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maîtrises avaient demandé aux rois reconnaissance et protection : c’était pour elles un titre d’existence et un gage de sécurité. Les rois usèrent de la prérogative qu’ils avaient acquise sur les corporations industrielles , tantôt pour les modifier selon la justice ou l’intérêt public, tantôt pour leur imposer des «sacrifices d’argent ou les organiser en milices nationales; il leur arriva même de créer, en certaines occasions, de nouveaux membres pour les maîtrises. Les maîtrises ont rendu de grands services : avant d’être reconnues et garanties par les rois, elles aidèrent à rétablissement des communes du moyen âge; sous la protection et le contrôle des rois , elles firent accomplir à l’industrie les progrès les plus grands , et ce droit royal qui les dominait put faire disparaître bien des abus; enfin, libres ou surveillées , la loyauté des marchés se trouva , comme la qualité des produits , sous la double garantie de leur honneur public et de leur intérêt bien entendu. Néanmoins, lesoin que prirent les maîtres d’écarterdela corporation les nouveaux membres, pour n’admettre au profit des métiers que leurs enfants, parents, amis ou concitoyens ; l’extension démesurée de la durée de l’apprentissage, qui leur assurait gratuitement des ouvriers et des aides; l’esprit de jalousie et de persécution qu’elles montrèrent à l’égard des découvertes et des produits nouveaux; le reproche, plus ou moins fondé, qu’on leur adressait, de s’entendre pour élever le prix des produits ; toutes ces causes soulevèrent la haine du peuple. L’édit de février 1776 , rendu par Louis XVI, à l’instigation de Turgot, pour donner à l’industrie une liberté presque absolue, ne résista que quelques mois à l’opposition des intéressés. Mais les maîtrises furent définitivement abolies par le décret de l’Assemblée constituante du 2 mars 1791, avec indemnité pour ceux qui en avaient acheté les droits. B.
MAITTAIRE (Michel), bibliographe et philologue, né en France en 1668, de parents protestants qui se réfugièrent en Angleterre lors de la révocation de l’édit de Nantes, m. à Londres en 1747, termina ses études à Westminster, et devint plus tard professeur de cette école. Outre de correctes éditions de classiques grecs et latins, avec index estimés, on £ de lui : Grœcœ linguæ dialecti , Lond., 1706, in-8°; Opéra et fragmenta veterum poetarum latinorum, Lond., 1713 ; Stephanorum historia, 1709, 2 part. in-8°; Ilisloria typographorum aliquot Parisiensium , 1717 ; Annales iypograpliici , ab artis inventœ origine ad annum 1557, La Haye, Amsterdam et Londres, 1719-1741, 5 tomes en 9 vol. in-4°; Miscellanea grœcorum aliquot scriptorum carmina , 1722; Marmara Oxoniensia , 1732, in-fol.; Collection de classiques latins, Londres, 1713-1722, 27 vol. in-12.
MA1XENT (SAINT-), ch.-l. de cant. ( Deux-Sévres) , arr. et à 22 kil. E.-N.-E. de Niort, sur la Sèvre-Niortaise; 3,810 hab. Collège. Belle église. Commerce de grains, de chevaux, de mulets. Fabrique de draps, serges, bonneterie. Restes d’anc. fortifications. On remarque deux églises superposées. — Cette ville se forma autour d’une abbaye que S* Maixent gouverna au Ve siècle ; elle obtint une charte de commune en 1440, et embrassa avec ardeur la Réformation. Sous la Convention , on la nomma Vauclerc-sur-Sèvre.
MAIZEROY (Paul-Gédéon Joly de), écrivain militaire, né à Metz en 1719 , m. en 1780, servit sous le maréchal de Saxe, participa aux batailles de Raucoux et de Lawfeld, et fit la guerre de Sept-Ans en qualité de lieutenant-colonel. A la paix , il développa les principes de tactique que l’étude des anciens et sa propre expérience lui avaient démontrés. Il fut reçu , en 1776 , à l’Académie des Inscriptions. On a de lui : Essais militaires, Amsterdam, 1763, in-8°; Traité des stratagèmes permis à la guerre, Metz, 1765, in-8°; Cours de tactique , théorique , pratique et historique, Paris, 1766, 2 vol. in-8°; Traité de tactique, ibid. , 1767, 2 vol. in-8°; la Tactique discutée, 1773, in-8°, et 1785, 4 vol. in-8°; Traité des armes défensives, 1767, in-8° ; Institutions militaires de l'empereur Léon, avec une Dissertation sur le feu grégeois et un 'Traité des machines de guerre des anciens, Paris, 1770, 2 vol. in-8° ; Lettre à un officier-général sur l'ordre profond, ouvrage de Ducoudray , Paris, 1776, in-12; Traité des armes et de l’ordonnance de l'infanterie, ibid., 1776, in-8°; Théorie de la guerre, Lausanne, 1777, in-8° ; Traité sur l’art des sièges et les machines des anciens, 1778, in-8° ; Tableau général de la cavalerie grecque, ibid., 1781, in-4° ; Mélanges et traduction du Traité du général de cavalerie, par Xénophon, ibid., 1785, in-8°; divers Mémoires dans le Recueil de l’Académie des Inscriptions, etc.
MAIZIÈRES (Philippe de), né en 1312 au château de Maizières près de Montdidier (Somme), m. en 1405, détermina le roi de Chypre, Hugues de Lusignan, à déclarer la guerre aux Musulmans. Ce prince étant mort en 1352,
son fils Pierre Ier nomma Maizières son chancelier, et, par son avis, s’empara de Satalia. Tous deux se rendirent ensuite à Venise, où une nouvelle croisade fut résolue; le roi de France, Jean le Bon, en fut nommé le chef; cette entreprise n’eut d’autre suite que la prise d’Alexandrie par les Cypriotes, en 1365. En 1370, Maizières se rendit à la cour de Charles V, roi de France, qui le fit chancelier d’Etat. En 1379, il se retira chez les Célestins de Paris, où il mourut. On a de lui, outre des écrits de piété : le Songe du vieil pèlerin, recueil de conseils adressés à Charles V ; il n’a pas été imprimé. On lui attribue le Songe du Vergier, donné par d’autres à Raoul de Prestes ou à Ch.-Jos. de Louviers.
MAJESTÉ, titre que les actes donnent, dès le xe siècle, aux seigneurs, ainsi qu’aux prélats en tant que princes temporels. Louis XI fut le premier roi de France auquel on le donna; mais ce ne fut un titre officiel que depuis Henri IL
majesté ( Crime de lèse ). V. lèse-majesté.
majesté (Lettres de), acte par lequel l’empereur Rodolphe II reconnut, le 11 juillet 1609, la confession de Bohême, accorda aux protestants le libre exercice de leur culte, le droit d’avoir des consistoires, d’ouvrir des églises et des écoles, et de se choisir des officiers, dits défenseurs de la foi, pour veiller à la conservation de leurs droits.
MAJÉÜR (Lac), en italien Lago Maggiore, en allemand Langensee, ancien Verbanus lacus, lac d’Italie, situé entre la Lombardie, le Piémont et la Suisse ( Tessin ) ; superficie, 202,510 hectares, 60 kil. sur 7. Il est traversé par le Tessin, et renferme les îles Borromée. La navigation y est très-active ; les premiers bateaux à vapeur y datent de 1826. Pêche productive.
MAJEURS (Ordres). V. Ordres.
MAJOR, officier supérieur, créé en 1534, pour diriger la comptabilité des corps militaires. Sous le 1er Empire français, le major d’un régiment, appelé vulgairement gros-major, eut, en outre, la police et la discipline, fonctions qui, ainsi que la surveillance de l’instruction militaire, ont éié données depuis au lieutenant-colonel. Le major a le grade des chefs de bataillon ou d’escadron, et prend rang d’ancienneté parmi eux. B.
major de brigade, officier supérieur, créé en 1665, aboli en 1793. Il transmettait les ordres du major-général aux majors des régiments, et en surveillait l’exécution. Il avait la direction de 2 régiments. Ses fonctions avaient quelque analogie avec celles de nos colonels d’état-major.
major-général, officier général des anciennes armées françaises, chargé de transmettre aux majors de brigade les ordres du généra! en chef. Il commandait les détachements, assignait aux différents corps les postes qu’ils devaient occuper, et surveillait le tracé du campement. Il y avait 3 majors-généraux par armée : un major-général d’infanterie, emploi créé en 1515 ; un major-général des dragons, créé en 1665 ; et un major-général de la cavalerie, institué en 1666 ou 1673. Les majors-généraux furent supprimes en 1790. L’emploi de major-général tut rétabli en 1804 par Napoléon Ier, mais avec des fonctions plus étendues, par exemple, la haute surveillance de tous les services militaires et administratifs de l’armée. — On nomme encore auj. major-général, un officier de l’inscription maritime, résidant au ch.-l. d’une préfecture maritime, où il a le commandement des troupes et la police de l’arsenal. Il est le 1er fonctionnaire après le préfet. E.
major de la marini. V. Supplément.
MAJORAG1US (Ant.- Marie Conti, dit), né en 1514 à Mariaga (Milanais), m. en 1555, professeur d’éloquence à Milan dès l'âge de 26 ans, eut de violents démêlés avec Nizolius, qui lui reprochait la sévérité de ses critiques contre les Paradoxes de Cicéron. On lui doit des Poésies et harangues latines , Leipzig, 1628 , in-8°, et des commentaires estimés sur Cicéron et sur Virgile.
MAJORAT, immeuble inaliénable et insaisissable, affecté au soutien d’un titre de noblesse en faveur de l’aîné ( major natu) de la famille. Le but de cette institution féodale était de conserver le nom, les armes et la splendeur des maisons nobles. En France, les majorats ne furent guère usités que dans le Roussillon, l’Artois, la Flandre et la Franche-Comté. La Révolution les abolit, et établit un même ordre de successibilité pour tous les enfants d’une même famille. Par un sénatus-consulte du 30 mars 1806, et par décrets du l" mars 1808 et du 3 mars 1810 , Napoléon I« constitua deux sortes de majorats nouveaux: 1° les majorats de propre mouvement , formés d’une dotation accordée par le chef de l’Etat ; 2° les majorats sur demande, que les chefs de famille constituaient sur leurs biens personnels. Pour transmettre son titre, un duc devait justifier
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— 1693 — MAL
de 200,000 fr. de revenu ; un comte, de 30,000 fï\; un baron, de 15,000 fr. Sous la Restauration, le majorât de duc ne fut plus que de 30,000 fr. de revenu; celui de marquis ou de comte, 20,000; celui de vicomte ou de baron, 10,000. D’après une ordonnance du 25 août 1317, nul ne put entrer à la Chambre des pairs, sans avoir préalablement constitué un majorât. Une loi du 12 mai 1835 prohiba à l’avenir l’institution des majorats, et restreignit à deux degrés la durée de ceux qui existaient alors. Une loi du 17 janvier 1849 les supprima complètement. B.
ÎVIAJORIEN, Flavius Julius Valerius Majorianus, empereur d’Occident, servit avec distinction en Gaule, sous Aétius, et fut revêtu de la pourpre par le patrice Ricimer, 457. Dés son avènement, il soulagea les populations en abolissant les tributs arriérés, rétablit la juridiction ordinaire des magistrats provinciaux et l’ancien offieice des défenseurs. Pour mettre un terme aux incursions des Vandales, il résolut d’aller les attaquer en Afrique même. Déjà sa flotte était prête, lorsque Genséric, avec l’aide de quelques traîtres, le surprit dans la baie d’Alicante, et coula à fond ou incendia les vaisseaux, 460. Forcé de regagner l’Italie, Majorien fut déposé à Tortone, puis tué à l’instigation de Ricimer, 461. O.
MAJORITÉ DES SOUVERAINS DE FRANCE. Une ordonnance du 2 oct. 1270, rendue par Philippe le Hardi, et touchant 'on héritier présomptif, fixa la majorité du roi à 14 ans accomplis : c’est le premier texte connu sur la matière. Laurière croit que jusqu’alors les rois, comme les nobles, n’avaient été majeurs qu’à 21 ans; mais on voit, sous la première race, des rois majeurs à 15 ans. Charles V, par l’édit de Vincennes (août 1374), 6xa la majorité des rois à leur quatorzième année commencée. Charles VI confirma cet édit par une ordonnance de 1392, qui a été observée jusqu’à la Révolution française. Le roi était déclaré majeur dans un lit de justice. La Constitution de 1791 éleva l'âge de la majorité du roi à 18 ans accomplis. Le premier Empire français suivit cette règle (sé' natus-consulte organique du 28 floréal an xil, — 18 mai 1804); la royauté de juillet l’adopta (loi du 30 août 1842, sur la régence), enfin le deuxième Empire l’a consacrée aussi ( sénatus-consulte du 17 juillet 1856).
MAJORITUM, nom latin de Madrid.
MAJORQUE, en espagnol Mallorca, anc. B ahuris major , la plus grande des îles Baléares, dans la Méditerranée, formant une partie de la prov. espagnole de Majorque ou des Baléares; par 0°-l<> long. O., et 39°-40° lat. N.; cap., ; Pahna. Superf., 3,480 ldi. carrés ; pop. , 209,050 hab. i Côtes découpées, offrant 3 belles baies : celles de Palma ' au S.-O., d’Alcudia et de Porllenza au N.-E. Climat chaud, mais sain; sol fertile; récolte abondante d’huile, vins, blés, oranges, citrons, limons, dattes. Commerce maritime des produits de l’île avec la péninsule, l’Afrique, l’Italie, etc. — Pour l’histoire, V. Baléares.
MAKARICO, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 94 kil. E.-S.-E. de Nijni-Novogorod, sur la rive g. du Volga. Grande foire de Sl-Pierre et Sl-Paul.
MAKARIEV, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 185 kil. E. de Kostroma , sur l’Ounja; 3,000 hab. Comm. do grains, soufre, vitriol. Construction de bateaux.
MAl£HADOU, v. capit. de l’île d’Anjouan (une des Comores I; 5,000 hab. Port fortifié.
MaKHNOVKA. v. de la Russie d’Europe, gvt et à 189 kil. S.-O. de Kiew; 4,700 hab. Quincaillerie.
MAKO, v. des États autrichiens (Hongrie), ch.-l. du comitat de Csanad, sur la rive dr. du Maros, à 176 kil. S.-E. de Bude; 7,000 hab. Siège de l’évêché de Csanad.
MAIÎRI, v. de la Turquie d’Europe ( Andrinople), près de l’Archipel, à 100 kil. N.-O. de Gallipoli; 3,000 hab.! — v. de la Turquie d'Asie (eyalet d’Aïdin), sur le golfe de son nom (anc. Glaucus sinus), à 270 kilom. S.-E. da Smyrne.
MALABAR (Côte de), en hindou Malayalam , en arabe llüad-el-Folfol (pays du poivre), partie de la côte O. de i’IIindoustan, resserrée entre les Ghattes occidentales et la mer d’Oman; par 10°-13° lat. N., et 71o-50'-73» 50' long. E ; 160,000 hab. Près de la mer, le sol est stérile; du côté des Ghattes, il produit en abondance le riz, le poivre, le bétel, le bois de tek, le cocotier, etc. 11 y a beaucoup de métaux précieux , mais on n’exploite que les mines de ter. Les veuves du Malabar se brûlaient autrefois sur le corps de leur mari. — C’est à la côte de Malabar que le Portugais Vasco de Gama aborda en 1498. Le pays fut conquis par Hayder-Ali en 1766, et enlevé à Tippoo-Saëb par les Anglais en 1790. Il forme un district de la prési denee de Madras , ch.-l. Calicut ou C’ochin. Les Français possèdent Mahé sur cette fûts. s
MALACA , v. d'Hispanie (Bétique), au S., chez les Bastides. Auj. Malaga.
MALACCA , v. de l’Inde Transgangétique anglaise, bon port sur la côte S.-O. de la presqu’île de son nom, ch.-l. du gouvernement de Malacca-et-Naning, à 160 kil. N.-O. de Singapour ; par 2° 11’ 24” lat. N. et 99° 54’ 36” long. E. ; 30,000 hab. (Chinois, Malais, Chouliahs et Européens). Evêché catholique; collège anglo-chinois, avec une riche bibliothèque asiatique. Malacca , assez bien bâtie, est divisée en 3 parties, le fort, la ville, et la ville chinoise ; on y voit encore l’église Notre-Dame-del-Monte , célèbre par les miracles de S1 François-Xavier. Malacca faisait autrefois un commerce considérable, déchu par la préférence donnée A. l’île du Prince-de-Ga!les parles Européens. On en exporte encore de l’étain, de l’ivoire, et surtout du poivre, que l’on échange contre de l’opium , de la soie et des dollars. — Elle fut fondée en 1252 par Iskander-Shah, prince malais, qui en fut bientôt chassé par les Javanais. Prise par Albuqnerque en 1511 , elle fut, pendant plus d’un siècle, l’entrepôt des établissements portugais des Indes, jusqu’à ce qu’elle fut enlevée par les Hollandais en 1641. Les Anglais s’en emparèrent à leur tour en 1795 , la rendirent en 1814, mais l’acquirent de nouveau en 1825, en échange de divers établissements de la côte de Sumatra.
malacca (Détroit de) , détroit qui sépare la presqu’île de Malacca et l’île de Sumatra , et établit la communication entre le golfe du Bengale et la mer de Chine; par 0o-8o lat. N. et 93»-102° long. E. Longueur, 8,300 kil. ; largeur de 40 à 300 kil.
malacca (Presqu’île de), anc. Chersonèse d'or , presqu’île de l’Asie méridionale , dans l’Inde Transgangétique, au S. du royaume de Siam, entre le golfe du Bengale à l’O. , la mer de Chine et le golfe de Siam à l’E. ; de 1° 15’ à 10» 35’ lat. N. ; 1,200 kil. de long, sur 200 de large. Elle tient au continent par l’isthme de Kraw ou de Tenasserim, et est terminée au S. par le cap Romania ; 375,000 hab. Sol montagneux, riche en mines d’or, d’étain et de fer, et trèsboisé ; l’intérieur en est encore peu connu. Climat beau et chaud, mais malsain. Les crocodiles, les serpents et les animaux féroces y abondent. Sur la côte O. s’étendent de nombreuses îles : Djonkseylon, Prince-de-Galles, etc. On tire de cette presqu’île de l’étain , du poivre , du riz , de la cire, de l’ivoire , des nids de salangane, des bois d’aloès , de sandal , de tek , etc. Les habitants sont de race malaise et mahométans ; il y a quelques nègres ou papous dans le centre. Au point de vue politique, on distingue : 1° le Malacca anglais , comprenant Malacca , Naning , et la prov. Wellesley ; 2° le Malacca siamois , au N. , où sont les royaumes de Ligor, Bondelon , Patani , Kalantan , Kedah , Tringanou; 3° le Malacca indépendant, au S. , comprenant les royaumes de Pérak, Djohore, Salengore , Pahang, Itoumbo, etc.
MALACHIE, le 12c et le dernier des petits prophètes , confondu par quelques-uns avec Esdras , paraît avoir prophétisé de 412 à 408 av. J.-C. On a da lui 3 chapitres, où il reproche aux Juifs leur corruption et annonce le Messie.
malacuie | Saint) , né à Armagh (Irlande) en 1094, m. en 1148, fut abbé deBenehor, puis évêque de Connor et enfin archevêque d’ Armagh en 1127 ; il alla à Rome pour les besoins de son église , et mourut à Clairvaux entre les bras de S1 Bernard , son ami , qui a écrit sa Vie. Fête , le 3 novembre. On a attribué à S1 Malachie un livre de prophéties sur les papes ; mais cet ouvrage fut fabriqué par un faussaire en 1590.
MALADETTA (Mont), V. Pyrénées.
MALADRERIES. V. Lépreux.
MALAGA, anc. Malaca , v. d’Espagne , cap. de la prov. de son nom, port fortifié sur la Méditerranée, à 535 kil. S. de Madrid; par 36« 42’ 18” lat. N. et 6° 48’ 26” long. O. ; 94,730 hab. Lvèohé suffragunt de Séville. Malaga s’est beaucoup embellie récemment; ses vieux quartiers, renfermés dans l’enceinte de la ville mauresque, se sont renouvelés, et elle a pris un aspect tout moderne, quoique conservant encore de curieux monuments des siècles passés. Ce sont : 1 ' Atarazana, forteresse et arsenal des Maures, avec une belle mosquée, auj. en ruines; l 'Alcataba, autre forteresse mauresque ruinée; le château de Gibralfaro, avec sa tour antique reconstruite par les Maures; la belle et riche cathédrale, du xvie siècle; le palais épiscopal, etc. On re- 1 marque aussi la promenade de VAlameda. Peu d’industrie : fabr. de soieries, cotonnades, lainages, savons, maroquin,
I chapeaux; fonderies de fer. Export, de vins et raisins esti- ! més, de fer, plomb, étain, huile, lainages, toiles^ fochel nille, etc. — Cette ville fut fondée par les Phéniciens; trèsi florissante sous les Carthaginois et les Rotpains, conquise i des premières par les Maures, elle devint, après la chute
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du califat de Cordoue, le siège d’un petit Etat indépendant, qui dura 64 ans, 1015-1079 ; elle appartint ensuite à divers princes arabes, puis fut prise en 1487 par Ferdinand le Catholique. Les Français la prirent en 1810. Le 11 décembre 1831 , à la suite d’un soulèvement libéral, le général Torrijos et 49 de ses compagnons furent exécutés à Malaga; un monument a été élevé en leur honneur en 1842. — La province ou intendance de Malaga , une des trois de la capitainerie-générale de Grenade, à l’O., entre la capitainerie d’Andalousie au N. et à l’O. , la Méditerranée au S. , et la prov. de Grenade à l’E. , est formée d’une partie de l'anc. Andalousie. Superf. , 7,312 kil. carrés; pop., 433,000 hab. en 1849, et 416,660 en 1860. Sol montagneux, limité à l’O. par le Guadiaro.
MALAGRIDA (Gabriel) , jésuite, né en 1689 dans le Milanais , m. en 1761, passa en Portugal, y fit profession , et fut envoyé comme missionnaire dans le Brésil. Rappelé en Europe, il se fit remarquer par de prétendues visions qui finirent par être le prétexte de sa mort; mais outre ses imprudentes prédictions contre Joseph 1er, qui attaquait les Jésuites, on l’accusa d’avoir approuvé la conspiration du duc d’Aveiro , 1758 , et ce furent là, avec la haine du ministre Pombal , les causes véritables. Arrêté aussitôt et condamné à mort comme complice du régicide, il fut livré, au bout de trois ans, par Pombal, au tribunal de l’Inquisition, et les juges, choisis tout exprès par le ministre, livrèrent au bras séculier, c’est-à-dire au bûcher, comme faux prophète et hérétique , ce malheureux vieillard qui n’était que fou. Il fut jugé sur deux écrits extravagants qu’il avait, dit^on , composés dans sa prison ( Vie de sainte Anne, De l'empire de l’Antéchrist). R.
MALAGUETTE (Côte de). V. Côte des graines.
MALAIN (Seigneurie de). V. Marle.
MALAIS , une des grandes races humaines , répandue surtout dans les îles de la Sonde et les contrées voisines , ainsi que dans l’Océanie occidentale, qui en a pris le nom de Malaisie. On fait venir les Malais, tantôt de Bornéo, tantôt de Sumatra , ou encore de la presqu’île de Malacca, appelée par ses habitants Tanah Malay a (terre malaise). Ils ont le teint d'un rouge de brique foncé, le nez court et gros , la bouche très-large , les yeux bridés , les cheveux uoirs et lisses , et sont de stature moyenne. Ils sont habiles marins , enclins à la piraterie , artisans industrieux et adroits , orgueilleux , braves et indépendants , mais jaloux et perfides.
MALAISIE, appelée aussi Archipel asiatique, d'Asie ou d'Orient , grande division de l’Océanie , à l’O. , de 21» lat. N., à 12° 30’ lat. S. , et de 93° à 131° 30’ long. E. ; archipel s’étendant au S. de l’Empire chinois, à l’O. de la Micronésie, et au N. de la Mélanésie. Elle comprend, du N. au S., les îles Philippines, Moluques, Célèbes, Bornéo, Sumatra, Java, Sumbava, Timor, etc., toutes habitées par les Malais. La dénomination de Malaisie a été proposée par le naturaliste Lesson pour remplacer celle île A ’otasie.
MALALA (Jean), c.-à-d. Jean le Rhéteur, écrivain grec, né à Antioche, a laissé une Chronique en grec, depuis la création du monde jusqu’en 566 ap. J.-C. ; les deux premiers livres sont perdus. Elle a été publiée, avec traduction latine et notes, par Chilmead, Oxford, 1691, in-8°, et fait aussi partie de la collection Byzantine ( V. ce mot).
MALA.UOCCO, vge du roy. d’Italie (Vénétie), sur une île étroite entre les lagunes de l’Adriatique, à 6 kil. S. de Venise; 1,000 hab. Le canal auS., dit Porto-di-Malamocco, est la principale entrée des lagunes de Venise; il est défendu par 2 forts.
MALANDRINS, un des noms que l’on donnait aux soldats aventuriers qui, sous Jean le Bon et Charles V, dévastaient la France, et que Duguesclin emmena en Espagne.
MALARTIC ( Anne-Josepli-Hippolyte, comte de), né à Montauban en 1730, m. en 1800, d’une anc. famille de l’Armagnac, avait le grade d’aide-major à l’époque de la guerre du Canada en 1756. Il devint colonel de Vermandois en 1763, gouverneur de la Guadeloupe en 1767, et, en 1792, lieutenant-général du roi dans les établissements français situés à l’E. du cap de Bonne-Espérance. Il sut conserver la paix dans l’ile de France pendant la Révolution, et les habitants de cette colonie lui élevèrent un monument après sa mort.
MAIASPINA (Les), famdle noble d’Italie, a gouverné la Luuégiane pendant huit siècles, et possédé aussi le marquisat de Massa-Carrara. Attachée au parti guelfe, elle défendit, avec les villes lombardes, l’indépendance de l’Italie contre l’empereur Frédéric Ier Barberousse. Castruccio Castracani lui enleva la Lunégiane, de 1320 à
1328. Ce pays est resté à une branche cadette jusqu’à nos jours.
malaspina (Ricordano), historien florentin du xine siècle, a écrit une Histoire de sa patrie jusqu a l’an 1280, publiée en 1568. Ce livre dénote assez d’impartialité et de critique; le style en est pur et élégant. Giachetta Malaspina, neveu de l’auteur, l’a continué jusqu’en 1286, et Dino Compagni jusqu’en 1312.
MALASSISE (Le seigneur de). V. Mesmes (Henri de).
MALAfESTI (Les), famille souveraine de Rimini et d’une partie de la Romagne, aux xni8, xiveetxve siècles. C’était une branche de celle des comtes de Carpagna, d’où sortaient également les Montefeltri, ducs d’Urbin. Elle avait pour tige un seigneur de Verrucchio, iurnommé Malalesta (mauvaise tête), qui, choisi par les Guelfes de Bologne pour combattre les Gibelins de la Romagne, se fit souverain de Rimini, en 1275. Ses successeurs ajoutèrent à ce domaine primitif Césène, Pesaro, Fano, Fossombrone, Cervia. Au commencement du xvi® siècle , les Malatesti furent dépouillés par César Borgia ; la principauté de Rimini fut réunie aux Etats de l’Eglise, en 1528.
MALATIA, anc. Mélitène , v. .de la Turquie d’Asie (Kharbout), près du eonfl. du Kara-sou.et de l’Euphrate, rive droite, à 133 kil. O. deDiarbékir, 175 S.-E. de Sivas. Ch.-l. de livah.
MALAUCÈNE, ch.-l. de canton (Vauclu.‘ “), arr. et à 30 kil. E.-N.-E. d’Orange, sur le Grauzel ; 2,019 hab. Elève d’abeilles; fabrique de lainages, soieries, toiles, papier, huile, etc.; taillanderie.
MALAUNAY, vge (Seine-Infér.), arr. et à 12 kil. N. de Rouen, près du Cailly, et sur le chemin de fer de Rouen au Havre et à Dieppe; 1,915 hab. Importantes filatures de coton , papeteries, et fabr. d’indiennes.
MALAV ALLE (Guillaume de). V. Guillaume (Sa' t),
MALA VILLE. V. Semlin.
MALBODIUM, nom latin de Maubeuge
MALBROUGH. V. Marlborough.
MALCHIN, v. du duché de Mecklembourg-Sclwerin, à 90 kil. N.-E. de Schwerin, 35 E.-S.-E. de Gustrow, sur la Peene; 3,700 hab. Draps, toiles, savon.
MALCHUS, serviteur de Caiphe, portait la main sur Jésus, pour l’arrêter, dans le jardin des Oliviers, quand S1 Pierre, d’un coup d’épée , lui coupa l’oreille droite. Jésus le guérit.
MALCOLM, nom de 4 rois d’Ecosse (F. ce mol). Le seul important est Malcolm III , fils de Duncan qui fut assassiné en 1140 par Macbeth. Il recouvra le trône en faisant périr le meurtrier, 1147, fit la guerre contre les rois d'Angleterre Guillaume le Conquérant et Guillaume le Roux, et fut tué dans un engagement avec ce dernier,
malcolm (John), officier écossais, né en 1769 près de Langholm, m. en 1833, passa dans l'Inde dès 1782, y devint colonel , agent principal du gouverneur, majorgénéral, et gouverneur de Bombay. Il fut envoyé en Perse en 1808, pour contre-balancer l'influence française; pendant son séjour dans ce pays, il y introduisit la pomme de terre. De retour en Angleterre, 1831, il entra à la Chambre des communes. On a de lui un Essai sur les Seykhs, 1812, in-8°; une Histoire de la Perse, depuis les temps les plus reculés jusqu’à l'époque actuelle, 1815, 2 vol. in-4®, trad. en français par Benoist, continuée et annotée par Langlès, 1821, 4 vol. in-8° ; des Esquisses de la Perse, 1827, 2 vol.; des Mémoires sur l'Inde centrale , 1823, 2 vol. in-8°; une Histoire politique de l'Inde de 1784 à 1823, Londres, 1826, 2 vol. ; un écrit sur V Administration de l’Inde anglaise 1833. B.
MALCONTENTS. V. Politiques.
MALDA, v. de l’Hindoustan anglais (Calcutta), dans l’anc. Bengale, à 140 kil. N.- O. de Mourchidabad ; 20,000 hab. Soieries, tissus de coton.
MALDEGHEM, v. de Belgique (Flandre orientale ), à 24 kil. N.-O. de Gand ; 6,000 hab. Comm. de bois et bestiaux; tanneries; imprimerie d’indiennes. Château en ruines.
MALDIVES (îles) , archipel de l’océan Indien, au S. des Laquedives; par l°-7° 30’ lat. N. et 70° 30’-72° 20’ long. E. ; composé d’îles , d’ilots, d’écueils et de bancs de sable , au nombre de 12,000 environ , rangés en 17 allouons (groupes circulaires ou ovales), entre lesquels passent des canaux accessibles aux navires ; 40 à 50 îles seulement sont habitées et cultivées. Climat chaud et beau. Les habitants sont des Malais mahométans , dont le sultan reconnaît la suzeraineté de l’Angleterre. Les Européens visitent peu les Maldives , à cause des danger» de la navi-
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gation; mais elles font quelque commerce (huile de coco, écaille de tortue, etc.) avec l’Inde; on s’y sert de cauris (espèce de coquillage) en guise de monnaie. Les Maldives produisent le bois de candou , aussi léger que le liège.
MALDON ou MALDEN-WATER, brg et paroisse d'Angleterre (Essex) , à 32kil. N. -O. de Colchester, 13 E. de Chelmsford ; 6,274 hab. Pêche d’huitres renommées.
MALDONADO, v. de la république de l’Uruguay, à 115 kil. E. de Montevideo, port sur l’Atlantique, à l’embouch. du Rio de la Plata ; par 34° 53’ 27” lat. S. et 57° 19’ 28” long. O. ; 5,000 hab. Comm. de cuirs et viandes salées. Sur son territoire on cultive le froment et le maïs.
maldonado (Laurent ferrer), navigateur espagnol du xvi’ siècle, a écrit un Traité de cosmographie , de géographie et de navigation , ainsi qu’une Relation de la découverte du détroit d’Anian. Ce dernier ouvrage , trouvé à la Bibliothèque ambroisienne de Milan , a été publié en italien par Amoretti , Milan , 1811 , et en français , Plaisance , 1812 ; l’auteur prétend avoir trouvé , en 1588 , un passage de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique par le N. -O.
MALDONATO J Jean ) , jésuite espagnol , né en 1534 à Las Casas de la Reina ( Estramadure ) , m. en 1583 , enseigna la théologie au collège de Clermont à Paris , 1564 , puis à l’université de Pont-à-Mousson , 1572 , et alla s’établir à Rome en 1575. On a de lui : Commentarii in IV Evangelistas , Pont-à-Mousson , 1596-97 , 2 vol. in-fol. ; — in Jeremiam, Paris, 1610, in-4°; — in Velus Testamentum, ibid., 1643 , in-fol. ; — Opéra varia theologica , ibid., 1677, in-fol. ; — Traité des anges et des démons, trad. en franç. par Laborie, Paris , 1617 , in-12.
MALE , île de la mer des Indes , la plus grande des Maldives; par 4° 20’ lat. N. et 71° 55’ long. E. ; 8 kil. de tour. Elle a une ville de même nom, où réside le sultan des Maldives , et 2,000 hab.
male (Seigneurie de). V. marle.
MALEBRANCHE (Nicolas) , grand métaphysicien, et un de nos meilleurs écrivains , né à Paris en 1637 , m. en 1715, eut pour père un secrétaire du roi, trésorier des fermes , et reçut une éducation domestique jusqu’à l’âge où il dut entrer en philosophie. Alors on le mit au collège de la Marche ; il en sortit ensuite pour faire sa théologie en Sorbonne. A 23, ans il entra dans la congrégation de l’Oratoire , et se livra d’abord à des études de critique et d’érudition, qui eurent pour lui peu d’attrait. Il trouva sa vocation philosophique en lisant le Traité de l'homme de Descartes. Cette lecture le frappa si vivement, que de violents battements de cœur l’obligèrent, à plusieurs reprises, de l'interrompre. Dès lors il se livra tout entier à la philosophie, et, après 14 ans d’études, il publia le 1er vol. d’un traité intitulé : Recherche de la vérité , 1674 , qui obtint un succès extraordinaire, grâce à l'originalité, à l’élévation de la doctrine , à la méthode admirable qui règne dans l’ouvrage, et au charme d’un style qui donne la vie et la couleur aux choses les plus abstraites. L’ouvrage eut 6 éditions successives , avec un grand nombre d’augmentations qui, en 1712 , l’avaient porté à 4 vol. in-12. On le traduisit en latin , en anglais, et en grec moderne. En 1677, MalebraDche composa des Conversations métaphysiques et chrétiennes , pour mettre à la portée de tout le monde le système expose daus la Recherche de la vérité , mais il ne les publia qu’en 16Î9, 1 vol. in-12. Ces Conversations l’engagèrent dans une polémique continuelle avec les principaux philosophes théologiens de son temps, surtout avec Arnauld. Bossuet trouvait que ce livre conduisait au pur pélagianisme. Les autres ouvrages de Malebranche sont . Traité de la nature et de la grâce, Amst., 1680, in-12 ; Traité de morale , 1684, in-12; Entretiens sur la métaphysique et la religion , 1688 , in-12 ; Traité de l'amour de Dieu , 1697 , in-12 ; Entretiens d'un philosophe chrétien et d'un philosophe chinois, dialogue, 1708; Réponses de Malebranche à Arnauld, 1709, 4 vol. in-12; Réflexions sur la Prénotion physique, 1715, in-12. Malebranche est un continuateur et un disciple indépendant de Deseartes ; pénétré de son esprit et de sa méthode, il rejette, en philosophie, l’autorité , et n’admet que l’évidence comme critérium de la vérité , mais cherche partout à montrer l’accord de la raison et de la foi. Aucun philosophe religieux n’a plus insisté sur cet accord de la révélation intérieure par la raison, le Verbe divin en nous , avec la révélation positive et les lumières du christianisme. Selon lui , la foi doit se résoudre dans l’intelligence, et si elle est un grand bien, c’est qu’elle conduit à l’intelligence. Dans le développement de son système , il mêle aux idées de Descartes celles de S1 Augustin et les inspirations du platonisme. Ce système, en ce qui concerne la métaphysique, comprend la théorie de l’entendement et celle de la volonté. L’entendement est tout en-
tier dans la vision en Dieu, qui est comme le centre de la philosophie de Malebranche. Cette théorie repose sur un principe vrai, admirablement développé, savoir : que la raison humaine, émanation de la raison divine, est sans cesse éclairée par cette lumière supérieure , » soleil des intelligences. » Cette raison universelle fait le lien commun des esprits ; elle est pour tous le maître intérieur, l’école de la vérité qu’il faut consulter et qui rectifie nos jugements. Surce point, Malebranche s’accorde avec Platon, Fénelon, Bossuet, Leibniz; mais il a le mérite d’avoir mieux qu’aucun de ces philosophes démontré cette grande vérité ; son tort est de n’avoir pas fait la part aux sens et aux autres facultés de l’esprit dans la connaissance , d’avoir déprécié leur témoignage , et ainsi frayé la voie au scepticisme de Berkeley et de Hume. Il rend aussi la raison humaine trop passive, ôte à la faculté cognitive chez l’homme toute vertu personnelle , comme toute individualité. Par là il incline , sans le vouloir, au panthéisme , dont il ne peut se défendre que par son orthodoxie. Sa théorie de la volonté concorde avec celle de l’entendement. Il admet en principe que la volonté, par elle-même, ne peut rien, comme l’intelligence ne voit rien que par la cause toute puissante qui agit en nous. Dieu est le principe de toutes les déterminations et des actes de la volonté humaine. Nous sommes portés au bien par une inclination générale qui vient de Dieu. Nous avons , il est vrai , le pouvoir de détourner cette inclination vers les biens particuliers; mais cette inclination qui dépend de nous , Malebranche l’atténue au point d’en faire quelque chose de purement négatif et d’entièrement passif. Ce système incline à un fatalisme que l’auteur rejette avec horreur , mais qui se déduit de ses principes. Un autre point important du système de Malebranche est la Théorie des causes occasionnelles. Il suppose qu’entre les actes ou les déterminations de l’âme et les mouvements du corps , il n’y a aucune action ni communication directe, mais seulement une correspondance telle, que les unes suivent à l’occasion des autres. Dieu, étant cause véritable des uns et des autres, a réglé cette correspondance. Cette hypothèse découle des principes exposés plus haut. On trouve là beaucoup d’analogie avec l'harmonie préétablie de Leibniz. Malebranche expose, sur la Providence et le système général de l’ur ivers , des idées originales qui furent vivement combattues par les philosophes et les théologiens de son temps. Il conçoit la Providence comme gouvernant le monde par des lois générales , et il explique ainsi en partie les désordres ou les maux physiques qui atteignent les bons comme les méchants. Cela le conduit à un optimisme assez semblable à celui de Leibniz. La morale de Malebranche est en rapport avec l’ensemble de sa philosophie : elle repose sur l’amour de Dieu , mais inséparable de l’idée et de l’amour de l’ordre. Sa théodicée est celle de Platon et de S1 Augustin, système qui lui a mérité le nom de Platon chrétien. Malebranche a encore une autre analogie avec Platon , la beauté poétique et figurée de son style , dont l’élévation , la richesse et l’éclat , la pureté et l’abondance forment les qualités principales; il est non-seulement notre premier métaphysicien après Descartes, mais un de nos plus grands écrivains. Dans le développement général de la philosophie moderne, au xvne siècle en particulier, il représente l’alliance de l’idéalisme platonicien , du mysticisme chrétien , et du rationalisme cartésien , avec leurs tendances élevées et vraies, comme aussi avec leurs exagérations tempérées par l’orthodoxie chrétienne qui empêche les conséquences fâcheuses de se produire. Malebranche n’était pas uniquement philosophe , mais aussi mathématicien et physicien, et, à ce titre, il devint, en 1699, membre de l’Académie des Sciences. La plupart de ses écrits ont été réunis par de Genoude en 2 vol. gr. in-8°, Paris, 1837. On a publié, pour la lre fois en 1841 : Méditations métaphysiques de Malebranche et sa correspondance avec Mairan , 1 vol. in-8°. V. l'Eloge de Malebranche , par Fontenelle ; le Cours de droit naturel de Joutfroy ; l'Histoire critique de la philosophie cartésienne , par M. F. Bouillier, Paris, 1854, 2° édit., 2 vol. in-8°; du Cartésianisme, par Bordas-Demoulin ; l'Essai sur l'histcire de la philosophie en France au XVIIe siècle , par M. Damiron, 2 vol. in-8°. B— d.
MALÉE (Cap), Malea promontorium , auj. St- Ange, cap du Péloponèse , terminant la Laconie au S. Il était redouté des navigateurs.
malée , général carthaginois, soumit presque entièrement la Sicile , 536 av. J.-C., mais échoua en Sardaigne, et fut exilé. Pour se venger, il conduisit ses mercenaires contre Carthage, prit cette ville, et mit à mort ses ennemis. Peu de temps après , accusé d’aspirer à la royauté , il fut tué dans une émeute.
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MALEK, docteur musulman, 3e iman de la lre classe, chef des Malékites, m. à Médiue en 795, est l’auteur du Mouwetta, qui traite des lois orales du prophète, l’un des ouvrages les plus estimés en ce genre, après les 6 premiers livres Essetlé Kotoub el Mètabaré (livres révérés). Les Arabes et les Maures de l’Algérie sont malékites ; les Turcs et leurs descendants sont hanéfites. (Test pour cela qu’il y a dans chaque chef-lieu de nos provinces africaines deux muftis et deux cadis. D.
MALEK. V. aussi MÉL1K.
MALÉKITES. V. Malek.
MALEPEYRE (Gabriel Vendanges de), conseiller au présidial de Toulouse, m. en 1702, cultiva la poésie avec succès, acquit de grandes connaissances en peinture , en sculpture et en architecture , contribua au rétablissement des Jeux Floraux , et fonda un prix, consistant en un lis d’argent, pour l’auteur du meilleur sonnet à la louange de la Ste Vierge.
MALESHERBES (Chrétien-Guillaume de Lamoignon
)E), né à Paris en 1721, m. en 1794, fils du chancelier Guillaume de Lamoignon, fut d’abord substitut du procureur-général et conseiller au parlement, puis succéda à son père dans la présidence de la Cour des aides, et fut en même temps nommé directeur de la librairie, 1750. Il apporta dans ces diverses fonctions l’amour de l'humanité et de la justice, le respect des droits des citoyens, le sentiment de la liberté de la pensée. En 1770 et 1771, il adressa à Louis XV, comme chef d’une des premières Cours du royaume, des Remontrances sur l’établissement de nouveaux impôts et pour la défensedes prérogatives de la magistrature. La Cour des aides ayant été supprimée avec les parlements, 1771, Malesherbes fut éloigné de Paris. LouisXVI, en 1775, l’appela au ministère en même temps que Turgot, et lui confia le département de Paris et celui de la Maison du roi, auquel était attachée la police du royaume. Toute la France accueillit son élévation avec enthousiasme. Il continua de faire entendre la vérité à la cour, s’éleva contre les dépenses excessives, et voulut faire abolir les lettres de cachet. Ses conseils ne furent point écoutés, et quand il vit que Turgot allait être renvoyé, il donna sa démission^ 1776. Pendant son éloignement des affaires publiques, il parcourut à pied la France, la Hollande et la Suisse, et cultiva les lettres. Membre de l’Académie des sciences depuis 1750, et plus tard de celle des Inscriptions, il entra encore à l’Académie française en 1775. Rappelé au ministère en 1787, il ne tut pas plus heureux dans ses demandes de réformes, et rentra bientôt dans la solitude. Etant en Suisse au mois de juin 1792, il dit à une de ses parentes : >< Je pars pour Paris ; les choses deviennent plus graves: je vais à mon poste, le roi pourrait avoir besoin de moi. » En effet, lors du procès de Louis XVI, il réclama, le 13 décembre 1792, par une lettre au président de la Convention, et obtint le dangereux honneur d assister comme conseil le malheureux monarque, et ne le quitta qu’au dernier moment. Arrêté lui-même 1 1 mois après, et traduit devant le tribunal révolutionnaire , il fut condamné et envoyé à l’échafaud, le 22 avril 1794. On a de lui : Mémoire sur le mariage des protestants, 1785 et 1787, in-8°; Mémoires sur les moyens d'accélérer les progrès de l'économie rurale en France, 1790, in-8“; Idées d’un agriculteur patriote, 1791,in-8° ; Mémoires pour Louis XVI, 1792; Observations sur V Histoire naturelle de Bu/fon, 1798, 2 vol. in -H» ou 1 vol. in-4° ; Mémoires sur la librairie el sur la liberté de la presse, 1809, in-8°. Un extrait de ses Remontrances a été publié sous le titre d Œuvres choisies de Malesherbes, 1809. Tous les écrits de Malesherbes sont remarquables par l’éloquence du style, la clarté, et la pureté des vues :
“ Ce sont, a dit Laharpe, comme des monuments de vertu dans un siècle de corruption. » V. Gaillard, Vie ou Eloge historique de Malesherbes, 1805 ; Boissy d’Anglas, Essai sur la vie, les opinions et les écrits de Malesherbes, 1818, 2 vol. in-8». L’Eloge de Malesherbes a été lu à l’Académie française, en 1841, par M. Dupin aîné. Un monument à été élevé à Malesherbes dans le Palais de justice de Paris. B.
malesherbes, ch.-l. de cant. (Loiret), sur l’Essonne, arr. et à 19 kil. N.-E. de Pithiviers; 1,213 hab. Elève d’abeilles. Fabr. de bonneterie de coton ; tanneries. Château de la famille Lamoignon de Malesherbes.
MALES l'ROIT, ch.-l. de cant. (Morbihan), arr. et à 18 kil. S. de Ploermel, sur l’Oust ; 1,501 hab. Comm. de cire et de miel; tanneries. Une trêve y fut conclue entre la France et l'Angleterre, le 19 janvier 1343.
MALET (Claude-François de), général, né à Dô|£ en 1754, m ?n 1812, servit dans les mousquetaires avant 1789, embrassa avec ardeur les principes de la Révolution, fut élu commandant de la garde nationale de Dole, orga- |
nisa des bataillons de volontaires, fit avec distinction les campagnes du Rhin et d’Italie, et fut nommé par Masséna, en 1805, gouverneur de Pavie. Bientôt disgracié à cause de ses opinions républicaines, il entra dans des intrigues contre Napoléon Ier, et fut incarcéré en 1808. Ayant obtenu de résider dans une maison de santé , il organisa, avec Guidai et Lahorie, détenus à la Force, une conspiration, dans laquelle entrèrent quelques chefs royalistes et un bataillon de la gendarmerie de Paris. Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1812, il trompa la surveillance de ses gardiens , répandit dans les casernes le bruit de la mort de Napoléon à Moscou , se rendit à l’état-major de la place, présenta au général Hulin des ordres falsifiés, et, le voyant hésiter, lui tira un coup de pistolet. Arrêté surle-champ, il fut traduit, le lendemain, devant une commission militaire, condamné à mort, et fusillé le 29. B
MALEVAL I Guillaume de). V. Guillaume.
MALEVENTUM, nom primitif de Bénévent ( V . ce mot).
MALEVILLE, brg (Aveyron), arr. et à 8 kil. N.-E. de Villefranche ; 2,235 hab.
maleville (Jacques de), jurisconsulte, né en 1741 à Domine (Dordogne), m. en 1824, d’abord avocat à Bordeaux, fit partie du conseil des Anciens, de 1795 à 1799, et du tribunal de cassation de 1791 à 1795, et coopéra, de 1800 à 1806, à la rédaction du Code civil, dont plus tard il interpréta les dispositions dans un ouvrage intitulé : Analyse raisonnée de la discussion du Code civil au Conseil d'Etat, 1804-5, 4 vol. in-8°. On lui doit encore un traité du Divorce et de la séparation de corps, 1801, in-8°. Sénateur eu 1806, il vota la déchéance de Napoléon Ier en 1814, et fut nommé pair de France par la Restauration. Son fils, P.-Joseph, né en 1778, m. en 1832, fut membre de la Chambre des députés en 1815, président de la cour royale de Paris, conseiller à la Cour de cassation, et pair de France. On a de lui : Discours sur l'inlluence de la réformation de Luther, 1804, 1 vol. in-8°.
MALEYA, v. de la Malaisie hollandaise, sur la côte S. de l’île de Tomate, dans l’archipel des Moluques. Résidence d’un sultan, vassal des Hollandais. Port de commerce, défendu par la citadelle d’Orange, élevée enl607.
MALEZ1EU (Nicolas de), né à Paris en 1650, m. en 1727, gagna, par son instruction précoce, l’amitié de Bossuet et du duc de Montausier, qui le désignèrent, pour précepteur du duc du Maine. Plus tard, il devint le principal ordonnateur des fêtes que la duchesse du Maine donnait à Sceaux, et composa, pour ces circonstances, beaucoup de petites poésies. Il enseigna aussi les mathématiques au duc de Bourgogne, et ses leçons parurent sous le titre d 'Eléments de géométrie, Paris, 1715, in-8°. Il était de l’Académie française et de celle des Sciences.
MALFILLATRE et non MALF1LATRE (Jacques- Charles-Louis de Clinchamp de), poète français, né à Caen en 1732, de parents pauvres, m. en 1767, eut de bonne heure tous les genres de succès qui peuvent flatter un poète. Il remporta quatre fois le prix décerné annuellement par l’Académie de Rouen. Puis il vint à Paris, où sa réputation l’avait devancé, et où il fut accueilli avec distinction. Aimant le plaisir, il y fatigua sa santé, contracta des dettes, et ne put se soustraire à une prise de corps qu’en changeant de nom et en se cachant. Mais si la protection de M. de Savine, ancien évêque de Viviers, et celle du comte de Lauraguais empêchèrent qu’il ne mourût de faim et ignoré, ainsi que pourrait le faire croire un vers de Gilbert; il mourut néanmoins de maladie, à 34 ans, chez une tapissière dont il était débiteur, et qui l’avait recueilli chez elle par pitié. Malfillâtre, sans avoir rien laissé d’achevé, a cependant montré dans ses productions le germe des plus heureux talents. Ses œuvres se réduisent à un poème en 4 chants, écrits en vers de 10 syllabes, Narcisse dans l’ile de Vénus, médiocre d’invention, mais remarquable par des détails gracieux, par la facilité, l’élégance et l’harmonie du style; à des Odes, qui prouvent qu’il n’avait pas le génie de la poésie lyrique ; à quelques autres morceaux traduits ou imités, particulièrement des fragments traduits de Virgile, que l’on a recueillis dans un ouvrage intitulé Génie de Virgile, 1810, 4 vol. in-8°, et qui renferment de grandes beautés. Les OEuvres complètes de Malfillâtre ont été publiées, avec une notice par Auger, en 1825, 1 vol. in-8°, et en 1826, 1 vol. in-32. C. N.
MALGACHES, habitants de Madagascar.
MALHERBE (François de), poète lyrique français, né à Caen vers 1555, m. en 1628. Dans sa jeunesse, il passa en Provence, s’y établit, et commença dans ce pays à se faire un nom par ses vers. Il avait près de cinquante ans lorsque Henri IV, à qui Des Yveteaux et le cardinal Duperron l’avaient fait connaître , l’attacha à sa cour. Marie de Mé-
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dicis et Louis XIII le traitèrent aussi avec faveur, et il eut le titre de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi; mais il vécut et mourut pauvre, ayant donné plus de temps à ses vers qu’à sa fortune. Il perdit tous ses enfants de son vivant , et entre autres , dans sa dernière année , un fils de belle espérance , qui fut tué dans un duel par un gentilhomme provençal appelé De Piles : la vive douleur qu’il en fit éclater avança peut-être sa fin. — En politique, royaliste fervent , et, en poésie , chef de l’école qui effaça celle du xvi8 siècle , Malherbe avait commencé par être ligueur et par ronsardiser, comme il disait lui-même; mais son bon sens et son esprit régulier prirent enfin le dessus. Ce qui reste de ses premiers vers , tels que les Larmes de St Pierre , poème imité du Tansillo , 1587 , et quelques odes morales sous le titre de Bouquet des fleurs de Sénèque, 1590, est plus que médiocre ; mais il sut rompre à temps avec le goût italien et le jargon poétique de cette époque, et se former une manière et un style propres, en rapport avec la gravité hautaine de son caractère , et la fierté de son humeur indépendante. Doué d’un esprit plus vigoureux que fécond , d’un jugement droit et d’un goût sévère plutôt que d’une imagiuation brillante, poète par art et grammairien par nature , Malherbe entreprit la réforme tout à la fois de la versification et de la langue, et il la poursuivit jusqu’à sa dernière heure avec une constance singulière. On l’appelait le tyran des mots et des syllabes ; il se vantait lui-même d’avoir dégasconné la cour, et sa critique impitoyable n’épargnait pas un des vers de Ronsard et de Desportes. Comme poète , sa gloire n’est pas seulement d’avoir perfectionné le mécanisme des vers, épuré le langage poétique, et réduit la Muse aux règles du devoir, comme a dit Boileau , mais encore d’avoir créé chez nous le genre lyrique élevé, et mis le premier de l’éloquence dans la poésie. Ses Odes et ses Stances , composées et limées avec une patience et un labeur infinis, sont pleines de force, d’harmonie et de noblesse , avec un tour nerveux de pensée, de versification et de style, dont on n’avait pas l’idée avant lui, et qu’on n’a pas souvent rencontré depuis, en ce même genre. Ses principaux disciples, Racan, Maynard, et Godeau, ses compatriotes et admirateurs Sarrazin et Segrais, ne l’ont suivi que de loin ; et beaucoup d’autres, dans son siècle, en le copiant servilement, n’ont réussi qu’à exagérer ses défauts , la raideur , la sécheresse et l’enflure Souvent, en effet, la verve de Malherbe est courte, son inspiration contrainte, et son allure guindée; mais, par l’énergique précision et la mâle élégance de son style , il a été le précurseur de Corneille. En prose , dans ses Lettres et dans des traductions du 33e livre de Tite- Live , du traité des Bienfaits et des 91 premières Epîtres de Sénèque , il donna l’exemple d’un langage net et exact , tantôt élevé, tantôt familier, et toujours juste; il y ouvrit la voie à Balzac , auquel il servit pour ainsi dire de maître, et dont il prépara l’influence. Trop admiré peut-être dans son temps, mais aujourd’hui trop négligé, Malherbe fut un incomparable ouvrier eu poésie , et il y a beaucoup à profiter dans l’étude de son style. En outre de ses Odes et de ses Stances, il a laissé des sonnets , des chansons, et quelques épigrarames, la plupart peu remarquables; dans ces genres il manque de grâce , de douceur et de naïveté. Ses Lettres sont utiles pour l’histoire; elles contiennent des faits et des sentiments vrais, et respirent, comme ses vers, la chaleur d’âme d’un bon citoyen. La seule édition complète est celle de Biaise , Paris , 1822 , in-8°, à laquelle il faut joindre un recueil de Lettres inédites (par G. Mancel, Caen, 1852, in-8°), et l'Instruction de F. Malherbe à son fis, publiée en 1846 par Ph. de Chennevières. Les Poésies de Malherbe , d’abord éparses dans des recueils , et réunies seulement en 1621, ont eu un grand nombre d’éditions après sa mort. Les principales sont celles de Ménage, avec de savantes notes, Paris, 1666, in-8°, et 1689, in-12 (réimpr. avec les notes de Chevreau, Paris, 1723 , 3 vol. in-12 ) ; de Lefèvre de SMVIarc , Paris , 1757 ; de Meunier de Querlon, Paris, 1764 et 1776; de Biaise, Paris, 1822; de Lefèvre ( avec des notes et un choix des Lettres ) , Paris, 1825, 2 vol. in-8«; de MM. de Latour, Paris, 1842, in-12 (avec un précieux commentaire d’André Chénier sur quelques odes, et contenant le Bouquet des fleurs de Sénèque, réimprimée aussi à Caen en 1834, in-8°). Il y a une Vie de Malherbe par Racan, et un Discours sur ses oeuvres par Godeau. Les œuvres de Balzac, le Segraisiana, Baillet, Bayle, etc., contiennent sur ce poète des anecdotes et des jugements curieux. Voir aussi : Recherches biographiques sur Malherbe et sa famille, par M Roux-Alpheran, dans les Mémoires de l’Académie d’Aix , 1840; et Malherbe, Recherches sur sa vie et critique de ses œuvres , par M. de Gournay , Caen, 1852, in-8°. Ds.
malhekbe ( Joseph-François-Marie ), né à Rennes en 1733, m. en 1827, entra dans l’ordre des Bénédictins, découvrit en 1772 un procédé pour fabriquer la soude au moyen de la décomposition du sel marin, enseigna la philosophie à l’abbaye de SMjiermain-des-Prés, à Paris, depuis 1774, contribua en 1792-93 au perfectionnement de la fabrication du savon , et devint bibliothécaire du tribunal de cassation, puis du tribunat, enfin censeur de la librairie en 1812. Il a traduit en français la Physica subterranea de Becher.
MALIA, anc. v. de Thessalie (Phthiotide), sur le golfe Maliaque, près du mont Œta et des Thermopyles.
MALIAQUE (Golfe), Maliacus sinus, golfe formé par la mer Egée, auS.-E. de la Thessalie, près de la ville de Malia. Auj. golfe de Zeitoun.
MALIBRAN (Marie-Félicité), célèbre cantatrice, née à Paris en 1808, m. en 1836, fille de Manuel Garcia, débuta en 1825 à l’Opéra-Italien de Londres, suivit son père en Amérique, épousa à New -York un banquier français nommé Malibran, et fit casser son mariage en France, 1827. Alors elle vint au Théâtre-Italien de Paris. Elle excita le plus vif enthousiasme dans toutes les capitales ; une fièvre l’emporta à Manchester, peu de temps après qu’elle se fut remariée avec le violoniste de Bériot. Elle rénmssn it les deux voix de soprano aigu et de contralto, et produisait une in- ; dicible impression par l’énergie de son chant dramatique. Ses plus beaux triomphes étaient dans le Barbier de Séville, Otello, Tancrède, la Cenerentola, Sémiramis, la Gazza ladra, et Don Juan. — Sa sœur cadette, Pauline Garcia (MmeViari dot), est aussi une cantatrice très-distinguée. B.
MALICORNE, ch.-l. de cant. (Sarthe), arr. et à 15 kil. N. de La Flèche, sur la rive g. de la Sarthe; 1,160 hab. Poterie et faïence.
malicorne, vge (Yonne), arr. et à 32 kil. S.- O. de Joigny; 544 hab. Beau château d 'Haute feuille, construit au xve siècle. Ruines du château Duplesseys, démoli par les Anglais en 1355.
MALINES , en flamand Mechelen , en latin Mechlinia ou ! Malinœ , v. de Belgique (province d’Anvers), sur la Dyle,
| et sur le canal de Louvain à l’Escaut, à 25 kil. S. d’An- ’ vers, 20 N.-E. de Bruxelles; par 51° 1’ 45” lat. N., et ! 2° 8’ 35” long. E.; 35,000 hab. Archevêché métropolitain de la Belgique, érigé en 1559 ; académie de peinture et de dessin, fondée en 1771; université catholique; deux 1 séminaires; école normale primaire. Riche bibliothèque, jardin botanique; arsenal. C’est le point central de tous les chemins de fer du royaume, avec un grand atelier i de construction. Malines est surnommée la Jolie; elle possède une admirable église gothique de Saint- Rombaud, commencée vers 1487, avec une belle tour, haute de 97 mètres, et délicatement travaillée, commencée en 1452. On remai-que aussi les lâches sculptures en bois de l’église Saint-Jean. Vaste hospice, dit le Béguinage. Fabr. de dentelles renommées, dites points de Matines, de lainages, chapellerie, chaises de bois foncées de paille; filât, de lin, fonderie de cuivre; grande librairie liturgique. — La fondation de Malines remonte au vie siècle; détruite par les Normands en 884, rebâtie en 887, fortifiée en 930, elle fut le chef-lieu et le titre d’une | seigneurie, que se partagèrent les évêques de Liège et les seigneurs de Berthout. Adolphe de la Marck la veudit, en 1333, aux comtes de Flandre, qui eurent, pour sa possession , de longs démêlés avec les ducs de Brabant ; enfin, tombée au pouvoir des ducs de Bourgogne par le mariage de Philippe le Hardi avec Marguerite de Flandre , qui la tenait de sa mère Marguerite de Brabant, elle suivit les destinées de la Flandre. Malines fut saccagée par les Espagnols en 1572, par le prince d’Orange en 1578, par les Anglais en 1583, et prise parles Français en 1746, 1792, et 1794. Ils ont détruit les fortifications en 1804. — Une ligue contre la France fut signée à Malines, le 5 avril 1513, entre le pape, l’empereur Maximilien 1er, le roi , d’Angleterre Henri VIII, et Ferdinand le Catholique. B.
MALLEMBA. V. Cacongo.
MALLEOLUS, traduction latine d’ I-Iœmmerlein, nom de famille d’A-Kempis ( V. ce mot).
MALLET ou plutôt MALLOCH ( David), poète anglais,
1 né en 1700 en Ecosse, m., en 1765. Né pauvre, mais intrigant , il s’établit à Londres, après avoir voyagé avec les fils du duc de Montrose, publia quelques poésies, et devint sous-secrétaire du prince de Galles. Il écrivit une mauvaise Vie de Bacon, 1740, et publia, en 1753, les Œuvres de Bolingbroke, qui lui avait légué ce soin. Il loua Pope vivant, et l’attaqua mort, critiqua insolemment Bentley, courtisa lord Bute, calomnia l’amiral Byng, et se fit payer pour une Vie de Marlborough qu’il n’écrivit pas. Il pro-
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fessait le déisme. Ses tragédies sont oubliées; il imite de trop près Thomson dans ses poëmes; mais ses ballades, surtout Guillaume et Marguerite, écrite à 23 ans avec charme et simplicité, ont fait sa réputation. Ses Oeuvres •poétiques, recueillies en 3 vol. in-12, Lond., 1769, ont été traduites en français par Lécuy, 1798, 3 vol. in-12.
Mallet ( Edme), littérateur, né à Melun en 1713, m. à Paris en 1755, fut professeur de théologie au collège de Navarre, rédigea les articles de théologie et de littérature dans l'Encyclopédie, et publia : Principes pour la lecture des poètes, Paris, 1745, 2 vol. in 12 ; Essai sur l'élude des belleslettres, 1747, in-12 ; Essai sur les bienséances oratoires, 1753, in-12; Principes pour la lecture des orateurs, 1753, 2 vol. in-12; et une traduction de l’Histoire des guerres civiles de France de Davila, 1757.
mallet (Paul-Henri), historien, né à Genève en 1730, m. en 1807, enseigna les belles-lettres à Copenhague et l’histoire dans sa ville natale, et devint résident de la Hesse-Cassel près les républiques de Genève et de Berne. Il voyagea en France, en Italie, en Allemagne et en Angleterre. Il était membre associé de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de Paris. On a de lui beaucoup d’ouvrages estimés : Introduction à l’histoire du Danemark, tableau des mœurs, de la religion des Scandinaves, etc. Copenhague, 1755-56, 2 part, in-4", ouvrage neuf et très-intéressant; Histoire du Danemark de 714 à 1699, ibid. , 1758-65-77, 3 vol. in-4°, et jusqu’en 1773, Genève, 1788, 9 vol. in-12 ; de la Forme du gouvernement de Suède , Copenhague, 1756, in-8°; Histoire des Suisses, Genève, 1803 , 4 vol. in-8® ; Histoire de la ligue hansealique, ibid., 1805, in-8° ; Mémoires sur la littérature du Nord, 1759- 60, 6 vol. in-8°, etc. V. Sismondi, a? la Vie et des écrits de P.-H. Mallet, Genève, 1807, in-8°.
Mallet-du-pan (Jacques), publiciste, parent du précédent, né à Genève en 1749, m. en 1800, obtint du landgrave de Hesse-Cassel, par la protection de Voltaire, une chaire de littérature française, mais y renonça bientôt pour s’occuper de politique. Il continua les Annales politiques de Linguet, publia, de 1779 à 1782, des Mémoires politiques et littéraires sur l’état présent de l’Europe, vint à Paris, et rédigea, de 1783 à 1788, le Journal historique et politique de Genève, qui fut ensuite réuni au Mercure de France. Il fut, en face de l’esprit révolutionnaire , l’organe de toute une portion considérable de l’opinion publique, de celle qui croyait que le bonheur et la liberté de la France devaient etre fondés sur les droits également garantis de la nation et du souverain. En 1792, la cour le chargea d’une mission secrète auprès des souverains coalisés contre la France. Puis, fixé à Genève, il entretint, dans l’intérêt de la cause royaliste, une correspondance diplomatique avec plusieurs cours de l’Europe. En 1799, il passa en Angleterre, où il publia le Mercure britannique. On a de lui, entre autres ouvrages : Con idérations sur la nature de la révolution de France, I.ondi es, 1793, in-8°; Correspondance politique , Hambourg, 1796, ’ n-8° ; Essai historique sur la destruction de la ligue et de la li erlé helvétique, Londres, 1798, in-8°. Des Mémoires et Correspondance pour servir à l’histoire de la Révolution frnnçnise , recueillis par M. Sayous, Paris, 1851, 2 vol. in-8», montrent en Mallet-du-Pan un historien sagace et un penseur politique profond; c’est comme une histoire de la Révolution française depuis l’ouverture des Etats-Géncraux jusqu’au Consulat; l’éditeur y a joint une Correspondance avec Malouet, de Pradt, Lally- Tolendal, Montlosier, Portalis, Hardenberg, etc., et des pièces justificatives. B.
MALLEVILLE (Claude de), né à Paris en 1597, ra. en 1647, fut un des premiers membres de l’Académie Française. Un seul sonnet, la Belle malineuse, en fit, de son vivant, un homme célèbre. Ses Poésies (ëpigrammes, rondeaux, odes) ont été publiées en 1649, in-4u, et 1659, in-12. Elles sont généralement médiocres, sauf deux ou trois petites pièces.
MALLICOLO, île du Grand-Océan équinoxial, l’une des Nouvelles-Hébrides, au S. de la Terre australe du Sl-Esprit, dont le détroit de Bougainville la sépare; par 15» 50’-16® 36’ lat. S., et 164® 47’-165® 26’ long. E.; 90 kil. sur 35. Visitée par Bougainville et par Cook.
MALLIENS, anc. peuple de l’Inde en deçà du Gange, habitait an delà de l’Acésine, sur les bords de l’Hydraote, dans le Moultan. Alexandre le Grand le vainquit.
MALLIUS (Caïts) , un des complices de Catilina, leva des troupes en Etn rie, commanda l’aile gauche de l’armée rebelle à Pistoia, et y fut tué, l’an 692 de Rome, 61 av. J.-C.
MALLOCH. F. Mallet ( David|.
MAI.LORCA , m m espagnol de Majorque.
MALLOS ou MALLUS , v. de l’anc. Cilicie, sur le Py-
ramus, près de la mer, à 63 kil. E.-S.-E. de Tarse. On y remarquait l'oracle du devin Mopsus.
MALLOW, v. d’Irlande, comté et à 26 kil. N.-N.-O. de Cork, sur le Blaekwater; 3,612 hab. dans la paroisse. Source minérale et bains fréquentés.
MALLUM , nom par lequel les écrivains latins du moyen âge désignent les grandes assemblées des Francs ( V . Champ -de -Mars) , et qu’on appliquait aussi aux cours ou assemblées locales, tenues plus fréquemment par les comtes, centeniers ou dizainiers, pour rendre la justice, faire les convocations militaires, les ventes, les affranchissements et autres transactions civiles.
MALMAISON (la). V. Rueil.
MALMÈDY, Malmundarium, v. des Etats prussiens (prov. du Rhin ), sur la Warge, dans la régence et à 36 kil. S. d’Aix-la-Chapelle; 5,000 hab. Ch.-l. de cercle; douane. Anc. abbaye de bénédictins. Nombreuses tanneries. Dentelles. Comm. de vins, houilles et fers. — Réunie à la France par le traité de Lunéville, elle devint, sous le 1er Empire, le ch.-I. d’un des arrond. du départem. de l’Ourthe.
MALMESBURY, v. d’Angleterre (Wilts), sur l’Avon. à 61 kil. N.-N.-O. de Salisbury, 40 N.-E. de Bath ; 6,883 hab. dans la paroisse. Autrefois fortifiée, elle avait un célèbre couvent saxon, dont il reste une église et une tombe qu’on croit celle d’Athelstane. Patrie de l’historien Guillaume de Malmesbury et du philosophe Hobbes. Ses manufactures de laine ont à peu près disparu.
malmesbury (Guillaume de), chroniqueur. V. Guillaume.
malmesbury ( John harris , comte de ), diplomate, né à Salisbury en 1746, m. en 1820, fils de James Harris, fut ministre plénipotentiaire d’Angleterre auprès de Frédéric II, roi de Prusse, en 1772, puis à Sl-Pétersbourg ; envoyé dans les Provinces-Unies pendant les troubles de 1783, il contribua à rétablir le stathouder. Il se joignit à Pitt pour combattre la Révolution française, et vint à Paris, en 1797, afin de traiter de la paix avec le Directoire, mais sans succès. On a de lui une Histoire de la révolution de Hollande de 1777 à 1788, in-8°, et des Mémoires, Londres,
MALMŒ, v. forte de Suède (Gothie), petit port de commerce sur le Sund, à 630 kil. S.-S.-O. de Stockholm; par 55° 36’ 6” lat. N., et 10® 39’ 40” long. E.; 20,150 hab. Ch.-l. du làn ou préfecture de son nom ; comptoir de la Banque. Mauuf. de gants, tapis, chapeaux, tabac et savon; grand commerce de grains. Le traité de paix qui consomma la désunion de la Suède d’avec le Danemark et la Norvège y fut signé, en 1523, entre Gustave Wasa et Frédéric 1er. — La préfecture de Malmœ, formée du S. de la Gothie, haignée au S. par la mer Baltique, à l’O. par le Sund, au N. par le Cattégat, est bornée à PE. par la préfecture de Christianstad ; 4,536 kil. carrés; 298,209 hab.; villes princip. : Lund, Landskrona, Helsingborg. C’est l’une des plus fertiles provinces de la Suède. Elève de beau bétail.
MALO, v. du royaume d’italie (Vénétie), dans la prov. et à 15 kilomètres N.-O. de Vicence, sur l’Urolo; 4,000 hab.
malo (Saint). V. maclou (Saint).
malo (saint-), Allero, Macloviopolis , port de mer et sous-préfecture ( Ille-et-Vilaine), à 70 kil. N.-O. de Rennes, près de l’embouchure de la Rance, par 48® 39’ lat. N., et 4® 21’ 27" long. O.; 9,330 hab. Cette ville, bâtie sur le rocher d’Aron , défendue par un château , et entourée de murailles remarquables, est rattachée à la terre ferme par une belle digue de 200 mètres, appelée le Sillon. C’est dans son port, grand et sûr, dont on a fait, en 1863, un immense bassin à flot, avec 2,955 mètres de quais, que l’on mesure les plus grandes marées du continent européen (15 mètres au-dessus de la basse mer). L’entrée du port est protégée par des ilôts couronnés de forts. Tribunaux de lre instance et de commerce, institution importante, école de navigation, bibliothèque; magasin des tabacs; direction des douanes. Entrepôt réel. Bains de mer fréquentés. Sl-Malo arme plus du tiers des navires qui vont à la pêche de la morue. Chantiers de construction, fabr.de cordages, chaînes-câbles; scierie à vapeur, distillerie, etc. Export, pour l’Angleterre de bestiaux, volailles, œufs, beurre salé, fruits, légumes, etc. Patrie de J. Cartier, Duguay-Trouin (qui a une statue en marbre sur la place de la Cathédrale), La Bourdonnais, Maupertuis, Lamettrie, Surcouf, Broussais, Lamennais, et Chateaubriand, dont le tombeau, surmonté d’une croix de granit, s’élève à l’extrémité d'un rochet , le Grand- Bey, dans la mer. — Cette ville, fondée au vin® siècle par les habitants d’Aleth, tire son nom de son 1er évêque. Les
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Anglais la bombardèrent en 1693, 1695, et 1758-1759, C’est à Sl-Malo que se forma la première compagnie française des Indes. En 1711, les Malouins donnèrent à Louis XIV 30 millions pour soutenir la guerre. Autrefois les Malouins lâchaient des dogues dans la ville pendant la nuit, pour la protéger contre les malfaiteurs.
maeo-dë-la-lande (saint-), ch.-l. de cant. (Manche), arr. et à 9 kil. N. -O. de Coutances; 72 hab.
MALOBOOIUM, nom latin de Maubeuge.
MALOJAROSLA VETZ, v. de la Russie d’Europe, gvt et à 58 kil. N. de Kalonga, sur la Louja. Combat sanglant entre les Français et les Russes, en 1812.
MALOUAH. V. Mauva.
MALOUET (Pierre-Victor), homme d’Etat, né à Riom en 1740, m. en 1814, entra dans l’administration de la marine en 1763, passa 5 ans à S^Doraingue en qualité d’ordonnateur et de commissaire, fut ensuite chargé par le ministre de Sartines d’aller examiner les améliorations qu’on pourrait apporter dans la colonie de Cayenne, et devint intendant du port de Toulon. Envoyé aux Etats- Généraux de 1789 par le bailliage de Riom, il y défendit la cause de la monarchie, et réclama un gouvernement analogue à celui de l’Angleterre. En 1790, il fonda le club des Impartiaux, bientôt appelé club monarchique , et fut un des personnages que le Roi consultait habituellement en secret. Echappé aux massacres de septembre 1792, il s'enfuit en Angleterre , où il publia une Défense de Louis XVI , et ht bientôt demander à la Convention la permission de venir assister ce malheureux prince. Il rentra en France en 1801, fut nommé commissaire-général de la marine à Anvers en 1803 , maitre des requêtes en 1808 , conseiller d'Etat en 1810, mais déploya, dans ce dernier poste, un esprit d’opposition qui le fit éloigner de Paris en 1812. Ministre de la marine sous le gouvernement provisoire de 1814, Louis XVIII lui lai-sa ce poste. Il mourut peu de temps après. On a de lui : Mémoires sur l'administration de la marine, 1790, in-8» ; Mémoires et correspondances officielles sur l'administration des colonies, 1802, 5 vol. in-H0 ; Considérations historiq. sur l'empire de la nier chez les Anciens et les Modernes, 1810, in-8°, etc. Ses Mémoires ont été publiés par son petit-fils, Paris, 1868, 2 vol. in-8°. B.
MALOUIA, riv. du Maroc. V. Moulouia.
MALOUIN i Paul-Jacques), médecin et chimiste, né à Caen en 1701, m. en 1778, fut membre de l’Académie des Sc encesde Paris, recteur du Collège de France, professeur de chimie au Jardin du Roi.* On a de lui : Traité de Chimie , Paris, 1734, iu-12 ; Chimie médicale, 1750, 1755, 2 vol. in-12 ; divers articles dans V Encyclopédie , etc. Il y a des observations intéressantes dans deux Mémoires qu’il a publiés sur l’analogie de l’étain et du zinc.
MALOUINES ou FALKLAND (îles , archipel de l’Amérique anglaise, dans l’océan Atlantique près de la pointe S. de l’Amérique méridionale, par 51°-52“ 45’ lat N., et 60° 10’-64° 36’ long. O. Cet archipel est composé de deux grandes lies, East- Falkland ou l’Orientale , dite aussi Soledad ou Conti, tt West-Falklund ou l’Occidentale, dite aussi Hawkin’s Mainden-Land, séparées l’une de l’autre par le détroit de Falkland 72 kil. de longl, et de 9 îlots qui les entourent; 33.800 kil. carrés Port-Louis et Port-Egmonl sont les seuls établ.s. ements oocupés par les Anglais. Sol peu fertile, dépourvu de bois ; abondantes tourbières. On évalue à plus de 150,000 têtes le bétail sauvage qui erre en liberté dans ces des; on y compte plus de 3,000 chevaux. C’étaient les Gauchos, natifs des pampas de la Plata, qui, naguère encore, se chargeaient de poursuivre et d’atteindre ces animaux ; des Anglais et des Irlandais sont auj initiés à cet art. — Strong, qui visita ces îles en 1688, les nomma Falkland; une colonie de Malouins y fut amenée par Bougainville en 1763, et en fut chassée, deux ans après, par les Espagnols, qui cédèrent leurs droits à l’Angleterre en 1771. La république de Buénos-Ayres occupa les Malouines en 1820: les Anglais les ont reprises en 1833; 621 hab.
MALFIGHI (Marcel), célèbre anatomiste, né en 1628, à Crevalcuore, près de Bologne, m. à Rome en 1694, étudia à Padoue sous André Mariani, et devint professeur à Bologne, puis à Pise, où le grand-duc de Toscane l’appela. 11 se lia avec Borelli, et ils contribuèrent à fonder la célèbre académie del Cimento. Malpighi se fixa successivement à Pise, à Messine, à Bologne, et à Rome, où le pape Innocent XII le nomma son médecin. L’anatomie de structure doit beaucoup à Malpighi ; il n’est presque pas d’organe sur lequel il n’ait fait des découvertes intéressantes. Le corps muqueux qui entre dans la composition de la peau, a retenu son nom. Comme physiologiste, il a fait des recherches savantes sur le développement de l’embryon dans l’œuf, Ses Œuvres complètes ont été publiées à Lon-
dres, 1686, in-fol., et Leyde, 1687, 2 vol. in-8°.Le P. Regis donna des OEuvres posthumes, Lond., 1697, in-fol. D — G.
MALPLAQUET, vge (Nord), arr. et à 29 kil. N. -O. d’Avesnes; 400 hab. Victoire de Marlborough et du prince Eugène sur le maréchal de Villars, 11 sept. 1709.
MALSTROM. V. Maelstrom.
MALTE , Ogygie d’Homère , Melila des anciens, île de la Méditerranée, entre la Sicile et l’Afrique, par 35° 54’ lat. N., et 12° 10’ long. E., la principale d’un groupe auquel elle donne son nom , et qui se compose en outre des trois îlots de Gozso, Comino et Cominotlo; 255 kil. carr.: 28 kil. sur 16; 110,000 hab., dont 35,000 pour le ch.-l., la Cité- Valette. Malte n’est qu’un rocher calcaire, recouvert d’une couche de terre végétale qu’on y a transportée de Sicile ; grâce au climat et au travail des habitants, la végétation y est très-riche ; le sol produit du coton , des oranges et des fruits exquis, des roses d’une beauté remarquable; l’élève des abeilles est considérable et produit un miel délicieux; mais la population , trop nombreuse, y est excessivement misérable. L’industrie manufacturière est peu importante: fabr. de toiles de coton, toiles à voile, cigares. Malte contient l’une des plus fortes places de l’Europe, et le port le plus vaste et le plus sûr de la Méditerranée; point intermédiaire entre Gibraltar et Corfou , c’est une possession d’une grande importance pour l’Angleterre, qui y entretient un gouverneur et une garnison de 4,000 hommes. — Malte a souvent changé de maîtres ; les Phéniciens, 1400 av. J.-C.; les Carthaginois, 400; les Romains, 216; les Vandales, 445 de J.-C.; les Goths, les empereurs grecs, 533, Vont possédée successivement; elle subit ensuite la domination des Arabes, 870, et des Normands de Sicile, 1090; le mariage de Constance de Sicile avec Henri VI la donna aux Hohenstauflen. Elle passa, en 1266, avec la Sicile, au pouvoir des Français, qui en furent dépossédés par les Espagnols. Elle appartenait, encore à la maison d’Aragon, lorsque Charies-Quint la céda aux chevaliers de Rhodes, 1530, à qui Bonaparte l’enleva en 1798 ; mais, après deux ans de blocus (F. Vaiibois), Malte tomba au pouvoir des Anglais, qui l’ont gardée malgré les stipulations formelles du traité d'Amiens; et la possession leur en a été confirmée en 1815. F — T.
mvlte Ordre de), ordre de chevalerie, religieux et militaire, dont l’origine remonte aux Croisades. Au mil eu du xi' siècle, des marchands d’Amalfi obtinrent du calife d’Egypte la permission de bâtir à Jérusalem un hôpital, qu’ils dédièrent à S* Jean, et où l’on recevait les pèlerins qui venaient visiter les saints lieux. Pierre Gérard, de la petite ile de Martigues, en Provence, fut, sous le titre de Maître de l' Hôpital, le chef de cette pieuse institution. Sous les auspices de Godefroy de Bouillon et de ses successeurs, les marchands d’Amalfi se constituèrent en un ordre religieux, dont les membres furent nommés Hospitaliers. Les statuts de l’ordre ne furent cependant régularisés definitivement qu’en 1113, par une bulle du pape Pascal II. Il» imposaient aux religieux, outre les vœux ordinaires d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, celui de recevoir, de traiter et de défendre les pèlerins. L’assistance des Hospitaliers ne devait donc pas être purement passive, et bientôt il leur fallut prendre les armes et devenir hommes de guerre. Repoussés de la Terre-Sainte, qu’ils gardèrent les derniers, ils se retirèrent successivement à Margat, à S'-Iean-d’Acre, à Limisso, en Chypre, et enfin à Rhodes, 1310, qu’ils défendirent pendant plus de deux siècles contre les attaques des Sarrasins. Sous le magistère de Jean de Lastic, ils repoussèrent une première attaque des Turcs Ottomans, en 1455. Pierre d’Aubusson résista avec le même succès à l’armée de Mahomet II, en 1480 Mais, en 1522, les chevaliers de Rhodes, attaqués par Soliman le Magnifique, se virent obligés de céder au nombre. Ils quittèrent Vile, au nombre dfe 4,000, sous la conduite du grand-maitre Villiersde l’Ile-Adam, et, après avoir erré à Candie et en Sicile, vinrent se fixer dans Vile de Malte, que leur cédait Charies-Quint, et qui devint le siège définitif de l’ordre, 1530. Ils y furent en.ore attaqués par les Turcs, en 1565; le grand-maître Jean de La Valette les repoussa. Les chevaliers conservèrent Malte jusqu’en 1 7 98, époque où Bonaparte, allant en Egypte, la conquit sur eux, et mit ainsi fin à leur Existence politique. L’histoire des chevaliers de Malte est dès lors purement religieuse. L’empereur de Russie, Paul Ier, qui s’était déclaré le protecteur de l’ordre, en fut élu grand-maître; mais ce n’était là qu’une parodie ; l’ordre était anéanti dans son essence. — Les membres de l’ordre de Malte étaient divisés en trois classes : les chevaliers devaient être nobles : les chapelains et les servants d'armes devaient seulement prouver qu’ils étaient nés de parents honorables, et qui ne
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s’étaient point mêlés d’arts et de professions mécaniques Ou basses. Les aspirants portaient le nom de donats ou demi-croix. Le grand-maître était élu par les chevaliers de l’ordre : il prenait les titres de Grand-maître du St Hôpital de St-Jean à Jérusalem et de Gardien de l’armée de Jésus- Christ. Il résidait à la Cité-Valette; son revenu annuel était de 2 millions de fr., environ. L’ordre n’était soumis auSaiut- Siége que pour les matières de dogme. Les chevaliers se nommèrent Jaannites , Hospitaliers ou Chevaliers de St-Jean de Jérusalem jusqu’à leur séjour à Rhodes ; ils prirent alors le nom de Chevaliers de Rhodes , et , plus tard , celui de Chevaliers de Malle. L’ordre était composé de huit langues ou nations : Provence, Auvergne, France, Italie, Aragon , Allemagne, Castille, et Angleterre. Chacune de ces langues avait son chef à Malte, que l’on nommait Pilier ou Bailli conventuel. Chaque langue était subdivisée en prieurés, ceux-ci en bailliages, et les bailliages en commanderies. Le pilier ou premier dignitaire de chaque langue avait un titre et des attributions spéciales : Provence, grand-commandeur; Auvergne, maréchal; France, grand-hospitalier; Italie, amiral ; Aragon , grand-conservateur ; Castille, grandchancelier ; Allemagne, grand-bailli ; Anglo-bavaroise, turcopolier. Cette dernière langue fut substituée à celle d’Angleterre, lors du schisme d’Henri VIII. La Réformation enleva à l’ordre les grands-prieurés de Suède et de Danemark. La langue de Provence comprenait les deux prieurés de Sl-Gilles et do Toulouse, et le bailliage de Manosque. Celle d’Auvergne était composée du prieuré d’Auvergne et du bailliage de Bourganeuf. La langue de France possédait trois grands-prieurés, ceux de France, d’Aquitaine et de Champagne, et deux bailliages, dont les titulaires étaient le commandeur de Sl-Jean-en-l’Ile, près de Corbeil , et le commandeur de S'-Jean-de-Latran à Paris. Etablie en 1171, sous le nom de maison de Sl-Jean-de-Jérusalem , la commanderie de Paris ne prit que vers le XVIe siècle le nom de S'-Jean-de-Latran. Elle occupait l’ancien clos Bruneau, au N. de la place Cambrai, à l’E. de la rue Sl-Jacques. L’hôtel du commandeur n’existe plus. La nef de l’église, restée debout, ainsi qu’une tour carrée qui servait de geôle à la commanderie, et dans laquelle Bichat s’est livré à ses observations médicales, ont été démolies en 1855. Les membres de l’ordre de Malte portaient, dans l’établissement, une robe et un manteau noirs; à la guerre, une cotte d’armes rouge. Ce vêtement était orné, sur le côté gauche, d’une croix blanche à huit pointes. — L’ordre de Malte a été reconstitué depuis de longues années dans les Etats pontificaux; le siège de l’administration , établi d’abord à Catane , en Sicile , a été transféré, en 1826, à Fcrrare, et en 1834 à Rome, qui est la résidence actuelle du grand-maître, chef de l’ordre, et de son conseil. L’ordre de Malte entretient un agent diplomatique reconnu à Vienne, près de la cour d’Autriche , et compte maintenant (1865) quatre grandsprieurés qui sont : 1° celui de Rome, où le titulaire est toujours un cardinal à la nomination de N. S. P. le Pape; 2° celui de Lombardie et Venise; 3° celui des Deux- Siciles; 4° celui de Bohême. Il y a 102 commanderies, dont 57 commanderies de justice, et 45 de famille; et en outre deux bailliages. — Le roi de Prusse, qui possédait dans ses États le bailliage (protestant depuis la Réformation) de Brandebourg, le supprima en 1811; mais, l'année suivante, il institua pour ses États l’ordre de Sl-Jean, dont il s’est constitué souverain protecteur, et dont il nomme le grand-maître et les chevaliers. Il n’y a donc rien de commun entre l’ordre de S'-Jean de Prusse et l’ordre de S'-Jean de Jérusalem.
Dieudonné de Gozon. 1345 Pierre de Corneillan. 1353
Roger de Pins 1355
Raymond Béraiger. . . 1365 Robert de Juillac. .. . 1374 Juan Fernandèsd’He-
redia 1376
Philibert de Naillac. . 1397
Antonie Flavian 1421
JeanBonpardeLastic. 1437
Jacques de Milly 1454
Pierre Raymond Za-
costa 1461
Jean-Baptiste des Ur-
sins 1464
Pierre d’Aubusson. . . 1476
Emeri d’Amboise 1503
Gui de Blanchefort. . . 1503
Fabrice Caretto 1512
Villiersde l’Ile-Adam. 1521
4° A Malte.
Pierre du Pont 1534
Didier de S'-Jaille... 1535 D’Omédes 1536
Claude de la Sangle. 1553 Jean de La Valette. . 1557 Guidalotti de Monte. . 1568
De la Cassière 1572
Loubeux de Verdale. 1581
Garzez 1595
Adolphe de Vigna-
court 1600
Mendez Vasconcellos. 1622 Antoine de Paule. . . . 1623
Lascaris 1636
Redin. 1637
Annet de Clermont. . . 1660 Raphaël Cotoner ... . 1663
Caraffa 1680
Vignacourt (2e du nom) 1689 Raymond Perellos de
Rocafull 1697
Liste des grands-maîtres.
1° En Palestine.
Pierre-Gérard de Martigues 1099
Raymond Du Puy. ... 1118 Auger ou Otteger de
Balben 1160
GilbertdeSaly ou Ger-
bert d’Assaly 1163
Gastus ou Castus. . . . 1170 Joubert ou Josbert de
Syrie 1173
Roger de Moulins.... 1177
Garnier de Syrie 1187
Ermangard Daps 1191
Godet'roi de Duisson , ou Gaufred de Don-
jun 1192
Alphonse de Portugal . 1194
Geoffroy le Rat
Guérin de Montaigu. .
Bertrand de Texis...
Guérin ou Gérin
Bertrand de Comps. . .
Pierre de Villebride. .
Guillaume deChàteau-
neuf
Hugues de Revel
Nicolas de Lorgue . . .
2» A Chypre.
Jean de Villiers
Odon de Pins
Guillaume de Villaret.
3° A Rhodes.
Foulques de Villaret.
Hélion de Villeneuve.
Zondodari
Manoël Villena. .
Raymond Despuig Pinto de Fonseca .
Ximénès
Emmanuel de Rohan.. 1775
Hompesch 1797
MALTE BRUN (Conrad), savant danois, dont le nom véritable est Malte Conrad Bruun, né en 1775 à Thisted (Jutland), m. à Paris en 1826, avait été destiné d’abord au ministère évangélique, mais y renonça bientôt pour se livrer aux sciences politiques. En 1796, il dut se réfugier en Suède, pour échapper aux persécutions que lui attiraient quelques écrits en faveur de la liberté de la presse et de l’affranchissement des paysans. Il vint à Paris, en 1800, et rédigea presque sans interruption, depuis 1806 jusqu'à sa mort, les articles de politique étrangère dans le Journal des Débats. On a de lui : Géographie mathématique, physique et politique de toutes les parties du monde, en société avec Mentelle, Paris, 1803-1805, 16 vol. in-8° et atlas infol.; Tableau de la Pologne ancienne et moderne , 1 vol. in-8° et atlas in-4»; Apologie de Louis XVIII, 1815, in-8°; Traité de la légitimité, 1825, in-8°; Précis de la géographie universelle, 1810-29, 8 vol. in-8», dont le dernier est de M. Huot, ouvrage trad. en plusieurs langues. Nouvelles éditions revues et complétées par M. Malte Brun fils, 1851-55, 6 vol. in-8° fig. ; par M. Lavallée, 1855-59; par M. Cortambert, 1 856-60. Malte Brun fonda les Annales des voyages, 1808-13, 25 vol. in-8°, et publia avec Eyriès les Nouvelles annales des voyages, 1819-26, 32 vol. in-8°, recueil dont la publication se continue encore. 11 fut un des collaborateurs de la Biographie universelle de Micliaud. Des Mélanges scientifiques et littéraires de Malte Brun, ou Choix de ses principaux articles, ont été recueillis et mis en ordre par G. Nachet, Paris, 1828, 3 vol. in-8°.
MALTIIUS (Thomas-Robert), économiste anglais, né à Rookery (Surrey), en 1766, m. en 1834. Destiné par son père à l’état ecclésiastique, il entra dans les ordres en 1789, et desservit une cure des environs de Cambridge. Il s’appliqua à l’étude de l’histoire et de l’économie politique, et comprit bientôt la fausseté des écrits de l’époque sur la perfectibilité humaine, où le malheur des peuples était attribué aux seuls vices des gouvernements. Eu 1798, en réponse à un écrit de W. Godwin, dans Vlnquirer, sur l’Avarice et la Prodigalité, il publia un Essai sur les principes de la population, Londres, 1 vol. in-8°, où il attribue principalement le malaise et la pauvreté des classes inférieures à la tendance des hommes à se multiplier d’une manière trop rapide, sans rapport avec l’augmentation des subsistances. Ce livre fit grande sensation. Malthus, pour approfondir ses recherches , parcourut la Suède, le Danemark, la Russie, la Suisse et la Savoie. A son retour, il publia de nouveau, et comme 2e édition, un ouvrage plus approfondi : Essai sur les principes de la population, ou Exposé des effets passés et présents de l'action de celte cause sur le bonheur du genre humain, suivi de quelques recherches relatives a l’espérance de guérir ou adoucir les maux qu’elle entraîne, Londres, 1803, in-4°; il y appuyait par l’exemple des peuples le principe par lui posé, et montrait la tendance universelle des nations à se multiplier à l’infini ; cette tendance n’est arrêtée, à son avis, que par les calamités publiques, /a famine, les maladies, les vices engendrés par la misère; comme conséquence, il constatait les malheureux effets des distributions gratuites : l’indigent sans inquiétude et sans prévoyance, se multiplie à l’excès, en raison même des secours qu’il reçoit; le seul remède est
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l'amélioration du sort des classes inférieures, cherché surtout dars la circonspection dans les mariages. Ces idées soulevèrent des haines. On présenta Malthus comme un ennemi des classes inférieures, un partisan des calamités publiques. L'Essai sur les principes de la population eut cinq éditions; la dernière, publiée en 1817, avec d'importantes modifications, a été traduite en français par G. Prévost, Genève, 1823, Paris, 1836, 4 vol., et 1845, 1 vol. gr. in-8°, avec introduction par Rossi , notice de Ch. Comte, et notes de Joseph Garnier. En 1804, Malthus fut nommé professeur d’histoire et d’économie politique au collège de la Compagnie des Indes orientales, dans le comté de Hartford. Il adopta dans ses leçons les principes d’Adam Smith. Il publia plusieurs Mémoires sur des questions spéciales, notamment sur les lois des céréales, et un écrit sur la Nature et les progrès du revenu, Londres, 1807 et 1815, in-8°. En 1819, il fit paraître des Principes d'économie politique sous le rapport de leur application pratique, trad. en fiançais par Constancio, Paris, 1820, 2 vol. in-8°, ouvrage réédité en 1846, gr. in 8°, suivi des Définitions en économie politique , qui avaient paru à Londres en 1827 ; là il cherche à préparer par l’expérience l’application pratique des principes économiques. Il fut membre de la Société royale de Londres, et associé libre de l’Académie des sciences morales et politiques de F rance. V. une Notice sur sa vie et ses ouvrages, par M. Ch. Comte, 1836. B— u.
MALTON (NEW-), v. d’Angleterre (York, N.-Riding), sur leDerwent, à 30 kil. N.-E. d’York; station du chemin de fer du centre; 8,072 hab. Ruines d’un anc. château. Gants, toiles, chapeaux ; grand commerce de grains, beurre et bière. Foires pour les chevaux.
MALTOTE, en latin Malè tolta, mot signifiant mal levée, mal perçue, et que l’on trouve appliqué, pour la première fois, à une contribution qui fit soulever le peuple de Rouen en 1292. Plus tard, on l’étendit à toute espèce d’impôt, et il désigna même le corps et l’ensemble des compagnies de finances.
MALUS ( Et.îenne-Louis), célèbre physicien, né à Paris en 1775, m. en 1812, entra en 1793 à l’Ecole du génie militaire de Mézières. Cette école ayant été supprimée , il s’engagea, et travailla comme simple terrassier aux fortifications de Dunkerque. Là il fut remarqué par un ingénieur, qui l’envoya à l’Ecole polytechnique. Peu après sa sortie, il alla à l’armée de Sambre-et-Meuse, en qualité de capitaine du génie. Il prit part à l’expédition d’Egypte, et rentra en France, chef de bataillon, en 1801. En 1807, il présenta à l’Académie des sciences un Traité d’optique analytique, qui fut inséré dans le Recueil des savants étrangers, et un Mémoire sur le pouvoir réfringent des corps opaques. Il remporta le prix proposé par l’Académie, en 1808, pour une Théorie mathématique de la double réfraction. Mais sa grande découverte, et l’une des plus importantes de la physique , est celle de la polarisation de la lumière. En 1810, il remplaça Montgolfier à l’Académie des Sciences; en 1811, la Société royale de Londres lui accorda la médaille fondée par Rumford. V.
MALYA ou MULUCHA, anc. riv. d’Afrique, séparait la Mauritanie Tingitane de la Mauritanie Césarienne ; auj . Moulouïa.
MALVASIA ou MALVOISIE, petite île de la Grèce, rattachée à la Laconie, et qui produit le vin dit de Malvoisie. Ch.-l., Napoli-di- Malvasia. On récolte aussi le vin de Malvoisie à Candie et au mont Ida.
MALVERN , chaîne de collines d’Angleterre , dans les comtés de Worcester et de Hereford, est renommée pour ses sites pittoresques.
MALVINA. V. Ossian.
MALVOISIE. V. Malvasia.
MALWA ou MALOUAH , anc. prov. de l’Hindoustan , entre celles d’Adjemir et d’Agra au N., de Gandouana et de Kandeisch au S., d’Allahabad à l’E. , par 22°-26° lat. N., et 720-77» long. E.; 140 kil. de l’E. à l’O., 200 du N. au S. Pop. évaluée à 4,000,000 d’hab. Sol élevé , arrosé par la Nerbuddah, le Tchambal, le Betwa, etc., et fertile en grains, tabac et sucre. On en exporte de l’opium pour la Chine ( 50 millions de fr. par an ). Le Malwa est auj. divisé en Malwa indépendant, qui fait partie du roy. de Sindhia et a pour ch.- 1. Oudjéin , et Malwa tributaire des Anglais, comprenant les Etats de Bopal, de Dara et d’indore.
MALZ1EU (le) ou MALZIEU-VILLE , ch.-l. de cant. (Lozère), arr. et à 40 kil. N.-E. de Marvejols, sur la Truyère; 743 hab. Fabr. de couvertures de laine ; parchemineries. Autrefois fortifié.
M AMIMIE , anc. vallée de Palestine , entre Hébron et Jérusalem. Abraham y résida longtemps, et y reçut la visite des Anges qui lui annoncèrent la naissance d’Isaac.
MAMELOUKS (d’un mot arabe qui signifie esclave], nom donné aux esclaves turcs et circassiens dont quelques successeurs de Saladin composèrent leur garde particulière, et qui, élevés aux premières dignités, finirent par devenir les maîtres de l’Egypte. L’origine de cette milice remonte aux invasions de Gengis-Khan. Malek-Salèh, sultan ayoubite, acheta, le premier, de ces esclaves turcs aux Mongols, qui les avaient enlevés dans leurs excursions. Il les logea dans le vestibule de son palais, dont il leur confia la garde. Après les avoir disciplinés, il les distribua dans les principales villes de l’Egypte , où ils demeuraient en garnison. Azzeddin-Moez-Aibek , général de cette milice, après l’assassinat du sultan Malek-Moadham, le vainqueur de Louis IX, fit proclamer reine absolue Chadjereddor, mère du sultan ; puis il épousa la reine, et fut déclaré premier sultan de la première dynastie des Mamelouks, 1254. U y eut deux dynasties de sultans ; les Baharites ou Marins, 1254-1382 , ainsi nommés parce qu’ils faisaient partie des Mamelouks qui avaient leurs quartiers dans les principales villes maritimes de l’Egypte; les Bordjites, 1382-1517 , ainsi appelés parce qu’ils étaient au nombre des esclaves circassiens qui étaient en garnison dans les principales forteresses ( borodj ). Le règne des sultans mamelouks fut constamment troublé par des dissensions intérieures; cependant l’Egypte devin., sous leur domination, une grande puissance. Les dernières traces de la domination chrétienne disparurent, et les Mongols, auxquels personne ne résistait, furent battus plusieurs fois et tenus en respect. Les sultans Bibars, Kelaoun, et surtout Nasser- Mohammed-ben-Kelaoun, illustrèrent leur règne. Les sultans mamelouks n’étaient pas moins redoutables par leur adresse diplomatique que par la supériorité de leurs armes. Enfin, en 1517, Sélim, sultan des Ottomans, mit fin à leur règne ; il vainquit et fit pendre Toumam-Bey. dernier sultan, et réduisit l’Egypte en province ottomane. Mais les fonctions du gouvernement furent laissées à un divan ( conseil) composé de Mamelouks; l’administration locale fut confiée à 24 beys. Le sultan ottoman était représenté par un pacha, qui notifiait ses ordres et lui faisait passer le tribut. Les membres du divan avaient le droit de rejeter les ordres du pacha, en motivant leur refus ; ils pouvaient même le déposer. L’autorité de la Porte, déjà bien restreinte, le devint encore plus. En 1766, Ali-Bey, l’un des beys mamelouks , refusa le tribut , chassa le pacha , battit les armées turques, et se fit proclamer sultan d’Egypte; la trahison mit fin à sa révolte; mais elle avait porté une profonde atteinte à l’autorité des Turcs. Les Mamelouks étaient indépendants de fait. Ils avaient pour chefs Mourad-Bey et Ibrahim-Bey, lorsque Bonaparte débarqua en Egypte, 1798. Les victoires des Français décimèrent les Mamelouks, et ruinèrent leur influence. En proie à des dissensions, ils ne purent reconstituer leur puissance, après le départ des Français. Mais, en 1808, ayant repris les armes, ils complotèrent de renverser Méhémet-Ali , pendant qu’il faisait son expédition contre les Wahabites. Le vice-roi , se voyant menacé , les invita , le 1er mars 1811 , à assister, dans la citadelle du Caire, à l’investiture de son fils, Toussoun-Pacha, qui allait commander l’expédition contre les Wahabites; dès qu’ils furent arrivés, on ferma les portes, et des soldats apostés les tuèrent tous à coups de fusil, sous les yeux de Méhémet. Cette exécution eut de l’écho, et la plupart des Mamelouks furent exterminés dans les provinces. M. Quatremère a donné une Histoire des sultans Mamelouks, traduite de Makrizi, 1838, 4 vol. in-4°. D.
mamelouks de la gakde , corps créé par le général Bonaparte pendant son séjour en Egypte, et composé de cavaliers pris parmi les naturels de ce pays. On en forma, en 1804, nne compagnie, forte de 162 hommes, et qui fut bientôt élevée à 250. Us portaient le costume oriental. Un tiers des officiers et sous-officiers était pris parmi les Français. Après l'abdication de Napoléon Ie1', ils furent dispersés, et en partie massacrés à Marseille.
MAMERCUS(L. Æmilius), consul l’an 280 de Rome, 473 av. J.-C., voulut faire frapper de verges Publilius Voléro, brave centurion qui refusait de servir comme simple soldat. Le peuple soulevé le chassa du Forum avec son collègue, et, l’année suivante, nomma Voléro tribun.
mamercus (Æmilius), investi de la dictature l’an 317 de Rome, 436 av. J.-C., combattit les Fidénates, alliés des Véiens, dont son maître de la cavalerie, Corn. Cossus, tua le roi Tolumnius. Elu de nouveau dictateur en 431, il réduisit de 5 ans à 18 mois la durée de la censure ; enfin, dictateur pour la troisième fois en 426 , il reprit Fidènes.
MAMERS, Mamerciœ , s.-préf. (Sarthe) , à 48 kil. N. -N.-E. du Mans , près des sources de la Dive ; 5.640
- 1702 - MAN
MAM
hab. Tribunaux de lre instance et de commerce, collège, bibliothèque. Autrefois fortifiée. Fabr. de toiles, serges, calicots, basins, piqués ; tanneries. Comm. de grains et bestiaux.
mamers , nom du dieu de la guerre chez les tribus sabellieunes. Les Samnites , dans une épidémie, vouèrent à ce dieu un printemps sacre; tout ce qui naquit durant ce printemps fut immolé, excepté les enfants, qui durent s’exiler à leur 20e année. On les appela Mamertins.
MAMERT (Saint), Manier tus, archevêque de Vienne en 463 , m. en 477 , eut quelques démêlés avec Gondioc , roi des Bourguignons , qui était arien. Il a institué les Rogations ( V. ce mot). Fête, le 11 mai.
mamert (Claudien), frère du précédent, m. vers 474, tut d’abord moine, et partagea ensuite avec son frère le gouvernement du diocèse de Vienne. Sidoine Apollinaire, sou ami, le regardait comme le plus beau génie de son siècle. On a de lui : VUffice des Rogations, et un Traité de la nature de l'âme, Venise, 1482, et Anvers, 1607, ou il combat les opinions matérialistes de Fauste de Riez. Il est l’auteur de l’hymne Pange lingua, faussement attribué à Fortunat. V. Germain, de Mamerti Claudiani scriptis elphilosophia, 1840, in-8°. B.
mamert (saint-), ch.-l. de cant. (Gard), arr. et à 16 kil. N -O. de Nimes; 583 hab.
MAMERTIN (Claudel, panégyriste du me siècle, florissait à Trêves, où il prononça, en 289, le panégyrique de Maximien Hercule, créé César par Dioclétien , et , en 292 , un tienethliacon pour l’anniversaire de la naissance du même prince. Le style en est assez élégant; mais l’auteur prodigue l’adulation. Ces ouvrages se trouvent dans le recueil des Ponegyrici veteres, avec un panégyrique pour le consulat de Julien, 362, attribué à un autre Mamertin , qui fut préfet d’Italie et d’Illyrie sous Julien et destitué par Valentinien en 365.
MAMKRTINE iPrison). V. Prison de l’anc. Rome.
MAMERTINS. V. Mamers.
Mamertins, brigands partis de Mamerlium ou Mamerlum, servirent en Sicile comme mercenaires sous Agathocle, surprirent, après sa mort, la ville de Messine, et en firent un repaire d’où ils infestaient toute la Sicile. Pyrrhus, appelé par les Syracusains, réprima leurs brigandages, 276 av. J.-C.; Hiéron les combattit avec succès, et allait recevoir leur soumission , quand le Carthaginois Hannon vint lui disputer cette conquête. Les Mamertins s’adressèrent alors au sénat romain ; la Sicile était une trop belle proie pour ne pas le tenter. Il intervint , mais bien décidé à chasser pour son compte les Carthaginois de 1 ile, 264. Ce fut là l’origine de la première guerre punioue. q.
MAMERTIUM ou MAMERTUM, v. de l’Italie ancienne (Brutium), à 48 kil. S. d’Hipponium, et en face de Messine ; auj. Oppido.
MAMET-LA-SALVETAT (Saint-), ch.-l. de cant. (Cantal ) , arr. et à 17 kil. O. -S. -O. d’Aurillac , dans un pays boisé ; 381 hab.
MAMILIUS, nom d’une famille latine originaire de Tusculum. Elle prétendait descendre d’Ulysse : des deniers d’argent et des as, frappés à la fin de la République romaine, et appartenant à cette famille, représentent Ulysse avec son chien fidèle. Un Octavius Mamilius , dictateur de Tusculum , fut gendre de Tarquin le Superbe , et périt en défendant sa cause à la bataille du lac Régille, Tan 257 de Rome , 496 av. J.-C. B.
MAMMÉE (Julie) , fille de Julius Avitus et de Mœsa, née à Emèse , fut mère d’Alexandre Sévère , qu’elle déroba aux coups d’Héliogabale, son cousin, et gouverna quelque temps en son nom , 975 de Rome , 222 de J.-C. Initiée au christianisme par les entretiens d’Origène, elle s’appliqua à développer dans son fils les vertus d’un bon prince , et lui donna pour ministres les jurisconsultes Paul et Ulpien , et l’historien Dion Cassins.Elle fut tuée avec son fils par des soldats séditieux, qui venaient de proclamer le Thrace Maximin, 235. On lui reprochait son orgueil et son avarice.
MAMMOLA, v. du royaume d'Italie, dans la province de Reggio, à 12 kil. N. de Geraee: 8.218 hab.
MAMMON, dieu des richesses chez les anc. Syriens.
MAM O RÉ ou MAHMORAH, riv. de Bolivie, coule au N., sépare la Bolivie du Brésil, reçoit le Guapore et le Guapey , et se jette dans la Madeira. Cours de 900 kil.
MAMOUN IAL-). V. Al-Mamoun.
MAMPSARUS, mont, de l’anc. Numidie, dans la chaîne de l’Atlas. Auj. Anetichès.
MAMURRA, chevalier romain, de Formies, acquit de grandes richesses en Gaule, où il accompagna César comme prefet des ouvriers de l’armée , et fit bâtir, à son retour,
sur le mont Cœlius , à Rome , un palais revêtu de marbre, luxe jusque-là inconnu des Romains.
MÀN , anc. Monabia , Menavia , île anglaise de la mer d’Irlande , près de la pointe S.- O. de l’Ecosse; 50 kil. sur 22; 52,116 hab. Ch.-l. , Castleton; v. prineip. , Douglas , résidence de l’évêque de Sodor-et-Man Sol montagneux ; le point culminant est le Snaffield. Récolte de grains, pommes de terre, fruits. Mines de cuivre, zinc, plomb, fer ; carrières de granit et d’ardoises. Beaux pâturages ; élève de moutons estimés. Pêcheries de harengs et de morues. — L’île de Man, possédée longtemps par les comte» de Derby, puis par les ducs d’Athol, jouissait d’une sorte d’indépendance féodale. Les Anglais Tachetèrent en 1765, et en chassèrent les contrebandiers qui l’infestaient. On y parle la langue manx, dialecte du celtique.
man, île de l’Océanie, entre la Nouvelle- Bretagne et la Nouvelle-Irlande; par 4° lat. S. et 149° long. E. — Découverte par Carteret en 1767.
MANA, riv. de la Guyane française, coule du S. au N., et se jette dans l’Atlantique à 160 kil. N. -O. de Cayenne. Cours de 200 kil. bur ses bords insalubres, on a établi une colonie agricole pour les nègres, conduite par des religieuses de la congrégation de S*-Joseph de Cluny.
MANAAR (Golfe de), entre la pointe S. -E. de l’Inde anglaise et l’ile de Ceylau, par 76° long. E., et 9° lat. S. Pêcheries très-import, de perles, sur un banc long de 32 kil.
MANABI, prov. de la république de l’Equateur, une des deux formées de l’ancien département colombien de Guayaquil. Ch.-l., Puerto-Viéjo.
MANACOR, v. d’Espagne, dans l’ile de Majorque, à 36 kil. N.-E. de Palma; 10,315 hab.
MANADO, v. de l’ile Célèbes, sur la côte N., ch.-l. d’une résidence hollandaise qui a 70,000 hab.
MANAGUA. V. le Supplément.
MANAHEM, 16e roi d’Israël, tua l’usurpateur Sellum, et régna à sa place, de 760 à 754 av. J.-C. Des cruautés et des débauches remplirent la vie de ce prince, qui laissa la couronne à son fils Phaceia.
MANAIA , une des îles de Cook ( V. ce mot).
MANAMA , v. d’Arabie. V. Médina.
MANANT j du latin manens , demeurant) , se disait, au moyen âge , de tout homme habitant son lieu natal , ayant un manoir ; et manantise équivalait à propriété rurale , à richesse. Les documents historiques présentent toujours simultanément ces mots, bourgeois et manants, qui marquent deux classes intermédiaires entre les nobles et les serfs , lesquelles sont peut-être moins distinctes que ne le fait supposer la différence des dénominations : l’une pourrait se rapporter aux habitants des bourgs et des villes, l'autre à ceux de la campagne. Le mot manant, avili ensuite et rendu injurieux par l’usage , a désigné un paysan , puis un rustre. B.
MANAR , île de la mer des Indes , à l’O. et près de Ceylan; 7 kil. sur 2. Ch.-l., Manar, petit port sur la côte E. — Prise par les Portugais en 1560 , et , en 1658 , par les Hollandais , à qui elle servit de lieu d'exil.
MANASSAROVAR, lac de l’empire chinois (Thibet), sur le revers septentrional de THimalaya , à plus de 5,000 mèt. de hauteur. Il est vénéré par les Hindous.
MANASSÉ , fils aîné de Joseph et d’Aseneth , naquit en Egypte, et fut adopté par Jacob, son aïeul. — Il a laissé son nom à Tune des 12 tribus des Hébreux en Palestine. Cette tribu était divisée en 2 parties ; 1° la demi-tribu occidentale de Manassé, à l’O. du Jourdain , entre les tribus d’issachar au N. , de Gad à l’E., d’Ephraim au S., et la Méditerranée à l’O. ; ch.-I., Thersa ; v. prineip., Samarie , Césarée. Elle fit plus tard partie de la Samarie. Le mont Garizim y était contenu. — 2° la demi-tribu orientale de Manassé , à TE. du Jourdain, entre la Syrie au N. , Biturée, la Trachonitide et l’Idumée à l’E. , les tribus de Gad au S. , d’Issachar, de Zabulon et de Nephtali à l’O. ; ch.-l. , Gessur ; v. prineip., Gadara, Gamala. Elle s’appuyait au lac de Génésareth à l’O. , et contenait au S.-E. les monts Galaad. Elle répondait à TAuranitide et à la Gaulonitide formées plus tard.
MANASSÈS , 15e roi de Juda , succéda à son père Ezéchias, n’étant âgé que de 12 ans , 694 av. J.-C. 11 adora Baal, consulta les magiciens, et fit verser le sang innocent. Plusieurs prophètes , et surtout Isaie , l’avertirent de la part de Dieu; mais il fit saisir Isaïe, et ordonna de le scier en deux avec une scie de bois. Après 22 ans d’un règne impie, il fut surpris par les armées d’Assar-Haddon , roi d’Assyrie , qui l’emmena captif. Le malheur fit ouvrir les yeux à Manassès; il se repentit de ses crimes, et, de retour à Jérusalem , s’appliqua à les réparer, en restaurant le culte du Seigneur, et en fortifiant son royaume. Il mourut en 640. L — h.
MAN
— 1703 — ■ MAN
manassès (Constantin). V. Constantin. i
MANÇANAREZ , riv. d’Espagne. V. Manzanarez.
MANCEAUX, nom des habitants du Maine.
MANCEPS, nom donné, chez les anciens Romains, à quiconque achetait ou louait, aux enchères, quelque chose du public ; tel que, par exemple, l’adjudicataire d’un impôt de l’Etat, qui , par ce fait, devenait chef d’une compa gnie de publicains. C. D — y.
MANCHA-REAL, v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 8 kil. E. de Jaën; 5,000 hab. Draps et toiles; briqueteries.
MANCHE , Oceanus Britannicus, mer qui forme un long détroit entre l’Angleterre et la France, et qui joint l’océan Atlantique à la mer du Nord. Elle présente sur les côtes de France trois grandes échancrures, qui portent les noms de baie de la Somme, golfe du Calvados, golfe de Sl-Malo. Dans la baie de la Somme se trouvent Boulogne, le meilleur port de la côte jusqu’au Havre, la rade d’Ambleteuse, les petits ports d'Etaples, du Crotoy, de S*-Valery-sur- Somme, du Tréport, de Dieppe, de Sl-Valery-en-Caux , de Fécamp , d’Etretat. Le golfe du Calvados s’étend du cap Antifer à la pointe de Barfleur. Sur cette côte, hérissée de rochers, on remarque les ports du Havre et de Hontieur, frouville, la rade de Caen , le port de Caen , Corseulles au milieu des rochers du Calvados, le port de refuge de Portcn-Bessin, Isigny, Carentan , la rade de la Hougue, enfin la dangereuse pointe de Barfleur, extrémité N.-E. de la presqu’île du Cotentin , qui est terminée au N.- O. par le cap de la Hague. C’est entre ces deux caps qu’est situé Cherbourg. Dans le golfe de S*-Malo, qui commence au cap de la Hague, on remarque les îles anglo-normandes, Granville, le Mont-SLMiehel , la baie de Cancale, S‘-Malo et S‘-Servan , le port du Légué dans la petite baie de S^Brieuc, le port Biuic ou port Penthièvre, Paimpol , Tréguier, Morlaix, Roscof , le port de refuge de l’île de Batz. Moins échancrées du côté de l’Angleterre, les côtes de la Manche offrent un plus grand nombre de baies, de rades et de ports. Mentionnons Douvres à l’entrée de la Manche, Folkestone, Brighton , Portsmouth, port de guerre dans la rade de Spithead formée par la grande île de Wight, Southampton au fond de cette rade, Plymouth , grand port militaire, enfin les îles Scilly ou Sorlingues, excellente station pour surveiller l’entrée de la Manche. Les marées de la Manche sont très-fortes, et les vents d’ouest qui y dominent rendent la navigation difficile. Le poisson est plus abondant sur les côtes d'Angleterre, et les huîtres sur les côtes de France. L’Authie, la Canche, la Somme, la Bresle, l’Arques, la Seine, la Touques, la Dive , l’Orne, la Vire, le Couesnon , la Rance , etc. , affluent à la Manche sur les cotes de France. L’Exe, le Dart , leTamer, le Fal, y débouchent sur les côtes d’Angleterre. La largeur de la Manche est de 30 kil. entre les caps Gris-Nez ( France) et Dungeness I Angleterre) , de 220 kil. entre la rade de Cancale et l’embouchure de l’Exe. M.
manche, département maritime du N. -O. de la France, entre la Manche (qui lui donne son nom) au N.-E., au N. et à l’O., les départem. d’Ille-et-Vilaine au S. -O., de la Mayenne au S., de l’Orne et du Calvados à l’E.; formé dans l’anc. Normandie (Avranchin et Cotentin). Superf., 573,899 hect. Pop., 591,421 hab. Ch.-l. , St-Lô . Sol accidenté , sillonné du S. au N. par les collines du Cotentin ; arrosé par la Vire, laTaute,la Douve, la Sienne, laSioule, la Sée, laSélune, le Couesnon. Fertilisé par une culture bien entendue , il produit en abondance les céréales , les fruits à cidre, la pomme de terre, le lin, il a de nombreux et beaux pâturages, des herbages qui nourrissent beaucoup de bétail et de bons chevaux. Exploit, de fer, plomb, granit, marbre, ardoise, houille, tangue et quelques marais salants. Pêche active. L'industrie a pour objets principaux la fonte du fer, le travail du zinc et du cuivre, le tissage du lin, du coton et du crin , la fabrication des étoffes de fil et de coton, des blondes et dentelles, du parchemin , de la quincaillerie et de la coutellerie communes. Coram. de cidre, poisson, céréales, bestiaux, beurre, volailles. Ce départem. forme le diocèse de Coutances et d’Avranches, et est du ressort delà cour impériale de Caen. B.
manche, contrée d’Espagne (Nouv.-Castille), formant la province acLuelle de Ciudad-Real ( V. ce mot).
Manche de tautarie, aétroit >jui séparé l’île 'l'arrachai de la côte orientale de Mandchourie; 400 kil. de long; 120 kil. dans sa plus grande largeur.
.Manche (Gardes de Iaj. P. gardes.
manche (Gentilshommes de la), gentilshommes chargés, dans l’ancienne monarchie, d’accompagner le dauphin de r rance, depuis l’âge de 7 ans jusqu’à sa majorité. L’étiquette leur défendait de le tenir par la main , ce qui eût
été trop familier; il ne leur était permis de le toucher qu’à la manche.
MANCHESTER, Mancunium , ifanduessedum , v. d'Angleterre (l.ancashire), au confl. de l’Irk et de la Medlok avec l'Irwell, à 40 kil. E. de Liverpool, qui lui sert de port et lui est relié par un chemin de fer, et à 280 kilom. N. -O. de I ondres; par 5-i° 29' lat. N , et 4° 35' 13" long. O.; 84,020 hab. en 1801; 98,573 en 1811; 182,812 en 1831; 293,282 en 1841; 358,855 en 1867. Collège fondé en 1520, et ressortissant à l’université d’Oxford ; nombreuses écoles élémentaires et du dimanche. Admirable musée d’histoire naturelle; bibliothèque, jardin botanique, institut de mécanique. Société philosophique et médicale; sociétés de littérature, de philologie, d’histoire naturelle, d’agriculture, des antiquaires. L’aspect général de la ville est peu agréable : cependant la plupart de ses quartiers nouveaux offrent de larges rues et plusieurs bâtiments d’une grande beauté; on remarque la Bourse, le grand hôpital, le marché de Brown-street , l’hôtel de ville, le palais de justice, le pénitentiaire, la place Portland, les rues de Londres et du Marché, les salles des concerts et des bals, l’église dite Collé;jiale. Manchester était déjà célèbre pour ses manufactures dès le temps d’Edouard VI; cependant, au milieu du siècle dernier, il comptait à peine 20,000 hab. Il doit son accroissement prodigieux à son heureuse situation, et surtout à l’étonnante activité de ses habitants qui ont donné, depuis 1789, à l’industrie du coton, un développement considérable. Manchester a plus de 200 filât, de coton, de laine, ou de lin, autant de fabr. de tissus de coton, toutes trèsimportantes. Il y a aussi des fabr. de draps, soieries, velours de coton, bazins, nankins, piqués, mousselines, batiste, bonneterie, toiles, linge de table, couvertures, futaines, tapis, flanelles, chapeaux, épingles, papier, etc Impressions sur tissus, blanchisseries, teintureries, corderies, construction de machines, fonderies de fer, etc. Succursale de la Banque d’Angleterre. Des mines, situées aux portes de la ville, livrent des houilles excellentes à très-bas prix. Manchester est le 1er marché du monde pour les fils et les tissus de coton. On évalue à un milliard de francs les marchandises fabriquées qui s’y centralisent et s’y vendent. La ville est en communication avec tous les points du Royaume-Uni par de nombreux canaux, et 8 chemins de fer, ceux de Liverpool, Birmingham, Leeds, Bolton, Preston, Lancastre, Stoockport, et Oldham. F — t.
MANCINI (Laure), l’aînée des nièces du cardinal Mazarin, épousa, en 1651, le duc de Mercœur, fils du duc de Vendôme et frère du duc de Beaufort, et mourut en couches en 1657. V. A. Renée, 1er Nièces de Mazarin, 2e édit., Paris, 1857, in-12.
mancini (Olympe), sœur de la précédente. V. Soissons.
mancini (Marie), sœur des précédentes, née à Rome en 1639, m. vers 1715, fut élevée en France auprès de son oncle. Sa vivacité, son enjouement, plus que sa beauté, séduisirent le jeune Louis XIV, qui songea un instant à l’épouser ; mais Anne d’Autriche et Mazarin lui-même s’opposèrent à cette union. Marie épousa, en 1661, le prince Colonna, connétable de Naples Elle le suivit à Rome, et, après lui avoir donné trois fils en peu d’années, fatiguée de sa jalousie, elle le quitta tout à coup en 1672, pour rentrer en France avec sa sœur Hortense. Le Roi refusa de la voir et la consigna à 60 lieues de Paris; elle se retira en Savoie, puis dans les Pays-Bas espagnols, où son mari la fit détenir à la citadelle d’Anvers.'Elle obtint de venir à Madrid, mais dans un couvent. Le connétable Colonna, après l’avoir reprise un moment, 1680, la fit conduire à l’alcazar de Ségovie, puis une partie des couvents d’Espagne lui servirent tour à tour de prison, jusqu’à la mort du connétable, 1689, qui lui demanda pardon dans son testament. Elle revint en France, dit-on , et cette femme qui avait vécu dans les grandeurs, et s’était vue si près du trône, ne laissa point de traces de ses derniers pas. On a publié des Mémoires sous son nom, Leyde, 1678.
mancini (Hortense), sœur des précédentes, née à Rome en 1646, m. à Londres en 1699, une des plus belles femmes de son siècle, épousa en 1661 le duc de La Meilleraie, qui prit alors le titre de duc de Mazarin. Rebutée par son austérité et sa jalousie, elle l’abandonna en 1668, vécut quelque temps à Rome, et passa de là en Angleterre. Pensionnée du roi Charles II et de Louis XIV, elle réunit autour d’elle une foule d’adorateurs et de gens de lettres. On a sous son nom des Mémoires , qui sont l’ouvrage de Saint- Réal.
mancini (Marie-Anne), sœur des précédentes, née à Rome en 1649, m. en 1714, épousa, en 1662, Godefroy do La Tour-d’Auvergue, duc de Bouillon, partagea sa vie
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entre la lecture, la société d’un petit nombre d’amis et les plaisirs de la cour de Louis XIV, fut la première protectrice de La Fontaine, mais montra moins de jugement et de goût dans la préférence qu’elle accorda à Pradon sur Racine. Impliquée dans le procès de la Brinvilliers, 1680, elle fut reconnue innocente , mais reçut l’ordre de s’éloigner pour quelque temps de Paris, à cause de ses irrévérences enver» les juges. Elle visita l’Angleterre et l’Italie, et ne rentra à la cour qu’en 1690. B.
mancini (Louis). F. nivernois (ducde).
MANCINUS (C. Hostilius), consul romain, se laissa enfermer avec 24,000 hommes par 4,000 Numantins dans une gorge sans issue, et engagea sa parole que les Romains cesseraient les hostilités, l’an 616 de Rome, 137 av. J.-C. Le sénat refusa de ratifier ce traité, et livra le consul aux ennemis. Mancinus, qui avait lui-même appuyé cette proposition , fut renvoyé sain et sauf. O.
MANCIPATION , Mancipatio , terme de l’anc. jurisprudence romaine, signifiant une vente publique de personnes esclaves ou libres , d’animaux, ou de biens immeubles en Italie. La mancipation s’appelait ainsi, parce que l’adjudicataire prenait possession des objets achetés en posant la main dessus, exeepté.pour les biens immeubles. C. D — T.
MANCO-CAPAC , fondateur de l’empire du Pérou et le 1er des Incas, réunit quelques peuplades sauvages sur les bords du lac de Cuzco, leur persuada qu’il était fils du Soleil , les instruisit , les civilisa, fit disparaître les sacrifices humains , établit un nouveau culte, et bâtit Cuzco. On place son avènement en l’en 1025 de J.-C. — Un autre Manco-Capac, frère d’Atahualpa ( F. ce mot), voulut lui succéder en 1533, défendit Cuzco contre les Espagnols, puis se réfugia dans les Andes, où il fut assassiné.
MANCUNIUM, nom latin de Manchester.
MANDAL , v. de Norvège, port à l’embouchure d’une riv. de même nom dans la mer du Nord, par 58° 0’ 42” lat. N. et 5° 8’ 30" long. E.; 2,300 hab. Export, de poissons séchés et salés, lichens tourteaux, bois, etc. C’est le ch.-l. d’un amt qui a 67,370 hab.
MANDANE, fille d’Astyage, roi des Mèdes , épousa Cambyse, seigneur de la Perse, et fut mère de Cyrus.
MANDANE5 (District des), anc. district des Etats- Unis, qui embrassait une superf. de 763,000 ldi. carr. environ, entre la Nouvelle-Bretagne anglaise au N., le territoire de l’Orégon à l’O. , les districts des Osages au S. et des Sioux à l’E. ; habité par les indigènes Chippervays et Serpents. Les Mandanes, qui lui ont donné leur nom, ont été détruits par les maladies et par les Sioux. Ce district forme aujourd’hui la plus grande partie des territoires de Dacotah, de Nebraska, et de Montana.
MANDAR (Philippe, dit Théophile), né en 1759 à Ma- : rines (Seine-et-Oise), m. en 1823, exerça dans les sociétés populaires, pendant la Révolution, une grande influence par l’énergie et la facilité de sa parole, mais ne participa point aux excès de cette époque. 11 fut commissaire du pouvoir exécutif en 1793, ne voulut demander aucun emploi sous l’Empire, et vécut dans l’indigence. Sans parler d’écrits de circonstance, il traduisit de l’anglais les ouvrages de Coxe, Paterson, etc.
MANDARA, royaume de la Nigritie centrale, entre le Bournou au N., le Baghermé à l’E., le pays des Fellatahs à l’O. Ch.-l. Mora. Les habitants sont mahométans.
MANDARIN, mot d’origine portugaise, désignant tous ceux qui, en Chine, occupent un emploi public, et particulièrement les magistrats chargés de rendre la justice. Ils ne forment point un corps, et leurs fonctions ne sont ni inamovibles, ni héréditaires. On distingue les mandarins civils on lettrés, et les mandarins militaires.
MANDAT (Ant.-Jean Gaeiot de ), né à Paris en 1731, commandait la garde nationale de cette ville en 1792. Le matin du 10 août , comme on craignait qu'il ne défendît les Tuileries, ainsi qu’il en avait manifesté l’intention bien positive, la municipalité le fit venir à l’hôtel-de-ville, sous prétexte de lui donner un ordre, et on le tua d’un coup de pistolet; son coips fut jeté à la Seine.
mandat apostolique, rescritpar lequel le pape enjoignait autrefois à un collateur de conférer à tel ecclésiastique désigné le premier bénéfice vacant. Cet acte , dont on attribué l’origine à Adrien IV, fut interdit par le concile de Trente.
MANDAVI, v. de l’Hindoustan , située dans la principauté de Katch, à 46 kijomètr. S. de Bhoudj, port sur la côte N. du golfe de Katch; 40,000 hab. Commerce avec l’Arabie.
MANDCHOURIE ou MANTCHOURIE, pays des Empires chinois et russe, au N.-E. ; entre la Sibérie au N., ce même pays et la Mongolie à l’O., la mer Jauné et la ■
Corée au S., la mer du Japon et la Manche de Tartarie à l’E. ; par 38° 56'-54° 30' lat. N., et ÎUMSO» long. E. ; toute la partie au N. de l’Amour et à l’E. de l’Oussouri (F. au Supplément Amour) appartient auj. à /a Russie. Sol montagneux, traversé par les monts Hingan, Blancs, et de la Daourie, arrosé par l’Amour ou Sakhalien, le Dsoungari, le Mouren, etc., ne produisant guère que de l’avoine, du millet, de la rhubarbe et du ginseng. La Mandchourie chinoise comprend 3 provinces : Ching-King, ch.-l. Ching-Yang ou Moukden; Ghirin ou Kirin, ch.-l. de même nom; et Sahhaticn-Oula, ch.-l. Sakhalien-Oula- Khoton. Les Mandchoux appartiennent à la famille toungouse, et sont bouddhistes. Ils ont la taille moyenne, le teint jaunâtre, les cheveux noirs, les yeux petits, le nez camus. Ce sont eux qui, en 1644, subjuguèrent la Chine, où ils dominent encore aujourd’hui.
MANDÉ (SAINT-), vg-e (Seine), arr. et à 18 kil. N.- N.-E. de Sceaux, à 6 kil. E.-S.-E. de Paris, et à l’entrée du bois de Vincenues; 2,377 hab. Culture de légumes pour approvisionnement de Paris. Fabr. de carton-pâte, coueurs, cuirs vernis, papiers peints. Nombreuses maisons de campagne.
MANDEMENTS. F. Lettres pastorales.
MANDER (Karel Van), peintre flamand, né en 1548 à Meulebeke, près de Courtrai, m. en 1606, annonça de bonne heure le goût le plus vif pour la poésie et la peinture, et eut pour maître Lucas de Heere, qui cultivait à la fois l’art du coloriste et la littérature. En 1574, il se rendit à Rome, où il fit de sérieuses études. Son compatriote Barthélemy Spranger, peintre officiel de Pie V, le protégea, et lui donna des leçons; il n’avait pas un goût très-pur malheureusement, et il donna une mauvaise direction à Van Mander, qui, au bout de 3 ans, retourna dans son pays. Les soldats de Philippe II et la peste le chassèrent de ville en ville, et il alla s’établir en Hollande. Ses tableaux sont très-rares : ils ont tous les caractères qui distinguent le style flamand du xvie siècle. Les souvenirs de l’école brugeoise et l’imitation de l’Italie s’y trouvent mêlés. Van Mander ne brille d’ailleurs ni par l’invention ni par l’exécution : mais il nous a laissé un travail historique de la plus haute importance, dans un Livre des peintres, publié en 1604. C’est à peu près le seul ouvrage qui nous donne des renseignements sur les artistes néerlandais du xve et du xvie siècle. A. M-
MANDEURE, vge (Doubs) , an-, et à 11 kil. S.-E. de Montbéliard ; 996 hab. C’est F Eyamanduodurum des Romains, et une des plus importantes cités de la Séquanaise; elle fut ravagée par les Alémans en 379, par Attila en 451, et par les Hongrois au xe siècle. On trouve à Mandeure les ruines d’un amphithéâtre et de plusieurs temples, les traces d’une voie romaine , et beaucoup d’antiquités. La terre de Mandeure appartenait en toute souveraineté aux archevêques de Besançon; elle fut réunie à la France en 1792.
MANDEVILLE (sir John) , en latin Magno-Villanus , voyageur anglais , né à Sl-Albans vers 1300, m. à Liège en 1371, visita, de 1322 à 1356, la Terre-Sainte, l’Eg-ypte, la Chine, et presque toute l’Asie. La relation de son voyage a été publiée à Londres , 1725, et de nouveau en 1839. Ses récits, remplis d’histoires merveilleuses, sont un des premiers monuments de la prose anglaise ; le style en est encore fort intelligible.
MANDINGUES, peuple nègre d’Afrique, qui habite les Etats de Bamboulc, de Kaarta, de Kassou, de Woulli, de Kankan, et la plus grande partie du Ban bara. Les Mandingues sont assez policés, industrieux, travaillent le fer, fabriquent des étoffes etdes cuirs, et font le commerce de l’or et de l’ivoire. Leur idiome est parlé dans une grande partie de l’Afrique.
, MANDONIUS. F. Indibilis.
MANDOU, dieu égyptien. F. MendÈs.
MANDRIN (Louis), fameux brigand, né vers 1725 prés de Romans (Dauphiné), d’un maréchal-ferrant, m. en 1755, fut d’abord soldat, déserta, et, s’étant associé quelques hommes déterminés, se mit à faire la contrebande; puis il attaqua à main armée les receveurs d’impôts, et osa pénétrer dans Beaune et dans Autun pour forcer les prisons. Il avait dispersé quelques détachements envoyés contre lui, quand une femme le trahit : pris au château de Rochefort en Savoie, il fut amené à Valence, et roué vif.
MANDUBIENS, Mandubii , peuple de la Gaule (Lyonnaise Ire ) , entre les Eduens au S. et les Lingons au N.-E, Ch.-l. , Alesia. Ils occupaient le centre et l’O. du départent, de la Côte-d’Or.
MANDUCUS , masque hideux , dont, chez les anciens Romains, un personnage était affublé, et qui, dans la procession des jeux publics, faisait rire la foule ou effrayait
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les enfants. Ce masque avait des joues pendantes, et une bouche énorme, armée de dents que l’acteur faisait claquer.
MAN D ULSSED U M , nom latin de Manchester.
MANDURIA, v. du roy. d’Italie (Province de Lecee) à 35 ldi. E.-S.-E. de Tavente; 6,000 hab.
MANEGE (Le), salle située à Paris, à peu près à l’angle oriental des rues de Rivoli et de Castiglione, et célèbre parce que quatre grandes assemblées de la Révolution y tinrent leurs séances : l’Assemblée constituante, 1791; l’Assemblée législative, pendant les 11 mois de sa durée; la Convention, de sept. 1792 aux premiers jours de mai 1793, qu’elle alla siéger aux Tuileries; enfin le Conseil des Cinq-Cents, d’oct. 1795 à janv. 179B. Cette salle fut construite en 1790 et démolie en 1802. Elle empruntait son nom du manège des Tuileries, espèce de lice, le long du jardin, sur l’emplacement actuel de la rue de Rivoli.
MANES, dieux infernaux chez les anc. Grecs et les ane. Romains; âmes des morts mises au rang- des dieux. Ils n’avaient de puissance sur la terre que la nuit. Us passaient pour les divinités tutélaires des tombeaux. On les honorait publiquement; Numa leur consacra le mois do février, et la loi des xn Tables assura leur culte. On sacrifiait à ces divinités des victimes noires ou rousses, on les réjouissait par des libations de sang.
MANES , hérésiarque, appelé d'abord Cubricus , naquit en Perse en 240 , fut esclave d’une riche veuve de Ctésiphon qui le fit instruire , eut pour maître l’hérétique Térébinthe , et enseigna que le monde est l’ouvrage de deux principes opposés , l’un bon , l’autre mauvais , tous deux éternels et indépendants. Savant médecin, il donna inutilement ses soins au fils du roi Sapor, et fut mis en prison quand le jeune prince mourut. C'est dans les loisirs de la captivité qu’il forma le projet d’allier ses principes au christianisme , et qu’il ajouta aux livres sacrés ou en retrancha tout ce qui était favorable ou contraire à son principe. Il prit la fuite, et, passant dans l’empire romain, s’annonça comme le Paraclet promis par J.-C.; mais combattu par Archélaüs , évêque de Cascar, avec les armes de la religion et de la raison , il désespéra du succès de sa mission, et rentra en Perse, où le roi Bahram le fit écorcher vif. M.
manès , riv. de Locride. V. boagriüs.
MANËTHON , prêtre égyptien , né à Sébennyte , vivait sous le règne de Ptolémée Philadelphe , et était garde des archives sacrées dans le temple d’Héliopolis. Une Histoire de l’Egypte, qu’il avait composée, est perdue; quelques fragments , cités par Josèphe , Eusèbe et George le Syncelle, ont été réunis et publiés par Scaliger (de emendatione temporum), puis dans les Eragm. Iiist. grœc., de Didot, 1848, et dans l’appendice du t. 3 de l’ouvrage allem. de Bunsen sur 1 Egyplique. Ni l’Histoire d'Égypte, en latin, publiée par 1 imposteur Annius de Viterbe, ni le poème astrologique grec, Apotelesmatica , Leyde, 1698, et Coloane, 1832, ne sont de Manéthon. ”
MANFRED ou MAINFROI , prince de 'Parente, roi des Deux-Siciles , fils naturel de l’empereur Frédéric II, né en 1231, m. en 1266. D’abord régent des Deux-Siciles au nom de son frère Conrad IV, 1250-1254, et de son neveu Conradin , 1254-1258 , il s’en fit proclamer roi sur une fausse nouvelle de la mort de ce dernier, 1258. Régent ou roi, il eut à combattre le Saint-Siège, qui voulait enlever l’Italie méridionale à la maison de Souabe , et il résista avec succès à 4 papes, Innocent IV, Alexandre IV, Urbain IV et Clément IV. Ce dernier ne put le vaincre qu’en appelant contre lui Charles d’Anjou , frère de S* Louis ; Manfred périt au combat de Bénévent, 1266. G.
MANFREDI (Les ), famille souveraine de Faënza ; elle eut pour chef Ricciardo Manfredi, qui, profitant du séjour des papes à Avignon , se mit à la tête des Gibelins de la Romagne, et se fit proclamer seigneur de Faënza etd’Imola, en 1334. Elle finit avec Astorre III , dépouillé et mis à mort par César Borgia, en 1500.
manfredi (Eustache), savant italien, né à Bologne en 1674, m. en 1739, associé étranger de l’Académie des Sciences de Paris et membre de la Société royale de Londres, enseigna l’astronomie à Bologne depuis 1711 , après avoir commencé par les mathématiques. En 1704, la place de surintendant des eaux lui fut donnée ; ses occupations se partagèrent alors entre l’astronomie et l’hydrostatique, nés écrits sont : Epliemerides motuum cœlestium ab anno 1715 ad annum 1725, Bologne, 1715-1725, 4 vol. in-4°; de Novissimis circa siderum fixorum errores observationibus épistola, ibid. , 1730 , in-4° ; de Transita Mercurii per solem , 1723, in-4°; Liber de gnomone meridiano Bononiensi, 1736, in-4°; Instituzioni astronomiche , 1749, in-4°, etc.
manfredi (Gabriel) , frère du précédent, né à Bologne en 1681 , m. en 1761 , n’entra dans l’enseignement qu’en 1720, et remplaça Eustache comme surintendant des eaux. En 1707, il publia : de Constructione œqu ationum differentialium primi gradus , Pise, in-4°, ouvrage qui eut un grand succès. V.
MAXFREDONIA, v. forte du royaume d’Italie (Prov. de Foggia) ; port sur le golfe de Son nom, à 35 kil. N.-E. de Foguia; H, 934 hab. Archevêché. Elle fut fondée, près des ruines de Sipontum, par Manfred, fils naturel de 1 empereur Frédéric IL Brûlée par les Turcs en 1620.
manfredonia (Golfe de), anc. Sinus Urias, formé par l’Adriatique dans le royaume d’Italie, où il baigne les côtes des provinces de Foggia et de Bari; 60 lui. sur 35. Sur la rive N. est le mont Gargano.
MANGALIA, v. de 1a. Turquie d’Europe | Silistrie ), sur la mer Noire , à 45 lui. S. de Kustendji , près d'un petit lac salé; 3,000 hab. Port peu sûr. Comm. de blés.
MANGALORE, v. de lTIindoustan anglais (Madras), cli.-l. du district de Ivanara, sur la côte de Malabar, à 745 kil. S.-E- de Bombay; par 12° 51’ 38” lat. S. et 72° 28’ 32” long. E. ; 30,000 hab. Port situé sur un beau lac qui communique avec la mer d’Oman. Export, de riz, bétel, soie, sucre, huile, sel, poivre, bois de sandal, safran. — Tippoo-Saëb y signa la paix avec les Anglais, le II mai 1784. Ceux-ci la possèdent depuis 1799.
MANGA-REVA (îles). 7. Gambier (archipel).
MANGASEIA. 7. Todroukhansk.
MANGDÉRAI. 7. Florès.
MANGET (Jean-Jacques), médecin érudit, né à Genève en 1652, m. en 1742. Destiné d’abord à la théologie, il abandonna cette science pour la médecine, et se fit recevoir docteur à Valence en Dauphiné. Les ouvrages qu’il publia le mirent en rapport avec beaucoup de savants de son époque; sa réputation comme médecin était si grande, que le roi de Prusse le nomma, en 1699 , son premier médecin. Manget n’a guère été qu’un compilateur, mais il a rendu un grand service à la science en publiant des ouvrages que l’on ne pouvait se procurer facilement avant lui. On a de lui , entre autres publications : Bibliotheca ■medico-practica , Genève , 1695-98 , et 1739 , 4 vol. in-fol. ; Bibliotheca chimica curiosa , ibid., 1702, 2 vol. in-fol.; Theatrum anatomicum , ibid., 1717, 2 vol. in-fol., contenant les planches d’Eustachi ; Bibliotheca pharmaceutico-medica , ibid. , 1703, 2 vol. in-fol.; Bibliotheca scriptorum medicorum , ibid., 1731, 4 vol. in-fol.; Bibliotheca chirurgica , ibid., 1721, 4 vol. in-fol. ; Bibliotheca anatomica , ibid., 1685 , 1699 , 2 vol. in-fol. D — G.
MANGEURS , nom donné , dans le moyen âge , aux soldats que les créanciers envoyaient vivre à discrétion chez leurs débiteurs , jusqu’à ce que ceux-ci eussent payé.
MANGI, nom donné, au moyen âge , par Marco-Polo et Mandeville , à une province de la Chine , qu’ils placent auprès du Cathay.
MANGIA (archipel). 7. Cook (îles de).
MANGKASSAR. 7. Macassar.
MANGONNEAU, machine de siège employée au moyen âge pour lancer des traits et des pierres. Aucune description ne nous en est parvenue. On s’en servit encore quelque temps après l’invention de l’artillerie.
MANGOU, grand-khan des Mongols, fils de Touli et petit-fils de Gengis-Khan , succéda à Kaïouk en 1250 , chargea un de ses frères, Houlagou, de détruire l’empire des califes Abbassides , et un autre , Koublaï , d’attaquer la Chine , et fut tué lui-même au siège d’une ville de ce pays , 1259. Ce fut vers lui que S1 Louis députa Rubruquis ( 7. ce mot ) , sur le faux bruit qu’il était chrétien.
MANGUP-KALÉ , anc. v. forte de la Crimée , dans le cercle de Simféropol, entre Bagtehé-Seraï et Sébastopol , sur la cime d’une montagne presque inaccessible. Il n’en reste que des ruines considérables, objet de vénération pour les Tar tares. On ignore l’origine de cette ville, qu’habitèrent les Goths , les Khazares et les Génois.
MANHARTSBERG, chaîne de montagnes de la Basse- Autriche , dépendance du Bœhmerwald , se dirige du N. au S. depuis la Moravie jusqu’à la rive g. du Danube. Elle donne son nom à 2 cercles du pays au-dessous de l’Ens ; le Manhartsberg- Inférieur, entre la Moravie au N. et à l’E., le Danube au S., et le Haut-Manhartsherg à 10.; 466,650 hect. de superf.; 110 kil. sur 50; 284,797 hab.: cli.-l, Korneuburg; et le Manharlsberg-Supérieur, entre la Bohême au N. et au N. -O., le cercle de la Muhl à l’O., le Danube au S., et le Bas-Manhartsberg à l’E.; 499,590 hect. de superf.; 102 kil. sur 95; 258,483 hab.; cli.-l. Krems
MANHEIM, v. du grand-duché de Bade, ch.-l. du cercle de son nom, au confluent du Neckaret du Rhin, à 65 kil.