‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 121 sur 864 · MARIE-MADELEINE. V. MADELEINE · texte numérisé non relu

MARIE-MADELEINE. V. MADELEINE

Reines et princesses de France.

marie de brabant, reine de France, née vers 1260, m. en 1821, fille de Henri III, duc de Brabant, épousa en 1274 Philippe III le Hardi, roi de France. Deux ans après, elle fut accusée par La Brosse (F. ce mot | d’avoir fait empoisonner l’ainé des fils que son époux avait eus de Marie d’Aragon , sa première femme. Elle eût été punie de mort, si son frère Jean de Brabant n’eût envoyé un chevalier qui défendit son innocence les armes à la main. L’accusateur, u’ayant pu soutenir sa calomnie , fut pendu. Marie survécut 36 ans à Philippe III. Ancelot a publié un poeme en 6 chants sur Marie de Brabant, Paris , 1825.

marie d’angleterre, reine de France, née en 1497, m. en 1534, était fille de Henri VII, roi d'Angleterre. Fiancée, dans sa jeunesse, à Charles d’Autriche (depuis Charles-Quint| , elle fut mariée néanmoins à Louis XII, roi de France, en 1514. Accompagnée de son amant, le duc de Suffolk, qu’elle avait fait nommer ambassadeur, elle vint eu France tourner la tête au vieux roi, qui mourut pour avoir changé sa manière de vivre , 1515. Forcée par François Ier d épouser le duc de Suffolk , elle retourna en Angleterre, où elle eut une fille, qui fut la mère de Jane Grey.

marie de CI.ÈVE9 , fille de François, duc de Nevers, inspira une vive passion au duc d’Anjou ( depuis Henri IH ), mais épousa son cousin-germain , Henri Ier, prince de Coudé, et mourut en couches en 1574, à l’âge de 21 ans. Les poètes du temps la célébraient sous le uom de la belle Marie. M"16 de La Fayette a écrit un roman intitulé la Princesse de Clèves.

marie de médicis, reine de France, née à Florence en 1573, m. en 1642, était fille de Ferdinand, grand-duc de Toscane, et de Jeanne, archiduchesse d’Autriche. Mariée, eu 1600, à Henri IV, roi de France, elle montra un caractère altier et opiniâtre. Veuve en 1610 , elle reçut du parlement la régence du royaume au nom de son fils

Louis XIII. Incapable de gouverner, prodigue de faveurs envers Concino Concini , qu’elle prit pour son ministre favori, Marie mécontenta la nation, les seigneurs, les protestants, qui s’unirent contre elle ; les concessions faites par le traité de Ste-Menehould et la convocation des Etats- Généraux, 1614, ne remédièrent pas au mal. En 1616 une double alliance fut conclue avec l’Espagne ; Louis XIlî épousa l’infante d’Espagne, et le prince des Asturies une fille de Henri IV. Cependant le roi majeur se laissa persuader par D'Albert de Luynes qu’il fallait se débarrasser de Concini et de sa femme. Marie de Médicis, sentant le pouvoir lui échapper, fit la guerre à son fils; vaincue avec les adversaires de Luynes aux Ponts-de-Cé , 1620 , elle se réconcilia avec le roi par l’intermédiaire de Richelieu. Quand elle voulut recommencer la lutte, le cardinal, après la Journée des Dupes , la fit reléguer à Compiègne. Elle s’en échappa, sortit de France, et passa le reste de sa vie en exil, à Bruxelles, puis en Angleterre, toujours occupée d’intrigues. La tradition qui la fait mourir à Cologne dans la misère est démentie par la teneur de son testament. Le seul mérite qu’on puisse reconnaître à cette princesse, c’est d’avoir aimé et protégé les beaux-arts. Elle honora particulièrement Philippe de Champagne, et Rubens, qui a éternisé la mémoire de son règne et de sa beauté par une suite de tableaux allégoriques placés auj. au musée du Louvre. On doit à Marie de Médicis le palais du Luxembourg à Paris , l’aqueduc d’Areueil , l'anc. Cours-la- Reine, qui fait auj partie des Champs-Elysées, et l'hôpital de la Charité, 1602. V. l’ Histoire de la mère et du fils, Amst., 1730, 2 vol. in-12, ouvrage qui porte le nom de Mézeray, et qui paraît être de Richelieu ; Mme d’Arconville, Vie de Marie de Médicis, Paris, 1774, 3 vol. in-8°. G.

marie-thérèse d’adtriche , reine de France, fille aînée de Philippe IV, roi d’Espagne, née en 1638, femme de Louis XIV en 1660 , m. en 1683. Estimée et honorée du roi, au milieu même de ses nombreuses infidélités, elle se fit remarquer sur le trône par sa piété, sa douceur et une modeste simplicité. Bossuet et Fléchier ont fait son oraison funèbre.

marie leczinska, reine de France, mie en 1703, m. en 1768, fille de Stanislas, roi de Pologne, puis duc de Lorraine , épousa Louis XV en 1725 , et en eut 10 enfants, (2 princes et 8 princesses |. Elle eut fort à souffrir du caractère de son mari, et de l’orgueil indépendant des maîtresses qu’il installait près du trône. Affligée, en outre, de la mort de ses enfants, qu’elle perdit, à l’exception de quatre filles, elle mourut de langueur.

makie-antoinette d’autriche, reine de France, née à Vienne en 1755, m. en 1793, fille de l’empereur François Iee et de Marie-Thérèse, épousa en 1770 ledauphinde France (Louis XVI ). Des malheurs qui signalèrent les fêtes de ce mariage semblèrent annoncer les calamités futures des époux. A peine Louis XVI fut-il roi , que la légèreté et la hauteur de Marie-Antoinette accrurent les embarras de la situation. Une partie de la cour s’irrita du mépris que la reine avait pour l’étiquette, et des faveurs qu'elle prodiguait exclusivement à ses amis ; la nation , dont le ministre de Calonne épuisait maladroitement les ressources, la prit en aversion. Une multitude de pamphlets, et la fameuse aventure du collier ( V. Collier), où Marie- Antoinette fut mêlée sans le savoir, mirent l’opinion publique contre elle. Dans les premières journées de la Révolution, elle ne sut pas assez se contenir, notamment au banquet des gardes-du-corps à Versailles. Après les funestes journées des 5 et 6 octobre 1789 , du 20 juin 1792, elle montra la plus noble résignation, ainsi qu’au retour du voyage de Varennes. On la priva complètement de sa liberté après le 10 août 1792; à cette époque surtout d'injurieux libelles, des feuilles incendiaires la représentèrent comme le chef d'un parti antinational, qui ne cessait d'exhorter l’Europe à faire la guerre à la France. Emprisonnée au Temple jusqu’au 1er août 1793, elle y souffrit tous les outrages, tous les tourments, comme reine, comme épouse, comme mère, èt sa captivité fut un véritable martyre. Traduite devaut le tribunal révolutionnaire, elle fut condamnée à mort, après avoir entendu formuler contre elle les plus stupides, les plus ignobles, les plus infâmes accusations. Conduite au supplice dans une charrette elle montra beaucoup de fermeté, et, comme son époux, mourut en pardonnant à ses ennemis. Marie- Antoinette avait un esprit vif et une intelligence remarquable; elle apprit dès son jeune âge le français, l’anglais, l'italien, et le latin, et fut une virtuose distinguée. Simple, bonne, aimable, elle fut amenée, par la gravité des circon- tances, à se mêler, indirectement, des affaires publiques, pour lesquelles elle n'avait pas de goût; elle commit quelques

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fautes que Von regarda comme des crimes; ensuite, une fatalité véritable fit voir sou caractère sous un faux jour: ses meilleures intentions furent méconnues , et tournées en accusations contre elle. Cette infortunée princesse avait néanmoins d’assez éminentes qualités pour être chérie de tout le monde, dans un temps ordinaire, où on aurait pu, nu on aurait voulu la juger sans passion.

marie-loijise (Léopoldine-Franç.-Thérèse-Joséphine- Lucie|, archiduchesse d’Autriche, impératrice des Français, née à Vienne le 12 décembre 1791, m. en 1847, était la fille aînée de François II, empereur d’Autriche, et de Marie- Thérèse de Naples. En 1810, elle fut mariée à Napoléon Ier, qui croyait par cette union s’attacher l’Autriche et affermir sa propre dynastie. Mais si elle fut douce et soumise, elle ne montra qu’indifférence pour la France et peu de sympathie pour son époux , même après la naissance d’un fils, qu’on appela le Roi de Rome, 1811. Nommée régente pendant les campagnes de 1812, 1813 et 1814, elle fit preuve d’indolence et de dégoût pour les affaires, abandonna tout le pouvoir aux ministres, ne sut pas cacher la terreur que lui causa la conspiration de Malet, et ne montra que de l’abattement pendant la crise des premiers mois de 1814, qui aboutit, le 30 mars, à l’abandon de Paris attaqué par les étrangers. Elle se retira à Chartres, puis à Blois, refusa obstinément d’autoriser aucune mesure pour l’organisation de la défense derrière la Loire, partit pour l’Autriche, protesta bientôt contre le retour de Napoléon en 181?, et, quand on déportait l’empereur à Ste-Hélène, quand on la séparait elle-même de son fils, ne songea qu'à se faire donner les duchés de Parme, Plaisance et Guastalla Elle y vécut, jusqu’en 1829, avec le comte autrichien Neipperg, dont elle eut trois enfants. Obligée de fuir, en 1831, devant une insurrection, elle fut ramenée par dos troupes autrichiennes. A sa mort, ses domaines passèrent au duc de Lucquos. B.

M A RIE - ANNK-CII MST IN 15 - V1CTOI ItE DE BAVIERE, fille de Ferdinand, électeur de Bavière, née à Munich en 1860, m. en 1690, épousa, en 1680, le Dauphin Louis, fils de Louis XIV. Dans les premiers temps de son mariage, elle sut plaire à ce roi par son esprit, la dignité de son langage et de ses manières, mais ne tarda pas à se renfermer dans une société très-restreinte, où elle s’occupa de lecture, de musique, et de dévotion. Fléchier a écrit son Oraison funèbre. B.

MARIE -ADÉLAÏDE de Savoie, fille aînée de Victor- Amédée II, duc de Savoie, née à Turin en 1685, m. en 1 7 12, épousa, en 1697, le duc de Bourgogne, depuis Dauphin, petit-fils de Louis XIV. Son esprit et ses grâces lui donnèrent un grand succès à la cour de Versailles. Elle fut la mère de I onis XV.

marie d’orléans (la princesse). V. Orléans.

Reines et princesses étrangères.

marie de Bourgogne , fille unique de Charles le Téméraire et d’Isabelle de Bourbon, née à Bruxelles en 1457, m. à Bruges en 1482. d’une chute de cheval, n’avait que 20 ans quand la mort de son père la mit en possession de ses vastes Etats. Attaquée par Louis XI, qui réclamait les fiefs masculins dont une femme ne pouvait hériter, exposée aux révoltes de ses propres sujets, qui la tinrent prisonnière dans son palais et lui défendirent de rien entreprendre sans l’avis d’un conseil, elle résolut de prendre un époux. Elle choisit l’archiduc d’Autriche Maximilien, fils de l’empereur Frédéric III, 1477. Ce mariage, qui fit passer les Etats du duc de Bourgogne dans la maison d’Autriche, fut l’origine de la rivalité de la France et de l’Autriche. V. Gaillard, Histoire de Marie de Bourgogne , 1759.

marie d’actriche, petite-fille de la précédente, et sœur de Charles-Quint, née à Bruxelles en 1501, m. à Madrid en 1558, épousa, en 1521, Louis II, roi de Hongrie et de Bohême, qui fut tué à la bataille de Mohacz en 1526. Elle fit alors le vœu de rester veuve, et y tut fidèle. Charles- Quint la chargea du gouvernement des Pays-Bas en 1531; elle y resta jusqu’en 1556 , et montra dans plusieurs circonstances difficiles une fermeté et un courage au-dessus de son sexe. Elle fonda, en 1542 , dans les Ardennes , la ville appelée de son nom Marienbourg.

marie -Thérèse d’autriche, impératrice d’Allemagne, reine de Hongrie et de Bohême, fille de l’empeveur Charles VI, née a Vienne en 1717, m. en 1780, épousa, en 1736, François-Etienne, duc de Lorraine , puis grand-duc de Toscane , et succéda à son père, 1740 , en vertu de la Pragmatique-Sanction { V. ce mot |. Dès son avènement, elle eut à combattre des ennemis extérieurs. Frédéric II, roi de Prusse, envahit la Silésie , et en fit la conquête. L’Espagne lui disputa ses possessions en Italie; la France et

la Bavière lui enlevèrent une partie des contrées du Rhin et de la Lorraine ( V. Succession d’Autriche ). La paix d’Aix-la-Chapelle, 1748, termina cette guerre. Marie-Thérèse donna dès lors toute son attention à l’administration intérieure, qu’elle améliora et réforma dans toutes les branches. Le traité de Versailles, 1756, qui réunit les cours de France et d’Autriche, fut le signal d'un? nouvelle guerre, connue sous le nom de guerre de Sept-Ans ( V. ce mot) , et terminée par les traités de Paris et de Hubertsbourg. La Silésie y fut définitivement abandonnée à la Prusse. Après la mort de son mari, 1765, elle nomma sou fils aîné, Joseph II, co-régent de ses Etats héréditaires. En 1772, elle adhéra au premier partage de la Pologne. L'Autriche s’accrut par là de la Gallicie et de la Lodomirie. La Porte-Ottomane dut lui restituer, en 1777 , la Bukowine. Outre Joseph II , elle eut pour fils : Léopold , grand-duc de Toscane; Ferdinand, duc de Modène; Maximilieu, archevêque, électeur de Cologne et de Munster; et six filles, dont deux sont devenues célèbres, Marie-Antoinette, reine de France, et Marie-Caroline, reine de Naples. Marie-Thérèse fut une grande souveraine, pleine d’énergie, de courage, et de dévouement à ses devoirs. Ses peuples lui décernèrent le titre glorieux de mère de la pa trie. E. S.

marie ire tudor, reine d’Angleterre, née en 1515, m. en 1558 , fille de Catherine d’Aragon et de Henri VIII, succéda à son frère Edouard VI, 1553, quoiqu’un acte de celui-ci, suggéré par le duc de Northumberland , donnât le trône à Jane Grey. Victorieuse de sa rivale, elle lui fit trancher la tête , ainsi qu’au duc, beau-père de Jane. Elle voulut rétablir la religion catholique proscrite par son père, et, bien que le parlement la secondât servilement, elle ordonna de violentes et sanguinaires persécutions. En 1554, elle épousa Philippe, fils de Charles-Quint; son époux la quitta bientôt pour aller prendre possession du trône d'Espagne, et ne la revit qu’en 1557, pour l’engager dans une ligue contre la France. Mais le duc de Guise , en reprenant Calais , 1558 , porta un coup mortel à Marie, qu’une maladie de langueur emporta : ■> Que l’on m’ouvre le cœur, disait-elle au moment de sa mort, on y trouvera gravé le nom de Calais. » Cette reine a laissé des Lettres , dont quelques-unes , en latin , ont obtenu le suffrage d’Erasme.

marie il, reine d’Angleterre, née à Londres en 1662, m. en 1695, était fille aînée de Jacques II et d’Anne îlyde. A l’âge de 15 ans, elle épousa le prince d’Orange, depuis roi d’Angleterre sous le nom de Guillaume III ; ce mariage, qui déplaisait à Jacques II, alors duc d’York, avait été conclu par Charles II , dans l’intention de prouver à l’Angleterre qu’il n’avait aucune aversion pour la religion protestante. Pleine d’admiration pour son époux, Marie refusa d’occuper seule le trône d’Angleterre; lors de la révolution de 1688 , elle oublia trop que Jacques II était son père, et déploya contre les partisans du catholicisme et de l’autorité du roi déchu une rigueur qui scandalisa les contemporains. Elle mourut de la petite vérole dans le palais de Kensington.

marie de lorraine, reine d’Ecosse, et l’aînée des enfants de Claude, duc de Guise, née en 1515, m. en 1560 , fut mariée en 1534 à Louis d’Orléans , duc de Longueville , qui mourut trois ans après. En 1538, elle épousa Jacques V, roi d’Ecosse, dont elle eutMarie Stuart. A la mort du roi , 1542, elle prit la régence du royaume. Les faveurs qu’elle prodigua aux Français de sa cour excitèrent d’abord le mécontentement; puis elle ne fut pas assez modérée à l’égard des protestants. Pour venger la mort d’un de ses ministres, le cardinal Beaton ( V. ce mot ) , elle ordonna quelques supplices. Le pouvoir allait lui échapper quand elle mourut , léguant à sa fille une guerre civile compliquée d’une guerre religieuse.

marie stuakt, reine de France et d’Ecosse, née le 8 décembre 1542 au château de Linlithgow, m. le 8 février 1587 , était fille de Jacques V Stuart et de Marie de Lorraine. La mort de son père la fit reine dès le berceau, sous la tutelle de sa mère. Elle n'avait que 5 ans lorsque Henri VIII , roi d’Angleterre, demanda sa main pour son fils Edouard ; mais Marie , fiancée à François , dauphin de France, partit pour ce pays, où elle fut élevée dans un monastère. Elle était fort belle, très - spirituelle, et, à 16 ans, épousa François, à qui elle donna le titre de roi d’Ecosse. A l’instigation des Guises , ses oncles, elle prit elle-même le titre de reine d’Angleterre et d’Irlande à la mort de Marie Tudor, et s’attira ainsi l'inimitié d’ Elisabeth. Son époux, devenu roi sous le nom de François II en 1559, mourut en 1560. Marie, persécutée par sa bellemère Catherine de Médicis, quitta la France à regret. Accueillie d’abord avec joie par les Ecossais, elle vit suc-

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céder à leurs transports une longue série de révoltes, à cause de son attachement au catholicisme. Pour se rendre populaire, elle épousa en 1565 son cousin Henri Darnley, personnage grossier et dissolu , dont la violence lui déplut bientôt. Darnley, saisi tout à coup d’une violente jalousie contre le musicien David Rizzio, secrétaire de sa femme, et l’agent par lequel elle était en rapport avec Rome, le lit assassiner dans l’appartement et sous les yeux mêmes de Marie, alors enceinte de sept mois, 1566. Marie, à son tour, entra dans une conspiration formée contre son mari par le comte de Bothwell, et laissa placer un baril de poudre au-dessous de la chambre où il couchait. Daridey ayant péri dans l’explosion, elle épousa Bothwell, 1567. Le peuple soulevé la chassa d’Edimbourg : Bothwell , abandonnant Marie, alla mourir en Norwége; la reine, faite prisonnière, fut enfermée au château de Loch-Leven , contrainte de signer une abdication, s’échappa au bout d’un an, grâce au jeune Douglas, se fit battre avec ses partisans à Langside près de Glasgow, 1568, enfin vint demander un asile à Elisabeth, qui, la traitant comme une. coupable, la fit enfermer au château de Carlisle. Elisabeth fit alors commencer le procès de sa rivale , dans laquelle elle détestait la catholique; Murray, frère naturel de Marie, et régent d’Ecosse, produisit des pièces compromettantes relativement au meurtre de Darnley. Le duc de Norfolk, président du tribunal , voulut sauver Marie, et lui offrit sa main ; Elisabeth le fit enfermer à la Tour de Londres. Les ducs de Northumberland et de Westmoreland se révoltèrent en faveur de Marie ; ils furent vaincus et obligés de fuir. En même temps, Marie correspondait avec Philippe II d’Espagne, l’ennemi juré d’Elisabeth, dont il n'avait pu obtenir la main. Norfolk, qui avait repris ses projets, fut mis à mort en 1572, et le parlement demanda dès lors la vie de Marie Stuart, déclarée ennemie de l’Etat. Elisabeth refusa avec une feinte douceur it se contenta de combattre Philippe II, en secourant les protestants de France et des Pays-Bas. Mais, à la suite des conspirations de Trockmorton, 1584, de Parry, 1585, de Babington, 1586, le parlement déclara qu’un même châtiment serait infligé à ceux par qui ou pour qui un complot aurait été tramé. En vertu île cette loi la reine d’Ecosse, qu’on traînait depuis 19 ans de prison en prison, fut traduite devant une haute-cour au château de Fotheringay ; elle fut jugée, condamnée, et décapitée le 8 février 1587. Son fils Jacques VI, roi d'Ecosse, son beau frère Henri III, roi de France, ne firent rien pour la venger ; mais Philippe II équipa V Invincible A rmada , qui vint se briser sur les rivages de la Manche. En jugeant Marie Stuart, il faut se garder de la sympathie qu’inspirent sa beauté, son esprit , ses malheurs ; et pourtant son existence ouverte par l’expatriation, semée de traverses, presque toujours douloureuse, remplie de fautes et un moment coupable, est ornée de tant de charmes, touchante par tant d infortunes , épurée par de si longues expiations, finie avec tant de grandeur, qu’il devient presque impossible de la condamner. La vie de Marie Stuart a été écrite par L. de Sevelinges, Paris, 1819, 2 vol. in-8»; Dargaud, 1851, 2 vol. in -8° ; et Mignet , 1851, 2 vol. in-8®. Schiller a fait une tragédie de Marie Stuart, traduite en français par M. de Bavante, 1821, et imitée par M. P. Lebrun, et jouée avec succès au Théâtre-Français, 1829. Le prince Labanoff' a publié des Lettres inédites de Marie Stuart, Paris, 1844, 7 vol. in-8° ; M. Chéruel, Elisabeth et Marie Stuart, Paris, 1860, in-8°; et M. Wiesener , Marie Stuart et le comte de Bothwell, Paris, 1863, in-8", où il la venge de beaucoup de calomnies. Les vers attribués à Marie, quittant la France, i-oni d’un nommé de Querlon.

m a ri k de molina, reine de Castille et de Leon, fille d’Alphonse de Molina, épousa, en 1282, Sanche IV, son cousin-germain, après la mort duquel, 1295, elle gouverna au nom de son fils Ferdinand IV, et quand elle le perdit, 1312, elle fut régente pendant la minorité d’Alphonse XI, et mourut vivement regrettée, en 1322.

Marie irc, reine de Portugal, née â Londres en 1734, m. en 1816, fut mariée en 1760 à son oncle, qui régna conjointement avec elle, en 1777, sous le nom de Pierre III. Maîtresse de la couronne par la mort de son époux, en 1786, elle fut atteinte, en 1790, d’aliénation mentale, et, depuis cette époque, demeura étrangère aux affaires’ En 1807, lors de l’occupation du Portugal par les Français, elle fut emmenée au Brésil par son fils Jean VI, et mourut à llio-Janeiro.

marie II ou DONA MARIA, reine de Portugal, fille de Don 1 edro 1er, empereur du Brésil, „ée à Rio.janeiro en i«i. , m. en 1855. Son père ayant renoncé en sa faveur au royaume de Portugal, 1826, elle fut fiancée à son oncle Don Miguel, 1827, déjà régent du royaume. Celui-ci

avait usurpé le trône, quand elle arriva en Europe, 1828. Après un court séjour en Angleterre et en France, elle regagna le Brésil. Don Pedro abdiqua, 1831, et vint disputer le Portugal à Don Miguel; son triomphe amena l’avénement de Marie, 1833. Cette reine fut déclarée majeure l’année suivante, peu de jours avant la mort de son père. Elle épousa, en 1835, le prince Auguste de Leuchtenberg, et, en 1836, Ferdinand de Saxe-Cobourg. De ce dernier mariage est né, en 1837, Don Pedro d’Alcantara, auj. régnant. V. Portugal.

marie-louise, reine d’Espagne, fille de Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, et d’Henriette d’Angleterre, née en 1662, m. en 1689, fut mariée malgré elle, en 1679, à Charles II , roi d’Espagne. Saint-Simon prétend qu’elle fut empoisonnée par la comtesse de Soissons, dans du lait à la glace, d’après les suggestions de l’Autriche, qui craignait de voir passer la succession espagnole à la France.

marie-louise, reine d’Espagne, née en 1751, m. en 1819, était fille de Philippe, duc de Parme. Elle épousa en 1765 le prince des Asturies, qui devint roi , en 1788, sous le nom de Charles IV. Maîtresse de l’esprit de son époux, et dominée elle-même par Godoï ( V. ce mot), elle s’aliéna ses sujets et son propre fils. En 1808, après l’abdication de Charles, qu’elle avait appuyée, elle vécut successivement à Fontainebleau , à Marseille et à Rome.

marie-louise, reine d’Etrurie, filU. f*e la précédente, née en 1782, m. en 1824, épousa en 1798 Louis de Bourbon , fils du duc de Parme, qui , en 1801, reçut le royaume d’Etrurie en échange de son duché. Veuve en 1803, dépossédée par les Français en 1807, elle vint partager en France la captivité de son père Charles IV. En 1814, elle reçut pour son fils le duché de Lucques. Elle a laissé des Mémoires, trad. en français par Lemierre d’Argy, 1824, et insérés dans la collection des Mémoires relatifs à la Révolution française.

marie-caroline , reine de Naples, fille de l’empereur François Ier et de Marie-Thérèse, et soeur de la reine de France Marie-Antoinette, née à Vienne en 1752, m. en 1814, épousa, en 1768, Ferdinand IV, roi de Naples. D'un caractère vif et emporté, avide de gouverner, elle éloigna le ministre Tanucci, et le remplaça par Acton ( V. ces noms). Les Napolitains furent exclus des emplois, et les finances mises au pillage. Marie-Caroline, qui fit déclarer la guerre à la république française, dut quitter Naples avec toute la cour, et se mettre en Sicile sous la protection de l’Angleterre. Rétablie en 1799, dominée par lady Hamiiton, elle persécuta ceux qui avaient adhéré à la République parthénopéenne. Chassée encore par l’invasion française eu 1805, elle se brouilla avec les Anglais lors de l’établissement du gouvernement représentatif en Sicile en 1812, et se retira en Autriche ; elle mourut à Schœnbriinn, avant d’avoir vu replacer son mari sur le trône des Deux- Siciles. B.

Personnages divers.

marie d’agréda, religieuse, née en 1602 à Agréda (Vieille-Castille), m. en 1665, entra en 1620 au couvent de l’Immaculée-Conception fondé par sa famille, en devint 'abbesse en 1627, et, prétendant avoir été fréquemment visitée par la mère de Jésus-Christ, publia, en 1655, une Vie de la sainte Vierge, que le P. Crozet a traduite en français sous ce titre : La mystique cité de Dieu , histoire divine de la vie de la très-sainte Vierge, Marseille, 1696, 3 vol. in-4°. Cet ouvrage a été condamné par la Sorbonne et mis à l’Index. M. Germond de Lavigne a publié : La sœur Marie d' Agréda et Philippe IV, roi d’Espagne, correspondance inédite, Paris, 1855, in-8°.

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