MARÉCHAL (FELD-). V. FELD-MARÉCHAL
maréchal d’armes, officier créé en 1487 par Charles VIII, pour tenir un catalogue des armoiries des nobles et en vérifier l’authenticité.
maréchal de bataille, grade militaire créé en 1614 ou en 1643, et supprimé en 1672. Les fonctions consistaient à ranger l’armée en bataille , à choisir le terrain d’après l’ordre et le plan du général en chef, à surveiller le déplacement des troupes. Le major-général (F. ce mot) parait avoir remplacé le maréchal de bataille.
maréchal de camp, officier supérieur qui, dés les temps féodaux, commandait sous les ordres du connétable ou du général en chef, soit dans les troupes d’un seigneur, soit dans celles du roi. Ses attributions étaient alors à peu prés les mêmes que celles qu’on donna plus tard au lieutenant-général. Placé au-dessous de ce dernier en 1534, 1552 ou 1558, il Recommanda plus qu’une brigade. Depuis la Révolution, on le nomme général de brigade.
maréchal de France, le 2° d.gnitaire dans l’armée royale de France, au-dessous du connétable, et le 1er après la suppression de cet officier en 1626. Philippe-Auguste créa les maréchaux de France en 1185. 11 n’y en eut d’abord qu’un seul. On en comptait 2 au temps de Louis IX; François 1er en fixa le nombre à 3, et rendit leur charge viagère, de temporaire qu'elle était. 11 y en eut 4 sous Henri II, 5 sous François II, 7 sous Charles IX, et 9 sous Henri III. Louis XIV et ses successeurs en nommèrent jusqu’à 20. Leur insigne était un bâton de commandement fleurdelisé, et, depuis 1675, ils portèrent le titre de monseigneur. Le maréchalat, supprimé en 1792, fut rétabli en 1804 par Napoléon 1er; les titulaires furent appelés maréchaux d’ Empire, et leur nombre fut d’abord de 18, dont 2 sénateurs, et plus tard de 20, dont 4 sénateurs. Auj. le chiffre maximum est de 12. Une dignité de maréchal-général fut instituée en faveur de Lesaiguières, en 1621, et conférée aussi à Turenne en 1660, à Villars en 1733, au maréchal de Saxe en 1746, et à Soult en 1847.
maréchal général des logis de l’armée, officier institué en 1644, et supprimé en 1790. Il avait pour fonc- I tions de choisir les lieux où l’armée devait camper ou loger,
I de distribuer le terrain aux majors de brigade, de désij gner les emplacements du quartier-général, de l’artillerie, des vivres, des ambulances, et d’indiquer, dans les mar-
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elles, la route que devaient suivre les colonnes , les bagages, le matériel et les approvisionnements.
maréchal de la lice, personnage qui présidait aux tournoig, et aux joutes, vérifiait les armes, donnait le signal du combat, et y mettait un terme en jetant son bâton entre les adversaires.
maréchal des logis, sous-officier de cavalerie française, dont le grade correspond à celui de sergent d'infanterie. On rapporte son institution à l'année 1444. Le maréchal des logis chef, dont les fonctions sont analogues à celles des sergents-majors de l’infanterie, ne fut établi qu’en 1776.
MARÉCHAUSSÉE, corps de gens à cheval, chargé, avant la Révolution, de veiller à la sûreté publique, et ainsi nommé de ce qu’il était sous les ordres immédiats des maréchaux de France 11 formait 33 compagnies. Les hommes qui les composaient, quoique munis de sabres et d’armes à feu , s’appelaient archers , et il y en avait d’attachés à diverses juridictions pour exécuter leurs mandats ou leurs sentences : archers du grand-prévôt de l’hôtel, — de la maréchaussée, — du prévôt des marchands , — de la ville, — du guet, — des pauvres, etc. Les devoirs de toutes ces catégories d’archers sont auj. remplis par la gendarmerie, les sergents de ville, et, à Paris, par la garde municipale.
MarechaüssÉe de France, juridiction que les maréchaux de France avaient, dans l’anc. monarchie, sur les gens d’armes, sur tout ce qui tenait à la guerre, et sur la noblesse. Ou la nommait aussi connétablie ( V. ce mot ) , parce que le connétable exerçait cette juridiction avec les maréchaux dont il était le chef. Quand la charge de connétable eut été supprimée, les maréchaux conservèrent leurs attributions, ils se faisaient souvent remplacer par des prévôts et des officiers. Il y avait en France 1H0 maréchaussées, instruisant les procès des voleurs, vagabonds et malfaiteurs, souvent avec des membres du plus prochain présidial. Au-dessus de 100 livres , leurs condamnations pouvaient être frappées d'appei au parlement.
maréchaussée, droit qu'avait ie seigneur féodal de faire couper du foin daas les prés du vassal pour la nourriture de ses chevaux ; — fourniture de foin et d’avoine pour les écuries du château.
MARÉE (Conseil de la). V. Conseil.
MAIIEMME (La) ou MAREMMES (I.es), c.-à-d. en italien le littoral , région occidentale de Toscane, le long de la mer, entre Livourne et Piombino ; elle est tres-fertile, mais marécageuse, malsaine et peu peuplée; de nombreux troupeaux de buffles y paissent. C’était, dans l’antiquité, le pays Horissant de Cosa , Populonia, etc.; une infiuenee insalubre ne s’y est manifestée que depuis le XVe siècle. Des travaux exécutés de 1828 à 1832 l’ont un peu assaini. Grandes richesses minérales au Sud.
MARENGl >, vge du roy. d’Italie, à 4 kil. S.-E. d’Alexandrie, sur la rive gauche du Foutanone, près de son confl. avec le Tanaro. Célèbre par une victoire du 1er consul Bonaparte sur les Autrichiens, commandés par Mêlas, le 14 juin 1800; le général Desaix y fut tué. Les Autrichiens avaient une infanterie double de la nôtre, une cavalerie triple, et huit fois plus d’artillerie. La soumission de l’Italie, et, plus tard, la paix de Lunéville, furent les résultats de cette victoire, ^ous le 1er Emp re, Marengo donna son nom à un département français, ch.-l. Alexandrie.
makkngo, colonie française de l’Algérie, arr. de Blidah, dans 40. de la Métidja, à 86 kil. S. -O. d’Alger; 3,767 hall. Fondée en 1849, elle forme, avec le port de Tipasa, le village île Sidi-Abd-el-Kader-bou-Medfa, et les colonies de Bourkika et de Vesoul-Benian, un commissariat civil, créé en 1855. Une route la relie à Blidah et à Cherchell.
MARENNES, s.-préf. (Charente-Infér.), à 41 kil. S. de La Rochelle, port sur la Seudre, à 2 kil. de l’Océan; 1,831 hab. Trib. de lre instance et de commerce. Commerce d’e ux-de-vie, vins rouges et blancs, fèves de marais, légumes secs, sel gris. Pêche d’huîtres vertes trèsrenommées. Cette ville est entourée de vastes marais salants (9.000 hectares, environ). Elle eut titre de comté.
marennes ( Les) ou maransin (Le), petit pays de l’anc. France (Gascogne), le long de l'Atlantique, entre Dax et la mer. Sol marécageux, sablonneux , couvert de pins et de ehènes-liéges, et compris auj. dans le département des Landes.
MARÉOTIS (Lac) , auj. Marioulh , lac de la Basse- Egypte, à 10. du Delta, près d’Alexandrie, était joint à la Méditerranée par la branche Canopique du Nil. Sur ses bords, on récoltait des vins estimés.
MARESCHAL (Georges), chirurgien, né â Calais en 1658, m. en 1736, vint à Paris étudier la chirurgie à l’hôpital de la Charité sous Morel , chirurgien en chef, et lui succéda en 1688. Nommé 1er chirurgien de Louis XIV en 1703, il conserva cette place sous Louis XV, et s’associa La Peyronie. Mareschal est un des hommes qui ont le plus contribué aux progrès de la chirurgie en France, un des fondateurs de l’Académie royale de chirurgie. On n’a de lui que quelques observations consignées dans le 1er vol. des Mémoires de l’Académie, et dans les écrits de Dionis, de Brissot , etc. D — G.
MARESCOT (Armand-Samuel, marquis de), général, né à Tours en 1758, m. en 1832, élevé au collège de La Flèche, puis à l’École militaire de Paris, entra dans le génie, et fut capitaine dès 1792. 11 se distingua au siège de Lille et à la bataille de Nerwinde, refusa de suivre Dumouriez dans sa défection, et rentra dans Lille, où il fit exécuter la ligne de défense de la Deule et du canal de Lille à Douai. Il prit part , comme chef de bataillon , au siège de Toulon , où il connut Bonaparte. Rappelé sur la frontière du Nord en 1794, il fortifia Manbeuge, prit Charleroi, contribua au gain de la bataille de Fleurus, et fut nommé colonel , puis général de brigade. Chargé de commander le génie au siège de Maëstricht, il fut nommé général de division après la prise de cette ville, et envoyé à l’armée des Pyrénées-Orientales, où il fit démolir les fortifications de Fontarabie. Appelé en Allemagne, il défendit Landau et le fort de Kehl , 1796. Après le 18 brumaire, le l«r consul le créa inspecteur-général du génie. Il fit les campagnes d’Italie en 1800, et d’Allemagne en 1805. Envoyé en Espagne en 1808, il fut compris dans la capitulation signée par le général Dupont à Baylen. A son retour en France, l’Empereur le destitua, le fit incarcérer pendant trois ans, et, en 1812, l’exila à Tours. Le gouvernement provisoire de 1814 réintégra Marescot dans son grade; le comte d’Artois le nomma commissaire du roi dans la 20* division militaire, et Louis XVIII lui rendit toutes ses dignités. Ayant accepté des fonctions pendant les Cent- Jours, la 2e Restauration le mit à la retraite. Il entra pourtant à la Chambre des Pairs, 1819, et reçut plus tard le titre de marquis. On a de lui : Mémoires sur l'emploi des bouches à feu pour lancer les grenades en grande quantité, dans la collection de l'Institut, 1799: Relation des principaux sièges faits ou soutenus en Europe par les armées françaises depuis 1792, Paris, 1806, in-8°; Mémoires sur la fortification souterraine, dans le Journal de l’Ecole polytechnique , t. I v.
MAIIET I Hugues), chirurgien, né à Dijon en 1726, m. en 1786, alla étudier à Montpellier et à Paris. Il a laissé beaucoup de Mémoires sur les épidémies, sur l'inoculation, et sur des questions d'hygiène publique; il s'est élevé avec force contre l’usage d’inhumer les morts dans les églises.
Il périt victime de son dévouement dans une épidémie qui régnait en Bourgogne. D — G.
maret ( Hugues-Bernard ), duc de Bassano, né à Dijon en 1763, m. en 1839, était fils d’un médecin, et fut avocat au parlement de Bourgogne. En 1789, il vint à Versailles, et rédigea un Bulleliti de l’Assemblée constituante, qui fut la base du Moniteur universel , et le 1er modèle du journal reproduisant les débats et les discours de chaque séance. Quand l’Assemblée eut été transférée à Paris, Maret devint un des fondateurs du club des Feuillants, 1791. Après le 10 août 1792, Lebrun l’appela à la direction d’une division du ministère des relations extérieures; envoyé à Londres pour tâcher d’obtenir la neutralité de l’Angleterre, il échoua, fut destitué, puis bientôt nomme ambassadeur à Naples. Arrêté par les Autrichiens en Suisse, il subit, jusqu’en 1795, une dure captivité à Mantnue, puis dans la forteresse de Kutfstein, dans le Tyrol ; alors on l'échangea, lui et les prisonniers livrés par Dumouriez, avec la fille de Louis XVI. 11 fut un des com- * missaires chargés par le Directoire de négocier la paix à Lille avec lord Malmesbury. Le 18 fructidor lui fit ôter cette mission. Il se lia alors intimement avec le général Bonaparte, qu’il connaissait depuis 1790, l’aida à préparer le 18 brumaire, et fut nommé secrétaire-général du gouvernement consulaire. Secrétaire d'Etat sous l’Empire, il devint, après la disgrâce de Bourrienne, le confident de Napoléon 1er, qu’il accompagnait dans toutes ses campagnes. L’Empereur le choisit pour ministre des relations extérieures en 1811, et le créa duc de Bassano. Vers la fin de 1813, Nap déon, voulant le soustraire à d'injustes préventions, qui l’exposaient à l’animadversion publique, lui retira son portefeudle, mais le garda, près de lui, comme ministre secrétaire d’Etat. Après l'abdication de Fontainebleau , Maret ne quitta l’Empereur qu'au moment où il partit pour l'île d’Elbe. Pendant les Cent-Jours, il
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reprit son poste, et refusa, après Waterloo, de prendre part aux délibérations du gouvernement provisoire. Placé, par les ordonnances de la 2° Restauration, sous la surveillance de la police, il se retira à Gratz, en Silésie, et ne revint en France qu’au bout de 4 ans; il y vécut dans la retraite. En 1831, il fut créé pair de France, et , en 1834, ministre de l’intérieur, et président du conseil des ministres pendant 3 jours. Maret fut un politique habile, honnête, intelligent 11 aima les lettres, et deux académies l’admirent parmi leurs membres, l’Académie française en 1803 , et celle des Sciences morales et politiques en 1830.
MARET1MO, anc. Niera, île de la Méditerranée, l’une des Egades, à 32 kil. de la côte O. de la Sicile, sert de prison d’Etat.
MAREU1L, ch.-l. de cant. (Dordogne), arr. et à 23 kil. S. -O. de Nontron; 981 hab. Bons vins rouges.
mareuil, ch.-l. de cant. (Vendée), sur la I.ay, arr. et à 22 kil. S.-E. de Napoléon-Vendée; 1,129 hab.
MAKEDII.-SUR-AY, vge (Marne), arr. de Reims et à 2 kil. S.-E. d’Ay; 1,025 liab. Vins blancs mousseux renommés.
MARFÉE (La) , bois du départem. des Ardennes, près de Sedan. Défaite du maréchal de Chàtillon , 1841, parle comte de Soissons révolté, qui y perdit la vie.
MARFORIO, statue antique célèbre dans Rome moderne, et au bas de laquelle on venait afficher secrètement des satires et des épigrammes contre le gouvernement et les grands. Elle était près du palais Braschi ; en 1784, on la transporta dans la cour du musée Capitolin. C’est une statue colossale en marbre, mutilée, représentant un fleuve à demi-couché. Elle empruntait son nom au Forum de Mars , Marhs Foro , où elle fut découverte. C. D — y.
MARGARITA ( SANTA-), v. de Sicile, à 28 kil. S.-O. de Corleone: 9,232 hab — V. aussi Marguerite (Sainte-).
MARGAR1T1 Gythanœ , v. de la Turquie d’Europe, eyalet et à 100 kil. S.-O. de Janina; 6.000 hab.
MARGATE , v. d’Angleterre (Kent), dans l’île de Thanet., port de cabotage à l’embouchure de la Tamise , à 130 kil. E.-S.-E. de Londres, 24 E.- N.- E. de Caritorbéry ; 11,050 hab. dans la paroisse. Bains de mer très-fréquentés. Bateaux à vapeur pour Londres. Chemin de fer pour Ramsgate et Cantorbéry.
MARGAUX, vge (Gironde), arr. et à 32 kil. N. -N. -O. de Bordeaux; 1,592 hab. Beau château, dont le vignoble produit les excellents vins rouges dits de Châleau-Margaux ( V. ce moi).
MARGERET , aventurier français , né en Bourgogne vers la fin du xvi* siècle, servit tour à tour Henri IV, 1 empereur d’Allemagne, le czar Boris Godunoff, le premier faux Démétrius, et Sigismond 111 , roi de Pologne; il contribua à la prise de Moscou par les Polonais, 1610, et fut récompensé par le titre de conseiller du roi. 11 a publié , sur l’invitation d’Henri IV : l' Estai de l'empire de Russie et grande-duclié de Moscovie , avec ce qui s'est passé de plus mémora ble et tragique pendant le règne de quatre empereurs , à sçavoir depuis l’an 1590 jusques en l'an 1606 en septembre , Paris, 1607 , in-8®, ouvrage précieux pour les détails qu’il renferme sur les révolutions dont la Russie fut le théâtre, et réimprimé en 1669 , en 1821 , et en 1856 par M. Henri
Chevreui. p T
MARGERIDE (Monts de la), ramification des Cévennes, se détache de cette chaîne au N. du départem. de la Lozère, court au N. -O. en traversant la Haute-Loire et le Cantal, et se lie au Plomb du Cantal. Hauteur moyenne : 1,000 mèt.
MARGHILAN, MARGHINAN ou MARGIIALAN , v.
du Turkestan indépendant, dans le khanat et à 80 kil. S.-E. de Khokand, sur un affl. du Sir-Daria. On y conserve un drapeau rouge, qui aurait appartenu, dit-on, à l’armée d'Alexandre le Grand.
MARGIANE , Margiana , contrée de l’Asie ancienne , au S.-O. de la Bactriane, dans laquelle on lacomprend parfois, était arrosée par 1 eMargus, dont elle tira sans doute son nom, et avait des vignobles renommés ; ch.-l., Marginie ou Antioche-sur Marges; au), le Nord du Khoraçan. MARirlNIE. V. Margiane.
MARCHA 1 F (Georges) , médecin et voyageur, né en 1610 à Liebstædt (Misnie) , m. en 1644, accompagna en 1636 le comte Maurice de Nassau, nommé gouverneur des possessions hollandaises au Brésil, visita pendant 6 ans les contrées voisines de la côte depuis Rio-Grande jusqu’à Pernambouc, entreprit un voyage en Guinée, et y périt victime de l’insalubrité du climat. On a de lui : Historiœ rerum naluralium Brasiliœ lib. VIII, Amst., 1648 , in-fol.
margraff ( André-Sigismond) , chimiste, né à Berlin en 1709 , m. en 1790. Fils d’un pharmacien , il fut d’abord préparateur de Neumann, puis il se perfectionna aux écoles de Francfort, de Strasbourg, de Halle et de Freyberg.
En 1738 , il fut nommé membre de l’Académie royale de Berlin, et, en 1762, associé étranger de l’Académie des Sciences de Paris. Son plus beau titre est d’avoir découvert le sucre de betteraves , 1745 , et d’avoir prévu l'avenir de cette découverte. L’un des premiers il employa la voie humide dans l’analyse organique , et appliqua le microscope à l'étude des sciences. Il a extrait la potasse du tartre et du sel d’oseille. Sans avoir découvert l'acide formique, bien antérieurement connu (J. Wray, 1670), il en avança l’histoire. Ses travaux , qui ne sont pas estimés à leur valeur, sont insérés dans les Mémoires de l’Académie de Berlin, et dans les Miscellanea Berolinensia ; ils ont été recueillis et forment 2 vol. in- 8°, Berlin et Paris , 1762. G— R.
MARGRAVE, en allemand Markgraf (comte de la Marche) , nom donné, depuis Charlemagne, aux gouverneurs impériaux dans les districts de frontière. Le margrave dépendit immédiatement de l’empereur, et non pas du duc du territoire dont le margraviat fit partie. Au xn* siècle, la dignité des margraves devint héréditaire, et, bientôt après, les margraves furent créés princes immédiats de l’Empire. On compte auj. 4 pays qui portent le nom de margraviat : Brandebourg, Misnie, Bade, et Moravie. E. S.
MA RG UA RITES , v. de l’île de Candie , à 20 kil. E. de Retimo : 10,000 hab. Excellente huile.
MARGUERITE ( Sainte ) , Margarita , vierge et martyre, patronne de Crémone. On croit qu’elle naquit à Antioche de Pisidie , et qu’elle souffrit le martyre à Antioche vers 275. Fête, le 20 juillet.
marguerite (Sainte), reine d’Ecosse, de la famille d’Edouard le Confesseur, née en 1046 en Hongrie, épousa Malcolm III, roi d’Ecosse, en 1070, eut, par sa beauté et son génie, une grande et heureuse influence sur le gouvernement de son royaume. Malcolm et deux de ses fils ayant été tués dans une bataille , 1093 , Marguerite ne leur survécut que trois jours. Elle fut canonisée en 1251. Fête , le 10 juin.
marguerite de Provence , reine de France, née en 1219, m. en 1295, était la fille aînée de Raymond-Béranger, comte de Provence. Distinguée de bonne heure par sa piété et ses grâces , elle fut demandée par Blanche de Castille pour Louis IX , qu’elleépousa en 1234. Elle accompagna son époux dans sa lre croisade, et courut de grands dangers. Elle devint le conseil secret du roi après la mort de la reine Blanche, et, quand il fut mort, vécut dans la retraite , au couvent des religieuses (de Sl*-Claire , qu’elle avait fondé à Paris. Elle avait eu onze enfants.
marguerite de bourgogne, reine de France et de Navarre, née vers 1290, m. en 1315, était fille de Robert II , duc de Bourgogne , et petite-fille de S1 Louis par sa mère. Fiancée à Louis le Hutin en 1299 , et mariée en 1305, convaincue d’adultère, ainsi que ses belles-sœurs Blanche et Jeanne, elle fut rasée et enfermée au Château-Gaillard, où elle périt étranglée , peu de temps après , par ordre de son mari. Elle avait eu de son époux une fille, Jeanne, qui épousa Philippe , comte d’Evreux, et devint reine de Navarre après la mort de Charles le Bel , son oncle. C’est au nom de Marguerite de Bourgogne que l'imagination populaire rattache les débauches sanglantes de la Tour de Nesle, à Taris.
Marguerite d'écosse, Dauphine de France, lrc femme de Louis XI, née en 1425, m. en 1444, était fille de Jacques 1er, roi d'Ecosse. Elle fut fiancée à Louis XI, âgé de 5 ans, n’en ayant elle-même que 3. Les Anglais, dont cette alliance contrariait la politique, firent tous leurs efforts pour s’y opposer, et tentèrent même vainement d’enlever la jeune princesse pendant la traversée. Elle arriva à Tours où la cour résidait, en 1436, et le mariage fut aussitôt célébré. Marguerite aimait passionnément les lettres ; une anecdote peu authentique, dont Alain Chartier ( V. ce mot ) serait le héros , prouverait son enthousiasme. Elle mourut à Châlons, du chagrin d’avoir été indignement calomniée par un gentilhomme nommé Jamet du Tillet.
marguerite de valois ou d’angoulême , reine de Navarre et sœur de François Ier, roi de France, née à Angoulême en 1492, m. en 1549, était fille de Charles d’Orléans, duc d’ Angoulême. Elle épousa, à 17 ans, Charles IV, dernier duc d’Alençon, après avoir été recherchée en mariage par Charles-Quint, qu* n’était encore que roi d’Espagne, et par le connétable de Bourbon. Veuve sans enfants en 1525, elle alla consoler son frère captif à Madrid depuis la défaite de Pavie, échoua dans une mission diplomatique auprès de Charles-Quint, et se remaria avec Henri d’Albret, roi de Navarre, 1527; de cette union naquit Jeanne d’Albret, mère de Henri IV.
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Lors des premières poursuites contre les calvinistes, elle leur ouvrit un asile ; on vit autour d’elle, dans sa petite cour de Nérac, Clément Marot, Dolet, Calvin, Despériers, ce qui la fit soupçonner elle-même par la Sorbonne et l’Université. Spirituelle et gracieuse, Marguerite ne donna pas dans l’austérité; mais elle est loin d’avoir mérité les odieuses accusations qu'on a portées contre elle. Elle s’est du reste peinte elle-même dans ses ouvrages. L ' Heptaméren, ou Nouvelle s de la reine de Navarre, imprimé en 1559, est nn recueil de contes imités de Boccace, mais qui ne dépassent en rien la liberté des auteurs contemporains. Ses poésies, publiées à Lyon, en 1547, iu:8°, sous le titre de Marguerites de la Marguerite des princesses, et où il y a un mélange de pensées ascétiques et mondaines, remplies de grâce et de facilité; elles comprennent le Miroir de l'âme pécheresse, déjà publié, 1533, in-8°, poeme où les enne . is de Marguerite virent une profession de foi calviniste. On a publié ses Lettres, Taris, 1841 , 2 vol. in-8°, et ses OEuvres complètes , Taris, 1852, 2 vol. in— 1 8. B.
marguerite de France, duchesse de Berry, née au château de S'-Germain-en-Laye en 1523, m. en 1574 à Turin, était fille de François 1er, et partagea le goût de ce prince pour les lettres : elle fut la protectrice des poètes et des littérateurs, tels que Ronsard , Dubelley, Jodelle, Dorât, Henri Belleau, et les combla de ses libéralités. Au traité de Cateau-Cambrésis, 1559, elle épousa Philibert- Emmanuel, duc de Savoie, attira à l’université de Turin les plus fameux jurisconsultes du temps, et se fit aimer de ses sujets , qui la nommèrent la Mère des peuples. Cette princesse possédait le grec et le latin, et à ces connaissances joignait des vertus supérieures et une piété tendre.
marguerite de France ou de vAEOis, reine deFrance et de Navarre, née à Sl-Germain-en-Laye en 1553, m. en 1615, fille de Henri II et de Catherine de Médicis, fut, de bonne heure, corrompue par les mœurs licencieuses de la cour où elle vivait, épousa en 1572 Henri de Béarn (plus tard Henri IV ), sauva la vie de son époux pendant la SMlarthélemy, et lui donna de nombreuses preuves de dévouement. Mais s’autorisant bientôt des désordres de celui-ci, elle alla si loin elle- même dans cette voie, qu’Henri III, son frère, en fut scandalisé. Quand elle revint dans le Béarn, son époux ne voulut pas la revoir, et la fit enfermer au château d’Usson (Auvergne). Devenu roi de France, il fit casser son mariage par Clément VIII, en 1599, après une vive résistance de la part de Marguerite. La reine répudiée resta en Auvergne jusqu’en 1605 ; revenant alors à Paris, elle s’y fit bâtir nn palais, rue de Seine, où elle vécut jusqu’à sa mort, dans le commerce des gens de lettres et dans les exercices de piété. Henri IV fournit à ses dépenses, et alla même souvent la voir. En sa vieillesse, elle eut Maynard pour secrétaire, et Vincent de Paul pour aumônier. On a d’elle quelques Poésies, des Lettres, et des Mémoires, depuis 1565 jusqu’en 1582, œuvre de distinction et de finesse, non de naturel et de simplicité; elle se montre, dans sou langage savant, de l’école de Ronsard et de Dubartas. M. Guessard a donné une nouvelle édition, d’après le manuscrit original, des Mémoires , suivis d’un choix des Lettres , Taris, 1842, 1 vol. in-8°. Marguerite fonda le couvent des Filles du Sacré Cœur, et celui des Petits Augustins, à Paris. Sur l'emplacement de ce dernier s’élève nui. l’Ecole et le Palais des Beaux-Arts. B.
marguerite d’anjou, reine d’Angleterre, née en 1429, m. en 1482, était fille du bon René, roi titulaire de Jérusalem , de Naples et de Sicile. Elle épousa à Nancy, en 1444, Henri VT, roi d’Angleterre. Avide de pouvoir, elle se mit à la tête d’un complot tramé par le comte de Suffulk, le cardinal de W inchester et l’archevêque d’York, contre le régent Glocester, qui fut jeté en prison et trouvé mort le lendemain. Son despotisme , la faveur accordée à Suffolk, la cession du Maine et de l’Anjou à René, excitèrent un vif mécontentement eu Angleterre, et aidèrent le duc d’York dans ses prétentions à la couronne. Une guerre civile éclata (K. Roses. Guerre des Deux-). Marguerite se mit ellemême à la tête des armées, traînant après elle son époux en démence pour s’en faire un drapeau : battue à St-Albans, 1455, à Northampton, 1460, elle se mit à parcourir l’Angleterre pour rassembler ses partisans, et remporta la victoire de Wakefield. Encore vaincue à Towton, 1461, elle chercha un asile en France, n’obtint de Louis XI qu'un faible secours, vit ses espérances ruinées par la bataille d’Exham, 1463, et tomba, dans sa fuite, au milieu d’une bande de voleurs; elle allait être dépouillée, lorsqu’elle se fit connaître à l’un d’eux, qui la sauva et la conduisit en France. Rappelée, 6 ans après, par VVarwick ( V ce mot), elle fut battue et prise à Tewkesbury, 1471, assista au
meurtre de son jeune fils, fut enfermée à la Tour de Londres, et ne recouvra la liberté, 1475, à la sollicitation de Louis XI, qu’après avoir renoncé à son douaire et à ses joyaux. Elle alla vivre à Aix auprès de son père, et, après la mort de René, finit ses jours à Dampierre, près de Saumur, chez un vieux serviteur. Ses restes furent transportés au tombeau que René avait fait construire pour lui -même dans le chœur de S1- Maurice d’Angers L 'Histoire de Marguerite d'Anjou par l’abbé Prévost n'est qu'un roman. Il existe un opéra de Marguerite d'Anjou, musique de Meyerbeer. B.
marguerite d’york, sœur d’Edouard IV, roi d’Angleterre, épousa Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Devenue veuve, elle vécut en Flandre. Elle suscita des entraves à Henri VII, en encourageant les impostures de Lambert Simnel et de Perkin Warbeck.
marguerite d’autriche , fille de l'empereur Maximilien 1er et de Marie de Bourgogne, née en 1480, m. en 1530, fut, dès son enfance, destinée pour épouse au dau-
Ehin, fils de Louis XI, à la cour duquel elle fut élevée.
e dauphin s’étant marié en 1491 avec Anne de Bretagne, et la guerre ayant éclaté entre la France et l’Empereur, Marguerite retourna dans son pays , 1493, et épousa, en 1497, Jean, fils de Ferdinand le Catholique et d’Isabelle. Veuve la même année, elle se maria, en 1501, avec Philibert Il le Beau, duc de Savoie, qui mourut eu 1504, et à qui elle fit élever le superbe mausolée qui décore l’église de Brou | V. ce mot). Son père la nomma, en 1506, gouvernante des Pays-Bas, et elle acquit par son excellente administration l’amour des habitants. Elle prit part aux conférences qui amenèrent en 1508 la ligue de Cambrai contre Venise, détermina en 1515 le roi d’Angleterre, Henri VH1, à se déclarer contre la France, et conclut en 1529, avec Louise de Savoie, le traité de Cambrai, dit Paix des dames. Marguerite avait l’esprit cultivé et aimait les lettres. Elle a laissé un Discours de sa vie et de ses infortunes, et des Chansons inédites, dont le recueil existe à la Bibliothèque Impériale de Paris. E. S.
marguerite de parme, fille illégitime de Charles- Quint et de Marguerite Van Gest, née en 1522, m. en 1586, épousa Alexandre de Médicis, duc de Florence, et, après la mort de ce prince, 1538, Octave Farnèse, duc de Parme et Plaisance. Nommée par Philippe II, en 1559, gouvernante des Pays-Bas , elle eut Granvelle pour ministre ; son habileté dans le gouvernement de cette province, jusque-là si agitée, aurait peut-être apaisé les troubles, si on ne l’eût remplacée par le duc d’Albe, 1567. Elle se retira en Italie. Le célèbre Alexandre Farnèse fut son fils.
marguerite de valdemar, surnommée la Sémiramis du Nord, régente, puis reine de Norvège après son père Valdemar III, 1376, et de Danemark, après son mari Haquin, 1380, fut appelée en Suède par la noblesse révoltée contre Albert de Mecklembourg, qu’elle battit à Falkœping, et proclamée en 1387. Maîtresse des trois couronnes, elle convoqua à Calmar les Etats de Danemark, de Suède et de Norvège, 1397, et fit décréter l'Union des trois royaumes sous un seul roi électif, chaque Etat conservant son sénat, ses lois, ses privilèges. Son fils Olaüs étant mort, 1387, Marguerite fit reconnaître par les trois pays son neveu Eric pour son successeur, 1389. Mais l’orgueil des nobles danois, l’indépendance de la bourgeoisie suédoise, et la jalousie des Norvégiens, brisèrent cette unité factice. Marguerite ellemême mourut en 1412 , à l’âge de 59 ans , détestée des Suédois. A. G.
marguerite (Ile), île de la mer des Antilles, une des Iles-sous-le vent, à 3 kil. de la côte N. de l’Etat de Vénézuéla, dont elle dépend ; par 1 L° 3’ 30” lat. N. et 66° 47’ 3” long. O.; 60 kil. sur8 à32; 15,000 hab. Ch.-l. l'Assomption. Position maritime importante ; pêcheries de perles et de poissons ; 3 ports. Elle fut découverte par Christophe Colomb en 1498, et successivement possédée par les Espagnols et les Hollandais avant la guerre de l’Indépendance, pendant laquelle plusieurs combats s’y livrèrent. marguerite (sainte-), île de France. V. lérins. MARGUERITTES, ch.-l. de cant. (Gardj, arr. et à 8 kil. E.-S.-E. de Nîmes; 1,931 hab. Fabr. de tapis.
MARGUILLIERS , laïques chargés d’administrer les affaires et les biens des fabriques ( V. ce mot). Le noie, vient du latin Matricularii , désignant tout à la fois les pauvres inscrits sur un registre ( matricule ) et que la paroisse nourrit, et les dépositaires du registre, les distributeurs des aumônes. Autrefois, on distinguait les marguilliers d’honneur, nobles ou magistrats qu’on choisissait pour avoir leur protection , et les marguilliers comptables, qui régissaient les biens des fabriques. ( V. Fabrique.) MARGUM, nom anc. de Passarovitz.
MAR
MAR
MARGUS, auj. Margab, rivière de l’anç. Margiane, sortait du mont Paropamisus, et se jetait dans l’Oxus. La Margiane parait en avoir tiré son nom.
margus , nom latin de la morawa.
MARIA (Doua). V. Marie II de Portugal.
MARIA (SANTA-), île de l’Atlantique, une des Açores, au S. de celle de S‘-Michel , par 36° 55’ 25” lat. N., et 27° 22’ 4” long. O.; 20 kil. sur 12; 5,000 hab. Ch.-l., Villa-de- Santa-Maria.
MARI A-DE-BETENCURIA ( SANTA-), ch.-l. de l’ile de For-
taventure; 590 hab. Elle porte le nom de Béthencourt, qui occupa le premier les Canaries.