‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 134 sur 864 · MAXIME ( VALÈRE- ). V. VALERE-MAXIME · texte numérisé non relu

MAXIME ( VALÈRE- ). V. VALERE-MAXIME

maxime (Saint) , évêque de Turin , né, à ce que l’on croit, à Verceil, assista au concile de Milan, 451. 11 reste de lui 117 homélies très-estimées , 116 sermons , et 6 traités sur des sujets religieux. Ses Œuvres ont été publiées par l’ordre de Pie VI, Rome , 1784 , in-fol. Fête , le 25 juin.

maxime (Saint) , abbé de Lérins et évêque de Riez, m. vers 460. Fête, le 27 novembre. La cathédrale de Riez garde son corps.

maxime (Saint), abbé de Constantinople, combattit les Monothélites, qui le persécutèrent et le firent mourir en prison, en 662. Fête , le 13 août. On a de lui un Commentaire sur St Denis l'Aréopagite , publié par le P. Combéfis, grec-latin , Paris , 1675 , 2 vol. in-fol.

maxime (sainte- ), vge ( Var) , arr. et à 41 kil. N. de Draguignan, sur le golfe de Grimaud, vis-à-vis S'-Tropez; 1,182 hab. Petit port très-sûr. Comm. de roseaux et de bois.

MAXIMIANOPOLIS. V. Adad-Remmon.

MAXIMIEN, Marcus Aurelius Valerianus Maximianus, né vers 250, d’une famille obscure de Pannonie, simple soldat, s’éleva par sa valeur, fut associé à l’Empire par Dioclétien, et prit le surnom d' Hercule, 286. Il chassa des Gaules les Alémans, les Francs et les Burgondes,et, dans un nouveau partage qui se fit de l’Empire, en 292, il obtint le gouvernement.

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de l’Italie, de l’Afrique et des Iles. Il repoussa les Germains, les poursuivit au delà du Rhin, comprima, en Gaule , le soulèvement des Bagaudes, et triompha de Julien, qui avait usurpé la pourpre en Italie. Contraint de suivre l’exemple de Dioclétien , il abdiqua à Milan, le même jour que lui, 1er niaj 305. Devenu le collègue deMaxence, son fils, que les Prétoriens venaient de proclamer Auguste à Rome , 306, il fut bientôt forcé de se retirer auprès de son gendre Constantin, à Trêves, et conspira contre lui; mais trahi par sa propre fille Fausta, il s’enfuit à Arles, essaya de soulever les Gaules , fut assiégé dans Marseille , et forcé de se tuer, 310. O.

maximien , Maximianus , poëte latin du v« ou VIe siècle, ami de Boéce , et à qui certains critiques attribuent les élégies de Gallus ( V. ce mol).

MAXIMILIEN (Saint), martyr en Numidie, en 295. Fête , le 12 mars.

Maximilien Ier, empereur d’Allemagne, 1193-1519, né en 1459, fils de Frédéric 111, épousa, étant archiduc d’Autriche, eu 1478, Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, et acquit ainsi à sa famille les vastes possessions de la maison de Bourgogne. Mais en même temps cette union l’engagea dans une guerre contre Louis XI, roi de France, qui avait pris possession de la Bourgogne et de la Picardie. Il fut victorieux à Guinegate, 1479; mais les Etats- Généraux des Pays-Bas l’obligèrent de conclure , en 1482 , le traité d’Arras, eu vertu duquel les deux provinces restaient à la France, et Marguerite, fille de l'archiduc, âgée seulement de quatre ans , était promise en mariage au dauphin Charles, à qui elle devait apporter en dot l’Artois et la Franche-Comté. L’autorité de Maximilien s’affermit difficilement dans les Pays-Bas ; les Brugeois allèrent même jusqu’à le détenir dans leur ville pendant plusieurs mois. Délivré de cette captivité par son père, il alla en Autriche pour reconquérir les provinces envahies par les Hongrois, mais n’y réussit qu’après la mort de Mathias Corvin, 1490. En 1492, il battit, près de Villach, les Turcs qui avaient fait une invasion en Carinthie et en Styrie, et les refoula en Bosnie. Charles VIII , roi de France , ayant renvoyé Marguerite pour épouser Anne de Bretagne, que Maximilien , devenu veuf, avait recherchée en mariage pour luimême, ce dernier déclara la guerre à la France; mais l'électeur palatin, Philippe, opéra une réconciliation entre les deux princes par le traité de Senlis , 1493 , qui restitua à Maximilien les provinces composant la dot de Marguerite. La même année, il succéda à son père comme empereur, et épousa Blanche Sforza, tille de Galeazzo Sforza, duc de Milan. Ce mariage devait l’engager dans de nouvelles luttes avec la France. Louis XII ayant occupé le Milanais, 1489, Maximilien traversa les Alpes pour lui disputer ce duché; mais les Vénitiens l’attaquèrent au passage, et le battirent près de Cadore. Il entra, en 1508, dans la ligue de Cambrai contre Venise, et, en 1511, dans la Sainte- Ligue contre la France. Il eut une grande part à la victoire de uumegale, 1513. lin rôi5, F’rauçois 1er renouvela la guerre avec succès, et força Maximilien, par le traité de Bruxelles , d’abandonner le Milanais à la France, et de céder Vérone aux Vénitiens. Maximilien n’avait pas été plus heureux dans ses querelles avec le» Suisses, qui, par le traité de Bâle, 1499, se séparèrent pour toujours de 1 Empire. Mais il acquit à sa maison par héritage le Tyrol , Goritz, Gradiska , et plusieurs districts de la Bavière. Il fonda, par le mariage de son fils Philippe le Beau avec l’infante d’Espagne , Jeanne la Folle . par celui de sa fille Marguerite avec l’infant Jean la domiuation autrichienne en Espagne; par ceux de son petit-fils et de sa petite-fille avec les enfants de IVladislas, roi de Bohême et de Hongrie, il atteignit le même but dans ces deux pays. Quant à l’administration intérieure de l’Empire , Maximilien divisa l’Allemagne d’abord en six, plus tard en dix cercles, institua le tribunal de l’Empire, 1495, et le Conseil aulique, réprima les abus des tribunaux des francs-juges, créa, le premier, une armée permanente sous les noms de Lansquenets et de Reitres , et fit beaucoup pour les sciences et les arts. Il fonda les universités de Vienne et d lngolstadt. 11 a laissé des ouvrages militaires, d’horticulture, d'architecture, ainsi que quelques poésies. 11 a aussi dicté une description romanesque de sa vie, publiée sous le titre de Weisskunig , 1775, in-fol. Maximilien est le héros d’un grand nombre de contes et de poésies populaires de l’Allemagne, ainsi que du vieux poème allemand intitulé : Theuerdank. Les Italiens, qui le virent souvent à bout de ressources, et obligé de se mettre presque à la solde de Henri V 1 II , roi d’Angleterre, l’avaient surnommé Maximilien Pochi-Oenari. Ferdinand 1er lui érigea un magnifique monument à Inspruck. Il eut pour successeur à l’Empire, après un court in-

tervalle, son petit-fils Charles-Quint. V. Hegeivisch, Histoire du règne de Maximilien, en allemand, Hambourg, 1782, 2 part. in-8°. M. Le Glay a publié la Correspondance de Maximilien avec Marguerite , de 1507 à 1519, Paris, 1839, 2 vol. in-8°. E. S.

Maximilien il , empereur d’Allemagne, 1564-76, fils de Ferdinand Ier, né à Vienne en 1527, fut élu roi des Romains en 1558 , roi de Bohême en 1562 , roi de Hongrie en 1563. Après son avènement au trône impérial , il termina la guerre avec la Turquie, 1568. 11 montra une grande tolérance dans les luttes religieuses , et accorda aux protestants le libre exercice de leur culte. Il est avéré . du reste, qu’il inclinait pour le protestantisme, et que des considérations politiques l’ont seules empêché d’adopter la Confession luthérienne. En 1574 , il négligea de prendre la couronne de Pologne, qu’un parti lui offrait. Il eut pour successeur son fils aîné Rodolphe H E. S.

Maximilien 1er le Grand, électeur de Bavière , fils de Guillaume V, duc de Bavière, né à Landshut en 1573, m. en 1651, succéda à son père en 1597, s’opposa aux progrès du protestantisme, et se mit à la tête de la Ligue catholique formée contre l’Union protestante. Dans la guerre contre les Bohémiens soulevés, il gagna la bataille de la Montagne-Blanche près de Prague, 1620, et réduisit le Palatinat, qu’il reçut de l’empereur Ferdinand II, ainsi que le titre d’électeur, dont le duc F'rédéric V était déclaré déchu, 1623. Après la défaite de son général Tilly près de Leipzig, 1631, et sa mort sur les bords du Lech, 1632, il eut à subir les dévastations des Suédois, puis des invasions françaises. Le traité de Westphalie, 1648, lui confirma le titre d’électeur et la possession lu Haut-Palatinat. Il a laissé à son fils Ferdinand un manuscrit intitulé • Conseils dans l’art de gouverner. Ce petit traité a été publié en latin et en allemand par Aretin, Wurtzbourg, 1822. P.-Phil. Wolf a écrit l 'Histoire de Maximilien Ier et de son temps, Munich, 1807-11, 4 vol., continuée par Breyer. E. S.

Maximilien 11 IMaria-Emmanuel), électeur de Bavière, petit-fils du précédent, né en 1662, m en 1726, succéda, en 1679, à son père Ferdinand Maria. Il se signala, dans les troupes de l’Autriche, aux sièges de Neuhæusel, 1686, et de Bude, 1686, à la bataille de Mohacz, 1687, à la prise de Belgrade, 1688, et fut nommé gouverneur des Pays- Bas en 1692. La mort de sa femme, fille de l’empereur Léopold Ier, et celle de son fils unique, 1699, lui firent perdre ses droits sur la succession d’Espagne. A l’ouverture de la guerre pour cette succession , il s’allia avec la France, et s’empara d’Ulm , Memmingen, Neubourg et Ratisbonne. Vaincu avec les Français à Hochstædt, 1704, il dut prendre la fuite, et fut mis au ban de l’Empire par Joseph 1". En 1714, il fut rétabli dans ses possessions. Il laissa plusieurs enfants du second mariage qu’il avait contracté, en 1699, avec la fille de Jean III, roi de Pologne. Il eut pour successeur son fils Charles- Albert, plus tard empereur sous le nom de Charles VIL E. S

Maximilien 111 (Joseph), électeur de Bavière, fils de l’emnereur Charles VII . né en 1727, m en 1777. fit. -n-ns la mort ae son père, 1740, quelques efforts pour faire valoir ses prétentions sur l’Autriche; mais il dut les abandonner, et signa la paix de 1745, qui lui rendit ses possessions de Bavière. Il sc consacra dès lors à l’administration intérieure de son pays, et y apporta beaucoup de réformes. Avec lui s’éteignit la ligne cadette de la maison de Wittelsbach, et ses possessions échurent à Charles- Théodore, électeur palatin de la maison de Sulzbach. E. S.

Maximilien-Joseph, électeur et plus tard roi de Bavière sous le nom de Maximilien Ier, fils de Frédéric, prince de Deux-Ponts-Birkenfeld, né en 1756, m. en 1825, servit d’abord dans l’armée française, fut colonel du régiment d’Alsace, et resta, de 1782 à 1789, à Strasbourg. II succéda à son frère Charles H, dans le duché de Deux- Ponts, 1795, et à son oncle, Charles-Théodore, dans l’électorat de Bavière, les duchés de Juliers et de Berg, 1799. Il adhéra, en 1805, à la confédération du Rhin, et se fit conférer, dans la paix de Presbourg, le titre de roi. En 1806, il maria une de ses filles à Eugène Beauharnais, et l'autre à l’empereur François IL En 1813, il s’associa, par le traité de Rieti, aux ennemis de la France. L’administration, les sciences, les arts, lui doivent des réformes salutaires En 1818, il donna à ses sujets une constitution.

Maximilien 11, roi de Bavière. V. le Supplément.

MAXIMIN , Calus Julius Verus Maximinus, empereur romain, 235-8, né en Thrace en 173, mais Goth d’origine, fut pâtre d’abord, li avait, dit-on, 8 pieds ; d'un bras il traînait un char ; il déracinait des arbres, terrassait à lui seul dix hommes, brisait d’un coup de pied la jambe d'un cheval, broyait des cailloux entre ses doigts, mangeait 40

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livres île viande et buvait en un jour 80 pintes de vin. Enrôlé dans les troupes de Septime Sévère, il monta vite en grade; Alexandre Sévère le fit tribun d’une légion, sénateur, et fut tué par lui. Maximin battit les Sarmates, les Germains et les Daces, traita l’Empire et le sénat en vaincus, pillant, confisquant, profanant. Sur un soupçon , il jetait mille personnes aux bêtes, cousues dans des peaux d’animaux fraîchement tués. Quelques riches d’Afrique armèrent des esclaves et des paysans, et proclamèrent Gordien, leur proconsul. D’autres provinces suivirent; à Rome, on proclama Maxime-Pupien et Balhin. Maximin et son fils furent égorgés en assiégeant Aquilée. A. G.

maximin daia , fils d’un berger de Thrace , et parent de Galérius, qui le nomma César, reçut le gouvernement de la Syrie et de l’Egypte en 305, et prit, en 307, le titre d’Auguste, à l'exemple de ses collègues. Après la mort de Galérius, il partagea ses provinces avec Licinius, 311. Allié de Maxence, au moment où celui-ci s’attira, en Italie, les armes de Constantin , il fut attaqué par Licinius, beau-frère de ce dernier, battu près d’Andrinople, et alla s'empoisonner à Tarse, 313. O.

maximin | Saint), évêque de Trêves, m. en 350, assista au concile de Nicée, 325, et donna asile dans son évêché à S1 Athanase exilé. Fête, le 29 mai.

maximin (saint-), ch.-l. de cant. (Var) , arr. et à 20 kil. O. -N. -O. de Brignoles, près de la source de l'Argens; 3,279 hab. Belle église du xni® siècle, dépendant autrefois d’un couvent de dominicains; bibliothèque publique.

MAXIMUM. Le défaut de confiance dans le régime révolutionnaire, et la misère qui en fut la suite, suscitèrent, en 1793, la malheureuse idée de fixer un prix qui fût le taux le plus élevé auquel on pourrait vendre les denrées de première nécessité et les principales marchandises, dans toute l’étendue de la République française : c’est là ce qu’on nomma le maximum. Ou alla jusqu’à tarifer les salaires, mains-d’œuvre et journées de travail. Les infractions étaient frappées d’amende, et les délinquants inscrits sur la terrible liste des suspects. Le principe du maximum, destructeur de la liberté du commerce et de l’industrie , fut aboli par la Convention, le 10 septembre 1794. J. T.

MAY ( Thomas), poète et historien anglais, né en 1595 à Mayfield ( Sussex) , m. en 1650 , fut d’abord en faveur à la cour de Charles 1er, puis embrassa la cause du Long- Parlement, dont il devint secrétaire. On a de lui : Histoire du Parlement d'Angleterre, 1647, qui s’étend du 3 nov. 1640 jusqu’à la bataille de Newbury en 1643, publication officielle , qui avait pour but de gagner les esprits au parlement en montrant ses bienfaits; Abrégé de l'Histoire du Parlement , 1650, écrit selon les idées de Cromwell; une traduction de la Pharsale de Lucain, en anglais, avec une continuation remarquable en latin et en anglais jusqu'à la mort de César; plusieurs pièces de théâtre, etc. B.

may (lf.), brg (Maine-et-Loire), arr. et à 8 kil. N. de Cholet; 1,542 hab.

MAYA, inere de la Nature et des dieux du second ordre. dans la mythologie hindoue. Brahma la produisit, puis il engendra avec elle la Trimourti.

MAYAGUEZ, v. de l'ile et à 117 kil. S. -O. de Porto- Rico, sur le Mayaguez; 31,200 hab. Café, sucre renommés, cacao. — Place importante de commerce.

MAYANS Y SISCAR (Gregorio), savant jurisconsulte et littérateur espagnol, né à Oliva (Valence) en 1697, m. en 1781. Quelque temps bibliothécaire de Philippe V, il abandonna cet emploi pour se livrer à des travaux d’érudition, qui lui firent une grande réputation hors de l’Espagne même. Il a publié, entre autres ouvrages : Ad quinque juris consv l forum fragmenta commentarii, Valence, 1725, in-4° ; Dispulationes juris, Leyde, 1752, 2 vol. in-4°; Epistolarum libri VI, Valence, 1732, et Leipzig, 1737 , in-4° ; Origines de la langue espagnole, Madrid, 1737, 2 vol. in-8°, où l'on trouve un remarquable discours sur l’éloquence espagnole et des opuscules précieux de divers auteurs sur cette langue ; Specimen b bliotherœ hispano-majamtianœ, description bibliographique et critique des ouvrages d’un grand nombre d’anciens grammairiens et rhéteurs espagnols, Hanovre, 1753, in-4°; une Vie de Cervantes, Madrid, 1737, in-8°, traduit en français par Daudé, 1740, 2 vol. in-12; une Rhétorique espagnole, 1757, 1736, 2 vol. in -8°; des recherches historiques sur l’ancienne Illici (Elehe), Valence, 1771, in-4°; un recueil de Lettres de divers personnages et auteurs espagnols, Madrid, 1774, 5 vol. in-8° ; des Institutions de philosophie morale, en latin, Madrid, 1777, in-8°.

MAYBOLE, brg et paroisse d’Ecosse, comté et à 13 kil S. d'Ayr; 5,200 hab. Fabr. de coton et couvertures de laine.

MAYEN , Magniacum, v. des Etats prussiens (prov. du Rhin), à 25 kil. O. de Coblentz; 4,500 hab. Vieux château. Fabr. de draps, tanneries, poteries, papeterie. Exploitation de pierres meulières. Source thermale, dite Salzbrünn.

mayen (île jean-), île de l’océan Glacial arctique, à 10. du Groenland, au N.-E. de l’Islande, et au S -O du Spitzberg; par 71» iat. N., et 12° 24’ long. O. Dominée par le volcan du Beerenberg (2,085 mèt. de hauteur). — Elle fut découverte en 161 1 par le Hollandais Jean Mayen.

MAYENCE, en allemand ilainz , en anglais Mentz, en latin Moguntiacum, v. de la Hesse-Darmstadt, ch.-l. de la prov. de Hesse -Rhénane, et ane. forteresse de la Confédération germanique, au milieu d’un pays charmant, sur la rive g. du Rhin, presque en face de l’embouch. du Mein, a 693 kil. N.-E. de Paris par le chem. de fer du Nord ; par 49° 59’ 44" lat N.,et5° 56’ 8" long. E.; 41,300 hab., dont 6,000 protestants et 2,500 juifs, et non compris une garnison de Prussiens, qui l’occup. avec les Hessois. La ville s étend sur le penchant et au pied de plusieurs collines; un pont de bateaux, de 555 mèt. de long., la réunit au bourg de Cassel ( V.ce mol), situé sur la rive dr. du Rhin; un chemin de fer l’unit à Francfort et à Wiesbaden. L’enceinte, y compris les ouvrages extérieurs, a environ 15 kil. de développement. L’intérieur de Mayence rappelle les villes flamandes; les rues sont étroites et tortueuses. On remarque : la place de la Parade; celle de Gutenberg, où s'élève, depuis 1837, la statue en bronze de cet homme célèbre, fondue à Paris par Crozatier d’après le modèle de Thorwaldsen; l’arsenal; l’ancien hôtel de l’Ordre Teutonique, palais du grand-duc actuel, et en face, l’ancien château électoral ; le Dont, magnifique cathédrale de style byzantin, contenant les tombeaux des anciens archevêques-électeurs. Evêché suffragant de Fribourg (autrefois archevêché). Cour d’appel; tribunaux de lre instance et de commerce ; cour d’assises. Gymnase, école des arts et métiers; bibliothèque, musée d’antiquités romaines, cabinet de médailles, galerie de tableaux, cabinet d'histoire naturelle. Fabr. de tabac, perles fausses, instruments de musique et de précision, bronzes, maroquins, ébénisterie renommée, très-bons cuirs vernis, chapellerie, savons, vins mousseux du Rhin, papiers de tenture, machines, tissus de coton , cartes à jouer, etc. Commerce de jambons renommes, vinaigre, bois, fers, etc/ Erigée en port franc par Napoléon 1er en 1809, Mayence est le centre d'une navigation active sur le Rhin ; on y fait des affaires considérables d’expédition et de transit, diminuées cependant par les transports des chemins de fer. — Mayence doit son origine au Romain Drusus, qui, Tan 13 av. J.-C., fit bâtir, sur l’emplacement qu’elle occupe aujourd'hui, la forteresse de Moguntiacum, près de laquelle se forma bientôt un municipe. Mayence fut choisie pour métropole de la lre Germanie ; mais, détruite par les Vandales, 406, puis par les Huns, elle ne fut rebâtie que sous Dagobert II. Avec Charlemagne et S1 Boniface, lfr archevêque de Mayence, une nouvelle ère s’ouvrit pour cette ville. Les archevêques Je Mayence devinrent successivement princes, électeurs de l’Empire, archi-chanceliers de Germanie. Le droit de couronner les empereurs leur fut irrévocablement attribué ; vicaires de l'Empire pendant les interrègnes, ils nommèrent encore le vice-chancelier du Conseil aulique, et eurent une chancellerie particulière à la cour impériale. Leur domaine temporel comprenait 146 milles carrés de superf., et une population de 400,000 hab.; leur revenu s’élevait à plus d’un million et demi de florins. Les diocèses de Worms, Spire, Strasbourg, Constance, Augsbourg , Würzbourg, Paderborn, Hildesheim , Eichstædt, Fulde, Coire, etc., relevaient de l’archevêché de Mayence. En 1247, Arnold de Walboten fonda à Mayence la Ligue lu Rhin, qui délivra le commerce des exactions de l’aristocratie féodale. En 1440, Gutenberg y inventa l’imprimerie. Pendant la guerre de Trente -Ans, Mayence fut prise par les Suédois, 1631, puis par les Français, 1644. Ceux-ci s’en emparèrent encore en 1688 ; elle leur fut enlevée en 1689. En 1792, le général républicain Custine la prit de nouveau. Reprise par les Prussiens et les Autrichiens, après une héroïque défense, en 1793, cédée à la France par le traité Je Campo-Formio, 1797, elle resta chef-lieu du départem. du Mont-Tonnerre jusqu'en 1814 ; alors elle fut donnée au grand-duc de Hesse-Darmstadt; en 1825, on la déclara forteresse fédérale. Son université, fondée au XVe siècle, et longtemps célébré, a été supprimée en 1802. F — T.

Mayence (Archevêché et électorat de), Etat de I'anc. Empire d'Allemagne, dans le cercle du Bas-Rhin. Il comprenait Mayence. Cassel, Aschaffenburg, Amorbach, Amonebourg, Bingen , Bischoffsheim , Diebourg, Fritzlar,

MAY

MAy — 1755 —

Gernsheim , Hochst , Hochheim , Steinheim, Seligenstadt , Erfurt et son territoire, le Haut et Bas-Eichsfeld.

MAYENNE (La), Meduana, riv. de France, prena sa source près de S'-Martin-des-Landes (Orne), traverse le dép. de la Mayenne, passe à Mayenne, Laval et Cliateau- Gonthier, et se réunit à la Sartlie, à Bouche-Maine, un peu au dessus d’Angers, pour former la Maine. Cours de 186 kil. , flottable sur 94. Elle reçoit la Varenne et VRrnpp.

MAYENNE (La), département du N.- O. de la, France, ch.-l. Laval, formé des anc. provinces du Maine et de l’Anjou: entre les dép. de la Manche et de 1 Orne au N., de la Sartlie à l’E., de Maine-et-Loire au £., et d ljle-et- Yilaine à l’O. Superf., 514,868 hect. Pop. : 367,85d hab. Traversé par la Mayenne; entrecoupé de nombreux étangs et ruisseaux. Sol boisé, fertile en céréales, fruits à cidre, chanvre, lin ; quelques vignes. Chevaux estimés, bestiaux, porcs, moutons, abeilles. Tissage des toiles, en décioissance, mais remplacé par des fabriques de coton et de tissus divers. Usines à fer, marbreries, papeteries, ardoisières , distilleries d’eaux-de-vie de cidre. Ce départent, forme l’évêché de Laval, et dépend de la Cour impériale

d’Angers. . „

Mayenne, Meduanum , s.-préf. (Mayenne) , a 30 kil. N. -N. E. de Laval, sur le penchant de deux coteaux qui Bordent les rives de la Mayenne ; 8,373 hab. Tribunaux de Ire instance et de commerce, séminaire. Anc. seigneurie, défendue par un château très-fort et souvent assiégé au moyen âge; érigée en marquisat en faveur de Claude Ier, duc de Guise, et en duché-pairie, en 1573, pour Charles de Lorraine, qui prit le titre de duc de Mayenne; rachetée par Mazarin en 1659. Les Vendéens s’en emparèrent en 1793. La ville est dominée par son vieux château; ses rues sont étroites et tortueuses, et ses maisons mal bâties. Fabr. de calicots, mouchoirs de coton gr. teint, occupant plus de 8,000 ouvriers dans la ville et la banlieue. Comin. de bestiaux et de grains. Patrie du cardinal de Cheverus, à qui l’on a élevé une statue en 1844. Forges importantes aux environs, et mines d’anthracite et de fer.

Mayenne (< 'hurles de Lorraine, duc ue), 3e fils du duc F rançois de Guise, né en 1554, m. en 1611, fit ses premières armes contre les Turcs, et mérita par sa bravoure le titre de noble vénitien. Pendant les guerres de religion, il se signala â la défense de Poitiers, au siège de La Rochelle, à la bataille de Moncontour, à la prise de Brouage, et surtout dans le Dauphiné, où il fut surnommé le Preneur de villes. En 1588, à la nouvelle du meurtre de ses frères Henri le Balafré et le cardinal de Guise, il réunit des troupes en Bourgogne et en Champagne, entra à Paris, accepta les titres de chef de la Ligue et de lieutenantgénéral du royaume, 1589, et soutint un siège contre Henri III et Henri de Navarre. Après le crime de Jacques Clément, il ne sut pas tirer parti des circonstances, et se contenta de faire proclamer le vieux cardinal de Bourbon, sous le nom de Charles X. D’une grande nonchalance, qu’augmentait encore son obésité, il n’était pas en état de lutter contre un adversaire aussi actif qu’Henri IV : battu par lui à Arques, 1589, et à Ivry, 1590, gêné par l’indiscipline des Seize, dont il dut châtier les violences dans Paris, il ne voulut pas, du moins, dans les Etats- Généraux de 1593, soutenir les prétentions que le roi d’Espagne Philippe II élevait, au nom de sa fille, sur le trône de France. Paris ayant été livré à Henri IV par Brissac, tandis qu’il était allé lever des troupes en Bourgogne, 1594, il fit sa soumission deux ans après, conserva ses biens et ses dignités, et reçut le gouvernement de l'Ile-de-France. La conversion du Roi rentrait dans les idées de Mayenne, manifestées aux conférences de Suresnes, en 1593. — Son fils Henri, grand chambellan de France et gouverneur de

Guyenne, entra dans les factions qui agitèrent la minorité de Louis XIII, et fut tué au siège deMontauban, 1621. Il ne laissa pas de postérité. B.

MAYLR (Simon), dit Marius, astronome, né en 1570 à Guntzenhausen (Franconie), m. en 1624, élève de Tycho- Brahé, fut astronome de l’électeur de Brandebourg. On a de lui : Tabules direclionum novae universæ Europœ inservientes, Nuremberg, 1599, in-4°; Mundus Jooialis , ibid., 1614, in— 4°, où il prétend avoir aperçu, le premier, les taches du soleil et les satellites de Jupiter; une traduction allemande des 6 premiers livres d’Euclide, Anspach, 1610, in-fol., etc.

mayeu (Tobie), astronome, né en 1723 à Marbach (Wurtemberg |, m. en 1762. Avant de se livrer aux études astronomiques, il publia, en 1745, à Augsbourg, un Truilé des courbes pour la construction des problèmes de géométrie, en allemand, et un Allas mathématique, composé de 60 ta-

bleaux. En 1750, il inséra, dans les Mémoires de la Société cosmographique de Nuremberg, des études sur la libration de la lune ; on y remarque le premier usage qui ait été fait des équations de condition fournies par de nombreuses observations, pour obtenir les résultats avec une plus gra: de probabilité d’exactitude. Mayer fut, peu de temps après, chargé de la direction de l’observatoire de Goittingue. Là il s'occupa de la vérification des points fondamentaux de l’astronomie, construisit un catalogue de 998 étoiles zodiacales, dont plusieurs ont été observées jusqu’à 26 fois, et acheva aussi des Tables du soleil. En 1755, il envoya à Londres des Tables de la lune , qui obtinrent le prix du Bureau des longitudes; elles sont les premières où les erreurs aient été inférieures à deux minutes; on les a perfectionnées plusieurs fois depuis. Mayer eut le premier l’idée de répéter les angles pour atténuer les erreurs de mesure; en 1787, Borda a converti cette idée en pratique simple. Les OEuvres de Mayer devaient être réunies ; un volume seulement parut eu 1775. Plusieurs Mémoires de ce savant ont été publiés séparément; les principaux sont: Description d’un nouveau globe de la lune, 1750; Héfraclions terrestres, 1750; Description d’un nouveau micromètre ; Observation de l'éclipse de soleil en 1748; Conjonctions de la lune et des étoiles, observées en 1747 et 1748 ; Preuves que la lune n'a point d’atmosphère ; Mémoire sur la parallaxe de la lune et sa distance à la terre déduite de la longueur du pendule à secondes ; Inégalités de Jupiter, etc. V.

mayer ou ma yr (Jean-Simon), compositeur de musique, né en 1763 en Bavière, m. à Bergame en 1845, dirigea l'Institut musical de cette ville. Il a laissé des messes, des psaumes, des oratorios, des cantates, une foule d’opéras, dont un seul, Médée, 1812, est resté au théâtre. Dépourvu de facultés créatrices, placé entre Mozart et Rossini, il dut être bien vite éclipsé. Donizetti fzi zz n L.

MAYET, ch.-l. de cant. (Sarthe), arr. et à 31 kil. E.-N.-E. de La Flèche; 1,538 hab. Fabr. d’étoffes de laine..

mayet-de-montagne (Le), ch.-l. de canton (Allier), arr. et à 24 kil. S. de La Palisse, dans une situation trèspittoresque; 494 hab.

MAYEUL ou MAIEUL (Saint), abbé de Cluny, né dans le diocèse de Riez vers 906, m. en 994, augmenta les revenus et multiplia les monastères de son ordre, et réforma l’abbaye de Sl-Denis à la prière de Hugues Capet. Fête, le 1 1 mai.

MAY-KONG, MÉI-KONG, MÉNAM-KONG ou CAM- BOGE, fl. de l’Irule Transgangétique, naît sous le nom de Szatchou dans le Tliibet, à peu de distance de la source de l’Yang-tsé-Kiang , arrose la prov. chinoise d’Yun-Nan sous le nom de Lan-Thsan-Kiang , traverse le Laos, le Camboge Annamite, et se jette dans la mer de la Chine, à l’E. du golfe de Siam. Cours de 2,600 kil., navigable pour les gros navires jusqu’à une distance considérable.

MAYN, nom allemand du Mein.

MAYNAltD ou MA1NARD (François), poète, né à Toulouse vers 1582, m. le 28 déc. 1646 à Aurillac, où il était président au présidial. 11 fut l’ami de Régnier, l’élève de Malherbe, et l’un des premiers membres de l’Académie Française. Il excella dans l’épigramme, et perfectionna la versification des Stances: c’est lui qui établit en règle, dans celles de 10 vers, la suspension après le 4« et le 7e, et, dans celles de 6, le repos du milieu. Maynard courtisa assidûment les princes ; mais il n’eut point de part à leurs bienfaits, non plus qu’à ceux de Richelieu, à qui il exposait ses besoins avec esprit et délicatesse. Dégoûté de son siècle et des grands, il se retira dans sa province, et ne courtisa plus que la poésie. Ses OEuvres furent publiées quelques mois avant sa mort, Paris, 1646, in-40. C. N.

MAYNOOTH, v. d’Irlande (Leinster), dans le comté de Kildare , à 24 kil. O.- N.- O. de Dublin , station du chemin de fer de l’Ouest; 2,091 hab. Collège royal de Sl-Patrick , premier séminaire catholique (450 élèves) qui ait reçu ( 1845 j l’institution et une subvention de l’Etat depuis l’introduction du protestantisme en Angleterre; fondé en 1795. Restes d’un château, principale résidence des Fitz- Geralds. Près de là est Carton, domaine du duc de Leinster.

MAYO, comté au N. -O. de l’Irlande (Connaught) , entre ceux de Sligo et de Roscommon à l’E. , de Galway au S., et l’Atlantique à l’O. et au N. ; 548,794 hect. de superf. ; 102 kil. sur 50 ; 254,449 hab. Côte fort découpée : baies de Killala, Broad-IIaven, Blacksod, Clew, Killery. Sol montagneu", marécageux, et peu fertile. Lacs Corrib, iMask, Conn , Carra. Riv. la Moy. Climat humide. Pommes de terre, etc. Mines de fer non exploitées. Beaux pâturages: élève de bétail. La manuf. de toiles a décliné. Cap. Casllebar; v. princip. , Balliua, Westport.

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MAYO, vge et paroisse d’Irlande (Mayo), à II kil. S.- E. de Castlebar ; 2,500 hab. Collège ecclésiastique.

mayo , une des îles du Cap-Vert , à l’E. de celle de Santiago ; par 15» 10’ lat. N. et 25» 25’ long. O. ; 36 kil. de tour. Ch.-l. Pinosa. Saline.

mayo, riv. du Mexique, naît dans la Sierra-Madre, et se jette dans le golfe de Californie. Cours de 400 kil.

MAYOMBA, v. de la Guinée , port sur l’océan Atlantique, à l’emboueh. de la Mayomba , très-fréquenté autrefois parles marchands d'esclaves. Gomme, cuivre, ivoire.

MA YOli (Isla), île d’Espagne, formée par le Guadalquivir au-dessous de Séville ; 44 kil. sur 57. Fertile en fruits.

MA YORGA , brg d’Espagne (Vieille-Castille) , prov. et k 66 kil. N.-O. de Valladolid, sur la Cea ; 2,500 hab. Comm. de vins.

MAYOTTE ou MAHORÉ , île volcanique de l’archipel des Comores, au S.-E., au milieu du canal de Mozambique, à 30 kil. S.-S. -O. d’Anjouan, 250 kil. O. de Madagascar; par 12° 50' lat. S., et 42» 50' long. E. Les Européens l’évitèrent jusqu’en 1640 ; on s’aperçut alors que ses côtes avaient, au milieu des coraux et des coulées de lave, des anses naturelles. Au N.-E. , une langue de terre, élevée de 5 ou 6 mèt. au-dessus du niveau de la mer, se détache de File, et forme la péninsule de Choa; droit en face, l’ilot de Pamanzi projette vers le N.-O. une petite presqu’île de sables amoncelés au milieu des coraux , où s’élève le rocher de Zaoudzi. Un canal de 1,200 mèt. sépare ces deux pointes, sur chacune desquelles se trouve un village : l’un , Choa, peuplé de Sakalaves; l’autre, habité par des Arabes. Mayotte a été cédée à la France par son dernier sultan, et occupée le 13 juin 1843. Elle offre quelques bois de construction , du takamaka blanc, du bois d’ébène et du bois de natte. La canne à sucre et le café y viennent bien. Pou de grandes forêts ; des cocotiers ; 8,000 hect. de terre bien cultivable ; c’est le quart de la superficie de l’île. L’intérieur est peu connu ; 24,304 hab., Sakalaves, Arabes, Antalaots, presque tous mahométans, la plupart esclaves, très-paresseux ; production d\i sucre en 1860, 1,500,000 kil.

MAYPO. F. Maipo.

MAYR. F. Mayer.

MAY RES, brg (Ardèche), arr. et à 30 kil. N.-O. de Largentière, sur l’Ardèche; 900 hab. Scierie mécanique.

MAZaCA. F. Cesarée de Cappadoce.

MAZAFRAN, riv. d’Algérie. F. Chiffa.

MAZAGAN, v. du royaume de Maroc, à 225 kil. N.-O. de Maroc, petit port sur l’océan Atlantique, près de l’emboueh. de la Morbea ; 7,000 hab. — Bâtie en 1500, sous le nom de Cnstro-Reale, par les Portugais, à qui les Marocains l’ont, enlevée en 1762.

MAZAGRAN vge fortifié d’Algérie, prov. et à 88 kil. N.-E. d’O ran, à 12 kil. E. de Mostaganem ; 880 hab. Fameux par le siège qu’y soutinrent, du 2 au 6 février 1840, 123 Français, commandés par le capitaine Lelièvre, contre 12,000 Arabes.

MAZAMET, ch.-l. de cant. (Tarn), arr. et à 17 lcil. S.-E. de Car-tres, surl’Arnette; 7,929 hab., tous ouvriers ou maîtres, les premiers catholiques, les seconds calvinistes. Importante fabrication de draps-nouveautés, tartans, molletons, flanelles. Belle halle.

MAZAN, brg (Vaucluse), arr. et à 7 kil. E. de Carpentras, sur l’Auzou ; 2,367 hab. Territoire fertile en vins, safran, et olives.

MAZANDÊRAN. V. Mazendéran.

M47AN1F.LLO. F. Masaniello.

MAZARIN (Giulio Mazarini dit), né en 1602, à Pescina (Abruzzes), d’une ancienne famille' de Sicile, fils de Pietro Mazarini et d’Ortenzia Buffaliui, m. en 1661, fit ses études à Kome, alla les compléter aux universités d’Alcala et de '-n li manque, entra dans la carrière militaire, servit en Vn*eline comme capitaine dans l’armée papale, 1625 , et montra de bonne heure du goût et du talent pour la politique. Attaché à la légation du nonce Pancirola, il ménagea la paix de Cherasco ( Piémont | entre la Savoie, la France et l’Espagne , 1631 ; puis , entrant dans les ordres, il fut pourvu d'une charge de référendaire dans la chancellerie papale, 1632, nommé vice-légat d’Avignon, 1634, et, peu de temps après, légat extraordinaire du Saint-Siège à Paris. Richelieu le remarqua, le chargea de plusieurs missions difficiles, 1639, le fit nommer cardinal, 1641, et le recommanda en mourant à Louis XIII , 1642. Mazarin avait été naturalisé français en 1639. Le roi l'appela au ministère sous le nom de spécial conseiller, et lui laissa par son testament la direction supérieure du conseil de régence présidé par la reine-mère, 1643. Ebranlé d’abord par la faction des Importants ( F. ce mot ), il acquit bientôt un pou-

voir absolu sur l’esprit , et peut-être même sur le cœur d’Anne d’Autriche, et remplit les fonctions de 1er ministre, 1643-61 , bien qu’il n’en eût pas le titre. U continua la guerre contre la maison d’Autriche, et ses habiles négociations, soutenues des victoires de Coudé | F. ce mot), amenèrent le traité de Westphalie, auquel l’Espagne refusa d’adhérer, 1648. A la même époque commençait la Fronde ( V. ce mo(| ; pendant cinq années, le ministre eut à combattre les prétentions et les soulèvements du parlement de Paris, des seigneurs, et du prince de Condé. Deux fois il fut obligé de quitter le royaume, 1651-52; mais les divisions de ses ennemis, et la lassitude générale, lui rendirent le souverain pouvoir, 1653. Alors il poursuivit avec plus d’avantages la guerre contre l’Espagne, défendue par l’épée du grand Condé : la victoire de Turenne à Arras, 1654, l’alliance de la France avec Cromwell , 1657 , et la prise de Dunkerque, après la bataille des Dîmes, 1658, décidèrent enfin Philippe IV à signer le traité des Pyrénées I K. ce mot), 1659. L’année précédente, Mazarin avait conclu la Ligue du Jlhin, qui tenait l’Autriche en respect, et plaçait vér.tablement l’Allemagne sous le protectorat de la France, 15 août 1658. Après avoir fait ces grandes choses , il pouvait dire en mourant que , « si son langage n'était pas français, son cœur l’était. » Mazarin est, sans contredit, l’un des hommes d’Etat les plus habiles du xvne siècle; mais on peut le blâmer d’avoir négligé les finances, le eonimeree, et surtout la marine; de s’ètre enrichi prodigieusement (il laissa une fortune de 200,000,000 de t'r. au moins), en mettant à prix toutes les fonctions publiques, pour lesquelles sa place lui faisait désigner les sujets au roi. On lui reproche, à tort, d’avoir tenu systématiquementle jeune Louis XIV éloigné des affaires : mais il eut, dans les derniers temps de sa vie, des conférences avec le roi sur les matières d’Etat dont ce prince montra, plus tard, qu’il avait su profiter. Les lettres et les arts doivent à Mazarin l’établissement du collège des Qaatre-Nalions, la bibliothèque qui porte son nom, la création de l’Académie de peinture et de sculpture, et l'introduction de l’opéra italien en France. — Mazarin avait eu un frère, Michel Mazarin, qui devint cardinal, 1647, et deux sœurs, Martinozzi et Mancini : l’une d’elle-, Hortense Mancini, épousa le fils du maréchal de La Mei'leraie, qui fut fait duc de Mazarin ; l’autre, Marie, aurait peut-être épousé le jeune roi, sans l’opposition de la reine-mère et du cardinal lui-même (F. Mancini). Les Négociations secrètes des Pyrénées, Amst., 1693, 2 vol. in-12, recueil de lettres écrites par Mazarin, ont été réimprimées, avec 50 autres lettres, en 1745, Paris, 2 vol. in-12. Ses lettres à la reine Anne ont paru en 1836, 1 vol. iu-b». F. Histoire de Mazarin, par Aubery, 1688, 1695, 2 vol., et 1751, 4 vol. in-12; Histoire de France sous le ministère du cardinal Mazarin, par Bazin, Paris, 1842, 2 vol. in-8“; et Gualdo Priorato, Istoria del ministerio del cardinale Mazarini, Cologne, 1669, 3 vol. in-12. G.

mazarin, nom sous lequel la ville de Réthel fut érigée en duché-pairie en faveur du duc de la Me lleraie, époux d’Hortense Mancini, nièce du cardinal Mazarin.

mazarin (Duchesse de). F. mancini (Hortense).

M AZAKINADES, écrits satiriques composés pendant la Fronde contre Mazarin. Le plus fameux, attribué à Searron, donna son nom à tous ces libelles. Le mot s’appliqua ensuite à tous les écrits politiques du temps, même à ceux qui venaient du parti de la régente ou du cardinal, même à des ouvrages historiques étendus, à l 'Histoire de la prison des princes, que lisait Mme de Sévigné, etc. On en compte ainsi plus de 4,0()0. F. C. Moreau, Bibliographie des Mnznrinades , Paris, 1850-51, 3 vol. in-8».

MAZARON ou ALMAZARON, v. d’Espagne, prov. et â 34 kil. S. de Murcie. Mines d’alun. Population de la commune : 8,100 hab.

MAZZARRLDO Y SALAZAR (Joseph-Marie), amiral espagnol, né à Bilbao en 1744, m. en 1812, fit partie de la malheureuse expédition contre Alger en 1775 combattit ensuite dans la guerre d’Amérique, commanda en 1797 l’escadre qui protégea Cadix contre le bombardement des Anglais, et accepta de Joseph Bonaparte le ministère de la marine en 1808. En 1793, il avait rédigé le projet d’ordonnance pour la marine, qui est encore auj. en usage. Un lui doit aussi des Rudiments de tactique navale , en espagnol, Madrid, 1784, in-4°.

MAZATLAN, v. du Mexique, ch.-l. de département (divi-ion de Guliaean) et de prélecture maritime, à 1 embouchure du Mazatlan dans l’océan Pacifique, â 317 kil. S. de Cinaloa; 6,000 hab. Export, de boi- du Brésil.

MAZDAC, mage persan, né à Nichabour dan- le Khoraçân, s’annonça comme prophète vers 498 ap. J.-C. , et

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prêcha en Perse l’égalité des deux principes du bien et du mal , la communauté des femmes et des biens, la défense de tuer et de manger les animaux, l’égalité des rangs et des fortunes. Ce qui restait de Manichéens en Perse vint se joindre à lui, et il jouit pendant quelque temps, auprès de la foule et du roi Cobâd lui-même, d'un crédit sans bornes. Enfin le fils du roi , Kesra, le fit mettre en croix avec 100,000 des siens, et mérita ainsi le surnom d’ Anouchincan ( bonne âme ). Deux inscriptions trouvées en Cyrénaïque en 1823, et envoyées à l’Académie des Inscriptions en 1824, semblent prouver que la doctrine de Mazdac s’était propagée jusque dans l’empire romain. V. les dissertations de Gesenius, Hall, 1825, et de Hamaker. V. la traduction anglaise du Dabistan , ouvrage persan, par

M. Antony Troyer. V. Lebeau, et de. Sacy, Histoire des Sassanides.

MAZÉ, brg (Maine-et-Loire), arr. et à 20 kil. S.- O. de Baugé, près de l’Anthion; 526 hab.

MAZE11ÎA , île de la mer d’Oman , près de l’Arabie, par 20° 35’ lat. N., et 56° 20’ long. E.; 95 kil. sur 15.

MAZENDÉRAN ou MAZANDÉRAN , anc. Hyrcanie, prov. de la Perse, boruée au N. par la mer Caspienne, au

N. -E. par le Khoraçan, à l’E. et au S. par le Tabaristan, à l’O. par le Ghilan; 25,000 kil. carr.; 350 kil. sur 100; 700,000 hab. Capit., Sari; v. principales : Asterabad, Barfourousch, Amol. Climat chaud et humide; sol moutueux, marécageux, fertile en riz, coton, canne à sucre Grandes forêts. Habitants peu hospitaliers. Commerce de poissons, bestiaux, riz , etc.

MAZEPPA (Jean), né dans la Podolie vers 1630, m. en 1709, d’une famille noble, mais pauvre, fut d'abord page du roi Jean-Casimir, puis entra au service d’un gentilhomme polonais. Celui-ci , ayant découvert que sa femme entretenait des relations avec lui, le fit lier tout nu sur le dos d’un cheval sauvage, qui l’emporta dans l’Ukraine. Recueilli par les Cosaques, Mazeppa se fixa parmi eux , devint bientôt secrétaire de l’hetman Samailovitch , et lui succéda en 1687. Lié d’abord avec le tzar Pierre le Grand, qui l’éleva à la dignité de prince, il se rapprocha plus tard de Charles XII , roi de Suède, dans l’espoir de devenir indépendant , et lui donna le funeste conseil de s’engager dans les plaines de Pultawa. Après la défaite, il dut s’enfuir en Valachie, et de là à Bender, où il mourut. Son corps fut transporté à Galatz, dans l’église du monastère de S‘-George ; la pierre tumulaire est auj. dans la cour de Michel Ghika, frère de l’ex-prince de Valachie. Mazeppa est le héros d’un poëme de lord Byron. Pi,.

MAZÈRES, brg (Gironde), à 6,600 mèt. S. de Langon. Beau château gothique de Roquetaillade. Débris d’un couvent fondé par Eléonore de Guyenne; 620 hab.

MAZÈRES, ville (Ariége), arr. et à 16 kil. N. de Pamiers ; 2,671 hab. Elle possédait un château, résidence des comtes de Foix; Gaston-Phoebus y reçut Charles VI en 1389. Mazères fut assiégée par les catholiques en 1570, et se soumit par capitulation.

MAZIÈRES, ch.-l. de cant. (Deux-Sèvres), arr. et à 18 kil. S.-O. de Parthenay ; 237 hab. Comin. de chevaux, mulets et bestiaux.

MAZOIS (François), architecte et archéologue, né à Lorient en 1783, m. en 1827, fut un des plus brillants élèves de Peroier. En quittant l’atelier de son maître, il voyagea en Italie, pour se perfectionner par l’étude des chefs-d'œuvre. Rome surtout l’arrêta; son goût et son talent l’y firent distinguer, au point que le roi Joachim Murat l’appela à Naples, et le chargea, entre autres travaux, de la restauration du palais de Portici. Mazois visita souvent Herculanum et Pompéi, y dessina à la dérobée, ce qui était alors interdit, et finit, grâce à la protection de la reine Caroline, par pouvoir ouvertement y travailler. Ce fut alors qu’il se mit à recueillir, pendant trois années, avec une opiniâtreté pleine de passion, les immenses matériaux du grand ouvrage sur lequel sa réputation repose aujourd'hui : les Ruines de Pompéi , dessinées et mesurées pendant les années 1809, 1810, 1811, Paris, 1813-38, 4 vol. format atlantique. La moitié environ du 3e vol. et le 4e ont été terminés par Gau , mais Mazois en avait laissé presque tous les matériaux. Les Ruines de Pompéi, œuvre d’art très-remarquable, sont dessinées avec beaucoup de goût et de vérité , et très-bien gravées ; un texte archéologique plein d’intérêt, élégamment écrit, exact et savant, les accompagne; Mazois lui-même l’a composé, car il s’était préparé à ce travail par l’étude des langues anciennes. Pendant qn’il s’occupait de cet ouvrage, il y puisa la matière d’un antre, beaucoup plus court, et d’une forme moins savante, qu’il intitula : le Palais de Scaurus, ou Desc ' piton d’une maison romaine, fragment d’un voyage

fait d Rome vers la fin de la république, par Mérovir, prince des Suèves, Paris, 1819, in-8°; 2e édition, 1822, in-8°, fig. C’est une jolie narration , où la science est spirituellement encadrée au milieu d’une description exacte et animée. Passionné pour l’étude des monuments antiques, Mazois avait commencé pour Herculanum , Pæstum et Pouzzoles, ce qu’il avait fait pour Pompéi ; mais il ne put que réunir des matériaux pour cet ouvrage, qu’il n’a pas eu le temps de publier. Il continuait, au milieu de ses travaux archéologiques, à se livrer à l’exercice de sa profession : il fut nommé, en 1819, un des 4 inspecteurs-généraux des bâtiments civils; il restaura, en 1825, le palais archiépiscopal de Reims, et l’abbaye de Sl-Rémi , dans la même ville. A Paris, il éleva plusieurs des plus élégantes maisons du quartier François 1er, et les passages Choiseul, Saucède, et Bourg-l’Abbé. C. D — y

MÀZOVIE ou MASO VIE , en allemand Masau ou Mazau , en latin Massovia, un des 12 anc. palatinats de la Grande-Pologne, comprenait 10 cantons, appelés de leurs chefs-lieux: Varsovie, Czersk, Wyszograd, Zakroczym, Ciechanow, Lomsa, VVizka, Rozan, Nur, et Liw. C’est attj. le N. du gouvernement de Varsovie dans la Pologne russe, entre ceux de Plock au N., de Lublin à l’E., de Radom au S., et les Etats prussiens (régence de Francfort) à l’O.; elle comprend 7 obvodies : Varsovie, Stanislawow, Lowicz, Rawa, Leiuzy, Kutno, et Wrotlawec. On y compte 800,000 hab. — La Mazovie forma, de 1 138 à 1529, un duché pour une branche de la famille des Piast; ce duché, vassal de la Pologne, sauf de 1329 à 1370, temps où il releva de la Bohême, fut réuni au royaume de Pologne par Sigismond 1er. Étienne Bathori l’érigea en palatinat, en 1576.

MAZURE (F.-A.-J.), né à Paris en 1776, m. en 1828, fut attaché en 1793 à l’Ecole centrale de Niort, devint inspecteur de l’académie d’Angers, puis inspecteur-général des études en 1817, et censeur des journaux en 1820. Il travailla au Moniteur et au Publiciste. On a de lui : Rudiments des jietiles écoles, 1812; Vie de Voltaire, 1821, in-8° ; Histoire de la révolution de 1688 en Angleterre, 1825, 3

MAZZA (Ange), poète italien, né à Parme en 1741, m. en 1817, fut élève de Cesarotti. On lui doit un poeme didactique, intitulé la Grotlede Platon. Dans ses odes, il traite divers sujets empruntés à Gray et à Dryden , ou les mystères les plus profonds de la métaphysique : malgré son obscurité et son étalage de savoir, on a osé l’appeler l 'Homère vivant , et le comparer au Dante.

MAZZARA , anc. Masaris , v. de Sicile, au S.-O., port sur la Méditerranée, à 44 kil. S. de Trapani ; par 37o 39’ 56” lat. N., et 10» 14’ 44” long. E.; 8,500 hab. Evêché. Export, de vins, soude, huile. — Autrefois c’était le ch.-l. du Val di Mazzara, l’une des 3 anc. prov. de la Sicile, et dont ou a formé les prov. de Païenne, de Trapani et de Girgenti.

MAZZAR1NO , v. de Sicile, à 26 kil. S.-E. de Caltanisetta ; 10,582 hab. Collège. Exploitation de soufre.

MAZZüCCHI ( Alexis-Symmaque ), antiquaire, né en 1684 près de Capoue, m. eu 1772, théologal de l’église de Naples et professeur de théologie, a laissé, entre autres ouvrages: De antiquis Corcyræ nominibus, Naples, 1742, in-4°; Inreyii Herculanensis musæi œreas tabulas Heracleenses commenlarii , ibid., 1754-55, 2 vol. in-fol., avec fig., ouvrage capital, plein d’une érudition étonnante, mais souvent diffuse, à propos de deux inscriptions en grec contenant la délimitation de terrains consacrés à Minerve et à dacchus, et des règles pour la police des fêtes qu’on y célébrait; Spicilegium biblicum, ibid., 1763, 3 vol. in-4°; Opuscula oratorio , enistnlœ , carmina et diatribe de antiquilate , bid., 1775, 2 vol. in-4», etc.

MAZZUCI1ELLI (Jean-Marie, comte de), littérateur italien , né à Brescia en 1707, m. en 1765, conçut 1 idée d’un dictionnaire des hommes de lettres, anciens et modernes, de l’Ilalie. Il en publia 6 vol. in-fol., sous le titre de Gli scritlori d I tuba, 1753-63, où il ne termina que les deux premières lettres de l’alphabet. Les détails biographiques y sont très-complets, mais l’examen des ouvrages est superficiel. B.

MAZZUOLI (François), dit le Parmesan, peintre célèbre, né à Parme en 1503, m. en 1540, avait déjà publié un remarquable tableau du Baptême de J.-C., quand il alla étudier à Mantoue les chefs-d'œuvre de Jules Romain, à Rome ceux de Raphaël et de Michel -Ange. Chargé par le pane Clément VII de terminer la décoration de la salle des pontifes au Vatican, il y exécuta une très-belle Cii concision. Après le sac de Rome, où il faillit perdre la vie, 1527, il résida quelque temps à Bologne, puis revint dans sa patrie, où il épuisa ses ressources, durant ses dernières

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