‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 142 sur 864 · MEK · texte numérisé non relu

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Comm. de bois, goudron, sel, bétail, surtout avec Rhodes et l’Egypte. Le docteur Clarke a prétendu y retrouver les restes du tombeau de Mausole.

' MEISSAC. V. Meyssac.

MEISSEN, Misena, Misnia, v. du royaume de Saxe, et anc. ch.-l. de la Misnie, sur la rive g. de l’Elbe, à 23 lui. N.- O. de Dresde; 9,886 hab. Grande, riche et belle cathédrale du xin® siècle. Château à’Albrechtsburg, anc. résidence des princes saxons, transformé en manuf. de porcelaine. Beaux châteaux de Scliarfenberg et de Siebeneichen , aux environs. Gymnase renommé; bibliothèque ; collections d’art et scientifiques. Bottger, qui, le premier, importa en Europe (à Dresde), en 1704, la fabrication de la porcelaine, fut chargé, en 1710, d’en diriger à Meissen la première manufacture, auj. royale et florissante (plus de 150 peintres et 600 ouvriers). Fabr. de tabatières, poterie et faïence; cartes à jouer; coloriages pour les libraires de Leipzig. Patrie cTElie Sehlegel, et du docteur Hahnemann.

MEISSENHEIM, v. du roy. de Prusse (prov. du Rhin), sur la Glan, à 83 kil. S. -O. de Hombourg ; 2,300 hab. Ch.-l. d’anc. seigneurie située entre la Prusse rhénane et la Bavière-Falatine, appartenant à la Hesse-Hombourg et depuis 1H66 à la Prusse. Château des landgraves. O" remarque l’hôtel-de-ville et l’église calviniste. Verreries, houille, pierres meulières. Mines de fer et de mercure.

MEISSNER (Auguste-Gottlieb ), littérateur allemand, né à Bautzen en 1753, m. en 1807, fut d’abord employé aux archives de Dresde, puis professeur d’esthétique à Prague en 1785, enfin directeur de l’enseignement supérieur à Fulde en 1805. Il a laissé un grand nombre d’ouvrages dramatiques et de romans; on cite principalement: Jean de Souabe , Leipzig, 1780, son meilleur drame ; Esquisses, 14vnl., 1778-96, collection de contes, de fables, d’anecdotes; Alcibiade, 4 vol., 1781-88 ; Masaniello, 1784; Bianca Cupello, 2 vol., 1785; Epaminondas, 2 vol., Prague, 1798, roma.ts historiques, traduits en français. Il a aussi écrit la ]'ie de Jules César, 2 vol., Berlin, 1799. De 1783 à 1785, il publia une Revue trimestrielle de littérature ancienne et de lecture moderne , et, de 1793 à 1795, il rédigea l'Apollon, revue mensuelle. Ses œuvres complètes ont été publiées par Kuffner, 36 vol.. Vienne, 1814-15. E. S.

MEISTER (Léonard), écrivain, né en 1741 à Nefftenbach (Zurich), m. en 1811, fut nommé en 1773 professeur d’histoire et de morale à l’école des arts de Zurich, puis fut successivement ministre évangélique à Zurich, Langeau et Cappel. On a de lui : Mémoires pour l'histoire des arts et métiers, des mœurs et des usages, Zurich, 1774, in-8°; Mémoires pour l’histoire de la langue et de la littérature allemandes, Heidelberg, 1780, 2 vol. in-8°; les Hommes célèbres de l' Helvétie, Zurich, 1781-82, 3 vol. in-8°; Dictionnaire historique, géographique et statistique de la Suisse, Ulm, 1796, 2 vol.; Histoire helvétique pendant les deux derniers siècles, S^Gall, 1801-03, 3 vol. in-8°.

ME1STERSÆNGERS , c.-à-d. maîtres chanteurs, nom donné à une corporation de poètes et de musiciens d’Allemagne, aux xive et XVe siècles. L’empereur Charles IV leur donna, en 1378, certaines franchises et des armes particulières. Ils étaient généralement gens de métiers. Le plus célèbre est Hans Sachs.

MÈJANES (Jean-Baptiste-Marie de Piquet, marquis de), bibliophile, né à Arles en 1729, m. en 1786. Consul à Aix en 1777, il y établit un jardin botanique, un laboratoire de chimie et une école vétérinaire. En mourant, il légua à la même ville sa bibliothèque, composée de 75 à 80,000 vol.

MEKH1TAR (l’abbé Pierre), fondateur de la congrégation arménienne des Mékhitaristes, né en 1676 à Sébaste (Cappadoce), m. en 1749, visita les principaux couvents de l’Arménie, la Syrie et Chypre, puis se rendit, en 1700, à Constantinople, où il travailla au rétablissement de la paix religieuse entre les Arméniens. N’ayant pu réussir, il alla se fixer à Modon, en Morée, y éleva un couvent et une église, et le pape Clément XI reconnut le nouvel ordre. L’invasion des Turcs en Morée, 1717, l’obligea de se réfugier à Venise avec la plus grande partie de ses disciples; il obtint du Sénat la cession à perpétuité de la petite île de St-Lazare, où il fonda un nouveau couvent avec une imprimerie. On a de lui: Dictionnaire arménien, 1749-51, 2gr. vol.in-40, ouvrage d’un très-grand mérite, vu la décadence où était alors la littérature arménienne; Grammaire de la langue arménienne, 1 vol. in-4°, 1770 ; Commentaires sur l'Evangile de St Mathieu, 1 vol. gr. in-8°, 1737 ; — sur l’Ecclésiaste de Salomon, 1 vol. in-8», 1736; une belle édition de la Bible arménienne, 1733, in-fol., etc. C— A.

MÉKHITARISTES, moines arméniens établis dans la

petite île de SLLazare, dans les lagunes de Venise, tirent leur nom de l’abbé Mékhitar, leur fondateur. Le but de leur ordre est la propagation de la foi catholique et des connaissances humaines parmi leurs compatriotes, de l’histoire et de la langue arméniennes en Europe. A cet effet, ils possèdent une typographie très-bien montée, des écoles à Venise, à Paris, à Constantinople, à Trébisonde, en Crimée, en Transylvanie, etc. Il y a aussi à Vienne des Mékhitaristes, qui ont un couvent avec une imprimerie arménienne et étrangère ; cette société s’est séparée de celle de Venise, en 1773. Il en existe à Paris depuis 1846. C— A.

MEKKE (La). V. Mecque (La).

MEKNASAH. V. Méquinez.

MEKRAN, anc. Gédrosie, prov. du Béloutchistan, au S., le long de la mer d)Oman, entre le Saravan, le Kandahar le Kouhistan au N., la Perse à l’O., le Lous et le Djalaouan à TE.; 770 kil. de l’E. à l’O., 385 du N. au S.; ch.-l. Kedjé. Sol fertile, sur la côte seulement, en riz, orge et coton ; ailleurs il est montagneux, ou offre de vastes déserts de sable.

MÊLA (Pomponius), géographe latin, né en Bétique, écrivait vers le milieu du 1er siècle. On a de lui : de Situ orbis , en 3 liv., résumé précieux pour la connaissance de la géographie ancienne ; il contient des extraits d’Ephore , d’Hérodote, et peut-être de Strabon ; mais il y a des lacunes, de grossières inexactitudes, et peu de critique. Mêla ne donne souvent que des dénominations anciennes, au heu de celles qui étaient usitées de son temps; il ne réduit pas les mesures à une même échelle. Les meilleures éditions sont celles de Jacques et Abraham Gronovius,Leyde, 1696 et 1782 ; deTzschucke, Leipz., 1807, 7 vol. in-8®. Il y a des traductions françaises parFradin, Paris, 1804 ; par M. Baudet, Paris, 1843, 1 vol. in-8°, dans la Bibliothèque latinc-frunçaise de Panckoucke, 2e série. D — e.

MELÆ, nom latin de Molise.

MÉLAMPE , fils d’Amythaon, roi de Pylos, fut, dit-on le premier devin qui trouva l’art de guérir par des remèdes secrets et des purifications. Il guérit avec de l’ellébore les filles de Prœtus , roi d’Argos, que Junon avait rendues folles , épousa l ainée , et monta plus tard sur le trône d’Argos. Ce fut lui qui introduisit le culte de Bacchus en Grèce. Il avait un temple dans le N. de la Mégaride, où Ton célébrait une fête annuelle en son honneur.

MËLANCHTHON (Philippe), réformateur fameux, né à Bretten (Bas-Palatinat) en 1497, m. en 1560, étudiait, en 1508, chez George Simler, maître d’école dans la Hesse, lorsque Reuchlin, son oncle, étant en visite chez ce dernier, trouva dans cct enfant une intelligence extraordinaire, jointe à la connaissance précoce de tous les principes de la langue grecque, lui fit présent d’un lexique et d une grammaire en cette langue, et changea son véritable nom de Schwartzerde (Terre noire) pour celui de Mélanchthon, qui en est la traduction grecque. A 14 ans, Mélanchthon avait tellement avancé ses études, que le comte de Leonstein le prit pour instituteur de ses fils. N’ayant pu obtenir, à cause de sa jeunesse, le grade de maître en philosophie à Heidelberg, il alla àTubingue en 1512, où il resta six ans, pendant lesquels il trouva assez de loisir pour diriger une imprimerie et pour servir Reuchlin dans ses querelles avec les moines. Nommé, en 1518, à la chaire de grec à l’Académie de Wittemberg, il y eut un succès prodigieux. L’un des plus grands services qu’il rendit aux sciences fut de les réduire en système. L’Allemagne lui est redevable de la conservation de l’étude des langues grecque et latine. Bientôt il se lia intimement avec Luthei, et ils allèrent ensemble à Leipzig, en 1519, pour disputer avec Eck. Les années suivantes , Mélanchthon fit de nombreux voyages pour des fondations de collèges ei pour ia visite des églises; il composa en même temps un grand nombre d’ouvrages. En 1530, il fut chargé de dresser l'acte de la Confession d'Augsbourg ; mais la modération avec laquelle il en rédigea les articles excita contre lai l’animosité des luthériens violents, et leur ressentiment le poursuivit jusqu’à sa mort. Toute l’Europe était convaincue qu’il n’était pas aussi éloigné que Luther des voies d’accommodement, et François 1er et Henri VIII cherchèrent à l’attirer chez eux, pour y apaiser les dissensions religieusss. Mélanchthon ne put répondre à leur appel. En 1541, il assista aux conférences de Ratisbonne , où Ton agita vivement les controverses des catholiques et des protestants; il aida ensuite, en 1543, l’archevêque de Pologne à introduire la réformation dans son diocèse; enfin il assista à sept conférences sur l’affaire de T Intérim, en 1548, et composa tous les écrits qui y furent présentés et la censure de cet Intérim. Sa dernière conférence avec les catholiques fut

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celle de Worms, en 1557. Il mourut trois ans après, regardant la mort comme un bonheur, par cela seul qu’elle le délivrait des querelles théologiques. Mélanchthon était d’humeur douce et complaisante ; il avait une candeur et une franchise sans égales. Il aimait la paix et l’union, et n’ayant pu concilier entre elles les deux communions principales, il travailla du moins toute sa vie à terminer les différends qui divisaient les protestants entre eux; d'où on lui reproche d’avoir cru médiocrement et d’avoir été versatile. Il était seulement modeste, se défiait un peu de lui-même, et pensait que ses lumières pouvaient croître d’un jour à l’autre et faire des progrès. Il vivait d’ailleurs parmi des gens passionnés , trop préoccupés en faveur de leur parti, et toujours orompts à mêler les moyens humains aux affaires de conscience et de foi. Voilà ce qui l’empêcha d’être décisif. Quoi qu’il en soit, il ne reste pas un doute sur les services considérables qu’il rendit aux lettres; à ce titre seul, il a droit à la reconnaissance de la postérité. Ses OEuvres ont été publiées à Wittemberg, 1561-64, 4 vol. in-fol. ; 1680-83, 4 vol. in-fol. Parmi les écrits que renferment ces éditions, on remarque : Loci communes tlieologici , Wittemberg, 1521, in-8°, traduits la même année en italien (Venise) sous le nom à'Ippofilo da Terra Nigra ; c’est le premier ouvrage de Mélanchthon ; on y voit plus de déférence pour les opinions de Luther qu’il n’en montra dans la suite; Moralis philosophiez Epüome, 1540, système abrégé de morale, fondé en grande partie sur celle d’Aristote, mais avec les modifications que les principes du christianisme et le propre jugement de l’auteur le portèrent à y introduire; Declamationes, Strasbourg etWittemberg, 1559-86, 7 vol . in-8°; Vita M. Lutheri breviter exposila , Erfurt, 1548, in-8°, et Gœttingue , 1541, in-4u; Grammalica lalina , Nuremberg, 1547, livre qui fut longtemps classique; une Grammaire grecque, une Rhétorique ; des Notes sur quelques auteurs grecs et latins, etc. V. la Vie de Mélanchthon, en latin, par Camérarius, Halle, 1777, in-8°; en allemand, par Tischer, Leipz., 1801, in-8°; D. Nisnrd, Etudes sur la Renaissance, 1855, in-12. C. N.

MELANE (Golfe), Melanes sinus, auj. golfe de Mégarisse, sur les côtes de Thrace, au S. -O. de la Chersonèse.

MELANËSJE, c.-à-d. Iles des Noirs, nom d’une division de l’Océanie, au S.-O. , comprenant l’Australie, la Tasmanie, la Papouasie, les Nouvelles-Hébrides, etc.

MELANlE ( Sainte), dame romaine, parente de S1 Paulin de Noie, nce vers 343, m. en 410, devint veuve à 23 ans, parcourut les déserts de la Thébaide, et se uetira dans un couvent qu’elle fit bâtir à Jérusalem.

mÉlanie (Sainte), petite-fille de la précédente, ayant résolu, avec son mari Pinien, fils de Sévère, préfet de Rome, d’embrasser la vie contemplative, se retira à Hippone près de S1 Augustin, puis à Jérusalem, où elle mourut en 439. Fête, le 31 décembre.

MELANOGÉTULES , c.-à-d. Gétules noirs , peuple de l’Afrique ancienne, au S. de la Mauritanie et de la Numidie, paraît avoir habité le Sedjelmesse actuel.

MÊLANOSYRIENS , c.-à-d. Syriens noirs , nom donné aux habitants de l’anc. Syrie.

MELANTHE, illustre peintre grec, de Sicyone, contemporain, condisciple, et rival d’Apelles. Son chef-d’œuvre était Aristrate, tyran de Sicyone, sur un char de victoire.

MELANT01S (le) , Medeletensis ou Menenatensis pagus , petit pays de l’anc. France (Flandre), où était Seclin(Nord) .

MELAR (Lac). V. Mælarn.

MELAS, c.-à-d. Noir, riv. de l’anc. Thrace, affluent du golfe Mélane; auj. Suldulh ou Gén. — riv. de l’anc. Cappadoce, issue du Taurus, et affluent de l’Euphrate près de Mélitène ; auj. Kara-sou. — riv. de Pamphylie, affluent de la Méditerranée près de Sida; auj. Menovgat.

méi.as (baron de), feld-maréchal autrichien, né en Moravie en 1730, était, pendant la guerre de Sept- Ans, aide de camp du feld-maréchal Daun , et commanda , dans les guerres de la Révolution française, sir le Rhin, 1795, et en Italie, 1796. En 1799, il opéra en commun avec Souivarow, et remporta des victoires à Cassano, sur la Trebbia, à Novi, et à Genola. En 1800, il perdit la bataille de Marengo contre le général Bonaparte, et dut se retirer derrière le Mincio. Il commanda plus tard en Bohême, devint, en 1806, président du conseil aulique de guerre, eut à prononcer sur la capitulation de Mack à Ulm, et mourut en 1807 à Prague.

MELASSO, ane. Mylassa, v. de la Turquie d’Asie (eyalct d’Aïdin), à 140 kil. S -E. deSinyrne, 15 E. du golfe d’Assan-Kalessi. Tabac, coton, cire, miel. Ruines romaines.

MELA Y. V. Meslay.

MELAZZO , anc. Myles, v. forte de Sicile, sur la côte N-E,, port sur la mer Tyrrhénienne, dans une baie de

son nom, à 35 kil. O. de Messine; 9,200 hab. Pêche de thons. Export, de vin, huile, savon, grains.

MELBOURNE (William Lamb , vicomte), homme d’Etat anglais, né en 1779, m. en 1848, reçut de Canning la place de secrétaire d’Etat pour l’Irlande, remplaça son père à la Chambre des lords en 1828, fut ministre de 1 intérieur en 1830, chef du cabinet en 1834 et de 1835 à 1841. C’était un whig modéré, un homme d’insouciance el de plaisir, qui contribua à la réforme parlementaire comme membre du cabinet de lord Grey, mais qui, placé à la tête des affaires, rompit l’alliance française à l’occasion de la question d'Orient en 1840, entreprit des guerres désastreuses à 10. de I’Indus et une guerre injuste contre la Chine. Sa sœur épousa lord Palmerston.

MELBOURNE, v. de l’Australie méridionale, capitale de la colonie anglaise de Victoria, sur les deux rives de la Yarra, à 14 kil., environ, de son embouch. dans l’immense baie dite Port-Philipp, éclairée par 2 phares, et servant de port à la ville. Melbourne, fondée en 1837, a auj. l’aspect d’une ville d’Angleterre; sa population, accrue d’une manière prodigieuse par les émigrants d’Europe, était de 10,956 hab. en 1846, de 21,000 en 1852, de 80,000 en 1853; elle dépasse 150,000 en 1865. La ville se divise en vieille ville et ville neuve ou Collingwood, cette dernière, trois fois plus grande que la première; elle a, de plus, quatre faubourgs : Collingwood- Est , Richmond, Praham, Williamstown , et de beaux squares. Parmi les édifices, on remarque l’université, l’hôpital, la bourse, le palais du gouvernement, le musée de William-street , la bibliothèque publique. Evêché anglican; nombreuses églises et écoles ; 3 banques, théâtre, bazar, clubs. Exportation d’or considérable, de laines, de suif. Chemins (le fer sur Saint-Kilda, Geelong, et les gîtes aurifères. Services de bateaux à vapeur pour les colonies voisines, et l’Angleterre. B.

MELCHIADE ou MILTIADE (Saint), pape de 31i à 314 , était d’origine africaine. Il combattit l’hérésie des Donatistes. Fête, le 10 décembre.

MELCHISEDECH , roi de Salem , et prêtre du Très- Haut, vint au-devant d’ Abraham, vainqueur de Chodorlahomor, roi des Elamites , 1912 av. J.-C. , le bénit, et offrit du pain et du vin en sacrifice au Seigneur. Abraham lui donna la dîme du butin qu’il rapportait. Melchisédech est regardé comme l’image de Jésus-Christ, que l’Ecriture appelle le prêtre éternel , selon l’ordre de Melchisédech , par opposition à l’ordre d’Aaron.

MELCHISTES ou MELCHITES, c.-à-d. impérialistes , ainsi nommés parce qu’ils ont adopté les canons du concile de Chalcédoine que l’empereur Marcien convoqua en 451 ; schismatiques d’Orient, ils appartiennent à l’Eglise grecque proprement dite , mais sont gouvernés par un patriarche résidant à Damas.

MELCHTAL , vallée de la Suisse ( Unterwald , au S. ) , arrosée par le Melch , affl. de l’Aa ; 9 kil. sur 4.

melchthal (Arnold de) , un des trois libérateurs de la Suisse, né dans le canton d’Ünterwald, voulut venger son père, à qui le gouverneur autrichien avait fait crever les yeux. Il s’associa ses amis Furst et Stauffacher, ainsi que trente jeunes gens déterminés, et fit avec eux, dans la plaine de Grutli, 1307, le fameux serment d’union auquel la Suisse dut bientôt son indépendance , et dont l’aventure de Guillaume Tell ne fit que hâter les effets.

ME-LCOMBE- REGIS, brg et paroisse d’Angleterre (Dorset) , à 13 kil. S.-O. de Dorchester, sur la rive g. et à l’emboueh. de la Wey dans la Tamise, vis-à-vis Weymouth , à laquelle elle est unie par un pont; 5,200 hab.

MELCONIAN (Etienne), né à Constantinople en 1717, m. en 1799, gouverna le couvent de St-Lazare après l’abbé Mékhitar. Sous son administration, 1773, quelques religieux de l’ordre allèrent fonder à Trieste , puis à Vienne, une communauté distincte, qui porte également le nom de Mékhitaristes. C — a.

MELDES , Meldi , peuple de la Gaule Belgique ( Lyonnaise IVe ) , entre les Parisiens à l’O., les Auréliens au S. , et les Senons à l’E. ; ch.-l. , Janitum ou Meldi ( auj. Meaux).

MÊLÉAGRE, fils d’Œnée, roi de Calydon et d’Althée, prit part à l’expédition des Argonautes, et tua ensuite le sanglier de Calydon. Dans une dispute qui s’éleva pour savoir qui posséderait la hure de ce sanglier, il tua les deux frères de sa mère. Althée au désespoir jeta dans le feu un tison , à l’existence duquel les Parques avaient attaché la vie de Méléagre, et qu’elle avait gardé soigneusement depuis sa naissance ; Méléagre mourut presque aussitôt.

méléagre, un des généraux d’Alexandre le Grand. Les cavaliers ayant décidé que le fils qui naîtrait de Roxane

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serait placé sur le trône, il fut député avec Attale vers les fantassins pour leur signifier cette décision , et se mit à la tête de ces derniers. Il obtint une part dans la régence, avec le gouvernement de la Lydie. Mais l’ambitieux Perdiccas le fit périr bientôt après , 323 av. J.-C.

méléagre, frère de Ptolémée Céraunus, monta sur le trône de Macédoine en 280 av. J.-C., et ne régna que deux ans.

méléagre , poëte grec , né à Atthis , sur le territoire de Gadara en Syrie , forma le premier une Anthologie. On croit qu’il vivait environ un siècle av. J.-C. Son livre contenait des pièces fugitives tirées de 46 auteurs , et était intitulé Guirlande. Il n’en reste que des fragments recueillis dans les Analecta de Brunck et dans l’ Anthologie de Jacobs, ainsi que de petites pièces de vers , épigrammes , idylles , élégies , etc. , dont quelques-unes sont pleines d’esprit et de chaleur. Il y en a des éditions séparées, par J.-C. Manso, Iéna, 1789, in 8«; par A.-C. Meineke, Leipz., 1789, in-8»; par Graefe, ibid., 1811, in-8°.

MÊLÉ CE ( Saint), Meletius , né dans la Mélitène , fut élu évêque de Sébaste en 357 , et patriarche d’Antioche en 361 . Persécuté par les Ariens et par les Eustathiens, il fut exilé sous Constance , rappelé par Julien l’Apostat , et exilé de nouveau ; il ne revint sous Jovien , 363 , que pour être encore chassé par Valens, 364; enfin, sous Gratien, 378 , il fut replacé sur son siège. Il présida, en 379, à Antioche, un concile où les erreurs d’Apollinaire furent condamnées ; deux ans après , il assista au concile de Constantinople , pendant la durée duquel il mourut. S1 Grégoire de Nysse prononça son oraison funèbre, et S1 Jean Chrysostome fit son panégyrique. Il ne reste des ouvrages de S1 Mélèce qu’un discours rapporté par S1 Epiphane. Fête, le 12 février.

mélèce, Melicius , hérésiarque du IVe siècle, évêque de Lycopolis , montra de la faiblesse pendant la dernière persécution, et fut condamné par le concile d’Alexandrie. Malgré la douceur dont usa à son égard le concile de Nicée en 325 , il continua de troubler l’Eglise , s’unit avec les Ariens ligués contre S1 Athanase nouvellement élevé au siège d’Alexandrie , et mourut en 326. M.

mélèce syrique , théologien de l’église grecque, né à Candie en 1586, m. à Galata en 1664 , fut d’abord abbé d’un monastère dans sa patrie. En 1630 , il fut appelé à Constantinople par le patriarche Cyrille Lucar, qui le nomma proto-syncelle de son église. Il assista aux synodes de 1638 et 1642, où les doctrines du patriarche furent condamnées ; chargé même de les réfuter, il rédigea un écrit célèbre, que Richard Simon publia en grec et en latin, Paris , 1687 , et dont un extrait en français est inséré dans le livre de la Perpétuité de la foi d’Arnauld.

MELEDA , anc. Melita, île des Etats autrichiens (Dalmatie) , dans l’Adriatique; par 43» 5’ lat. N. et 15° 38’ long. E. , séparée de la presqu’île de Sabioncello par le canal de Curzola; 48 kil. sur 6 ; 1,000 hab. Peu fertile.

MÉLÉDIN. V. Mélik-el-Kamel.

MELEGNANO. V. Marignan.

MÉLEK. V. Mélik.

MELENDA , anc. v. de l’Inde en deçà du Gange, sur la côte O.; auj. Cochin.

MELENDEZ YALDEZ (Juan) , poëte espagnol , né en 1754 à Fresno (prov. de Badajoz), m. à Montpellier en 1817, professa les belles-lettres à Salamanque, fut nommé juge au tribunal de Saragosse, 1789, et procureur du roi à Madrid, 1797. Lors de l’invasion française, il embrassa la cause de Joseph Bonaparte, qui le nomma directeur de l’instruction publique. 11 dut émigrer en France après les Tevers de Napoléon Ier. Le recueil de ses Œuvres, publié à Madrid, 1821, 3 vol. in-18, contient des élégies pleines d’une sensibilité douce et rêveuse, des romances et des chansons populaires, des épîtres, des odes anacréontiques, des idylles qui se distinguent par la délicatesse morale, le Riche Gamache , comédie tirée de Cervantes, etc.

MÊLÉS, riv. de l’anc. Asie-Mineure (Lydie et Ionie), naissait près du mont Sipyle, et se jetait dans le golfe de Smyrne. Homère, qu’on faisait naître sur ses bords, en reçut le surnom de Mélésigène.

MELEZGERD, Maurocastrum , v. de la Turquie d’Asie située dans l’eyalet et à 135 kil. S.-E. d’Erzeroum, sur l’Euphrate et le Melezgerd.

MELFI, ville du roy. d’Italie, dans la prov. et à 41 kil. N.-N.-O. de Potenza; 10,000 hab. Evêché; il y avait une belle cathédrale, qui a été détruite en 1851 par un tremblement de terre.

MELFITUM , nom latin de Moleetta.

MELGAR, brg d’Espagne (Vieille-Castille), prov. et à 44 kil. O. de Burgos près de la rive g. de la Pisuerga; 2,400 hab. Tanneries.

melgar (le comte de). V. cabrera.

MELGIG , grand marais d’Algérie, dans le Zab ; 44 kil. sur 32. Il reçoit le Djiddi.

MELGORIUM, nom latin de Mauguio.

MELI (Jean), poëte sicilien , né à Palerme en 1740, m. en 1815, était médecin , et enseigna longtemps la chimie dans sa ville natale. Ses œuvres anacréontiques, en dialecte sicilien, sont très-populaires. Pour la poésie bucolique, on le place à côté de Théocrite. Il y a la même grâce et le même naturel dans ses fables, ses épitres et ses satires; la Fée galante , en 8 chants, et Don Quichotte , en 12 chants, sont de charmants poëmes. Tous les écrits de Meli forment 7 vol. in-8°, Palerme, 1814. B.

MELIAPOUR. V. Thomé (San-).

MELIBOCLS mons , nom latin du Brocken.

MÉLICERTE. V. Athamas et Isthmiques (Jeux).

MELICIUM , nom latin de Melk.

MÉLIK-CHAH 1er, 3e sultan seldjoucide de la Perse, 1072-1093 , succéda à son père Alp-Arslan , sans autre opposition que celle de son oncle Cadherd, qu’il crut nécessaire de sacrifier à sa sûreté. Il éleva au khalifatde Bagdad Moktady-Biamrillah, 1075, établit un observatoire à Bagdad, et opéra dans le calendrier persan la réforme appelée l’ère Djélaléenne, nom dérivé du titre de Djélal-Eddyn ( gloire de la religion), qu’il avait reçu du khalife Kaim-Biamrillah. Il étendit aussi ses conquêtes sur toute l’Asie méridionale, de la Méditerranée à la Chine, et remplaça toutes les dynasties par des princes seldjoucides. Il avait dû une grande partie de ses succès à son grand-vizir Nozam-el- Molouk ; mais il prêta l’oreille à des calomniateurs, et le fidèle ministre mourut assassiné, 1092. Mélik-Chah fut un monarque noble, généreux, ami des lettres, et mérita le titre de grand-sultan , que lui donnaient les empereurs d’Orient , ses tributaires.

Mélik-Chah il , petit-fils du précédent , succéda à son oncle Mas’oud, en 1152, et fut renversé, après 4 mois de règne, par les émirs, qui nommèrent Mohammed IL A la mort de celui-ci , il recouvra un peu d’autorité, se rendit maître d’Ispahan, et y mourut empoisonné en 1160.

mÉlik-arslan , sultan seldjoucide, fils de Togrul II, triompha à Kazbin de son cousin Mohammed , fils de Seldjouk-chah, et régna avec gloire sur la Perse occidentale de 1160 à 1175.

mélik-el-afdhal , fils aîné du grand Saladin , parut d’abord l’héritier de son courage dans une expédition où il tailla en pièces 500 Templiers et Hospitaliers près de Tibériade, 1187 ; mais, ayant hérité des royaumes de Damas et de Jérusalem, 1193, il s’en laissa dépouiller par ses frères Mélik-el- Aziz-Othman et Mélik-el-Dhaher- Ghazy, qui régnaient, l’un sur l’Egypte, l’autre sur Alep, puis par son oncle Mélik-el-Adel , et mourut dans l’obscurité, 1225.

mélik-el-adel ( Abou-Bekr-Mohammed), surnommé Saïf-eddyn ( épée de la religion ), et connu sous les noms de Malek- Adel et de Saphadin, sultan d’Egypte et de Damas, de la dynastie des Ayoubites, frère puîné du grand Saladin, succéda à Malek-Mançour en 1200. Il aida Saladin à établir sa puissance, devint, par cession de Mélik-el-Aziz , son neveu , maître de Damas et de Jérusalem , assiégea dans le Caire son autre neveu Mélik-el-Afdhal , et le força de lui abandonner l’Egypte. Pendant la 3e croisade, il prit sur les chrétiens les villes de Jaffa et de Nisibe. Lors de la trêve conclue entre Saladin et Richard Cœur-de-Lion , il fut proposé que Mélik-el-Adel épouserait Jeanne, sœur du roi d’Angleterre : Saladin devait donner à son frère le royaume de Jérusalem, et à la future reine Sl-Jean-d’Acre pour dot. Mais les évêques chrétiens ne voulurent consentir à ce mariage qu’autant que Mélik-el-Adel renoncerait à sa religion ; les musulmans refusèrent. Mélik-el- Adel fit contre les croisés plusieurs expéditions , qui ne furent pas toujours heureuses. En 1217, une armée chrétienne, sous les ordres de Jean de Brienne, attaqua ses Etats, et lui enleva Damiette. Mélik-el-Adel , à qui Saladin n’avait laissé que les villes de Crac et de Choubek, mourut en 1218, à l’âge de 75 ans, en possession de l’Egypte et d’une grande partie de la Syi'ie et de la Mésopotamie, après un règne de 18 ans. On lui reproche son injustice envers les enfants de Saladin. D.

MÉLIK-EL-KAMEL-NASSER-EDDYN , fils aîné de Mélikel-Adel, lui succéda en Egypte en 1218. Il est connu aussi sous le nom de Mélédin. Attaqué par les chrétiens en Egypte, il se soutint avec le secours de ses frères Aschraf et Moadham , qui régnaient l’un en Syrie, l’autre en Palestine, affama les croisés dans Damiette, et les chassa de l’Egypte, 1221. Ses frères s’étant brouillés, il se déclara pour Aschraf, et appela l’empereur Frédéric II contre

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Moadham ; bientôt, se repentant d'avoir attiré en Palestine un si puissant allié, il en acheta la paix par la cession de quelques villes, entre autres, de Jérusalem, 1229. Son neveu Nasser s’étant révolté, il le chassa de Damas ; à la mort d’Aschraf, 1238, il s’empara, de ses Etats, au préjudice de son autre frère Mélik-el-Salèh-Ismaël. Il mourut peu de temps après. Protecteur éclairé des arts, il fit bâtir un collège au Caire, s’entoura de savants, et traita les juifs et les chrétiens avec douceur et équité. Il laissa deux fils : Mélik-el-Salèh-Nedjm-Eddyn , qui régna en Mésopotamie; et Mélik-el-Adel II, sultan d’Egypte, qui se fit déposer pour ses débauches et son incapacité, et remplacer par son frère, en 1240.

MELIK-EL-MOADHAM-CHERIF-EDDTN , fils de Mélik-el- Adel, nommé Coradin dans les relations des Croisades, s’empara de Damas à la mort de son père, 1218, secourut son frère Mélik-el-Kamel contre les chrétiens, se brouilla avec lui et avec Aschraf ( V. l'art, précédent ), et mourut en 1227, laissant le trône à son fils Mélik-el-Nasser, qui fut dépouillé par ses oncles, et qui mena une vie errante en Arabie jusqu’à sa mort, en 1258.

MELIK— EL— MOADHAM— GAI ATH—EDDYN— TOUR AN— CHAH , sultan d’Egypte, de la dynastie des Ayoubites, fils de Mélik-Nedjm-Eddyn , monta sur le trône en 1249, se fit reconnaître, à la mort de son père, sultan de Damas, et vint aussitôt s’opposer aux progrès de Louis IX, maître de Damiette et vainqueur de son grand-vizir. Interceptant les communications des croisés, il les réduisit à la désastreuse retraite de Mansourah. 11 périt assassiné par Bibars et les Mamelouks , révoltés de ses cruautés et de ses débauches, 1250. En lui s’éteignit la dynastie des Ayoubites, qui fut remplacée par celle des Mamelouks Baharites.

MELILLA , v. forte de l’Afrique, enclavée dans le Maroc, petit port sur la côte de la Méditerranée, à 225 kil. N.-E. de Fez, 50 E. de Ceuta, et 255 kil. O. d’Oran ; par 35° 18’ 15” lat. N., et 5° 16’ 25” long. O.; 1,900 hab. Miel renommé, d'où l’on dit que lui vient son nom. Elle appartient, depuis 1496, aux Espagnols, qui en ont fait un lieu de déportation. — C’est l’anc. Bassadir Colonia, ou Bussadir \jppidum , ou Bussadiron , dans la Mauritanie Tingitane.

MEL INDE , v. d’Afrique (Côte de Zanguebar), port sur la rive gauche et à l’embouchure de l’Adi dans l’océan Indien. Ancienne capitale du royaume de son nom, et atijourd hui en ruines. Elle appartint aux Portugais pendant les XVIe et xvne siècles, et compta jusqu’à 200,000 hab. — Le royaume de Mélinde comprend la partie de la côte comprise entre ceux de Juba au N. et de Zanzibar au S. Terrain fertile. Commerce avec la Perse, l’Arabie et l’Inde.

MEL1PILLA, départem. du Chili (prov. de Santiago) , entre ceux de Santiago au N., de Rancagua au S., les Andes à 1 E., et le Grand-Océan à l’O. ; 110 kil. sur 65; 30,000 hab. Ch.-l., San-Josê de Logrono.

MEL1SEY, ch.-l. de cant. (Haute-Saône), arr. et à 11 kil. N. de Lure, sur l’Ognon; 936 hab. Fabr. de toiles de coton et de mousselines ; teintureries, tanneries. Exploit, de granit. Fromages.

MËL1SSUS, philosophe éléatique, né à Samos, florissait vers 450 av. J.-C. 11 fut disciple de Parménide, et même, dit-on, d’Héraclite. Commandant de la flotte des Samiens, il remporta quelques avantages sur Périclès, mais ne put empêcher l’asservissement de sa patrie, 440. Il avait composé un traité de Ente et Natura, dont il reste un fragment dans la Préparation évangélique d’Eusèbe , et un autre de Animalibus , dont Planciade Fulgen-ee a extrait ce qu’il ra pporte du cygne dans son Mgthologicum vocum antiquarum. Mélissus enseignait que l’univers est un être unique, continu, indivisible, que les formes des êtres sont de pures apparences, et que le mouvement n’existe pas.

MELITA, nom anc. de Meleda et de Malte.

melita ou MÉLITÈNE, auj. Malatia, v. de l'anc. Cappadoce, fondée par Trajan; ch.-l. de la Mélitène, puis de la Petite-Arménie, sur l’Euphrate , près de son confluent avec le Mêlas. Célèbre par une victoire de Chosroès sur les Grecs, en 576.

MÉLI PÊNE, auj. Meledni, partie de l’anc. Cappadoce, sur la rive dr. de l’Euphrate, fut ensuite préfecture de la Petite-Arménie. Au temps de Marc-Aurèle, une légion, toute composée de chrétiens, et qui campait d’ordinaire dans la Mélitène, obtint en Germanie, par ses prières, une pluie abondante, qui sauva l’armée près de périr de soif, en 174 ; ce miracle, qui s’accomplit au moyen d’un violent orage, valut à la légion le surnom de Fulminante.

MÉLIl'ON (S1), évêque de Sardes, adressa, vers l’an 175, à l’empereur Mare-Auréle une Apologie de la religion chrétienne, dont il reste quelques fragments dans la Chro-

nique d’Eusèbe, 1. iv. Un long fragment, contenant tout le début, traduit en langue syriaque, de cette Apologie, a été découvert, en 1852, au British-Muséum par M. Renan. Méliton composa plusieurs autres ouvrages, auj. perdus, et dont parlent Eusèbe et S1 Jérôme. Dans un Truité de la j fête de Pâques , il fixait cette fête au 14e jour de la lune de mars. Fête, le lee avril.

i MÉLITOPOL, district du gouvernement de la Tau- . ride, en dehors de la presqu’île de Crimée, près de la mer j d'Azow, comprend dans sa circonscription, très - étendue, les villes de Alélitopol , d’Arrekof, les colonies allemandes des Malocheno et Mélonites-Nogaïski, et les villages Nogais , 58,000 hab. (recensement de 1854.)

MÉLITUS, de Pithée en Attique, poète et orateur assez obscur, fut un des accusateurs de Socrate. Les Athéniens, dit-on, le lapidèrent plus tard comme calomniateur ; Platon et Xénophon ne mentionnent pas ce fait.

MÉL1US (Spurius), chevalier romain, après avoir gagné le peuple par des distributions de blé, aspira, dit-on, à la royauté. Il refusa de comparaître devant le dictateur Q. Cincinnatus, et fut tué au milieu du Forum par le maître de la cavalerie, C. Servilius Ahala, l’an 315 de Rome, 438 av. J.-C.

MELE, Medelicium, Melicium, v. de la Basse-Autriche, dans le cercle et à 23 kil. O. de St-Polten, au contt. de la Melle et du Danube ; 1 ,200 hab. Riche abbaye de Bénédictins, avec collège, bibliothèque, collections de tableaux, de médailles et d’histoire naturelle.

MELKART, c.-à-d. en phénicien le roi fort, nom de l’Hercule Tyrien, dieu des richesses, de l’industrie et de la navigation. Il était adoré, non-seulement à Tyr, mais dans toutes les colonies Phéniciennes, à Gadès, à Malte, à Carthage. On le considérait aussi comme l’image du soleil, et, pour cette raison, une flamme éternelle était entretenue dans son temple; chaque année, des flammes d’un bûcher allumé en sa faveur, les prêtres faisaient échapper un aigle, symbole de l’année qui renaît de ses cendres. Les Tyriens regardaient Melkart comme le dieu tutélaire de leur ville. Quinte-Curee raconte qu’ils chargèrent de chaînes sa statue, pour empêcher leur dieu d’abandonner la ville assiégée par Alexandre le Grand. Les Carthaginois envoyaient au temple de Melkart la dîme des revenus publics. Les ruines d’un temp e de ce dieu existent encore à Malte.

MELKSHAM, brg d’Angleterre (Wilts), à 41 kil. N. -O. de Salisbury, sur l’Avon ; 5,900 hab. Fabr. de draps. Eaux minérales aux environs.

MELLA, rivière du roy. d’Italie (prov. de Brescia), affluen g. de l'Oglio: cours de 80 kil. Elle donna son nom à un départem. du royaume français d’Italie; ch.-l. Brescia.

MELLAN (Claude ), dessinateur et graveur, né à Abbeville en 1598, m. à Paris en 1688, imagina une manière de graver avec une seule taille. Ses œuvres les plus estimées sont : St Pierre Nolasque porté par des anges, St François, et St Bruno retiré dans un désert. Il a laissé aussi les portraits de Gassendi, d'Urbain VIII, du cardinal Bentivoglio, du maréchal de Créqui, et des estampes d’après Vouet, Stella, le Tintoret, le Poussin, etc.

MELLE, Mella , Mellusum , Melallum, s.-préf. (Deux- Sèvres), à 30 kil. E.-S.-E. de Niort, sur une colline escarpée, au pied de laquelle coule la Béronne; 2,372 hab. Eglise calviniste. Trib. de 1er instance, collège. Elle possédait autrefois une mine de plomb et d’argent, exploitée peut-être dès le temps des Romains, et dont l’argent était converti en monnaie; l’atelier monétaire fut ensuite transporté à Niort. Elève de très-beaux mulets. Commerce de grains, graines, cire jaune, laine, bestiaux. Tour remarquable, dite Mellezéard. Fabr. de serges et grosses étoffes de laine, papeteries, tanneries. On a dit que la fée Me’Iusine avait pris son nom de Melle. Aux environs, source minérale de Fontadun.

MELLERAY. V. Meilleraie.

MELL1N DE SAINT-GELAIS. V. Saint-Gelaîs.

MELLO, brg de Portugal (Beira), à 26 kil. N.-O. de Guarda ; 800 hab. Il donna son nom à une branche de la maison de Bragance.

mello (Pereira de). V. cadaval.

mello-freire-dos-reis (José de), célèbre jurisconsulte portugais, né en 1738 à Anciâo, m. en 1798 , fut professeur de droit portugais à Coimbre en 1772, devint membre du conseil du roi et de la cour souveraine de justice, et fut chargé, en 1783, par la reine Marie, de la rédaction d'un nouveau Code. On a de lui : Code de droit public, inédit ; Code de droit pénal, publié seulement en 1823 ; Institutions de droit public, privé et criminel du Portugal, et Histoire du droit civil du Portugal, ouvrages écrits en latinT et réunis à Coimbre en 1815.

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MELLOBAÜDES, le 1" chef franlc dont parle l’histoire, servit dans les troupes romaines sous les empereurs Constance, Julien, Jovien et Valentinien Ier, devint commandant des gardes, et remporta, au nom de Gratieu, une grande victoire sur les Alémans, en 378.

MELLON (Saint). V. Nicaise (Saint).

MELLONI (Maeedonio), physicien, né à Parme en 1801, m. à Naples en 1854, commença par enseigner la physique à l’université de sa ville natale, où il avait fait ses’ études. Il se lia avec Nobili, professeur à Reggio, dont il reçut l'appareil si délicat qu’il a perfectionné, la pile thermo-électrique. Engagé dans les mouvements qui suivirent la révolution de 1830, Melloni fut obligé de se réfugier en France, emportant son appareil thermoscopique; Àrago lui fit obtenir la place de professeur de physique au collège de Dole. Melloni abandonna cette ville pour aller à Genève, où il trouvait mieux les ressources dont il avait besoin pour poursuivre ses recherches. Les résultats de ses études furent communiqués à l’Institut de France, qui en proclama l’importance et la rigoureuse précision, et, en 1835, le nomma un de ses correspondants. Melloni s’est surtout attaché à comparer la chaleur rayonnante avec la lumière, et il a établi l'identité des lois qui régissent ces deux ordres de phénomènes : ainsi , la chaleur rayonnante se réfléchit, se réfracte, s’absorbe, s’émet, se disperse, se polarise comme la lumière elle-même. La chaleur rayonnante est , comme la lumière , composée de rayons inégalement réfrangibles : aux corps transparents correspondent les corps diathermes ; aux corps opaques, les corps athcrmes ; à la couleur répond la thermochrose ; de même que les corps transparents peuvent être thermochrotques , etc. Toutes ces questions, dont quelques-unes avaient déjà été abordées par divers observateurs, ont été embrassées par Melloni dans un système complet d’expériences. Toute son œuvre se résume dans cette idée vraiment capitale : “ La chaleur rayonnante jouit des mêmes propriétés que la lumière. » Les travaux de Melloni ont été publiés dans les Annales de physique et de chimie. On trouve, en dehors de cette publication : Mémoire sur l'identité des diverses radiations lumineuses, calorifiques et chimiques, vibrées par le soleil et les sources terrestres , in- 8°, 1842 ; la Thcrmorhrose , lre partie, in -8°, avec planches, Naples, 1850 ; la 2e partie n’a jamais été publiée. V.

MELLUSUM , nom latin de Melle.

MELMOTH (William), écrivain anglais, né en 1710, m. en 1799. Ses traductions des Lettres de Pline, 1747, et de celles de Cicéron, 1753, sont estimées. Ses Lettres de Fit : Osborne, 1742, essais d’une élégance correcte et froide, rappellent la manière du Spectateur. A. G.

MELNIK , v. de Bohême, sur la rive dr. de l’EIhe, à 28 kil. d’Iung-Bunzlau ; 1,400 hab. Vins très-renommés.

MELODUNUM, v. de la Gaule (Lyonnaise 4'), chez les Sénons; auj. Melun.

MÉLO, citoyen puissant de Bari, proscrit de sa patrie par les Grecs, maîtres de l’Italie méridionale, prit à sa solde quelques pèlerins normands, qui étaient venus visiter la caverne miraculeuse du mont Gargano, 1017, défit trois fois les Grecs, et souleva la Fouille. Vaincu dans une nouvelle bataille, à Cannes, 1019, il vint implorer en Allemagne les secours de l’empereur Henri II , et mourut à Bamberg, au moment où il allait revenir avec une armée et le titre de duc de Pouille, 1020. G.

MELON (Jean-François), économiste financier, né à Tulle, m. à Paris en 1738, fut d’abord avocat à Bordeaux, mais s’occupa bientôt uniquement de littérature et d’économie politique, et fonda, en 1712, une Académie scientifique et littéraire. Appelé à Paris , 1715, et placé dans les bureaux du Conseil des finances, devint inspecteurgénéral des fermes de Bordeaux ; puis il s’attacha au ministère de Duhois, et fut successivement secrétaire du contrôleur-général Law, puis du Régent. Rentré dans la vie privée, il publia, en 1734, un Essai politique sur le commerce, 1 vol. in-12, ouvrage curieux, qui lui valut la faveur du public et les éloges de Voltaire. Melon appartenait à cette école qui, plaçant l'intérêt national avant tout, lui sacrifiait même les idées de morale. C’est ainsi qu’il traita la question, au point de vue utile pour l’Etat, de la substitution de l’esclavage à la domesticité. Il fut le zélé défenseur du système mercantile, dont le régime prohibitif, en croyant favoriser l’industrie nationale, arrêta si longtemps la liberté du commerce. 11 soutint la légitimité des modifications arbitraires dans la valeur monétaire, système si vivement combattu par Dutot | V. ce mot). Son livre renferme néanmoins quelques sages idées économiques, et Melon eut le mérite, par la lucidité de ses écrits, d’appeler l’attention publique sur ces graves questions. L’Essai

sur le commerce a été reproduit dans la Collection des Economistes financiers d’Eugène Dain, 1843. Bu.

MELORIA (LA), Mcenaria, île de la Méditerranée, sur la côte de Toscane, au S.- O. de Livourne. Le 3 mai 1241, Enzio et les Pisans y battirent la flotte génoise. Les Génois y battirent les Pisans, en 1284.

MÉLOS, île de la mer Egée, une des Cyclades. F. Milo.

MELPOMÈNE (du grec melpomai, je chante), Muse de la tragédie. Les anciens la représentaient sous la figure d’une femme jeune encore, portant un manteau bleu et une tunique de même couleur. On lui donnait pour attributs la massue, le sceptre, le poignard, la couronne, et le masque tragique.

MELROSE, vge d’Écosse (Roxburgh) , sur la Tweed, à 50 kil. S. d’Edimbourg, à 18 N. -N. -O. de Jedburgh, station du chemin de fer du Nord; 1,150 hab. Ruines d’une célèbre abbaye gothique, fondée en 1136 par David Ier pour des moines de Cîteaux, reconstruite fort richement entre les régnes de Robert Bruce et de Jacques IV, et pillée lors de la Réformation. Près de là est Abbotsford, résidence de Walter Scott, auj. au duc de Buocleuch.

MELSUNGEN, v. de Prusse (Hesse), à 22 kil. S.-S.-E. de Cassel, sur la Fulde; 4,000 hab. Ch -1. de cercle. Ane. château des landgraves, bâti en 1550. Ecole forestière. Fabr. de draps, lainages, toiles ; cordonnerie, tournerie. Comm. de bois. — Le cercle de Melsungen a 40,000 hect,, et 30,000 hab. Sol montueux, fertile en lin. Elève de chevaux et bestiaux.

MELTON-MOWBRAY , v. d’Angleterre, comté et à 22 kil. N.-E. de Leicester, 33 S.-E. de Nottingham, sur l’Eye; 3,800 hab. Tulle et bonneterie. Marchés à bétail. Belle église gothique.

MELUN, Melodunum, ch.-l. du département de Seine-et- Marne, à 45 kil. S. -O. de Paris, sur la Seine, qui la divise en trois parties, et le chemin de fer de Lyon ; par 48» 32' 32" lat. N., et 0° 19' 10" long. E. ; 7,858 hab. Trib. de lre instance et de commerce, collège, bibliothèque, école normale primaire. Ville hien percée et bien bâtie. On y remara ne : l’église gothique de Sl-Aspais, avec de beaux vitraux ; le clocher de Sl-Pierre, seul reste de l’abbaye de ce nom ; et la maison centrale de détention. Les alentours sont charmants. Patrie d’Amyot. Comm. de bois, fromages de Brie, charbon; fort marché aux grains et aux farines. Fabr. de calicots, chapeaux de soie et de feutre, étoffes de laine , toiles peintes. — Melun n’était d’abord qu’une forteresse gauloise , dont les Romains firent un poste militaire; Clovis s’en empara en 494. Cette ville fut ravagée plusieurs fois par les Normands au ix“ siècle, puis devint, au XIe, une résidence royale ; il y avait, à la pointe occidentale d’une île formée par la Seine, un château royal, dont les derniers vestiges n’ont disparu qu’à la fin du xvme siècle. Les rois Robert et Philippe Ier y moururent; Abélard y donna ses premières leçons vers 1138. Charles le Mauvais s’en empara en 1358; Duguesclin la reprit en 1359. En 1420, les Anglais s’en rendirent maîtres; ils en furent expulsés 10 ans après. Henri IV la prit aux Ligueurs en 1590. Louis XIV y chercha un asile pendant la Fronde, 1652. Elle avait le titre de vicomté, et fut érigée en duché-pairie, en 1709, en faveur de Louis- Hector de Villars.

melun (Maison de) , famille noble, dont l’origine remonte au xB siècle, et qui fut alliée à la race des Capétiens. Elle a formé les branches de Villefcrmoy, de La Borde, de La Loupe-Marcheville, de Château-Landon, de Tancarville, d’Epinoy, de Maupertuis, etc.

melun ( Guillaume de) , dit le Charpentier , parce que rien ne résistait aux coups de sa hache d’armes, était parent de Hugues de Vermandois, frère du roi Philippe Ier, et l’accompagna à la lre croisade.

melun (Adam, vicomte de), fut envoyé, en 1208, dans le Poitou par Philippe-Auguste contre Aimery VII , vicomte de Thouars, et contre Savary de Mauléon, alliés de Jean-sans-Terre , les battit, et fit Aimery prisonnier. Il eut part à la victoire de Bouvines, 1214, accompagna Louis, fils du roi, d’abord dans son expédition contre les Albigeois, puis en Angleterre, où l’appelaient les barons soulevés, et y mourut en 1220.

melun (Simon de), sire de La Loupe-Marcheville, allié par sa mère, comtesse de Sancerre, aux familles royales de France et d’Angleterre, accompagna saint Louis en Afrique, 1270, fut sénéchal de Périgord et de Limousin, grand-maître des arbalétriers, reçut de Philippe le Bel la dignité de maréchal de France, et fut tué à la bataille de Courtrai, 1302.

melun (Charles de) , baron des Landes et de Norman ville, grand-maitre de Frauce en 1465 et lieutenant-géné-

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rai du roi, était gouverneur de Paris et de la Bastille lors de la Ligue du bien public. Bien qu’il eût négocié, avec son frère Antoine de Melun , sire de Nantouillet , le traité de Conflans, il perdit, par une conduite équivoque pendant le soulèvement des seigneurs, la confiance de Louis XI, qui le fit décapiter aux Andelys, 1468. Sa mémoire fut réhabilitée sous le règne suivant , et ses biens, qui avaient été donnés au comte de Dammartin, furent rendus à ses enfants.

melun (Louis de), marquis de Maupertuis, né en 1634, m. en 1721, entra fort jeune dans les mousquetaires, se distingua au siège de Candie, 1669, dans la campagne de Hollande, 1672, et à la frontière du Rhin sous les ordres de Turenne, mérita par sa brillante valeur, à l’attaque de Valenciennes, qu’il emporta d’escalade, 1677, le grade de brigadier de cavalerie , que Louis XIV lui donna sur la brèche, soutint sa réputation à la bataille de Cassel, 1677, et au siège d’Ypres, devint maréchal de camp, lieutenantgénéral , et défendit le Havre contre les Anglais et les Hollandais, en 1694. B.

MELUSINE , fée célèbre dans les romans de chevalerie et les traditions du moyen âge, était fille d'un roi d’Albanie; elle épousa Raymondin de Forez, premier seigneur de Lusignan, et bâtit pour lui le château de Lusignan (Poitou). Elle fut successivement appelée mère des Lusignan, mère Lusigne, Merlusine, et enfin Mélusine. Elle apparaissait, disait-on, autour du château, tantôt sous la figure d’une belle femme, tantôt sous celle d’un serpent, et, par ses gémissements, ses cris lugubres ou ses sifflements, prédisait les malheurs qui menaçaient ses descendants ou le royaume de France. La construction des châteaux de Morvant, de Vouvant, de Parthenay, de Parc-Soubise, du Coudray, de Salbart, de Marmande, d’Issoudun, etc., était attribuée à Mélusine.

MELVIL (Sir James), seigneur écossais , ne à Halhill ( Fife) en 1534, m. en 1606, fut élevé à Paris, et attaché, en 1549, au connétable de Montmorency, rejeta les offres de Catherine de Médicis pour se rendre auprès de Marie Stuart en 1561, servit cette reine avec le plus rare dévouement, fut nommé par elle conseiller privé, mais dut s’enfuir pour échapper à la vengeance de Bothwell, au sujet duquel il n’avait pas craint d’adresser des remontrances à sa souveraine. II fut rappelé par les régents du royaume, et obtint la confiance de Jacques VI. On a de lui des Mémoires , trouvés en 1660 au château d’Edimbourg ; ils furent publiés par Georges Scott, 1683, in-fol., et trad. en français par l’abbé de Marsy, Paris, 1745.

MELVILLE (Henri Dündas, vicomte de ), homme d’Etat anglais , né vers 1741 , m. en 1811. Issu de la famille écossaise de Dundas , il devint en 1775 lord-avocat d’Ecosse , puis garde-adjoint du sceau. Député d’Edimbourg au Parlement, il soutint le ministère de lord North, étudia à fond les affaires des Indes, fut nommé en 1782 trésorier de la marine , et s’opposa au fameux bill de l’Inde. Secrétaire d’Etat de l’Intérieur en 1791 dans le ministère de Pitt , puis ministre de la guerre en 1794, il exerça aussi, comme lord du sceau privé et gouverneur de la banque d’Ecosse , la plus haute influence dans ce pays; il fut nommé pair et vicomte en 1802, et enfin premier lord de l’amirauté en 1804. En 1806 , accusé de malversation dans l’emploi des deniers publics , il fut , il est vrai , acquitté par la Chambre des Lords, mais obligé de résigner tous ses emplois. On a de lui plusieurs brochures politiques, remarquables par beaucoup de sens et de profondes connaissances.

melville, presqu’île des Terres Polaires, au N. de l’Amérique septentrionale, entre le canal de Fox à l’E., le détroit de Fury et llécla au N. le golfe de Boothia à l’O., l’isthme de llac au S., entre 65° 30’-69° 45' lat. N., et 83° 30'- 90° long. O. Cette île fut découverte en 1819 par Parry. — Ile, baie, détroit de Melville. V. Supplément.

melville , île sur la côte N. de l’Australie , dont le détroit de Clarence la sépare; 120 kil. sur 70. Les Anglais ont abandonné l’établissement qu’ils y avaient fondé

MELZI (le comte François), né à Milan en 1753, m. en 1816, occupait, à 23 ans, une place de chambellan auprès de l’impératrice Marie-Thérèse , et devint plus tard l’un des 60 décurions nobles de Milan. La mort de sa mère, en 1782, lui donna le majorât d’Eril et le titre de grand d’Espagne de lre classe. Le général Bonaparte le lit nommer ministre plénipotentiaire de la République Cisalpine au congrès de Rastadt. En 1802, Melzi reçut la vice-présidence de la République italienne ; en 1805 , la place de chancelier et de garde - des - sceaux du royaume d’Italie; et, en 1807, le titre de duc de Lodi, avec une do-

tation de 200,000 fr. de rentes. 11 rentra dans la vie privée après les événements de 1814. Sa sœur avait épousé le général espagnol Palafox ( V. ce mot).

MÉMACÉNIENS , peuple de l’anc. Sogdiane ( dans le khanat actuel du Khokand), dont la capitale fut détruite par Alexandre le Grand.

MÉMACTÉRIES, fêtes célébrées par les anc. Athéniens en l’honneur de Jupiter Mémactès (orageux), pendant le mois Mcmactérion (novemb. et décemb.), pour obtenir un hiver doux et tempéré.

MEMBRILLA (la), v. d'Espagne (Nouv.-Castille) , prov. et à 42 kil. E. de Ciudal-Reàl, sur l’Azuer; 4,900 hab. Château-fort. Fabr. de savon.

MEMEL , v. forte des Etats prussiens (Prusse), port de commerce à l’embouch. de la Dange dans la mer Baltique, et à l’extrémité N. du Kurische-Haff , ch.-l. du cercle de son nom, dans la régence et à 140 kil. N. de Kœnigsberg ; par 55°43'43" lat. N. , et 18045'48" long. E.; 17,000 hab. Douanes; école de navigation; trib. maritime; chantiers de construction. Bagne, établi dans l’anc. citadelle. Navigation et commerce actifs. Fabr. de toiles, draps, savons, ouvrages en bois; distilleries d’eau-de-vic. Fonderies de fer. — Fondée eu 1252 par les chevaliers Teutoniques, ensuite ville hanséatique, elle fut la résidence du roi de Prusse après la perte de ses Etats en 1807. En 1854, elle a été dévastée par un incendie.

memel, nom donné souvent au Niémen.

MÉMINES. Memini, peuplade de la Gaule Narbonaise, dans le pays des Salyes , au S.-E. des Tricastins; v. princip., Forum Neronis (Forcalquier) et Carpentoracte (Carpentras ). Son territoire est auj. réparti dans les départements des Basses-Alpes et de Vaucluse.

MEMMINGEN , v. de Bavière (cercle de Souabe ) , à 68 kil. S.- O. d’Augsbourg, 44 S.-E. d’Ulm, sur un affl. de l’Iller ; 8,000 hab. Tribunal ; lycée , bibliothèque ; arsenal. Fabriques, teintureries et imprimeries de tissus de laine , fil et coton; bonneterie, rubans; connn. de toiles, surtout avec l’Italie et la Suisse.

MEMMIUS (T. ) , tribun du peuple, accusa hautement les généraux qui s’étaient vendus à Jugurtha, et fit ordonner par les comices que celui-ci viendrait à Rome pour être jugé, l’an 641 de Rome, 112 av. J.-C. Salluste met dans sa bouche un éloquent discours, qu’il prononça dans cette circonstance contre les nobles.

memmius (C. Gemellus) , ami du poëte Lucrèce, qui lui dédia son poème, cultivant lui-même l’éloquence et la poésie, fut successivement tribun du peuple , préteur, et gouverneur de la Bithynie. Accusé de concussion , il fut exilé à Patras , en Achaïe, l’an 692 de Rome, 61 av. J.-C.

MEMNIS. V. Kerkouic.

MEMNON, héros célèbre dans les traditions grecques, était , d’après Hésiode , fils de Tithon et de l’Aurore. Envoyé par son père , roi d’Ethiopie et d’Egypte , au secours de son oncle Priam , il tua Antiloque , fils de Nestor, et périt lui-même de la main d’Achille. On disait que des oiseaux memnonides sortirent des cendres de son bûcher, se partagèrent en deux bandes, et se combattirent avec fureur ; que les pleurs de l’Aurore furent la source de la rosée. On érigea, en l’honneur de Memnon , de magnifiques édifices appelés Memnoniens ou Cissiens, à Ecbatane et à Suze. Une route en Assyrie portait son nom. Les Egyptiens avaient pour ce héros un culte tout particulier; on voit à Thèbes une statue colossale, haute de plus de 19 mèt., et qui faisait, disait-on , entendre des sons harmonieux au lever de l’aurore. C’était l’effet d’un phénomène d’acoustique analogue à celui connu sous le nom de harpe éolienne. Ce colosse est le portrait du roi Aménophis II. V. Letronne , Dissertation sur la statue vocale do Memnon , 1833.

memnon, dit le Rliodien, célèbre général persan, servit d’abord avec zèle Artaxercès Ochus, contre qui il s’était révolté , et dont il avait obtenu son pardon , puis Darius Codoman. Lors de l’expédition d’Alexandre le Grand , il donna le conseil , qui ne fut pas suivi , de se retirer en ruinant le pays, s’enferma, après la bataille du Granique, dans Milet, qu’il défendit longtemps, s’empara de Chio et de Lesbos, mais mourut, en 333 av. J.-C., au moment où il allait porter la guerre en Grèce.

memnon , historien , né à Héraclée du Pont, vivait dans le 1er ou le ne siècle de J.-C. Il avait composé une Histoire des tyrans d’Héraclée , dont il ne reste que des fragments insérés dans la Bibliothèque de Photius. La meilleure édition séparée a été donnée par Conrad Orellius, Leipzig, 1816. Ces fragments ont été traduits en français par l’abbé Gédoyn, dans les Mémoires de l’Académie fnscriptionset-belles-lettres, tome iv.

MEN

— 1773 — MEN

MEMPHIS , Moph (les Hébreux , anc. v. de la Moyenne- Egypte, au N. , sur la rive g. du Nil, un peu au S. des célèbres pyramides de Gizèh. Elle fut fondée , selon Hérodote, par Ménès, sur l’emplacement du Nil, dont il avait détourné le cours, embellie et agrandie par Uchoréus, et servit de capitale à plusieurs dynasties de rois. Le dieu Phtha y fut particulièrement honoré Memphis atteignit des proportions considérables; elle mesura 10 kil. sur 5, compta 700,000 hab., eut un grand nombre de temples, une bibliothèque , des archives publiques , un nilomètre. Grâce à des routes et à des canaux nombreux , elle devint un vaste entrepôt de commerce. C’est avec Memphis que les Israélites des premiers temps furent en rapport ; c'est là que vécut et gouverna Joseph, que naquit Moise, et qu’il entreprit la délivrance du peuple juif. Exposée à toutes les invasions qui désolèrent la Basse-Egypte, saccagée d’abord par les Pasteurs, puis par Cambyse, Memphis eut presque autant à souffrir de la fondation d’Alexandrie, qui lui enleva son importance. Occupée par les Arabes au vne siècle , elle tomba peu à peu en ruines. Le Nil , dont les canaux étaient négligés, déborda sans obstacle, et les ruines même de la ville furent ensevelies sous le limon du fleuve et les sables de la Libye. Lors de l’expédition des Français en Egypte, on eut peine à en découvrir l’emplacement. De nos jours seulement , M. Mariette a retrouvé le Sérapéum; c’est un temple colossal , précédé d’une avenue de 600 sphinx, que termine un hémicycle formé de statues grecques de Pindare, Lycurgue, Solon , Euripide , Pythagore , Platon , Eschyle , Homère , Aristote , reconnaissables à leurs noms lisiblement écrits en grec. La tombe du bœuf Apis, renfermée dans le Sérapéum, a été également découverte. Ce monument est, tout entier, creusé dans le roc vif; chacun des Apis avait une chambre sépulcrale séparée; on en a compté une centaine. Un nombre considérable de galeries et de rues forment de cet ensemble une véritable ville souterraine. C’est là qu’ont été rencontrés les principaux monuments pour lesquels on a créé au Louvre un musée spécial , sans rival en Europe. Les fouilles et les travaux de M. Mariette n’ont pas duré moins de quatre années , 1850-54. V. Memphis, au Supplément. F — t.

MEMPHRAMAGOG, lae de l’Amérique du Nord , dans le Canada et l’Etat de Vermont, communique au fl. S1 -Laurent par le Sl-François ; 54 kil. sur 5.

MENA (Juan de), surnommé VEnnius Castillan , né à Cordoue en 1409, m. en 1456, fut protégé par Jean II et par le marquis de Santillane. Après avoir étudié à Salamanque, il visita l’Italie, où il connut les œuvres de Dante, qu’il prit ensuite pour modèle. Son plus grand ouvrage , el Laberinto, ou Las trecientas copias, Séville, 1496, in-4°, est un poëme allégorique et fantastique sur la vie humaine ; il eut un grand succès , malgré la pédanterie et les exagérations qui le déparent. Juan de Mena , ayant été nommé historiographe de la cour, écrivit une partie de la Chronique de Jean II , continuée par Perez de Guzman. On lui a attribué à tort le 1er acte de la Célestine de F. de Rojas. Une traduction de V Iliade, et des Mémoires sur quelques anciennes familles de Castille , qu’il avait aussi composés , ont été perdus. Ses Œuvres ont été recueillies à Saragosse, 1509, in-fol. ; à Anvers, 1552 , in-8° ; à Salamanque , 1582, in-8°.

MÉNADES (du grec maineslliai , être en fureur), nom donné aux Bacchantes, parce que, dans la célébration des Orgies, elles étaient agitées de transports furieux.

MENADO, v. de l’île Célèbes, sur la côte N.-E.; ch.-l. d’une résidence hollandaise du gvt des Moluques. Comm. de riz et de café. Aux environs, volcans en activité et mines d’or.

MÉNAGE (Gilles), littérateur bel-esprit, né à Angers en 1613, m. en 1692, fut d’abord avocat dans son pays, puis s’engagea à Paris dans l’état ecclésiastique, pour être apte à posséder des bénéfices , et se livra tout entier à la littérature. Protégé par le cardinal de Retz , puis par Mazarin et la reine Christine , il fut chargé de dresser la liste des gens de lettres qui pouvaient mériter des récompenses. Son impartialité lui valut 2,000 livres de pension pour lui-même. Tous les mercredis, il tenait chez lui une assemblée qu’il appelait sa Mercuriale, où il parlait presque seul, et citait à tout propos du grec, du latin, de l’italien. Sa réputation pâlit enfin devant l’influence de Boileau, qui le railla doucement. Molière, desservi par lui près de M. de Montausier, Ummola, sous le nom de Vadius , dans les Femmes savantes. Ménage était savant, mais il avait une vanité insupportable, et une pédanterie dont Molière n’a que faiblement exagéré l’étendue. Sa mémoire était prodigieuse, et la plupart de ses écrits ne sont que d’heureuses réminiscences. Les principaux sont : Dictionnaire

étymologique, ou Origines de la langue française, Paris, 1650, in-4° ; 1694, in-fol ; Miscellanea, Paris, 1652, in-4°; Poémata, ibid . , 1656, in-12, EIzevir, 1663; Observations sur la langue française, 1672, 1676, 2 vol. in-12; la Requête des Dictionnaires , écrit satirique et ingénieux qui lui ferma les portes de l’Académie ; Osservazioni topra l'Aminta del Tassa, Paris, 1653, in-4°; Menagiana, publié à frais communs pat ses amisAnt. Galland, Boivin, l’avocat Pinson, etc., Paris, 1693 , in-12, puis augmenté du double par La Monnoye, ibid., 1715 ou 1729, 4 vol. in-12; Amœnitates juris, Paris, 1664, in -8°, Leipzig, 1738, in-8°; une bonne édition de Diogène Laerce, grec-latin, Londres, 1663, in-fol., Amsterdam, 1692, 2 vol. in-4°; des poésies françaises, italiennes, etc. C. N.

MENÆ, nom anc. de Mineo

MÉNAGEOT (François-Guillaume), peintre français, né à Londres en 1744, m. en 1816, élève de Boucher et de Vien, remporta le grand prix, et devint académicien en 1780. Il fut nommé directeur de l’Académie de France à Rome, 1787, membre de l’Institut, 1809, et professeur à l’Ecole des beaux-arts. Ses principaux tableaux d’histoire sont : les Adieux de Polyxène d Hécube, la Mort de Léonard de Vinci, Astyanax arraché des bras de sa mère, Mars et Vénus. On a de lui encore de nombreux tableaux de chevalet, et de charmantes esquisses.

MENAI, bras de mer formé par la mer d’Irlande, et séparant l’île d’Anglesey du comté de Carnarvon, au N. -O. du pays de Galles; 23 kil. sur 3. Navigable pour les navires peu chargés. Un pont suspendu, œuvre de Telford, le traverse, et continue la grande route entre Londres et Holyhead ; il a été achevé en 1825. Il a 7 arches de pierre. Un pont tubulaire suspendu, dit Britannia (V. ce mot), y a été aussi construit, pour continuer la voie de fer de Chester et Holyhead : il est à 40 mèt. au-dessus du niveau de la mer, et a coûté plus de 18 millions de fr. Il est à double voie, c.-à-d. qu’il se compose de 2 tubes rectangulaires, parallèles, et dont les parois sont des plaques de tôle qui n’ont pas plus de 2 centimètres d’épaisseur.

MENALE , Menalus morts , auj. Roino, montagne d’Arcadie, au centre, était le prolongement oriental des. monts Hypsonte et Phalante. Il était consacré au dieu Pan. Ce fut là qu’Hercule atteignit la biche aux pieds d’airain et aux cornes d’or.

MENALIPPE. V. Chariton.

MENAM, rivière d’Asie. V. Meinam.

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