‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 158 sur 864 · MOD · texte numérisé non relu

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MOAWIAH , 1er calife ommiade, fils d’Abou-Sofyân , né à la Mecque au commencement du vne siècle , était arrière-petit-fils d’Ommiah , cousin-germain du grand-père de Mahomet. Il avait été nommé gouverneur de Syrie par Othman. Ce calife ayant été assassiné, en (156, à la suite d’une révolte dans laquelle Ali fut soupçonné d’avoir trempé , Moawiah se déclara son vengeur, et refusa de reconnaître Ali , qui avait été élu à sa place. Ce n’était qu’un prétexte : car, dès les premières prédications de Mahomet, une lutte s’était engagée entre la branche des Hachémites, dont Ali descendait, et le reste de la tribu des Koraichites, dont Ommiah , Abou-Sofyân et Moawiali avaient été successivement les chefs. Moawiah , ayant reconnu l’impossibilité de lutter contre l'établissement de l’islamisme, s’était converti, par politique, à la religion nouvelle , était devenu un des secrétaires de Mahomet , et il aspirait à faire passer le califat dans sa famille. Ali avait la même ambition. De là une longue guerre entre les deux prétendants. Ali ayant été tué à la suite d’une conjuration , 661 , et son fils Hassan , par faiblesse , ayant cédé ses droits à Moawiah , celui-ci fut généralement reconnu pour calife , et devint le fondateur de la dynastie des Ommiades. II établit à Damas le siège du califat, qui auparavant était à Médine. Sous son rège, l’empire des Arabes prit une grande extension : l’Afrique septentrionale fut subjuguée par Abdallah et Akbah; Moawiah porta ses armes en Orient jusqu’à la Tartarie; par son fils Yézid , il tint Constantinople assiégée pendant 6 à 7 ans , mais tie put y entrer, et fut obligé de faire la paix. Il mourut en 680. D

moawiah ii, 3e calife ommiade, fils d’Yézid et petitfils de Moawiah Ier, abdiqua en 683 le califat, au bout de 3 mois, ne voulant pas régner. 11 laissa l’élection désigner son successeur, qui fut Merwàn, fils de Hakem. D.

MOBILE, v. des Etats-Unis (Alabama), à 280 kil. E.-N.-E. de la Nouvelle-Orléans, sur la rive gauche et à l’embouchure de la Mobile dans le golfe du Mexique, par 30° 40’ lat. N., et 90” 41' long. O. ; 30,000 hab. Marché de coton de 1er ordre; exportation de bois de construction. Chemins de fer, et bateaux à vapeur vers l’intérieur. Climat sain. Evêché catholique.

mobile, riv des Etats-Unis, formée de l’Alabama et du Tombeekbee, se jette dans la baie de son nom , partie du golfe du Mexique. Cours de 90 kil.

MOCARANGUA , Etat de l’Afrique orientale , formé dans l’anc. Monomotapa, au S. du Botonga; 450 kil. sur 272. Ch.-l., Zirnbaoé. Climat sain , quoique très-chaud. Forêts peuplées de bêtes féroces. Sol fertile. Les Portugais y ont des comptoirs, à Sena, au mont Foura, etc.

MOCENIGÜ , famille patricienne de Venise, qui a fourni plusieurs doges à cette république : Thomas, 1414-23, sous lequel le territoire d’Aquilée fut conquis ; — Pierre, 1474-76, qui s’illustra dans les guerres contre les Cypriotes et les Turcs; — Jean , frère du précédent, 1475-85; — Louis, 1570-77, qui laissa prendre Chypre par les Turcs en 1571.

mocenigo (André), historien, né à Venise vers la fin du xve siècle, s’acquitta avec succès de quelques négociations, et fut élevé au rang de sénateur. Il a composé une histoire de la ligue de Cambrai, sous ce titre : ISelli memorabilis Cameracensis advenus Venetos liisloriæ libri VI , Venise, 1525, in-8°; elle a été insérée dans le 12e vol. du Thésaurus anliqvitutum llalicarum de Grævius et P. Burmann.

MOCHA (la), v. du Chili. V. Conception (la).

MOCOMOCO, v.de l’ile de Sumatra, capitale du royaume d’Anaksungei , à 200 kil. N.-O. de Bencoulen. Poudre d’or, poivre, bois.

MOOTADER, MOCTADI, MOCTAFI. V. Moktader, Moktadi . Moktafi.

MODA1N (el). V. Madaïn.

MODE , ordonnance de tons disposés respectivement à l’un d’eux pris pour base et dépendant ainsi les uns des autres. Dans la musique des anc. Grecs , il y avait au moins 15 modes, dont chacun correspondait à un sentiment particulier de l’âme; on en attribuait la distinction à Phémius. Les principaux de ces modes étaient : le dorien, le plus grave de tous , usité pour les chants guerriers et religieux ; le phrygien , fier et guerrier : v éolien , grave encore , mais moins que les deux précédents , le lydien , d’abord empreint de sensibilité et de mélancolie , puis animé, badin , et propre à la mollesse; l’ionien, qui convenait aux fêtes et aux danses voluptueuses.

MODÈNE, Mulina, v. forte d’Italie, anc. capit. du duché de Modène, sur un canal alimenté par des puits artésiens, qui la joint au Panaro, à 158 kil. E.-S.-E. de Mdan, 101 N.-N.-O. de Florence; par 44” 38' 50" lat. N., et 8” 35' 18" long. E. ; 38,450 hab. Siège du gvt provincial. Evê-

ché; synagogue et grand rabbin. S ége d’une cour d’appel. Université, supprimée en 1832, rétabl.e en 1860; écoles de beaux-arts, de droit, de médecine, vétérinaire, militaire, du génie, etc. Société italienne des Sciences ; riche bibliothèque, avec cabinet de médailles. Cette ville est assez bien bâtie; on y remarque : la cathédrale, en marbre, avec une tour très-élevée, dite Ghirlandina, et où est le seau de bois qui fit naître la Secchia rapita de Tassoni ; l'anc. palais ducal, avec collections d’art; les casernes; le marché aux bestiaux; la grande rue [Strada maestro) . En 1746 , la ville de Dresde lui a acheté sa célèbre galerie de tableaux. Fabr. de soieries, toiles, draps, cuirs, instruments d’optique. Patrie de Sigonius , Tassoni, Fallope, Vignole, Muratori. — Modène fut fondée, à ce qu’on croit , par les Etrusques. Tib. Sempronius Longus y battit les Boiens, en 194 av. J.- C. Décimus Brutus, un des meurtriers de César, y soutint, en 43 , un siège contre Antoine, qui , attaqué par les consuls Hirtius et Pansa et par Octave, dut se retirer ; c’est ce qu’on appelle guerre de Modène. Cette ville, ruinée, puis rétablie sous Constantin , subit encore les dévastations des Goths et des Lombards. Redevenue florissante au temps de Charlemagne , elle passa tour à tour aux papes, aux Vénitiens, aux ducs de Milan, de Mantoue et de Ferrare, obéit à plusieurs tyrans pendant le xme siècle, fut acquise en 1288 par la maison d’Este, et devint titre de duché en 1453. Sous le 1er Empire français, elle fut le ch.-l. du département du Panaro , appartenant au roy. d’Italie. — -Prov. de Modène. V. Suppl.

modène (duché de), ancien Etat d’Italie, entre le roy. Lombard- Vénitien et le duché de Guastalla au N., le duché de Parme à l’O., le duché de Lucques, la Toscane et les Etats de l’Eglise au S., et ces mêmes Etats à l’E. ; entre 43® 56’ 10” et 44» 57’ 30” lat. N., 7» 20’ n 9» 3’ long. E.; 98 kil. sur 58; 600,676 hab. Capitale, Modène. Divisé en 7 provinces : Modène, Garfagnana, Guastalla, Reggio, Massa, il Frignano, et la Lunégiane. Sol fertile, arrosé par le Sercliio, la Secchia, le Panaro, et le Crostolo. Fer, huile de pétrole; marbres célèbres, dits de Carrare. Industrie presque nulle. Revenus, 8 millions et demi de fr. Armée , 3,500 hommes. — Ce pays , érigé en duché en 1453 , en faveur de la maison d’Ëste, fut compris , en 1797, dans la République cisalpine, et forma plus tard, dans le royaume d’Italie, une partie des départements du Panaro et du Crostolo. Restitué à la famille d’Este par le congrès de Vienne en 1815, avec réversibilité à l’Autriche, il s’est accru du duché de Massa en 1829, et de la Lunégiane toscane en 1847. U ne révolte y éclata, en 1848, contre le duc François V ; le pays fut annexé au Piémont en 1859-60.

MODE R , riv. de France (Bas-Rhin!, prend sa source près de la Petite-Pierre , arrose Ingweiler et Haguenau , reçoit à gauche la Rothbach, à droite la Zinzcl, et se jette dans le Rhin près de Seltz. Cours de 80 kil.

MODERN , en hongrois Modor, v. des Etats autrichiens (Hongrie), comitat et à 25 kil. N.-N.-E. de Presbourg; 4,600 hab. Gymnase luthérien. Bons vins. Draps, cordonnerie, poterie.

MODESTE (Saint), né en Sicile au me siècle, souffrit le martyre. Fête, le 15 juin.

MODESTINUS (Hérennius) , jurisconsulte romain du commencement du 111e siècle, élève d’Ulpien , jouit de la faveur des empereurs Alexandre-Sévère et Maximin , reçut le consulat en 228, et fut un des jurisconsultes aux Réponses desquels Théodose imprima force de loi. Il avait écrit de nombreux ouvrages, dont il ne reste que des fragments publiés par Brenckman , Leyde, 1706.

MODHAFFER ou MOUZAFFER-CHAH , dernier souverain musulman du Goudjérate, 1571 , vit son royaume partagé entre ses émirs , puis ses peuples appeler l’empereur mogol Akbar. Conduit prisonnier à Agrah après la soumission du Goudjérate en 1572 , Modhaffer gagna la confiance de son maître, et fut chargé de conquérir le Bengale en 1581 ; mais, libre alors, il rentra dans son pays, le fit révolter, et s’y défendit huit ans avec plus de courage que de bonheur. Vaincu enfin et fait prisonnier, il se tua, 1592. Le Goudjérate fut alors définitivement réuni à l’empire mogol.

MODHAFFÉRIENS, dynastie turcomane du Farsistan, qui succéda aux Gengiskhanides de la Perse. Elle compte 4 princes: Modhaffer, 1318; Djelal-Eddin , 1365; Zéin- Elab-Eddin , 1382; Chah-Mançour, 1394. Les Modhaffériens, en guerre continuelle avec les Ilkhaniens, les Djoubaniens et les Turcomans, furent renversés par Tamerlan.

MOD1CA , Molyva, v. de Sicile (province de Noto), à 52 kil. O. -S. -O. de Syracuse, sur le Scieli, ch.-l. d’un arrond. ; 30,875 hah. On y remarque les églises S'-Pierre et Sl-Georges. Elève de beau bétail.

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MODIGLIANA , v. de Toscane, à 66 kil. N.- E. de Flo- | rence; 6,056 hah. Ecole latine. Moulinage de suie.

MODL1N ou NOVO-GEORGIEVSK , v. de la Russie d'Europe ( Pologne ), gvt et à 65 kil. S.-E. de Plock , dans une position très-forte sur la rive droite de la Vistule, au confl. du Narew. — Bâtie en 1807.

MODIUS, mesure de capacité pour les choses sèches, chez les anc. Romains. Il était en bois, avait à peu près la forme d’un cône tronqué, représentait le tiers de l’amphore, et valait 8 litres 67 centilitres. — Modius, ou, en grec, modios, mesure d’Asie et d'Egypte pour les grains, et valant 10 litres 50 centilitres, environ. C D — T.

MODON, anc. Mélhone, v. forte de Grèce (Morée), petit port sur la Méditerranée, ch.-l. de la haute Messénie et de 1'éparchie de Pylia, à 210 kil. S. -O. d’Athènes, 90 S. -O. de Tr.politza, et 7 kil. S -O. de Navarin, par 36° 48' 32" lat. N., et 19° 22' 10" long. E.; 1,000 hah. Métropolitain grec. Aspect monotone. Les Vénitiens la possédèrent longtemps, et ne la perdirent définitivement qu'au traité de Passar.owitz, 1718. En 1770, elle souffrit beaucoup de l’invasion russe; en 1828, les Français la prirent, et les Grecs y brûlèrent une escadre égyptienne. ,

MODOR, nom hongrois de Modkkn.

MODUGNO. v. du roy. d'Italie (Prov. de Bavi), à 11 kil. S. -O. de Bari; 9,424 hab.

MODEM , vge de Norvège (Aggershuus), dans l’amt de Buskerud, à 20 kil. de Drammen. Importante exploita- •tion de cobalt, et fabrique de smalt.

MOEIISEN ( Jean-Charles-Guillaurae ) , médecin, né à Berlin en 1722, mort en 1795, reçu docteur à l’université de Halle, devint membre du Collège de médecine en 1747 ; Frédéric II le nomma son premier médecin. Il était ennemi des remèdes héroïques. D — g.

MOELAN , brg (Finistère), arr. et à 10 kil. S. -O. de Quimperlé, près de l’Océan; 274 hab.

MOEl.LENDORF (Richard-Joachim-IIenri de) , feldmaréchal-général prussien , né en 1725 à Lindenberg dans la marche de Priegnitz, m. en 1815, fut d’abord page du roi Frédéric II , entra ensuite dans l’armée, se signala dans les batailles de Hohenfriedberg, Sorr, llosbach et au siège de Breslau, et à Ilochkirchen, fut nommé, en 1760, commandant des gardes royales, contribua, la même année, à la victoire de Torgau, maisy fut fait prisonnier. Nommé général en 1774, il fit encore les campagnes de Saxe et de Bohème, et fut , après la guerre, nommé gouverneur de Berlin. Sous le règne de Frédéric-Guillaume II, en 1787, il fut créé feld-maréehal ; mais il tomba plus tard en disgrâce, parce qu’il s’était déclaré contre la guerre avec la France. Néanmoins il reçut le commandement en chef de l'armée sur le Rhin , après la retraite du duc de Brunswick , et battit les Français à Ivaiserslautern , 1794. En 1806, il accepta encore un commandement , fut blessé à la bataille d’Iéna, et pris à Erfurt. Traité avec beaucoup d’égards , renvoyé sur parole à Berlin , il fut nomme plus tard par Napoléon Ier grand-croix de la Légîon-d’honneur. E. S.

MOEN , Amœna, île du Danemark, dans la Baltique, sur la côte S. et dans le stift de l’ile Seeland , par 54° 58’ lat. N., et 9° 55’ long. E.; 23,815 havt.; 26 kil. sur 8 ; 11,000 hab. Ch.-l., Slege. Beaucoup de grains.

MŒNARIA , nom latin de la Meloria.

MŒNCH , c.-à-d. le Moine, un des sommets les plus élevés des Alpes Bernoines (Valais); 4,136 mèt. de hauteur. Il a été gravi pour la première fois par la princesse Massalsky , en 1855.

MOERBEKE, v. de Belgique (Flandre orientale), à 19 kil. N.-E. de Gand, sur le canal de Moervaert; 3,600 hab. Blanchisseries de toiles ; comm. de grains et bois. Anc. château des évêques de Gand.

MŒRIS ou THOUTMES IV, roi d’Egypte, de la 18e dy- ' nastie qu’on place au xvm« siècle av. J.-C., a donné son nom à un lac qu’il fit former dans l’Heptanomide, sur un plateau élevé, à l’aide d’une immense digue, pour recevoir le trop-plein des eaux du Nil en cas de grande inondation, et les rendre en cas d’insuffisance. Selon la plupart des géographes anciens, ce lac avait 600 kil. de tour; 30 seulement, d’après Pomponius Mêla. Les restes de la levée, larges encore, en quelques endroits, do 160 pieds , se reconnaissent sur plusieurs points dans le S.-E. du Fayoum.Ce n’est donc pas, comme on l’a dit, le Birkel el-Kéroun actuel, qui est un lac naturel au N.- O. Deux pyramides, dit Hérodote, s’élevaient au sein du lac Ivloeris, surmontées de statues colossales assises : des ruines de deux grands massifs, avec deux piédestaux très-dégradés, se retrouvent aussi au S.-E. du Fayoum , près du vge de Bialimou, au N. do Fane. Crocodilupolis , B.

MŒRSBURG. V. MF.nttsnoDRG.

MOERZEKE, vge de Belgique (Flandre orientale), à 4 kil. N.-E. de Termonde, sur l’Escaut; 3,000 hah. Lin, chanvre, tabac.

MŒSA (Julia). V. Mesa.

MŒSER (Juste,), littérateur, né à Osnabrück en 1720, m. en 1794, fut avocat dans sa ville natale, envoyé du duc de Brunswick à Londres pendant la guerre de Sept-Ans, et mérita, par son patriotisme et ses écrits, le surnom de Franklin allemand. On a de lui : Essai de quelques tableaux de mœurs de noire temps, en allemand, Hanovre, 1747, in-8°; Arminius, tragédie, ibid., 1749; de Veterum Germanorum et Gallorum theologià mystied et populari , Osnabrück, 1749, in-4° ; Histoire d'Osnabrück , ibid., 1761 et 1780, 2 vol. in-8°; Idées patriotiques, recueil périodique, Berlin, 1774, 1786 et 1820, 4 vol., etc.

MŒSIE. V. Mésie.

MŒSK1RCH, vge du grand-duché de Bade, dans le cercle et à 39 lui. N. de Constance; 1,600 hab. Victoire de Morgan sur les Autrichiens, le 5 mai 1800.

MŒSSINGEN, v. du Wurtemberg (cercle de la Forêt- Noire), à 12 kil. S.-E. de Rottenburg; 3,900 hab. Sources sulfureuses et bains.

MOEZZ-EDDAULA (Ahmed), 3e fils de Bouïah, le premier des Bouïdes qui ait régné à Bagdad. Il s’empara du Kerman et du Khouzistan, et vint assiéger Bagdad, qui se rendit en 946. Le calife Mostakfi, ne pouvant lui résister, lui fit rendre de grands honneurs, et lui donna le titre de Moezz - Eddaula (qui fortifie l’empire). Moezz-Eddaula usurpa l’autorité du calife, auquel il fit crever les yeux, le déposa, et le remplaça par Mothi. 11 avait pris la qualité d’ Emir-al-Omara ( V. ce mol) -La prise de Bagdad fut suivie de celle de Mossoul. Toute la Syrie se soumit à lui; il mourut en 967. D.

moezz-ll-dinili.AH, Ier calife fatimite d'Egypte, commença sou règne dans l'Afrique en 953, et résida à Kairouan et à Mahdyya jusqu’en 968. Pendant cette année, son général Djauher fit la conquête de l’Egypte, et jeta les fondements du Caire. Mothi-billah, calife abbasside, possédait alors l’Egypte; mais quoique les habitants eussent été forcés de reconnaître Moezz, le schisme des califes dans le mahométisme dura de 972 à 1171, époque où Noureddin etsor général Saladin supprimèrent le califat des Fatimites et rétablirent celui des Abbassides. Moezz, interrogé sur les preuves de la parenté qui l’unissait au prophète, répondit, en portant la main sur la garde de son épée « Voilà l’auteur de ma race; » et en jetant une poignée d • pièces d’or : « Voilà mes titres généalogiques. » Il mourut en 975, laissant pour son successeur Aziz-billah. D.

MOGADOR ou SOUEIRAH, v. forte du Marocp bon port sur l’océan Atlantique, à 178 kil. O. de Maroc; par 31 u 30’ 30” lat. N. et 12» 4’ 24” long. O.; 17,000 hab., dont 4,000 juifs. Palais impérial; consuls européens. Tanneries, corroieries , tissus de laine, de soie; fabrique d’armes. Exportation d’huile d’olive, amandes, laines, peaux de chèvres, cire, maïs, plumes d’autruches, etc. — Fondée en 1760 par l’empereur Sidi-Mohammed. Les Français la bombardèrent, le 15 août 1844.

MOGHOSTAN, c.-à-d. pays des dattes, anc. Carmanie, contrée de la Perse, dans le sud du Kerman ; ch.-l. Minab. Sol plat, sablonneux, riche en dattiers. Les côtes sont soumises h l'imam de Maskâte.

MOGLAH, Alinda, v. de la Turquie d'Asie (eyalet d’Aïdin ), ch.-l. du livah de Mentech, à 95 kil. S.-E. de Ghuzel-Hi-sar, 70 N.- N.-E. de Rhodes.

MOGOLS. V. Mongols.

MOGONTIA , nom latin de Monza.

MOGRARINS. V. Maugrabins.

MOGUER, anc. Lonlici, v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 16 kil. E. d’Huelva, port sur le Tinto, prés de son embouchure dans l’Atlantique. Pop. de la commune :

MOGUNTIACUM, v. de la Gaule, ch.-l. de la Germanie première, chez les Caracates; auj. Mayence.

MÜHACZ, v. de Hongrie (Baranya), sur la rive dr. du bras occidental du Danube, à 97 kil. O. de Szegedin ; 5,000 hab. Gymnase de Franciscains Métropolitain grec. Célèbre par deux batailles : la lre, en 1526, où les Turcs, commandés par Soliman II , défirent les Hongrois, qui y perdirent leur roi Louis II ; la 2e, en 1687, où Charles IV de Lorraine, commandant les Hongrois et les Impériaux, battit complètement les Turcs.

MOHAMMED, nom arabe, dont on a fait Mahomet.

moiiammed-al-mahdi, 3° calife abbasside, 775-785, succéda à son père Al-Mançonr. Un de ses fils, Haroun-Aî- Raschid, lui gagna quelques victoires sur les Grecs, et s’avança jusque sous les murs de Constantinople. Le calife

MOH

— 1816 — MOI

consentit à signer la paix avec l’impératrice Irène , à condition qu’elle lui payerait tribut. Les dernières années de son règne furent employées à combattre quelques sectes hérétiques, qui se séparaient de l’unité de l’islamisme. Il fit un pèlerinage à la Mecque, avec un faste inouï. Libéral, bon, ami de la justice, il établit une excellente administration dans son royaume. 11 embellit les mosquées de la Mecque, de Médine et de Jérusalem. Il mourut, âgé de 43 ans, à la chasse, d’autres disent empoisonné. Il avait désigné pour son successeur son fils aîné , Al-Hadi , frère d’Haroun-Al-Raschid. » D.

MOHAMmed-al-mahdi ( Aboul-Cacem) , dernier imam de la race d’Ali, né en 859, fut tué à 11 ans, selon les uns, pàr le calife Motamed, tandis que, selon d’autres, il aurait vécu jusqu’à 75 ans. Les Chiytes croient qa’il disparut mystérieusement, et attendent son retour.

mohammed-al-mahdi , calife ommiade de Cordoue , 1009-1012, cousin d’Hescham II, usurpa le trône, que Soliman, chef de la garde africaine, lui enleva. Il parvint à le ressaisir, mais périt assassiné.

MOHAMMED-al-CAUry, 5e sultan de la dynastie des Gaurides en Perse, et 17e souverain musulman de l’IIindoustan, fut associé au trône en 1171 par son frère Gaïath-Eddyn, qui lui donna le royaume de Gazna , et recula les bornes de ses Etats du côté de l’orient, par la conquête du Goudjérate, de Lahore, de Dehli, d’Adjémir et de Bénarès. II fut assassiné en 1206.

mohammed -g aïath-eddyr , sultan seldjoucide de la Perse, 2« fils de Mélik-Chah, disputa l’Empire à son frère Barkiarok pendant cinq ans, et en resta maître de 1105 à 1118.

mohammed-ben-thaher, 5e et dernier prince de la dynastie des Thahérides dans le Khoraçan, 862-872, fut confirmé dans sa souveraineté par le calife Mostaïn-billah, repoussa les attaques d’Yacoub-ben-Laith , prince de la dynastie des Soffarides, mais fut renversé par Amrou, frère d’Yacoub.

mohammed ( Aboul-Modhaffer-Nasser-Eddyn ) , empereur mongol de l’Hindoustan, 1717-1747 , petit-fils de Beliader-Chah, se laissa enlever par Nadir-Chah, usurpateur du trône de Perse, toutes les provinces à l’O. de l’Indus. Il eut pour successeur son fils Ahmed-Chah.

mohammed-haçan-khan, fondateur de la dynastie des Kadjars de Perse, était fils de Feth- Ali-Khan, gouverneur du Mazendéran. D’abord gouverneur d’Asterabad sous Nadir et Adhel-Chah, il se déclara indépendant à la mort de ce dernier, 1748, s’empara du Mazendéran, du Khoraçangsdu Gliilan, et envahit la Perse. Mais il tomba au pouvoir de Kérim-Khan, son compétiteur, qui le fit décapiter, 1758.

mohammed-aga, fils du précédent, était tombé, avec son père, entre les mains de Kérim, qui l’emmena à Chiraz et le fit eunuque. Il s’évada en 1779, reprit Asterabad, le Mazendéran et le Ghilan, conquit toute la Perse, saccagea la Géorgie et le Khoraçan, reçut la soumission du Scliirwan et du Daghestan, et allait attaquer les Russes, quand il fut assassiné, 1797.

mohammed-bey, successeur d’Ali-Bey dans le gouvernement de l’Egypte, avait été acheté par lui comme esclave en 1758. Admis dans le corps des Mamelouks, il devint le gendre d’Ali, se souleva contre lui, le chassa du Caire, et fut bientôt maître de tout le pays, 1773. Il fit sa soumission au sultan de Constantinople, obtint le titre de pacha, fut chargé de faire la guerre à Dhaher en Syrie, prit Gaza, Jaffa et S1- Jean-d’Acre , mais mourut de la peste en 1776.

mohammed-chah, roi de Perse, 1834-48, né en 1810, succéda à son père Abbas-Mirza, battit, avec l’aide des Anglais, plusieurs compétiteurs, prit Hérat, qui refusait de le reconnaître pour suzerain, dompta les Kourdes, rétablit, par de sévères châtiments, l’ordre dans les finances et les autres services publics. Il a été remplacé par son fils Nereddin-Chab ou Nassaraden-Mirza.

mohammed. V. aussi mahomet et méiilmed.

MOHARBANDJ , en anglais Mohurbuncje , district de l’Hindoustan anglais ( Calcutta ) , entre la Soane et la Sabonryka; ch.-l. TIariorpour. Il a été formé aux dépens de l’Orissa.

MOHAVIAH. V. Moawiaii.

MOHAWK, riv. des Etats-Unis (New-York), liée par un canal aux lacs Oneida et Ontario. Sources à 8 kil . O. de Ti’enton; cours de 220 kil. par Rome, Utica, Schenectady. Embouchure dans l’Hudson, près de Waterford. Belle cataracte à peu de distance de ce lieu.

MOHAWKS, peuple indigène de l’Amérique du N., dans le groupe des Iroquois, habite dans le Haut-Canada

et l'Etat de New-York. Il est brave, guerrier , et peu nombreux.

MOHEDANO ( les frères Raphaël et Pftrre Rodriguez-) , religieux de la Merci à Grenade au xvine siècle , ont laissé an ouvrage fort important : Historia lileraria de Espaça, origen , progresos , decadencia y restauration de la literatura espanola , Madrid, 1766-85, 9 vol. in-4°.

MOHELNICE. V. Muglitz.

MOHICANS , peuple indigène de l’Amérique du Nord , auj. réduit à un petit nombre d’individus , vivant dans le S.-E. de l’Etat de Connecticut.

MOHILEV , v. forte de la Russie d’Europe , sur la rive dr. du Dniéper, ch.-l. de gouv. et de district, à 800 kil. S. de Sl-Pétersbourg; par 53° 54’ de lat. N. et 28° long. E.; 23,000 hab. , dont 8,000 Juifs. Archevêchés russe et catholique. Cour d’appel criminelle et civile. Cuirs dits de Russie. Réunie à la Russie en 1772 ; les Français , commandés par Davoust , la prirent en 1812 , après avoir battu Bagration. — Le gouv. de Mohilev, entre ceux de Vitebsk au N., de Minsk à l’O. , de Tchernigov au S. , et de Smolensk à l’E., est divisé en 11 districts; 47,736 kil. carr. ; 548 kil. sur 370 ; 884,640 hab. Sol fertile, plat, arrosé parle Dniéper, couvert d’immenses forêts, marécageux au S. Elève, de bétail , chèvres et porcs.

mohilev, v. de la Russie d’Europe (Podolie), sur le Dniester, à 132 kil. E.-S.-E. de Kaminiec ; 10,000 hab. Evêché arménien.

MOHON, brg ( Morbihan) , arr. et à 17 kil. N.-O. de Ploërmel ; 340 hab.

MOHRINGEN, v. murée du Hanovre, à 16 kil. N.-O. de Gœttingue, sur la Molir, près de son eonfl. avec la Leine ; 1,800 hab. Château. — v. du Wurtemberg (Neckar), à 5 kil. S.-O. de Stuttgard ; 2,300 hab.

MOHRUNGEN, v. des Etats prussiens (Prusse), à 109kil. S. -S.-O. de Kœnigsberg ; 2,600 hab. Victoire de Bernadotte sur les Russes , en 1807.

MOINES (du grec monos , seul), nom donné d’abord à de pieux laïques vivant séparés du monde, puis à tous les membres des communautés religieuses formant les ordres monastiques et coniposantle clergé régulier (vivant sous une règle). Les A nachorètes de l’Inde, les Thérapeutes de l'Egypte, les Ascètes delà Judée, précédèrent le monachisme chrétien, qui prit naissance dans la Thébaïde. Il fut fondé, au in» siècle, par des solitaires fuyant les persécutions, la corruption romaine, et le fléau des invasions. S* Paul, de Thèbes er. Egypte, fut le premier modèle de ces anachorètes voués d’abord exclusivement à la solitude et à la contemplation. Après lui, S1 Antoine et S1 Pacôme, par la prière et le travail en commun, resserrèrent les liens de ce peuple de frères, et préparèrent le passage de la vie monastique proprement dite à la vie cénobilique ou de communauté. Tandis que S1 Pacôme fondait à Tabenne (Haute-Egypte) plusieurs milliers d’établissements appelés Laures, sa sœur rassemblait sur les bords du Nil un grand nombre de nonnes , femmes non mariées ( non nuptœ). Bientôt l’Orient se couvrit de monastères, qui se rattachèrent à la règle de S1 Basile (P. Basile). En Occident, le monachisme prit un caractère plus pratique. Les premiers moines parurent à Rome en 341, à la suite de S1 Athanase. S1 Martin fonda en Gaule le monastère de Marmoutier en 375, et S1 Honorat celui de Lérins en 391. L’Espagne, l’Angleterre et l’Irlande reçurent bientôt de nombreuses colonies de religieux. On distinguait alors 3 classes de moines : les Ermites ou Anachorètes (du grec erèmos, désert, ana Uorein, habiter dispersés), les Cénobites (du grec lioinos bios, vie commune), et les Gyrovagues (du grec gureno , faire tourner), type des ordres mendiants. Au vic siècle, l’introduction de la règle établie par saint Benoît au mont Cassin, constitua le clergé régulier. Admis aux ordres sacrés, et placé sous l’autorité épiscopale, il s’en rendit peu à peu indépendant, et grandit par l’agriculture , les donations des fidèles, et les travaux intellectuels. En 1215, le concile de Latran interdit en vain la fondation de nouveaux monastères. Du XIIIe au xive siècle, beaucoup d’ordres religieux se formèrent, particulièrement les Ordres mineurs (Dominicains, Franciscains, etc.). A l’époque où les autres ordres avaient achevé leur première période d’activité, ils prêtèrent au Saint-Siège l’appui de leur popularité, combattirent l’hérésie, enseignèrent, prêchèrent dans l’église, sur la place publique, dans les palais et les chaumières. Sortis des rangs du peuple, ils turen) parfois une milice turbulente, et les troubles qu’ils apportèrent dans l’Eglise neutralisèrent les effets de la révolution qu’ils voulaient accomplir au sein du monachisme, en le ramenant à sa simplicité primitive. La Réformation du xvic siècle, tout en supprimant les couvents dans les pays

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protestants, amena un changement favorable dans l’état moral et intellectuel du clerg'é régulier. Parmi les ordres fondés depuis lors , les uns , comme les Trappistes , eurent pour but de rendre aux mœurs monacales leur première austérité ; d’autres , comme les Pères de l 'Oratoire , de la Société de Jésus, et de la Congrégation de St-Maur > se livrèrent à l’enseignement , à la prédication et aux études théologiques. En même temps, de nouvelles colonies de missionnaires s’élancèrent sur les traces des disciples de S* Dominique et de S* François, auxquels , dès leur fondation , les Croisades avaient ouvert l’Orient, et évangélisèrent l’Asie et le Nouveau-Monde. Le xvme siècle attaqua violemment le monachisme, qui cependant avait défriché et civilisé l’Europe. Joseph II supprima en Autriche plusieurs corporations religieuses, et sécularisa leurs domaines. En F rance, un décret de l’Assemblée constituante, du 1 7 fév. 1790, abolit les ordres monastiques, et déclara les biens des couvents propriétés nationales. La Prusse, la Russie, la Haute-Italie et l'Espagne firent de même. Un certain nombre d’établissements monastiques, conservés dans quelques Etats catholiques et de l’Eglise grecque, sont loin de rappeler l’ancienne splendeur du monachisme. Quelques maisons se sont rouvertes en France; mais la loi ne reconnaît pas les vœux perpétuels , et le gouvernement n’autorise que les corporations justifiant d’une utilité pratique. V. IIospinien , de Mouachis , 1588, Genève , 1669 , in-fol. ; Héliot, Histoire des ordres monastiques religieux et militaires , Paris, 1714-19, 8 vol. in-4°; Crome, Histoire pragmatique des principaux ordres monastiques, d’après Mussen (en allemand) , Leipzig, 1774-84, 10 vol. in-8° ; Dœring, Histoire des ordres religieux ( en allemand), Dresde, 1828, 2 vol. D — t — R.

MOINGT , Mediolanum Segusianorum, Medioduniim , brg (Loire), avr. et à 2 kil. S.-S.-E. de Montbrison; 513 hab. Aux environs sont les ruines d'un édifice antique, appelé dans le pays Pulais des Sarrasins , et qui est peut-être un monument gaulois. Sources minérales.

MOIRANS, brg (Isère), arr. età30 kil. N.-E. de S*-Marcellin, sur la Morge; 1,428 hab. Fabr. de foulards, de chapeaux de paille. Patrie des frères Paris.

moikans, ch.-l. de canton (Jura), arr. et à 20 kil. N. -O. de Sl-Claude; 1,050 habit. Filatures de coton; tabletterie.

MOIS, division de l’année. On en compte douze (F. Calendrier), dont les noms actuels sont très-anciens ( V . les articles spéciaux) , et que l’on divise en semaines ( V. ce mol). Les auc. Grecs partageaient le mois en 3 dizaines, et les Romains en calendes , nones et ides [V. ces mots).

MOISDON-LA-R1 V1ÈRE, ch.-l. de cant. (Loire-lnfér.), arr. et à 11 kil. S. de Châteaubriant , sur le Don; 361 hab. Forges à fer; ardoisières.

MOÏSE , législateur des Juifs, naquit en Egypte, du lévite Amram et de Jochabed , vers 1605 av. J .-C., à l’époque où un Pharaon faisait jeter dans le Nil les enfants mâles des Hébreux , dont la rapide multiplication l’effrayait. Caché pendant 3 mois par sa mère, exposé sur le fleuve, sauvé par Termutis , fille du Pharaon ! d’où son nom , qui signifie sauve’ des eaux), Moïse fut élevé dans le palais, et instruit dans toutes les sciences des prêtres égyptiens. A 40 ans, il alla visiter ses frères opprimés, tua un Egyptien qui maltraitait un Israélite, et, pour échapper à la colère du Pharaon, s’enfuit dans le désert de Madian ( péninsule du Sinai ), où il épousa Séphora , fille de Jéthvo, prêtre du pays. Pendant 40 années nouvelles, gardien des troupeaux de Jéthro, il mena dans la solitude la vie patriarcale. En 1625, Dieu lui apparut, sur le mont Horeb, dans un buisson ardent, et lui commanda d’aller délivrer les Israélites. Moïse ne put triompher de la résistance du Pharaon qu’en frappant l’Egypte des dix plaies ( eau changée en sang; grenouilles; moucherons; grosses mouches; peste des animaux; ulcères et tumeurs; grêle et tonnerre; sauterelles; ténèbres de 3 jours ; mort des premiers-nés). Il emmena alors de Ramessé les Israélites au nombre de 600,000, et , guidé par une colonne de nuée ou de feu , leur fit traverser la mer Rouge à pied sec, pendant que les flots, refermés derrière eux , engloutissaient les Egyptiens, miracle qu’il célébra par un admirable cantique. Pendant une nouvelle période de 40 années, passées dans la presqu’île du Sinai , ou dans le S et l’E. de la Judée, Moïse confirme sa mission par les miracles dont il est l’instrument : à Mara, il adoucit les eaux amères ; dans le désert de Sin il prie, et Dieu envoie la manne; près de Raphidim , il fait jaillir l’eau du rocher, et, les bras élevés au ciel entre Aaron et Hur, du haut de la colline, il donne à Josué la victoire sur les Amalécites. Dieu veut qu’il conserve le souvenir de ces événements : c’est là l’origine du J’entateuque. Enfin, après avoir rendu la justice, d’abord

! seul, puis, sur le conseil de Jéthro, avec l’assistance desanciens, il arrive au Sinai , le 3e jour du 9« mois depuis la sortie d’Egypte : là, au milieu du tonnerre et des éclairs, il reçoit de Dieu le Décalogue et plusieurs lois qui l’expliquent , consacre l’alliance entre Jéhovah et son peuple, puis passe 40 jours et 40 nuits sur le sommet du mont , où Dieu lui donne le modèle du tabernacle et les deux tables de pierre ; au retour, il les brise de colère à la vue du veau d’or, réduit cette idole en poudre, et fait tutr par les Lévites 23,000 coupables; Dieu, sur la montagne, lui donne deux nouvelles tables, et, en lui manifestant sa gloire, communique à son visage un éclat que le peuple ne peut soutenir : Moïse est obligé de se voiler. Des richesses des Israélites, il construit alors le Tabernacle, y renferme, dans le sanctuaire (saint des saints) , T arche d’alliance qui contient les tables du témoignage, consacre au sacerdoce la famille d’Aaron son frère, aux fonctions religieuses la tribu de Lévi , et fixe les institutions religieuses, civiles et politiques des Hébreux. Il sort du désert du Sinai après un an de séjour, et reprend la marche vers la terre promise : longue et pénible épreuve pour le chef, toujours en butte aux reproches du peuple qui regrettait l’Egypte. Il fallut même que Moïse s’adjoignît , pour le conduire, 70 anciens animés de l’esprit de Dieu. Les murmures renaissaient sans cesse : témoin la demande de chair, le miracle des cailles et les sépulcres de concupiscence, les plaintes de Marie, sœur de Moïse, et la lèpre qui la couvrit , enfin l’emportement du peuple au rapport des espions revenus de la terre de Chanaan. La rébellion comblant la mesure, Dieu réserve la terre promise aux fils seuls des coupables, et condamne ceux-ci à errer de nouveau dans le désert pendant 38 années. Le supplice de Coré, Dathan et Abiron montre qu’ils ne s’y corrigèrent point. Aaron et Moïse lui-même furent privés d’entrer dans la terre promise, en punition de leur défiance, lorsque, dans la terre de Cadès, la dernière année de la vie du désert , Moïse frappa 2 fois le rocher, dont sa parole eût suffi à faire jaillir les eaux. Moïse put encore guider l’entrée des Juifs dans l’E. de la Judée, guérir avec le serpent d’airain les blessures faites par les serpents du camp, présider aux victoires remportées sur Séhon , roi des Amorrhéens, Og, roi de Basan, e* Balac, roi des Madianites , assisté de Balaam. Enfin , après avoir choisi Josué pour lui succéder et pour établir les Juifs dans la terre de Chanaan , dont il avait déjà attribué l’E. aux tribus de Gad, Ruben et à la demi-tribu de Manassé, Moïse compléta son œuvre de législateur et de moraliste par de suprêmes instructions (Deutéronome), fit entendre le cantique inspiré « deux, écoulez ma voix, etc. », contempla la terre promise du haut du mont Nébo, et mourut sur cette montagne en 1475. — La législation mosaïque présente un contraste frappant avec les autres législations de l’antiquité : seule, en opposition avec le génie dur, indocile et sensuel du peuple qu’elle doit régir, elle s’inspire de principes supérieurs aux circonstances au milieu desquelles elle se produit. Sévère et minutieuse, comme l’exigeaient et la nature rebelle des Hébreux et le climat brûlant qu’ils habitaient, elle se réduit à un dogme : l’unité et la souveraineté de Dieu. Le gouvernement n’est pas une théocratie de caste, comme dans l’Inde et en Egypte, où les prêtres ont toutes les richesses et le pouvoir ; ici , ils ne sont que les ministres, les délégués de Dieu, à qui remonte réellement l’autorité : les Lévites sont dispersés, réduits à 48 villes, pauvres, et sans patrimoine. La politique se confond avec la religion : la lr'', l’unique loi , c’est l’obéissance et la fidélité au Seigneur. En son honneur se célèbrent toutes les fêtes (sabbat, nouvelle lune, Pâque, Pentecôte, fête des Tabernacles, fête des Expiations), et elles sont en même temps destinées à rapprocher les Juifs disséminés dans les 12 tribus, sous le gouvernement patriarcal des chefs de tribus et des chefs île familles ; en son honneur sont faites les offrandes du 1er né, des dîmes, etc., hommages de reconnaissance. Au point de vue civil , égalité absolue de”. Juifs devant Dieu , seul roi et seul maître ; cette égalité est maintenue dans les conditions par l'année sabbatique (la 7e) qui rend à l’esclave sa liberté, dans la propriété par l’ année jubilaire (la 50v), qui rend au premier maître ou à sa famille les terres aliénées, dans le gouvernement par le choix que Dieu fait des chefs ou des rois dans le sein du peuple. Au point de vue social, la femme est protégée contre le mari, l’enfant contre le père, l’esclave contre le maître, puisque, libre au bout de 7 années s’il est Hébreu, il le devient forcément, s’il est étranger, au retour du jubilé. L’étranger, sauf le Chananéen (l’en- ! nemi) , est protégé et secouru; l’homicide involontaire j trouve, contre la famille de la victime, un asile dans : six villes de refuge, où il subit une expiation. — La légi3-

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lation de Moïse est contenue dans le Pentateuque ou les | 5 livres ( Genèse ou la Création , jusqu’à l'établissement des ; Hébreux en Egypte ; Exode, ou la sortie d’Egypte ; Le ci- j tique , livre de prescriptions détaillées sur le culte, sur les rapports avec Dieu, et l’organisation religieuse des Lévites et des Israélites; Nombres, exposition de la force matérielle du peuple, et suite de l’histoire de Moïse ; Deutéronome, complément du Décalogue, du Lévitique et de l’histoire de Moïse 1. L’exégèse allemande a cru découvrir dans le Pentateuque des différences de rédaction, qui indiqueraient plusieurs mains et plusieurs époques ; elle prétend enlever à Moïse l’honneur de les avoir composés, et incline à placer, vers le commencement de l’ére chrétienne seulemont, l’opinion qui les lui attribue ; mais elle convient elle-même que les remaniements de la forme n’altérèrent jamais gravement le fond , de sorte que les fragments Elohistes ou Jéhovistes, ainsi réunis, auraient la valeur de documents originaux. Cet aveu seul infirme le scepticisme à cet égard, et laisse à Moïse son triple caractère de chef du peuple, de législateur sacré, et d’historien primitif des Juifs. Moïse résume en lui l’époque que Bossuet appelle ta loi écrite, et prend rang parmi les plus grands poètes épiques et lyriques. V. Pastoret, Moïse législateur et moraliste, 1788. A. C.

moïse de khoren , historien arménien, né au bourg de Khorni en 370, m. en 489, dans sa 120e année, fut évêque de Pakrévant. Disciple de Mesrob, le créateur des études arméniennes, il étudia en Grèce et peut-être à Rome, rapporta beaucoup de mss., et contribua au grand travail de traduction qui fit passer alors en arménien les chefsd'œuvre grecs. Son Histoire d’Arménie, Londres, 1736, avec traduction latine par les frères Whiston, et Venise, 1341, et traduction française par M. Levaillant de Florival , contient des documents conservés par lui seul ; elle s’arrête à l’an 441 de J.-C.; le 4e liv. est perdu ; le style a une concision et une énergie qui rappellent Tacite. Sa Rhétorique nous fait connaître plusieurs ouvrages grecs auj. perdus, notamment une tragédie d’Euripide, les Péliades. On a de lui aussi une Géographie, pleine de citations importantes des écrivains grecs, des Hymnes, etc.

M01SK , lac de Russie. V. Ilmen.

MOISSAC , Mussiacum , s.-préf. ( Tarn-et-Garonne), à 30 kil. O. -N. -O. de Montauban, sur la rive dr. du Tarn; 5,815 hab. Tribunaux de lrc instance et de commerce; college. Cette ville se forma autour d’une riche ahbaye , dont l’église subsiste encore; Simon de Montfort la prit en 1212. Elle est entourée de jolies promenades. Comm. de grains, de farines renommées, sel, vins, huile, safran, laines. Beau pont. Récolte de blé et de châtaignes.

MOITA, ch.-l. de cant. (Corse), arr. et à 28 kil. E. de Corte : 828 hab.

MOITTE (Jean-Guillaume), sculpteur, né à Paris en 1747 , m. en 1810 , élève de Pigalle et de Lemoyne, obtint le grand prix en 1768, et se rendit à Rome, où il étudia l’antique avec ardeur. Il fut élu membre de l’Institut en 1795. Ses principaux ouvrages sont : la statue de Cassini ; les figures colossales de la Bretagne et de la Normandie , à la barrière des Bons-Hommes, à Paris ; plusieurs bas-reliefs et sphinx au château de llle-Adam ; la Patrie couronnant les vertus civiques et guerrières , bas-relief de l’immense fronton du Panthéon (Ste-Geneviève ) , chef-d'œuvre qui a été détruit sous la Restauration ; la statue du général Custines , au musée de Versailles; les bas-reliefs de la colonne de Boulogne ; le mausolée en bas-relief de Desaix, dans l’église de l’hospice du mont Sl-Bernard ; la Loi , avec les figures de Moïse, d Isis , de Numa, et de Munco-Copac , dans la cour du Louvre , au 1er avant-corps , à droite du pavillon de l’Horloge, bas-reliefs d’un style grandiose, et qui rappellent la manière de Jean Goujon. Les sculptures de Moitte se distinguent par la correction du dessin , l’élégance des formes, la beauté des proportions , et un heureux choix de draperies. Cet artiste était aussi très-habile dans le dessin d’ornement; vers 1773 et années suivantes, il composa, pour un célèbre orfèvre de Paris, un grand nombre de modèles dessinés à la plume , et restaura le bon goût dans l’art de l’oi'févrerie.

MOIVRE (Abraham), mathématicien, né en 1667 à Vitry en Champagne , de parents protestants , m. en 1754, se retira en Angleterre après la révocation de l’édit de Nantes, et y enseigna les mathématiques. Il se lia avec Halley et Newton, fut admis à la Société royale de Londres en 1697 , et désigné comme un des commissaires chargés de prononcer entre Leibniz et Newton au sujet de l’invention du calcul intégral. Il mourut quelques mois après avoir été reçu membre de l’Académie des Sciences de Paris. Outre des Mémoires nombreux dans les Transactions philosophiques, on a de lui ! the Doctrine of chances, Londres,

1716, 1738 et 1756 , in-4°; Miscellanea anahjlica de seriebus et quadraluris, Londres, 1730, iu-4», ouvrage fort estimé;

! Annuilies of life (des rentes à vie), ibid. , 1724, 1742, 1750, in-8°.

MOJACAR , Murgis, v. murée d’Espagne, capitainerie, prov. et à 80 kil. S.-E. de Grenade, près de la Méditerranée : 3,600 hab.

MOJA1SK , v. de la Russie d’Europe, gvt et à 97 kil. O. de Moscou, sur un affluent de la Moskowa; 4,000 hab Autrefois fortifiée, elle fit partie successivement des prin cipautés de Tchernigov et de Smolensk, et fut réunie au grand-duché de Moscou en 1341. Prise par les Français en 1812.

MOKA , anc. Hocha, x. forte d’Arabie (Yémen), port sur la mer Rouge, à 280 kil. S.- O. de Sana; par 13° 19’ 1” lat. N., et 40° 59' 36" long. E. ; 1,500 hab. Dans une vallée sablonneuse; climat brûlant. L’ exportât, du café est tombée auj., de 20,000 balles il y a 20 ans, à4, 000 à peine, et a passé à Hodeida et Loheia; gomme, dattes, mastic, myrrhe, encens, ivoire. Son commerce déchoit. Factoreries française, anglaise, et danoise. Les Français s’y établirent en 1708. L’influence anglaise y prédomine aujourd’hui.

MOKCIIA, riv. de la Russie d’Europe, naît dans le gvt de Penza , entre dans celui de Tambov , et se jette dans l’Oka. Cours de 500 kil.

MOKCHANSK , v. de la Russie d’Europe, gvt et à 41 kil. N. -N.- O. de Penza, sur la Mokeha ; 4,000 hab. Assiégée par les Tartares en 1717.

MOKLAH (ABÜU-ALI-MOHAMMED-IBN-), né à Bagdad en 886, m. en 940, gouverneur de plusieurs provinces de la Perse et vizir sous le calife Moctader, passe pour avoir inventé les caractères arabes modernes (neskhi), qui ont remplacé les anciens caractères eufiques.

MONTA DER-BILLAH , 18e calife abbasside, 908-932, monta sur le trône à l’âge de 13 ans, se laissa gouverner par ses eunuques et ses femmes, fut déposé deux fois, et deux fois rétabli. Sous son règne, les Ivarmathes s’emparèrent de la Mecque, Nasser-Eddaula fonda une dynastie à Mossoul, Obaid-Allah établit la dynastie des Fatimites en Afrique , et un aventurier nommé Mardawig celle des Zaiarides en Perse. L’eunuque Mounis mit le siège devant Bagdad ; Moktader y fut massacré.

MOKTADI-BIAMRILLAH , 27e calife abbasside, petitfils de Kaim-Biamrillah, auquel il succéda en 1075, épousa la fille de Mélik-Chah le Seldjoukide, auquel il dut de recouvrer sur l’Arabie sa suprématie spirituelle, et mourut de la peste en 1094. Il aimait la justice, réprima une infinité d’abus, protégea les lettres et les sciences. Sous son règne eut lieu la réforme du calendrier persan, 1076. Cette ère fut appelée djelaléenne, à cause du titre de Djelaleddin que portait Mélik-Chah. D.

MOKTAFI-BILLAH , 17e calife abbasside, fut reconnu calife à Rakka, où il était à la mort de son père Motadhed, puis à Bagdad, 902, où il vint faire sa résidence. Il vainquit plusieurs fois les Karmathes. Son activité et son énergie relevèrent un instant la gloire militaire de l’empire. Il mourut en 908.

moktafi-leamr-allah, 31e calife abbasside, succéda à son oncle Râchid en 1136, par le crédit du sultan Maçoud, et mourut en 1160.

MüKTHAR, capitaine arabe, né en 622, m. en 687, fils d’Abou-Obeidah , partisan dévoué de la famille d’Ali, se rendit célèbre par les cruelles vengeances qu’il tira des meurtriers d’Houcein, fils d’Ali, et du calife Obeïd-AUah, ennemi de cette famille. Méconnaissant l’autorité du calife Abdallah, il s’empara de la Mésopotamie; mais les habitants, irrités de sa tyrannie, appelèrent Mosab, frère d’Abdallah ; Mokthar fut vaincu, fait prisonnier, et mis à mort.

MOLA, anc. Turris Juliana, v. du royaume d’Italie (Prov. de Bari), à 22 kil. S. -O. de Bari. Port sur l’Adriatique; 11,884 hab. Savon, tanneries.

mola-di-gaeta, anc. Eormies, v. du royaume d’Italie (Prov de Caserta), petit port sur la mer de Toscane, à 5 kil N.-E. de Gnëte; 8.203 hab.

mola salsa , farine de blé rôti, mêlée avec du sel, dont les anc. Romains se servaient pour consacrer les victimes présentées à l’autel dans les sacrifices, proprement les immoler, parce qu’on leur répandait sur le front un peu de cette mola. * C. D — y.

MOLANUS (Jean Vermeulen, dit), théologien catholique flamand, né en 1533 à Lille, m. en 1585, professeur de théologie, puis doyen de la faculté de Louvain, trèsversé dans l’antiquité ecclésiastique, a laissé, entre autres ouvrages : Annales urbis Lovaniensis, Louvain, 1572 , in-4°; de Historid sacrarum imaginutn, ibid., 1570, iu-12; de Eide

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hœreticis servandâ libri 1res , Cologne, 1584, in-8° ; de Piis lestamenlis, ibid. , 1584, et 1661, in-8°; Militia sacra ducum Brabanliæ, Anvers, 1592, in-8°.

molanus (Gérard- Walter van der mdelen , dit), théologien luthérien, né à Hameln en 1633, m. en 1722, fut professeur de mathématiques et de théologie à Rinteln, puis, en 1677, abbé de Lokkum, avec la direction des églises protestantes du duché de Lunebourg. Il eut avec Bossuet une correspondance au sujet de la réunion des communions chrétiennes, et apporta à cette affaire un rare esprit de modération. On a de lui à ce sujet : Regulæ circa christianorum omnium ecc/esiaslicam reunionem, et Cogitationcs privatœ de mclhodo reunionis Ecclesiœ protestantium, ouvrages imprimés dans les Œuvres de Bossuet.

MOLAY (Jacques de), dernier grand-maître de l’ordre des Templiers, né en Bourgogne, entra dans cet ordre vers 1265, et succéda dans la maîtrise à Guillaume de Beaujeu. Après avoir assisté, en 1299, à la reprise de Jérusalem par les chrétiens et à leurs nouveaux revers, il se retira en Chypre; en 1305, Philippe le Bel, de concert avec le pape Clément V, l’appela en France, sous prétexte de réunir l’ordre du Temple et celui des Hospitaliers, mais en réalité dans le dessein de détruire l'ordre et de s’emparer de ses richesses. Le 13 octobre 1306, Molay fut arrêté avec tous les Templiers alors en France : on le mit à la torture pour lui arracher l’aveu de crimes imaginaires; mais il rétracta publiquement ce qu’il avait pu dire. En vain il demanda à plaider sa cause devant le pape, devant un concile ; l’ordre fut supprimé par une bulle pontificale, en 1312. Le grand-maître, condamné à mort, fut brûlé vif, avec le commandeur de Normandie; on les exécuta, le 11 mars 1314, à Paris, sur l’emplacement du terre-plein actuel du Pont-Neuf. L’ajournement du pape et du roi par Molay à comparaître devant le tribunal de Dieu, l’un dans 40 jours l’autre avant un an, est un fait acquis à l’histoire, malgré le sentiment contraire de plusieurs historiens.

MOLD , v. et paroisse d’Angleterre , Galles) , ch.-l. du comté de Flint, à 305 kil. N.- O. de Londres, 22 O. de Chester ; 9,400 hab. Restes d’un vieux château. Filatures de coton. Mines de plomb et de houille aux environs.

MOLDAU , riv. de Bohême ; source aux monts Boehmerwald ; cours rapide de 420 kil., navigable depuis Hoheufnrt; passe à Prague, Budweiss , Krummau , et se jette dans l’Elbe au-dessus de Melniek. Elle reçoit la Beraun à gauche, et la Sazawa à droite. Un canal, affluent de la Moldau et de la Mülbach , et un chemin de fer de Budweiss à Linz , font une communication entre l’Elbe et le Danube.

MOLDAUTEN, brg des Etats autrichiens (Bohême ), à 30 kil. N. de Budweiss, près de la rive dr. de la Moldau; 2,900 hab. Château des archevêques de Prague.

MOLDAVA, riv. des Etats autrichiens et des Principautés-Unies, naît dans la Bukowine, entre dans la Moldavie, qui lui doit son nom, passe à Roman , et se jette dans le Sereth. Cours de 150 kil.

MOLDAVIE, en allemand Moldau , en turc Bogdan , au moyeu âge Bogdanie, principauté vassale de l’empire ottoman en Europe, au N. du Danube , entre la Russie au N. et à LE-, la Bulgarie et la Valaehie au S., les Etats autrichiens (Bukowineet Transylvanie) à l’O.; par45"24'-48° 13' lat. N., et 22" 55'-27° 50’ long. E. ; 51,732 kil. earr. euv. ; 320 kil. du N. au S., 400 de l’E. à l’O.; 1,600,000 hab., on majorité Roumains; environ 120,000 Bohémiens et 60,000 Juifs. Capitale, Jassy. So\ sillonné parles Karpathes au N. et sur la frontière autrichienne, plat partout ailleurs, arrosé par le Sereth, qui le traverse du N. au S., la Moldava, la Bistritza , le Pruth, qui forme la limite au N.-E. avec la Russie, et le Danube au S.; très-fertile en céréales, vins, fruits, tabac, légumes, lin, chanvre, etc., mais imparfaitement cultivé. Elève considérable de bétail, de chevaux et d’abeilles. Bons pâturages; vastes forêts, d’où l’on tire des bois de construction et de mâture. Climat froid l’hiver, et très-chaud l’été. Mines d’or, d’argent, de cuivre, de fer ; mais le sel est à peu près seul exploité (à Okna), et produit 25 à 30 millions de kilogr. par an. Beaucoup de nitre et de naphte. Comm. de produits agricoles, cuirs, viandes salées, peaux, résines, suif, miel, etc. Peu d’industrie : Minages grossiers, toiles, sellerie, charronnage, distilleries d’eau-de-vie. Il n’y a presque pas de routes. — La Moldavie, partie dè la Dacie Trajane sous l’empire romain , subit tour à tour le joug des Goths, des Huns, des Avares, des Petchénègues, des Cumans et des Mongols. Vers 1352, Bogdan vint avec des Valaques y fonder un Etat, qui, de son nom , fut appelé Bogdanie , et dont les souverains ont été ;

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La Moldavie reconnut la suzeraineté de la Pologne en 1432 , ne s’en affranchit en 1504 que pour devenir vassale du sultan Sélim Ier en 1513 , et fut soumise par Soliman II le Magnifique en 1538. Depuis ce moment, les sultans lui ont imposé des ivaivodes ou hospodars , choisis parmi les Grecs Fanariotes. Un traité conclu par les Moldaves avec Pierre le Grand, 1711, leur inspira l’idée de se délivrer du joug ottoman. Au traité d’Iassy , 1792 , la Russie se fit céder par les Turcs un droit de protection sur la Moldavie ; en 1812, elle acheta de l’hospodar Mourouri le territoire dont a été formée la Bessarabie. Le traité d’Andrinople , 1829 , tout en maintenant la suzeraineté du sultan , fortifia le protectorat du tzar; mais Alexandre II , après la guerre de 1853-55 , y a renoncé en vertu du traité de Paris, 1856. Par suite de ce traité, la Moldavie et la Valaehie ont été maintenues sous la suzeraineté de la Porte, placées sous la protection des cinq grandes puissances européennes , et ont dû se donner un gouvernement constitutionnel , composé d’un prince avec un ministère spécial pour chaque principauté, une assemblée élective et une commission centrale siégeant à Fokschani. Mais toutes deux élurent le même prince, Alexandre-Jean Ier (colonel Couza), 1859, et formèrent les PrincipaMtés-Unies. En 1862, elles obtinrent de la Porte, avec la suppression de la commission centrale, leur réunion en une seule principauté, la Roumanie, avec une seule assemblée et un seul ministère. La Moldavie est divisée en 13 districts, avecchacunun gouverneur, un receveur-général, et un tribunal civil ; elle est subdivisée en cercles. La religion grecque domine ; il y a aussi des catholiques, des arméniens et des juifs. Depuis 1746, le paysan n’est plus attaché à la glèbe; d’après les règlements de 1831 et 1849, deux parties de la propriété restaient à la disposition du paysan, moyennant dîmes et corvées, et la 3e appartenait au propriétaire, qui eu usait à son gré. Toutefois le paysan ne pouvait quitter la terre qu’avec l’autorisation du propriétaire et de l'autorité, tous les 7 ans, à l’époque du recensement. Le servage a été aboli sur les terres des couvents en 1844, et dans la principauté en 1855. B.

MOl.DE, v de Norvège, à 80 kil. O.-S.-O. de Drnntheim; 6,900 hab. Port sur la mer du Nord; export, de bois.

MOLE ( Edouard | , illustre magistrat , né en 1558 à Paris , m. en 1614, fils d’un conseiller au Parlement , occupait la même fonction quand il fut emprisonné à la Bastille avec sa compagnie par les Ligueurs en 1589. Nommé , malgré lui , procureur-général , et forcé de prêter serment à la Ligue , il ne cessa d’être fidèle à la royauté, et échappa par sa prudence aux proscriptions des Seize. Après avoir négocié en secret l’abjuration de Henri IV, il fit rendre par le Parlement l’arrêt qui excluait du trône les femmes et les étrangers. Il reçut, en 1602, comme récompense de ses loyaux services, une place de président à mortier.

mole ( Mathieu) , fils du précédent , né en 1584, m. en 1656, fut conseiller au Parlement de Paris en 1606 , devint, peu de temps après , président aux requêtes , procureurgénéral en 1614 , et premier président en 1641 , par la protection de Richelieu , qui l’honora de sa faveur sans qu’il l’eût recherchée. Pendant les troubles de la Fronde , 1648 , il alla , à la tête du Parlement , à travers les barricades et au risque de sa vie , réclamer les conseillers Blancmesnil et Broussel, arrêtés par ordre de la reine; il porta â la cour, retirée à Sl-Germain , des propositions d'accommodement, signa le traité de Ruel, s’opposa dans Paris aux violences du Parlement et des Frondeurs, faillit plusieurs fois être massacré par le peuple , mais resta toujours grand et calme. Nommé garde-des-sceaux en 1650 , il les résigna bientôt, pour n’être point un obstacle à la réconciliation des partis; mais on les lui rendit, et il les conserva jusqu’à sa mort. On a de lui des Mémoires, publiés, pour la Société de l’histoire de France, par M. Aimé Champollion-Figeac, Paris, 1855-56, 3 vol. in-8°.

mole ( le comte Louis-Mathieu ) , descendant du précédent, né à Paris en 1781, m. en 1855, reçut une éducation

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de famille pendant l’époque la plus cruelle de la Révolution dont sod père, Mole de Champlatreux, président à mortier en 1788, fut une des victimes, en 1794. Il apprit sérieusement les langues et les littératures anciennes. A 25 ans, il était lié avec les littérateurs les plus éminents de l’époque, et tenta aussi la can'ière des lettres par un livre philosophique intitulé : Essais de morale et de poli tique, 1806, 1 vol. in-8°, publié sous le voile de l’anonyme, et qui obtint quelque succès; 2e édit, avec la Vie de Mathieu Molé, Paris, 1809. La même année , le jeune Molé commença sa carrière politique : son ami De Fontanes, grand-maître de l’Université, le présenta à Napoléon Ifr, qui le numma auditeur au Conseil d’Etat, et, peu après, maître des requêtes. Par les qualités de son esprit et la distinction de sa personne , il avait plu à l’Empereur, qui, voulant l’habituer à la pratique directe des affaires, lui confia, e.i 1807, la préfecture de la Côte-d’Or, l’appela, en 1809, au Conseil d’Etat, et le créa, vers la fin de la même année, directeur-général des ponts-et-chaussées, administration immense dans un temps où l’Empire comptait 130 départements, et embrassait une grande partie du Nord et de l’Ouest de l’Europe. Napoléon, qui avait pu apprécier les talents de Molé , le choisit pour succéder au grand-juge Régnier. En 1814, il accompagna l’impératrice Marie-Louise à Blois, quand les armées alliées menacèrent Paris. Pendant la première Restauration , il rentra dans la vie privée. Napoléon, à son retour de l’île d’Elbe , le nomma de nouveau directeur-général des ponts et chaussées. A la deuxième Restauration, en août 1815, Louis XVIII le conserva dans ce poste, l’appela au Conseil d’Etat et à la pairie, qu’il n’avait pas acceptée de Napoléon pendant les Cent-Jours. En 1817, il fut ministre de la marine, dans le deuxième ministère du duc de Richelieu , et se retira avec lui eu 1818. La marche rétrograde du gouvernement le jeta dans l’opposit on dès 1822, et il se distingua dans toutes les discussions par beaucoup de dignité , une raison élevée, un sens politique juste et droit, appuyé d’une longue expérience. Le roi Louis-Philippe lui confia le ministère des affaires étrangères après la Révolution de 1830, le nomma président du conseil des ministres dans les ministères du 6 septembre 1836, et du 15 avril 1837. En 1839, une coalition parlementaire renversa Molé , qui montra dans sa dernière lutte de tribune beaucoup de fermeté et de talent. En 1840, plu; heureux du côté des lettres, il fut élu membre de l’Académie Française. A la Révolution de 1848, Molé accepta des électeurs de Bordeaux le mandat de député à l’Assemblée constituante, où il lutta contre les nouvelles doctrines alors préconisées. Réélu à l’Assemblée législative, il devint centre du parti monarchique, et conserva cette position jusqu’à la dissolution de l’Assemblée. Peu de temps après le 2 décembre 1852 , il se rallia aux légitimistes. Molé a laissé , dit-on , des Mémoires manuscrits sur les événements de son temps depuis 1800 jusqu’à 1815 , après la 2e Restauration.

mole (François-René) , acteur distingué de la Comédie- Française, dont le vrai nom était Molel , né à Paris en 1734, m. en 1802, débuta en 1760, et obtint les plus brillants succès dans les rôles de fats et de petits-maîtres. A la mort de Le Kain , 1778, il aborda les grands rôles de la tragédie ; mais il réussit moins. Pendant la Révolution , il dut à une grande affectation de civisme de n’être point a-rrêté. Molé fut membre de l’Institut depuis son origine ; il a laissé des Mémoires , publiés par Etienne dans la Collection des Mémoires sur l'art dramatique , 1825, in-8°.

MOLESME, vge (Côte-d'Or), arr. et à 22 kil. N.-O. de Châtillon-sur-Seine ; 748 hab. Célèbre abbaye de Bénédictins, fondée en 1173 par Robert de Champagne.

MOLFETTA, Mel/Uum , v. du roy. d’Italie (Terre de Bari), à 26 kil. O. -N. -O. de Bari, port sur l’Adriatique; 25,884 hab. Evêché; fabr. de toiles, construction de navires. Jadis titre d’un duché, qui appartint aux Gonzague depuis 15.36.

MOLIÈRE (jean-Baptiste Poquelin , connu sous le nom de), le plus parfait poète comique de tous les temps, et de la plus haute portée morale, né à Paris, le 15 janvier 1622, dans la rue Sl-Honoré, près de la rue de l’ Arbre- Sec. m. le 17 février 1673. Son père s’appelait Poquelin, et sa mère Marie Cressé. Il était fils et petit-fils de valets j de chambre tapissiers du roi , et on le destinait à remplir la même charge; mais le goût du théâtre et des lettres, que son grand-père contribuait à entretenir, en le conduisant aux représentations de l’Hôtel de Bourgogne, décida ses parents à le faire étudier. Il fut mis, à 14 ans, au collège de Clermont, à Paris, où il eut, pour condisciples, le prince de Conti, Dernier, Hesnault, Chapelle, et par-

tagea les leçons de philosophie que ce dernier recevait do son précepteur, le célèbre Gassendi. Après avoir terminé ses études, il exerça quelque temps les fonctions de son père , dans le fameux voyage de Louis XIII à Narbonne. A son retour, on l’envoya faire son droit à Orléans. Il fut reçu avocat en 1645, et, malgré sa nouvelle profession, se montra moins assidu au barreau qu’aux représentations de Scaramouche. Vers ce temps, il entra dans une société de jeunes gens qui jouaient la comédie pour se divertir, et qui bientôt finirent par former une troupe véritable! Poquelin prit alors le nom de Molière, qui était celui d’un auteur médiocre, mort et oublié. Il se sentait, pour le théâtre, une vocation impérieuse, irrésistible. Devenu chef de sa troupe, il quitta Paris à la fin de 1645, et parcourut avec elle la province, s’essayant au métier d’auteur par des canevas dont la tradition nous a conservé les titres : le Maître d’école, la Jalousie de Barbouillé , le Docteur amoureux, les Trois docteurs rivaux, le Médecin volant, etc., où il sut re-prendre, plus tard, de bonnes scènes. Cette partie aventureuse de sa vie est très-peu connue : on retrouve d’abord ses traces à Bordeaux, à Avignon, à Pézenas, à Lyon, où sa troupe se grossit ; c’est dans cette dernière ville qu’il fit représenter sa première comédie qui ait été imprimée, V Etourdi, en vers et en 5 actes, 1653. L’année suivante il se rendit à Béziers, où le prince de Conti, son ancien condisciple , le fit appeler. Le Dépit amoureux, en 5 actes et en vers, fut représenté en 1656, à Béziers. Du Languedoc, Molière repassa à Avignon, où il connut le peintre Mignard, et de là à Grenoble; en 1658, on le retrouve à Rouen; et, le 24 octobre de la même année, il représenta à Paris, devant le roi, la tragédie de Nicomède, et deux des farces qu’il avait composées. Le roi prit goût à ces divertissements ; il encouragea les comédiens , qui s’établirent à l’hôtel du Petit— Bourbon, près du Louvre, puis, en i660, au Palais-Royal. Le talent de Molière se développait : en 1659, parut la charmante petite comédie en prose intitulée : les Précieuses ridicules, où il prenait possession de la vraie comédie de moeurs et de caractères; désormais les imbroglios de la comédie italienne ne sont plus mis par lui en usage que pour quelques dénoûments qu’il sacrifie, tandis qu’il s’attache à peindre les hommes de son temps et de tous les temps. Molière, joignant la fécondité au génie, donne à de courts intervalles : Sganarelle, 1 acte, 1660 ; Don Garde de Navarre ou le Prince jaloux, comédie héroïque en 5actes, 1661; l'Ecole des maris, imitée de Térence, 3 actes, 1661 ; les Fâcheux, comédie-ballet, 3 actes, 1661; l’Ecole des femmes, 5 actes, 1662, et la Critique de l’Ecole des Femmes, 1 acte, 1663, où il touche admirablement à la vraie théorie de la comédie; l’Impromptu de Versailles, 1 acte, 1663, innocente vengeance de mille sottes attaques; le Marinqe forcé, 1 acte, 1664; la Princesse d’Elide, comédie-ballet, 5 actes, 1664; il hasarde, en 1665, Don Juan ou le Festin de Pierre, en 5 actes, œuvre étrange et profonde , qu’il composa à la sollicitation de ses camarades, pour rivaliser avec une comédie sur le même sujet, qui attirait beaucoup de monde à un théâtre rival. La comédie de Molière a une portée philosophique qui ne fut pas comprise dans ce siècle d’ordre et de règle ; elle eut peu de succès, et même le fit accuser d’impiété. L’Amour médecin , comédie-ballet en 3 actes, première pièce où il ait déclaré à la Faculté une guerre qu’il poursuivit jusqu’à la fin de sa vie, parut en 1665, et fut suivie du Misanthrope, 5 actes, 1666 ; du Médecin malyré lui, 3 actes, 1666; de Mélicerle, pastorale héroïque en 1 acte, et d'une Pastorale comique, pour les fêtes de St-Germain, 1666 ; du Sicilien , ou l'Amour peintre, comédie-ballet en 1 acte, 1667, premier type de nos opéras-comiques. Molière avait déjà dénoncé l’hypocrisie, dans une des transformations du caractère multiple de Don Juan; mais ce vice hideux, cette plaie cachée du xviie siècle méritait une vigoureuse attaque et les développements d’une œuvre tout entière : il l’entreprit dans une grande comédie en 5 actes, l’Imposteur ou le Tartufe , cet ouvrage composé dès 1664, et représenté par parties devant le roi, ne parut devant le public qu’en 1667, et fut immédiatement défendu, grâce aux cabales des faux dévots, qui y reconnaissaient leur vivante image. Mais Louis XIV soutint Molière contre les inimitiés et les calomnies, leva la défense, et donna ainsi tort à l’hypocrisie qui s’agitait autour de lui dans l’ombre, et raison à la vérité et à l’éternelle morale. Ce fut l'apogée du génie de Molière, que ce cri d’une conscience indignée, que cette réclamation à la fois si mesurée et si terrible du bon sens, que cette protestation éloquente qu’on voulut vainement transformer en un attentat contre la religion. Molière donna, en 166Ü, une comédie mythologique, Amphitryon, en 3 actes, où il lutta avantageusement contre Plaute; cette année, il fit

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encore jouer George Dandin, ou le Jl/ari confondu, en 3 actes, et l’Avare, en 5 actes, où il suivit de nouveau les traces de Plaute et surpassa son modèle. Cependant cette pièce eut peu de succès, parce qu’elle est en prose ; le même style avait déjà nui à Don Juan, car alors les ouvrages de théâtre éta eut regardés comme des poèmes, et il régnait dans le publie un préjugé en vertu duquel on croyait qu’une grande comédie devait être en vers; aussi, jusqu’à Don Juan, Molière n’avait écrit eu prose que de petits ouvrages qu'il jugeait presque sans conséquence, tels que les Précieuses, la Critique de l'Ecole des femmes , l’ Impromptu de Versailles, le Mariage forcé, George Dandin. Néanmoins il persista à traiter en prose les sujets qui n’étaient pas de la liante comédie, et donna : Monsieur de Pourceaugnac, en 3 actes, 1669; les Amants magnifiques, en 5 actes, 1670, erreur de son génie ; le Bourgeois gentilhomme, comédie-ballet en 5 actes, 1670, où il met en présence, avec une grande hardiesse , la bourgeoisie ridicule et la noblesse corrompue jusqu’à l’escroquerie. En 1671, il travaille, avec Corneille et Quinault, à Psyché, tragédie-ballet en 5 actes et en vers libres ; il revient à la prose dans les Fourberies de Scapin , comédie en 3 actes , 1671 ; dans la farce de la Comtesse d'Escarbagnas, en 1 acte, 1671 ; il emploie les vers dans une comédie d’un plus haut genre, les Femmes sat .antes , 5 actes , 1672 , où il reprend la pensée de sa comédie des Précieuses, e t la développe, l'élève, la transforme, avec une gaieté, un goût, une force de raison supérieure. En 1673 , malade , épuisé de fatigue , rongé de chagrins domestiques, il écrit en prose son dernier ouvrage, une comédie-ballet, le Malade imaginaire, farce incomparable, et du comique le plus vif, mais où se révèlent cependant, dans une arrière-pensée lugubre, les pressentiments d’une fin prochaine. L’ouvrage fut représenté pendant le carnaval. Molière y jouait le principal rôle, et, la veille de la 4e représentation, il était si fatigué, qu’on lui conseilla d'interrompre la pièce ; mais cette interruption aurait été préjudiciable aux acteurs et aux artisans que son double talent faisait vivre ; il veut jouer, car ces gens sont comme ses enfants, et il doit se dévouer pour eux. Les craintes ne furent que trop juUifiées : vers la fin de la pièce, en prononçant le mot ju.ro, il est pris d'une convulsion; le sang l’étouffe, on l’emmène; il meurt, dans la nuit, à l’âge de 51 ans , et assisté de deux sœurs de charité , qu’il avait ce jour-là même recueillies dans sa maison, lui si charitable pendant toute sa vie. Armande Béjart, sa veuve, obtient, non sans peine, la permission de le faire enterrer, la nuit, au cimetière S1 -Joseph. Molière laissait une fille, qui épousa M. de Montalant , écuyer , et qui mourut sans postérité. — Il nous reste de Molière 30 ouvrages , composés dans l’espace de 20 ans : 14, dont 7 en 5 actes, sont en vers. A la fois auteur, acteur, directeur de troupe, sa vie fut prodigieusement laborieuse, sans que cela ait jamais nui à son génie ; car, parmi ses pièces , pas une ne ressemble à l’autre. Ses chefs-d’œuvre , dans la haute comédie, sont: le Tartufe, qu’il composa à 42 ans; le Misanthrope, à 44; l’Avare, à 46 ; et les Femmes savantes, à 50 ans. Les comédies de Molière sont riches en salutaires enseignements, et les types qu'il fait vivre sont innombrables : il a peint la bourgeoisie et la noblesse, les marchands, les médecins, les 'notaires, les provinciaux, les pédants, les fâcheux, les fanfarons, les intrigants, les fripons, les servantes, les valets et les maîtres ; il a mis en scène , avec un égal succès, les ridicules du faux savoir, les dangers de l’innocence livrée à elle-même, la naïveté rustique, l’obstination dévote, l’autorité paternelle, le respect filial, l’avarice, la prodigalité, la faiblesse, l’hypocrisie, l’irréligion, le libertinage, la misanthropie, la jalousie sous toutes ses formes, le mariage avec tous ses écueils ; il a montré toutes les nuances, toutes les variétés de l’amour, à tous les âges, à tous les degrés, dans toutes les conditions ; il a frappé les marquis indignes, dénoncé, avec une connaissance trop réelle du sujet, le^ unions mal assorties, gourmandé la maussade vieillesse, pardonné beaucoup à la jeunesse riante, et fait passer, dans un coin du tableau, le pauvre, souvent oublié ; enfin, il a montré la souplesse de son talent, aussi bien dans les farces que dans les comédies les plus sérieuses; mais il moralise par goût, et divertit par ordre. Génie rêveur, recueilli, contemplateur, comme on l’appelait , il est surtout admirable par un fonds de bon sens , de vertu tempérée d’indulgence , de mesure dans les idées, de naturel parfait dans les sentiments. Il laisse agir et parler ses personnages , sans mêler sa personnalité à ses œuvres; bien supérieur en cela à Aristophane, quoiqu’il n’ait pas eu à faire de la comédie politique, il ne se passionne que pour des principes, et regarde l’humanité, plutôt que son siècle. Simple dans sa vie comme dans ses

œuvres , il n’a guère eu pour ennemis que les vîcieux qu’il a démasqués, on quelques envieux écrasés par la supériorité de son génie. Nul écrivain n’a plus que lui mérité la statue que la France lui a élevée à Paris, en 1844, près de la maison où il mourut. Considéré comme écrivain, Molière doit encore être mis dans un rang très-élevé : sa prose a une franchise, une netteté, une précision et une vigueur remarquables; la tradition, qui lui fait consulter les impressions naïves de sa vieille servante Laforest, dénote en lui cette préoccupation du vrai, et cette confiance dans l’instinct populaire , qui ne l’a pas trompé. Ses vers sont demeurés le type du vrai style comique, par le naturel, l’aisance du tour, l’énergie, et, au besoin, la grâce : il ne relève d'aucune école , et , malgré quelques négligences , il est resté unique, et nul n’a pu l’imiter. Molière ne fut pas de l’Académie Française; sa profession de comédien l’en écarta. Plus d’un siècle après sa mort, en 1778, l’Académie essaya de réparer cette injustice irréparable : elle fit placer dans le lieu des séances le buste du grand poète, avec ce vers au-dessous :

Rien ne manque à sa gloire : il manquait à la nôtre.

La source la plus complète , quoique souvent suspecte, pour la biographie do ce grand poète, est la Vie de Molière, par Grimarest. Parmi les nombreuses éditions de ses comédies, il faut citer celle de 1682 , publiée par Vinot et La Grange, 8 vol. in-12; celles de Bret, 1773, 6 vol. in-8°, avec un petit commentaire assez insignifiant , et de belles gravures d’après Moreau jeune; d’Auger, 1819-25, 9 vol. in-8°, avec un commentaire estimable, et des gravures d’après H. Vernet et Hersent , remarquables par la vérité historique; d’Aimé-Martin, 1823-26, 8 vol. iu-8°, avec un bon choix de notes de tous les commentateurs ; de M. Ch. Louandre, avec notes, Paris, 1855, 3 vol. in-18 ; de M. Philarète Chasles, avec notes, Paris, 1855, 5 vol. in-16. V. Beffara, Dissertation sur J. -B. Poquelin de Molière, Paris, 1821 , 1 vol. in-8° ; J. Taschereau , Histoire de la vie et des ouvrages de Molière, Paris, 1825, 1 vol. in-8°, et Supplément, 1827 ; Cailhava, Etudes sur Molière, 1802, 1 vol. in-8°. Chamfort a composé un Eloge de Molière , couronné par l’Académie Française en 1779, et M. Sainte-Beuve a donné, sous le titre Molière , une intéressante étude, dans ses Portraits littéraires. M — L.

MOL1ÈRES (Joseph Privât de) , physicien, né à Tarascon en 1677 , m. en 1742, entra chez les Oratoriens en 1701 , enseigna dans différents collèges, se lia intimement avec Malebranche , fut reçu à l’Académie des Sciences en 1721, et obtint la chaire de philosophie au Collège de France en 1723. Il défendit avec ardeur le système des tourbillons de Descartes. Ou a de lui : Leçons de mathématiques, Paris , 1726 , in-12 ; — de physique , ibid., 1733-39, 4 vol. in-12; Eléments de géométrie, ibid., 1741, in-12; divers Mémoires dans le recueil de l’Académie et dans le Journal des savants.

moli ères , ch.-l. de cant. (Tarn-et-Garonne), arr. et à 26 kil. N. de Montauban; 986 hab-

MOLIN ou DUMOULIN (Jacques), célèbre médecin, né dans le Gévaudan en 1666, m. en 1755, fut professeur d’anatomie au Jardin du roi en 1692 , et médecin en chef des armées en 1706. Louis XIV le consultait dans ses dernières années, et Louis XV lui dut la vie en 1744. Molin était partisan de la saignée, recommandait le lait, l'eau et l’exercice à ses malades. On croit que Lesage l'a désigné sous le nom du docteur Sangrado dans son roman de Gil Blas.

MOLINA (Louis), jésuite espagnol, né à Cuetiça en 1535, m en 1601, professa pendant 20 ans la théologie à l’université d’Evora (Portugal). Ses adversaires lui reprochent une morale relâchée. Dans un commentaire latin sur la Somme de S1 Thomas, publié en 1593, 2 vol. in-fol., il cherche à concilier le libre arbitre de l’homme avec la prescience divine. Dès 1588 , il avait fait paraître séparément, à Lisbonne, tin traité de Liberi arbitra cum gratiæ donis concordiâ , in-4°; là il avait exposé son système sur la grâce , efficace ou inefficace , selon que notre volouté y coopère ou y résiste. Ce système eut un grand retentissement sous le nom de molinisme. Attaqué par les dominicains espagnols, par les calvinistes et par les jansénistes, il fut déféré aux papes Clément VIII et Paul V. La ques tion s’embrouilla par les conférences et par les discussions écrites. En 1607, Paul V recommanda de ne plus rien publier sur cette matière difficile ; mais l’ardeur des partis rivaux fut sourde à ce sage conseil, et tout un siècle n’épuisa pas cette subtile controverse. J. T.

molina (Marie de). V. marie, molina, v. d’Espagne, prov. et à 15 kil. N. -N. -O. de

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Murcie, près do la Segura, rive g. ; 6,200 hab. Lin et soie.

molina-oe-aragon , v. d’Espagne (Nouv. -Castille ) , prov. et à 100 kil. E.-N.-E. de Guadalajara, détendue par quelques fortifications. Savons, lainages, ouvrages en fer. Ses Fueros, donnés en 1140, sont un document curieux de l’ancienne jurisprudence de la Castille. Au xive siècle, cette ville fut cédée au roi d’Aragon. Les Français la prirent en 1810. Pop. de la commune : 3,353 hab.

molina (Sierra de), chaîne de mont. d’Espagne, en Aragon , où elle sépare la prov. de Guadalaxara de celles do Saragosse et de Teruel. Elle se rattache au N. -O. à la Sierra Solorio, et au S. à la Sierra de Albarraein.

HCLH7 , .« de Moulins en latin moderne.

MOL1NÆUS, nom latinisé de Dumoulin.

MOLINET (Jean), poète français du xve siècle, né dans le Boulonais, m. en 1507, chanoine de la collégiale de Valenciennes, aumônier et bibliothécaire de Marguerite de Parme, et historiographe de l’empereur Maximilien Ier, traduisit en prose le Roman de la Rose, Lyon, 1503 , et Paris, 1521. Il a aussi laissé : Faits et dits, contenant plusieurs beaux traites, oraisons et chants royaux, Paris, 1531, 1537 et 1540 ; une Chronique de 1474 ù 1504, restée manuscrite.

MOLINIER (Guillaume), troubadour toulousain du xivB siècle, chancelier du Collège du gai savoir, rédigea, en 1336 , de concert avec les membres de cette société, une Poétique sous le titre d eLeys d'amour ; elle est suivie d’une grammaire et d’un traité sur les figures de rhétorique. L’Académie des Jeux Floraux en a donné une nouvelle édition , avec traduction en regard , 1842-44.

MOLINISTES, partisans de Molina ( V. ce mot).

MOL1NOS (Michel), théologien espagnol, né en 1627 près de Saragosse, m. en 1696, alla se fixer à Rome, où il acquit une grande réputation comme directeur des consciences. Il publia, en 1675, un livre intitulé: la Guide spirituelle, qui fut aussitôt violemment attaqué et défendu. Dans ce livre, il enseigne que l’âme, arrivée à l’état de contemplation parfaite, ne raisonne ni ne réfléchit plus ; reçoit passivement l'impression de Dieu; ne désire point de salut, ne craint point d’enfer; devient indifférente à tous les actes extérieurs de la piété; et que dans ce degré d’élévation, si les mouvements de la nature la troublent, ils ne la souillent pas. Molinos fut arrêté par ordre de l’Inquisition, en 1685, comme enseignant le quiétisme, et vit., deux ans après, 68 propositions de son ouvrage condamnées par le pape Innocent XI. Malgré une abjuration publique, il mourut en prison. On trouve, dans les œuvres de Fénelon, une réfutation de la doctrine de Molinos, publiée pour la première fois en 1820. Bossuet l’a aussi combattue dans l' instruction sur les états d oraison,

MOL1SE ou SANNIO (Province de), auj. de Campo- Bassn, division du roy. d’Italie, entre la prov. de Ghieti au N., les provinces d’Aquila et de Caserta à l’O., la province de Bénévent au S., celle de Fuggia au S.-E., et l’Adriaiique auN.-E; ch.-l., Campo-Rasso ; traversée au N. et à l’O. par les plus hautes montagnes des Apennins. Superf. , 4,674 kil. carr. ; pop., 346,905 hab Sol fertile en grains, vins, fruits. E lève de bétail et d’abeilles. Exploitation de pierres, marbre, soufre. — Ce pays, anc. Summum, formait jadis un comté.

molise, Melœ, vge du royaume d'Italie, à 15 kil. N.-O. de Campo-Basso ; 968 hab. Donne son nom à une province.

MOL1TERNO, v. du roy. d’Ital'e (Prov. de Potenza), â 79 kil. S.-O. de Matero, 44 S. de Potenza; 6,823 hab.

MOLITG , vge (Pyrénées-Orientales), arr. et à 8 kil. N.-O. de Brades; 600 hab. Eaux minérales sulfureuses et Bains fréquentés. Près de là sont les ruines du couvent de Notre-Dame-de-Corbiac, et du château de Paraeolls.

MOLITOR ( Gabriel-Jean-Joseph, comte), né à Hayange (Moselle) en 1770, m. en 1849 , partit comme volontaire en 1791 , fit la campagne de 1792 à l’armée du Nord , servit avec distinction sous Hoche, Pichegru, Kléber, Moreau, et Jourdan, s’illustra surtout à Kaiserslautem, Erleberg, Wert, et Wissembourg, et fut nommé général de brigade en 1799. Détaché par Masséna dans les petits cantons suisses, il battit Jellachich, Linken, et Souwarow, à Schwitz, à Muttenthal, et à Glaris. Placé sous les ordres de Moreau dans la campagne de 1800, il força le passage du , Rhin prit Stockach, Mœskirch, Feldkireh, fut élevé au ; grade de général de division , et eut à la paix le comman- ; dement de la 7« division militaire. En 1805 , chef de l'avant-garde de Masséna en Italie, il brilla dans une foule d’affaires , notamment à Caldiero , contre "aile droite de l’archiduc Charles. Gouverneur de la Dalmatie en 1806, il déploya de grands talents administratifs , et , attaqué patios Russes, il les força à se rembarquer. En 1807, il se porte

! de l’Adriatique sur la Baltique, parcourt la Poméranie,

' battant sans cesse les Suédois, et reçoit, pour récompense,

■ le titre de comte et une dotation de 30,000 fr. de rente. Dans la campagne de 1809, il s’empara de l’ile de Lobau, fit des prodiges à Eckmühl, Essling, Aspern, et Wagram, passa dans les villes hanséatiques, occupa la Hollande en 1811 jusqu’en 1814. Louis XVIII le nomma inspecteurgénéral. Appelé à défendre l’Alsace pendant les Cent- Jours, il fut exilé de Paris à la 2e Restauration, puis rappelé en 1818 à ses fonctions d'inspecteur-général. Dans la guerre d’Espagne, en 1823, il commanda le 2e corps. Après cette expédition, il fut nommé maréchal de France et pair. A la révolution de Juillet 1830, il devint successivement gouverneur-général des Invalides et grand-chancelier de la Légion d’honneur. J. ’i.

MOLIVO. V. Mollevah.

MOLL, v. de Belgique (Anvers), à 23 kil. S.-E. de Turnhout, sur un affluent de la Grande-Nèthe ; 4,800 hab. Fabr. de draps.

MOLLAH, oumieux MAULA,c.-à-d. seigneur (de l’arabe ouala, gouverner), titre d'honneur accordé, chez les Arabes et les Turcs, aux cheiks, auxjuriseonsultes, et, en général, à tout homme recommandable par son savoir ou sa piété. C’est le même mot que Mouley , adopté au Maroc, en parlant de l’empereur.

MOLLAN'S, vge (Drôme), arr. et à 25 kil. S.-S.-E. de Nyons, prés de l’Ouvèze, sur un roc dans une gorge étroite; 1,200 hab. Ruines de fortifications. Aux environs se trouve une grotte avec de belles cristallisations. MOLLENDOKF. V. Moellendokf.

MOLLET (Claude), jardinier d’Henri IV et de Louis XIII, m. vers 1615, introduisit, dans les jardins de I-ontainebleau et d’autres maisons royales, des plantes inconnues auparavant, traça, en 1595, les jardins du chateau neuf de Saint-Germain-en-Laye, qui ont été détruits avec ce château. On a publié de lui un Théâtre des plants et jardinages, 1652, in-4°, avec 22 pi., où, pour la vremière fois, la météorologie est appliquée à la culture.

MOLLEVAH ou MOLIVO, anc Méthymne,v. de l’ile de Mételin, sur la côte N., à 42 kil. N.-O. de Castro.

MOLLEVAUT (Charles-Louis), poète et traducteur, né à Nancy en 1777, m. en 1844, professa de bonne heure aux écoles centrales, puis au lycée de Nancy, et voua sa vie presque entière à des traductions en prose ou en vers des auteurs anciens. Il devint, en 1816, membre de 1 Institut et de l’Académie de Gœttingue. On lui doit des traductions en prose de l’Enéide de Virgile, de Sallusle, ae la Vie d'Agricola par Tacite; et des traductions eu vers de l’ Enéide et des Géorgtques, de Catulle , libulle, Properce,

' Ovide , Musée, Anacréon, etc. 11 a publié encore : Eloge de Goffin, en vers, 1812; Poésies, 1813; Elégies, 1816; les Fleurs, poème en 4 chants, 1818 ; Cent fables , de 4 vers chacune, 1819; Poésies diverses , 1821; Chants sacrés, 1824, etc. Ses traductions en prose ne sont pas sans mérite, vaais celles en vers laissent beaucoup à désirer. o. T.

MOLL1EN (François-Nicolas, comte), financier, ne a Rouen en 1758, d’une famille de négociants, m. en 1850, vint à Paris à 17 ans, entra au ministère des finances, ou, après quelques années, il devint 1er commis, place ou il rendit les services les plus essentiels, entre autres, dans la surveillance de la Ferme générale. Envoyé en 1791 comme directeur des domaines, dans le départem. de 1 Euie, il lut destitué après le 10 août 1792, et s’intéressa dans une filature de coton à Evreux. Incarcéré comme suspect, en 1794, il dut sa liberté au 9 thermidor. Après le 18 brumaire, le 1er consul le nomma directeur de la caisse d’amortissement, où il introduisit la comptabilité en partie double; Napoléon le nomma, en 1808, ministre du Iresor, à la place de Barbé-Marbois, et, plus tard, le créa comte de l’Empire. Mollien suivit l’impératrice à Blois, en 1814. Lors du retour de l’ile d’Elbe, Napoléon le rappela au ministère du Trésor. Rentré dans la vie privée après la 2e Restauration, il refusa, en 1818, le ministère des finances, et accepta la pairie en 1819. Mollien fut un administrateur à larges vues, plein de prudence avec beaucoup d’initiative. 11 a publié, sous le titre de Mémoires d. un ministre du Trésor public, Paris, 1845, 4 vol. in-8“, des souvenirs intéressants sur son administration, et, indirectement, sur Napoléon 1er. V.P. Clément , Portraits historiques,

Paris, 1855, in-8°. * Ç‘ ,

mollien (Gaspard-Théodore), né à Paris en 1796, entra dans la marine, fut un de ceux qui échappèrent au naufrage de la Méduse, en 1816, et suivit, depuis, la carrière des consulats. Ou lui doit la découverte des sources du Sénégal et de la Gambie. Il a publié : Voyage dans l intérieur de l'Afrique et aux sources du Sénégal et de la Gambie,

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