2). On devait ordinairement tous les deux à son seigneur. (Voyez Hommages.)
(1) Le père Héliot, Histoire des ordres religieux.
(2) Montesquieu. Esprit des lois, liv. 3i, ch. 33, notes. — Voyez le Glossaire de Ducange, aux mots Homiriïum et Fidclitas.