MAC — 1673 — MAC
chault fut un ministre intelligent et ferme. Son Vingtième était l'égalité proportionnelle de l'impôt, idée grande et hardie, qui, bien appliquée, aurait peut-être empêché la révolution 35 ans plus tard. V. P. Clément, Portraits historiques , Paris, 1855, in-8°. B.
macii a u J, T, eh -1. de eant. (Ardennes), arr. et à 17 kil. S.-O. de Vouziers; 718 hab.
MACHECOUL, eh.-l. de cant. (Loire-Inférieure), arr. et à 38 kil. S.-O. de Nantes; 1,591 hab. Cruellement traité, en 1793, par les troupes vendéennes.
MACHIAVEL | Nicolas), né à Florence en 1469, m. en 1530, fut successivement secrétaire de cette république, 1497-1512, chancelier de la seconde chancellerie dei sir/nori , et secrétaire de l 'Office des dix magistrats de liberté et de paix. En outre, il fut chargé «le 23 légations au dehors et de plusieurs missions à l’intérieur. Au retour des Médicis, 1512, emprisonné et torturé, par suite d’une accusation de complot, il ne fit pas d’aveux. Sorti de prison, il vécut dans l'indigence et la retraite, et consacra ses loisirs à la composition d’un livre de peu d’étendue , qu'il intitula : Traité du Prince, et que l’on regarde généralement comme le code de la tyrannie. En effet , en examinant ce que c’est qu’une principauté , combien il y en a d'espèces , comment on les garde , comment on les perd, il y enseigne que les mots de bonne foi, de justice, de clémence et d’humanité doivent toujours être dans la bouche des princes, mais que ceux-ci doivent fouler aux pieds ces vertus et oser même commettre des actes de cruauté, lorsqu’ils le jugent nécessaire à la conservation de leur pouvoir. On a douté si Machiavel n’a pas voulu avertir les faibles en paraissant tracer pour les princes Part de la tyrannie, et lui-même a conduit à cette conjecture par sa réplique à quelqu'un qui lui reprochait son livre : « J’ai enseigné aux princes à être des tyrans; mais j’ai aussi enseigné aux peuples à détruire les tyrans. >• Le Traité du Prim e fut composé en 1514 ; deux ans après, Machiavel écrivit des Discours sur Vite- Lire, qui sont des réflexions critiques et politiques sur l’histoire romaine, ouvrage plein de sagacité et de profondeur, mais où sont reproduits les mêmes enseignements qne dans le Traité du Prince ; il y a néanmoins de la profondeur dans les idées politiques; leur immoralité, affectée ou naturelle, a été cause qu’on les a flétries du nom de Machiavélisme. Lorsque Machiavel eut écrit le Prince, il en communiqua le manuscrit à Laurent de Médicis, dont il gagna ainsi la confiance, et qui le nomma historiographe de Florence. Cette place devint pour Machiavel l’occasion de produire son plus bel ouvrage, P Histoire de Florence (de 1205 à 1424), écrite vers 1524; œuvre imposante, claire, élégante, pleine de profondeur, de couleur locale , et composée avec une belle inspiration de l'antique heureusement appliquée à ces récits du moyen âge. Cette histoire, divisée en 8 livres, a pris rang en Italie parmi les modèles du genre. Les autres ouvrages de Machiavel sont: quelques comédies, dont la plus connue est la Mandragore , écrite avant 1520, et fort licencieuse; Belphégor, nouvelle, qui a été imitée, ainsi que la comédie précédente, par La Fontaine, etc. Les écrits de Machiavel n’ont été imprimés qu’aprés sa mort. On a donné à Florence un recueil de ses OEuores complètes, 1813, 8 vol. in-H», et 1818, 10 vol. in-8“. La plupart ont été traduites en français par Têtard, La Haye, 1743, 6 vol. in- 1 2; par Gniraudet et Hochet, Paris, 1779, 10 vol. in-8»; par Fériés, Paris, 1823-6, 12 vol. in 8°. L' Anti-Machiavel de Frédéric II est une réfutation du Traité du Prince. Machiavel commenté par AL Buonaparte n’est qu’une traduction du même livre par l'abbé Guillou, Paris, 1816, in-8°. M. de Bouillé a publié des Commentaires politiques et historiques sur le Traité du Prince de Machiavel, et sur T Anti- Machiavel de Frédéric II, Paris, 1827, in-8. V. Machiavel, son génie et ses erreurs, par Artaud de Montor, Paris, 1833, 2 vol. in-8°. Le style de Machiavel se distingue par kt simplicité , la force et la clarté , et le met à la tête des prosateurs italiens. O. N.
MACHINE (i,a), vge (Nièvre), arr. et à 40 kil. S.-E. de Nevers, 10 N. de Deeize; 2,380 hab. Exploitation de houille ( 1,000,000 d’hectol. par an).
machine infernale, instrument de destruction destiné à l’assassi at eu masse. L’invention en est attribuée à un ingénieur italien du xvi® siècle. La machine infernale du 3 nivôse an ix (24 déc. 1800) était un baril plein de pondre, de halles, d’artifices, muni d’un ressort à détente, et qui éclata, il l’entrée de la rue S'-Ninaise, à Paris, au moment où le 1er consul venait le passer en voiture pour aller îles Tuiler es ù l'Opéra. Il ava t été impossible de calculer juste; Bonaparte ne fut point aiteint; mais 46 maisons furent endommagées, 8 personnes tuées, 28 blessées. — ■ Une nouvelle machine infernale, celle de Fieschi, éclata,
1 le 28 juillet 1835, du 3» étage d’une maison du boulevard du Temple, n° 50. Celte machine, en chêne, de 1 met, 13 cent de haut, supportait 24 canons de fusil, qui pouvaient s élever ou s'abaisser, selon la direction qu'on leur donnait. Destinée à frapper ie roi Louis-Ph lippe l®r5 eue effleura son front, et abattit autour de lui des officiers supérieurs, des gardes nationaux, etc , au nombre de 21;
1 1 furent tués sur le coup, et 7 moururent quelques jours après. — Machine de Piétri et Orsini, consistant en petites bombes fulminantes , jetées sous la voiture de Napoléon 111 , ù la porte de l’Opéra de Paris, le 14 janv. 1858. Elles firent plusieurs victimes, mais l’Empereur ne fut pas atteint. J, rp.
MAC1NE ( le ), historien arabe. V. Elmacine.
MACK (Charles , baron de) , général autrichien , ne en 1752 à Neusslirigen en Franconie, m. à Vienne en 1828, fit la guerre de Sept Ans sous Lascy, et celle île Turquie sous Lamlon, servit contre la France dans 'es Pays-Bas en 1792-93, fut nommé généralissime des troupes napolitaines en 1798, se fit battre par Macdonald et Championnet , fut envoyé, prisonnier sur parole, à Paris, d’où il s’échappa, reçut un nouveau commandement en Bavière en 1805, et, pour s’être laissé envelopper dans Ulm par Napoléon 1er, et s’être rendu à diserét'on avec 30,000 hommes, fut condamné à mort. Par commutation de peine, il subit deux ans de captivité au Spielberg.
MACKAU ( Ange-René-Armand, baron de) , amiral, né à Paris en 1788, d'une ancienne et noble famille irlandaise, m. en 1855, fut élevé dans la même institution que Jérôme Bonaparte, entra dans la marine à 16 ans, servit sous les ordres de son ancien condisciple en qualité de novice matelot sur le vaisseau le Vétéran , fut ensuite attaché au contre-amiral Baudin jusqu’en 1810, et se fit connaître en 1811 , n'étant encore qu’enseigne provisoire, par un trèsbrillant combat avec le brick T Abeille contre le brick anglais VAlacrity, dont il s'empara. Ce succès lui valut le grade de lieutenant de vaisseau. Capitaine de frégate en 1812, il obtint, sous la Restauration, des missions importantes aux îles Bourbon et Madagascar, fut nommé capitaine de vaisseau en 1819, et alla recueillir au Sénégal des renseignements sur la double question de l’établissement et de la traite des noirs. De 1821 à j823, il parcourut, avec la frégate la Clorinde, l’océan Pae fique, et établit des relations commerciales et politiques avec les nouveaux Etats de l’Amérique du Sud. Ce fut lui qne Ton chargea de faire ac cepter à Haiti l'ordonnance d’affranchissement du 17 avril 1825, et il accomplit cette mission avec tant de distinction, que, la même année, le roi le nomma contre-amiral. Il fut ensuite appelé au conseil d’amirauté et à la direction du personnel de la marine, 1828-29. En 1833, il commanda l’escadre des Dunes, chargée de bloquer la Hollande pendant le siège d'Anvers. Nommé chef de la station des Antilles, il obtint du gouvernement de la Nouvelle-Grenade, 1833-35, en attaquant Carthagène, la réparation d'une insuite faite à M. Adolphe Barrot, consul de France. Mackau était bon manœuvrier, prudent et heureux dans sa navigation. Après avoir été gouverneur de la Martinique, 1836-37, il fut élevé au grade de vice-amiral ; il succéda, en 1843. à l’amiral Duperré, comme ministre de ia marine et des colonies, jusqu’en 1847, époque où il obtint le grade d’amiral. Il fut nommé membre de la Chambre des Pairs en 1841, et, en 1852, sénateur.
MACKENZIE (George), jurisconsulte, né en 1636 à Dundee (Angusl, m. en 1691, étudia à l’université de Bourges, s’attacha au barreau d’Edimbourg, fut choisi , en 1661 , comme défenseur du marquis d’Argyle , accusé de trahison et qui eut la tête tranchée, devint juge dans une cour criminelle, avocat du roi en 1674, et l’un des lords du conseil privé en Ecosse. Son dévouement au roi le fit appeler, par les Covenantaires , l’avocat sanguinaire. Il résigna ses fonctions sous Jacques II , fonda eu 1689 la Bibliothèque des avocats à Edimbourg, et se retira en Angleterre. On a de lui : Arelino , ou Roman sérieux , 1660; Essais sur divers sujets moraux , 1713, in-Ht (comprenant Religio sloïri , 1663; Essai moral, 1665; Moral qaUanlry : Histoire morale de la frugalité ; la Raisim) ; Discours sur les lois et coutumes d’Ecosse en matière criminelle , 167 ( , in-4°;. Idea eioquentiæ [orensis hod:ernæ , Edimbourg, 1681, in-8°; Jus regium, etc., Londres, 1684, in-8", etc. Ses Œuvres complètes ont été imprimées à Edimbourg , 17 16 , 2 vol. in-fol.
Mackenzie I sir George) , biographe écossais, ixerça la médecine à Edimbourg au xvne siècle. On a de lui :
I Lires and cliaracters of the most eminenl writers of tlie Scots nation, etc., Edimbourg, 1708, 1711 , 1722, 3 vol. in-fol.
Mackenzie (Henri | , écrivain, né en 1745 à Edimbourg, m. en 1831 , fut d’abord avocat-général à la Cour de l’echi-
MAC
qnier d’Edimbourg, puis contrôleur des taxes en Ecosse, i Ses principaux écrits sont : l' Homme sentimental, uouvelle, 1771; l'Ilomme du monde, suite à l’ouvrage précédent; Julio de R oulnnne, 1777, roman sous forme de lettres.il publia deux journaux , le Miroir et l'Oisif. Il a donné lui-même une édition de ses œuvres , 8 vol. in-8®, Edimbourg, 1H08.
.Mackenzie (Alexandre), voyageur anglais , né en 1760, se rendit au Canada pour y faire le commerce des pelleteries. En 1789, il découvrit le fleuve qui porte son nom , et, de 1792 à 1793, parcourut le premier l’Amérique septentrionale dans toute sa largeur. Le récit de son voyage a été publié à Londres , 1801 , et traduit en français par Castéra , 1802, 3 vol. in-8®.
Mackenzie, fleuve de l’Amérique du Nord. Source à l’extrémité U. du lac de l’Esclave; cours d'environ 1,200 kil. , à l’O., puis au N. et au N. -O., par le pays des Grands- Esquimaux. Embouchure dans l'océan Glacial arctique Le voyageur anglais Mackenzie l’explora le premier en 1789, et, après lui, John Franklin, en 1825.
MACKIXTOSH (Sir James), écrivain, né en 1765 à Dores | lnverness), m. en 1832, étudia d’abord la médecine, puis le droit; il se fit un nom par la publication d'un livre int tulé : Vindictes gallicunœ, 1791, où il réfutait les attaques de Bnrke contre la Révolution française, et par la défense de Peltier, poursuivi comme auteur d’un libelle contre le 1er consul Bonaparte. Juge au tribunal de Bombay, 1804- 1811, membre du l'arlement en 1812, il fut un des promoteurs de la réforme parlementaire. On a de lui : Histoire de la Révolution de 1688 , publiée seulement en 1834 ; Mélanges philosophiques, trad. en français par L. Simon; Essai sur les progrès de la philosophie morale, trad. par Poret, Paris. 1836; Histoire d’Angleterre, etc.
MaC-LAURIN (Colin 1, célèbre mathématicien, né en 1698 à Kilmoddan près d'Inverary (Ecosse 1, m. en 1746, obtint, en 1717, la chaire de mathématiques an collège Maréchal, à Aberdeen , et fut plus tard adjoint à Gregory dans l'université d'Edimbourg. On a de lui : Geometjria orgamca , Lond., 1720, in-4°; Mémoire sur le flux et te re/lux -de la mer, 1740, qui lui fit partager, avec Daniel Bernoulli et Euler, le prix proposé par l’Académie des sciences de Paris; Traité des fluxions, en anglais, Edimb., 1742, in-4®, trad en français par le P. Pézenas, Paris, 1749 ; c’est dans cet ouvrage qu’il donne la série qui porte son nom ; sa démonstration est indépendante de la formule de Taylor; Traite d’algèbre, trad. par Lecozic, Paris, 1753, in-4°; Exposition des découvertes philosophiques de Neivton, en anglais, Londres. 1748, in-H®, trad. en français par Lavirotte, 1749, in-4“; divers Mémoires dans les Transactions philosophiques. V.
MAC-LEOD, riv. de l’Amérique du Nord (Etats-Unis), dans l'Etat d’Orégon, se jette dans le Grand-üiéan.
MACKL1N (Charles), acteur et auteur dramatique anglais, né en Irlande en 1690, m. en 1797, débuta à Londres en 1725 sur le théâtre de Drury-Lane, à la direction duquel il fut ensuite associé, ouvrit en 1744 un nouveau théâtre, celui de Hay-Market, et ne quitta la scène qu’en 1789. Il excellait dans le rôle de Shylock du Marchand de Venise. Deux de ses comédies, l’Amour à la mode et l'Homme du monde, sont restées au répertoire. Ses Mémoires, publiés à Londres, 1799, 2 vol. iu-8®, ont été traduits en français par Defaucoupret dans la Collection des Mémoires sur l’art dramatique.
MACLOU ou MALO (S1), né vers la fin du ve siècle dans la vallée de Llan-Carvi n (pays de Galles), m. vers 565, se retira dans un ermitage de Bretagne près d’Aleth, fut élu, vers 541, évêque de cette ville, qui s’est appelée depuis S'-Malo, et se retira plus tard dans une solitude près de Saintes, où il mourut. Fête, le 15 novembre.
MACLOVIOPOLIS, nom latinisé de la v. de S1-Malo.
MACON , Matisco Æduorum , ch.-l. du département de Saône-et-Loire, à 401 kil. S.-E. de Paris, 441 par chemin de fer, sur la rive dr. de la Saône; par 46® 18’ 24” lat. N. et 2® 29’ 55" long E. ; 15,265 hab. Tribunaux de lre instance et de commerce; lycée, bibliothèque, école normale primaire, écoles de dessin et d’horlogerie. Sociétés dessciences, arts, lettres et agriculture; cabinet de minéralogie. On y remarque un ancien palais épiscopal, l'hôtel île ville, les restes d'un arc de triomphe, l’hôpital, construit par Soufflot, et le |iont sur la Saône, qu’on attribue à tort à
J. César. îerce de bois, grains, merrains, et surtout
de vins du pays, parmi lesquels on distingue les Thorins et les Mouhus-à-Vent, vins rouges, et les Ponilly, vins blancs. Fonderies de cuivre. Fabriques de vinaigre, d’horlogerie et quincaillerie, faïence, couvertures de laine, velours, peluche, toiles. — Ville des Eduetis, conquise par César, qui en fit un poste mditaire, Mâcon fut siège d’évêché dés le v“ siècle; il s’y tint deux conciles au vi%
pour régler l’observance du dimanche. Le protestantisme y fut prêché dès 1559. Les catholiques la prirent par surprise eu 1562; les protestants y rentrèrent en 1567, et en furent chassés la même année. Patrie de M. de Lamartine.
MAÇONNAIS, pays de l'anc. France, dans la prov. de Bourgogne, entre le Châlonnais au N., la Bresse à l’E., le Lyonnais au S., le Brionnais et le Charolais â l’O. ; compris auj.dans le départem.de Saône-et-Loire; cap., Mâcon; v. pr ncip. : S'-Gengoux, Tournus, Cluny. — Habité par les Eduens, il fut conquis par César, ravagé par Tétricus, conquis par les Bourguignons au v® siècle, réuni à l’empire de Charlemagne, puis au royaume d’Arles, 877; il devint, au xe siècle, un comté héréditaire, et fut acheté par Louis IX, en 1238, à Robertde Dreux, qui le tenait de sa femme Alix. En 1359, le Dauphin (Charles V) le donna en apanage au duc Jean de Berry; il revint à la couronne en 1416, et, en 1435, Charles Vil le donna à Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Louis XI le réunit à la couronne, en 1477,
MAÇONS (FRANCS-). V. Francs-maçons.
MACORABA, nom latinisé de La Mecque.
MAC’OUBA (La), v. delà Martinique, sur la côte N., à 19 kil. N. de St-Pierre; 2,270 hab. Tabac renommé, café, cacao, sucre.
MAÇOUD. V. Mas’ocd.
MACl’HERSON ( Jacques), écrivain anglais, né en 1738, en Ecosse, dans le comté d’inverness, d’un fermier peu riche, mais d’une anc. famille, m. en 1796, étudia au collège d'Aberdeen, dirigea une petite école, publia un poëtne fort médiocre : le Higlilander , devint précepteur, et donna, en 1760, des Fragments de poésies anciennes, recueillis dans les montagnes d’Ecosse et traduits de la langue erse ou gaélique, petit volume de 60 pages. Le siècle, las de raisonnements et de critique, adopta avec enthousiasme cette vague et plaintive poésie; l'Ecosse, humiliée de sa réunion, 1707, et du désarmement des clans, fut heureuse de voir renaître l'ancienne patrie, de pouvoir opposer un génie à ceux de l’Angleterre. On trouva qu’Ossian surpassait I Iliade. Une j souscription fut ouverte pour aider Maepherson à retrouver les poèmes qu'il annonçait. En 1762, en effet, il publia le poème de Fingal ; en 1763, Temora, etc. Toute l’Europe traduisit et imita ces poésies. Ensuite Maepherson suivit comme secrétaire le gouverneur de la Floride- Orientale. Il revint en 1766, et donna, en 1771, une Introduction à l’histoire de la Grande-Bretagne et de l'Irlande. Peu de temps après, il publia une malencontreuse paraphrase de l’Iliade en prose poétique, qui souleva tous les critiques. A la même époque, Johnson imprima son injurieuse critique des chants attribués à Ossian. Maepherson n’y répondit pas. Son Histoire de la Grande-Bretagne , depuis la Restauration des Stuarts jusqu’à l’avénement de la maison de Hanovre, fut attaquée par les whigs. Il les ramena par ses Pièces justificatires, où se trouvaient des extraits d’une Vie de Jacques II écrite par lui-même. Lors de la guerre contre l’Amérique, le gouvernement le chargea de répondre à de nombreux pamphlets. Il s’en acquitta avec honneur, et fut nommé membre du parlement en 1780-84 et 1790, mais ne prit pas une seule fois la parole II légua | à Mackenzie la somme nécessaire pour publier le texte original des poésies d’Ossian ( V. ce mot). A. G.
MACQUAR1E. riv. d’Australie ( Nouv.-Galles du Sud), formée du Fish-river et du t'ampbell's -river, affluents du Darling, sort des Montagnes Bleues. — Fort dans la terre de Van Diéinen, sur la côte O. — Ile au S. de la Nouvelle-Zélande. Le sol en est entièrement recouvert d’une immense quantité de guano.
MACQUART (Louis-Claude-Henri), médecin, né à Reims en 1745, m. en 1808, voyagea par ordre du gouvernement dans le N. de l’Europe, pour en explorer et analyser les produits minéralogiques, devint ensuite professeur d’histoire naturelle à l'Ecole centrale du départ, de Seine-et-Mnrne, membre de la Société royale de médecine, et conservateur du cabinet de Fontainebleau. On a de lui; Manuel sur les propriétés de Tenu, particulièrement dans l’art de guérir, Paris, 1783, in-8®; Recueil de Mémoires sur plusieurs points de minéralogie, 1789, in-8°; Dictionnaire de lu conservation de l’homme et d'hygiène, 1799, 2 vol. in 8°: Nouveau Dictionnaire de santé, 1800,2 vol. iu-8°; des travaux dans divers recueils. Il a écrit les articles sur l’hygiène dans le Dictionnaire de médecine de l’Encyclopédie méthodique.
MACQLTR (Pierre-Joseph), chimiste, né à Paris en 1718, ni. en 1784, professeur de pharmacie, membre de l’Académie des sciences, refusa toujours de se rallier aux doctrines nouvelles de la science, et combattit Lavoisier. Il fut, en plusieurs circonstances, le collaborateur de Baumé. On a de lui : Eléments de chimie théorique et pra-
MAC
MAD
tique, Paris, 1756, 3 vol. in-12 ; Dictionnaire Je chimie, 1778,
2 vol. in-4° ou 4 vol. in-K° ; l'Art du teinturier en -soie, 1763 in-fol. Il a collaboré au Journal des savants, de 1768 à 1776.
MACQüer (Philippe), littérateur médiocre, frère du précédent, né en 1720, m. en 1770, a laissé : Abreye chronologique de l'histoire ecclésiastique, Paris, 1751 et 1757, 2 vol. in-H» ; Annales romaines, 1756 et 1757, in-8°; Ahréyé chronologique de l’histoire d'Espagne cl de Portugal, 1759-65,
2 vol. in-8«. Il eut part au Dictionnaire des arts et métiers de l'abbé Jauhert.
MACHA, nom anc. de la Magra.
MACRI. V. Marri.
MACRIEN, Marcus-Fulvius-Macrianus-Augustus, un des 30 tyrans qui prirent la pourpre sous Gallien, avait servi successivement dans l’Italie, la Gaule, la Thrace. l’Afrique, l’Illyrie et la Dalmatie. Valérien lui ayant remis l'administration de la Syrie, avant d’entreprendre son expédition contre les Perses, il se fit proclamer empereur, en apprenant la captivité de ce prince, 260, voulut passer en Italie, se laissa battre en lllyrie, 262, par Domitien, lieutenant d’Auréolus, et se fit tuer par ses officiers. La Vie de Macrien et celle de ses deux fils, Macrieu le jeune et Quiétus, qu’il s’était associés, a été écrite par Trebellius Pollion ; le 1er périt avec son père ; le 2e fut tué dans Emèse, où 1’assiégeait Odénath.
MACHIN, Marcus-Onelius-Macrinus , empereur romain, 217-218, né à Césarée iNumidiel en 164. Employé au service de Plautien, beau-père de Caracalla, il devint préfet du Prétoire en Orient. Un devin lui ayant prédit l'empire, il assassina Caracalla. L’armée seule le proclama, quoiqu’il ne fût pas sénateur; un traité honteux avec les Partîtes et une trêve accordée au roi d’Arménie signalèrent seuls son règne; le regret des Antonins servit de prétexte aux intrigues de Julia Mœsa, sœur de Julia Douma, qui fit élire son petit-fils Bassien (Héliogabale), grand-prêtre du Soleil, et le présenta comme le rejeton désiré. Vaincu par lui à Antioche, Macrin fut massacré en fuyant. Son fils, Diaduménien, périt avec lui. A. G.
MACRIS, un des noms de l’Eubée.
MAC ROBE, Aurelius Macrobius, écrivain latin du v* siècle; l’époque précise de sa vie et le lieu de sa naissance sont incertains. Il remplit l’emploi de prœlectus sacri cubi culi à la cour de Théodose II. Nous avons de lui : un Commentaire sur te songe de Scipion de Cicéron , avec une expo sition platonicienne du système du monde ; les Saturnales, en sept livres, conversations que l’auteur place dans les festins des Saturnales. Le 1er livre traite des fêtes et du calendrier romain ; le 2e est un recueil d’anecdotes curieuses sur la vie des Romains; les 4 suivants contiennent un examen critique des poésies de Virgile, où sont notés les emprunts qu’il a faits; le 7e discute certaines questions de physique et de littérature. La latinité de Macrobe est médiocre; il copie souvent Sénèque et d’autres auteurs; mais son livre est utile par les particularités qu’il nous apprend sur les Romains. On a aussi un abrégé de son ouvrage De difjerentiis et societatibus grceci latinique verbi. Les meilleures éditions de Macrobe sont celles de Leyde, 1670; cum notis vanorum , Leipz., 1774, in-8°; de Deux-Ponts, 1788, 2 vol. in-8° ; de L. Janus, Quedlimhurg , 1848-52,
2 vol. in-8°. Il a été traduit en français par de Rosoy, Paris, 1827, 2 vol. in-8° ; et par Ubiccini , H. Deschamps, Laas d’Agnen et Dubois, dans la Bibliothèque laiine-française de Panckoucke, 2e série, 3 vol. in-8°. V. Mahul , Dissertation hist., littér. et biogr. sur la vie et les ouvrages de Macrobe, Paris, 1817, in-8°. D — R.
MACROBIENS, c.-à-d. qui ont une longue vie, peuple fabuleux, que les anciens plaçaient tantôt dans le pays de ! Méroé, tantôt sur le littoral africain de l’Atlantique. Ils vivaient, disait-on, mille ans, et, d’après Ouomacrite, j jouissaient d une jeunesse éternelle.
MACRON (Ami dus Sertonus Macro, nommé), préfet du | prétoire après la mort de Séjan, dont Tibère l’avait chargé d’opérer l’arrestation l’an 31 de J.-C., servit la cruauté de l'empereur par ses délations, puis étouffa ce prince mourant pour gagner la faveur de Caligula, en 37, et fut, l’année suivante, impliqué par ce dernier dans une conspiration , et forcé à se donner la mort.
MACRONIENS, anc. peuple qui habitait les montagnes au N. de la Mésopotamie.
MACHONS, anc. peuple voisin du Pont-Enxin, au S. -O. de la Colchide. Il faisait partie du groupes des Chalybes, et s’adonnait à l'exploitation des mines de fer.
MACROOM, v. d’Irlande (Munster), comté et à 34 lcil. •O. de Cork, sur la Sullane; 3,283 hab. Château anglonormand, bien restauré. Patrie de W. Penn , le père du législateur de la Pensylvanie.
MACTA (La), riv. d’Algérie (Oran), formée de l’Habrach , du Sig et de l'Hammann , se jette dans la Méditerranée entre Arzew et Mostaganem. Sur ses bords, Abd-et- Kader fit essuyer un échec au général Trézel, 28 juin
MADAGASCAR, île de la mer des Indes, une des plus grandes du globe, sous la zone torride, à LE. de l'Afrique,
| dont elle est séparée par le canal de Mozambique, à plus i de 600 kil. de l’ile delà Réunion ; par 41° 20’-48« 50’ long.
E., 12° 12’-25° 45’ lat. S.; 1,700 kil. sur 600 ; pop. évaluée | de 3 à 4 millions d’hab. Les côtes de l’E. et du S. ne pré- | sentent qu’un bord droit, sans rades pour les navires, à l'exception de la grande baie d'Antongil ; mais celles du N et de l’O. sont profondément découpées, et offrent beaucoup de mouillages commodes. Une grande chaîne de montagnes traverse toute l’ile du N. au S., et forme vers le centre, le vaste plateau d'Ankova, haut de 3,000 mètres environ. Une multitude de cours d’eau sortent de ; cette chaîne; sur la côte E., les embouchures de ces rivières sont barrées par des bancs de sable, et les eaux, ne trouvant pas d'issue vers la mer, débordent et forment de grands marigots ou lacs stagnants. Les rivières du versant : opposé traversent de vastes plaines vaseuses, sont peu I profondes, et obstruées de rochers. En descendant des j plateaux , on rencontre d’immenses forêts marécageuses [ et presque impénétrables; des léopards, des sangliers, une | grande variété de singes, des oiseaux au plumage éclatant , les habitent. L’hippopotame et le caïman abondent dans les rivières. Le sol de 1 île est généralement granitique. Le climat est chaud, humide, débilitant pour les Européens; l'intérieur, et principalement le plateau d’Ankova, sont salubres, mais la fièvre intermittente règne incessamment sur les côtes. Magnifiques pâturages, où l’on élève un bétail nombreux; rizières étendues: culture du maïs, du manioc, du tabac. La vigne et le mûrier croissent sur le plateau central. On recueille en outre de l'indigo, diverses espèces de gomme, des baumes précieux et de la soie. Madagascar est parsemée de cristal de roche : on y rencontre des blocs de 20 pieds de hauteur; les montagnes renferment des mines de fer, d’étain , de cuivre, etc. Les habitants, appelés Modérasses ou Malgaches, sont divisés en un grand nombre de tribus ; les plus nombreuses sont celles des Uras, dominateurs actuels de l’île, et des Salcalaves. — Visitée probablement par les Arabes dés leurs premiers voyages aux Indes, reconnue par Marco Rolo au xnie siècle, Madagascar ne fut réellement découverte qu’en 1506 par le Portugais Lorenzo d’Alméida, qui lui donna le nom de St-Laurent. Les rades disséminées sur la côte occidentale attirèrent l’attention du gouvernement français , et Henri IV fit construire un fort dans l’anse Dauphine. Au xvine siècle, la Compagnie des Indes tenta, mais sans succès, d'y établir quelques comptoirs. En 1774,1e comte Beniowski s'y établit au nom du roi; mais, en 1786, cessant d’agir au nom de la France, il fut attaqué et renversé par le gouverneur de l'île de France. En 1814, une escadre française se remit en possession de quelques établissements (Foulpointe, Tamatave, Tintingue, etc.); mais les llovas, sous la conduite de leur chef Radama, et soutenus par les Anglais, subjuguèrent l'île entière ; Radama , chef intelligent et actif, fonda des écoles, une imprimerie, organisa une armée régulière, et fonda la capitale, Tananarive, centre de l’industrie et du commerce de l’île. Sa femme, Ranavalou , lui a succédé en 1828, et sembla prendre à tâche de faire rétrograder sou peuple vers la barbarie. Ce qui caractérise son gouvernement, c’est la haine des Européens; les missionnaires persécutés ont dû se retirer en 1845 ; mais sa mort en 1861 et l’avéoement de son fils Radama II ont rétabli de3 relatiçms amicales avec l’Europe. F — T.
MADA1, enfant de Japhet, fut le père des Mèdes.
MADAIN (EL-), v. de la Turquie d’Asie (Irak-Arabi), dans l'eyaletet à 35 kil. S.-E. de Bagdad. Bâtie sur les ruines de Clésiphon.
MADAME, titre qui, pris absolument et comme nom propre, servit à désigner, depuis le xvne siècle, la tille ainée du roi de France, et surtout la femme de Monsieur, j frère aîné du roi. On l’appelait aussi Madame Hayale. Parmi les princesses qui l’ont porté, on d stingue surtout Henriette d’Angleterre, fille de Charles Ier, et mariée à Philippe d’Orléans; Charlotte-Elisabeth de Bavièie, 2° fem ne de Monsieur et mère du Régent ; et, de nos jours,
; Marie-Thérèse de France, fille de Louis XVI et duchesse d’Angou’ême. G.
madame, îlot de la Charente-Inférieure, à l’embouchure île la Charente et à 12 kil. de Maronnes.
MaDAPOLLAM, v. de LHindoustan anglais (Madras),
MAD