MEN — 1777 — MER
MENSCHIKOFF. V. Mentzikoff.
MENSE ( du latin mensa , table ) , revenu affecté autrefois à la table ou à l’entretien d’un évêque, d’un abbé, ou d’une communauté.
MENSONGE (Champ du). V. Lugenfet.d.
MENSORES, officiers de l’ancienne Rome, chargés de marquer les logis, quand l’empereur voulait se rendre dans quelque province; — arpenteurs, architectes et experts de bâtiments publics.
MENTECH, anc. Myndus, v. de la Turquie d’Asie (eyalet d’Aïdin), dans le sandjak de son nom, à 12 kil. N. de Boudroun. — Le sandjak de Mentech , ch.-l. Moglah, est formé en partie des anc. prov. de Carie et de Lycie.
MENTEL ou MENTELIN , né vers 1410 . m. en 1478 , a été regardé à tort comme l’inventeur de l'imprimerie. Il fit son apprentissage à Mayence , et viDt en 1440 à Strasbourg, dont il est le plus ancien imprimeur. On le surnomma Chrysographe (enlumineur), et il reçut de l’empereur Frédéric III des lettres de noblesse. Il existe deux petits catalogues des livres imprimés par Mentelin. V. Lambinet , Origine de l'imprimerie , Paris , 1810, 2 vol. in-8°. C — s.
MENTELLE (Edme) , géographe, né à Paris en 1730, m. en 1815, fut nommé professeur de géographie et d’histoire à l’Ecole Militaire en 1700, et, pendant la Révolution, aux Ecoles centrales et à l’Ecole normale supérieure. Il inventa une sphère ingénieuse, composée de deux hémisphères qui se superposaient sur le globe, étaient mobiles, de manière que l’on pouvait étudier tour à tour la géographie physique et politique. Mentelle fut membre de l’Institut dés sa fondation. On distingue parmi ses ouvrages : Eléments de i histoire romaine, 1766 , in-12 ; Traité de la sphère , 1778, in-12; Géographie comparée, ou Analyse de la géographie ancienne et moderne , 1778 et ann. suiv. , 7 vol. in-8°, ouvrage resté incomplet; Cosmographie élémentaire , 1781, in-8° ; Choix de lectures géographiques et historiques , 1783-84 , 6 vol. in-8°; la Géographie enseignée par une méthode nouvelle, 1795, in-8°; Cours complet de cosmographie , de chronologie , de géographie et d’histoire ancienne et moderne, 1801 , 3 vol. in-8°; Géographie classique et élémentaire (la partie moderne n’a point paru) , 1813 , 2 vol. in-8°; Atlas universel en 170 cartes, en société avec Chanlaire. Il a rédigé , en commun avec Malte-Brun, la Géoqraphie universelle, Paris, 1803-1804, 16 vol. in-8°.
MENTON, v. de France (Alpes-Maritimes), petit port sur la Méd terranée, arrondissent, de Nice; 4,536 liab. Commerce d’oranges, citrons, huile, vermicelle, eaux de senteur. — Appartint aux princes de Monaco de 1346 à 1830, où elle fut eedce à la Fi ance Collège fonde en 1863.
MENTOR, ami d’Ulysse. Ce prince, à son départ pour le siège de Troie, lui confia le soin de sa maison et l’éducation de son fils. Minerve, dit une tradition que Fénelon a adoptée dans son Télémaque, présida, sous la figure de Mentor, à l’éducation de ce jeune prince.
mentor, ciseleur grec du siècle de Périclès, se fit une réputation presque égale à celle de Phidias par son habileté à travailler les métaux. Pline parle avec admiration de 4 vases sculptés, placés dans le temple de Diane à Ephèse et au Capitole. Crassus acheta 100,000 sesterces (20,000 fr. environ | 2 coupes de Mentor.
mentor, de Rhodes, frère du célèbre général Memnon, livra la ville de Sidon à Artaxercès-Ochus, et l’aida, à la tète des Grecs mercenaires, à soumettre la Phénicie et l’Egypte révoltées.
MENTZ , nom anglais de Mayence.
MENTZER (J. Fischard, dit), écrivain allemand, né au commencement du xvie siècle, cultiva avec succès le genre de Rabelais, et se fit une grande réputation par ses ouvrages burlesques et satiriques; s’ils pèchent par le bon goût, ils sont souven t relevés par des traits charmants. Mentzer donna une traduction libre du 1er livre du Gargantua de Rabelais, qui eut jusqu’à 13 éditions.
MENTZIKOFF ou MENSCHIKOFF ( Alexandre-Danilovitch), né en 1674, d’un paysan des environs de Moscou, m. en 1729, fut d'abord garçon pâtissier. Il dut son élévation au hasard qui le plaça dans la maison impériale. Le genevois Lefort fit son éducation. Il répondit si bien à scs soins, qu’après la mort de Lefort, Pierre le Grand le prit pour confident. En 1704, Mentzikoff fut élevé au rang de général-major, décoré du titre de prince, et nommé gouverneur de l’Ingrie. En 1706, il battit les Suédois à Kalicz, et, en 1709, commanda l’aile gauche des Russes à la bataille de Pultawa; poursuivant les fuyards après la victoire, il foi’ça Lewenhaupt à capituler avec son corps d’armée. Le gouvernement de SVPétersbourg lui fut confié pendant la campagne du tzar contre les Turcs, 1711.
Après la mort de Pierre, Mentzikoff aida Catherine Ir« i monter sur le trône, et fut plus en faveur que jamais. II fut ensuite tuteur de Pierre II, et lui fiança sa fille. Mais son faste arrogant, ses exactions et ses violences, lui avaient fait de nombreux ennemis : les Dolgorouki obtinrent son exil en 1727, et il mourut, deux ans après, à Bérézov en Sibérie, ayant montré un rare courage dans l’adversité.
MENUET. V. Danse.
MENUTHIAS, anc. île de la mer Erythrée, qu’on rapporte à la moderne Comore, ou à Zanzibar, ou même à Madagascar .
MENZALÈH, lac de la Basse-Egypte, le long de la côte, à 5 kil. de Damiette ; 72 kil. sur 30. Eaux très-salées et très-poissonneuses; elles deviennent plus douces et plus hautes lors de l’inondation du Nil. Il communique au N. avec la Méditerranée par 3 embouchures Des îles dont il est parsemé, celle de Tennis est seule habitée. A l’O. sont les ruines de Péluse. Sur la rive S., est une ville de Menzalèh, qui a 2,000 hab.
MENZELINK, v. de la Russie d’Europe (Orenbourg), à 230 kil. N.- O. d’Oufa. Foire importante, où les ventes ont dépassé, en 1851, un million de roubles argent.
MENZIN1 (Benoit), poète, né à Florence en 1646, m. en 1704, embrassa l’état ecclésiastique, fut admis dans l’Académie que Christine de Suède forma â Rome, et reçut de Clément XI un canonicat. Il s’est exercé dans la plupart des genres de poésie. Ses odes pindariques et anacréontiques ont de l'élégance, mais peu de force et de chaleur dans la pensée, et renferment trop d’allusions à la mythologie : plus pur, plus correct que Chiabrera, il est moins original et moins hardi. Ses satires, qu'on place parmi les meilleures de ['Italie, sont très-sanglantes, et paraîtraient plutôt faites pour le venger de ses ennemis que pour les corriger. Son Art poétique, plein de détails piquants, se lit avec agrément et profit; le style a du trait et du mouvement: mais il y a souvent de la aiffusion, une critique trop minutieuse, un ton plus grce qu'il ne convient au sujet. Les Œuvres complètes de Menzini ont paru à Nice en 1783. B.
MÉON i Dominique Martin), conservateur a la Bibliothèque royale de Paris, né en 1748àSt-Nico!as ( Meurtrie), m. en 1829, a fait d’intéressantes recherches sur le moyen âge. Il a publié : Blasons et poésies des xve et xvi8 siècles, 1807 ; Fabliaux et contes des poètes français du XIe au xv8 tiècle, 1808; le Roman de la Rose, 1813; Nouveau recueil de fabliaux, 1823 ; le Roman du Renard, avec un glossaire, 1825.
MEON1E, nom de la Lydie dans les poètes. Homère, qu’on y faisait naître, était dit vieillard ou poète de Méonie. Le culte qu’on y rendait aux Muses les fit aussi surnommer Méonides.
MÉOTES, anc. peuple de la Scythie d’Europe, au S., sur les bords du Palus-Méotide, qui en tira son nom.
MÉOT1DE (Marais), Palus Mœotis, nom anc. de la mer d'Azov. Etait adoré comme un dieu par les Massagètcs.
MEPPEL, v. du royaume de Hollande (Drenthel, à 42 kil. S. -O. d’Assen , sur la rive dr. du Havelter-Aa; 5,000 hab. Fabr. île toiles, étoffes de laine, canevas. Construction de navires.
MEPPEN, Meppia, v. du roy. de Prusse (Hanovre), dans la régence et à 66 kil. N. -O. d’Osnabrück, 90 S. -O. d’Oldenbourg, sur l’Ems et la Hase; 2,700 liai). Gymnase. Bains sulfureux. Fabr. de toiles, savon, chicorée café.
MEQU1NENZA, Odoyesn, v. d'Espagne (Aragon), prov. et à 70 kil S. E. de Saragnsse, au confluent de l'Eure et de la Sègre; 2,822 hab. Défendue par un château fort. Le- Français la prirent en 1810.
MEQUINEZ ou MEKNASAH, v. du Maroc, l’une des 3 résidences de l’Empereur, avec Fez, à 60 kil. N.-E , et Maroc, à 360 kil. S. -O., sur le penchant d’une colline, et défendue par un triple mur et des tours. On y garde le trésor impérial. Ville très-industrielle : fabr. de cuirs; commerce de laines. — Méquinez fut fondée vers 940.
MER ou MÉNARS-LA-VILLE, ch.-l. de cant. |Loiret-Cherl, arr. et à 19 kil. N. -O. de Blois, sur le chemin de fer de Bordeaux; 3^39 hab. Eglise calviniste. Il faisait partie du marquisat de Ménars, érigé en 1677. Moulins à farine, tanneries; vins, vinaigres. Patrie de Jurieu.
MERAN, v. des Etats autrichiens (Tyrol), à 20 kil. N.-O. de Bolzano ou Botzen , sùr la rive g. de l’Adige, 2,800 liab. Fruits et vins estimés. — Elle fut la capitale du duché de Méranie.
MERANE, v. du royaume de Saxe , à 5 kil. N.-O. de Glauehau; 13,627 hab. Fabr. de lainages.
MÉRANIE l'Duché de), anc. Etat d’Allemagne, composé d’une grande partie du Tyrol et de l’Istrie, mais vas-
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sal de la Bavière. Il fut déclaré fief immédiat de l'Empire 1 à la mort de Henri le Lion , 1180. La famille de Méranie s’éteignit en 1218, et ses possessions furent partagées entre la Bavière et Venise.
méranie (Agnès de). V. AGNÈS.
MERCADAL, v. d’Espagne, dans l’ile de Minorque, à 17 kil. N.- O. deMahon; 2,600 hab.
MERCARA ou MABKERY, v. de l’Hindonstan anglais (Madras), à 102 kil. O. de Seringapatam. Ch.-l. du district de Kourk. Fondée par Hayder-Ali en 1773.
MERCATI (Michel), médecin, né en 1541 à San-Miniato (Toscane), m. en 1593, devint directeur du jardin botanique de Rome, et y créa un cabinet d’histoire naturelle. Il fut envoyé par Sixte V en Pologne avec le cardinal Aldobrandini ; ce prélat, devenu pape sous le nom de Clément VIII, le nomma son premier médecin. On a de Mercati, entre autres ouvrages, une description de son musée, intitulée : Metallotheca , Rome, 1717, in-fol., fig. ; Degli obetischi di Roma, 1589, in-4°, figures; Ouvrage estimé. D— G.
MERCATOR, géomètre du xvne siècle, dont le vrai nom était Nicolas Kauffmann, né dans le Ilolstein, m. à Paris en 1687. Il passa en Angleterre en 1660, et fut un des premiers membres de la Société royale de Londres. Il vint ensuite en France, où il fut employé, à cause de ses connaissances dans l’hydraulique, à l'établissement des fontaines de Versailles. On a de lui : Cosmog raphia , sive Descriptio cæli et terrœ, Dantzick, 1651, in-8° ; R ationes malhematicœ, Copenhague, 1653, in-4° ; Logarithmotechnia, live methodus construendi logarithmos nova, Londres, 1668- 1674, in-4°; Instilutiones astronomicæ, ibid. , 1676, in-8°.
MERCATOR (Isidore). V. DÉCRÉTALES.
Mercator (Gérard), célèbre géographe, né à Rupelmonde en 1512, m. en 1594, entra au service de Charles- Quint, pour qui il exécuta deux globes terrestres admirés des contemporains, puis se retira à Duisbourg en 1559, avec le titre de cosmographe du duc de Juliers. Il est particulièrement connu pour avoir donné son nom à la projection employée sur les cartes marines, où les parallèles coupent les méridiens à angle droit, et où les uns et les autres sont des lignes droites. On a de lui : Chronologia à mundi éxordio ex eclipsibus et observalionibus, ac Bibliis sacris, Cologne, 1568, in-fol., et Bâle, 1577, in-8°; Tabulas geographicae ad menlem Plolemœi reslitutæ et emendatce, Cologne, 1578, in-fol.; tlarmonia Evangelislarum , Duisbourg, 1592, in-4° ; un Allas, Duisbourg, 1595, in-4° oblong, complété par Josse Hondius, réimprimé en 1623 avec 156 cartes.
MERCEDONIUS (Mois). V. Calendrier romain.
MERCENAIRES (Guerre des). Après la lre guerre punique, Carthage ne put payer les mercenaires qui s’étaient battus pour elle ; le Campanien Spendius, esclave fugitif de Rome , et l’Africain Mathos, les poussèrent à la révolte, et se mirent à leur tête, 241 av. J.-C. Les sujets de Carthage, opprimés par elle, s’unirent aux insurgés. Hannon, envoyé pour traiter avec eux, fut mis en croix; 700 prisonniers furent égorgés. Amilcar, chargé du commandement, fit jeter aux bêtes tous les mercenaires qu’il prit, enferma dans le défilé de la Hache l’armée de Spendius, s’empara des chefs par trahison , et fit massacrer les soldats à mesure qu’ils sortaient du défilé. De 40,000 hommes, pas un n’échappa. Mathos, qui commandait une autre armée de mercenaires, fut défait dans une bataille, conduit à Carthage, et livré pour jouet à la populace, 238. On donna à cette lutte affreuse le nom de Guerre inexpiable. ' F — T.
MERCHTEM, v. de Belgique (Brabant méridional), à 15 kil. N. -O. de Bruxelles; 3,500 hab.
MERCI (Pères de la), ou de la Rédemption des captifs, Ordre religieux institué à Barcelone en 1218 , à l’imitation de celui des Trinitaires, fondé en France par S1 Jean de Matha. S* Pierre Nolasque et d’autres gentilshommes consacrèrent leur fortune au rachat des chrétiens réduits en esclavage par les infidèles. Leur ordre, qui suivait la règle de S1 Augustin , fut approuvé par le pape Grégoire IX en 1235, sous le nom de Congrégation de Notre-Dame de la Miséricorde. Les constitutions avaient été rédigées par Raymond de Pennafort. Clément V ayant ordonné, en 13U8, qu’il fût régi par un religieux et un prêtre, les clercs et les laïques ne tardèrent pas à se séparer : les chevaliers furent incorporés à d’autres ordres militaires, et la congrégation de la Merci ne fut plus composée que d’ecclésiastiques. Le P. Gonzalès, du S^Sacrement , m. en 1618, y introduisit une réforme, qui fut approuvée par Clément VIII : ceux qui la suivirent allaient nu-pieds, pratiquaient la retraite, la pauvreté et l’abstinence. Avant 1789, l'ordre de la Merci formait 4 provinces' dont 2 en Espagne, une en
Sicile, et la 4e en France. Celle-ci fut supprimée par la Révolution de 1789.
MERCIE (de mark ou merk, frontière ), un des royaumes de l’heptarchie anglo-saxonne; capit., Lincoln. Fondé en 584 par Crida, chef des Angles, il comprenait les comtés actuels de Glocester, Worcester, Leicester, Northampton , Bedford, Buckingham, Derby, Nottingham , Hereford, Warwick, Chester et Lincoln. Ses principaux souverains furent : Penda , 625-55 ; Ethelred , qui réunit le comté de Lincoln en 679; Kenred, qui se fit moine à Rome en 709; Offa, 757-96. Il fut détruit par Edward, roi d’Angleterre, en 918.
MERCIER (Louis-Sébastien), littérateur, né à Paris en 1740, m. en 1814, débuta par des héroïdes et des pièces de théâtre qui n’eurent aucun succès. Dès lors ennemi déclaré de la poésie, il publia un Essai sur l’art dramatique, dans lequel il ne se proposait rien moins que de substituer ses propres ouvrages, conçus dans un genre analogue à celui qu’on a depuis nommé romantique , aux chefs-d’œuvre de Corneille, de Racine et de Voltaire. Dans une espèce de roman politique, intitulé : l’An 2440, Rêve s’il en fut jamais, 1771 , nouvelle édit., 1786, 3 vol. in-8°, il chercha à entrevoir l’avenir de la France. Un autre ouvrage, le Tableau de Paris, sur lequel repose sa réputation , est un livre mal fait , mal écrit, un fatras de quelques bonnes choses parmi une foule de paradoxes et de déclamations, mais qui aura toujours pour les fureteurs un certain intérêt de curiosité par les détails de mœurs et d’usages perdus qu’on y trouve. Le livre parut en 1781 à Paris, 2 vol., et obtint un immense succès en province et en Allemagne. Il était anonyme ; des poursuites ayant été dirigées contre plusieurs personnes soupçonnées d’en être les auteurs, Mercier se nomma , et alla finir son ouvrage en Suisse. Le Ta* bleau de Paris parut en Hollande, Amsterd. , 1782-88, 12 vol. in-8°, plus 1 vol. de fig., Yverdun, 1785. Mercier revint en France à la Révolution , rédigea avec Carra les Annales patriotiques, soutint le parti des Girondins, fut député de Seine- et - Oise à la Convention, vota dans le procès de Louis XVI pour la détention , et fut incarcéré pendant la Terreur. Il devint membre du Conseil des Cinq-Ceuts et de l’Institut en 1795. Esprit paradoxal, beaucoup moins original que bizarre, il se rendit ridicule par ses diatribes violentes contre les lettres, les sciences et les arts, et s’attira le surnom de singe de Jean-Jacques. Il fit bien souvent lui-même l’éloge de ses propres livres, et s’intitulait le premier livrier de France. Outre les ouvrages déjà cités, on a de lui : son Théâtre, 1778-84, 4 vol. in-8°, recueil de drames à peu près tous oubliés ; Néologie, ou Vocabulaire des mots nouveaux ou à renouveler, 1802, 2 vol. in-8°, etc.
mercier de saint-léger (Barthélemy), bibliographe, né à Lyon en 1734, m. en 1799, bibliothécaire de Ste-Geneviève de 1760 à 1772, fut pourvu par Louis XV de l’abbaye de Sl-Léger. En 1792, il fut nommé membre de la commission des monuments , et protégea beaucoup les bibliothèques. On a de lui : Supplément à l’histoire de l'imprimerie, de Prosper Marchand, Paris, 1775 ; Lettres au baron de Ueiss sur des éditions rares du xve ti.cle, 1783. Il travailla aux Mémoires de Trévoux, à l’Année littéraire, au Journal des Savants.
mercier, dit la Vendée, un des chefs de l’insurrection royaliste dans l’Ouest, né à Château-Gonthier en 1778, m. en 1800, servit comme capitaine jusqu’à la défaite du Mans, se rendit alors en Bretagne avec Cadoudal , commanda en 1794 une division d’insurgés dans le Morbihan , fut pris, s’échappa de Brest , fut nommé maréchal de camp par le comte d’Artois en 1797, accepta l’amnistie offerte par le Directoire, reprit les armes en 1799, se rendit maître de S'-Brieue, mais fut tué près de Loudéac. B.
MERCIERS ( Roi des), officier dont on attribue la création à Charlemagne, et qui veillait à ce qui concernait le commerce. Il délivra plus tard les lettres de maîtrise et les brevets d’apprentissage , eut l’inspection des poids et mesures, et de la qualité des marchandises, sur lesquelles il percevait les droits déterminés. Des lieutenants le représentaient dans les provinces. La charge de Roi des merciers fut supprimée en 1597.
MERCŒUR, Mercorium, ch.-l. de cant. ( Corrèze ), arr. et à 43 kil. S.-E. de Tulle; 99 hab. La maison de Mercœur, une des plus anciennes de l’Auvergne, remontait au Xe siècle; ses biens passèrent plus tard â celle de Bourbon , furent confisqués sur le connétable de Bourbon en 1523, puis donnés à Antoine, duc de Lorraine, qui avait épousé Renée de Bourbon , sœur cadette du connétable. En 1569, Mercœur fut érigé en duché en faveur de Nicolas de Lorraine, puis passa à la famille de Conti.
mercœur (Philippe-Emmanuel de lorraine, duc de),
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fils de Nicolas, comte de Vauilemont, et 1er duc de Mer cœur, né à Nomény en 1558, m. en 1602, épousa Marie de Luxembourg', duchesse de Penthièvre, et fut nommé gouverneur de la Bretagne. Il se déclara, après la mort des Guises, le chef de la Ligue dans sa province, traita avec l’Espagne, se maintint contre les troupes royales, consentit à signer une trêve avec Henri IV en 1595, et à lui faire sa soumission en 1598, à la condition que sa fille épouserait le duc de Vendôme. L’empereur Rodolphe II lui ayant offert , en 1601, le commandement de son armée contre les Turcs, il passa en Hongrie, battit les troupes ottomanes, mais mourut, en revenant en France, à Nuremberg.
mercœur (Elisa), jeune fille poëte, née à Nantes en 1809, m. en 1835, se sentit entraînée de bonne heure vers la poésie; ses premiers essais décelèrent les plus heureuses dispositions. Poursuivie par la misère, elle vint à Paris, où son talent lui fit obtenir une modique pension, qui la mettait à l’abri du besoin. Elle en jouit pendant quelques années, et succomba à une maladie de poitrine. Elisa n’a laissé qu’un petit nombre de poésies, qui sont pleines de force, de sensibilité et de grâce. Un recueil incomplet en a été publié à Paris, en 1829, 1 vol. gr. in-18.
MERCREDI , Mcrcurii dies, 4e jour de la semaine, était personnifié chez les anciens par la figure de Mercure. C’est un mercredi que commence le Carême ( V. Cendres ). Ou nomme Mercredi saint celui qui précède Pâques.
MERCURE, en grec Hermès, fils de Jupiter et de Maïa, né sur le Cyllène en Arcadie, était le dieu de l’éloquence, du commerce, et des voleurs, le messager des dieux, le conducteur des morts aux Enfers. A peine né, il dérobe le trident de Neptune, l’épée de Mars, la ceinture de Vénus. Exilé pour ces méfaits sur la terre, il garde, avec Apollon, les troupeaux d’Admète. Il dérobe les bœufs d’Apollon, et, pendant que le dieu le menace, il lui dérobe encore son arc et son carquois. Toute sa vie est une suite de tours d’adresse. Il change Battus en pierre de touche, délivre Mars emprisonné par Vulcain , enchaîne Prométhée sur le Caucase, endort et tue Argus, le gardien de la génisse Io. Avec l’écaille d’une tortue, il invente la lyre, et la donne à Apollon, qui lui donne en échange la science prophétique. Ses attributs sont le pétase ou chapeau de voyage, les ailes aux talons, la bourse, l’écaille de tortue, et le caducée I V. ce mot). On donnait le nom d’Hermès à des têtes de Mercure qui surmontaient une base en forme de colonne carrée. P.