‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 159 sur 864 · MOL — 1S · texte numérisé non relu

MOL — 1S

fait en 1818, Paris, 1820, 2 vol. iii-8° ; Voyage dans la république de Colombie en 1823, Paris, 1824, 2 vol. in-8°.

MOLL1ENS-VIDAME, cli.-l. de cant. (Somme), arr. et à 25 Uil. 0. d’Amiens; 787 hab.

MOLLIS, vge de Suisse, cant. et à 5 Uil. N. de Glaris, près de la Linth ; 2,110 hab. Fabr. de cotonnades et de fromage, dit de Schabziger,

M0LLW1TZ. V. Molwitz.

MOLOCH, dieu des Phéniciens et des Carthaginois, adoré aussi chez les Ammonites et les Moabites. 11 a été identifié avec Baal et avec Saturne. On brûlait des enfants en son honneur. Selon Diodore, la statue de Moloch était de métal , et avait les bras étendus pour recevoir les victimes humaines qu’on lui offrait.

MOLOKATH , riv. d’Afrique, la même que la Malva ( V. ce mot).

MOLOGA, riv. de la Russie d’Europe, naît dans le gvt de Tver, et se jette dans le Volga. Cours de 500 kil.

MOLOSSES, peuple d'Epire,au centre, entre les Chaoncs et les Thesprotes à l’O., dont ils étaient séparés par les riv. Thyamis (A'aluma) et Charadros ( Luro ), les Athamanes à l’E., dont ils étaient séparés par le mont Lyncos, les Atintanes au N., et le golfe d’Ambracie au S. Le fleuve Arachtos [Arta) arrosait le pays du N. au S., et , dans le centre, était le lac Pambotis ( damna). Les Molosses étaient d’origine pélasgique ; après la guerre de Troie, ils subirent une invasion d’Hellènes-Eoliens, venus de la Thessalie, et conduits par Néoptolême ou Pyrrhus, fils d’Achille, ou , selon d’autres, par le fils de Pyrrhus, Molossus, qui donna son nom à la nation. Cependant les autres Grecs regardaient les Molosses comme demi-barbares, et ne leur laissaient pas prendre part aux assemblées amphictyoniques. Les Molosses soumirent les petits peuples voisins, et fondèrent un royaume important , qui comprenait la plus grande partie de l’Epire ( V. ce mot). Leur pays, dit Molosside, Mélotide ou Molossie , était montagneux, plus propre au pâturage qu’à l’agriculture, et produisait des chiens renommés, appelés Molosses. Les villes principales étaient: Photica (auj. Vêla), Tecmon { Gurianista), Dodone (Casirizza), Passaron, Chalcis ( Klialiki ), Horréan, Phylacé, Charadra, Ambracio [Arta). C. P.

MOLOUAS, peuple de la Nigritie méridionale, au S. du Bomba; ch.-l., Yanvo. Il obéit à des rois.

MOLSHEIM ou MOLTZEN, ch.-l. de cant. (Bas-Rhin), arr. et à 21 kil. O.-S.-O. de Strasbourg, sur la Bruche; 3,367 hab. C’était, dès le xne siècle, une place forte appartenant aux évêques de Strasbourg ; elle fut brûlée en 1677 par les Impériaux. Fabr. d’aciers, faux, scies, limes, armes blanches, etc. Bons vins blancs. Belle église paroissiale, du xvie siècle.

MOLUQUES ou ILES AUX ÉPICES , grand archipel de l’Océanie ( Malaisie néerlandaise), entre les Philippines au N., Célèbes à l’O., l’Australie au S., et la Papouasie à l’E . ; par 5° 30’ lat. S. -3® lat. N., et 124°-127® long. E.; 11,000 kil. carrés; 568,000 hab. Elles forment trois résidences hollandaises, correspondant aux trois groupes d’iles que l’on y reconnaît : le groupe d’Amboine, composé d’Amboine et de Céram; le groupe de Banda, qui englobe Banda, Lanthoir et Poulo-Ay ; et le groupe des Moluques proprement dites, dont les principales sont Gilolo, Ter- , nate, Mortay, Tidor, Batchian, et Mysol. Il y a encore quelques radjahs ou chefs indigènes. Ces îles sont précieuses pour la culture du muscadier, du giroflier et des arbres à épices; ou en tire aussi du sucre, du café, de l’indigo, du sagou, des plantes tinctoriales. Elles portent les caractères d’un sol bouleversé par les tremblements de terre, et on y trouve encore de nombreux volcans. Les indigènes sont des Alfourous et des Malais, presque tous guerriers et féroces. — Les Moluques furent découvertes en 1511 par les Portugais, qui durent payer à Charles- Quint, en vertu du traité de Saragosse, 1529, une somme de 350,000 ducats, pour écarter la concurrence espagnole. Les Hollandais s’en emparèrent en 1607 , et les ont toujours possédées, sauf de 1809 à 1814, époque où elles furent occupées par les Anglais. Amboine, Banda, et Ternate ont été déclarés ports francs en 1853.

MOLWITZ , vge des Etats prussiens ( Silésie), à 37 kil. S.-E. de Breslau. Victoire du roi de Prusse Frédéric II sur les troupes de Marie-Thérèse, le 10 avril 1741.

MOLTNÉUX (Guillaume), mathématicien, né à Dublin en 1636, m. en 1698, fonda dans sa ville natale, eu 1683, une société scientifique, fut nommé, en 1684, surintendant des bâtiments de la couronne, et, en 1685, membre de la Société royale de Londres. Forcé de passer en Angleterre pendant les troubles civils , il rentra dans sa patrie à la paix, et il y fut successivement représentant de la ville de

Dublin , puis de l’Université , au nouveau parlement d’Irlande. On a de lui : Sciothericum telescopium , Dublin, 1686, et Londres, 1700, in-4°, contenant la description et l’usage d’un cadran solaire à lunette de son invention; Dioptrica nova, Londres, 1692, traité revu par Ilalley , et qui contient le théorème célèbre de ce savant pour trouver les foyers des verres d’optique. Oh donne le nom de Problème de Molyneux à la question qu’il fit à Locke, si un aveugle, auquel on rendrait la vue , reconnaîtrait la forme des corps ?

MOLZA (François-Marie), poëte italien, né à Modène en 1489, m. en 1544, vécut dans la misère, à cause de sa conduite déréglée. Il a laissé des poésies bernesques, pleines de verve et d’élégance, et des vers latins estimables. Ses Œuvres ont été recueillies par Serassi, Bergame, 1747-54, 3 vol. in-8®. — Sa petite-fille, Tarquinia Molza, née à Modène en 1542, m. en 1617, composa des sonnets et des madrigaux; elle mérita les éloges du Tasse et de Guarini. Ses Poésies sont jointes à celles de son aïeul.

MOMBAZA, île de la mer des Indes, en Afrique, près la côte de Zanguebar, appartenant à l’iman de Mascate ; par4°4’lat. S., et 37® 23’ 12” long. E.; 25 kil. de tour. Ch.-l. Mombaza. Commerce actif de gomme, poudre d’or et ivoire. Possédée d’abord par les Portugais, de 1519 à 1720, par les Anglais, de 1824 à 1826; 10 à 12,000 hab.

MOMIERS, c.-à-d. Comédiens , nom ironique donné en Suisse aux Méthodistes

MOMIES, corps humains préservés de la décomposition par l’embaumement. Avant Moïse, il était de dogme en Egypte, que les âmes reviendraient, au bout de 6,000 ans, habiter les mêmes corps qu’elles avaient quittés : voilà pourquoi l’on prenait tant de soin de les préserver de la dissolution, et de conserver leurs formes au moyen de bandelettes. Les momies, qu’on a apportées dans les musées d'Europe, ont une couleur d’un brun foncé, souvent noire et luisante; le corps, dur et sec comme le bois, répand une odeur aromatique, et, à l’exception de la tête, est enveloppé de bandelettes en toile de coton, fortement assujetties, et si bien pénétrée par les baumes, qu’elles semblent ne faire qu’une masse avec lui. V. Sieber sur les Momies d'Egypte, Vienne 1820 ; Granville, Essai sur les momies d’Egypte, Lond., 1825, in-4®.

MOMON1É. V. Munster.

MOMPOX, v. de la Nouv.-Grenade, ch.-l. de la prov. de son nom, à 200 kil. S.-E. de. Carthagène, sur la rive g de la Magdalena; 10,000 hab. Collège. Comra. de tabac, sucre, chocolat, et or. — La prov. de Mompox, au centre de l’Etat Néo-Grenadin de Bolivar, a 50,000 habit.

MOMUS, dieu de la raillerie et des bons mots, fils du Sommeil et de la Nuit, selon Hésiode. On le représente un masque et une marotte à la main.

MONA, nom ancien d’AisGLESEY.

MONABIA, nom ancien de l'ile de Man.

MONACH1UM, nom latin de Munich.

MONACO, Porlus ou Arx Herculis Monœci des Romains, anc. Mourges en français, v. capitale de la principauté de son nom, sur un rocher qui s’avance dans le golfe de Gênes, à 14 kil. E.-N.-E. de Nice; 1,687 hab. Manuf. de tissus de coton ; distilleries d’essences. — Patrie du sculpteur Bosio.

Monaco (Principauté de), Etat de l’Europe, baigné par la Méditerranée, et borné des autres côtés par le départ, des Alpes-Maritimes; capit., Monaco; la principauté est auj. bornée à cette ville, depuis qu’elle a cédé à la France (2 février 1861) pour 4 millions de fr., les villes de Mentone et de Ro<,ui*brune ; auparavant elle avait 130 kil. carr. et 7,500 liait. Climat délicieux. — La principauté appartint d’abord à la famille génoise des Grimaldi, dont un des princes, Honoré il, reconnut le protectorat de la France, en 1641. La descendance mâle des Grimaldi s’éteignit en 1731; l’héritière porta la principauté à la maison de Matignon, qui prit aussi le nom de Grimaldi. Les princes de Monaco faisaient partie de la pairie de France, comme ducs de Valentinois. Les appels de leurs tribunaux, où l’on appliquait les lois françaises, étaient portés devant les jurisconsultes à Paris. Les traités de 1815 mirent l’Etat de Monaco sous la protection du roi , de Sardaigne. En 1848-49, Charles-Albert s’empara de ! Mentone et de Rochebrune ; les événements de 1859-60 ont mis la principauté sur le territoire et sous la protection de la France.

MONACUM, nom latin de MüNicn.

MONAGIIAN, v. d’Irlande, capitale du comté de ce nom, à 100 kil. N. -N. -O. de Dublin; 3,797 hab. Fabr. de toiles. — Le comté est au N. de 1 Irlande, dans le S.-E. de l’Ulster, entre ceux de Tyroue au N., de Fermanagh à

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MON

10., de Gavan au S.-O., le Leinster au S., et le comté d’Armagh à l'E. Aréa; 130,000 hect. ; 126,340 liab. Sol inégal et marécageux. Climat humide. Elève de bestiaux. La fabr. de toiles a décliné; v. principales: Clonee, Ca.rrick-Macross.

MONALDESCHI (Jean de), d’une noble famille d’Orviéto en lralie, devenu grand-écuyer et favori de Christine, reine de Suède, l’accompagna dans ses voyages après son abdication, mais périt victime de sa propre faveur : Christine, pendant son séjour en France au château de Fontainebleau, le fit assassiner, 1657, soit par jalousie, soit par tout autre motif de vengeance, malgré son étroite intimité avec elle.

MONASTIER (le), ch.-l. de canton (Hte-Loire), arr. et à 19 kil. S.-E. du Fuy, sur la Gazeille; 1,992 hab. Grains, beurre, fruits, fromages.

MONASriER (le), vge (Lozère), arr. et à 6 kil. S. de Marvejols; 454 hab. 11 y eut un célèbre couvent de Bénédictins, dont une partie de l’église subsiste encore.

MONASTIR on BITOLIA, Octolophum, v. de la Turquie d’Europe (Roumélie;, à 180 kil. S.-O. de Salonique); sériciculture; 15,000 hab. Ch.-l. de l’eyalet de Munastir ou de Roumélie, divisé en 5 livalis.

monastir, v. forte de la régence de Tunis, à l’E., à 22 kil. S.-E. de Sousa, port sur la Méditerranée, à l’O. du cap Monastir ( Uionysii promontorium) ; 12,000 hab. Etoffes de laine, bournous, huile d’olive, os, savon.

MONBODDO (Lord). V. Burnett (James).

MQNCADE (Hugues de), capitaine espagnol, né â Valence, d'une illustre famille de Catalogne, suivit Charles VIII, roi de France, en Italie, s’attacha ensuite à César Borgia, et à Gonsalve de Cordoue. Fait prisonnier par André Doria, sur la côte de Gênes, il fut renvoyé sans rançon à Charles-Quint, embrassa le parti des Colonna contre le pape Clément VII, et s’empara du Vatican, qu’il livra au pillage, 1527. Nommé vice-roi de Naples, il défendit cette ville contre Lautrec et André Doria, mais fut tué dans un combat naval, 1528.

moncade v. d’Espagne, prov. et à 13 kil. O.-N.-O. de Valence; 3,100 hab.

MONCALIERI, v. du royaume d’Italie, à 9 kil. S. de Turin, sur le Pô; 10,181 hab. Château royal.

MONCALVU ou MUNCAL, v. du roy. d’Italie, prov. et à 32 kil. N.-O. d'Alexandrie ; 4,007 hab.

MONCAYO, Caunus, montagne d’Espagne, dans la chaîne Ibérique, sur la limite des provinces de Soria et de Saragosse.

MONCEAUX. V. Batignolles.

MONCHABOU ou MONTCHOBO, v. de l’empire birman (Ava), à 100 kil. N. d’Umerapura ; 4,000 hab. Patrie d’Alompra, qui en fit sa capitale en 1756.

MONCEY ( Rose-Adrien-Jeannot) , duc de Conégliano, né en 1754 à Moncey, près de Besançon, m. en 1842, fils d’un avocat au parlement de Franche-Comté, s’évada du collège de Besançon, à 15 ans, pour s’enrôler successivement dans le régiment de Conti-infanterie, le régiment de Champagne , et les gendarmes de la garde, et passa, en 1778, dans les dragons de Nassau-Siegen. Capitaine en 1791, il commanda en 1793 le bataillon des chasseurs cantabres à l'armée des Pyrénées-Occidentales, fut nommé général de brigade en 1794, général de division deux mois après, concourut à la prise de Fontarabie et de S*-Sébastien, reçut alors le commandement en chef, euvahit la vallée de Roncevaux, où il détruisit une pyramide qui consacrait la défaite de Roland, battit les Espagnols à Villanova, enleva leur camp d’Eybar et un immense matériel, et les contraignit de demander la paix. En 1796, envoyé à l’armée des côtes de Brest, il rallia, par sa justice, les habitants de ces contrées au gouvernement républicain. En 1800, détaché vers l’Italie avec 12,000 hommes de l’armée du Rhin, il franchit le mont Saint -Gothard, et contribua à la victoire de Marengo. Inspecteur-general de la gendarmerie en 1801, il mérita, par l’habileté avec laquelle il déjoua plusieurs conspirations contre le premier consul, d'être nommé maréchal d’Empire en 1804, puis sénateur et duc de Conégliano. Quand la guerre d'Espagne eut éclaté, il battit les insurgés de Valence au défilé d’Almanza, 1808, et prit part au siège de Saragosse 1809. Relégué à l’armée de réserve du Nord, il ne fut point appelé à participer aux guerres de 1812 et 1813, qu’il avait împrouvées; mais, eu 1814, il défendit héroïquement Paris, 1 en qualité di major-général, commandant en second la ! garde nationale. La Ire Restauration l’ayant nommé pair I de France et maintenu dans ses fonctions d’inspecteur de ! la gendarmerie, il se tint à l’écart pendant les Cent-Jours, ; mais se laissa cependant inscrire sur la liste des pairs im- j

périaux. A la 2e Restauration, il refusa la présidence du conseil de guerre chargé de juger le maréchal Ney, ne voulut même pas y siéger, fut destitué, et emprisonné pendant trois mois au château de Ham ; il fut bientôt rétabli sur la liste des maréchaux, mais il ne rentra à la Chambre des pairs qu’en 1819. Lors de la guerre d’Espagne, 1823, à la tête du 4e corps, il prit Puycerda, Roses, Figuières, et reçut la soumission de Barcelone, Tarragone et Hostalrich. Plus tard, il combattit à la Chambre le ministère Villèle, accueillit avec joie la révolution de 1830, fut nommé en 1834 gouverneur des Invalides, et y reçut en 1840 les restes mortels de Napoléon Ier. B.

MONCHIQUE , v. de Portugal (Algarve) , à 24 kil. N. de Lagos , au pied de la Sierra de Monchique ; 2,800 hab. Sources sulfureuses et bains fréquentés. Oranges et jambons renommés. — La Sierra de Monchique est une chaîne de montagnes qui sépare l’Algarve de l’Alentéjo occidental, et court ensuite au S.-O. jusqu'au cap S*-Vincent.

MONCHY , vge (Pas-de-Calais) , arr. et à 15 kil. S.-O d’Arras ; 1,221 hab. Il a donné son nom à une famille noble

MQNCLAR. V. Rifert-Monclar.

MONCLAR, ch.-l. de eant. (Lot-et-Garonne), arr. et â 18 kil. N.-O. de Villeneuve-d’Agen; 927 hab. — Ch.-l. de eant. ( Tarn-et-Garonne) , arr. et à 20 kil. S.-E. de Montauban; 653 hab.

MONCLOVA. V. Montelovez.

MONÇON , MONZON ou MOUÇON , v. d’Aragon , sur la rive g. de la Cinca, à 5(5 kil. S.-E. de Huesca ; 4,600 liab. Célèbre par un traité signé, le 6 mars 1626, entre la France et l’Espagne, au sujet de la Valleline.

MONCONTOÜR, ch.-l. de eant. (Vienne), arr. et à 18 kil. S.-S. -O. de Loudun , sur laDive; 694 hab. Le 3 octobre 1569, le duc d’Anjou (Henri III) y remporta une victoire sur les calvinistes , commandés par Coligny.

moncontoür, ch.-l. de eant. (Côtes-du-Nord), arr. et à 33 kil. S.-E. de St-Brieuc; 1,375 hab. Comm. de grosses toiles , fil , laine , beurre , cuirs. Pèlerinage à S^Mathurin.

MONCOUTANT , ch.-l. de eant. I Deux-Sèvres) , arr. et à 27 kil. N.-O. de Parthenay ; 477 hab. Elève de bestiaux ; récolte de lin et de blé; grande fabrication de breluches (étoffes de laine sur fil).

MONCRABEAU, brg (Lot-et-Garonne), arr. et à 14 kil. S. -S.-E. de Nérac; 275 hab. Autrefois fortifié. Elève de chèvres.

MONCRIF (François- Augustin Paradis de) , membre de l'Académie Française , né à Paris en 1687 , m. en 1770, réussit dans le monde par son esprit, sa figure avantageuse , ses talents de peintre , de musicien , et de comédien de société. Il fut secrétaire du comte d’Argenson , puis de l’abhé-comte de Clermont , prince du sang , enfin lecteur de Marie Leczinska. Quelques poésies où il y a de l’esprit, de la délicatesse et du sentiment , et à la tête desquelles il faut placer le Rajeunissement inutile , ont établi sa réputation. Mais un style maniéré, souvent inintelligible, caractérise ses productions en prose. Son Histoire des Chats , Paris, 1727-48 , in-8°, qui est un modèle dans ce genre, l’exposa à des sarcasmes qui lui imprimèrent longtemps un cachet de ridicule. Parmi ses autres ouvrages, on distingue : Essais sur la nécessité et les moyens de plaire , Paris, 1738, in- 12; les Ames rivales; des opéras-ballets, des poésies chrétiennes et fugitives. On a imprimé le tout sous le titre à' Œuvres mêlées , Paris , 1751 , 3 vol. in-16; 1768, 4 vol. in- 12 ; 1791, 2 vol in-8°; 1801, 2 vol. in-18. C. N.

MONDA , v. d’Espagne, prov. et à 31 kil. O. de Malaga ; 3,800 hab. Antiquités romaines. Il a été démontré que ce n’est pas l’antique Munda.

MONDEGO, anc. Munda , fl. de Portugal. Source dans la Sierra d'Estrella. Cours de 150 kil., au N. jusqu'auprès de Celorico , puis au S.-O. par Coïmbre, d’où il est navigable jusqu’à son embouchure dans l’océan Atlantique à Buarcos (Bas-Beira).

mondego, riv. de l’Amérique du Sud , coule entre le Brésil et le Paraguay, et se jette dans le Paraguay.

MONDINO , plus connu sous le nom de Mundinus , anatomiste auquel cinq villes d’Italie se disputent l’honneur d’avoir donné naissance, m. à Bologne en 1326, professeur à l’université de cette ville en 1316, fut le premier des modernes qui disséqua des cadavres humains , et son Traité d’anatomie fit longtemps autorité dans les écoles ; il a eu beaucoup d’éditions : Pavie, 1478, in-fol. ; Venise, 1580, in-12; Marbourg, 1741 , in-4°. D — g.

MONDONEDU, Mindonia, v. d’Espagne ( Galice 1 , prov. et à 48 kil. N.-N.-E. de Lugo. Evêché suffragant de Santiago. Fabr. de toiles, tanneries, briqueteries. Pop. delà commune: 10,350 hab.

MONDONVILLE (Jean-Joseph Cassanea de), com-

— 1825 — MON

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positenr do musique, né à Narbonne en 1715, m. en 1773, i écrivit des motets qui lui valurent la place de surintendant (le la chapelle de Versailles. 11 fit aussi des sonates et des trios pour le violon, des pièces de clavecin, des concertos d’orgue. 11 donna des opéras : le Carnaval du Parnasse, 1749, Titon et l'Aurore, 1753, Daphnis et Alcimadure, 1754, qui eurent un grand succès. C’était un musicien sans verve et sans génie; ses compositions sont auj. oubliées.

MONDOUBLEAU, ch.-l. de cant. ( Loir-et-Cher), arr. et à 27 kil. N.-O. de Vendôme, près de laGraisne; 1,525 hab. Fabr. de serges, cotonnades, toiles ; tanneries renommées ; commerce de chevaux, bestiaux, fruits secs, grains. Ruines d’une forteresse féodale , l’une de celles qui défendaient la frontière du Maine.

MON’DOVl, v. du roy. d’Italie (Coni), à 87 kil. S.-E. de Turin, près de l’Elero; 10,752 hab. Ch.-l. d’arrondiss. Évêché suffragant de Turin; école de médecine, collège royal. Citadelle ; arsenal de construction militaire. Filatures de so-ie, fabr. de coton et de lainages, tanneries, usines à fer, papeteries. Cette ville, fondée en 1232, et d’abord indépendante , fut soumise aux ducs de Savoie en 1396. Près de là, Bonaparte vainquit les Piémontais, le 22 avril 1796, et Soult dispersa 40,000 paysans insurgés, en 1799. — L’arrond. de Mondovi, entre ceux d’Alba au N., de Saluces au N.-O., de Coni à l’O., de Savone au S., et de Gênes à l’E. , a 183,000 hect. de superf. , 70 kil. sur 50 , et 150,000 hab. Sol fertile et bien cultivé; élève de bestiaux; récolte de grains , vins , légumes, soie. Marbres.

MONDRAGON, v. d’Espagne (Guipuzcoa) , à 22 kil. S. -O. de Plaeencia: 2,900 hab. Fabr. royale d’armes, dépendant de l’usine de Plaeencia.

MONEIN, Monesi , ch.-l. de cant. (Basses-Pyrénées), arr. et à 25 kil. N. d’Oloron ; 1,160 hab. Vins rouges fins.

MONEMBASIE. V. Napoli-di-Malvasia.

MONESTIER (le), ch.-l. de cant. ( Hautes- Alpes) , arr. et à 15 kil. N.- O. de Briançon , dans une vallée élevée des Alpes, près de la Guisanne ; 1,125 hab. Etablissement d’eaux thermales. Exploitation de graphite ou plombagine, de houille, de cuivre. Très-beaux sites. Ruines et antiquités romaines.

monestier-de-clermont ( le ) , ch.-l. de cant. (Isère) , arr. et à 35 kil. S. de Grenoble; 776 hab. Ane. baronnie, érigée en comté en 1547, et qui a donné son nom à la famille de Clermont-Tonnerre.

MONESTLÈS, ch.-l. de cant. (Tarn) , arr. et à 23 kil. N. -N. -O. d’Albi , sur le Cérou; 615 hab. Toiles, fils et bestiaux. Autrefois fortifié. Vieille église

MONET (Jean). F. Monnet.

MONÉTAIRES , Monetarii , nom de trois magistrats chargés, chez les ane. Romains, de surveiller la fabrication des monnaies ( V. Triumvirs ) . — Des Monétaires existèrent aussi eu France, sous les deux premières dynasties de rois; leur nom était sur la monnaie.

MONFIA , île d’Afrique , au S. de celle de Zanzibar , près de la côte de Zanguebar, dans la mer des Indes. Commerce actif. Les habitants sont sous la souveraineté de l’iman de Maskate.

MONFLANQUIN, eh.-l. de cant. (Lot-et-Garonne), arr. et à 17 kil. N. de Villeneuve-d’Agen, sur la Lède; 1,171 hab. Bons vins rouges. Comm. de bestiaux et céréales.

MONFORTE , v. d’Espagne (Valence), à 18 kil. O. d’Alicante; 3,700 hab. Antiquités romaines.

monforte-de-lemos , v. d’Espagne (Galice), prov. et à 57 kil. S.-S.-E. de Lugo ; 11,306 hab. Toiles, tamis de soie, biscuits.

monforte-de-rio-libre , v. de Portugal (Tras-os- Montes), à 12 kil. E. de Chaves; 4,000 hab.

MONGATCH , v. de Hongrie. V. Munkacs.

MONGAULT ou MONTGAULT (Nicolas-Hubert, abbé de), né à Paris en 1674, m. en 1746, entra à 16 ans dans la congrégation de l’Oratoire, professa les humanités au collège de Vendôme, fut quelque temps attaché à Colbert, archevêque de Toulouse, devint, en 1710, précepteur du fils du duc d’Orléans, régent, et entra à l’Académie française en 1718. On a de lui des traductions estimées d’ Hérodien, Paris, 1700, in- 12, et des Lettres de Cicéron à Allions, 1714, 4 vol. in-12; cette dernière traduction est écrite d’un style élégant, facile et pur; mais il y a beaucoup de contre-sens dans les détails. La meilleure édition est celle qui a été revisée par M. J.-V. Le Clerc, dans son Cicéron complet avec traduction.

MONGE (Gaspard) , un des plus grands géomètres modernes, né à Beaune en 1746, m. en 1818, fils d’un marchand forain, commença ses études chez les Oratoriens de sa ville natale. A 16 ans, il était professeur de phy-

sique au collège du même ordre à Lyon ; mais on essaya en vain de le faire entrer dans la congrégation. Un plan de la ville de Beaune, qu’il avait exécuté avec beaucoup d’intelligence, et dont l’original existe encore, fut le point de départ de sa carrière scientifique. Un officier supérieur du génie, qui avait vu ce travail, fit entrer Monge à l’école du génie de Mézières. L’élève devint bientôt répétiteur, puis, en 1768, professeur de mathématiques en remplacement de Bossut,et, en 1771, suppléant de l’abbé Nollet dans la chaire de physique. De cette époque date la Géométrie descriptive; mais la publication des méthodes de Monge fut interdite , parce qu’on ne voulait pas que les étrangers pussent profiter de leur utilité pour le perfectionnement de l’art des constructions ; ce ne fut qu’en 1794 que Monge put enseigner publiquement la géométrie descriptive. Pendant qu’il était obligé de tenir secrétes ses méthodes géométriques , Monge s’est occupé d’analyse appliquée à la géométrie ; ses Mémoires à ce sujet se trouvent dans le recueil de l’Académie de Turin de 1770 à 1773, et dans la collection de l’Académie des Sciences de Paris. Il y a joint plus tard un Mémoire sur le calcul intégral des équations aux différentielles partielles, qui complète un des précédents. L’enseignement de la physique fut aussi pour lui l’occasion d’expériences importantes , notamment celle de la production de l’eau, 1783, pour laquelle il fut prévenu, sans le savoir, par Cavendish. En 1783, il quitta Mézières pour remplacer Bezout comme examinateur de la marine. Depuis trois ans, il était membre de l’Académie des Sciences, et partageait son temps entre ses fonctions à Mézières et celles de professeur d’hydraulique dans l’école établie à Paris par Turgot. Lorsque la Révolution éclata, Monge en accepta les principes avec enthousiasme : mais il ne fit partie d’aucune des assemblées politiques de cette époque , et, après le 10 août 1792, il fut nommé ministre de la marine , poste qu’il abandonna en avril 1793. Lorsque la France était menacée d'une invasion, et que presque tous les moyens de défense étaient à créer, Monge fut un des savants qui répondirent à l’appel du Comité de salut public ; il passait ses journées dans les fonderies, les foreries de canons, et, pendant les nuits, il écrivait l’Art de fabriquer les canons. Û a rédigé aussi, avec Vandermonde et Berthollet, un Avis aux ouvriers en fer sur la fabrication de l’acier, 1794. Quand l’Ecole normale fut fondée, Monge y enseigna la géométrie descriptive. Il organisa encore l’enseignement de l’Ecole centrale des travaux publics (depuis Ecole polytechnique). Monge fut envoyé deux fois en Italie : la lr«, avec Berthollet et des artistes, pour recueillir les chefs-d’œuvre cédés à la France, et ce fut l’origine de son admiration enthousiaste pour le général Bonaparte; la 2e, avec Daunou et Florent, après l’assassinat du général Duphot , et alors il contribua à l’établissement d’une république à Rome. 11 fit partie de l’expédition d’Egypte, et fut président de l'Institut du Caire. Dans l’une des excursions qu’il fit en Egypte, il observa le phénomène du mirage, dont il a donné une description et une explication. Monge revint en France avec Berthollet et le général en chef, et reprit sa place à l’Ecole polytechnique. L’affection qu’il portait à cette Ecole se montra dans plusieurs circonstances , surtout lorsque , malgré lui, l’organisation étant changée, en 1805, la solde journalière des élèves fut supprimée : il abandonna son traitement, et, plus tard, sa pension de retraite, aux élèves privés de fortune. Sous l’Empire, Monge fut nommé sénateur , comte de Péluse , grand-officier de la Légion d’honneur, et pourvu d’un riche majorât en Westphalie. La chute de Napoléon Ier, la dislocation de l’Ecole polytechnique, le bannissement des conventionnels qui avaient voté la mort de Louis XVI, sa radiation de l’Institut, le frappèrent au cœur ; son intelligence s’obscurcit , et il ne fit plus que végéter jusqu’à sa mort. Outre les Mémoires déjà cités , Monge en a encore inséré plusieurs dans le Journal de l'Ecole polytechnique (cahiers i, il, vi, xi, xill, xv ), dans la Correspondance sur l’Ecole polytechnique, dans la collection de l’Institut, etc. Il a publié à part : Traité élémentaire de statique, Paris, 1786, in-8°, et 1846, 8« édit., avec une note de M. Cauchy; Géométrie descriptive , suivie d’une Théorie des ombres et de la perspective , 7e édit., 1847, in-4° ; Application de l’analyse à la géométrie, 5e édit. , annotée par M. Liouville, 1850, in-4°. M. Ch. Dupin a publié un Essai historique sur les services et les travaux scientifiques de G. Monge. V. aussi l’Eloge de Monge par Arago, 1846, et les Souvenirs sur Monge et ses rapports avec Napoléon, par M. Jomard , Paris, 1853, in-8°. Y.

MONGEZ (Antoine), archéologue, né à Lyon en 1747, m. en 1835, entra chez les Génovéfains, qui lui confièrent la garde de leur cabinet d’antiques, fut admis à l’Académie

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MON

des Inscriptions en 1785, devint membre de la commission de la Monnaie en 1792, administrateur de cet établissement en 1804, perdit sa place à la Restauration comme prêtre marié, et la recouvra en 1830. Il rédigea le Dictionnaire d'antiquités, qui fait partie de Y Encyclopédie méthodique, 1786-94, 5 vol. in-4°, plus 2 vol. in-4° de fig., ouvrage encore très-estimable, bien qu’arriéré auj. sur beaucoup de points. Mongez fut chargé d’achever Y Iconographie romaine de Yisconti, 1812-29, 3 vol. in-4°. On a encore de lui plusieurs Mémoires sur l’archéologie, dans la collection de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

MONGHIR ou BOGLIPOUR, v. de l’Hindoustan anglais ( Bengale ), sur la rive dr. du Gange, dans l’anc. prov. de Bahar, à 384 kil. N.- O. de Calcutta,» 128 kil. E. de Patna, par 25» 23’ lat. N., et 84° 6’ long E. ; 30,000 hab. Citadelle. Collège musulman renommé. Beaux jardins. Fabr. de soie, d'armes et de projectiles. Cette ville appartient aux Anglais depuis 1763. — Le district de Boglipour a 23,400 kil. carr., et 2,000,000 hab. Sol fertile en riz, blé, légumes, coton, ricin , canne à sucre.

MONGLONE. V. Florent-le-Vieil (Saint-).

MONGOLIE , vaste région de l'empire chinois , entre la Russie d’Asie au N., le Thian-chan-pé-lou , le Thian-channan-lou et le Thibet à l’O., le Thibet et la Chine propre au S., et la Mandchourie à l’E.; par 33°-53° lat. N., et 85°-122° long. E. On la divise en Mongolie propre, et pays du Khoukhou-noor. C’est un vaste plateau , de 3,800 kil. sur 2,200, élevé de 2,000 mèt. environ au-dessus du niveau de la mer, peuplé de 3,000,000 d’hab., et qui s’appuie au N. et au N.- O. sur les monts Altaï et Jablonoï, au S. sur la chaîne de l’Inchan, à l’E. sur les Khing-khan. Une partie de sa surface est occupée par le désert de Kobi ou Chamo. La région du N. est arrosée par la Selenga et l’Amour, et renferme les lacs Kulen et Bouir. Climat varié , très-froid "clans le désert de Kobi. Beaucoup de steppes et de maigres pâturages, animaux sauvages, oiseaux de proie. Les Mongols, divisés en tribus (aïmaks), forment plusieurs grandes familles ou peuples : les Khalkhas, les plus puissants et les plus nombreux, au N.; les Bouriates et les Eleuthes, à l’O. ; les Or dos, au S.; les Tsakliars et les Sounits, à l’E.; toutes subdivisées en hordes nomades, qui habitent sous des tentes. Depuis qu’ils ont embrassé le bouddhisme, ils sont hospitaliers et obligeants; le vol et le pillage y sont devenus rares. Leur nourriture principale est le lait ; cependant ils sont belliqueux et bons chasseurs. La polygamie y est en vigueur. Les Mongols tirent des Chinois le thé, le tabac, leurs étoffes de laine et de soie, et leurs ustensiles ; en échange, ils donnent du bétail, du beurre, des cuirs , etc. — Les Mongols furent deux fois réunis sous une même domination , par Gengis-khan et par Tamerlan (V. ces mots).

MONGOLIQUE (Race). V. Races.

MONGOLS (Empire des), dit vulgairement Empire du Grand-Mogol , Etat fondé en Asie par Babour, petit-fils de Tamerlan, en 1505; ch.-l., Delhi. Il ne comprit d’abord que le N. de l’Hindoustan et le Khoraçan; Akbar l’étendit sur l’Hindoustan entier et sur l’E. de l’empire persan. On le partageait en 12 grandes provinces ou soubabies, subdivisées elles-mêmes en petites provinces ou nababies. Au xvme siècle, l’invasion de Nadir-Chah, l’insurrection des Mahrattes, les guerres contre les Français et surtout les Anglais, ruinèrent l’empire mongol, dont la plus grande partie est auj. soumise à l'Angleterre.

Liste des grands Mogols.

Babour 1505

Houmaïoum, pour la

lre fois 1530-1541

( 6 usurpateurs : Chir-Chah, 1541 - 46 ; Selim - Chah , 1546-48; Feroz-Chah, Adel-Chah, Ibrahim - Khan, Ahmed-Khan ou Sikander-Chah, 1552-55).

Houmaïoum , pour la

2e fois 1555

Akbar 1er. 1555

Géangir 1605

Chah-Djihan Iee 1627

Aureng-Zeyb ou

Alemguir Ier 1657

Azem-Chah et Chali-

Alem Iee 1706

Chah-Alemler (seul). 1707

Djihander-Chah 1712

Farouksiar 1713

Rafiou-der-Djat (3

mois) 1716

Chah-Djihan II 1716

(Nekossiar, compétiteur ) .

Mohammed-Chah... 1717

Ahmed-Chah 1747

Alemguir II 1753

Chah-Alem IL 1759-1806

MONIME , de Stratonicée en Carie, était la plus chère des femmes de Mithridate VII Eupator. Celui-ci , fuyant devant les Romains, lui envoya l’ordre de se tuer, pour ne pas tomber aux mains du vainqueur ; elle voulut s’étrangler avec son diadème, et, comme il se rompit, elle se jeta sur l’épée que lui tendait l’eunuque Baccliidès.

N ONIQUE (Sainte), mère de S1 Augustin, née en 332, m. en 384. Son mari Patvice était idolâtre; touché de la piété et des vertus de Monique, il se convertit. Ste Monique, devenue veuve, se dévoua entièrement à l’éducation de ses trois enfants ; Augustin , l’aîné, ayant embrassé les erreurs des Manichéens, elle ne cessa, par ses prières et ses larmes, de solliciter son retour à la foi catholique ; elle le suivit à Milan , et eut le bonheur d’assister à sa cor version ; elle l’accompagna à Ostie, où il comptait s’embarquer pour l’Afrique, et y mourut. Fête , le 4 mai. On tr mve, dans les Confessions de S1 Augustin , les détails les plus touchants sur le caractère et les vertus de sa mère.

MONISTROL, Monasteriolum , ch.-l. de cant. (Haute- Loire), arr. et à 20 kil. N. d’Issengeaux, près de la rive g. de la Loire; 1,911 hab. Petit séminaire; bibliothèque. Ane. château des évêques du Puy, occupé maintenant par une fabrique de rubans; soieries. Comm. de grains.

MONITEUR UNIVERSEL. V. Journal.

MONITION , avertissement donné par l’autorité ecclésiastique à un laïque ou à un clerc, pour qu’il ait à réformer ses mœurs. On faisait d’ordinaire trois monitions, avant de lancer l’excommunication.

MONITOIRE , ordonnance ecclésiastique, obligeant les personnes qui avaient connaissance d’un fait dénoncé, à révéler ce qu’elles en savaient à leurs curés, sous peine d’excommunication. Cet abus , établi par le pape Alexandre IH , restreint en France par l’ordonnance d’Orléans de 1560, y a disparu.

MONK (George), général anglais, né en 1608 dans le Devonshire, m. en 1670, fit ses premières armes contre les Espagnols en Flandre, prit part à l’expédition contre les îles de Ré et d’Oléron , puis servit en Ecosse et en I lande dans les rangs de l’armée royale. Arrêté, en 1643, sur le soupçon de pencher pour le Long-Parlement, il se justifia, et fut nommé major-général de la brigade irlandaise. Fait prisonnier par Fairfax, 1644, il passa deux ans à la Tour de Londres, en sortit en adhérant au Covenant, fut envoyé en Irlande, s’attacha d’abord à la fortune de Cromwell , et lui soumit l’Ecosse. En 1653, appelé au commandement de la flotte anglaise, il remporta une victoire éclatante sur l’amiral hollandais Tromp. Nommé gouverneur de l’Ecosse, il la pacifia, et y fit reconnaître le Protecteur. Après la chute de Richard Cromwell , il perdit Lambert, son rival, dans l’esprit du Parlement, et le fit arrêter. Puis il entra en Angleterre avec son armée, fut accueilli à Londres comme un libérateur, et provoqua la dissolution du Parlement. Alors il se rapprocha des royalistes , et fit proclamer Charles II , 1660. Créé duc d’ Albemarle , comblé d’honneurs et de richesses , Monk supporta son élévation sans orgueil; il rendit même encore au roi de grands services sur mer contre les Hollandais, 1664-66. A sa mort , il fut enterré avec une pompe royale dans la chapelle de Henri Vn à Westminster. V. Guizot , Monk, chute de la république et rétablissement de la monarchie en Angleterre, Paris, 1851, 1 vol. in-8°. B.

MONMOUTH ( Jacques , duc de ) , fils naturel de Charles II, roi d’Angleterre, né à Rotterdam en 1649, pendant l’exil de son père, m. en 1685, fut élevé en France dans les principes de la religion catholique, vint à Londres après la Restauration, fit ses premières armes dans les Pays-Bas, sous le prince d’Orange, et réprima lui-même une révolte en Ecosse, 1679. Ses complots contre le duc d’York (Jacques II ) le firent exiler en Hollande. Après la mort de son père, excité par le duc d’Argyle, qui devait faire diversion au nord, il vint débarquer à Lyme-Regis; mais vaincu et pris à Sedgemoor, il fut conduit à Londres, où il essaya d’obtenir son pardon par les plus humiliantes soumissions, et fut décapité.

monmouth , v. d’Angleterre , capitale du comté de ce nom , au confluent de la Wye et de la Monnow, à 180 kil. O. -N. -O. de Londres, à 27 S. d’Hereford ; 5,446 hab. Ruines d’un château royal saxon. Près de là est Troy-House, résidence du duc de Beaufort ; on y conserve le berceau de Henri V, et l’armure qu’il portait à Azincourt. Patrie de Henri V, dit généralement Henri de Monmouth, et de l’historien Geoffroy de Monmouth. — Le comté de Monmouth, à l’O.-S.-O. de l’Angleterre, entre ceux d’Hereford au N., de Glocester à l’E., de Glamorgan et de Byecknock (Galles) à l’O., et le canal de Bristol au S., comprend 127 paroisses; 53 kil. sur 41; 174,6(0 hab. Sol montagneux et fertile. Immense production de fer et de houille. Manuf. de flanelles; v. principales, Abergavenny, Newport, Caerleon , Usk. Sous les Bretons et les Romains, ce pays formait une partie de l’ancienne Gwent ou Siluria, que les Saxons ne purent conquérir. Il devint comté anglais sous Henri VIII. C’est une des parties les plus pitto-

MON

MON — 1827

resques de l’Angleterre, et une des plus riches en ruines ! bretonnes et romaines.

jionmouth, v. des Etats-Unis (New-Jersey), à 32 kil. S.-E. de New-Brunswick; 5,000 hab. Victoire de Washington sur les Anglais , 1778, dite aussi de Freehold.

MONNAIE, valeur représentative et non périssable des objets d’échange ou de commerce. Les Indiens et les peuples barbares du Nord adoptèrent, pour cet usage, des coquillages , des fruits , des pelleteries. Au temps de César, les peuples de la Grande-Bretagne se servaient d’anneaux de fer et de plaques de métal en guise de monnaie. De bonne heure , la plupart des nations employèrent l'or et l’argent : on les livra d’abord au poids ; puis , afin de prévenir la fraude dans les transactions, on imagina les pièces de monnaie proprement dite , pesées d’avance , contrôlées par une autorité compétento , et marquées de certains signes. Les Grecs revendiquaient cette invention. La plus ancienne monnaie d’argent que l’on connaisse fut frappée, au viii° siècle av. J.-C. , dans l’ile d’Egine, par Phédon d’Argos. Les premières pièces d’or, attribuées aux rois de Lydie , sont désignées sous le nom de chryséides. Darius Dr, fils d’Hystaspe , en fit aussi frapper, que l’on appela dariques ( V. ce mol). La monnaie d’or ne fut longtemps bien répandue qu'en Asie; c'est à peine si, dans un petit nombre de villes grecques, Athènes , Thèbes, Panticapée , on frappait quelques slatères [V. ce mot). Ces pièces se multiplièrent, lorsque Philippe , père d’Alexandre le Grand , exploita les mines du mont Pangée , et on leur donna le nom de philippes. Dans le champ des monnaies grecques , il y eut un type accessoire plus petit que le type principal , pour désigner le magistrat qui avait présidé à leur fabrication , ou l’atelier monétaire d’où elles étaient sorties. Chaque Etat mettait sur sa monnaie un signe particulier : Delphes, un dauphin; Athènes, une chouette ; les Béotiens, un Bacchus ; les Rhodiens, un soleil ; Sparte, un bouclier, etc. Cette dernière ville n’eut jamais qu’une lourde monnaie de fer. Corinthe et Syracuse furent renommées pour la perfection de leur art monétaire. — Les Romains se servirent d’abord, dans leurs échanges, de lingots de cuivre , évalués et pesés à chaque transaction , ou bien de monnaies étrangères. Numa fit fabriquer de la monnaie d’airain ; ce fut des pièces du poids d’une livre ; on les appela as , du nom de leur matière, æs , airain. On conjecture que la première monnaie d’argent fut fabriquée sous les trois derniers rois , et principalement sous Servius Tullius ; c’était le denier, valant 10 as. On le fractionna en moitié et en quart , au moyen de deux pièces appelée» j uinaire et sesterce • cette dernière fut la monnaie de compte la plus courante. Au lieu d’une tête de Janus, avec une proue de galère au revers, on mit alors sur la monnaie une brebis ou un bœuf (pecunia, de pecus), et, plus tard , une femme armée , image de Rome, avec un bige ou un quadrige au revers. On ne fabriqua de monnaie d’or que l’an 547 de la ville : on fit des pièces appelées scrupules, valant 20, 40, 60 sesterces, quelquefois plus, mais alors non marquées, et se donnant au poids. De l’an 700 à 705, on commença de faire une monnaie d’or régulière, dite nummus aureus , denier d’or, ou, par abréviation, aureus. — Au moyen âge, la faculté de battre monnaie, un des droits inhérents à la souveraineté, n'appartint pas exclusivement aux rois; en France, par exemple, les seigneurs souverains de diverses provinces (Bretagne, Bourgogne, Guyenne, Lorraine, etc.), et même des évêques et de simples abbés, en jouirent longtemps. Louis IX commença de remédier à ce désordre, en faisant accepter partout la monnaie royale; mais ce fut seulement depuis Louis XIV que cette monnaie eut un cours exclusif. Pour les diverses monnaies, leur valeur respective et leur évaluation en francs, voy. à chaque mot , comme As, Aureus, Denier, Scrupule, Sesterce, etc. — Voy. de même pour les monnaies grecques, françaises et étrangères. Voy. Germain Garnier, Histoire de la monnaie depuis les temps de la plus haute antiquité jusqu'au temps de Charlemagne , Paris, 1819 , 2 vol. in-8° ; Letronne, Considérations générales sur l'évaluation des monnaies grecques et romaines, 1817, in-4° ; Dureau de la Malle, Economie politique des Romains , Paris, 1840, 2 vol. iu-8°; Leblanc, Traité historique des monnaies de France, Amst., 1692, in-4°; A. Barthélemy, Manuel de numismatique moderne, 1852. B. et C. D — T.

monnaies (Cour des) , tribunal qui , dans l’anc. monarchie française, connaissait de tout ce qui concernait la fabrication des monnaies, les baux à ferme des entreprises de cette fabrication, les cours et règlements du prix du mare d’argent. Sa juridiction s’étendait sur les changeurs, orfèvres , etc. Cette Cour faisait primitivement partie de la Cour des Comptes , où des officiers , appelés maîtres }

puis grands-maîtres ou maîtres-généraux des monnaies, exerçaient cette juridiction. Elle en fut séparée vers 1357. Quoique la Chambre des Monnaies fût à Paris, les maîtresgénéraux faisaient des tournées pour statuer sur les affaires de leur compétence. Le nombre des généraux des monnaies fut alors de huit; Charles V le réduisit à six , en 1378. Charles VI le porta de nouveau à huit , en 1388 , et François Dr à onze , en 1522. En 1551 , Henri II érigea la Chambre des Monnaies en Cour supérieure, sous le titre de Cour des Monnaies, et elle fut assimilée aux Parlements. Louis XIV en créa une seconde à Lyon , en 1704 ; elle fut supprimée en 1771. A la Révolution , celle de Paris était composée d’un premier président , de 8 présidents , de 2 conseillers d’honneur, de 35 conseillers, d’un procureurgénéral , etc. Elle avait rang après la Cour des Aides. Une compagnie prévôtale était attachée à la Monnaie. Depuis 1790, une commission est chargée de surveiller la fabrication des monnaies, d’en juger le titre et le poids. V. notre Dictionnaire des lettres, au mot Monnaies. B.

monnaies (Hôtel des ) , monument de Paris, situé sur le quai Conti, dans le Xe arrondissement. C’est un grand établissement qui contient, autour de 8 cours , de vastes ateliers et des laboratoires pour la fabrication de la monnaie , un musée de minéralogie , un musée monétaire , et des logements pour l’administration. Le bâtiment a deux façades, l’une sur le quai, l’autre sur le rue Guénégaud. La façade du quai consiste en un bâtiment long de 116 mèt. , environ, élevé de 2 étages sur rez-de-chaussée, et couronné par un grand entablement, d’un style mâle, à consoles. Au milieu est un avant-corps de 6 colonnes ioniques cannelées, adossées, embrassant la hauteur du 1er et du 2e étage, et assises sur un soubassement de 5 arcades, se profilant avec le rez-de-chaussée, et découpé en assises de bossages ainsi que tout ce rez-de-chaussée. Le nombre des fenêtres ou portes est de 27 : au 1er étage , elles sont ornées de chambranles plats , et de chambranles à frontons dans l’avant-corps ; au 2®, les fenêtres, presque carrées, n’ont qu’une simple bordure. L’avant-corps est surmonté d’un attique sans ouvertures , auquel sont adossées , à l’aplomb de chaque colonne , les statues de la Loi , la Prudence , la Force, le Commerce, l’Abondance, et la Paix. La façade sur la rue Guénégaud mesure 118 mèt. ; elle n’a qu’un seul étage , avec un gros pavillon au centre , couvert par un dôme quadrangulaire , dont l’entablement est orné des statues des 4 éléments. Le rez-de-chaussée est en bossages, comme à la façade principale. Les 5 arcades de cette dernière façade donnent entrée sous un beau vestibule, dont la voûte repose sur 24 colonnes doriques disposées en 4 files. A droite , un escalier monumental , décoré de 16 colonnes ioniques , conduit aux appartements de la direction , et au musée monétaire , placé dans l’avant-corps : vaste salle, où 20 grandes colonnes corinthiennes, en stut jaune antique , supportent une tribune qui règne tout autour à la hauteur du 2e étage. Par le péristyle, on pénètre dans la cour d’honneur, qui mesure 38 mèt. de profondeur sur 31 de largeur, et autour de laquelle commencent les ateliers. L’Hôtel des Monnaies de Paris se distingue par le beau style de son architecture. Il fut commencé en 1771, sur les dessins et sous la conduite de J.-D. Antoine. C. D — y.

monnaies (Hôtels des). En 1857 il y en avait 7, dont voici les noms et les marques : Paris, A; Bordeaux, K; Lille, W ; Lyon, D ; Marseille , M entrelacé de A ; Rouen, B, et Strasbourg, BB. En 1858 on n’en conserva que 4 : Paris, Bordeaux, Lyon, et Strasbourg; puis, en 1860, Lyon fut supprimé. Avant la Révolution, il y avait 27 hôtels des monnaies, y compris les 3 d’auj. ; en voici les noms et les marques : Aix, Æ; Amiens, X; Angers, F ; Bayonne, L; Besançon, CC; Bourges, Y ; Caen, C; Dijon, P ; Grenoble, Z ; La Rochelle, H ; Limoges, J ; Metz, AA ; Montpellier, N ; Nantes, T; Orléans, R; Pau, une vache; Perpignan, Q; Poitiers, G; Reims, S; Rennes, le chiffre 9; Riom, O ; Toulouse, M ; Tours, E, et Troyes, V.

MONNET (Jean ) , né vers le commencement du xvme siècle, près de Lyon, m. en 1785, fut. directeur de l’Opéra- Comique de Paris en 1743, puis de 1755 à 1757 , et il en fit le spectacle à la mode. On a de lui : Anthologie française, ou Chansons choisies , depuis le xme siècle jusqu'à présent , Paris , 1765 , 3 vol. in-8°, recueil estimé.

MONNOYE (la). V. La Monnoye.

MONOMOTAPA , contrée de l’Afrique australe , sur le plateau qui domine la côte de Sofala. Au xvm® siècle, c’était un Empire, borné par le Zambèze au N., la Manzora à l’O. , les monts Foura et des Botongas au S. et à l’O. ; par 15o-190 lat. S. et 27°-31° long. E. Il est maintenant partagé entre les Maravis , les Cazembes , les Merapouas , les Movizas , les Borouros , etc. Sol montueux , riche en

MON

MON

mines de fer et d’or, fertile en riz , maïs , céréales , millet, 1 et peu connu. Les habitants sont de la race des Cafres.

MONONGAIIELA, i iv. des Etats-Unis, naît dans les Laurel-Mountains, et se joint avec l’Alleghany, à Pittsburg, pour former l’Ohio. Co.'rs de 500 kil.

MONOPHYSITES , hérétiques qui ne reconnaissent qu’une seule nature en J.-C. Cette dénomination convient aux Eutychéens et au Jaeobites

MONÔPOLI, v. du royaume d’Italie (Prov. de Bari), à 45 kil. S.-E. de Bari, port sur l’Adriatique; 20,205 hab. Belle cathédrale. Evêché. Comm. d’huile et de vins.

iiIOXOTII ÉLITES , hérétiques qui ne reconnais,; ient qu’une seule volonté et qu’une seule opération en J -C. Cette erreur fut une suite du nestorianisme et de Veutychéisme , elle fut définitivement condamnée par le 3e concile de Constantinople (6e concile général), en 680. M.

MONOVAR, v. d’Espagne (Valence), prov. et à 31 kil. d’Alicante. Agriculture très-perfectionnée; comm. de fruits, vius, etc. Pop. de la coiimune: 8,450 hab. Aux environs, exploit, de sel.

MONPAZIER, ch.-l. de cant. (Dordogne), arr. et à 41 kil. S.-E. de Bergerac, sur le Dropt, entouré d’une enceinte fortifiée; 937 hab. Forges. — Bâti par Jean de Grailly, captai de Buch.

MONPONT, ch.-l. de cant. (Dordogne), arr. et à 36 kil. S. -S. -O. de Ribérac, près de l’isle; 1,147 hab. Il faisait partie du roy. de Navarre, et fut saccagé par les calvinistes en 1616. Aux environs, ruines d’un château-fort.

MONPOX. F. Mompox.

MONREALE , v. de Sicile, prov. et à 4 kil. S.- O. do Palerme, dont on la regarde comme un faubourg; 15,638 hab. Archevêché. Très-belle cathédrale , qui renferme une partie des restes de Louis IX; couvent de bénédictins, avec bibliothèque et collections.

MONRO (Alexandre), anatomiste, né à Londres en 1697, m. en 1767, élève de Cheselden et de Boerhaave, devint démonstrateur de chirurgie à Edimbourg en 1719, secrétaire de la Société royale, et professeur de clinique. C’est à lui que l’on doit la méthode de traiter l’hydrocèle par les injections de vin. Il a laissé une Anatomie des os et des nerfs du corps humain, Edimbourg, 1726, in-8°; la partie qui traite de l’ostéologie a paru en français, Paris, 1759, 2 vol. in-fol., avec 31 planches, et celle qui concerne la névrologie, avec le Traité des maladies nerveuses de Whytt , trad. par Lebègue de Presle, Paris, 1767, in-12. — Un de ses fils, Donald Monro, m. en 1802, professeur d’anatomie à Edimbourg, a laissé un ouvrage sur l’hydropisie, Londres, 1756 , in-12, traduit en français par Savary, Paris, 1760 , in-8°.

MONROE (James), président des Etats-Unis, né à Monroë’s Creek (Virginie) en 1758, m. en 1831, servit comme volontaire dans la guerre de l’Indépendance, se signala à la bataille de Brandywine, et fut nommé colonel par Washington. A la paix, il devint député au Congrès de la Virginie, puis, en 1788, au sénat de l’Union, et, en 1794, ministre plénipotentiaire près de la République française. Gouverneur de la Virginie pendant la présidence de Jefferson, 1799-1802, puis de nouveau ambassadeur en Espagne et en France , il signa le traité qui cédait la Louisiane aux Etats-Unis. Il eut le commandement en chef dans la guerre contre les Anglais en 1814, fut élu président de l’Union en 1817, et réélu en 1821. Pendant son administration, la Floride fut acquise, et la traite des noirs réprimée. Rentré dans la vie privée, il s’occupa Jusqu’à sa mort de réformer la constitution de la Virginie.

monroe, v. des Etats-Unis (New-York), à 80 kil. N. de New-York; 4,000 hab. Usines à fer. — v. des Etats- Unis (Tennessee), à 180 kil. N.- O. de Knoxville; 2,500 hab.

MONROSE (Louis-Séraphin Baiiizain , dit), acteur de la Comédie française dans l’emploi des valets, né à Besançon en 1783, m. en 1843, débuta à 14 ans sur le théâtre de Paris appelé des Jeunes Artistes , parce que tous les acteurs en étaient des enfants, puis, après quelque temps, parcourut les départements pendant plusieurs années, entra au Théâtre-Français en 1815, comme pensionnaire, et devint sociétaire en 1817. Ses débuts furent très-brillants. Il conquit par un jeu franc, naturel, varié, plein de verve et de mordant, par une intelligence vive et prompte, par un comique toujours de bon goût, une réputation qui lui assura la faveur du public, et qu’il soutint pendant 28 ans environ que dura sa carrière théâtrale.

MONROVIA, v. de la Guinée septentrionale, ch.-l. de la république noire de Liberia, à l’embouchure du Mesurado, à 400 kil. S. -O. de Freetown, par 6° 16’ lat. N. et 12» 44’ long. O.; 8,000 hab. Fondée, en 1821, par des esclaves

affranchis des Etats-Unis, et ainsi nommée en l’honneur du président Monroë. Les maisons sont en bois.

MONS, Castri locus, Montes Hannoniœ, Bergen en flamand, v. forte de Belgique, ch.-l. du Hainaut, sur la Trouille et le canal deCondé, à 52 kil. S.-O. de Bruxelles; 26,945 hab. Ch.-l. de division militaire. Arsenal. Tribunaux civil, criminel et de commerce. Ecole provinciale des mines ; collège. Académie de dessin et d’architecture, Société des sciences, des arts et des lettres, cabinet de minéralogie. Bibliothèque. Hôtel-de-ville du XVe siècle; église Sle-Waudru, bâtie de 1460 à 1589, avec de beaux vitraux et d’admirables statues; tour du Beffroi, dite le Château, bâtie par les Espagnols en 1662. Fabr. de velours, coton, dentelles, basins, mousselines brodées, draps communs, siamoises, savon, armes, pipes en terre. Patrie de Roland de Lassus, à qui l’on a érigé une statue en 1853. — Mous fut bâti sur l’emplacement d’une place d’armes de César; Ambiorix y assiégea Q. Ciccron. Quand Charlemagne érigea le comté de Hainaut, 804, Mous en fut la capitale. Incendié en 1112, fortifié par Baudouin IV en 1148, agrandi en 1420 par Guillaume de Bavière, il fut pris sur les Espagnols par Louis de Nassau, le 24 mai 1572, repris la même année, conquis par Louis XIV en 1691 , rendu en 1697, pris encore par les Français en 1701-9, 1746-8. Les insurgés belges s’en emparèrent en 1789, les Français en 92 et 94, et il devint le ch.-l. du département de Jemmapes. Ses fortifications, détruites en 1748, ont été relevées en 1818. Lions est le centre d’un vaste bassin houiller, dit le Borinage, d’où les mineurs s’appellent Borains. La houille s’expoi'te surtout pour Paris.

mons-en-püelle ou pewf.le, vge (Nord), arr. et à 20 kil. S. de Lille; 1,944 hab. Sucre indigène. Célèbre victoire de Philippe le Bel sur les Flamands, 18 août 1304.

MONSÉGUR, Mons securus , ch.-l. de cant. (Gironde), arr. et à 12 kil. N.-E. de l.a Réole; 1,158 hab. Ancienne bastide, lieu de refuge au moyen âge. Elle fut prise en 1562 par le cruel Montluc.

MONSEIGNEUR, titre qui semble assez nouveau dans notre langue et dans notre histoire. On disait auparavant Monsieur. Au xvne siècle, le titre de Monseigneur fut donné d’abord aux princes du sang et aux princes des maisons de Bouillon et de Lorraine; ensuite aux ministres secrétaires d’Etat et aux évêques ; enfin, avec l’usage, à toutes les personnes titrées. Pris absolument, et comme nom propre, il désigna, depuis Louis XIV, le fils aîné du roi, héritier présomptif de la couronne, appelé encore Dauphin. G.

MONSEL1GE, v. du royaume d’Italie (Vénétie), dans la prov. et à 24 kil. S.-O. de Padoue, sur le canal <le Battaglia ; 8,000 hab. Exploit, de trachite pour pavage.

MONSERADO. F. Mesürado.

MONSIEUR. Pris absolument et comme nom propre, ce titre servit à désigner, depuis le xvie siècle, le frère aîné du roi de France. Les princes qui l’ont porté sont : Henri, duc d’Anjou, sous Charles IX; François, duc d’Alençon, sous Henri III; Gaston d’Orléans, sous Louis XIII; Philippe d’Orléans, sous Louis XIV ; le comte de Provence (Louis XVIII), sous Louis XVI; et le comte d’Artois (Charles X), sous Louis XVIII. Leur femme s’appelait Madame (F. ce mol). — Suivi d’un nom de ville, le titre de Monsieur désignait l’évêque ou l’archevêque de cette ville, comme M. de Meaux, M. de Paris : sous Louis XIV, on commença à donner le Monseigneur aux évêques, mais seulement en leur parlant ou leur écrivant. A la réception d’un évêque à l’Académie française, on l’appelait simplement Monsieur, et cet usage dura pendant tout le XVIIIe siècle. Quant à employer le Monseigneur, en parlant d’un évêque, à l’imitation des prêtres s’adressant à leur supérieur, c'est une coutume qui date du xixe siècle. — Enfin Monsieur précédait encore certains noms, dont il faut connaître la signification précise au xvne siècle, tels que M. le Prince, M. le Duc, M. le Comte, M. le Grand, M. le Premier, etc. (F. ces mots). G.

monsieur (Canal de|. F. riiône au RHIN (Canal du).

MONSIGNY (Pierre- Alexandre), compositeur de musique, né en 1729 à Fauquemberg près de Sl-Omer, m. en 1817, était maître d’hôtel dans la maison du duc d’Orléans, quand l’audition de la Serva padrona de Pergolèse, 1754, éveilla en lui le goût de la musique. 11 fut un des créateurs de l’opéra-comique à ariettes. Nommé en 1800 inspecteur de l’enseignement au Conservatoire, il entra a l’Institut en 1813. Ses opéras-comiques abondent en mélodies touchantes; les mieux accueillis du public furent : les Aveux indiscrets, 1759; le Maitre en droit, te Cadi dupé, 1760; On ne s'avise jamais de tout, 1761; le Boi et le fermier, 1762; Bose et Colas, 1764 ; le Déserteur ,1769 ; le Faucon, 1772; la Bell» Arsène, 1775 ; et Félix, ou l'Enfant

MON

MON

trouvé, 1777. Le violon était le seul instrument dont il se servait pour composer.

MONSOLS, ch.-l. de cant. (Rhône), arr. et à 36 kil. .N.-O. de Villefranche; 330 hab. Produits agricoles.

MONSTRELET (Enguerrand de ), chroniqueur français, né en Flandre vers 1390, m. en 1453, fut prévôt de Cambrai et de Walincourt. Il est auteur d’une Chronique en 2 livres, qui va de 1400 à 1453, et continue celle de Froissart ; elle est dans la Collection des chroniques nationales françaises de Buchon, avec un Mémoire sur Monstrelet par J. -B. Dacier, Paris, 1826-27. Un 3e livre la mène jusqu’en 1467, mais n’est pas de lui. M. Douët d’Arcq a donné une édit, des 2 livres, avec pièces justificatives, Paris, 1857-58, 2 vol. in-8°. Moins attachant, moins dramatique que Froissart, il a cependant une grande valeur à cause des pièces originales qu’il reproduit, et de son impartialité. B.

MONTABAUR, v. de la Prusse (Hesse), à 53 kil. N.- N.-O. de Wiesbaden; 2,500 hab.

MONTAÇIR-BILLAH (Mohammed), 11e calife abbasside, 861-862, fut proclamé par la milice turque, après avoir fait assassiner son père. Des visions qui lui représentaient son parricide, le jetèrent dans une profonde mélancolie, et il mourut, à 25 ans, 6 mois après. D.

MONTAGNAC , ch.-l. de cant. (Hérault), arr. et à 30 kil. N.-E. de Béziers, sur la rive g. de l’Hérault; 3,489 hab. Eglise calviniste. Culture de plants de vigne apportés de Tokai. Fabr. d’eaux-de-vie et d’huiles.

MONTAGNANA, brg du roy. d’Italie (Vénétie), prov. et à 35 kil. S.-O. de Padoue ; 8,000 hab. Récolte de chanvre estimé. Fabr. de toiles et lainages.

MONTAGNARDS. F. Montagne (La).

MONTAGNE ( la) , nom donné , en dérision, par des journalistes, à une partie des plus hauts bancs de la salle de la Convention, à gauche du président, et sur lesquels siégeaient une trentaine de députés qui , aux raisonnements de leurs collègues , n’opposaient que des vociférations, des menaces, des trépignements de pieds, des huées, des applaudissements, enfin, un vacarme effroyable. Les journalistes appelèrent Montagnards ces mêmes députés, et la double dénomination fut aussitôt adoptée par le public et par l’Assemblée. Ceux auxquels on voulut infliger un ridicule crurent qu’il fallait en détourner l’effet, en se désignant eux-mêmes par ces noms satiriques. Ils étaient les chefs de file des Jacobins et des Cordeliers ; les nouveaux

noms devinrent une enseigne d’opinions exaltées, et, dans toutes les communes de France, il y eut des Montagnes. Au sein de la Convention, les Montagnards l'emportèrent sur les Girondins (F. ce mot) dans la journée du 31 mai 1793, et furent le parti dominant jusqu’à la chute de Robespierre. — Les députés de l’opinion démagogique , dans les Assemblées Constituante de 1848 et Législative de 1849- J2, ont fait revivre les noms de Montagne et de Montagnards.

montagne ( la ) , petit pays de l'anc. France (Bourgogne), où était Châtillon-sur-Seiue, et qui fait auj. partie des départ, de la Côte-d’Or et de l’Aube.

MONTAGNE (VIEILLE-). F. MOEESNET.

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