GOU
nations européennes que la liberté et les lumières environnent.
La servitude de la glèbe est la pire des abominations humaines. Les lois féodales disaient à l'enfant qui voyait le jour: «.Tu es né dans
» ce champ ; tu y végéteras jusqu'à la mort
» Tu passeras tes jours dans la misère; les tra-
» vaux, les sueurs Ce champ est ta prison ;
» tu n'en sortiras point , et tu en bêcheras la « terre aussi long-temps que tes bras auront
» quelque force La moitié des produits de
» ton champ appartiendra à ton seigneur. Tu » seras soumis à ses châtimens, à ses ordres, à
» ses caprices Ta femme et tes enfans par-
» tageront ta destinée ; et l'espérance, qui souri tient les malheureux jusquà la tombe, ne v s'approchera jamais de toi »
— On voit pourtant encore des malheureux qui regrettent les temps féodaux, et qui osent
vanter Y état paisible des serfs Que diraient
ces hommes si on les obligeait de l'être? si on les attachait à la glèbe,.. ? Mais non , ils veulent la servitude pour les autres , et pour eux les droits de seigneur. ( Voyez Serfs, Déguerpissèment, Féodalité, Droits, Dîme, etc., etc.).
GOUVERNANTES DES ROIS. — Quand
366 GRA Louis XV tint au parlement son premier lit de justice, la duchesse de Vantadour y assista, assise au bas du trône , en sa qualité' de gouvernante du roi. — Les gouverneurs de nos rois n'avaient qu'une commission ; mais les gouvernantes étaient revêtues d une charge delà couronne et jouissaient de plusieurs privilèges. On ne pouvait destituer ces dames qu'en leur faisant pour cela un procès. — Quelles sont les causes de ces prérogatives?
GRACE. — En Perse , lorsque le prince a condamné quelqu'un , on ne peut plus lui en parler, ni lui demander grâce. Que ce despote soit ivre ou hors de sens , il n'en faut pas moins que l'arrêt s'exécute.
Les souverains de la Perse ont toujours eu cette manière de penser : l'ordre que donna Assuérus d'exterminer les Juifs ne pouvant être révoqué , on prit le parti de leur donner la permission de se défendre (i)...— Voilà un peuple
(i)D y a pourtant une chose que l'on peut quelquefois opposer à la volonté* du prince , c'est la religion. On tuera son père, si le prince le veut; mais on ne boira pas de vin, quoique le prince l'ordonne. ( Montesquieu, après Chardin, Esfrit des lois, liv III, ckap. 10. )