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lorsque Antonin-le-Pieux eut fait une loi % qui permettait aux esclaves injustement maltraités de se réfugier au pied de la statue de l'empereur, comme à un asile inviolable , et de demander qu'on les vendît à un autre maître (i).
Chez nous , les seigneurs imitèrent souvent la conduite de Caton envers les serfs vieillis ; mais ils ne leur donnèrent ni les saturnales, ni un lieu d'asile, ni l'espoir de changer de condition. Ce ne fut qu'en supprimant la servitude, qu'on put en ôter les misères.
Mais, dans l'origine, nos pères traitaient leurs esclaves, comme avaient fait les premiers Romains. Ils vivaient avec eux en famille, et ne les assujettissaieut pas à une servitude très-gênante. Tacite dit que les esclaves des Germains n'étaient point obligés de servir leur maître dans sa mai-
(i) Il est inutile de parler ici des Turcs et de tous les peu» pics barbares ; puisqu'il y a encore des serfs chez nos voisins qui ont des lois, on ne doit pas être surpris de voir vendre la ebair humaine cbez des peuples non civilisés.
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leur modèle que se formèrent les chevaliers romains. Il y eut véritablement à Jloine des dignités et une noblesse. Les familles consulaires, les sénateurs, les chevaliers étaient bien distingués du peuple.
C'est pourquoi on avait divisé la nation romaine en deux classes, dont l'une comprenait les patriciens ou les grands , et Vautre les plébéiens ou les roturiers.
1 II y avait assez d'harmonie entre ces deux ordres , parce que , si les plébéiens . devaient secourir, dans les occasions , les patriciens auxquels ils s'étaient soumis* et payer la rançon de leurs enfans faits prisonniers de guerre, les patriciens de leur côté devaient protéger les plébéiens qui s'étaient faits leurs cliens , les conseiller dans les affaires difticiles , les défendre de l'oppression, veiller à leur sûreté et à leurs biens , et s'intéresser à leurs procès. Ce qui rendit plus stable encore l'union des patriciens et des plébéiens , c'est que ces derniers avaient le droit de choisir pour protecteurs ceux des patriciens qu'ils estimaient le plus, tandis que les patriciens
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n'avaient pas le droit de choisir leurs
cliens (i).
Chez nous les choses s'établirent autrement. Les vassaux et les seigneurs, que Ton peut comparer aux plébéiens et aux patriciens de Rome, furent unis sous les lois féodales, mais unis par les nœuds de la violence. Un vassal ne pouvait choisir son seigneur; il devait faire hommage et payer les redevances à celui que le hasard lui donnait pour maître; et les seigneurs pouvaient traiter leurs vassaux sans égards.
# En consultant les premiers monumens de notre histoire, on voit que chez nous le vasselage et la noblesse remontent à des temps très-reculés. Tacite dit que, parmi les Germains , les grands étaient toujours accompagnés de jeunes braves, qui s'étaient engagés à les suivre, qui affrontaient pour eux tous les dangers, et qui partageaient le butin du pillage. Ces vassaux sont appe-
(i) Rosini , Antiquitat. Roman, corpus absolutiss. — Grsvii , Antiq. Rom. thésaurus , etc.