‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 156 sur 864 · MIGUEL -DE-IBARRA (SAN-). V. IBARRA · texte numérisé non relu

MIGUEL -DE-IBARRA (SAN-). V. IBARRA

MIGIJEL-DE-TUCÜMAN (SAN-). V. TUCUMAN

MIGUELTURRA, v. d’Espagne (Nouv.- Castille), prov. et à 5 kil. S.-E. de Ciudad-real; 6,750 hab. Tanneries; fabr. d’eaux-de-vie.

MIHIEL (SAINT-), Fanum sanclum Michaelis, ch.-l. de cant. (Meuse), arr. et à 17 kil.N.-N.-O. de Commercy, sur la rive dr. de la Meuse; 4,577 hab. Trib. de lre instance, cour d’assises; collège, bibliothèque. Fabr. de papier, draps, toiles de coton, dentelles; huileries, tanneries, teintureries. Pèche de truites renommées. On y remarque, dans l’église Sl-Etienne, un beau groupe de sculpture, le Christ au tombeau, de Ligier-Richier. — Cette ville se forma autour d’une abbaye, détruite à la Révolution. Louis XIII l’assiégea en 1635, manqua y être tué, et fit raser les fortifications. Elle devint, en 1571, le siège du tribunal des Grands-Jours du Barrois. — Près de la ville sont d’énormes rochers dits falaises de S1- Miliiel . et les restes d’un camp romain.

MlJARES, Uduba, rivière d’Espagne, naît en Aragon (prov. de Teruel), et afflue à la Méditerranée, à 7 kil. S.-E. de Castellon-de-la-Plana. Cours de 110 kil.

MIJAS, v. d’Espagne (Grenade), prov. et à 26 kl . S,-0. deMalaga; 5,150 hab. Sparterie, papeteries.

M1JERITSCH, v. de la Russie d’Europe (gouvernement de Charkow), à 32 kil. S. -O. de Soumy; 7,000 hab.

MIKHAILOV, v. de la Russie d’Europe, gvt et 95 kil, S.- O. de Riazan; 6,500 hab.

MIKHAILOVKA, v. de la Russie d’Europe (Iékatérinoslav), à 20 kil. N.-E. d’Alexandrovsk; 3,600 hab. — v. de la Russie d’Europe (Koursk), à 17 kil. O. de Novoï- Oskol : 6,000 hab. Toiles, cire, huile de graine.

MIKLOS (SZENT), bourg des Etats autrichiens (Hongrie), ch.-l. du comitat de Liptau, à 162 kil. N. de Bude, sur la rive dr. de la Waag; 4,000 hab. Distilleries, brasseries, raffineries de sel.

MILAGRO, anc. Ergavia, bourg d’Espagne, dans la prov. et à 40 kil. S. de Pampelune, sur la rive droite de l’Aragon; 1,800 hab. Près de là, Sanche V, roi de Navarre, fut jeté par ses frères dans la fondrière de Penalen.

MILAH, anc. Mileum, Mileu Colonia, v. d’Algérie, près du Rummel, prov. et à 35 kilom. N. -O. de Constantine; 3,000 hab. Ruines romaines. Anc. évêché, où se tinrent deux conciles, en 402 et en 316. — Occupée par les Français en 1838.

MILAN, eu italien Milano, en latin Mediolanum, en allemand Meiland, ville importante du roy. d’Italie, située dans une belle vallée, sur la rive g. de l’Olona, qui communique avec l’Adda par le canal Delta Martesana, et avec le Tessin par le canal le Naviglio ; ch.-l. de la Lombardie et de la province de son nom, à 500 kil. N. -N. -O. de Rome, 135 N.-E. de Turin, 835 S.-E. de Paris (par Genève etleSimplon) ; par 45° 28’ 1” lat. N., et 6° 50' 56” long. E.; 196,100 hab. Chemin de fer pour Venise et Turin. Archevêché, illustré par S1 Ambroise et S4 Charles Borromée. Résidence des grandes autorités du pays; cour de cassation; 2 lycées, 3 gymnases, 2 collèges d’internes; écoles militaire, polytechnique élémentaire , vétérinaire, de chimie, de beaux-arts et de musique, des sourds-muets. Séminaire; collège royal de demoiselles; institut royal de Lombardie; bibliothèques de Brera, des beaux-arts, de l’institut, et bibliothèque Ambroisienne ; archives; musée de tableaux, de médailles et d’histoire naturelle; jardin botanique, observatoire. Commerce important de soie, riz, fromages, librairie, orfèvrerie, parfumerie; fabriques de soieries, velours, rubans, dentelles, instruments d’optique et de mathématiques, carrosserie; manufacture royale de tabacs , Bourse , succursale de la Banque de Turin. Milan, surnommée la Grande (12 kil. de tour), est une des plus belles villes d’Italie, bien que beaucoup de rues soient étroites et tortueuses. On y remarque surtout : la place du château (anc. Foro Buonaparle), plantée de plus de 10,000 pieds d’arbres ; la place d’Armes (650 mètr. sur 612), avec un bel arc de triomphe, commencé par Napoléon 1er, et appelé auj. Arc de la paix; la vaste cathédrale dite le Dôme, dédiée à la Sle Vierge naissante, et toute en marbre, la plus grande église d’Europe, après S‘-Pierre de Rome, commencée en 1386, dans un style mixte gothique et grec , ornée de plus de 5,000 statues, et très-riche eu objets d’art; l’église de S4-Ambroise, où était renfermée autrefois la couronne de fer ; les églises S1- Alexandre , St-Laurent , S‘-Nazaire, S1- Sébastien, Ste- Marie de la Passion; le réfectoire de l’anc. couvent de Ste-Marie-des-Grâces, où se trouve la célèbre Cène de Léonard de Vinci, fresque fort endommagée ; le théâtre Délia Scala, le plus grand que l’on connaisse après celui de San -Carlo à Naples; les palais du vice-roi, Marini, Trivulzi, de la Contabilità, Belgiojoso, Brera, Busca ou Serbelloni, Cicogna, Litta, etc.; l’amphithéâtre, pouvant contenir 30,000 personnes; le grand hôpital ; les promenades, établies sur les remparts. — Milan fut la capitale

des Insubriens, qui l’avaient fondée vers 587 av. J.-C. D’abord tributaire des Romains, elle leur fut tout à fait soumise par Valérius Flaecus, en 195. Elle perdit alors de son importance, qu’elle recouvra sons Maximien, qui en fit sa capitale, et sous Constantin, qui y rendit, en 313, l’édit par lequel la religion catholique %tait déclarée religion de l'Empire. Successivement prise et ravagée par Alaric, 402, Odoaere, 476, et Théodoric, 493, elle appartint ensuite aux Lombards, 568-774, auxquels l’enleva Charlemagne. Pendant 4 siècles, elle combattit pour son indépendance, soit contre ses seigneurs, soit dans le parti Guelfe contre les Allemands. Détruite par Frédéric Barberousse en 1162, elle se releva bien vite, et sortit victorieuse à Legnano, 1176. Elle fut ville libre alors, puis gouvernée par les Délia Torre, 1257-1277, les Visconti, 1277-1447, lesSforza, 1450-1535. LesFrançais l’occupèrent 1499-1513 et 1515-25. Charles-Quint en prit possession en 1535, et la donna en 1510 à son fils Philippe. Elle appartint à l’Espagne jusqu’en 1700 , et les Autrichiens s’en emparèrent pendant la guerre de la succession d’Autriche. Prise par les Français en 1796 et en 1800, Napoléon Ier en fit la capitale d’abord de la République cisalpine, puis du royaume d’Italie et du département d’Olona. Les traités de 1815 l’ont rendue à l’Autriche. En 1848 118-22 mars), Milan s’insurgea contre les Autrichiens, qui, d’abord repoussés jusqu’au delà del’Adige, y rentrèrent le 5 août; occupée par les Franco-Sardes (8 juin 1860), et réunie aux États sardes par la paix de Zurich.

milan (Gouvernement de), une des deux divisions de l’anc. roy. Lombard-Vénitien, compris entre les Alpes et le lac de Lugano au N., le Tessin et le lac Majeur à l’O., le Pô au S., le gvt de Venise et le Tyrol à l’E. Il forma 9 délégations : Milan, Brescia, Mantoue, Crémone, Bergame, Lodi, Côme, Pavie, Sondrio; 22,165 kil. carr.; 3,010,000 hab.; cédé en 1860 au Piémont, jusqu’au Mincio.

milan (Province de), division administrative du roy. d'Italie ; formée d’une partie de l’anc. Lombardie, entre celles de Côme au N., de Bergame et de Crémone à l’E., de Plaisance et de Pavie au S., de Pavie et deNovare à l’O.; 948,320 hab. ; 2,993 kil. carr. Elève de gros bétail. C. P.

MILANAIS (Le) , anc. duché du N. de l’Italie , borné au N. par la Suisse , à l’E. par la république de Venise et le duché de Mantoue , au S. par le Pô , et à l’O. par le Piémont. Gouverné tour à tour par les Délia Torre , les Visconti et les Sforza ( V . Torre, Visconti, Sforza), puis réuni à l’Espagne et à l’Autriche , il fut démembré au xvnie siècle. Les rois de Sardaigne, pour prix de leur concours dans les deux guerres de succession d’Espagne et d’Autriche, reçurent des Autrichiens les provinces d’Alexandrie, deTortone, de Novare, de Lomelline , le Val de Sesia, etc. Compris, après le traité de Campo- Formio , dans la République cisalpine , puis dans le royaume d’Italie, il forma, en 1815, la plus grande partie du gvt de Milan dans le royaume Lombard-Vénitien.

MILBERT (Jacques-Gérard ) , peintre naturaliste, né à Paris en 1766, m. en 1840, fut professeur de dessin à l’Ecole des mines en 1795 , membre de la commission scientifique d’Egypte en 1798 , fit partie de l’expédition de Baudin aux Terres australes, 1800-04, séjourna quelque temps à l’île de France, et fut chargé parle gouvernement d’explorer l’Amérique du Nord. On a de lui : Voyage pittoresque à Vile de France , au Cap de Donne-Espérance et à Vile de Ténériffe , 1812 , 2 vol. in-8° et atlas; Itinéraire pittoresque du fleuve Hudson , 1827-29, 2 vol. in-4° et atlas.

MILE ou MILET (Francisque), peintre, né à Anvers en 1644, m. en 1680 , était fils d’un tourneur d’ivoire de Dijon , qui s’établit en Flandre. Elève de Laurent Francken, il visita la Hollande , la France et l’Angleterre. A Paris , il s’éprit tellement du Poussin, qu’il l’imita. Sa mémoire était si bonne, qu’après avoir considéré attentivement un paysage , il pouvait le reproduire : son talent de peintre d’histoire le fit nommer professeur à l’Académie de France. Il fut empoisonné , dit-on , par des peintres jaloux. A. M.

MILET, Miletos , né en Crète, d’Apollon et d’Areia, ou d’Acacallis , fille de Minos, ou de Déione. Exposé et nourri par des loups, il se vit poursuivi par Minos, alla fonder Milet en Carie, épousa Cyanée, et en eut Caunus etByblis.

Milet, Milelus , anc. v. de î’Asie-Mineure occidentale, sur la côte O. de la Carie et la rive S. du golfe Latmique, à 80 stades au S. del’embouch. du Méandre. Fondée par les Crétois avant la guerre de Troie , puis colonisée par les Ioniens après l’invasion des Héraelides dans le Péloponèse , elle dut à sa position de rivaliser, du vme au vi» siècle av. J.-C. , avec Tyr et Carthage , équipa seule jusqu’à 100 vaisseaux de guerre, fit le commerce jusqu’aux Colonnes d’Herculc , fonda en Egypte Naueratis, Chemmis

I et le mur des Milésiens sur la rive O. de la branche Sében- ! nytique du Nil , et , sur les côtes de la Propontide et du | Pont-Euxin, jusqu’à 300 colonies (Cyzique, Sinope , Abydos , Istropolis, Tomi, Olbia ou Milétopolis, Apollonia, Odessus, Panticapée, etc.). Elle attira ainsi à elle tout le commerce du Nord en blé , poissons secs , esclaves et pel- | leteries ; elle exportait elle-même des laines fines, des tissus | précieux , de l’écume de mer et des roses. Un mur la séparait en deux villes; ses 4 ports étaient protégés par le i groupe des îles Tragaséennes ( Lada , Dromiscus et Perne).

Ses environs offraient d’excellents pâturages. A 180 stades | au S., était le temple d’Apollon Didyméen, avec un oracle confié à la garde des Branchides. — Patrie de Thalès , d’Anaximandre , d’Anaximène , des logographes Cadmus et Hécatée , d’Aspasie, d’Eschine , Milet fut le berceau de la philosophie ionienne et de l’histoire grecque. Après avoir traversé bien des troubles civils et échappé aux convoitises des rois de Lydie, elle fut prise et pillée par les Perses; en 504, son gouverneur Aristagoras fit soulever toute l'Ionie contre Darius Ier, et provoqua les guerres Médiques. Dévastée par Alexandre , Milet a été presque détruite par les Turcs ou les Mongols, et est restée une place de commerce médiocre; Hiéroclès la nomme encore. Milet fut célèbre par la corruption de ses mœurs : un de ses habitants, Aristide, inventa le genre de littérature appelé dans l’antiquité Fables milésiaques , origine du roman licencieux. — Il reste quelques ruines du temple d’Apollon, mais la ville même est ensevelie près d’un bourg appelé Pallnthia, dans un lac du Méandre, dont les alluvions ont comblé le golfe Latmique. V. Rambach, de Mileto, ejusque coloniis, Hal., 1790, in-4°; Schrôder, Commentaria de rebus Milesiorum, Stralsund, 1827, in-4°; Soldan, Derum Milesiacarum comment. ; Darmstadt, 1829, in-4” A. G.

MILETO, v. du royaume d’Italie (Prov. de Catanzaro), à 6 kil. S.-S. -O. de Monteleone; 5,724 hab. Détruite par un tremblement de terre en 1783.

MILETOPOLIS. V. Olbia.

MILFORD-HAYEN, port excellent d’Angleterre, à l’extrémité S. -O. du pays de Galles, comté et à 9 kil. O. -N. -O. de Pembroke; aisément accessible en tout temps aux grands vaisseaux. La ville de Milford, fondée en 1790, est au N. du port; 6,000 hab. Beaux sites.

M1LHAU ou MILLAU, Æmilianum castrum , s.-préf. (Aveyron), à 48 kil. S. -E.de Rodez, sur la rive dr. du Tarn; 11,250 hab. Tribunaux de lre instance et de commerce, collège. Eglise calviniste. Fabriques de draps et de gants, tanneries, mégisseries, chamoiseries. Commerce de laines, cuirs, bois, amandes, vins. — Titre d’une vicomté du Rouergue, elle devint, au xvie siècle, une des principales places des calvinistes; ils y tinrent (les assemblées générales en 1573 et 1620 ; Richelieu fit détruire ses fortifications en 1629. Patrie du vicomte de Bonald.

MILIANAH, anc. Maliana ou Manliana, v. forte d’Algérie, prov. et à 118 kil. O.-S.-O. d’Alger; 7,450 hab. (y compris la colonie agricole i'Affreville). Ruines romaines. Elle commande la vallée du Chélif, et est assise à mi-côte sur un contre-fort du Zakkar. Ch.-l. d’une subdivision militaire. Prise à Abd-el-Kader par le maréchal Valée en 1840. Erigée en commissariat civil en 1850, en commune en 1854, en s.-préf. du département d’Alger en 1858. Service de diligences pour Orléansville. B.

MILICE (Droit de). V. Cité romaine.

milice (Maître de la). F. maître.

milice, troupe auxiliaire de l’armée de ligne dans l’anc. monarchie française; elle se composait de l’enrôlement général de tous les hommes valides de 16 à 40 ans, presque exclusivement de la classe du tiers-état. Les intendants des provinces en tenaient le contrôle , et , dans les appels, fixaient le nombre de miliciens à fournir par chaque commune; les enrôlés tiraient au sort ceux qui devaient partir. La durée du service était de 6 ans. A son départ, chaque soldat recevait de sa commune 3 livres d’argent, des vêtements et du linge ; l’Etat fournissait le reste de l’équipement. Les miliciens ne servaient qu’en temps de guerre ; à la paix , on les congédiait sans les libérer, et les cadres étaient conservés de manière à pouvoir rentrer promptement en campagne. — La milice fut originairement une garde bourgeoise , pour faire la police de nuit dans les villes ( V. Guet), et, en cas d’invasion, défendre la cité. Sous Louis VI, vers 1108, les gardes bourgeoises étaient obligées d’aller à la guerre au premier ordre du roi. Elles servaient à leurs frais , et choisissaient leurs chefs. Louis XIV créa , en 1688 , une milice temporaire, en levant 25,000 hommes, pris dans toutes les communes, qui durent les fournir armés et équipés. Le service fut fixé à 2 ans, et d’autres levées furent faites j usqu’à la paix

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de Ryswiek, 1697. L’institution permanente de la milice ne date que du temps de Louis XV, en 1726. Diverses ordonnances royales en fixèrent l’effectif , suivant les besoins de la guerre : elle fut, en 1741, de 79,000 hommes; en 1758, de 80,000; en 1762, de 91,000 ; en 1765 , de 74,000 ; en 1774, de 44,000. La milice a été l'emplacée, au début de la Révolution, par la garde nationale ( V. ce mot).

MILITAIRE (Ecole), grand et bel établissement, situé à Paris, à l’extrémité S. du Champ-de-Mars, et occupant un vaste parallélogramme borné à l’E. par l’avenue de Labourdonnaie, à l’O. par l’avenue de Suffren , au S. par l’avenue de Lowendal. Il y a deux façades, l’une au N., sur le Champ-de-Mars, l’autre au S., sur la place de Fontenoy. Celle du N. se compose de 5 corps de bâtiments à la suite les uns des autres : le principal , celui du centre, a toute la physionomie d’un palais ; c’est un rez-de-chaussée fort élevé, surmonté d’un 1er étage, percés chacun de 21 fenêtres encadrées de beaux chambranles, plus, un rang de petites fenêtres carrées dans la frise. Un portique de 8 colonnes corinthiennes cannelées, adossées, de 13 mèt. de hauteur environ, forme le sujet de milieu de cette masse; elles embrassent la hauteur des 2 étages, et 4 supportent un fronton, au-dessus duquel règne, en retraite, un attique couronné par un gros dôme quadrangulaire. A ce grand corps sont rattachés deux autres bâtiments, fortement en retraite sur la façade, et de proportions beaucoup moindres : ils ont aussi un seul étage sur le rez-dechaussée, sont percés de 11 fenêtres chacun, et ornés à leur centre d’un fronton porté sur 4 colonnes ioniques adossées, hautes de 8 mèt. environ , embrassant les deux rangs de fenêtres. A la suite de ces ailes, sur la même ligne, interrompue seulement par une ouverture de grille, s’élèvent 2 autres bâtiments plus importants, à un étage sur rez-de-chaussée, percés de 23 fenêtres, et dont le centre est accusé par un pavillon légèrement en saillie , avec attique couverte par un toit quadrangulaire. L’ensemble de ces divers corps forme une façade qui occupe toute la largeur du Champ-de-Mars, et mesure 420 mèt. — L’entrée principale de l’Ecole est par la place de Fontenoy. Une large grille, entre 2 pavillons, puis, après les pavillons, un fossé revêtu de maçonnerie, en forment la clôture. Immédiatement après est une cour carrée de 136m43 de côté, avec bâtiments de service sur ses parties latérales. Au fond, une très-belle grille, entre 2 pavillons, la sépare d’une 2e cour, autrefois appelée Cour royale , de 87m 70 en carré, ouverte en avant du corps de bâtiment principal , orné aussi de ce côté d’uu péristyle de 4 grandes colonnes corinthiennes adossées, surmontées d’un fronton. Deux pavillons prolongent ce bâtiment par des ailes en retour, d’où partent deux portiques de chacun 24 colonnes doriques accouplées, cannelées dans les deux derniers tiers de leur hauteur, et formant toute la profondeur de la cour. Au milieu , un fronton à 4 colonnes forme une sortie conduisant aux cours des petits bâtiments latéraux. Le reste des constructions, très-simple, est affecté à des casernes, écuries, etc. — L’Ecole militaire est un des beaux monuments de Paris. Le corps principal, par sa masse, son étendue, sa régularité, rappelle l’ordonnance et le style des plus célèbres palais d’Italie, au plus bel âge de l’architecture. L’établissement présente partout un ensemble vaste et régulier. Gabriel en fut l’architecte ; mais les 2 bâtiments des extrémités de la façade sur le Champde-Mars n'ont été élevés qu’en 1855. Louis XV fonda l’Ecole militaire, en 1751, pour l’éducation gratuite de 500 gentilshommes pauvres. Pendant la Révolution, on en fit un quartier de cavalerie. Le 1er consul Bonaparte y plaça son quartier-général , puis y caserna sa garde impériale. Napoléon III lui donna la même destination : elle contient ( en 1856 ) 2 batteries d’artillerie, un régiment de grenadiers, un de cuirassiers , et peut loger 5,400 hommes et 1,500 chevaux. La superficie des terrains et des bâtiments est de 116,528 mèt. C. D y.

MILITAIRES (Confins). V. Confins militaires.

MILITELLO , v. de Sicile, prov. et à 35 kil. S.- O. de Catane ; 9,792 hab.

MILITSCH , v. des Etats prussiens (Silésie), à 56 kil. N.-N.-E. de Breslau, sur b» Bartsch ; 2,200 hab. Beau château. Cuirs, souliers

MILIZIA (Francesco), architecte, né à Oria (Terre d’Otrante) en 1725, m. à Rome en 1798, d’une famille noble et riche. Il est surtout connu par des ouvrages écrits sur son art, et dont les principaux sont : SIemorie decjli architetti antichi e modérai, Parme, 1781, in-8°, histoire de 1 art par les monuments , plutôt que biographie d’architectes, du reste ouvrage estimé ; Principi d’architettura civile, Finale, 1781; 3® édit., Bassano, 3 vol. in-8°, traité plein

I de goût , de connaissances variées , et son meilleur ouvrage : L'arle di vedere nelle belle arti del diseqno, Venise, 1781; ibid. , 1823, in-12, livre de critique, où sont passés en revue, et jugés avec une extrême sévérité, les travaux les plus célèbres dans les arts du dessin , etc. Le premier et le second de ces ouvrages de Milizia ont été traduits en français par Pommereul sous les titres : Essai sur l’histoire de l’architecture,... La Haye, 1819, 3 vol. in-8°; l'Art de voir dans les beaux-arts, Paris, 1798, in-8°; 2e édit., 1799, in-8°. C. D— y.

MILLAS . ch.-l. de cant. (Pyrénées-Orientales), arr. et â 18 kil. O. de Perpignan, sur la Tet; 1,908 hab.

MILLE, mesure itinéraire desanc. Romains, valant mille pas major de 5 pieds chacun, ou 1,481 mèt. et une fraction; 5 milles valaient 7,407 mèt., et 10 milles, 14,815 mèt.

Valeur du mille chez les modernes.

Allemagne (mille ordinaire) 7,408m

— (grand mille). 9,270

Angleterre 1,609

Danemark 7,532

Hollande 7,408

Hongrie 7,586

Irlande 1,609

Italie ( Rome, Naples, etc.), mille marin ou géogra-

phique , employé par les navigateurs de toutes les

nations l,852m

Piémont 2,466

Pologne 5,556

Prusse .7,532

Suède 10,688

Suisse 8,369

Toscane 1,652

Etats-Unis 1,609

mille d’or, Milliarium aureum, colonne milliaire élevée par Auguste, dans le Forum romain, devant le temple de Saturne, et destinée à servir de point de départ pour me surer les distances sur les routes sortant de Rome.

MILLEDUEVILLE , v. desEtats-Unis, capitale de l’Etat de Géorgie, sur l’Oconee, à 1,027 kil. S.- O. de Washington, 264 N.-O. de Savannah; 4,500 hab. Siège du gouvernement; arsenal, pénitentiaire, école classique.

MILLÉNAIRES ou CHILIASTES, secLures qui enseignaient qu’avant le jugement dernier les élus devaient passer 1,000 ans sur la terre pour se livrer à toutes sortes de plaisirs.

MILLER ( Philippe) , célèbre jardinier anglais et botaniste distingué, né en Ecosse en 1691, m. à Chelsea en 1771, a publié : Dictionnaire du jardinier et du fleuriste, Lond., 1724, 2 vol. in-8°: Calalogus plantarum o/ficinalium quœ in horto bolanico Chelseiano aluntur, 1730, iu-8°; Dictionnaire des jardiniers, 1731, in-fol., trad. par Chazelles, 1785-88,8 vol. in-4°;

Calendrier du jardinier fleuriste , 2e édit., 1732, in-8u, etc.

M1LLERY, brg (Rhône), arr. età 16 kil. S.-S. -O. de Lyon; 1,410 hab. Très-bons vins rouges.

MILLES1MO, brg du royaume d’Italie (Gênes), ^r. et à 22 kil. O. -N.-O. de Savone, sur la rive droite de la Bormida; 1,200 hab. Entouré de montagnes.' Célèbre par une victoire du général Bonaparte sur les Autrichiens et les Piémontais, le 14 avril 1796.

MILLEVOYÈ (Charles-Hubert), poète élégiaque, né à Abbeville en 1782, m. en 1816, avait d’abord embrassé la profession du barreau, puis, par nécessité, se fit commis de librairie à Paris, mais sans renoncer au culte des Muses. Enfin, il s’y donna tout entier, et disputa avec succès les prix académiques. Une maladie de consomption l’enleva à l’âge de 34 ans. Ses plus touchantes élégies, le Poète mourant, la Chute des feuilles, Priez pour moi, furent ses adieux à la vie. 11 a réussi encore dans de petites pièces tenant de l’épitre et du discours en vers, tels que V Indépendance de l’homme de lettres, 1806; le Voyageur, 1807 ; la Mort deGoffin , 1812; Delzunce, l' Amour maternel, etc., la plupart couronnées par l’Académie Française. Ses élégies respirent un sentiment vrai et une douce mélancolie, sous une forme d’un goût parfois douteux. Il a composé aussi deux petits poëmes héroïques , Charlemagne à Pavie, en 6 chants ; Alfred, en 4 chants, l’un et l’autre en vers de 10 syllabes; et des traductions en vers, assez estimées, îles premiers chants de l’ Iliade, et de plusieurs Dialogues de Lucien. En résumé, le talent poétique de Millevoye est décoloré, et sans originalité. On a réuni ses Œuvres complètes en 4 vol. in-8°, Paris, 1822, et 2 vol. in-8°, ibid.,

MILL1A1RES (Pierres), pierres placées de mille en mille pas sur les voies romaines, et indiquant la distance de Rome, ou d’un autre grand centre de population, au moyen d’une inscription numérale. Les Milliaires avaient ; la forme d’une colonne tronquée, cylindrique, et quelque- ; fois à pans, haute de 2m,30 à 2m,60, et posée sur un socle j carré. En Italie, les distances étaient indiquées en milles,

; et dans les Gaules en lieues. C. Gracchus fit poser les pre- ! miers milliaires l’an 632 de Rome. C. D — y.

j M1LL1N (Aubin-Louis), naturaliste et archéologue, né

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MIL

à Paris en 1759, m. en 1818, devint conservateur du Cabinet des Médailles en 1794, professeur d’histoire à l’Ecole centrale de la Seine, et chef de division pour l’instruction publique. Dès 1792, il avait fondé, avec Noël et Warens, le journal le Magasin encyclopédique. De 1807 à 1813, il voyagea en France, en Italie, en Sicile, d’où il rapporta une foule de matériaux pour ses ouvrages. On a de lui : Mélanges de littérature étrangère , 1785-86, 6 vol.in-12; Discours sur l'origine et les progrès de l'histoire naturelle en France, 1790, in-4°; Minéralogie homérique, 1790, in-8°; Antiquités nationales , ou Recueil de monuments pour servir à l'histoire de l’Empire français , 1790-98, 5 vol. gr. iu-4” avec fig., non terminé; Eléments d'histoire naturelle , 1794, in-8°; Introduction à l’étude des monuments antiques, 1796-1811, 4 part. in-8°; Monuments antiques inédits , 1802-04, 2 vol. in-4° ; Dictionnaire des beaux-arts, 1806, 3 vol. in-8°, et 1842, 6 vol. in-8° ; Histoire métallique de la Révolution française , 1806, in-4° ; Voyage dans les départements du midi de la France,

1807- 11; 5 vol. in-8°, avec atlas in-4°; Description des peintures et des vases antiques, vulgairement appelés étrusques,

1808- 10, in-fol,; Galerie mythologique, 1811, 2 vol. in-8°,

fig. ; Voyage en Savoie, en Piémont, 1816, 2 vol. in-8°; Voyage dans le Milanais, à Plaisance, à Crémone, etc., 1817 ; 2 vol. in-8°. Il a de plus rédigé sans interruption le Magasin encyclopédique jusqu’en 1816, 122 vol. in-8°. Les ouvrages de iMillin sont intéressants et utiles, mais faits avec un peu de précipitation. B.

MILLINGEN (Jean), archéologue, né à Londres en 1775, m. en 1845, a consacré toute sa vie à la culture des arts, et passa une grande partie de sa jeunesse à Paris. On a de lui plusieurs ouvrages d’archéologie fort estimés, dont les principaux sont : Peintures antiques inédites de vases grecs, Rome, 1813, in-fol., 63 pl.; Peintures antiques de vases grecs de la collection de sir J. Coghill-Barl, Rome, 1817, in-fol. , 52 pl.; Monuments anciens inédits de l’art grec dans les principales collections de la Grande-Bretagne, Londres, 1823-26, 2 vol. in-4°, fig., etc.

MILLOT (l’abbé Claude-François-Xavier), historien, né en 1726 à Ornans (Franche-Comté), m. en 1785, eutra dans l’ordre des Jésuites, professa la rhétorique à leur collège de Lyon, obtint en 1768 la chaire d’histoire au collège des Nobles à Parme, fut nommé, en 1778, précepteur du duc d’Enghien. L’année précédente, il était entré à l’Académie française. On a de lui ; Eléments de l'histoire de France, Paris, 1767-69, 3 vol. in-12; Eléments de l’histoire d' Angleterre , 1769, 3 vol. in-12; Eléments d’histoire générale ancienne et moderne, 1772-83, 9 vol. in-12 : ces trois ouvrages ont été réunis sous le titre d ’OEuvres de l’abbe Miltot, Paris, 1800, 15 vol. in-8°, et 1819-20, 12 vol. iu-8°; Histoire littéraire des Troubadours, 1774, 3 vol. in-12, abrégé de l’ouvrage de Lacurne de Sainte-Palaye ; Mémoires politiques et militaires pour servir à l’histoire de Louis XIV et de Louis XV, 4 vol. in-12, 1777, rédigés sur les manuscrits du duc de Noailles; Extraits de l'histoire ancienne, de T histoire romaine, et de l’histoire de France, imprimés dans le Cours d'histoire à l'usage de T Ecole militaire ; Dialogues et Vie du duc de Bourgogne, père de Louis XV, Besançon, 1816, in-8°, ouvrage composé pour l’éducatiou du duc d’Enghien. Le style de cet écrivain est, en général, clair, mais sec, sans couleur, et ses histoires sont des livres très-médiocres, où les faits s’entassent sans se graver dans l’esprit.

MILLS (Charles), historien anglais, né en 1788, près de Greenwich, m. en 1825, a laissé : Histoire du mahométisme, Londres, 1817,in-8°; Histoire des Croisades, trad. en français par P. Tiby, 1825-35, 3 vol. in-8°; Voyage de Th. Duras dans différentes contrées de l’Europe à l'époque de la renaissance des lettres, 1823, 2 vol. in-8° ; Histoire de la chevalerie, 1825, 2 vol. in-8°.

MILLY, ch.-l. de cant. (Seine-et-Oise), arr. et à 25 kil. E. d’Etnmpes; 2,212 hab. Château gothique, assiégé par les Anglais sous Charles VIL Commerce de grains, farines, bestiaux, chanvre.

MJLO, anc. Melos, île de l’Archipel, une des Cyclades, au S. de la Grèce, en face de la Morée; par 36° 40' 27" lat. N., et 22° 3' 1" long. E.; 24 kil. sur 16; 7,000 hab. Son sol volcanique produisait autrefois du fer estimé; il y a toujours du soufre, de l’alun, des sources minérales. Climat doux, mais peu salubre. Riches pâturages. Milo, ch.-l. de l’ile, est le siège d’un évêque catholique et d’un évêque grec; on n’y compte que 500 hab. — Colonisée de bonne heure par les Phéniciens, puis par les Spartiates, Milo resta indépendante pendant sept cents ans. En 417 av. J.-C., Athènes la conquit et la saccagea; 500 colons, sujets d’Athènes, furent envoyés dans l’ile pour la repeupler. Restes de murailles cyclopéennes, vaste amphithéâtre

en marbre ; l’amiral Dumont-d’Urville y trouva la belle statue devenue célèbre sous le nom de Vénus de Milo, et qui est au musée du Louvre. En 1836, ou découvrit les restes d’un tribunal avec ses sièges, et en 1844, les premières catacombes chrétiennes qu’on ait trouvées en Grèce. F — x.

MILON, de Crotone, célèbre athlète, d’une force et d’une voracité prodigieuses, fut vainqueur sept fois aux jeux Pythiques, et six fois aux jeux Olympiques. Etant vieux, il essaya de fendre avec ses mains un chêne entr’ouvert ; il ne put les retirer de l’arbre, et fut dévoré par de» loups, vers 500 av. J.-C.

milon (Titus-Annius), natif de Lanuvium, et gendre de Sylla, contribua puissamment, pendant son tribunat, l’an 696 de Rome, 57 av. J.-C., au rappel de Cicéron. Ayant fait assassiner Clodius, son ennemi personnel, en 52, il, fut mis en jugement, et n’évita une condamnation capitale qu’en s’exilant avant le prononcé de la sentence ; il partit pour Marseille. Milon, irrité de n’avoir pas été rappelé lors de la dictature de César, revint, à main armée, chercha à soulever la Campanie et la Grande-Grèce, et périt devant Compsa, 48 av. J.-C.

MI LO RA DO VITSCH (Michel, comte), né à S‘-Pétersbourg en 1770, m. en 1825, entra au service dès l’âge de

10 ans, parvint au grade de général-major, en combattant contre les Turcs en 1789, contre les Polonais en 1792, et contre les Français dans toutes leurs guerres avec les Russes, entre autres dans les mémorables campagnes de 1805, 1812, 1813 et 1814. Il était d’une intrépidité à toute épreuve, qui, en 1812, le fit appeler par les Français « le Murat de l’armée russe. » 11 fut nommé gouverneur de Sl-Pétersbourg en 1820. Lors de la grande émeute militaire qui éclata dans cette capitale, le 25 décembre 1825, à propos de l’avénement de Nicolas Ier, Miloradovitsch, haranguant les révoltés pour les rappeler au devoir, fut tué par l’un d’eux d’un coup de pistolet.

MILTENBERG, v. de Bavière (Basse-Franconie), à 53 kil. O. de Wurzbourg, sur le Mein; 4,000 hab. Gymnase.

M1LTIADE, général athénien, conquit pour sa patrie Lemnos et les Cyclades. Ayant proposé, sans succès, aux officiers grecs chargés comme lui par Darius de la garde du pont sur l’Ister (le Danube) pendant que ce prince marchait contre les Scythes, de couper ce pont, pour ôter tout moyeu de retraite aux Perses et délivrer les Grecs d’Asie, il revint à Athènes pour échapper au ressentiment du monarque. Quand Darius fit envahir l’Attique par Datis et Artaplierne, Miltiade fut au nombre des 10 généraux chargés du commandement; ses collègues lui remirent tout pouvoir, et, par la grande victoire de Marathon,

11 sauva la Grèce, 490 av. J.-C. Sa prévoyance préserva aussi Athènes d’une attaque par mer, que méditait la flotte persane. Envoyé, l’année suivante, pour reprendre quelques îles de la mer Egée soumises aux Perses, il échoua devant Paros, fut accusé de trahison, et condamné à une amende de 50 talents (260,832 fr.) ; ne pouvant l’acquitter, il fut jeté en prison, où il mourut quelques jours après.

MILTIADE, pape. V. MELCHIADE.

MILTON (Jean), l’un des plus grands poètes anglais, né le 9 décembre 1608 à Londres, d’un notaire de cette ville, m. le 8 novembre 1674, reçut une éducation soignée, eut pour premier précepteur un austère puritain, Thomas Young, et passa sept années, 1625-1632, à l’université de Cambridge, au collège du Christ. D’un protestantisme trop indépendant pour accepter les honneurs et les devoirs de l’Eglise anglicane, d’un esprit trop libre pour entrer dans le barreau, il travailla à sa fantaisie et avec ardeur pendant cinq ans, puis voyagea. A Paris, il vit Grotius; à Milan, l’académie Délia Crusca voulut le consulter; il parla dans les cercles de Florence, visita Galilée à Areetri ; à Rome, Lucas Holstein lui ouvrit le Vatican. De Naples, il allait partir pour la Grèce, qu’il aimait, et dont il voulait que l’Angleterre secondât la délivrance, quand il fut rappelé par les troubles de sa patrie, en 1639. A ces premières années de Milton se rapportent ses premières poésies, des odes latines et grecques, des lettres en vers anglais, deux petits poèmes, V Allegro et le Penseroso, et un masque ou divertissement dramatique intitulé Cornus. Tout entier désormais aux événements politiques, il publia, en 1641, ses premiers ouvrages en prose, peu lus aujourd’hui à cause des discussions théologiques qu’ils renferment, mais où l’on trouve cependant de grandes beautés : de la Déforme de la discipline ; de l’Episcopat; Défense de V église presbytérienne .Milton y défendait la liberté religieuse contre l'Eglise anglicane. Dans des écrits sur l'éducation et sur la liberté de la presse, 1644, il défendit la liberté d’esprit en attaquant l’enseignement des universités et en combattant

MIM

MIN

la censure. Il se fit enfin l’avocat de la liberté domestique jusqu'à soutenir le divorce dans des ouvrages intitulés Tétracliordon et Colaslerion , etc. , 1645. Après la mort de Charles Ier, quoiqu’il n’approuvât pas ce crime , et qu’il n’eût pas jusqu’alors écrit une seule ligne contre la royauté, il défendit la cause de la Révolution, et soutint la doctrine du contrat social, et même celle du régicide contre Saumaise, dans divers écrits: de la Responsabilité des rois et des magistrats..., 1648-9; l’Iconoclaste, 1651 ; Première défense de la nation anglaise..., 1651. Ces pamphlets ayant attiré l’attention publique, Milton fut nommé secrétaire latin du nouveau conseil d’Etat, supplia Cromwell de respecter la liberté, et, par ses infatigables travaux, acheva d’user sa vue; il était complètement aveugle à la fin de 1652. Cela ne l’empêcha pas d’écrire de nouvelles réponses à Saumaise , telles que : Seconde défense de la nation anglaise; Défense de l'auteur. Il fit aussi un plaidoyer pour la séparation du spirituel et du temporel, et un autre contre le salaire du clergé, 1659. L’année suivante, prévoyant une prochaine restauration, il essaya de la prévenir, et proposa tout un plan de république aristocratique ( Lettre à un ami. Lettre à Monck, etc.). Après la restauration, dédaigné, insulté par la cour de Charles II, maltraité même par ses propres filles, triste et déçu, il se représenta dans sa tragédie de Samson, publia une Histoire d' Angleterre, avant la conquête, une Logique, un dernier pamphlet contre le papisme, et se réfugia enfin, loin de tant de déboires, dans la culture des lettres. Il écrivit un Traité de la doctrine chrétienne, et s’occupa de la composition du grand ouvrage qui fait auj. sa réputation, le Paradis perdu, poème en 12 chants, écrits en vers blancs, conception originale, pleine des plus graudes beautés, et dans laquelle le poète a tout imaginé, sans sortir du merveilleux chrétien (V. notre Dic.tionn. des lettres, au mot Paradis peudd).— Milton n’a jamais été un véritable homme d’Etat, mais, l’un des premiers, il a soutenu les principes libéraux qui distinguent l’esprit moderne de celui de la scolastique et du moyen âge. Il est surtout poète : le Paradis perdu , malgré les efforts de Dryden, fut peu lu d’abord. L'athéisme et la corruption de cette époque la rendaient sourde à ces chants religieux. D’ailleurs, si Milton atteint souvent le sublime, des inventions un peu bizarres, quelques fastidieux détails, et des subtilités de controverse, sont autant de défauts qui obscurcissent son talent; il n’en brille pas moins d’un éclat presque égal à la hauteur de son sujet, et il se place, avec Shakspeare, au premier rang parmi les poètes de l’Angleterre. Il composa, comme suite à ce poème, le Paradis reconquis, poème en 4 chants, qui n’eut et ne méritait aucun succès. Ses OEuvres complètes ont été recueillies (moins le Traité de la doctrine chrétienne, publié par le Dr Sumner, Londres, 1825, in-4°), par Fletcher, Londres, 1840, gr. in-8°; le Paradis perdu a été traduit en prose par Dupré de Saint-Maur, L. Racine, Salgues, Chateaubriand, etc., en versparH. Leroy, parDelille. V. Elude sur les pamphlets de Milton , par A. Gefîroy, Paris, 1848, in-8°; Th. Keightley, Vie, écrits et opinions de J. Milton, Londres, 1855. A. (ç

MILTON’, brg et paroisse d’Angleterre (Kent), à 17 kil. N.-E. de Maidstone, sur une crique de la Manche; 2,250 hab. Huîtres renommées.

M1LV1US (Pont), aujourd’hui Molle, pont sur le Tibre, à 2 kilomètres N. -O. de Rome, sur la route d'Etrurie. Près de là, Constantin remporta une victoire sur Maxence ( V. ce mot).

. MILWAUKIE , v. des Etats-Unis (Wisconsin), sur la rive O. du lac Michigan , à l’embouchure d’une rivière de son nom, à 145 kilomètr. N. de Chicago, 75 de Madison; 1,754 habitants en 1840, 47,000 en 1860. Port trèsfréquenté. Construction de machines, brasseries, briqueteries, etc. Grand commerce de céréales. Centre de plusieurs chemins de fer.

Ml LT ADE, Milyas, nom de la Lycie, s’appliquait encore, lors des guerres Médiques, à une petite contrée s’étendant du mont Cadmus au N., borne de la Phrygie, au mont laurus au S., limite de la Lycie et de la Pamphylie. Sous les feeleucides, il ne fut plus donné qu’à la partie E., la partie O. portant celui de Cabalie; le pays tout entier était compris tantôt dans la province de Lycie, tantôt dans ce! le de Pamphylie ou de Pisidie. Après la défaite «lAntiochus, les Romains le donnèrent à Eumène. Les habitants , appelés Milyes, étaient les restes des anciens Solymes. q p

^3nMAKL?NI,?ES ou MIMALLONES, nom macédonien uGs Bacchantes ( V . ce mot}.

MIMAS, géant foudroyé par Jupiter. On le croyait étendu sous l’ile Prochyta. :

MIMATUM, nom latin de Mende.

MIM1ZAN, ch.-l. de canton (Landes), arr. et à 74 kil N. -O. de Mont-de-Marsan; 1,008 hab. U avait autrefois un port, auj. comblé par les sables. Eglise curieuse; restes d’une voie romaine. Belles verreries.

MIMEURE (Jacques- Louis Valon, marquis de), né à Dijon en 1659, m. en 1719, menin de Monseigneur, fils de Louis XIV, fut lieutenant-général. On a de lui quelques poésies qui ne sont pas inférieures à celles de Racau et de Malherbe.

MIME, Mimus, drame familier, chez les anciens Romains. C’étaient, vers la fin de la République, des espèces de farces écrites en vers, et d’une composition très-imparfaite. Elles furent en grande faveur sous César. On appelait aussi mimes les acteurs ou les actrices qui jouaient ce genre de pièces. V. Ziegler, De Mimis Romanorum, Gœttingue, 1788.

MIMNERME, poète grec, né à Colophon, florissait vers 650 av. J.-C. Le premier, il donna à l’élégie un caractère voluptueux. Ses œuvres étaient réunies sous le nom de Namno, c.-à-d. sans doute d’une maîtresse à laquelle il les adressait. Il n’en reste plus que de courts fragments, dont les vers ont beaucoup de douceur et d’harmonie. Les meilleures éditions sont celles de Bach, Leipzig, 1826, et de Traner, Upsal, 1833, in-4°. V. Marx, De Mimnerrno, Coesfeld, 1831 ; Schœnemann, Commentalio de vitâ et carminibus Mimnermi, Gœttingue, 1823. D — R.

MINA (Francisco Espoz y) , chef de partisans en Espagne, né en 1781, à Idozin (Navarre), m. en 1836, prit une part active à la guerre de l’Indépendance, de 1809 à 1814, et obtint successivement les grades de colonel, de brigadier, et de maréchal-de-camp. Mais, aussi ennemi du despotisme de Ferdinand VII que de la domination étrangère, il abandonna l’Espagne en 1814 Rappelé par la Révolution de 1820, il accepta des constitutionnels insurgés le titre de capitaine-général de la Galice, s’empara de la Catalogne, et tint tête au maréchal Moncey; obligé de céder sous le nombre, il signa, en 1823, une convention honorable avec les Français, et se retira en Angleterre. En 1834, il revint dans sa patrie, pour défendre la monarchie constitutionnelle contre Don Carlos; mais il mourut, deux ans après, des suites de ses blessures.

MINAGE, droit que les seigneurs féodaux prélevaient sur la mine de blé pour le mesurage.

M1NARD (Antoine), magistrat français du xvie siècle, né dans le Bourbonnais, débuta avec éclat au barreau de Paris, et devint avocat-général à la Chambre des comptes sous François Ier. Nommé président des enquêtes, il fut chargé d’examiner la conduite du chancelier Poyet, et sacrifia la justice à la volonté du roi. Promu président à mortier au Parlement, puis, en 1553, choisi pour curateur et conseiller de Marie Stuart, il se fit l’instrument de la haine d’Henri II contre les protestants. Chargé de faire le procès au conseiller Anne du Bourg, il siégea malgré les récusations de l’accusé, et fut tué d’un coup de pistolet par un inconnu en sortant du palais, à la nuit close, 1559. Le Parlement rendit une ordonnance appelée la Mmarde, portant qu’à l’avenir les audiences de l’après-midi, depuis la Saint- Martin jusqu’à Pâques, se termineraient avant la nuit.

M1NAR1ACUM V. Estaires.

MINAS-GLRAES, province de l’empire du Brésil, entre celles de Bahia et de Pernambouc au N., de Goyaz à l’O. , de St-Paul au S., de Rio-Janeiro au S.-E., et d’Espiritu- Santo à l’E. Superf., 616,000 kil. carrés environ; 975 kil. sur 700. Pop. : 1,300,000 hab., dont 200,000 esclaves. Ch.-l., Ouro-Prcto ou Villa-Rica. Sol très-boisé, traversé à l'E. par la Serra d’Espinaço, arrosé par le San-Franeisco, le Parana et le lîio-Grande, et généralement fertile et bien cultivé. Mines importantes d’or, d’argent, de enivre., de fer, d’étain, de plomb, de mercure, de diamants et de pierres précieuses. Fonderies de fer. Elève de bétail. — Cette province, détachée en 1720 de celle de Sl-Paul, englobe le district Diamantin ( V . ce mot).

MINCHING HAMPDEN, brg et paroisse d’Angleterre, comté et à 19 kil. S. -S.-E. de Gloucester, sur la Frome; 7,300 hab. Fabr. de lainages et de toiles.

MINCiO, anc. Mincius, riv. d’Italie, entre la Lombardie et la Vénétie, sort du lac de Garda, coule au S.-E. pai Peschiera et Mantoue, où il devient navigable, et se jette dans le Pô, rive g., à Governolo. Cours de 66 kil. Sur ses bords, le prince Eugène de Beauharnais battit les Autrichiens le 8 févr. 1814. Sous Napoléon Ier, le Mincio donna son nom à un département du royaume d’Italie; ch.-l., Mantoue. /

MINDANAO ou MAGINDANAO, île de la Malaisie, la seconde en grandeur et la plus méridionale de l’archipel

MIN

des Philippines, entre 5° et 10° lat. N., 119° et 124° long. E.; 1,200 kil. détour; 65,000 lui. carr. ; 1,000,000 d’hab., Papous dans l’intérieur, Malais sur les côtes. Découverte en 1521 par Magellan. Les Espagnols y ont trois établissements : Sambuangan, à l’O. ; Misamis, au N.; et Carago, à l’E. Une autre partie de l'île forme le royaume de Mindanao, gouverné par un sultan, et qui a une capitale de même nom. Une troisième division appartient aux Illanos, pirates qui infestent les côtes du S. Sol très-fertile, dont l’intérieur est encore peu connu. Exportation d’anis, maïs, muscade, indigo, sucre, et or.

M1NDELHE1M , Rostrum JSemoriœ , ville de Bavière, sur le Mindel, à 45 kilomètres S. -O. d’Augsbourg ; 2,300 hab. Donnée en apanage au duc de Marlborough.

MINDEN, Minda, v. des Etats prussiens (Westphalie), au confluent du Weser et de la Bastau, ch -I. de la régence et du cercle de son nom, à 90 kil. E.-N.-E. de Munster;

12.000 hab. Gymnase. Ecoles normale primaire et d’arts et métiers. Douane. Comptoir de la banque de Berlin. Raffineries de sucre, distilleries d’eau-de-vie considérables. Commerce de grains, lins, fils, eaux-de-vie, cuirs, tabac , draps. Prise en 1759 par les Français, qui l’occupèrent de nouveau de 1806 à 1814. — La régence de Minden, entre le Brunswick et les principautés de Lippe à l’E., les régences de Munster et d’Arenberg à 10., la principauté de Waldeck au S., et le Hanovre au N., a 437,040 hect., 97 kilomètres sur 91 ; 460,105 habitants, et est divisée en dix cercles.

minden, anc. évêché fondé par Charlemagne dans le pays des Saxons, vers 803. Il reçut d’Othon le Grand les droits régaliens, 961. Louis de Bavière l’érigea, en 1332, en duché indépendant. Il comprit alors une superficie de

120.000 hect., avec 70,000 hab. Par le traité de Westphalie, 1648, l’évêché de Minden fut sécularisé, et donné, sous le titre de principauté, à l’électeur de Brandebourg. En 1807, il fut incorporé au royaume de Westphalie, retourna à la Prusse eu 1814, et forme auj. la plus grande partie de la régence de Minden.

M1NDONIA , nom anc. de Mondonedo.

MINDURO, île de la Malaisie, une des Philippines, au S. de Luçon, par 13° 10’ latitude N., et 118° 4' longitude E. ; 200 kilomètr. sur 100; 30,000 hab. Ch.-l. , Calapan. Sol fertile ; intérieur peu connu.

MINE , poids de l’anc. Athènes, pesant 100 drachmes , et valant 435 grammes. — monnaie, valant, du temps de Périelès , 100 drachmes, ou 86 fr. 94 c. — anc. mesure française de capacité pour les choses sèches, contenant la moitié du setier de Paris (78 litres envirou).

mines (Conseil général des). V. conseil.

mines (Ecole des). V. école des mines.

mines (Ingénieurs des), fonctionnaires chargés delà direction et de l’exploitation des mines. On les créa , en 1783, au nombre de 4. Le corps des ingénieurs a été réorganisé en 1810.

MiNE-DE-cuiVRE (Rivière de). V. copper-mine-river.

M1NÈ1DES, filles du Thébain Minée, refusèrent d’assister à une fête en l’honneur de Bacchus , dont elles niaient la divinité, et furent changées en chauves-souris.

MINEO, ancienne Mène e, v. de Sicile, prov. et à 44 kil. S. -O. de Catane, 51 N. -O. de Syracuse; 8,638 hab.

MINERBINO, ville du roy. d’Italie (Prov. de Bari), à 32 kil. S -S. -O. de Barletta; 13,461 hab. Evêché.

MINERVAL, honoraire que, chez les anc. Romains, les écoliers portaient, chaque année, aux maîtres dont ils fréquentaient les écoles. Ils le donnaient le xiv des calendes d’avril (19 mars), à l’époque des grandes Quinquatries ou fêtes de Minerve. C. D — y.

MINERVE, en grec Athéna ou Pallas; dans les inscriptions étrusques, Mnerv ou Mnerf. Des traditions relatives à la naissance de cette déesse, la plus accréditée la fait sortir tout armée du cerveau de Jupiter, auquel Vulcain, ou Mercure, fendit le crâne d’un coup de hache. Minerve est la déesse de l’intelligence, elle anime l’homme, invente et protège les arts; par ses conseils, Argo construit le vaisseau des Argonautes, et Métharmon celui de Paris; elle donne à Pandore le don de broder et de coudre, protège même les arts agricoles, et fait naître l’olivier, dont elle fait présent à Athènes avec son nom. Déesse de la sagesse, elle préside à la justice; institue le tribunal de l’Aréopage, pour juger Oreste, meurtrier de sa mère, et acquitte ellemême le meurtrier. Déesse guerrière, elle perce le géant Pallas, dans la Gigantomachie , et accable Encelade sous le volcan de la Sicile. C’est la déesse du courage conduit par l’intelligence ; voilà pourquoi elle protège Persée, Hercule, Bellérophon, Ulysse. Elle dispute à Vénus et à Junon la pomme d’or sur le mont Ida. Vierge par excellence,

elle punit les regards indiscrets de Tirésias en le privant de la vue. Dans les processions, on promenait sol image voilée. La fête des Panathénées se célébrait en son honneur (F. Panathénées). L’Attique était son pays de prédilection. Phidias créa l’idéal de la déesse dans sa célèbre Minerve du Parthénon , haute de 36 pieds (11 mètres environ), exécutée en or et en ivoire. Les principaux attributs de Minerve sont la chouette, l’olivier, le casque, l’égide , le bouclier argien , au milieu duquel figure la tête de Méduse. Elle porte toujours la tunique Spartiate sans manches et sans coutures aux côtés, et par-dessus le péplum ( V . ce mot).

minerve, vge (Hérault), arr. et à 18 kil. S. de S‘-Pons; 400 hab. Autrefois important; pris et dévasté par Simon de Montfort , qui y fit brûler 4,000 hérétiques.

MINEURS (Frères). V. Franciscains.

mineurs , soldats exercés particulièrement au travail des mines militaires. Attachés d’abord à l’arme de l’artillerie, ils passèrent, en 1758, dans celle du génie, retournèrent à la première au commencement de la République, et revinrent définitivement à la deuxième dès 1793. Eu France, chaque bataillon a une compagnie de mineurs.

mineurs (Ecole des). V. école des mineurs.

mineurs (Ordres). V. ordres.

MINGREL1E, anc. Colchide , prov. de la Russie d’Asie, sur la pente S. du Caucase (gvt de Koutaïs), entre la mer Noiie à l’O., la Géorgie au N., l’Iméréthie à 1E., et la Gourie au S. ; 93 kil. sur 78 ; 90,000 hab., belliqueux et pillards (les femmes sont remarquables par leur beauté). Etat autonome, gouverné par une famille de princes indigènes portant le titre de dadian , et reconnaissant depuis 1803 la suzeraineté de l’empereur de Russie. 11 y a trois classes : les princes , les nobles , et les bourgeois. Evêché gréco-russe. Sol montagneux, arrosé par le Rioni. Immenses forêts; climat malsain. Tabac, soie, miel. Ch.-l., Redout-Kalèh.

MINHO, anc. Minius, fleuve d’Espagne et de Portugal, dont il forme une des limites depuis Melgaza, naît dans un lac près de la Sierra de Mondonedo (Galice). Cours de 270 kil. au S. et au S.-O. Emboueh. dans l’océan Atlantique, entre Camina et la Guardia. Bords riches en minium (vermillon), d’où vint le nom de Minius.

minho (Province du), division administrative du Portugal, au N., entre le Minho au N., l’océan Atlantique à l’O., le Douro au S. , qui la sépare de la prov. de Beira , et celle de Tras- os -Montes à l’E. ; 8,085 kil. carrés,

887,000 hab. Ch.-l., Oporto; ville principale, Braga. Sol fertile en céréales, fruits, vins, et riche en pâturages.

MIN1AC-MORVAN , brg (1 Ile-et-Vilaine), arr. et à 18 kil. S.-S.-E. de S‘-Malo ; 389 hab.

MINIATO (SAN-), v. du roy. d’Italie, province et à 30 kil. O. -S. -O. de Florence; 15,599 hab. Evêché; belle cathédrale. Lycée ; tribunal de lre instance. Berceau des familles Borromée et Bonaparte. — La sous-préfecture de San-Miniato a 105,600 hab.

, MINIÈH ou MINIÈH-EL-KASSIM, v. de la Moyenne- Égypte, à 206 kil. S. -S.-O. du Caire. Filât, de coton. Fabriques de bardaques, vases pour rafraîchir l’eau. — La province de Minièh, traversée par le canal de Joseph, qui y joint le Nil, touche à celles de Beni-Soueyf au Nord, et de Syout au Sud; 160,000 hab.

MINIMES. V. François de Paule.

MINISTÈRES, grandes administrations centrales, dont le siège est à Paris, et qui dirigent tous les services publics. Les attributions des ministres modernes n’ont rien de commun avec celles des officiers royaux qui, sous les noms de notaire, de référendaire, d ’apocrisiaire, de chancelier, etc., remplirent, auprès des rois de la lre et de la 2e race, des fonctions mal déterminées ; leur origine date seulement de la création des secrétaires d'Elat ou clercs du secret, institués par Louis IX. Charles VIII essaya vainement, en 1484, d’élever les fonctions de ses secrétaires , en les déclarant égaux aux barons et promus de droit à la chevalerie. Henri II fixa, en 1547, le nombre des secrétaires d’Etat à quatre. Il leur donna le titre de conseillers et secrétaires de ses commandements, et leurs fonctions furent érigées en titre d’office de la Couronne. Dès lors, les secrétaires d' Etat exercèrent les fonctions attribuées auj. aux ministres des divers départements, excepté la justice et les finances, qui dépendaient du chancelier ou garde des sceaux, et du surintendant. Du reste, ils n’avaient point de département fixe, et le roi pouvait leur assigner diverses attributions; la division des ministères était géographique , quant aux affaires étrangères et à celles de l’administration intérieure du royaume. Ils n’avaient pas encore le titre de ministres. Le premier qui porta ce titro

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sans restriction fut L’Aubespine en 1559, lors de la signature du traité de Câteau-Cambrésis. Sous Charles IX, on commença à centraliser les opérations administratives, et les secrétaires d'Etat eurent des attributions plus spéciales. En 1589, une déclaration d’Henri III détermina plus exactement les attributions des différents départements des secrétaires d’Etat; mais elle resta sans exécution. Sous Louis XIII, Richelieu réalisa cette organisation, et établit 4 départements : Affaires étrangères, Guerre, Maison du roi , Affaires de la religion réformée. L’administration de l’intérieur du royaume était partagée par provinces ou généralités, entre les 4 secrétaires d’Etat, sans égard même à la contiguïté du territoire. Les affaires du clergé et la marine étaient attachées tantôt à un département, tantôt à un autre ; elles furent, sous Louis XIV, attribuées au secrétaire d’Etat de la maison du roi, quoique, dans le langage habituel, on les désignât par le nom de minisires; car la qualification de Monseigneur n’appartenait officiellement qu’à ceux d’entre eux qui siégeaient au Conseil d’en haut (V. ce nom). Ces derniers étaient appelés ministres secrétaires d’Etat. Dans ce Conseil siégeaient aussi des ministres sans portefeuille, dits ministres d'Etat, dénomination qui date du règne de Louis XIII. Si l’on ajoute à ces 4 départements les finances, dirigées par le contrôleurgénéral , et la justice, dont le chancelier avait la haute administration, on aura les 6 ministères qui, en réalité, existèrent sous Louis XIV et sous ses deux successeurs. La puissance des ministres était alors très-grande, et c’est à partir de ce règne qu’on leur donna le titre de Monseigneur. Après la mort de Louis XIV, 1715, le Régent remplaça les ministères par 6 conseils; mais cette innovation n’eut qu’une très-courte durée, et les ministères furent rétablis en 1718. Au début de la Révolution, l’Assemblée constituante, 1791, modifia de nouveau l’organisation des ministères , dont le nombre fut fixé à 6 : Justice, Intérieur, Contributions et revenus publics, Guerre, Marine , Affaires étrangères; elle laissait au roi le droit de nommer les ministres et de les révoquer; mais, en 1792, quand Louis XVI fut suspendu de ses fonctions , l’Assemblée se réserva ce droit. La Convention supprima les ministères , et les remplaça, en 1794, par 12 commissions exécutives, dont elle nommait les membres, et qui étaient surveillées et dirigées par le Comité de salut public. Rétablis par la Constitution de l’an ni , les ministères furent maintenus par celle de l’an vin. Sous le Consulat et le 1er Empire , ils furent portés au nombre de 11 : les 5 nouveaux furent ceux du Trésor public , de V Administration de la guerre , des Cultes , de la Police générale , et du Commerce. Il y eut en outre un secrétaire d’Etat, en 1799, qui prit , en 1804, le titre de ministre secrétaire d'Etat, chargé de contre-signer les actes du gouvernement. Le nombre et les attributions des divers ministères ont encore varié depuis Napoléon Ier; ils sont aujourd’hui au nombre de 11 : Ministère d’Etat; des Affaires étrangères; de la Justice et des Cultes; de l’Intérieur; des Finances; de l’ Agriculture , du Commerce, et des Travaux publics ; de V Instruction publique ; de la Guerre; de la Marine et des Colonies ; de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts ; de la présidence du Conseil d’Etat.

Ministère d’Élat. Ce ministère date du 22 janvier 1852. Le décret d’organisation lui attribue les rapports du gouvernement avec le Sénat, le Corps législatif, et le Conseil d’Etat; la correspondance de l’Empereur avec les divers ministres; le contre-seing des décrets portant nomination des ministres, des présidents du Sénat et du Corps législatif, des sénateurs, des membres du Conseil d’Etat; la rédaction et la conservation des procès-verbaux du Conseil des ministres. Un décret du 23 juin 1863 l’a rendu tout à fait politique, en lui donnant, avec le ministre président du Conseil d’Etat, les fonctions confiées précédemment aux Ministres sans portefeuille ( V . ce mot au Supplément).

Ministère des Affaires étrangères. Guillaume Bochetel, secrétaire des commandements et finances du roi Henri II, parait avoir été le premier ministre chargé des affaires étrangères, dont Henri III fit un département spécial. Jusque-là, les secrétaires d’Etat se partageaient les relations avec les Etats étrangers. Cette division eut encore lieu sous Louis XIII : le cardinal de Richelieu établit, vers 1629, le ministère spécial des affaires étrangères. Pendant la Révolution, sous la Convention, ce département porta le nom de Commission du ministère des relations extérieures.

H prit, sous le Directoire (octobre 1795), le titre de Ministère des relations extérieures, qu’il garda sous le Consulat et le 1er Empire français. A la Restauration, 1811, il reprit le titre qu’il a conservé depuis. Le ministre des affaires étrangères a pour mission de faire les traités d’alliance !

et de commerce avec les nations étrangères; il entretient avec elles les rapports internationaux au moyen des ambassadeurs et autres agents diplomatiques, conserve les traités et documents diplomatiques de tout genre, protège à l’étranger les intérêts matériels et moraux de la France, etc.

Ministère de la Justice et des Cultes. L’administration générale de la justice, sous l’anc. monarchie, relevait du chancelier de France ( V . Chancelier) ou du garde des sceaux. En 1791, la charge de chancelier fut abolie, et l’on établit un ministre de la justice, qui joignit à ce titre celui de garde des sceaux de l’Etat, mais il le perdit en 1795, quand les ministères furent reconstitués ; le sceau de l’Etat passa alors entre les mains du président du Directoire, puis du 1er consul, et enfin de l’archi-chancelier. De 1802 à 1812, le ministre porta le titre de grand-juge. En 1814, les sceaux furent remis au chancelier, dont la charge fut rétablie, et, depuis 1815, au ministre de la justice, qui joignit à ce titre celui de garde des sceaux. Les attributions de ce ministère sont : l’institution des magistrats, la discipline des tribunaux, la correspondance avec les procureurs-généraux, la nomination des notaires, des avoués, des huissiers, etc., les recours en grâce, les commutations de peine, l'extradition des criminels, les lettres de naturalisation, etc., et l’administration des cultes (relations avec la Cour de Rome , correspondance avec les évêques, etc.), depuis le 23 juin 1863. Le ministre veille encore à la garde du sceau de l’Etat, l’appose sur les lois, traités et autres actes de chancellerie, promulgue les lois et en conserve les originaux. L’Imprimerie impériale forme une direction spéciale du ministère de la justice.

Ministère de l’Intérieur. La création de ce ministère est due à l’Assemblée constituante, en 1791. Il devait être spécialement un ministère de l’esprit public, pour diriger les opinions dans le sens de la nouvelle constitution donnée à la France. On lui assigna : 1° les affaires des provinces, précédemment réparties entre les 4 secrétaires d’Etat, mais qui, depuis 1789, ne ressortissaient plus qu’à ceux de la guerre et de la Maison du roi ; 2° les affaires du clergé et de la police générale, réunies dans ce dernier département en 1789; 3° les travaux publics, le commerce et l’agriculture, dépendant, avant 1789, du contrôle général des finances. Six des douze commissions instituées par la Convention, en 1794, furent chargées de ses attributions. 11 fut rétabli en Lan m ; on le démembra successivement pour former les ministères de la police générale, des cultes, et du commerce; mais il recouvra, sous la Restauration, toutes les attributions q"i lui avaient été enlevées. On en détacha de nouveau, en 1824, l'instruction publique et les cultes, et, en 1832, le commerce et les travaux publics. Le ministre de l’intérieur est chargé deveiller à la tranquillité et à la sûreté intérieures, de faire exécuter les lois de police générale et celles concernant les élections politiques, de diriger l’administration départementale et municipale, ainsi que les lignes télégraphiques, de surveiller l’administration des hôpitaux, des établissements de charité, des monts-de-piété, de constater le chiffre de la population par des recensements, etc. Il a aussi la direction de la partie officielle du Moniteur universel. — Un Ministère de la police générale fut créé en 1796, supprimé en 1802, rétabli de 1804 à 1814, puis de 1815 à 1818, enfin du 22 janvier 1852 au 21 juin 1853. Pendant les époques intermédiaires, la police fut exercée au ministère de l’intérieur, excepté de 1802 à 1804, où elle fit partie du ministère de la justice. Elle dépendit, au ministère de l’intérieur, d’un directeur général en 1814, 1815 et 1820, 1821. Depuis le 30 novembre 1859, la Direction de la sûreté publiqu^e st exercée par le préfet de police de Paris, sous le ministre fie l’intérieur.

Ministère des Finances. C’est sous François Ier qu’on voit le 1er intendant des finances, chargé d’enregistrer les recettes et de contrôler les dépenses. De cette institution^ sortirent, sous les règnes suivants, les intendants des finances, puis les surintendants et les contrôleurs- généraux. Henri IV supprima la place de surintendant, et établit un conseil de finances composé de huit membres, mais il rétablit bientôt le titre de surintendant en faveur de Sully. Colbert prit, en 1661, la direction de la fortune publique, avec le titre d o contrôleur-général des finances, qui resta à ses successeurs; quelquefois, cependant, ils portèrent celui de directeur-général des finances; Necker eut ce titre. A la mort de Louis XIV, le conseil fut rétabli, et administra de 1715 à 1718. La charge de contrôleur -général fut supprimée en 1791, et remplacée par un Ministère des contributions et revenus publics. Supprimé à son tour eu 1794, ce ministère fut rétabli par la loi du 4 oct. 1795,.

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sous le nom, qui lui est resté, de Ministère des Finances. En 1802, le premier consul fit du Trésor un ministère spécial, chargé exclusivement des dépenses, tandis qu’un ministre des finances était chargé des recettes. A la Restauration, ces doubles attributions furent données au ministère des finances. Ce ministère comprend deux grandes divisions : 1° administration centrale du ministère : direction du personnel, régies, contributions directes, mouvement général des fonds, dette inscrite, comptabilité générale des finances, contentieux, trésor public; 2° administration des finances : forêts, enregistrement et domaines, timbre, monnaies, tabacs, contributions indirectes, douanes et sels, postes. La Banque de France, la Caisse d’amortissement, celle' des dépôts et consignations, etc., dépendent du ministère des finances.

Ministère de T Agriculture, du Commerce et des Travaux publics. Ses attributions sont : distribution des encouragements au commerce, à l’industrie et à l’agriculture, Ecoles d’agriculture et de commerce, préparation des lois de douanes, publication des documents statistiques sur l’agriculture, l’industrie et le commerce. Ce ministère forme six directions : 1° secrétariat-général ; 2° commerce, arts et manufactures, agriculture et subsistances; 3° commerce extérieur; 4° ponts et chaussées; 5° travaux publics; 6° comptabilité. Depuis Louis XIV, les attributions de ce ministère faisaient partie du contrôle général des finances; en 1791, on les donna au ministre de l’intérieur; puis elles passèrent à 3 des 12 commissions qui remplacèrent les ministères en 1794-95. — En 1812, Napoléon 1er créa un ministère des manufactures et du commerce, supprimé en 1814, et rétabli de janvier 1828 à août 1829. En 1830, Charles X érigea la Direction générale des ponts et chaussées en ministère des travaux publics; en 1831, on forma un ministère du commerce et des travaux publics, comprenant l’agriculture, et, jusqu’en 1834, plusieurs parties de l’administration départementale. En 1839, on dédoubla les attributions de ce ministère pour en faire deux : le ministère des travaux publics, et celui de l’agriculture et du commerce. Enfin, au mois de juin 1853, ils ont été de nouveau réunis eu un seul ministère.

Ministère de V Instruction publique. Dans l’organisation de l’Assemblée constituante, la surveillance de l’instruction publique était attribuée au ministère de l’intérieur. Sous la Convention, une des commissions administratives en fut spécialement chargée. Sous le Directoire, elle revint au ministère de l’intérieur, et y resta attachée même après la création du grand-maître de l’Université par Napoléon 1er, titre qui dura jusqu’en 1824, où Louis XVIII créa un ministre des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique. En 1828, ces deux administrations formèrent deux ministères, puis, en 1829, furent réunies en un seul. Après juillet 1830, on y joignit les cultes dissidents. Les cultes en furent distraits en 1832, et dépendirent tantôt du ministère de la justice, tantôt de celui de l’intérieur. En 1848, on les lui rendit, et, en 1863, ils ont été transférés au ministère de la justice. Le ministre de l’instruction publique exerce la haute surveillance sur les établissements d’instruction publique, l’Institut, et le Collège de France, l’Académie de médecine, les Ecoles de médecine, de droit, etc.; les bibliothèques publiques, les Facultés, l’Ecole normale supérieure, les lycées, les collèges, les écoles normales primaires, etc. Il nomme et révoque les divers fonctionnaires de ces établissements, et centralise le service des Académies.

Ministère de la Guerre. Ce fut sous Charles IX que Nicolas de Neufville de Villeroi fut revêtu, le premier, du titre et d’une partie des fonctions de ministre de la guerre, 1567. Mais les détails de l’administration militaire étaient partagés par les secrétaires d’Etat des autres départements. Le département de la guerre, institué par Henri III, ne fut établi définitivement que sous Louis XIII, fut conservé jusqu’à la mort de Louis XIV, puis rétabli, comme les autres ministères, en 1718. Des 12 commissions exécutives nommées par la Convention, 3 entraient dans les attributions de la guerre. En 1802, l'administration militaire fut confiée à 2 ministres : le ministre de la guerre et le ministre directeur de l'administration de la guerre : le premier transmettait les ordres que lui donnait Napoléon pour le mouvement des corps, tenait la comptabilité des effectifs, proposait des promotions, administrait l’artillerie pour la fabrication des armes, et le génie pour l’entretien des fortifications, veillait au recrutement, et à la suite des plans de campagne ; le second était chargé du service des vivres, des remontes, des fourrages, des étapes et des convois, de l'habillement, et des hôpitaux. En 1806 , un directeur-général des revues et de la circonscription mili-

taire devint comme un 3e ministre de la guerre. En 1814, il n’y eut plus qu’un seul ministre. Une ordonnance royale du 4 janvier 1828 institua un ministre secrétaire d’Etat de l’administration de la guerre, conféra au Dauphin, duc d’Angoulême , la présentation aux emplois vacants dans l’armée, et ne laissa au ministre que le contre-seing des nominations. Mais, 15 jours après, le vicomte Decaux reprit le titre et les attributions de ministre de la guerre : le duc conserva cependant la nomination aux emplois. Depuis 1830, la guerre a toujours formé un département spécial. Ce ministère comprend sept divisions : 1° personnel, opérations militaires, états-majors, écoles militaires, recrutement ; 2° cavalerie et gendarmerie ; 3° artillerie; 4° génie; 5° administration militaire; 6° dépôt de la guerre ; 7° comptabilité générale et service de l’Algérie.

Ministère de la Marine et des Colonies. La marine française commença à s’organiser sous François Ier, qui , en 1543, rendit un édit pour fixer les droits de juridiction et les devoirs de l’amirauté de France. Le commandement de toutes les expéditions et armées navales appartenait de droit à l’amiral de France. En 1562, un édit de Charles IX régla les fonctions du capitaine-général du corps royal des galères, dont la création remontait à l’an 1410. Sully, qui absorbait en lui l’administration générale, releva la marine anéantie par les guerres de religion. Elle tomba de nouveau après lui. Mais, en 1626, Richelieu fut investi par Louis XIII de la charge de Grand-maitre, chef et surintendant général de la navigation et du commerce de Fronce. Un arrêt de 1627 supprima la charge d'amiral. En 1669, Colbert fut chargé officiellement du département de la marine, qu’il conduisait de fait depuis son entrée aux affaires, et eut encore dans ses attributions les colonies, la Maison du roi, et le clergé. Il dota la marine des règlements et des ordonnances qui lui manquaient. La surintendance de la navigation et du commerce fut supprimée, mais la charge d’amiral de France fut rétablie, 1669. On abolit en 1748 la charge de général des galères, et le corps de la marine des galères fut réuni à celui de la marine des vaisseaux. En 1749, à la retraite de Maurepas, la Maison du roi et le clergé furent détachés de ce département. Les attributions du ministre de la marine et des colonies ont été déterminées par le décret du 10 vendémiaire an iv (2 octobre 1795) : il a la direction des forces navales. Il est aidé par deux conseils facultatifs : le Conseil d'amirauté et le Conseil des travaux. Les colonies lui furent enlevées en 1858, et rendues en 1860.

Ministère de la Maison de l’Empereur cl des Beaux-Arts. Ses attributions sont : administration des revenus de la Couronne ; des domaines, forêts, bâtiments, parcs, jardins, mobilier, bibliothèques , musées impériaux, manufactures impériales, composant la dotation de la Couronne; du domaine privé de l’Empereur ; des beaux-arts ; des écoles et académies des beaux-arts; des bâtiments civils; des théâtres et de la censure dramatique; des missions scientifiques ; des archives de l’Empire; de la grande chancellerie de la Légion d’honneur, etc. ; présentation des décrets de nomination des officiers de la maison de Leurs Majestés, et des Princes et Princesses de la famille impériale; ordonnancement des dépenses, etc. — Eu décembre 1852, Napoléon III institua un ministère d’Etat et de la Maison de l’Empereur ; en novembre 1860, il détacha du premier le ministère de sa maison, avec les attributions ci-dessus, et, en juin 1863, y joignit les beaux-arts et tous les théâtres. Dans l’ancienne monarchie, un des secrétaires d’Etat administrait la maison du roi ; en 1749, un ministre de la Maison du roi fut créé; en 1791, il n’y eut plus qu’un intendant de la liste civile; Napoléon Ier eut un intendant-général de la Couronne; Louis XVIII créa un ministre de la Maison du roi ; sous Charles X, 1826, et Louis- Philippe, 1830, ce fut un intendant-général de la Maison du roi.

Ministère de la présidence du Conseil d'Etat. Le ministre dirige les travaux du Conseil d’Etat; il est aussi chargé, depuis juin 1863, avec le ministre d'Etat, d’expliquer et défendre, devant le Sénat et le Corps législatif, les questions que le gouvernement soumet à leurs délibérations.

ministre sans PORTEFE tin.i.B. V. Supplément.

MINISTRE, nom que portaient le supérieur-général des Franciscains, les supérieurs des maisons de Trinitaires ou Mathurins, et que prennent encore les pasteurs des églises protestantes.

ministre d'etat, nom donné, avant 1789, à ceux qni recevaient du roi, par lettres patentes, le droit d’assister au conseil des ministres, et de prendre part aux délibérations sans avoir un departement ministériel.

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MINIUS , fleuve d’Hispanie , clans la Tarraconaise occidentale, arrosait le pays des Callaïces. Auj. Minho.

MINNESINGERS, c.-à-d. chantres d'amo wr, nom donné, dans le moyen âge , aux poëtes allemands qui imitaient les troubadours et les trouvères de France. Ils étaient nobles pour la plupart , et vivaient à la cour des princes. Les plus connus sont Henri de Weldek, Ulrich de Lichtenstein, Wolfram d'Eschenbach, Henri d’Ofterdingen, Conrad de Wurzbourg, J. Hadlub. Une nombreuse collection de leurs chants fut faite au xive siècle par Rudger de Menesse ; il en existe un beau manuscrit à la Bibliothèque impériale de Paris.

MINOA , petite île du golfe Saronique , sur la côte de la Mégaride , jointe par un pont à Nisée , qui portait ellemême le nom de Minou; — v. forte, avec un port, sur la côte E. de la Laconie ; — v. de la côte N. de Crète , vraisemblablement sur l’emplacement de la ville moderne de La Canée ; — v. de Crète , sur la côte N.- E. ; auj. sans doute Settia; — v. de l’ile d’Amorgos.

MINOA ( HÉRACLÉE- ). V. HERACLEE.

MINORISSA , nom latin de Manresa.

MINORITES. V. Franciscains.

MINORQUE , en espagnol Menorca, anc. Balearis Minor , île de l’archipel des Baléares , dans la Méditerranée , formant une partie de la prov. espagnole des Baléares; entre 39® 47’-40® 4P lat. N . et I® 31’-2® 8’ long. E. ; cap. Mahon. Superf. , 8,600 k il . carr.; 53 kil. sur 22 ; pop. , 37,300 hab. Mines de fer, plomb et cuivre. Sol fertile sur les élévations, aride dans les plaines ; côtes très-découpées ; point de bois. Climat sain; vents violents du N., et fortes pluies. Récolte de vins et de câpres; pêche; miel, cire, fromage. Comm. de cabotage.— Pour l’histoire, V. Baléares.

MINOS , roi de Crète , fils de Jupiter et d’Europe , vint d’Asie s’établir en Crète, où il épousa Pasiphaé, dont il eut un fils , Androgée. Celui-ci ayant été tué par les Athéniens, Minos leur imposa un tribut annuel de 7 jeunes filles et de 7 jeunes garçons , qui devaient être dévorés par le Minotaure. C’est lui qui fit construire le célèbre labyrinthe, où l’avchiteete Dédale fut enfermé avec son fils Icare. La sagesse des lois que Minos donna aux Crétois, la vigueur avec laquelle il réprima la piraterie dans les mers de la Grèce, lui méritèrent d’être déifié par les poëtes grecs, et placé au rang des trois juges des Enfers, avec son frère Rhadamante. — Quelques auteurs distinguent deux Minos , l’un qui aurait vécu vers 1500 av. J.-C. , l’autre vers 1330.

MINOT, anc. mesure de France, la moitié du setier. Le minot de grains contenait 3 boisseaux, ou 39 litres métriques ; celui d’avoine, 6 boisseaux ; celui de sel, 4 boisseaux ou 51 litres; celui de charbon, 8 boisseaux ou 104 litres.

MINOTAURE , monstre moitié homme et moitié taureau , né d’un taureau et de Pasiphaé. Dédale construisit le labyrinthe de Crète pour l’y enfermer; on le nourrissait de chair humaine ; il fut tué par Thésée.

MINOUGAT. V. Menovgat.

MINSK, v. de la Russie d’Europe, sur la Svislotsch , ch.-l. de gouvernement et de district, à 911 kil. S. -S. -O. de Sl-Pé tersbourg ; par 53® 54’ 9” lat. N., et 25° 13’ 48’ long. E. ; 25,352 hab. Archevêché grec; évêché catholique; séminaire, synagogue; trib. criminel et civil. Fabr. de draps, cuirs, chapeaux. Avant d’être à la Russie, 1656 , Minsk fit partie des principautés de Polotsk et de Smolensk, et fut, dans l’anc. royaume de Pologne, le ch.-l. d’un palatinat de son nom. — Le gouvernement de Minsk, formé d’une partie de la Lithuanie , entre ceux de Yitebsk au N. , de Wilna et de Grodno à l’O. , de Kiew et de Wolhynie au S. , de Tc’nernigov et de Mohilev à l’E. , est divisé eu 10 districts; 400 kil. sur 340; 88,588 kil. carr.; 086,471 hab., dont 100,000 Juifs. Sol plat, marécageux, boisé , assez fertile , arrosé par la Dwina , le Dnieper, le Niémen , le Pripet et la Bérésina. Il renferme les vastes marais de Pinsk. Elève de porcs et de chèvres. Peu d’industrie.

MI N ST ER , dérivé anglais du latin Monasterium : West- MINster , monastère de l’Ouest.

MINTURNES, Minturnœ , auj. Trajetta, v. du Latium méridional, près de l’embouchure du Liris et sur la voie Appienne, dans le pays des Aurunces. A l’E. d’un bois sacré, se trouvaient des marais formés par le Liris, et dans e^quels Marius , fugitif et proscrit, resta quelques jours caché ; découvert par les satellites de Sylla , et jeté dans une. prison â Miniurnes, il s’en échappa, et s’enfuit en Afrique.

MINUTIUS FÉLIX (Marcus) , apologiste chrétien du m^siecle , ne en Afrique. D’abord païen et avocat distingue a Rome, il se convertit au christianisme , et soutint sa toi nouvelle dans un dialogue intitulé : Octavius , où un cliré-

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tien de ce nom dispute contre un soutien des erreurs du paganisme. Cet ouvrage, remarquable par l’élégance du style , a été regardé jusqu’au xvie siècle comme le 8e livre du traité d’Arnobe , Adversus gentes ; F. Baudouin en signala le premier l’auteur véritable dans son édition d’Heidelberg-, 1560. Les autres éditions sont celles de Gronovius , Leyde, 1709; de Rigault , Paris, 1744; de Lindner, Langensalza, 1760-1773. Il a été traduit en français par Perrot d’Ablancourt , Paris , 1660 ; par l’abbé de Gourey ( Apolog . chrétiens ); par Ant. Péricaud, Lyon, 1825.

minutius rufus | Marcus) , consul l’an 532 de Rome, 221 av. J.-C., soumit l’Istrie. Maître de la cavalerie sous le dictateur Fabius Maximus, en 536, il obtint de partager le commandement avec lui , fut battu par Annibal , et ne dut son salut qu’à Fabius. Il périt, l’année suivante , à la bataille de Cannes.

MINYÈH. V. Minièh.

M1NYENS , nom que portaient, dans l’anc. Grèce , les habitants d’Iolcos en Thessalie et ceux d’Orchomène en Béotie : les premiers , comme ayant été gouvernés par Minyas, fils deChrysès; les seconds, parce qu’ils possédaient le tombeau de ce Minyas , ou parce que son fils Orchomène était venu fonder leur ville.

MIŒSEN, lac de Norvège (Nordenfield) , à 60 kil. N. de Christiania, s’écoule par le Vermcn-Elf dans la mer; 100 kil. sur 17.

MIOLLIS (Sextius-Alexandre-François ), général, né à Aix en 1759 , m. en 1828, se distingua en Amérique sous Roehambeau , commanda les volontaires des Bouches-du- Rhône en 1792, devint général de brigade en 1795 , prit une part glorieuse à la campagne d’Italie , et occupa militairement la Toscane après le traité de Campo-Formio , 1797. Gouverneur de Mantoue , il y fit élever un obélisque à Virgile. Général de division en 1799 , il contribua à la belle défense de Gênes par Masséna. De 1807 à 1814, il fut chargé du gouvernement des Etats de l’Eglise. La Restauration le mit à la retraite. B.

MIONNET (Théodore-Edme) , numismate, né à Paris en 1770 , m. en 1842 , avocat au parlement en 1789 , partit pour l’armée comme réquisitionnaire en 1795 , entra dans les bureaux de l’instruction publique en 1796 , puis fut attaché par l’abbé Barthélemy au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale, dont il devint conservateuradjoint. L’Académie des Inscriptions l’admit parmi ses membres, en 1830. On a de lui : Description des médailles antiques , grecques et romaines , avec leur degré de rareté et leur estimation, 1806-13, 6 vol. in-8®, avec un Supplément , 1819-37, 9 vol., ouvrage capital, le plus complet qui existe en ce genre; De la rareté et du prix des médailles romaines, 2e édit., 1827, 2 vol. in-8®. Mionnet avait eu numismatique des connaissances profondes ; ses ouvrages se distinguent par l’exactitude et la méthode.

MIOSSENS ou MIOSSANS, vge (Basses-Pyrénées), arr. et à 26 kil. N. de Pau; 400 hab. Jadis ch.-l. d'un comté possédé par la maison d’Albret.

MIOT (André-François), comte deMelito, diplomate et écrivain, né à Versailles en 1762, m. en 1841, fut secrétaire -général au département des relations extérieures en 1793, commissaire chargé de ce département après le 9 thermidor, puis ministre plénipotentiaire en Toscane et à Rome, en 1795, et ambassadeur en Sardaigne, en 1796. 11 devint, après le 18 brumaire, commissaire-ordonnateur des guerres, tribun, conseiller d’Etat, et administrateur-général de la Corse. En 1806, il accompagna à Naples le roi Joseph Bonaparte, dont il fut ministre de l’intérieur, le suivit en Espagne, en 1809, puis, en 1813, se livra exclusivement aux lettres. H a traduit Hérodote, Paris, 1822, 3 vol. in-8®, et Diodore de Sicile, Paris, 1834, 7 vol. in-8®. Ces traductions, fort estimées, le firent entrer à l’Académie des Inscriptions en 1835. 11 a laissé sur sa vie des Mémoires, 1788-1815, Paris, 1858, 3 vol. in-8®.

M1QUELETS, peuplades espagnoles des Pyrénées, sur les front ères de Catalogne et d’Aragon, qui s’armèrent on volontaires, et se défendirent énergiquement contre l’invasion des Français, en 1675. Ils étaient ainsi nommés d’un de leurs chefs, Miquelot de Prats. Louis XIV, pour les combattre, créa 100 compagnies de fusiliers de montagnes, qui faisaient, comme eux, la guerre de partisans. La France eut 2 bataillons de ces mêmes troupes, de 1743 à 1763, et, au début de la Révolution, on vit reparaître ces iEquelets français sous le nom de Chasseurs des montagnes et Chasseurs-bons-tireurs. — On appelle aussi Miquelels les habitants des Pyrénées qui font métier de guides dans les montagnes, et que Napoléon 1er organisa, en ' 1808, pour les opposer aux guérillas espagnoles. > B.

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MIQUELON , île de l’Amérique du Nord, dans le golfe SVLaurent, près la côte S. de Terre-Neuve. Une tempête l’a séparée en deux, Miquelon et Petite-Miquelon ou Langlade, réunies par une espèce de chaussée. Long. O., 58» 43’ 15”; lat. N., 47“ 3’; 18,423 hect. desuperf.; 545 hab. Possession française depuis 1763, occupée par les Anglais pendant la Révolution et l’Empire de Napoléon Ier, elle fut rendue à la France en 1814, et forme, avec l’île voisine de St-pierre , le gouvernement de Sl-Pierre-Miquelon.

MIRA, v. de Portugal (Beira), à 30 kil. N.- O. de Coïmbre, sur l’océan Atlantique ; 6,000 hab.

MIRABAUD (Jean-Baptiste de), littérateur, né à Paris en 1675, m. en 1760, suivit d’abord la carrière militaire, l’abandonna pour entrer dans la congrégation de l’Oratoire, puis en sortit pour être précepteur des filles de la duchesse d’Orléans. Il publia, en 1724, une traduction de la Jérusalem délivrée , 2 vol. in-12, goûtée du public, et qui lui ouvrit, en 1728, les portes de l’Académie Française, dont il devint secrétaire-perpétuel en 1742. On a encore de lui : une traduction assez médiocre du Roland furieux , de l’Arioste, 1758, 4 vol. in-12 ; le Monde, son origine et son antiquité, Londres, 1751, in-8°. D’Holbach publia sous le nom de Mirabaud, mort depuis peu de temps, son fameux Système do la nature. C’était une mesure de prudence du baron. V. l’Eloge de Mirabaud par Dalembert.

MIRABEAU (Victor Riquetti, marquis de), économiste, né eu 1715 à Perthuis en Provence, d'une famille originaire de Florence, m. en 1789, chercha la popularité par un grand nombre d’écrits rédigés d’après les principes de Quesnay, et écrits dans un style emphatique, obscur et bizarre. Bien qu’il prêchât la philanthropie et la liberté, il fut le tyran de toute sa famille, surtout de son fils, dont la supériorité menaçait de l’éclipser, obtint de l’amitié des ministres 54 lettres de cachet contre les siens, et fatigua les tribunaux de ses scandaleux procès. Ses œuvres, ont été justement appelées l'Apocalypse de l'économie politique; on y remarque: l’Ami des hommes, 1755, 5 vol. in-12; Théorie de l’impôt, 1760, in-4° et in-12, qui le fit mettre à la Bastille; Philosophie rurale (avec Quesnay ), 1764, 3 vol. in-12; les Economiques, 1769, 2 vol. in-4° ; Lettres économiques , 1770, in-12; la Science, ou les Droits et les devoirs de l’homme , 1774, in-12; Lettres sur la législation, ou l’Ordre légal dépravé, rétabli et perpétué, 1775, 3 vol. in-12; Entretiens d'un jeune prince avec son gouverneur , 1785, 4 vol. in-12.

miribuau (Uabriel-Honoré de riquetti, comte de), très-célèbre orateur, fils du précédent , né le 9 mars 1749 au Bignon, propriété entre Sens et Nemours, m. en 1791, était de l’anc. famille des Riquetti de Mirabeau, venue de Florence à Marseille au xme siècle, et portant le nom de Righetti ou d’Arrighetti. Cet enfant, qui devait être le roi de la tribune, avait, en naissant, le pied tordu et la langue enchaînée; deux dents molaires déjà formées dans sa bouche annonçaient sa force. Suivant l’expression de son père, c’était un mâle monstrueux au physique et au moral. Une petite-vérole maligne et confluente l’avait défiguré dès l’âge de trois ans : mais, à travers cet excès de laideur, sa physionomie , excitée par les passions , avait quelquefois son rayon de beauté. A neuf ans, il était ■< péroreur à perte de vue, » disait son père étonné, épouvanté même de la précocité de son intelligence. Confié successivement à deux précepteurs, il apprenait les langues anciennes , savait l’anglais , l’italien , l’allemand , l’espagnol , poussait les mathématiques au delà du calcul différentiel et intégral, étudiait le dessin, la musique, s’essayait même dans la composition, réussissait dans le chant, l'équitation, l’escrime, la danse, la natation, dans tout ce qui constituait l’homme lettré, ainsi que dans tout ce qui complétait le gentilhomme. Son père, homme bizarre, dont l’amertume et l’extrême sévérité avec les siens augmentèrent, sans cesse avec l’âge, lui choisit la carrière des armes, comme un lieu de correction, et le fit entrer dans le régiment de Berri-cavalerie. Mirabeau se crut d’abord destiné à être soldat. 11 consacra cinq ans presque entiers de sa vie aux études militaires; il n’y avait pas un livre de guene, dans aucune langue, morte ou vivante, qu’j n’eût lu. bes goûts guerriers cédèrent, depuis, à ses idées nouvelles sur la politique, et, après avoir été passionné pour les armes , il en vint à croire que l’amour de la liberté n’est pas compatible avec l’uniforme, et que les armées perpétuelles ne sont bonnes qu’à établir l’autorité arbitraire. Gabriel de Mirabeau, ou plutôt Pierre Buffière , car son père lui avait ôté son nom par mesure de punition, devenu sous-lieutenant, fut enfermé à l’ile de Ré, pour des dettes et une intrigue, qui avaient fait quelque bruit à Saintes, et, de là, envoyé dans l’île de Corse où

! il passait avec son grade dans la légion de Lorraine , régiment d'infanterie. Quoique sa vie en Corse ne fût ni plus paisible , ni plus exemplaire , il travailla à une histoire de la Corse , encouragé par les conseils de Buttafoco. A son retour de ce pays, son oncle, le bailli de Mirabeau, écrivait à son sujet : « Ou c’est le plus habile persifleur de l’univers , ou ce sera le plus grand sujet de l'Europe, pour être général de terre ou de mer, ou ministre, ou chancelier, ou pape, ou tout ce qu’il voudra. » Son père obtint pour lui une commission de capitaine de dragons, 1771, qui ne l’obligeait à aucun service, et le fit présenter à Versailles, où l’orateur futur de la Révolution vécut avec les Guémenée, les Carignan, les Noailles. Marié par son père en Provence, 1772, il tomba bientôt dans un extrême embarras pécuniaire, fut interdit, relégué à Manosque, en vertu d’une lettre de cachet, et enfermé au château d’If. C’est pendant cette captivité qu’il déclare la guerre au gouvernement absolu, en composant un livre intitulé : Essai sur le despotisme. Transporté de forteresse en forteresse, par ordre de son père, quoiqu’il fût époux et père lui-même, il quitta le château d’If pour le fort de Joux, près Pontarlier. Jusque-là Mirabeau n’avait été qu’imprudent et déréglé : il en sortit coupable. On sait qu’il enleva Mme de Monnier, femme d’un premier président de la chambre des comptes de Dole , si célèbre sous le nom de Sophie , et se réfugia avec elle en Hollande , où il vécut de sa plume, médiocrement déguisé sous le nom de Saint-Mathieu. Outre l’Ai’is aux Jlessois, publié à l’occasion du secours que le landgrave de Hesse-Cassel avait promis aux Anglais contre les insurgents d’Amérique, Mirabeau fit à Amsterdam diverses traductions d’ouvrages allemands et anglais, et une brochure intéressante sur la musique, intitulée : le Lecteur y mettra le litre. Le gouvernement français ayant demandé et obtenu l’extradition contre les fugitifs, Mirabeau fut enfermé, le 7 juin 1777, au donjon de Vincennes , d’où il entretint avec Sophie une trop célèbre correspondance, dont la publication sera éternellement reprochée à son éditeur P. Manuel, président de la commune de Paris : celui - ci profita de sa position pour imprimer des lettres qui n’étaient pas faites pour la publicité; il osa même se prévaloir d’un ordre supposé de celui qui les avait signées, et qui venait de mourir. Cette correspondance portait le titre de Lettres originales de Mirabeau, écrites du donjon de Vincennes. Si l’on avait supprimé un quart environ de ce recueil , l’ouvrage serait demeuré l’un des monuments les plus originaux de la vie et du talent de Mirabeau. Cette captivité de Vincennes finit en 1780, après une durée de 42 mois, et son influence fut grande sur la destinée, les études, les opinions et les systèmes de Mirabeau; il y composa treize ouvrages, mentionnés par lui dans ses Lettres du donjon de Vincennes, lesquels paraissent perdus; neuf autres qui sont demeurés manuscrits; et, de plus, les livres suivants, imprimés depuis en partie ou en totalité : traduction de Tibulle; traduction ou plutôt extraits de Boccace ; traduction de Jean Second ; des Contes ; les Lettres de cachet et les Prisons d’Etat ; l'Espion dévalisé, enfin quelques autres qu’il n'est pas besoin de nommer, et qui ne peuvent être excusés que par la nécessité où était Mirabeau de suffire à ses besoins et à ceux de Sophie. Les Lettres de cachet sont une défense de la justice et de l’humanité contre le despotisme, défense de la liberté civile qui lui était d’autant plus chère qu'il en avait presque toujours été privé. Cet ouvrage étonne par les lectures qu’il suppose, quand on songe qu’d a été composé dans une prison. Mirabeau écrivit aussi , à Vincennes, les Mémoires du ministère du duc d' Aiguillon, refondus ou plutôt altérés par Soulavie, où l’orateur futur traitait des matières de politique et proposait des plans administratifs, tels que l’achèvement du Louvre, la formation du Musée, l’ouverture de certaines rues, qui ont été construites depuis. C’est ainsi que dans sa solitude, au milieu du silence des prisons, se préparait à son rôle extraordinaire l’homme le plus éloquent de ce siècle. Sorti de Vincennes , Mirabeau ne tarda pas à se constituer prisonnier à Pontarlier, afin de purger sa condamnation; cette affaire se termina par une transaction entre les familles intéressées. Telle fut la fin de l’épisode principal de sa vie. Après le procès de Pontarlier, Mirabeau en plaida un autre à Aix; sa femme demandait la séparation. Il ne se contenta pas de rédiger des Mémoires éloquents : destiné à innover dans un temps déjà rempli de choses singulières et nouvelles, il fut son propre avocat , au grand scandale de son père. Le défenseur de la partie adverse, Portalis, si célébré plus tard, eut fort à faire contre un adversaire qui plaidait cinq heures de suite. Cette affaire , qui émut toute la Provence , se termina par un arrêt de séparation, 1783. Mirabeau y avait

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prouve son éloquence plutôt que son habileté; il faisait la | critique des lois , plus qu’il ne plaidait sa cause , et se mon- i trait publiciste plutôt qu’avocat. Mme de Mirabeau , dans j la suite, parut moins éloignée de l’idée d’un rapprochement : elle mourut en 1800 , veuve d’un second mari, M. de la Rocca, mais ayant repris le nom, le deuil, et presque le culte de son premier époux. Durant son dernier séjour à Pontarlier, Mirabeau rédigea un Mémoire à M. de Vergennes sur l’état de la république de Genève. Mais il faut attribuer à l’époque qui suivit l’arrêt de séparation , des Lettres à Chamfort , publiées par Ginguené ; on sait qu'il reconnaissait la supériorité de Chamfort , et lui parlait comme un disciple à son maître ; la postérité a interverti les rangs. Cette correspondance est suivie d’un extrait de la dissertation allemande sur les causes de l’universalité de la langue française , qui avait partagé le prix de l’Académie de Berlin avec celle de Rivarol. Cette époque de la vie de Mirabeau, 17R3-1788, fut occupée à des voyages et à des travaux de publiciste : il vit l’Angleterre dont il étudia les mœurs et la constitution, l’Allemagne et surtout la Prusse, dont il visita le roi à Potsdam, monarchie nouvelle et puissante, sur laquelle la gloire de Frédéric II et Voltaire avaient attiré l’attention , et qui allait passer entre les mains d’un héritier. Mirabeau acheva en Angleterre les Considérations sur l’ordre des Cincinnati , ouvrage de circonstance entrepris sur les conseils de Franklin; les Doutes sur la liberté de l’Escaut , où il prit les intérêts de la Hollande contre Joseph II ; enfin deux ou trois ouvrages restés inédits. Durant un séjour à Paris, 1785, il fit, d’après les avis de ses amis les banquiers Clavière et Panchaud , cinq Ouvrages sur la Caisse d’ Escompte , la Banque d'Espagne, etc., qui lui suscitèrent des ennemis ou des adversaires , parmi lesquels il faut compter Beaumarchais. C’est dans ses voyages d’Allemagne qu’il fit les Lettres sur MM. Caglio3tro etLavater, 1786 , où il combattait le charlatanisme de l’un et le christianisme philosophico-cabalistique de l’autre; l’éloge de Moses Mendelssohn en faveur des Juifs ; le Mémoire qu’il fournit au ministère sur la situation de l’Europe, 1786; les Lettres adressées au duc de Lauzun et à l’abbé de Périgord (Talleyrand) qui servaient d’intermédiaires entre lui et M. de Calonne. Ces relations avec le ministère le firent accuser plus tard d’inconséquence et de vénalité. Mirabeau revint à Paris au moment de l’Assemblée des Notables, 1787, avec sa Dénonciation de l’agiotage , qui fit beaucoup de bruit : ce livre contenait sa première attaque publique contre M. Necker, commencement d’une sorte de combat singulier qui se continua dans des Lettres sur l'administration de M. Necker, et qui se prolongea jusque dans l’Assemblée constituante. Le dernier voyage de Mirabeau en Allemagne eut pour objet et pour résultat son beau livre de la Monarchie prussienne , 1788 , où il montra la vaste étendue de ses connaissances en politique , en administration , en finances. C’est une statistique très-riche incorporée à de grandes vues générales , et l’étude des faits relatifs à la Prusse sert de vérification et de preuve aux notions universelles établies d’abord par l’auteur. Dans la préparation de cet ouvrage il eut pour collaborateur le major prussien Mauvillon, à qui l’on doit la publication de 101 lettres que Mirabeau lui avait adressées de 1786 à 1790. Les derniers ouvrages de Mirabeau, simple particulier, et politique spéculatif, sont : Lettre sur l’éloge de Frédéric par M. de Guiberl; Observations d’un voyageur anglais sur la maison de force appelée Bicêtre , dans lesquelles il faisait pour les pauvres et les plébéiens, ce que le livre des Lettres de cachet avait fait pour les riches ; brochure Sur la Liberté de la presse , imitée de Milton; Suite de la Dénonciation de l’agiotage, dont l’objet réel est la demande d’une constitution ; Dépense aux alarmes des bons citoyens, où il défendait le projet de réunion des Etats-Généraux contre les partisans du Parlement ; et enfin Lettres à Cérutti, où il attaquait violemment Necker, et annonçait sa propre candidature à la députation. Exclu de l’Assemblée de la Noblesse , Mirabeau reçut dans les villes un accueil dont l’enthousiasme allait jusqu'au délire. Dans une Réponse aux protestations , etc. , où il se défendait contre la noblesse et contre le clergé de cette province , il écrivit ces paroles célèbres , que nous citons dans leur véritable texte : « Ainsi périt le dernier « des Gracques , de la main des patriciens ; mais , atteint “ du coup mortel , il lança de la poussière vers le ciel , " en attestant les dieux vengeurs ; et de cette poussière “ naquit Marins : Marius , moins grand pour avoir exter- “ miné les Cimbres, que pour avoir abattu dans Rome “ l’aristocratie de la noblesse! » Elu député à Aix et à Marseille , il opta pour la première de ces villes. Mirabeau arriva aux Etats -Généraux précédé d’une grande réputation, consacré déjà par l’admiration comme

par la haine au rôle de tribun qu’il allait jouer. A partir de ce jour, son histoire est l’histoire même'de l’Assemblée constituante : aucun de ses membres , par l’universalité de ses connaissances , par l’activité de ses travaux , par l’empire de son talent et la puissance de sa parole , n’a, comme lui, mêlé et confondu sa vie avec celle de ce grand corps, et ne représente aussi fidèlement les sentiments, les idées, la gloire, les faiblesses même et les passions de la plus illustre des Assemblées délibérantes de notre pays. Apres avoir assuré au pays la liberté de la presse en publiant, malgré le ministère, les résultats des séances, dans les Lettres à ses commettants, il fit, par une démarche décisive , entrer le Tiers-Etat dans la voie hardie , où il cessa d’être un ordre et fut la nation assemblée pour se constituer. Le grand-maître des cérémonies, M. de Dreux-Brézé, étant venu rappeler au Tiers et à une portion du Clergé, les ordres du roi qui leur commandait de se retirer pour délibérer à part, Mirabeau lui adressa cette apostrophe si célèbre, qui se terminait par ces mots : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu’on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes ! » Cette parole décida du sort de la Révolution : c’était, selon l’expression de Lacretelle, le coup-d’état du Tiers. Les doctrines politiques de Mirabeau furent presque toujours celles qui triomphèrent dans l’Assemblée : il vota cependant quelquefois avec la minorité. Mirabeau ne prit aucune part aux décrets de la nuit du 4 août, qui supprimaient les privilèges et les droits seigneuriaux, demanda l’ajournement de la déclaration des droits de l’homme, combattit courageusement pour la cause de la sanction royale et du veto , et malgré les districts, les clubs et les journaux, défendit la prérogative royale abandonnée par le roi lui-même ; il réclama pour le pouvoir exécutif le veto absolu : l’Assemblée n’accorda qu’un veto suspensif. Mais après avoir demandé la sanction royale pour les lois ordinaires, il soutint qu’elle n’était pas nécessaire pour les décrets constitutionnels. 11 ne prit aucune part à la discussion sur la division du Corps législatif en deux Chambres, mais on sait qu’il était partisan d’une assemblée unique, au moins dans l’état actuel de la France et de la Révolution. L’une des victoires de tribune les plus remarquables de Mirabeau, fut le vote de la contribution du quart, où se rangeant à l’avis du ministre Necker qu’il combattait, il eut l’habileté de faire adopter une mesure qu’il ne croyait pas bonne , mais qui lui semblait nécessaire, et qu’il fit votpr d’enthousiasme, tout en laissant au ministre la responsabilité de sa proposition : c’est ce discours qui est connu sous le nom de Discours contre la banqueroute. A l’occasion des attentats des 5 et 6 octobre, et de l’irruption de la multitude dans le château de Versailles, Mirabeau fut accusé, à tort, d’en avoir été l’instigateur ; homme d’Etat, il flatta souvent le peuple, mais ce ne fut qu’autant qu’il le crut nécessaire à sa popularité, arme indispensable pour la cause publique comme pour la sienne. Il essaya de se rapprocher de La Fayette; mais ses tentatives furent vaines, et ses projets durent échouer, dès que l’Assemblée eut voté, contrairement à ses conseils, la défense pour tous les députés de devenir ministres. Mirabeau plaida, contre Maury, pour la vente des biens du clergé, s’opposa vivement à la proposition de confier au roi une dictature provisoire, et crut suffire à la sauvegarde du pouvoir exécutif en demandant de compléter la loi martiale. Il combattit énergiquement la proposition de déclarer la religion catholique religion nationale , et celle d’obéir aux mandats limitatifs, c.-à-d. aux ordres par lesquels les électeurs avaient borné les pouvoirs des députés à une année. C’est dans ce dernier débat que Mirabeau fit entendre l’éloquente protestation qui se terminait par ces mots : « Messieurs, je jure que vous avez sauvé la chose publique ! •• C’est peut-être dans la discussion du droit de paix et de guerre que Mirabeau fut le plus admirable. Il défendit la prérogative royale contre Lameth, Duport, Menou, Robespierre, et surtout contre Barnave dont la popularité fut sur le point de triompher de celle de Mirabeau, et tandis que Barnave était porté en triomphe on marquait l’arbre où la populace avait résolu de pendre Mirabeau. On vendait dans les rues un pamphleu violent où il était accusé de trahison et de vénalité. L’orateur dut tenir tête à l’orage. « Et moi aussi, disait-il, on vou- « lait, il y a peu de jours, me porter en triomphe, et main- « tenant on crie dans les rues : la grande trahison du « comte de Mirabeau... Je n’avais pas besoin de cette « leçon pour savoir qu’il est peu de distance du Capitole « à la roche Tarpéienne, mais l’homme qui combat pour “ la raison, pour la patrie, ne se tient pas si aisément

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« pour vaincu,... etc. » Non-seulement il lutta avec acharnement pour ce qui lui paraissait la vérité, mais il réussit à entraîner l'Assemblée, et le roi demeura investi du droit de commander l’armée. Des relations s’étaient établies entre Mirabeau et Louis XVI, et tout en ménageant sa popularité par quelques actes d’opposition , l’orateur continuait à la royauté l’appui qu’il lui avait déjà prêté dans diverses occasions, et lui donnait des conseils sur la politique à suivre. Ce double rôle d’opposant public et de conseiller secret était peut-être une nécessité du temps; mais il manquait au dévouement d’un tel service d’être gratuit, et la modération de Mirabeau perdait une grande partie de sa valeur, du moment qu’elle était vénale. Ces relations commencèrent en mai 1790; elles eurent pour résultat la transmission d’une cinquantaine de notes de Mirabeau pour le roi et la reine, lesquelles ont été publiées dans la correspondance entre Mirabeau et le comte de La Marck (Paris, 1851). Le comte de La Marck, plus tard prince d’Aremberg, ami de l’orateur, fut chargé de procurer ce rapprochement : M. de Fontanges, archevêque de Toulouse, eut la commission de fixer avec Mirabeau le chiffre du traitement qui lui serait alloué. Le roi paya une partie des dettes de Mirabeau, environ la moitié (80,000 fr.), lui donna 6,000 liv. par mois, et déposa pour lui, en mains tierces, quatre billets de 250,000 liv. chacun, lesquels furent rendus au roi après la mort de Mirabeau. On a exagéré le chiffre des sommes reçues par le grand orateur; il mourut insolvable, l’année suivante. Dans cette courte durée de la carrière qui lui restait à parcourir, il fit voter la loi des assignats, prit parti pour la constitution civile du clergé, s’opposa aux contributions levées sur les rentes, combattit avec véhémence, et fit échouer la proposition d’une loi contre les émigrants, et dans cette occasion, prononça ces paroles célèbres : « Si vous faites “ une loi sur les émigrants je jure de n’y obéir jamais ! » et cet autre moi*qui ne l’est pas moins : « Silence aux trente voix ! » Il s’adressait à la minorité anarchique, abattue par lui dans l’Assemblée constituante, mais qui devait se relever, et même être débordée dans les Assemblées suivantes. A ce moment, Mirabeau était le chef reconnu de la majorité. Son rôle de conservateur, dévoué à la monarchie et à la constitution, commençait de ce jour; seul il était capable de défendre la royauté, si elle pouvait l’être encore. Mais Mirabeau mourut dans son triomphe, et, pour ainsi dire, à l’instan1, où, entré en vainqueur dans la place, il se retournait pour recommencer le combat et défendre la brèche contre ceux qui voulaient y entrer après lui. Il mourut le 2 avril, en prononçant ces mots : « J’emporte dans mon cœur le deuil de la monar- “ chie, dont les débris vont être la proie des factieux. » Les événements nous ont appris que c’était là une prophétie, mais ni la première, ni la plus étonnante, car le don de seconde vue fit partie du génie de Mirabeau : en i eft’et, au témoignage de ceux qui ont été à portée de le | mieux apprécier, il eut, au plus haut degré, la sagacité | pol tique, la prévoyance des événements, et la connaissance ! des hommes. ■■ Je me sens prophète, » disait-il parfois, i Vers la fin de 1789, irrité de l’inertie du gvt : « A quoi | donc pen.-ent ces gens-là, disait-il au comte de Lamarck? > ne voient-ils point que des abîmes se creusent sous leurs pas? .. tout est perdu; le Roi et la Reine y périront, et vous le verrez : la populace battra leurs cadavres. » Dans le temps où il augurait le plus mal de la monarclïTe, il avait la plus haute idée des destinées futures de la Nation, et la croyait capable de faire tête à toute l’Europe. — On a dit que Mirabeau avait été empoisonné par ses ennemis, et lui-même paraît l’avoir cru : mais une santé altérée, les excès des plaisirs joints à ceux du travail suffisent pour expliquer la fin prématurée d’un homme qui ne se défia jamais de ses forces. Les restes de Mirabeau furent ensevelis dans l’église de Sainte-Geneviève érigée en Panthéon français à cette occasion, et destinée désormais à la sépulture «ms grands hommes.

Si t ous considérons maintenant Mirabeau comme orateur et comme écrivain, les discours qu’il a prononcés ont retenti dans le monde; ceux qu’il n’a point fait entendre à la tribune sont et demeurent inédits : c’est que l’éloquence, séparée des événements et des faits, n’existe pas pour les modernes; la question d’art disparait entièrement devant la question politique. De là vient que le discours n’a pas le loisir ni l’ambition de la perfection littéraire; et il ne serait pas entièrement juste de comparer Mirabeau à Démosthéne et à Cicéron, quoiqu’il ait bien des traits de ressemblance avec eux, surtout avec le premier. Son style a quelque chose de hâtif, d’incorrect; mais au milieu de cette négligence, Mirabeau recherche la manière antique;

il invoque sans cesse les souvenirs de l’histoire ancienne; c’est Gracchus et sa poignée de poussière prophétique, Marins vainqueur des timbres et de l’aristocratie romaine. Catilina aux portes de Rome, le Capitole, la roche Tarpéienne. Tous ces traits servent à marquer le goût du temps; notre éloquence politique avait une origine toute littéraire. Ce n’est ni par l’emportement, ni par les éclats de voix que se distinguait réellement Mirabeau : immobile à la tribune et maître de lui, il appuyait si fortement sur les mots, qu’il n’était jamais rapide, même quand il était impétueux. Méprisant la volubilité, il était toujours grave et même un peu apprêté. Il commençait avec lenteur; mais jamais cette hésitation ne cessait d’être intéressante, parce qu’on y sentait toujours une chaleur intérieure et concentrée. Il s’animait progressivement; ses efforts étaient visibles, mais les efforts d’un athlète, sûr de sa force. Une fois qu’il avait mesuré, soulevé son sujet, toutes les puissances de son esprit entraient en jeu ; les traits jaillissaient de toutes parts; il achevait la victoire, il persuadait, il entraînait, il triomphait. V. les Mémoires biographiques, littéraires et politiques de Mirabeau, par Lucas-Montigny, son fils adoptif, Paris, 1834-1835, 8 vol. in-8°. On a publié : OEuvres oratoires de Mirabeau... avec Notice sur sa vie, par M. Barthe, Paris, 1819, 3 vol. gr. in-8; OEuvres de Mirabeau, édit, de M. Mérilhou, Paris, 1825-27, 9 vol. in-8°; Correspondance entre le comte de Mirabeau et le comte de La Marck pendant les années 1789-90- 91, Paris, 1851, 3 vol. in-8°. L. E.

Mirabeau |André-BonifaceRiQUETTl, vicomte de ), frère puîné du célèbre orateur, né en 1754 près de Nemours, m. en 1792’, servit dans la guerre d’Amérique, devint colonel du régiment de Touraine, et fut envoyé aux Etats- Généraux de 1789 par la noblesse de la sénéchaussée de Limoges. Il y combattit les idées nouvelles, et émigra de bonne heure. Son embonpoint et son goût pour le vin l’avaient fait surnommer Mirabeau-Tonneau.

Mirabeau, vge (Vaucluse), arr. et à 33 kil.S.-E. d’Apt, sur la rive dr. de la Durance; 705 hab. Vieux château. Ane. seigneurie de Provence, érigée en marquisat en 1686.

MIRABELLA, v. du royaume d’Italie, dans la province d’Avellino, à 14 kil. S.-O. d’Âriano, 12 loi . E. de Montefusco; 5,979 hab.

MIRABELLA, citadelle de Dalmatie. V. almissa.

M1RABELLO, vge du royaume d’Italie, province et à 3 kil. N. de Pavie. Belle et riche église, fondée par Galéas Visconti, qui y est enterré. C’est là qu’eut lieu, en 1525, la bataille dite de Pavie; 1,765 hab.

MlllABELLUM, nom latin de Mikebeau.

MIKAC1.ES (Cour des). V. Cour des Miracles.

MI11ADOUX, ch.-l. de cant. (Gers), arr. et à 15 kil. E.-N.-E. de Lectoure; 801 hab.

MIRAMBEAU, ch.-l. de canton (Charente Inférieure), arr. et 14 kil. S.-O. de Jonzac; 921 hab. Marchés trèsfréquentés pour les chevaux, mulets, bestiaux, grains, etc. On remarque l’église paroissiale et le château.

MIRAMION I Marie Bonneau, M™» de), née à Paris en 1626, m. en 1696, épousa en 1645 un conseiller au parlement, et consacra toute sa vie à des œuvres de piété. Après avoir fondé à Paris deux maisons de refuge pour les femmes perdues de mœurs, elle institua, sous le nom de Ste Famille, en 1665, une communauté de 12 religieuses, qui étaient chargées d’instruire les personnes de leur sexe et de soigner les malades. Ces religieuses qui, du nom de leur fondatrice, prirent celui de Dames Miraminnes, se réunirent à l’ordre de Ste-Geneviève, institué dans le même but. Leur principale maison était à Paris, sur le quai dit des Miramiones, auj. Quai de la Tournelle. D— T— R.

MIRAMOLIN. V. Emir.

MIRAN-CH AH I Mirza-Moez-Eddyn) , 3e fils de Tamerlan, fut nommé, à l’âge de 14 ans, en 1380, gouverneur du Khoraçan, dont il acheva la conquête. Il rendit aussi de grands services à son père lors de la prise de Bagdad. Une chute de cheval, en 1398, dérangea sa raison. Témoin des rivalités sanglantes de ses deux fils Mirza-Aboubekr et Omar, il en fut enfin la victime ; dépouillé du trône par le premier, en 1406, il voulut le reprendre les armes à la main, mais périt dans une bataille, en 1408.

MIRANDA (François), général, né à Caracas (Venezuéla), vers 1750, m. en 1816, servit l'Espagne; puis, ayant conspiré pour rendre la liberté à son pays, il s expatria, parcourut l’Europe dans le but d’obtenir des secours, vint à Paris en 1791, et entra dans l’armée de Dumouriez. Accusé d’avoir été complice de la défection de ce général, il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire, et acquitté. Arrêté de nouveau en 1793, à cause de ses relations avec les Girondins, il fut déporté. De retour dans

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l’Amérique méridionale, il excita, en 1811, un soulèvement presque général dans sa patrie contre 1 Espagne, et créa une ombre de république à Caracas en 1812; mais, étant tombé entre les mains des Espagnols, il alla mourir dans les prisons de Cadix.

miranda ou mironda - de-douro , anc. Cambætum Lubicanorum , v. forte de Portugal (Tras-os-Montes | , sur la rive droite du Douro, à 54 kil. S.-E. de Bragance ; 7,000 hab. Anc. évêché, réuni à celui de Bragance.

miranda-de-ebro , Deobriga , v. d’Espagne (Vieille- Castille), prov. et à 80 kil. N.-E. de Burgos, sur la rive dr. de l'Ebre; 2,900 hab.

miranda-do-corvo , v. de Portugal (Beira), à 24 kil. S.-E. de Coimbre, sur la Dueça; 4,000 hab.

MIRANDE, s.-préf. (Gers), à 25 kil. S.-O. d’Auch, sur la rive g. de la Baise, dans une charmante situation; 2,700 hab. Trib. de lre instance. Autrefois fortifiée, et capitale du comté d’Astarac. Coutellerie, vins, eaux-devie, laines, cuirs, blé. — Bâtie en 1289 par Centule, comte d’Astarac.

MIRANDF.LLA , Caladvmm , v. de Portugal ( Tras-os- Montes), à 51 kil. N.-N.-O. de.Torre-de-Moucorvo, sur la Tua; 8,000 liai).

MIRANDOLE (La), v. du roy. d ltalie, dans la province et à 28 kil. N. -N.-E. de Modène; 12,270 hab. Evêché. Autrefois fortifiée et capit. d’un duché. Prise par le pape Jules 11 en 1511; démantelée eu 1746. On y remarque le château des anc. souverains. Comm. de chanvre, lin , soie, riz, vins. Patrie de Pic de la Mirandole.

mirandole ( Pic de la). V. PIC.

MIRAP1C1UM, nom latin de Mirepoix.

M1RBEL (Charles-François Brisseau de), célèbre botaniste, né à Paris en 1776, m. en 1854 , fut d’abord dessinateur et peintre , devint, dès les premières années du règne de Napoléon Iet, directeur des jardins et des serres de la Malmaison , accompagna en Hollande le roi Louis Bonaparte, et fut nommé par lui directeur de l’Ecole hollandaise de peinture à Rome. En 1808, il entra à l'Institut, et, bientôt après, reçut le titre de professeur-adjoint de botanique et de physiologie végétale à la Faculté des Sciences de Paris. En 1817, laissant provisoirement de côté sa carrière scientifique, il accepta les fonctions de maître des requêtes au conseil d’Etat et celles de secrétaire-général du ministère de la police. Quand M. Decazes quitta ce ministère pour celui de l’Intérieur, de Mirbel le suivit, toujours en qualité de secrétaire-général. Dans cette importante situation , il sut rendre de nombreux services aux sciences et aux savants. En 1827, il se démit de ses emplois politiques, pour revenir aux études qu’il n’avait quittées qu’à regret , et devint , en 1829, professeur de culture au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Les travaux de cette seconde partie de sa vie ont puissamment contribué aux progrès de la science botanique, et de Mirbel exerça sur son époque une heureuse influence en détournant vers la physiologie et l’anatomie les esprits jusque-là trop exclusivement préoccupés par la classification. Un des premiers il appliqua le microscope aux recherches d’anatomie végétale, et ses reproductions de la nature empruntèrent un nouveau charme au talent qu’il possédait comme artiste. La fin de sa vie fut tourmentée par des discussions scientifiques qu’il entama avec üaudichaud (P. ce nom), et, longtemps avaut sa mort, il abandonna son double enseignement du Muséum et de la Faculté des Sciences. Ses ouvrages sont : Traité de physiologie végétale , Paris, 1802, 2 vol. in-8°; Exposition de la théorie de l'organisation végétale, Amsterdam, 1808, in-8°; 2e édit, augmentée, 1809, in-8°, fig.; Eléments de physiologie végétale et de botanique, Paris, 1815, 2 vol. in-8», et 1 vol. de planches, ouvrage important , qui contient le résumé du cours de l’auteur à la Faculté des Sciences. On doit encore à de Mirbel une collaboration active au Dictionnaire des Sciences naturelles, et de nombreux travaux publiés soit dans les Annales du Muséum , soit dans les Mémoires de l'Académie des Sciences , principalement sur le développement de l’ovule, la formation de l’embryon , la structure et la formation des tissus, l’organisation du cambium, l’anatomie des labiées, des palmiers, celle des marchanlia, etc. M — u.

mirbel ( Lizinska-Aimée-Zoé rue, Mme de), née à Cherbourg en 1796, m. en 1849, était fille d’un contrôleur dans l’administration de la marine. Son père ayant perdu j son emploi vers 1806 , elle viut résider à Paris chez son j oncle, le général de Monthion , qui lui donna une brillante ! éducation. A 18 ans, elle entra chez le peintre Augustin ; pour étudier la miniature, obtint dans ce genre les plus j brillants succès , fut nommée peintre de la maison de | Louis XVIII et de Charles X, et épousa, en 1823, de Mir- ;

bel, professeur au Jardin des Plantes. Mme de Mirbel a surpassé son maître, en changeant l’art de peindre la minia ture : elle lui a douné quelque chose de la vigueur de l’huile, en abandonnant le pointillé jusqu’alors en usage. Son modelé est très-fini, quoique exécuté d’une manière large, et sa couleur très-brillante.

MIREBALAIS, petit pays de Pane. France (Poitou), où étaient Mirebeau et Moneontour. — Quartier fertile et trèssain de Pile d’Haiti , sur la rive gauche de l’Artibonite.

MIREBEAU, Mirabellum , ch.-l. de cant. (Vienne), arr. et à 28 kil. N.-N.-O. de Poitiers; 2,513 hab. Comm. de vins, blé, laines. Anc. capit. du Mirebalais, bâtie en 1080 par Foulques Nerra, comte d’Anjou. Arthur de Bretagne y fut défait et pris par Jean-sans-Terre.

mirebeau-sur-bèze , ch.-l. de cant. (Côte-d’Or), arr. et à 24 kil. N.-E. de Dijon; 1,251 hab. Poterie, chapellerie commune, serges, droguets. Château construit sous François Ier, et dont la chapelle contient un beau mausolée.

MIRECOURT , Mercurii curlis , s.-préf. (Vosges), à 32 kil. N. -O. d’Epinal, sur la rive g. du Madon ; 5,368 hab. Tribunaux de lr8 instance et de commerce; bibliothèque, collège, école normale primaire. Boissellerie ; fabr. de dentelles, d’instruments de musique (violons, basses, guitares, orgues, serinettes, vielles, clarinettes, hautbois), d’archets, etc. Comm. de céréales. — Mirecourt fut fortifiée au xve siècle, prise par Laliire pour Charles VII, et démantelée par le maréchal de Créqui en 1670.

MIREMONT, vge (llte-Garonne) , arr. et à 18 kil. S.-E. de Muret; 1,759 hab. Fabr. de briques profiliées, ornements d’édifices en terre. — vge (Puy-de-Dôme), arr. et à 41 kil. O. de Riom: 1,500 hab. Anc. commanderie de S1- Jean-de- Jérusalem.

MIREPOIX , Mirapicium , ch.-l. de cant. ( Ariége), arr. et à 24 kil. E.-N.-E. de Pamiers, sur le Lers ; 3,185 hab. Fabr. de draps; filature hydraulique. Comm. de volailles, céréales, bestiaux. Restes d’un château-fort. On remarque l’église paroissiale, de jolies promenades, un vaste hôpital, et un beau pont en pierre. Pris sur les Albigeois par les Croisés en 1209 , et donné à Gui de Lévis , lieutenant de Simon de Montfort, dans la maison duquel il resta jusqu’en 1789. Evêché érigé en 1318, supprimé par le Concordat de 1801. Patrie du maréchal Clausel. — L’an-cien pays de Mirepoix, Mirapensis pagus , partie du Haut- Languedoc, est auj. compris dans l’O. du département de l’Aude et le N.-E. de celui de l’ Ariége.

mirepoix (Gui de lévis, marquis de), guerrier du xme siècle, chef de la maison de Lévis, accompagna Simon de Montfort dans la croisade contre les Albigeois, reçut la terre de Mirepoix dans le partage des pays con quis, prit le titre de Maréchal de la foi, que portèrent ses descendants, et mourut vers 1230.

mirepoix (Gui de lévis, seigneur de), petit-fils du précédent, suivit Charles d’Anjou, frère de S1 Louis, dans son expédition de Naples, et se distingua à la bataille de Bénévent, livrée contre Manfred, 1266. Il avait le privilège déjuger les crimes d’hérésie sur ses terres.

mirepoix ( Charles-Pierre-Gaston-François de lévis, marquis, puis duc de), né au commencement du xvine siècle, m. en 1757, fut ambassadeur à Vienne en 1737, maréchal de camp en 1738, lieutenant-général en 1744, ambassadeur à Londres en 1749, maréchal de France en 1757, et gouverneur du Languedoc en 1756.

MIRES , espèces de fées, chez les Grecs modernes. Les jeunes filles leur demandent des époux. — Nom donné aux médecins pendant le moyen âge.

MIRGOROD , v. de la Russie d’Europe, gvt et à 100 kil. N. O. de Pultawa ; 7,400 hab. Evêché.

MIRKHOND ( Mohammed |, célèbre historien persan, né en 1433 , m. en 1498, passa une partie de sa vie dans un monastère d’Hérat, où il écrivit, sous le titre de Rouzal alSafa (Jardin de la pureté), une histoire universelle de l’Orient depuis la création, compilation indigeste et assez peu intéressante. Silvestre de Sacy eu a traduit en français la Préface, dans le tome ix des Notices et extraits des mss. de la Bibliothèque du roi , et l'Histoire des rois de Perse de la dynastie des Sassanides , dans ses Mémoires sur les antiquités de la Perse, 1793. h' Histoire de GengisUhan a été traduite par Langlès, dans le tome v des Notices et extraits; V Histoire des Ismaéliens de Perse ou Assassins, par Jourdain, dans le tome ix; l'Histoire des Gaznévides , par Fréinery, 1845. D’autres parties ont été traduites en latin ; ce sont : l’Histoire des Tahérides et des Soffarides, par Iéniseh, sous le titre de : Historia priomm regum Persarum post firmalum Islamismum, Vienne, 1792, in-4° ; l'Histoire de* Sa~ manides, par Fréd. Wilken, Goettingue, 1804, in-4° Mir-

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khond eut pour fils Khondemir, célèbre aussi comme historien.

MIR-MAHMOUD ou MAHMOUD-CHAH, roi de Perse, de la dynastie afghane, fiis de Mir- Weiss, roi de Kandahar, assassina, pour régner, son oncle Mir-Abdallah ou Abd-el-Aziz en 1716, attaqua Ispahan en 1722, s’eu empara après une grande victoire, détrôna le sultan Hoçéin, et soumit toute la Perse. Il déshonora sa victoire par ses cruautés. Bientôt des revers nombreux lui ôtèrent la raison; les Afghans proclamèrent, en 1725, son cousin Asehraff , qui le fit mettre à mort pour venger son père Mir- Abdallah.

MIRMILLON. V. Gladiateurs.

MIROIR, Spéculum, nom donné, pendant le moyen âge, à certaines compilations, surtout de jurisprudence. Le Miroir de Saxe (en allemand Saclisen-spiegel) , rédigé par Ekkard de Ivepkow, et le Miroir de Souabe ( en allemand Schwaben-spiegel |, sont les codes de la Saxe et de la Souabe au xnie siècle.

MIROMÊNIL (Armand-Thomas Hue de) , né en 1723 dans l’Orléanais, m. eu 1796 , fut d’abord conseiller au Grand-Conseil, puis, en 1755, premier president du parlement de Rouen. Exilé par le chancelier Maupeou pour son opposition, il sut plaire au comte de Maurepas , qui , devenu premier ministre de Louis XVI, le fit nommer garde-des-sceaux en 1774. Il conserva la confiance du roi jusqu'à l’Assemblée des notables de 1787 ; alors il partagea la disgrâce de M. de Calonne, et fut remplacé par Lamoignon. Il se retira dans ses terres. Ce fut lui qui rédigea la déclaration du 24 août 1780 , portant abolition de la question préparatoire.

MIRON ou MIRO , famille illustre dans la médecine et la magistrature , et dont les principaux membres sont : Mikon (Gabriel), professeur de médecine à Montpellier, 1er médecin de Charles VIII en 1489, m. en 1490 ; — Mikon (François) , frère du précédent, conseiller et aussi médecin de Charles VIH; — Mikon (Gabriel), fils du précédent, médecin ordinaire du roi, chancelier de la reine Anne de Bretagne, puis de la reine Claude, femme de François 1er, et auteur d’un livre intitulé : de Regimine infanlium, tractatus très. Tours, 1544, 1553, in-fol.; — Miron (François), fils du précédent, médecin ordinaire de Charles IX et de Henri III, auteur d’une Relation curieuse de la mort du duc de Guise et du cardinal son frère; — Mikon (François) , frère du précédent, lieutenant-civil, prévôt des marchands, connu par ses embellissements de Paris, entre autres par l’ancienne façade de l’hôtel-de-ville, qu’il fit construire avec les émoluments de sa place de prévôt , m. en 1609; — Miron ( Robert), frère du précédent, président du tiers aux Etats-Généraux de 1614 , m. en 1641 , ambassadeur en Suisse , et intendant des finances en Languedoc. J. T.

MIROPGVuE , v. de la Russie d’Europe, gvt et à 120 kil. S. -O. de Koursk; 6,000 hab.

MIRVELT , peintre. V. Mierevelt.

MIR- WEISS, chef de la tribu afghane de Khaldejh, intendant du Kandahar, secoua le joug des Sophis en 1709, battit les troupes envoyées contre lui, et mourut en 1715.

M1RZAPOUR, v. de l’Hindoustan anglais, dans les provinces du Nord-Ouest, Sur la rive dr. du Gange, eh.-l. de district, à 52 kil. O.-S.-O. de Bénarès; par 25° 10' lat. N., et 81° 14' 45" long. E. ; 100, 0()0 hab. Commerce considérable : entrepôt des cotons et des soies de l’Inde anglaise ; tapis renommés, indigo, opium. — Le district de Mirzapour compte 1,000,000 d’habitants.

M1SCHNA. V. Talmud.

MISENA , nom latin de Meissen.

M1SÈNE (Cap), en italien Miseno, anc. Misenus, sur la côte O. de l’Italie, dans la province et à 15 kil. S. -O. de Naples, entre Cumes et Pouzzoles, en face de l ile de Procida. Il tirait son nom d’un compagnon d'Enée. La ville de Misène, située en ce lieu, servit de station à une flotte d’Auguste Ruines du port.

MISÉRICORDE (Filles de Notre-Dame de la), ordre de religieuses, institué à Aix en 1633 par Madeleine Martin, dite de la Trinité , et par le P. Ivan , de l'Oratoire. Il suivait la règle de S1 Augustin , et fut approuvé par Urbain VIII en 1642, par Innocent X en 1648.

MISITHÉE, précepteur, puis beau-père de Gordien III, et préfet du prétoire , gouverna avec sagesse sous le nom du jeune prince, et mérita d'être appelé le gardien de la république. 11 mourut en 243, peut être par la main de Philippe l’Arabe.

MISITKA. V. Mistra.

MISIVRI, anc. Mesembria, v. de la Turquie d’Europe (Andrinople), port de pêche sur la mer Noire, où mouillait

'jadis la flotte byzantine; à 28 kil. N.-E. de Bourgas.

MISKOLCZ, v. des Etats autrichiens (Hongrie), eh.-l. du comitat de Borschod, à 135 kil. N.-E. de Bude; 28,000 hab. Gymnase de Franciscains; gymnase réformé. Comm. considérable de vins, blés et cuirs.

MISNIE , en allemand Meissen, un des cinq anciens cer clés du royaume de Saxe, entre ceux de l’Erzgebirge et de Leipzig au S. -O. et à l'O., les Etats prussiens au N. et à l’E. , et la Bohême au S.-E.; 145 kil. du N. au S., 70 de l’E. à l’O.; 340,000 hab. Ch.-l., Dresde; v. principales; Meissen, Pilnitz, Pirna, Grossenhayn, Schandau. — La Misnie, dont le ch.-l. était d’abord Meissen, avait été érigée en margraviat en 980. La maison de Wettin, qui en prit possession en 1127, obtint l’électorat de Saxe en 1422. L’étendue de la Misnie a beaucoup varié : à une certaine époque, elle comprit l’Oberland et la Thuringe; au siècle dernier, elle formait presque la totalité du royaume actuel de Saxe, et quelques districts de la province prussienne de ce nom.

MISOCCO, vge de Suisse (Grisons), sur la Moësa, dans la vallée de son nom; 1,200 hab. Ruines du château des comtes de Misocco.

MISRAIM. V. Mesraïm.

M1SSI DOMINICI , c.-à-d. envoyés du maître, commissaires organisés par Charlemagne, pour faire sentir dans les provinces l’action du pouvoir central. L’Empire était divisé en circonscriptions appelées Missatica (au nombre de 10 sous Charlemagne, de 12 sous Charles le Chauve); chacune d’elles était visitée en janvier, avril, juillet et octobre, par deux Missi (un comte et un évêque ou abbé), qui représentaient l’empereur, inspectaient la conduite des gouverneurs, entendaient les plaintes, jugeaient les appels, et veillaient aux intérêts généraux de l’Etat. Ils devaient traverser toutes les villes et bourgs [per singulos pagos). Dans la hiérarchie des fonctionnaires, ils avaient rang audessus des comtes et des évêques. Ce puissant moyen d’administratiou fut abandonné sous les faibles successeurs de Charlemagne. V. François de Roye, de Missis dominicis, Angers, 1672. B.

MISSIESSY ( le comte Edouard-Thomas Burgdes de ), né en 1754 à Quiès ( Var), m. en 1832, entra de bonne heure dans la marine, se distingua pendant la guerre de l’indépendance américaine, publia, en 1786, un ouvrage sur les signaux des armées navales, en 1789 un autre sur l’arrimage et l’installation des vaisseaux, fut nommé contre-amiral, en 1793, dans la flotte de la Méditerranée, reçut, en 1804, le commandement de l’escadre de Rochefort, porta secours aux possessions françaises d’Amérique , débloqua S‘-Domingue, mit à contribution la Dominique et Sl-Christophc , organisa l’escadre de l’Escaut en 1808, et accepta de la Restauration la place de préfet maritime à Toulon. B.

MISSINIPI , CHURCHIL ou ENGLISH-RIVER, riv. de l’Amérique du N. (Nouvelle-Bretagne anglaise) , sort du lac de la Crosse, traverse le lac de l’Ours, coule au N.-E., et se jette dans la baie d’Hudson, à Port-Churchill. Cours de 1,200 kil. environ, encore peu exploré.

MISSION (Prêtres de la). V. Lazaristes.

MISSIONNAIRES , ecclésiastiques séculiers ou réguliers chargés de répandre la foi catholique parmi les hérétiques et les infidèles- Suivant l’exemple des apôtres, qui furent, en réalité, les premiers missionnaires évangéliques, de saints personnages se vouèrent , dès les premiers siècles de l’Eglise, à la conversion des idolâtres. Du vi* siècle au IXe , on voit le christianisme fondé tour à tour par le moine Augustin en Angleterre , par l'Irlandais Colomban en Suisse , par S* Boniface en Allemagne , par Anschaire et Méthodius dans les pays de race slave et Scandinave. Quand les croisades, qui furent comme des missions armées, eurent ouvert l’Orient au zèle religieux des chrétiens, deux ordres récemment établis se consacrèrent à la prédication de la foi chez les infidèles ; ce furent les Franciscains et les Dominicains, qui se répandirent dans toutes les parties de l’Afrique et de l’Asie , où les pères de S1 François obtinrent, en 1336, le privilège de garder le S*-Sépulere. La découverte du Nouveau-Monde et du passage conduisant aux Indes-Orientales vint ensuite réveiller l’esprit de prosélytisme dans l’Europe catholique , et la fondation de la Compagnie de Jésus permit bientôt d’envoyer au loin de nombreux missionnaires, à la tête desquels sf distingue S‘ François-Xavier, l’apôtre des Grandes-Indes. Après lui, le P. Ricci parvint, vers 1580, à introduire le christianisme dans la Chine, où, malgré de fréquentes persécutions, une grande quantité d’églises furent établies dans la suite. En 1622 , le pape Grégoire XV, voulant donner aux travaux jusque-là tout personnels des missionnaires une direo-

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tîon à la fois plus régulière et plus générale , fonda , à Rome , la congrégation de la Propagande (De Propagandd fide). En 1627, Urbain VIII y adjoignit un collège, où des jeunes gens de diverses nations devaient se préparer à l’exercice de l’apostolat, et il le dota d’une imprimerie fournie de caractères de 50 langues. En France, le 1er établissement de missionnaires fut celui des Lazaristes I V. et mot), qui date de 1632, et qui fut suivi de deux autres institutions semblables , la Congrégation du Sl-Sacrement en 1644, et les Missions Etrangères en 1663. C’est de cette dernière maison , fondée rue du Bac, à Paris , par le P. Bernard de Sainte-Thérèse, que sortirent des missionnaires aussi remarquables par leur zèle apostolique que par leurs travaux scientifiques et littéraires , et au nombre desquels on peut citer les PP. Pallu, Régis, Gerbillon, Parennin et Cliarlevoix. Outre la conversion des infidèles, les prêtres des Missions-Etrangères se proposaient aussi pour but de former un clergé indigène parmi les populations converties au christianisme. Leurs efforts furent couronnés de succès ; bientôt ils eurent formé un grand nombre de colonies chrétiennes en Chine, au Japon, dans les Indes, sur le continent des deux Amériques , où fleurirent , surtout au Paraguay , les célèbres établissements fondés par les Jésuites. De cruelles persécutions, renouvelées de nos jours contre les missionnaires et leurs disciples, n’ont pu ralentir leur ardeur pour la propagation de la foi , et , chaque année, de nouveaux prêtres partent d’Europe pour les périlleuses missions de la Chine, du Japon et duTonkin, seul royaume dans lequel on comptait , avant la dernière persécution , plus de 700 églises et 87 maisons religieuses. — Comme la religion catholique, le protestantisme a aussi des mission naires qui se recrutent parmi les différents cultes réformés, mais dont le plus grand nombre appartiennent aux sociétés établies en Angleterre. De ces sociétés, dont la première date de 1647 , la plus importante est celle qui s’occupe spécialement de répandre la Bible , et qui , depuis 1804 , époque de sa fondation , en a distribué déjà des millions d’exemplaires, traduits en 175 langues diverses. Bornant là, pour ainsi dire, leur mission , les membres de la société Biblique de Londres ont étendu fort loin des relations dont le succès n’a point répondu jusqu’alors aux ressources dont dispose la Compagnie ; mais, en compensation, ils se sont montrés des agents fort habiles pour favoriser l’extension de la puissance et de l’industrie anglaises. Les Etats- Unis d’Amérique ont voulu rivaliser avec la Grande-Bretagne, en fondant cinq sociétés de missionnaires, de 1810 à 1820 ; et parmi les autres sectes protestantes , les Frères Moraves se sont aussi distingués par la quantité considérable de missions qu’ils ont établies, surtout dans le but de convertir les noirs D — T — h. >

MISSIONS, nom sous lequel on désigne particulièrement les établissements religieux fondés et dirigés par les missionnaires catholiques dans les différentes parties du monde. Desservies principalement par quatre congrégations , les Dominicains , l’ordre de S*-François, les Jésuites et les prêtres des Missions-Etrangères, elles se divisèrent en plusieurs classes : l1 les Missions du Levant, qui renfermaient les îles de l’Archipel, la Turquie d’Europe et d’Asie, la Perse, l’Egypte et l’Ethiopie; 2° les Missions de l Inde, qui s’étendaient depuis l'Hindoustan jusqu’à Manille et aux Nouvelles-Philippines; 3° les Missions de la Chine, auxquelles se réunissent celles du Tonkin , de la Coehinchine et du , Japon ; 4° les Missions d'Amérique, qui embrassaient l'im- | mense espace compris entre la baie d’Hudson et le Canada et la province du Paraguay. Ce fut surtout dans le Nouveau- Monde que ces sortes d’établissements parvinrent souvent, grâce à une habile direction , au plus haut degré de prospérité , et formèrent autant de colonies où les arts et l’industrie de l’Europe furent introduits en même temps que la religion chrétienne. Telles étaient, par exemple, les Missioni Péruviennes , qui , au xviie siècle , donnèrent à l’Espagne la province de Maynas , appartenant auj. à l’Etat de la Nouvelle-Grenade; les Sept-Missions du Brésil, par lesquelles les tribus sauvages de la province de San- Pedro furent soumises au protectorat du Portugal ; enfin les célèbres Réductions du Paraguay , qui, fondées par les Jésuites sur les bords du fleuve dont elles ont pris le nom, offrirent le singulier spectacle d’une république chrétienne florissant au milieu d’un pays jusqu’alors barbare et païen. Après avoir prospéré longtemps sous l’administration des religieux qui en étaient devenus comme les souverains, les Réductions du Paraguay furent, en 1750, cédées au Portugal par l’Espagne, qui les reprit onze années plus tard ; mais ces établissements ne purent recouvrer ce qu’ils avaient perdu , et ils finit ent par tomber tout à fait. Outre ces principales missions d’Amérique , on peut encore citer

celles de la Nouvelle-France, des Antilles, de la Guyane, et de la Californie. Quelles que soient, du reste , les parties du globe où elles aient été établies, partout les missions ont donné des résultats dont on ne peut nier ni l’importance ni les avantages : non-seulement elles ont évangélisé, et quelquefois même soumis à la domination des Etats européens, des contrées jusque-là presque inconnues, mais, par les travaux et les découvertes des missionnaires, elles ont enrichi de connaissances nouvelles la géographie, l’histoire, la philologie et les sciences naturelles. D — t — r.

missions bottées , nom donné aux Dragonnades ( V. ce mot ) .

MISSISSIPI, le Meschacc'bé des Natchez, fleuve des Etats- Unis, naît au lac dltasca, et coule au S., arrose l’Etat de Minnesota, qu’il sépare vers le S.-E. de celui de Wisconsin, coule ensuite entre ceux d'Illinois, de Kentucky, de Tennessee, de Mississipi à l’E., et ceux d’Iowa, de Missouri, d’Arkansas, et de Louisiane à l’O. 11 passe à S. -Louis, New-Madrid, Natchez, Bâton-Rouge, et la Nouvelle-Orléans, et reçoit, à droite : le S'-Pierre, le Missouri, le Sl-François, la White , l’Arkansas, et la Red-River ou Rivière-Rouge ; à gauche, le Wisconsin, le Rock, l’Illinois, la Kaskaskia, et l’Ohio. 11 communique par 5 canaux avec les grands lacs du N. et avec le Sl-Laurent; New-York et la Nouvelle-Orléans sont ainsi liés par une voie navigable. Plusieurs cataractes ; eaux claires et peu profondes en amont de son confluent avec le Missouri, mais, en aval, boueuses, profondes, et larges en moyenne de 1,600 à 3,200 mèt. Grandes crues au printemps et en été. Navigation considérable, surtout par navires à vapeur. Embouchure dans le golfe du Mexique, par plusieurs bras, qui forment un delta, et dont le principal fut découvert en 1541 par l’espagnol Ferdinand de Soto; en 1673, les français Jolliet et Marquette le descendirent jusqu’à l’Arkansas; eu 1682, La Salle eu reconnut tout le cours, qui est de 5,120 kil., et lui donna le nom de Saint-Louis.

mississipi, un des Etats-Unis de l’Amérique septentrionale, borné au N. par le Tennessee, à l’O. par l’Arkansas, au S. -O. par la Louisiane, à l’E. par l’Alabama, au S. par le golfe du Mexique ; entre 30° et 35° Iat. N., 91° et 94° long. O.; 119,000 kil. carrés; 791,395 liab., dont 436,604 esclaves avant 1865. Ch. -lieu , Jackson. Sol marécageux, arrosé par le Mississipi, qui lui donne son nom, l’Yaroo , la Pascagoula, etc. Canne à sucre, céréales, indigo, tabac et coton. Forêts peuplées d’arbres gigantesques. Cet Etat est divisé en 56 comtés. Le 1er établissement y fut formé par des Français en 1716. En 1763, il fut abandonné à l’Angleterre, qui, en 1783, le céda aux Etats-Unis. En 1798, il fut érigé en Territoire ; en 1817, il se donna une constitution, remplacée en 1832 parcelle qui le régit aujourd’hui, et fut admis dans l'Union. Le pouvoir exécutif est délégué à un gouverneur élu par le peuple pour deux ans. Le pouvoir législatif est exercé par une assemblée générale, composée d’un sénat de 32 membres élus pour 4 ans, et d’une chambre des représentants de 92 députés élus pour 2 ans. Tout citoyen blanc, âgé de 21 ans, et résidant depuis un an dans l’Etat, depuis 4 mois dans le lieu où il veut voter, est électeur; 436,696 esclaves. O.

Mlt-SOLONGHI, v. de la Grèce occidentale, petit port sur la mer Ionienne, à l’entrée du golfe de Fatras, à 44 kil. O. de Lépante; 5,500 hab. Ch.-l. de l’éparchie d’Etolie. Douane , consul anglais. Célèbre par les sièges qu’elle soutint en 1822 et 1826 contre les Turcs, qui la prirent au second, malgré la défense héroïque de Nothos-Botzaris.

MISSON (Maximilien), écrivain protestant, était conseiller au parlement de Paris lors de la révocation de l’édit de Nantes. Il se réfugia en Angleterre, et mourut en 1723. On a de lui : Nouveau voyage d'Italie, La Haye, 1702, 3 vol. in-12, qui eut beaucoup de succès, parce qu’il faisait assez bien connaître l’Italie, quoique rédigé dans un esprit anticatholique. C’est aujourd’hui un livre presque oublié.

MISSOURI, riv. des Etats-Unis, naît aux Montagnes Rocheuses, de la réunion du Jefferson, du Madison et du Gallatin. Cours au N. puis à l’E., au S. et au S.-E., d’environ 7,000 kil., sur une larg. de 800 à 1,000 mèt., par les teirit.de Montana, Dacotah, Nebraska, elles Etatsd’Iov.a et de Missouri. Embouc. dans le M ssissipi, rive dr. Il passe à Franklin, Jefferson et S ‘-Charles. Grandes cataractes; cours encaissé parfois entre des rochers hauts de 400 mèt. Eaux rapides (8 à 13 kil. à l’heure), charriant beaucoup de terres et de sables, qui y forment souvent des bancs mobiles dangereux ou en déplacent le cours. Principaux affluents : à droite, le Yellowstone , le Petit-Missouri, la Chayenne, la White-lliver, la Platte, la Kansas etl’Osage; à gauche, la Maria, le Milk’-river, le White-Earth-river,

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le James, laSioux. Navigable sur 4,120 kil. Le cours entier n’en est bien connu que depuis l’expédition de Lewis et Clarke, 1804-1806.

missouki. un des Etats-Unis de l’Amérique septentrionale, borné au N. par l’Iowa, à l’O. par le Nebraska et le Kanzas, à l'E. par l’Illinois, le Kentucky, et le Tennessee; au S. par l’Arkansas ; entre 36° et 40° 30' lat. N., 91° 10' et 96° 50' long. O. ; 166,000 kil. carrés ; 700 kil sur 500 ; 1,183,317 hab. Ch.-l., Jefferson. Climat beau, tempéré et très-sain. Sol plat, excepté au S. -O. ; arrosé par le Mississipi, et par le Missouri, qui lui donne son nom ; fertile eu tabac, céréales, houblon, riz, coton, vins. Grandes richesses minérales, fer, houille, plomb, antimoine, zinc, manganèse, sel, jaspe, marbre, etc. On y trouve aussi, mais en petite quantité, de l’or, de l’argent, du cuivre et do l’étain. L'Etat est divisé en 62 comtés. Compris autrefois dans la Louisiane, il fut acheté du gouvernement français en 1803, et érigé en Territoire en 1804. 11 se donna une constitution en 1820, et fut admis dans l’Union en 1821. Le pouvoir exécutif est délégué à un gouverneur élu pour 4 ans par le peuple, qui lui adjoint un lieutenantgouverneur. La législature ou assemblée générale se compose d’un sénat de 33 membres élus pour 1 au par le peuple , et d’une chambre des représentants; ceux-ci sont au nombre de 130, et élus pour 2 ans. Tout citoyen blanc, âgé de 21 ans, et résidant depuis un an dans l’Etat, depuis 3 mois dans le comté où il veut voter, est électeur. L’Etat envoie 2 sénateurs et 9 députés au Congrès.

MJSTECK, v. des Etats autrichiens (Moravie), à 45 kil. E.-N.-E. de Weisskirch , 30 de Korneuburg; 2,600 hab. Archevêché. Fabriques de draps et de toiles.

MISTRA ou MIS1TRA, v. de la Grèce (Laconie), sur le Vasilipotamo (anc. Eurotas), au pied du mont Taygète , près des ruines de Sparte, à 60 kil. S.-S.-E. deTripolitza; 2,000 hab. Ville agréablement située, et autrefois plus peuplée, avec une cathédrale célèbre par ses miracles , et une forte citadelle. En décadence depuis l’invasion russe de 1770. Comm. important de cocons et de soie grége. — Fondée en 1207, par Guillaume de Ville-Hardoin.

MISTRAL, magistrat qui pendant le moyen âge, dans le Dauphiné et quelques autres provinces de France , recevait les droits seigneuriaux, veillait à l’administration des domaines et à la culture des fonds.

jiistra i-, vent du N. -O., trés-redoutahle dans les parages de la Méditerranée. 11 souffle pendant l’hiver et l’automne, surtout après les pluies orageuses.

M1STRETTA, Amaslra , Mytistratum , v. de Sicile, sur le llegitano, à 120 kil. O.-S.-O. de Messine, 88 S.-E. de Païenne; 12,232 hab.

MITAU, mittau oumichtau, en lithuanien Jelgawa , v. de la Russie d’Europe, sur l’Aa, ch.-l. de la Courlande, à 607 kil. S -O. de Sl-Pétersbourg , 45 de Riga; par 56“ 39’ 4” lat. N., et 21“ 23' 13" long. E. ; 18,224 hab. Aspect triste ; remparts en ruines. Consistoire luthérien ; cour d’appel ; gymnase; école forestière, bibliothèque, observatoire. Fabr.de toiles et de linon. D’abord capitale d’un duché de son nom, et de la Sémigalle; prise eu 1701 par les Suédois aux Russes, qui la reprirent en 1706. Louis XVIII émigré y résida avec sa cour, de 1798 à 1807.

MITCHAM, v. d’Angleterre (Surrey) , à 13 kil. S.- O. de Londres: 4,500 hab. Tabac; imprimeries de calicot.

MITCHELSTOWN, v. d’Irlande, comté et à 41 kil. N>N.-E. de Cork; 2,920 hab. Grottes à stalactiques.

MITHRAS , dieu des anciens Perses , subordonné à Ormuzd, et sous le nom duquel on adorait le soleil et le feu. Il parcourt incessamment l’espace, voyant tout de ses mille yeux , entendant tout de ses mille oreilles. Il combat sans relâche Ahriman et les Devs, garde toutes les créatures, donne la fertilité à la terre, la prospérité aux hommes. Il pèse les actions humaines, à l’entrée du pont qui conduit à l’éternité. On l’invoquait trois fois par jour; un des mois de l’année lui était consacré, et, dans chaque autre mois, un jour. Son culte fut très-répandu dans l’antiquité. A Rome, un temple, creusé sous le mont Capitolin, fut consacré à Mithras, dont le culte a été surtout en faveur au temps de Claude, de Néron et de Commode : les initiés étaient soumis à des épreuves rigoureuses, puis marqués d’un sceau, couronnés et armés; la confrérie mithriaque se divisait en sept classes, formant l’échelle aux sept échelons, et placées sous la protection de sept divinités (Saturne, Vénus, Jupiter, Mercure, Mars, la Lune, le Soleil); dans les fêtes dites Miihriaques , on immolait, dit-on, des victimes humaines. Dans de nombreux basreliefs , qu’on a trouvés même en Gaule, Mithras est représenté sous la figure d’un jeune homme coiffé du bonnet phrygien , vêtu d’une tunique verte et d’un manteau 1

flottant, et plongeant un poignard dans le cou d’un taureau abattu. V. Miiller, Mithras, Wiesbaden, 1833 ; Lajard, Recherches historiques et archéologiques sur le culte de Mithras, Paris , 1837 , in-4° et atlas.

MITHRIAQUES. V. Mithras.

MITHRIDATE dans les auteurs anciens , et MITHRA- DATE sur les médailles, c.-à-d. serviteur de Mithras, nom porté par plusieurs rois de Pont, des Parthes, et du Bosphore.

mithridate Ier, 3® satrape du Pont, était petit-fils d’Artabaze, un des sept conjurés perses qui avaient tué le mage Smerdis. Il fut un des plus fidèles amis du jeune Cyrus ; après la bataille de Cunaxa, il obtint son pardon d’Artaxercès Mnémon , par l’entremise de Tissapherne. Chargé de poursuivre les Dix mille dans leur retraite , il fut ensuite renvoyé dans sa satrapib , et tenta une expédition infructueuse contre la ville d’Héraclée de Bithynie.

mithridate h , petit-fils du précédent, satrape de Pont en 338, se soumit à Alexandre le Grand , et l’accompagna dans ses expéditions. Après la mort du conquérant, il embrassa d’abord le parti d’Eumène, puis lutta contre Antigone , s’empara d’une partie de la Paphlagonie et de la Cappadoce , et mérita le surnom de Ctistès ou fondateur. C’est de ce moment sans doute que le Pont , de simple gouvernement, devint royaume. S’étant allié avec Cassandre , Mithridate fut attaqué de nouveau par Antigone , qui le fit prisonnier et lui ôta la vie, 302.

mithridate in, fils du précédent, 302-266, se vit enlever par Lysimaque la ville de Cium sur le Pont, et celle de Myrina par Séleucus ; il chercha à étendre scs Etats du côté de la Cappadoce.

mithridate iv, monté très-jeune sur le trône , fut attaqué par les Galates et secouru efficacement par les Grecs d’Héraclée, et vainquit le roi de Syrie Antiochus Callinicus, dont il épousa ensuite la sœur, avec la Cappadoce pour dot.

mithridate v, successeur du précédent, fit la guerre contre Sinope, attaqua vainement la Paphlagonie, et maria sa fille Laodice avec Antiochus le Grand, roi de Syrie.

mithridate vi, Evergète, petit-fils du précédent, 157- 123, fut l’allié constant des Romains, à qui il envoya des secours pendant la 3e guerre punique et dans leur lutte contre Aristonic. Il en fut récompensé par la cession d’une partie de la Phrygie. Un de ses favoris l’assassina.

mithridate vii, Eupator ou Dionysos, 123-63, fils aîné du précédent, avait à peine 13 ans quand son père mourut. Il fit périr sa mère pour être seul maître du pouvoir. Mais, craignant les embûches des courtisans, inquiets de sa cruauté précoce, il resta pendant sept ans hors de son palais, passant sa vie à la chasse, acquérant par des exercices violents une robuste constitution, étudiant les plantes vénéneuses , se familiarisant si bien avec les poisons qu’il n’en eut bientôt plus rien à craindre, visitant les peuples qui entouraient son royaume, découvrant les secrets de leur force et de leur faiblesse, et apprenant leurs langues pour s’entretenir avec eux sans interprète. A son retour, il mit à mort Laodice, sa sœur et sa femme, qui l’avait trompé et conspirait contre lui , marcha au secours du roi du Bosphore Cimmérien, pressé par les Scythes , le délivra , mais le força de lui céder ses Etats. Il partagea ensuite la Paphlagonie avec Nicomède II, roi de Bithynie, soumit la Galatie, fit assassiner deux rois de Cappadoce, 107, et, quand les Romains eurent imposé à ce pays Ariobarzane pour roi , 99 , il le fit chasser par son allié Tigraue , roi d’Arménie , 97 , pendant que lui-même pénétrait en Colchide et soumettait un grand nombre de tribus caucasiennes et scythiques. A la Cappadoce il joignit bientôt la Phrygie, et, à la mort de Nicomède II, la Bithynie, 93. 11 avait ainsi sous ses lois les deux tiers de l’A-ie-Mineure et presque tout le littoral du Pout-Euxin, l’alliance de l’Arménie et des Parthes, et les vœux secrets de l’Asie-Mineure et de toute la Grèce, pressurées par les proconsuls romains. 11 réunit une armée de 300,000 barbares et une flotte de 400 vaisseaux. Les géuéraux romains, Cassius, Aquilius, Oppius, furent battus, et la flotte romaine détruite à l’entrée de l’Euxin. Mithridate fut accueilli partout comme un libérateur, et, pour lier irrévocablement à sa cause tous les Grecs d’Asie , il envoya à chaque ville des ordres secrets, en vertu desquels 100,000 Romains et Italiens furent égorgés le même jour, 88. Il avait dirigé sur la Grèce son général Archélaos avee 150,000 hommes. Mais Athènes, qui s’était déclarée pour lui, fut prise par Sylla, 87, et Archélaos vaincu à Chéronéc; Dorylaos, un autre de ses généraux, à Orchoraène. Chassé de la Grèce, Mithridate fut assiégé en Asie, dans Sitane, parFimbria; il demanda une entrevue à Sylla dans

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