‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 117 sur 864 · MARBRES DE PAROS. V. PAROS · texte numérisé non relu

MARBRES DE PAROS. V. PAROS

MARC (Saint), évangéliste, né, à ce qu’on croit, dans la Cyrénaïque , fut disciple de S1 Pierre, qu’il suivit à Rome. Ce fut sans doute dans cette ville qu’il écrivit son Evangile, d’après les instructions de S1 Pierre. On pense qu’il alla ensuite prêcher en Egypte, où il fonda l’église d’Alexandrie , et fut mis à mort en 68. Fête, le 25 avril. Il est le patron des Vénitiens, qui prétendent posséder son corps dans la chapelle des Doges depuis 815. S1 Marc est figuré par un lion dans la vision d’Ezéchiel , et les Vénitiens ont aussi pris un lion ailé comme symbole de leur république. L’Evangile de S1 Marc, écrit 10 ans après l’Ascension du Sauveur, en grec selon les anciens, en latin selon Baror.ius, n’est qu’uu abrégé de celui de S1 Mathieu. On attribue à S1 Marc une liturgie en usage dans l’église d’Alexandrie, éditée en grec et en latin par Joseph de Sle-Marie, Paris, 1583, in-8°. — Une congrégation de chanoines réguliers de S*-Marc fut fondée à Mantoue, vers la fin du XIIe siècle, par Albert Spinola. Elle reçut du pape Nicolas V, en 1450, la règle de S^Augustin. Grégoire XIII la réunit aux Camaldules en 1584.

marc (Saint), pape en 336, régna 21 jours. Fête, le 5 octobre.

marc, hérésiarque du ne siècle, disciple de Valentin, fondait sa doctrine sur cette espèce de théologie arithmétique dont on était fort entiché dans le 11e et le me siècle. La Genèse nous représente Dieu créant le monde par sa parole : il y a donc, dans la parole , et dans les lettres dont les mots se composent, une force productrice renfermant toutes les qualités et toutes les vertus possibles; et c’est pour cela que J.-C. a dit qu’il est l’alpha et l’oméga. A la Trinité catholique, Marc substituait l' Ineffable, le Silence, le Père, et la Vérité. Il rejetait les sacrements et même le baptême. Marc et ses disciples perpétuèrent leur doctrine au moyen de prestiges et par la licence de leur morale ; ils enseignaient que tout est permis, et abusaient de la crédulité des femmes. SlEpiphane et S1 Irénée nous apprennent que , de leur temps, cette secte était encore très-puissante en Asie et sur les bords du Rhône. M.

marc, unité de poids pour l’argent, en France, avant l’établissement du système métrique. Le marc valait 8 onces

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(24 décagrammes 475 milligrammes); il commença d’être en usage vqps le milieu du XIe siècle. C’était le seul poids uniforme qui existât en France. O-n en gardait l'étalon à la Cour des monnaies de Paris, et des copies de cet étalon au greffe de toutes les Cours des monnaies du royaume.

MARC-ANTOINE. V. ANTOINE et BAIMONDI.

Marc-adrèi.e | Mareus-Aurelius-Antoninus-Augustus ), surnommé le Philosophe, empereur romain , né à Home en 121, d’une famille consulaire, m. en 180, reçut une éducation littéraire, et fut séduit surtout par la philosophie des stoïciens. Connu , tout jeune, de l’empereur Adrien , il lui plut, et ce prince le fit chevalier à 6 ans, prêtre salien à 8 ans, et le nomma, à 15 ans, préfet de Rome pendant les Fériés latines. Le jeune Mareus-Aurelius, adopté par Antonin , successeur d’Adrien , nommé César et admis aux affaires de l’empire, n’en conserva pas moins son goût pour la philosophie. Arrivé à l’empire en 161, il s’associa Vérus, son frère adoptif. Des calamités marquèrent le commencement de leur règne : débordements du Tibre et du Pô, famine, peste, invasion des Quades en Germanie et des Parthes en Asie. Marc-Aurèle combattit les Quades par ses lieutenants, envoya Vérus contre les Parthes, s’occupa des maux intérieurs, et établit des greniers publics pour prévenir les disettes. En 169, les Quades et les Mareomans ayant tenté une nouvelle invasion , il marcha contre eux avec Vérus, qui mourut pendant l’expédition, poursuivit seul la guerre, et pourvut à ses dépenses par la vente du mobilier impérial , afin de ne point demander d’impôts au peuple, malheureux depuis plusieurs années. Pendant cette guerre, l’armée, enfermée par les Quades dans un défilé, allait périr de soif, lorsque des soldats chrétiens, qui se trouvaient en grand nombre dans les légions, se mirent à implorer Dieu. Aussitôt une pluie abondante vient soulager les Romains, tandis qu’une tempête fond sur les Barbares, et les épouvante au point de leur faire rendre les armes. Marc-Aurèle apprend , au milieu de ses succès, qu’Avidius Cassius s’est fait proclamer empereur; il marche contre lui, mais avant qu’il ne l’ait atteint, on lui apporte la tête du rebelle. Il pardonne à la famille d’Avidius, et fait brûler tous les papiers saisis chez ce chef , dans la crainte de trouver des coupables. Marc- Aurèle visita ensuite Athènes, où il établit des cours publics pour toutes les sciences. A son retour à Rome, il reçut les honneurs du triomphe, et Ton consacra ses exploits par une magnifique colonne monumentale érigée dans le Champ-de-Mars, et qui existe encore ( V. Colonnes). Les Barbares de la Germanie ayant tenté de nouvelles invasions, Marc-Aurèle voulut encore aller les combattre luimême, en 178, et remporta sur eux une grande victoire; mais, après 2 ans de campagne, épuisé par les fatigues et la maladie, il expira à Vienne, en Autriche, ou à Sirmium. Ses cendres furent rapportées à Rome, où sa mort causa les plus-vifs regrets. Marc-Aurèle avait une haute idée de ses devoirs de souverain ; bien qu’investi d'un pouvoir absolu . il respecta toujours les avis du sénat , même quand ils contrariaient son opinion. Il s’occupa beaucoup de l’administration de la justice, la rendit avec douceur, et régla les dépenses publiques. Humain et tolérant , il ordonna, en arrivant à l'empire, que tous les chrétiens détenus fussent mis en liberté, et qu’on les laissât exercer librement leur culte; cependant, plus tard, il ordonna une persécution. Même au milieu des camps, la philosophie l’occupa toujours; il y consacrait une partie des nuits. On a de ce prince 12 livres de Mémoires en grec, intitulés : A moi- même, et connus sous le titre de Pensées de Marc- Aurèle. Ce sont des réflexions morales, où il ne parle jamais qu’à lui-même, et, de toute l’antiquité profane, l’ouvrage qui approche le plus de la morale de l’Évangile. Les meilleures éditions de cet ouvrage sont celles de Gatakcr, Lond., 1707, in-4°; de Schulz, Slesvig, 1802, in-8°; il a été trad. en franc, par Dacier, Paris, 1691, 2 vol. in-12; par Joly, 1778, in-8°; par Pierron, Paris, 1843, in-12. A, Mai a publié, en 1829, les Lettres de Marc-Aurèle et de Fronton, en latin; A. Cassan en a donné une traduction française, Paris, 1830, 2 vol. in-8°.

MARCA (Pierre de), né dans le Béarn en 1584, m. en 1662, fut président du parlement de Pau en 1621, et conseiller d’Etat en 1639; étant veuf et ayant plusieurs enfants, il entra dans l’Eglise, se fit connaître par un livre estimé sur la Concorde du sacerdoce et de l'Empire, et par une Histoire du Béarn, fut nommé à l’archevêché de Toulouse, 1652, et ensuite à celui de Paris , en 1662. G.

MARCEAU ( François-Sé Vérin des Graviers), ne à Chartres en 1769 , mort en 1796, s’engagea dès l’âge de 15 ans Sergent en 1789, il fut élu en 1791 commandant du bataillon des volontaires d’Eure-et-Loir. Envoyé à l’armée

du Nord , il arrêta, par des paroles énergiques, les soldats prêts à suivre La Fayette sur le territoire étranger. Capitaine de cuirassiers en Vendée, il fut arrêté comme suspect par Bourbotte, à qui , bientôt après, il sauva la vie. Général de division en 1793, il concourut à la victoire d’Antrain , et déploya de grands talents militaires sous les murs du Mans, où il défit les Vendéens. Accusé pour avoir sauvé une jeune fille en résistant à des ordres impitoyables, il dut son salut à Bourbotte, et fut envoyé, l’année suivante, à l’armée des Ardennes, puis à celle de Sambre-et-Meuse. A Fleurus, il décida la victoire. Il fit des prodiges de valeur dans les campagnes de 1795 et 96, et vainquit l’archiduc Charles qui avait battu Jourdan ; mais tandis qu’il arrêtait la marche des ennemis pour donner aux Français le temps de passer le défilé d’Altenltirchen , il reçut une balle d’un chasseur tyrolien , le 21 septembre 1796 ; hors d’état d’être transporté, il fut abandonné à la loyauté de l’archiduc Charles, et mourut trois jours après. Les Autrichiens, pénétrés de respect pour lui , observèrent un armistice pour lui rendre les honneurs funèbres. Marceau montra des sentiments d’humanité qui lui faisaient adoucir les maux de la guerre. Mort à 27 ans, il avait beaucoup de sang-froid et une admirable justesse de coup d’œil, qui lui permettait de changer avec discernement un plan de bataille sur le terrain même. Une statue de bronze lui a été élevée, en lb51 , dans sa ville natale. J. T.

MARCEL Ier (Saint) , pape de 308 à 309, fut banni par l’empereur Maxence, sous prétexte qu’il causait des troubles par sa sévérité envers les chrétiens qui avaient fléchi dans la foi pendant les persécutions. Fête , le 16 janvier.

Marcel il , Romain , pape en 1555 , régna 21 jours.

Marcel ( Saint), né à Paris et évêque de Paris, m. vers 440, se rendit célèbre par ses vertus et sa piété. Selon une légende, il délivra le pays d’un dragon monstrueux, dont on porta longtemps l’image en osier à la procession des Rogations. Fête, le 3 novembre. Le village où il fut enterré était sur l’emplacement du faubourg actuel de Paris, appelé Sl-Marcel ou Marceau.

Marcel ( Etienne ) , prévôt des marchands de Paris , et né dans cette ville, se signala aux Etats -Généraux tenus en 1356 , un mois après la captivité de Jean le Bon , par ses projets de réformes démocratiques ( V. Etats-Généraux), souleva la multitude contre le dauphin Charles, sous les yeux duquel il fit massacrer les maréchaux de Champagne et de Normandie , ses conseillers , l’emmena lui-même presque prisonnier à l’hôtel-de-ville , compromit sa cause par ces violences, fut encore accusé d’avoir suscité la Jacquerie ( V. ce mot ) , et au moment où, pour raffermir son influence , il allait ouvrir une porte de Paris à Charles le Mauvais , roi de Navarre , il fut tué par Jean Maillard, 1358. V. Perrens, Etienne Marcel et le gouvernement de la bourgeoisie au xiv8 siècle, 1860.

Marcel (Guillaume) , né à Toulouse en 1647, m. eu 1703 , vint à Paris , où il fut nommé sous-bibliothécaire de l’abbaye de S'-Victor, puis avocat au conseil, alla conclure avec le dey d’Alger le traité de 1677 , qui rétablissait les relations commerciales dans le Levant et en Afrique, et obtint la place de commissaire des classes de la marine en Provence. On a de lui : Tablettes chronologiques pour l'histoire de l’Eglise , Paris, 1682, in-8°; Tablettes chronologiques pour l’histoire profane depuis la naissance de J.-C. , ibid. , 1682 ; Histoire de l’origine et des progrès de la monarchie française , 1686 , 4 vol. in-12. B.

Marcel (Jean-Joseph) , petit-neveu du précédent, né à Paris en 1776, m en 1854, coopéra, avec Suard et Lacretelle, à la rédaction du Journal des nouvelles politiques, rédigea en chef le Journal des Ecoles normales, fut attaché à la commission scientifique de l’expédition d’Egypte en 1798 , organisa l’imprimerie qui devait suivre l’armée pour répandre ses bulletins , et fut, de 1804 à 1815, directeur de l’Imprimerie impériale. Il fit graver pour cet établissement 17 caractères nouveaux ( bengali , sanscrit, eufique, karmatique, arménien, russe, etc.). De 1817 à 1820, il suppléa Audran dans sa chaire du Collège de France. On lui doit : Vocabulaire français-arabe vulgaire; Mélanges de lillérature orientale , Le Caire, 1800 ; Fables de JLokinan, texte arabe et traduction; Clireslomalhies arabe et chaldalque ; Notice historique et littéraire sur Djamy* 1804; Paléographie arabe, 1828, in-fol. ; les Dix soirees mulheureuses, du eheick El-Mohdy , 1828, 3 vol. in-12, et des Contes du même auteur, traduits en français, 1832, 3 vol. in-4»; Vocabulaire des dialectes vulgaires africains , 1837 , in-8°; Annuaire algérien, 1842; Histoire de l’Egypte depuis la conquête des Arabes jusqu'à la domination française , 1848 , in-8°, dans la collec-

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tion de l’Univers pittoresque de F. Didot , etc. 11 fournit aussi plusieurs Mémoires au grand ouvrage de la commission d'Egypte, divers articles au Journal de la Société asiatique de Paris, et dirigea la publication de la Décade égyptienne. B.

mahcel /saint-) , brg (Ardèche) , arr. et à 50 kil. S. de Privas; 1,087 hab. Patrie du cardinal de Bernis.

MARCELLIN ( Saint) , pape de 295 à 304, subit le martyre sous Dioclétien. Fête, le 2b avril.

Marcellin ( ammien) , historien. V. Ammien.

Marcellin ( saint-) , s.-préf. I Isère ) , à 52 kil. O. -S. -O. de Grenoble , près de la rive dr. de l’Isère, dans une jolie situation ; 2,675 hab. Tribunal de lr® instance , collège. Elève de vers à soie; commerce de vins, bestiaux, châtaignes, fromages. Avant la Révolution de 1789, elle était régie par une coutume particulière, dite style de St Marcellin.

MARCELLO (Benedetto ) , célèbre compositeur de musique , né à Venise en 1686, m. en 1739, commença par fréquenter le barreau , et devint membre du conseil des Quarante , provéditeur à Pola , camerlingue à Brescia. Il alaissé 50 Psaumes, qui offrent un rare mérite d’expression, beaucoup d’originalité et de hardiesse dans les idées , une singulière variété dans les moyens. B.

Marcello (san-), v. de Toscane, à 48 kil. N.- O. de Florence; 4,800 hab.

MARCELLUS (Marcus-Claudius), consul l’an 531 de Rome, 222 av. J.-C., fit la guerre aux Gaulois dans la Cisalpine, et remporta les troisièmes dépouilles opimes, en tuant, à la bataille de Clastidium, Viridomar, roi des Gésates. Après la bataille de Cannes , consul de nouveau , il fut opposé à Annibal , et le repoussa deux fois devant Noie, 538. Ces succès le firent surnommer l’Epée de Rome, et élever une 3e fois au consulat l’an 539. Deux ans après, il s’empara de Syracuse, défendue par le génie d’Archimède , qui fut tué malgré son ordre. Consul pour la 4e fois l’an 543 , il fut encore vainqueur des Carthaginois à Canusium ; enfin , dans un dernier consulat, l’an 545, il périt dans un piège que lui tendit Annibal. O.

MARCELLUS ( Marcus-Claudius ) , consul l’an 702 de Rome , 51 av. J.-C., proposa dans le sénat et fit voter le rappel de César, alors proconsul en Gaule. Exilé après la bataille dePharsale , il se retira à Mitylène. César accorda son rappel au sénat, à la suite d’un magnifique discours prononcé par Cicéron , et intitulé : Pro Marcello. Mareellus , au moment de revenir à Rome, fut tué par un esclave.

MARCELLUS ( Marcus-Claudius) , fils de Marcus-Claudius Marcellus Æserninus , qui fut consul l’an 731 de Rome, 22 av. J.-C., et d’Octavie, sœur d’Auguste. Celui-ci lui donna la main de sa fille Julie, et le désigna pour son successeur ; mais il mourut subitement à l’âge de 18 ans. Virgile a fait son éloge à la fin du vi® livre de VEnéide dans des vers si touchants, qu’Octavie s’évanouit en les entendant lire, et fit don au poète de 10,000 sesterces (2,000 fr. environ) pour chaque vers.

marcellus | Ulpius), jurisconsulte romain du n« siècle, fut membre du conseil de l'empereur Antonin , et gouverneur de la Pannonie-Inférieure sous Marc-Aurèle. Les Pandectes contiennent des fragments de ses ouvrages. V. Seger, Ulpius Maicellus, Leipz., 1768, in-4°; C.-F. Walch, de Ælate Ulpii Marcelli , Iéna , 1758, in-8°.

marcellus , de Side en Pamphylie , médecin , vivait au temps de Marc-Aurèle. 11 avait écrit sur la médecine un poème en 42 chants ; on n’en a qu’un fragment cité par Aétius , et un passage conservé par Fabricius dans sa Bibliothèque grecque, et publié sous ce titre : Remediorum ex piscibus fraymenlum , Paris , 1591, in-8°. D — G.

marcellus, surnommé Empiricus, né à Bazas au milieu du iv® siècle, fut arebiâtre de Théodose le Grand en 388. On a de lui ; De medicamentis empiricis, physicis et rationalibus , Bâle, 1536, et Venise, 1547, in-fol.

MARCELLUS PALINGEN1US. V. MANZOLLI.

MARCENAT, ch.-l. de cant. (Cantal), arr. et à 28 kil. N. de Murat; 576 hab. Comin. de bestiaux. Emigration annuelle de colporteurs, chaudronniers, rémouleurs, etc.

MARCH, riv. de Moravie. P^Morawa.

MARCHAIS, vge (Aisne), arr. et à 20 kil. E. de Laon; 656 hab. Beau château, restauré par le cardinal de Lorraine, et où fut conçue, dit-on, la première idée de la Ligue.

MARCHAND, architecte français qui florissait vers le milieu du xvi® siècle. Il construisit, pour le roi Henri IV, l’élégant château neuf de St-Germain-en-Laye, admirablement disposé, et qui a été détruit pendant la Révolution.

marchand (Prosper), littérateur et bibliographe, né à Guise vers 1675, m. en 1756, ouvrit une librairie à Paris

en 1698, et alla s’établir en 1711 à Amsterdam, pour pratiquer plus librement la religion calviniste qu’il avait adoptée. Il a eu part au Chef-d'œuvre d'un inconnu de Saint- Hyacinthe, à la rédaction du Journal littéraire de La Haye de 1713 à 1737, fournit des notes sur la Satire Ménippée, et fut éditeur d'un grand nombre d’ouvrages, entre autres le Dictionnaire de Bayle, les Lettres choisies du même auteur, les Voyages de Chardin, les OEuvres de Brantôme. Il a laissé lui-même un Dictionnaire historique, La Haye, 1758- 1759, 2 tomes en 1 vol. in-fol., qui fait suite à ceux de Bayle et de Chauffepié.

marchand (Louis), habile organiste, né à Lyon en 1669, m. en 1732, vint se fixer à Paris vers 1698, et fut attaché à la chapelle royale de Versailles. On a de lui : Livre de musique pour le clavecin, Paris, 1705, in-4°; Pièces de clavecin, 1718, 2 vol. in-4°; 12 Sonates pour flûte traversière ; un opéra de Pyrame et Thisbé.

marchand (Etienne), navigateur, né dans Pile de la Grenade en 1755, m. à l’ile de France en 1793, fut chargé en 1790, par une maison de commerce de Marseille, de se procurer des pelleteries au N.-O. de l’Amérique. Dans ce voyage, il découvrit une partie des îles Marquises, qu’il appela Iles de la Révolution, et dont une porta son nom. Son Voyage autour du monde a été publié par Fleurieu, Paris, 1798, 4 vol. in-4°.

marchands de l’lau. V. hanse parisienne.

MARCHANGY (Louis-Antoine-François) , écrivain et magistrat, né à S*-Saulge (Nièvre) en 1782, m. en 1826, Destiné au barreau par son père, huissier à Clamecy, il devint, en 1808, juge-suppléant au tribunal de lre iusiance de la Seine. Mais doué d’une imagination vive, il cultiva les lettres, au milieu de ses plus graves occupations et sans les négliger. Il débuta par un petit poème assez médiocre, le Bonheur de la campagne, 1804, qui prouvait quelque talent poétique. En 1813, il commença de publier un grand ouvrage sur lequel repose sa réputation, la Gaule poétique, ou V Histoire de France considérée dans ses rapports avec la poésie, l’éloquence et les beaux-arts. Ce livre, en 8 vol. in-8°, obtint un succès de 6 éditions de 1813 à 1826. C’est un récit rapide de notre histoire depuis l’invasion des Francs jusqu’à la fin du règne de Louis XIV. Quand l’auteur rencontre une matière de narration poétique ou de poème, il s’arrête, la développe, et en trace le canevas. L’idée de cc livre, qui a exigé beaucoup d’études et de recherches, parut d’abord assez neuve, et une certaine chaleur de style aida à son succès ; mais, en somme, ce n’est guère qu’un amas de matériaux, qui prouve que l’auteur n’était pas assez poète pour en rien tirer pour son compte; aussi l’ouvrage est aujourd’hui peu lu. Marchangy devint, en 1810, substitut du procureur-impérial près le tribunal de la Seine. Il acquit une grande réputation dans le ministère public, bien qu’il n’eût pas le don de l’improvisation ; il écrivait même ses répliques, à l’audience, pendant que les défenseurs parlaient. Fervent royaliste, il se signala dans les procès politiques, où il montra autant de courage que d’énergie; mais on a reproché à ses réquisitoires d’être trop passionnés. A la suite du procès dit des 4 sergents de La Rochelle, il fut nommé avocat-général à la Cour de cassation, et, en 1824, député de l’arrondissement d’Altkirch. Son dernier travail littéraire est Tristan le voyageur, ou la France au xiv* siècle, espèce de roman historique faiblement composé, mais qui se distingue par les recherches, et par l’éclat et la fermeté du style, Paris, 1825-26, 6 vol. in-8». Plusieurs des plaidoyers de Marchangy ont été recueillis dans la Collection du barreau français. Il a laissé, inédits, un Commentaire sur les 5 Codes, et des Mémoires sur la Révolution française.

MARCHAUX, ch.-l. de canton (Doubs), arr. et à 15 kil. N.-E. de Besançon; 485 hab.

MARCHE (de l’allemand Mark), signifiait, au moyen âge, la frontière d’un pays ou d’un district. Le commandant militaire d’une Marche s’appelait margrave (de mark, marche, et de graff, comte ), ou marquis (en latin marchio). En Allemagne, il y eut des marches ou margraviats d’Autriche, de Brandebourg, de Misnie, de Lusace, de Slesvig, de Moravie, de Styrie, deCarinthie, de Bade, etc. Aujourd’hui le nom de Mark est encore donné, dans quelques contrées de l’Allemagne, aux districts dépendants d’une commune ou d’une municipalité. E. S.

marche (La) , dite Marche limousine , en latin Marchia, prov. et grand-gouvernement de l’anc. France, entre le Berry et le Bourbonnais au N. , le Poitou et l’Angoumois à 10., le Limousin au S., et l’Auvergne à l’E. ; ch.-l., Guéret. Elle était divisée en Haute-Marche , capit. Guéret, et Basse-Marche , capit. Bellac. Sol peu fertile , arrosé par la Vienne, la Creuse, la Gartempe et le Cher; élève de

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chevaux ; peu d’industrie. La Marche forme auj . le départem. de la Creuse, une forte partie de la Haute-Vienne, et quelques parcelles de l'Indre , de la Vienne et de la Charente.— Habité par les Lémovices, les Bituriges Cubiens et les Piotaves, ce pays, sous les Romains, fit partie de l’Aquitaine l'«. Au x* siècle, il fut détaché du duché d’Aquitaine par Guillaume 111, qui l’érigea en comté en faveur de Boson, petit fils de Roger, comte de Limoges. A la fin du xi i«, il passa entre les mains de la maison de Lusignan. Confisqué par Philippe le Bel, 1309 , il fut érigé en comtépairie, 1316 , par Philippe le Long pour son frère Charles le Bel, qui, devenant ensuite roi de France, l’échangea avec Louis 1er de Bourbon contre le comté de Clermont en Beauvaisis. Jacques, 2e fils de Louis, lui succéda dans le comté de la Marche. Un mariage le fit passer à Bernard d’Arniagnac, 1429. Louis XI le donna aux Bourbous-Montpensier: confisqué sur le connétable de Bourbon par François ]<r, 1525 , il fut définitivement réuni à la couronne en 1531. B.

marche (Jacques II de bodrbon, comte de la), fut pris par les Turcs à la bataille de Nicopolis , 1396, paya sa rançon, épousa, à son retour en France , Béatrix de Navarre, 1406 , se déclara pour le parti des Bourguignons contre celui des Armagnacs , subit entre les mains de ces derniers une nouvelle captivité jusqu’en 1412 , se maria en secondes noces avec Jeanne H, reine de Naples et de Sicile, 1415, qui ne lui donna cependant que le titre de duc de Calabre , et , ayant fait mettre à mort plusieurs favoris de sa femme, dut fuir devant un soulèvement populaire, 1419. Il se retira chez les Franciscains à Besançon, où il mourut, 1438. B.

marche (La) , petit pays de l’anc. France (Guyenne), dans le Rouergue, se divisait en Haute-Marche, capit. Milhau , et Basse-Marche , capit. Villefranche.

marche (la| , ch.-l. de cant. (Vosges) , arr. et à 36 kil. S.-E. deNeufchâteau; 1,490 hab. Patrie du maréchal Victor.

marche (collège de la), anc. collège de l’Université de Paris, fondé à la fin du xive siècle par Guillaume de la Marche (Vosges). Il était situé près de la place Maubert.

marche (Olivier de la), poète et chroniqueur, né en Bourgogne en 1426 , m. à Bruxelles en 1502 , fut élevé à la cour du duc Philippe le Bon, devint capitaine des gardes de Charles le Téméraire , tomba au pouvoir des Suisses il la bataille de Nancy , paya sa rançon, et rejoignit en Flandre Marie de Bourgogne. On a de lui : Mémoires (de 1435 à 1492 ) , publiés pour la lre fois à Lyon , 1562, in-fol. , souvent réimprimés , et insérés dat>s les Collections de Mémoires sur l’histoire de France; ils sont écrits en chevalier, avec tous les préjugés de son état, et néanmoins très-ntiles , surtout pour la connaissance des usages militaires; le Chevalier délibéré, en rimes, Schiedam , 1583, in-4° ; te Rarement et le Triomphe des dames d' honneur , Paris, 1510 , in-8» ; la Source d’honneur pour maintenir la corporelle éléijance des daines , Lyon , 1532 , in-8° , etc.

marche , Marca , anc. prov. des Etats de l'Eglise , au N.- F., était divisée en Marche d'Ancône au N., et Marche de Fermo au S. Elle fut depuis répartie dans les délégations d’Ancône, de Maeerata, de Fermo, et d’Ascoli. marche de brandebourg. V. brandebourg, marche d’espagne, nom sous lequel Charlemagne réunit les pays conquis par lui au delà des Pyrénées jusqu’à l’Ebre , entre les Asturies à l’O. et la Méditerranée à l’E. On la divisait en Marche de Gascogne , ch.-l. Pampeluue, et Marche de Gotliie ou Septimanie, ch.-l. Barcelone.

marche-en-famène , v. de Belgique, prov. et à 100 kil. N. -O. de Luxembourg, à 75 kil. d’Arlon. 53 S. -O. de Liège; 2,000 hab. Forges et affineries de fer, tanneries , fabr. de dentelles. En 1577 , un traité y fut conclu entre l’Espagne et les Provinees-Unies.

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