PRÉFACE
du Dictionnaire Grec-Français de M. Planche. Car en van auraiït-on voulu y suppléer par les dictionnaires latins-grecs , tous incomplets et devenus très-rares, instruments d’ailleurs trop difficiles à manier pour le plus grand nombre des élèves encore peu familiarisés avec la langue latine.
Cetravail avait été commencé à plusieurs reprises par des professeurs justement pénétrés de son importance ; mais leurs tentatives, infructueuses parce qu’elles étaient isolées, avaient été successivement interrompues. À moins de se borner à une simple nomenclature, pour peu que l’on voulüt multiplier les exemples, un seul homme pouvait-il sufire à tant de recherches longues et minutieuses ?
Nous avons eu l’heureuse idée de recueillir tous ces matériaux épars, et nous avons mis en commun notre zèle et nos eflorts pour combler les énormes lacunes qui restaient, et faire de ces ébauches imparfaites un ouvrage complet et régulier. Quand même le succès n'aurait pas tout à fait répondu à notre attente , les amis de la littérature grecque nous sauront quelque gré d’avoir cherché à satisfaire un des besoins les plus pressants de l’instruction publique. D’autres viendront plus tard , et feront mieux. Dans ce genre de travail, la peine est pour ceux qui commencent , l'honneur pour ceux qui suivent. Mais, sûrs de n’être pas exempts de fautes, nous n’en avons pas moins affronté la critique, et nous avons fait pour être utiles le sacrifice le plus pénible, celui de notre amour-propre.
Nous avons pris pour modèle le Dictionnaire Français-Latin de M. Noël : sans calquer absolument notre ouvrage sur le sien, nous avons voulu être aussi exacts et aussi complets. Quelques articles paraîtront plus détaillés, d’autres moins : cela tient à la différence du génie des langues, à l'abondance ou à la rareté des matériaux ; mais l'ouvrage, considéré dans son ensemble, n’est pas moins richeen matières que celui de M. Noël; seulement, dans des vues économiques, nous avons singulièrement abrégé la rédaction, en supprimant le plus grand nombre des définitions ou en les resserrant dans un moindre espace, en refondant tous les participes dans les verbes auxquels ils se rapportent, en élaguant les noms propres de pays ou de villes, qui formeront à la fin de l'ouvrage un Vocabulaire particulier. Dansla même vue, nous avons évité de rendre les mots français par de longues périphrases de fabrique moderne , qui d’ailleurs n'auraient pu que très-difficilement entrer dans un thème , et dont la grécité eût toujours été suspecte. Nous avons mieux aimé laisser de côté quelques mots français tout à fait insolites, ou traduire par des équivalents qui suffiront dans l’usage habituel.
Nous nous sommes imposé la loi de ne point faire de grec, bornant notre travail