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la ville de Dardauos, et obtint la paix, en livrant 80 vaisseaux, en payant les frais de la guerre, et en rendant à leurs rois la Biihynie et la Cappadoce, 85. Il était encore redoutable : lorsque Muréna, excité par le traître Archélaos, eut recommencé la guerre on 82 , Sylla lui défendit de provoquer un si dangereux adversaire. Mithridate employa la paix à apaiser des révoltes intérieures, à s'allier avec Tigrane, roi d'Arménie, avec Sertorius en Espagne, avec les Scythes, avec les Barbares du Danube, et à lever une armée de 160,000 hommes. 11 s’empara de la Bithynie, devenue province romaine depuis que son dernier roi l'avait léguée au sénat. 7.3, défit et bloqua Cotta dans Chalcédoine, et ne trouva de résistance que devant Cyzique. Lucullus délivra cette ville, battit Mithridate au Grauique, au Rhyndaeus, et soumit tout le pays. Le roi de Pont s’enfuit en Arménie chez son gendre Tigrane, qui voulut le défendre, mais qui fut vaincu par Lucullus à Artaxata et à Tigranocerte , 67. Pompée remplaça Lucullus, et battit encore Mithridate sur les bords du Lycus. Le roi de Pont s’enfuit dans le Caucase, et forma le projet gigantesque d’entrainer tous les Barbares avec lui en Italie. Mais ses soldats, effrayés, refusèrent de marcher ; de ses deux fils, l’un, Macharés, s'allia aux Romains; l’autre, Pharnace, se fit proclamer roi. Mithridate voulut s’empoisonner; mais le poison n’avait plus sur lui aucune atteinte : il se fit tuer par un Gaulois, 63. Le Pont fut déclaré province romaine. Les grandes qualités de Mithridate, son courage, son habileté militaire, ont été ternies par sa perfidie et sa cruauté. Cependant, par ses qualités comme par ses vices, qui sont ceux de tous les princes de l’Orient, il a laissé dans ce pays une longue mémoire. Aujourd’hui encore, près de Kertch, on montre, dans le rocher qui domine la mer, une sorte de siège appelé le trône de Mithridate. C. P.
MITHRIDATE Ier ou ARSACE VI, dit le Grand, roi des Parthes, 164-139 av. J.-C., succéda à son frère Phraate, enleva aux Bactriens plusieurs provinces, s’avança jusqu’à l’Indus , et , du côté de l’Occident, prit aux rois de Syrie la Médie, 160 , l’Assyrie, la Mésopotamie et Séleucie même, et, c-n 149, plaça un de ses frères sur le trône d’Arménie. Vaincu par Démétrius II , roi de Syrie, 143, il le fit ensuite prisonnier, et , aussi humain que brave , le traita honorablement, et lui donna même sa fille Rodogune en mariage. Il chercha à civiliser son peuple , en choisissant, pour les lui donner, les meilleures lois des nations qu’il avait vaincues.
mithridate u ou arsace ix, neveu du précédent, régna sur les Parthes de 126 à 86 av. J.-C. , combattit heureusement les Scythes, rétablit Antiochus Eusèbe sur le trône de Syrie , mais fut tué dans une guerre contre Tigrane, roi d’Arménie.
mithridate in ou arsace xiii , assassina son père Phraate 111 , en 61 av. J .-C. , fut déposé pour ses cruautés, et dut se contenter du gouvernement de la Médie , que lui laissa son frère Orodes , devenu roi des Parthes. Mais il se révolta bientôt , fut assiégé dans Babylone , et livré à son frère, qui le fit mettre à mort, 53.
mithridate , fils naturel de Mithridate le Grand , né à Pergame , reçut de César la Tétrarchie de Galatie avec le titre de roi , puis, après la mort de Pharnace, le royaume du Bosphore Cimraérien , en récompense de sa fidélité dans la guerre d’Alexandrie. Il fut attaqué , vaincu et tué par Asandros, meurtrier de Pharnace, à qui les fils de ce dernier prince firent subir le même sort.
mithridate , arrière-petit-fils de Mithridate le Grand par un de ses fils nommé Darius, fut roi du Bosphore sous les règnes de Caligula et de Claude : il voulut secouer le joug des Romains , fut vaincu, et emmené à Rome , où Galba , dont il s’était moqué , le fit périr.
mithridate (Pays de), contrée de la Sarmatie asiatique en deçà du Volga ( Rha), tirait son nom du dernier roi de Bosphore , Mithridate, qui, dans sa guerre contre les Romains , sous l’empire de Claude , avait trouvé un refuge dans ce pays.
MITHRIDATIUM , place forte du pays des Trocmes, sur les frontières de la Galatie et du Pont , faisait d’abord partie de ce dernier royaume. Elle en fut séparée et donnée i par Pompée à Déjotarus. On pense que c’est auj. Hussein- j Ahad. C. P. |
MITIDJA. V. Métidja.
MITLA , v. du Mexique, dans le dcp. et à 200 kil. S.-E. ! d'Oaxaca. Célèbre par ses tombeaux antiques , que l’on a comparés aux nécropoles de l’Egypte.
M1TOUR1ES, fêtes instituées par les Dieppois en l’honneur de la Ste Vierge, pour perpétuer le souvenir de la délivrance de leur ville assiégée par les Anglais en 1443, et célébrées par une confrérie dite, de la Mi-août , la veille,
| le jour et le lendemain de l’Assomption. Elles consistaient 1 en jeux, mascarades, représentations de mystères, etc. Louis XIV en fut scandalisé, et les interdit en 1650.
MITRE, Mitra , coiffure des Galles , prêtres de Cybèle. On l’appelait Tiare phrygienne. C’était un bonnet de feutre, conique, et recourbé sur lui-même à son sommet, ce que nous appelons un bonnet phrygien. Il s’attachait sous le menton , avec de longs fanons en forme de bandelettes.
MITROVICZ, v. des Etats autrichiens I confins militaires du Banat), à 35 kilomètres S.- O. de Peterwardein, sur la Save; 5,000 hab. Connu, de peaux et de bestiaux. — Cédée à l’Autriche par les Turcs au traité de Carlowitz, 1699.
MITSCHERLICH (Chr.-Guill. ), philologue allemand, né en 1760 à Weissensee (Prusse), m. en 1854 à Gœttingue, où il fut durant 69 ans professeur à l’Université. Elève de Heyne, il débuta par une Epistota critica in Apollodorum, adressée à son maître, avec des observations sur Stace et Catulle, Gœttingue, 1782. Il donna ensuite des éditions très-estimées de l'Hymne à Cérès, ibid., 1786, et Leipzig, 1787 ; des Romanciers grecs, dans la collection Bipontine, 1792-94, 4 vol. in-8° ; des OÉuvres d'Uride, Gœttingue, 1796-98, et 1819, 2 vol. in-8° ; des Odes d'Horace, Leipzig, 1800, 2 vol. On lui doit aussi un grand nombre d’opuscules, contenant des corrections et observations sur Catulle, Hésiode, Horace, Properce, Théocrite, Tibulle, etc. Il était oncle paternel du célèbre chimiste de Berlin, Ern. Mitscherlieh. V. le Supplément.
MITTARELLI (Jean-Benoit), savant camaldule, né à Venise en 1708, m. en 1777, professa la théologie et la philosophie au monastère de St-Michel de sa ville natale, et devint supérieur des maisons de son ordre dans les Etats vénitiens, puis supérieur-général à Rome. On a de lui : Annales Camaldulenses , Venise, 1755-73, 9 vol. in-fol.; Ad scriptores rerum llalicarum Cl. Muratorii accessiones, ibid., 1771, in-fol.; Bibliolheca codicum monasterii S. Micliaelis Venctiarum, ibid., 1779, in-fol., etc.
MITTAU. V. Mitau.
MITTWEIDA, v. du royaume de Saxe, à 57 kil. S.-E. de Leipzig, sur la Zschopau ; 7,969 hab. Filatures do coton; fabr. de flanelles, mérinos, cotonnades, toiles et draps.
MITYLËNE, auj. Mételin , v. capitale de l’île de Lesbos, sur la côte E., entre Méthymne et Malée, faisait partie de la ligue des Eoliens. On admirait son Prytanée et son théâtre. Soumise à Athènes avec le reste de l ile, elle se souleva en 428, pendant la guerre du Péloponèse, fut cruellement châtiée, et prit part encore à la Guerre sociale, 358-56. Alliée de Mithridate le Grand, elle fut ruinée par les Romains en 86. Pompée la releva. Patrie de Pittacus, d’Alcée, et de Sapho.
MIYAKO , v. du Japon. V. Meako.
MNÉMOSYNE, c.-à-d. Mémoire, fille du Ciel et de la Terre, et mère des neuf Muses.
MNÉSICLÈS , architecte grec , florissait vers 437 av. J.-C., du temps de Périclès; il construisit à Athènes les Propylées ( V. ce mot).
MNÉVIS , bœuf adoré par les anc. Egyptiens à Héliopolis ; comme Apis dans d’autres villes , il était l’emblème du Soleil ou d’Osiris. Il devait avoir le poil noir et hérissé.
MOAB. V. Moabites.
MOABITES, Moabitœ , peuple qui habitait au N. de l’Arabie Pétvée, au S.-E. de la Palestine, à l’E. de la mer Morte, au S. du torrent d’Arnon , et au N. des Madianites ; il tirait son nom de Moab , fils de Loth; v. principale, Rabbalh-Moab. Eglon , roi des Moabites, tint les Hébreux en servitude, de 1345 à 1327 av. J.-C. , et périt de la main d’Aod. Ils furent vaincus par Saül , soumis à un tribut pai David , battus encore par Joram, roi d’Israël , et par Josaphat, roi de Juda, et subirent enfin le joug des Assyriens. Leur religion était souillée par des sacrifies humains. Le principal dieu s’appelait Baal-I’éor.
MOADLIAM. V. Mklik-el-Moadham.
MOALLAKATS (les Sept) , poèmes arabes qui, à cause de leur perfection , furent suspendus aux murs de la Câba à la Mecque. Ils ont pour auteurs des poètes antérieurs à Mahomet : Imroulcays, 'Parafa, Labid, Zohair-Abou- Selma, Antara, Amr-ibn-Kolthoum, et Haritli. Ces poèmes, de 70 à 100 vers , sont les plus anciens monumeuts de la littérature arabe; les auteurs font l’éloge de leur race, ou décrivent un cheval , une épée , etc. On y trouve des renseignements historiques très-précieux. Caussin de Perceval a donné une édition du texte des Moallakats; son fils , dans une Histoire des Arabes, les a traduites , excepté celle de Labid , dont on a une traduction latine par De Pacy . M. Arnold a publié une nouvelle édition du texte, avec le commentaire abrégé de Zauzaniy, Leipzig, 1750. D.