MONTAGNE-SUR-ODET. F. QUIMPER
MONTAGR1ER, ch.-l. de cant. (Dordogne), arr. et à
14 kil. E. de Ribérac;245 hab.
MONTAGUE ou MONTAGU (Edouard de) , comte de Sandwich, général et amiral anglais, né en 1625, d’une famille qui remontait à Guillaume le Conquérant, m. en 1672, servit dans les troupes du Long-Parlement contre Charles 1er, et siégea au parlement avant l’âge. Associé à l’amiral Blake, il se signala contre les Espagnols dans la Méditerranée, puis obtint une place dans la trésorerie sous l’administration de Cromwell. En 1659, mis à la tête d’une nouvelle flotte par le fils du Protecteur, il se déclara pour les Stuarts , et fit passer Charles II de Hollande en Angleterre. Pour ce service, il fut comblé d’honneurs, créé chevalier de la Jarretière, comte de Sandwich et amiral. La guerre ayant éclaté entre la Hollande et l’Angleterre, 1664, il fut mis sous les ordres du duc d’York. Il fut ensuite chargé de négocier la paix entre l’Espagne et le Portugal, et réussit dans cette importante mission. En 1672, au renouvellement des hostilités, Montagu, trop fortement engagé dans l’escadre de l’amiral Ruyter, fut abordé par un brûlot ennemi, et périt au milieu des flammes. B.
montague (Mavie WORTLEY-), née à Thoresby (Nottingham) en 1690, du duc de Kingston, m. en 1762, reçut une brillante éducation, et épousa, en 1712, Edouard Montague, de la famille du précédent. Son mari étant ambassadeur à Constantinople lors de l’avénementde George Ier et des Whigs, elle l’y rejoignit, apprit le tui'c, étudia les mœurs orientales, partit, trois ans après, pour l’Italie, Tunis, la
France, et rapporta de Constantinople en Angleterre l’ino< culation. Près de Londres , à Twiekenham , Pope , Addison, Stee'.e, Young, etc., formaient sa société. Elle était cousine de Fielding , qui lui dédia sa lre comédie. Une rupture avec Pope et le triomphe des Tories la décidèrent, en 1739, à aller habiter Venise et Lovére. Veuve en 1761, elle traversa la France, et vint mourir en Angleterre. Ses Lettres, Londres, 1763, 1803, 5 vol., trad. en français par Anson, 1805, 2 vol. in-12 (l’édition en 4 vol., 1767, offre un 4e vol. apocryphe), ne ressemblent en rien à celles de Mme de Sévigné, qu’elle comptait surpasser. Son style est pris comme modèle ; mais , savante et pédante , elle écrit des relations et disserte. Elle a rectifié beaucoup d’idées fausses sur la Turquie ; mais elle est patriote avec partialité, sceptique, et épicurienne. On dit qu’ayant reconnu dans un petit ramoneur son fils enlevé par des Bohémiens, elle institua le dîner du ler mai, qui est donné encore auj. aux ramoneurs de Londres dans l’hôtel Montague. A. Gr.
montague (Edouard wortley-), fils de la précédente, né en 1714, m. en 1776, mena une vie aventureuse. Il s’échappa de l’école de Westminster, se mit au service d’un marchand de poisson, fut mousse, puis conducteur d’ânes eu Portugal, subit un emprisonnement au Châtelet de Paris sous prévention d’escroquerie, devint membre du parlement en 1754, alla visiter la Turquie, et se fit musulman. On a de lui : Réflexions sur les progrès et la chute des anciennes républiques , 1759, trad. en français et retouché par Turpin, sous le titre à' Histoire du gouvernement des anciennes républiques , Paris, 1769, in-12; Voyage du Caire au mont Sinai, inséré dans le 56e vol. des Transactions philosophiques.
montague (Elisabeth), née à York en 1720, m. en 1800, épousa, en 1742, un descendant du comte de Sandwich , resta veuve de bonne heure, et ouvrit sa maison aux gens de lettres, parmi lesquels elle tenait une place distinguée par son esprit et son érudition. Elle a laissé un Essai sur le génie et les écrits de Shakspeare, 1769, traduit en français sous le titre d 'Apologie de Shakspeare, et qui fut entrepris pour venger cet auteur des railleries de Voltaire.
MONTAIGNE (Michel de) , célèbre philosophe et moraliste, né en 1533 au château de Montaigne (Périgord), m en 1592, était fils de Pierre Eyquem, seigneur de Montaigne, qui prit le soin le plus tendre de son éducation : il lui fit apprendre le latin , en l’entourant , des. le temps où il était à la mamelle , de gens qui ne lui parlaient que cette langue, de sorte qu’à 6 ans elle était pour lui comme sa langue maternelle. A cet âge, son père l’envoya à Bordeaux, au collège de Guienne , où il se familiarisa avec tous les grands auteurs de la belle latinité. Montaigne , ayant fini ses études à 13 ans, fit son droit, et, en 1555, devint conseiller à la Cour des aides de Périgueux, puis, en 1557, au parlement de Bordeaux, par suite de la fusion de la cour de Périgueux avec ce parlement. C'est là qu’il connut La Boétie, l’oracle de cette compagnie, et se lia avec lui de la plus étroite amitié. Pendant que Montaigne était magistrat, il fit plusieurs voyages à la cour, où il reçut le titre de gentilhomme de la chambre du roi Charles IX, et fut dans la faveur de Marguerite de France, qui lui demanda et reçut ses conseils. Montaigne était un des conseillers les plus distingués de son parlement ; il y resta jusqu’en 1570, époque où il se retira, soit fatigue, soit dégoût du dédale de lois et de coutumes sur lequel s’appuyait l'administration de la justice. L’année suivante, le roi lui donna le cordon de SMVIichel. Il consacra ses loisirs à l’étude, et publia les ouvrages de son ami La Boétie. En 1580, il se mit à voyager dans les principaux pays de l’Europe. Pendant qu’il était à Rome en 1581 , le pape lui fit donner le titre de citoyen romain. Une autre distinction vint l’y chercher : les habitants de Bordeaux le choisirent pour maire, charge qui durait deux ans, et dans laquelle il plut si bien à ses administrés, qu’ils le réélurent pour deux autres années. Voilà toute la vie de Montaigne; elle est peu variée, parce qu’il se tint toujours éloigné des affaires publiques. On sait qu’il reçut chez lui, en 1544, Henri de Navarre, héritier présomptif de la couronne de France. 11 doit toute sa célébrité à un ouvrage sans plan, sans sujet spécial, intitulé Essais, parce qu’il voulut, dit-il, faire dans ce livre l'essai de ses facultés naturelles : c’est une espèce de macédoine d’histoire, de morale, de philosophie, de politique et de littérature, divisée en 3 livres subdivisés en chapitres; abondant répertoire de souvenirs d’une vaste lecture, et de réflexions nées de ces souvenirs. Le style en est vif, sautillant, énergique, varié de tons, et surtout très-pittoresque. Montaigne parle de tout dans ses Essais , depuis les plus sublimes spéculations de la philosophie ancienne, jusqu’aux simples détails de la vie commune;
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de là, il prend occasion de faire de fréquents retours sur lui-même, et cette espèce de personnalité, ordinairement si insupportable, devient un des plus grands charmes de son livre : on y trouve une telle candeur, une naïveté si profonde , qu’en parlant de lui-même , on sent qu’il peint l’homme en général. Le cardinal Du Perron appelait les Essais de Montaigne « le Bréviaire des honnêtes gens ». D’une autre part, Malebranche prétendait que le charme de cette lecture venait de la corruption du cœur humain, qui y trouve de quoi se rassurer et se nourrir. Le désordre de fantaisie et de caprice qui y règne a fait dire à La Harpe que c’était moins un livre qu’une conversation ; mot d’autant plus juste, que jamais, sur aucune matière, Montaigne ne propose de système : il dit le pour et le contre. Cette réserve l’a fait accuser de scepticisme en tout ; reproche injuste, car il était attaché, par raison autant que par devoir, à son prince et à la religion catholique : en effet, il encourut l’inimitié des Ligueurs; et plus tard, malade et voyant sa fin prochaine, il demanda les secours de la religion, qu’il reçut en chrétien sincère et convaincu. Locke et J.-J. Rousseau o.-.t plus d’une fois mis Montaigne à contribution , particulièrement dans leurs traités sur l'éducation des enfants. Les Essais furent commencés vers l’année 1572, et les 2 premiers livres, publiés en 1580, à Bordeaux ; froidement accueillis, Juste- Lipse en signala le mérite, et appela Montaigne le Thaïes français; son suffrage entraîna celui du public, et l’ouvrage eut plusieurs éditions. En 1588 seulement, Montaigne donna son 3e livre, dans une réimpression, en 1 vol. in-4°, de l’ouvrage entier. Ses Essais lui valurent un autre genre de succès : ils lui attirèrent, à près de 55 ans, l’amitié d’une jeune personne de 22 ans, MUe de Gournay, savante et d’un esprit élevé, qui se déclara sa fille d’alliance, et il l’aima avec toute la tendresse d’un père. Presque en même temps, vers 1589 , Montaigne éprouva une autre satisfaction bien flatteuse, ce fut de voir Charron , dont il fit la connaissance à Bordeaux , adopter sa philosophie. Près de deux siècles après la mort de Montaigne , on a publié de lui : Tournai d'un voyage en Italie par la Suisse il l’Allemagne, en 1580-1581, Paris, 1774, 2 vol. in-12. Les meilleures éditions des Essais sont : celles de M,le de Gournay, 1595, in-fol.; de Coste, Londres, 1724, Paris, 1825, réimprimée plusieurs fois; de Naigeon, 1802; d’Eloi Johanneau, Paris, 1818, 5 vol. in-8°; d’Amaury-Duval, 1820; de M. J.-V. Le Clerc, avec notes choisies, 1826-27, 5 vol. in-fi0, réimprimée en 3,vol. in-18, 1844. V. M. Villemain, Eloge de Montaigne; J. -F. Payen, Recherches sur Montaigne, documents inédits, Paris, 1856, broch. in-8°; Alph. Grün, la Vie publique de Michel Montaigne, étude biographique, Paris, 1855, 1 vol. in-8°. C. D — r.
MONTAIGU (Pierre Guérin de), d’une noble famille d’Auvergne, fut élu, en 1208, grand-maître des Hospitaliers de S‘-Jean-de- Jérusalem, secourut les chrétiens d’Arménie contre Soliman, sultan d’Ieonium, fit lever le siège de St-Jean-d’Aere au sultan de Damas, et se distingua à celui de Damiette. En 1228, il engagea le pape à rompre la trêve conclue par les chrétiens avec les Musulmans, refusa de se rendre à l’armée des Latins, parce que l’empereur Frédéric H, excommunié, la commandait, et mourut en 1230.
MONTAIGU (Gilles aycelin de), né en Auvergne, de la même famille que le précédent, archevêque de Narbonne en 1290, se prononça pour Philippe le Bel dans ses démêlés avec Boniface VIII, le servit contre les Templiers, et, en récompense, fut nommé chancelier, 1309, puis archevêque de Rouen, 1311. Il mourut en 1318, après avoir fondé à Paris, en 1314, le collège de Montaigu (rue des Sept-Voies), démoli en 1844.
montaigu ( Gilles aycelin de), arrière-petit-neveu du précédent, né au commencement du xive siècle, fut d’abord évêque de Térouanne, assista, en 1356, à la bataille de Poitiers, suivit le roi Jean en Angleterre avec le titre de chancelier, devint cardinal en 1361, fut nommé par le pape Urbain V l’un des commissaires chargés de réformer l’Université de Paris , alla ensuite en Espagne pour travailler à réconcilier le roi d’Aragon avec le duc d’Anjou, et mourut à Avignon en 1378. •
montaigu ( Jean de ) , vidame du Laonnais, surintendant des finances et grand-maître de France sous Charles VI, irrita , par son orgueil et son avidité , les seigneurs et le peuple : arrêté, lors de la démence du roi , par ordre du duc de Bourgogne et du roi de Navarre, condamné par des commissaires spéciaux comme coupable de sortilège, il fut décapité aux halles de Paris , et son corps porté à Montfaucon, 1409. Sa mémoire fut réhabilitée trois ans après, l il avait fondé le monastère des Célestins à Marcoussis.
V. Biographie de Jean de Montagu, par M. L. Merlet, Paris., 1852, broch. in-8°.
montaigu , ch.-l. de cant. (Vendée) , arr. et à 34 kil. N.-E. de Napoléon-Vendée ; 1,710 hab. Brûlé pendant la guerre de Vendée. Patrie de Laréveillère-Lepeaux.
MONTAIGUT, ch.-l. de cant. (Tarn-et-Garonne) , arr, et à 20 kil. N. de Moissac , sur la Seune; 720 hab. — ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme), arr. et à 50 kil. N. -O. de Riom, au sommet d’une montagne ; 1,315 hab.
MONTAL (Château de). V. Cére (Saint-).
MONTALBAN. V. Montalvan.
MONTALCINO, Mons Alcinus, v. de Toscane, à 40 kil. S.-S.-E. de Sienne; 7,437 hab. Evêché. Vins très-estimés.
MONTALEMBERT, vge (Deux-Sèvres), arr. et à 33' kil. S.-E. de Melle; 871 hab.
montalembert (André de), sire d’Essé. V. ESSÉ. montalembert (Marc-René, marquis de), célèbre ingénieur, né à Angoulême en 1714, m. en 1800, fit ses premières armes en 1735 aux sièges de Kehl et de Philippsbourg, entra à l’Académie des Sciences en 1746, étudia avec un soin particulier l’art de la fortification , établit , dans l’Angoumois et le Périgord, des forges considérables pour fournir des canons et des projectiles à la marine, fut attaché à l’état-major des armées de Suède et de Russie pendant la guerre de Sept-Ans, vit le corps des ingénieurs se déclarer contre ses innovations, et obtint enfin , en 1779, de bâtir dans l’île de Ré un fort , qui servit à dissiper tous les doutes. Pendant la Révolution , Carnot l’appela auprès de lui , pour s’éclairer de ses lumières. Proposé pour une place à l’Institut, il se retira quand il apprit qu’il avait pour concurrent le général Bonaparte. On a de lui : la Fortification perpendiculaire, ou l'Art défensif supérieur à l'offensif, Paris, 1776-96 , 11 vol. in-4°, avec planches, immense travail , dont l’impression et la gravure ont absorbé presque toute la fortune de l’auteur; Correspondance pendant la guerre de 1757 , Londres (Neufchâ— tel), 1777, 3 vol. in-8°; Relation du siège de St-Jean-d'Acre, 1798, in-8° ; Mémoire historique sur la fonte des canons, 1758, in-4° ; divers Mémoires dans le recueil de l'Académie des Sciences. Montalembert a imaginé des tracés nouveaux, qui n’offrent plus rien du tracé primitif de Vauban , et qui diffèrent complètement de tout ce qu’on avait fait ou proposé jusqu’alors. C’est à lui qu’est emprunté le nouveau système des ingénieurs d’outre-Rhin , qui y ont fondu quelques-unes des idées de Carnot. Les forts de Coblentz sont exécutés d’après le tracé polygonal de Montalembert, à plusieurs étages de batteries casematées. B.
montalembert (le comte Marc-René- Anne-Marie ) , né à Paris en 1777, m. en 1831, émigré en 1792, fut officier d’état-major dans l’armée britannique en 1799, colonel dans l’armée française après le retour de Louis XVHI , ministre plénipotentiaire à Stuttgard, pair de France en 1819, et ambassadeur à Stockholm, de 1826 à 1830. — Il eitle père de M. le comte Charles de Montalembert, pair de France sous le roi Louis-Philippe, député depuis 1848, membre de l’Académie Française, et auteur d’une Histoire de Ste Elisabeth de Hongrie, 1836, in-8°.
MONTALIVET (Jean-Pierre Bachasson, comte de), homme d’Etat éminent, né à Sarreguemines en 1766, d’une famille noble du Dauphiné, m. en 1822. Conseiller au parlement de Grenoble à l’âge de 19 ans, il perdit sa charge à la Révolution, s’enrôla comme volontaire pour échapper à la proscription, et, après son retour, fut nommé maire de Valence, en 1795. Il entra dans la haute administration , et devint successivement préfet de la Manche, 1801, de Seine-et-Uise, 18U4, directeur-général des ponts-et-chaussées, 1806, comte, 1808, et ministre de l’intérieur de 1809 à 1814. Napoléon Ier avait en lui la plus grande confiance, et l’honorait d’une estime toute particulière. Montalivet ne cessa de s’en montrer digne par son dévouement. Il refusa de servir les Bourbons, et resta 5 ans retiré des affaires ; nommé néanmoins pair de France en 1819, il se rangea du côté des constitutionnels. — M. Camille de Montalivet, 2e fils du précédent, né à Valence en 1801, pair de France par hérédité, a été plusieurs fois ministre du roi Louis-Philippe, et intendant-général do la liste civile du même prince. Il a fait preuve, dans toutes ses fonctions, d’une haute intelligence.
MONTALTO, v. du royaume d’Italie, à 19 kil. N.-E. d’Ascoli; 1,605 hab. Evêché. Patrie de Sixte-Quint
MONTALVAN, v. d’Espagne (Aragon), prov. et à 50 kil. N. de Téruel; 1,800 hab. Exploitation de houille, d’alun et de marbre.
MONTAN, hérésiarque. V. Montanus.
MONTANARO, v. du roy. d’Italie, à 22 kil. N. -N.-Ede Turin; 4,352 hab.
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MONTANCHES, Mons Anguis, v. d'Espagne (Estramadure), prov. et à 35 kil. S. de Cacérès; 4,160 hab.
MONTANER, ch.-l. de cant. (B.-Pyrénées), arr. et à 36 kil. E.-N.-E. de Pau; 304 hab.
MONTANO (J. -Baptiste da Monte ou), célèbre médecin, né à Vérone dans les dernières années du xv8 siècle, m. en 1551, s’était acquis dans son art une si grande réputation , qu’on disait que l’ârae de Galien était passée dans son corps. Charles-Quint , François Ier et le duc de Toscane firent tous leurs efforts pour l’attirer auprès d’eux. Mais il résista à leurs instances, et garda sa chaire de médecine à Padoue, où il professa pendant 20 ans. Parmi ses nombreux traités sur la matière médicale, on cite : Opuscula varia et præclara, Bâle, 1558, in-8°, bons à consulter pour les détails anatomiques ; Medicina universa ex lectionibus ccelerisque opusculis Montant collecta , Francf., 1587, 2 vol. in-fol., recueil publié par Weindride, et qui contient la plus grande partie des ouvrages de Montano. C. N.
montano (Benoit arias). F. arias montanus.
MONTANSIER ( Marguerite Brunet, dite M1*8), directrice de théâtre, née à Bayonne en 1730, m. en 1820, fit d’abord partie d’une troupe de comédiens qui joua dans les colonies, puis dirigea successivement les théâtres du Havre, de Nantes, de Rouen et de Versailles, se fixa à Paris, loua au Palais-Royal, en 1789, la salle Beaujolais, à laquelle elle donna son propre nom , en fit bâtir, en 1793, sur la place actuelle de Louvois, une autre qui a servi au Grand-Opéra jusqu’en 1821 , se la vit enlever en 1794 par le gouvernement, qui ne lui donna d’indemnité qu’en 1812, et vint s’établir avec sa troupe au théâtre des Variétés, où elle obtint de grands succès.
MONTANUS , hérésiarque phrygien du ue siècle, forma, peu de temps après sa conversion , le projet de devenir le chef du christianisme. 11 prétendit être le prophète que le Seigneur avait promis et qui devait établir une loi plus parfaite ; soutint que l’Eglise n’a pas le pouvoir d’absoudre certains crimes ; prescrivit trois carêmes, des jeûnes extraordinaires, et deux semaines de xérophagie pendant lesquelles il ne fallait manger que des aliments secs et sans jus; interdit les secondes noces comme des adultères; et, pendant que l’Eglise n’avait jamais regardé comme un crime de fuir la persécution , défendit de fuir ou de prendre des mesures pour échapper aux recherches des persécuteurs. Deux femmes , Maximilla et Priscilla , quittèrent leurs maris pour suivre Montanus et prophétiser avec lui. Condamnés par les évêques d’Asie, les Montanistes firent une société nouvelle, remplirent presque toute la Phrygie, se répandirent dans la Galatie , à Constantinople , en Afrique, et , là, séduisirent Tertullien , qui se sépara pourtant d’eux à la fin , mais, à ce qu’il paraît, sans condamner leurs erreurs. ]\j
MONTARGIS , s.-préf. (Loiret), à 69 kil. E. d’Orléans, près de la forêt de son nom , et à la jonction des canaux d’Orléans, de Briare et du Loing ; 7,940 hab. Tribunaux de lre instance et de commerce. Collège. Eglise de la Madeleine. Tanneries, corroieries, mégisseries ; fabr. de serges et de draps communs. Commerce de vins, grains, draperies, bestiaux, cuirs, miel, très-bon safran, etc. Patrie du conventionnel Manuel, de Girodet, de Mn‘8 Guyon. — Ancienne capitale du Gâtinais Orléanais, les Anglais 1 assiégèrent en 1427 ; La Hire et Dunois leur firent lever le siège après un combat mémorable; mais la ville succomba en 1431, et ne fut reprise qu’au bout de 7 ans. Le comté de Montargis fut aliéné en 1528 en faveur de Renée de France, duchesse de Ferrare, puis passa, en 1626, à la famille d’Orléans. Le prince de Condé s’empara de la ville pendant la Fronde. Le château, souvent habité par les rois de France, fut détruit en 1809 ; il n’en reste plus que quelques vestiges. Près de Montargis eut lieu l’assassinat d’Aubry de Montdidier.
MONT-ARMANCE. F. Florentin (Saint-).
, MONTASTRUC, ch.-l. de cant. (H!e-Garonne), arr. et à 20 kil. N.-E. de Toulouse; 575 hab.
MONTA TAIRE, vge (Oise), arr. et à 14 kil. N.-O. de semis, sur le Thérain; 3,435 hab. Fabr. de boutons et de papier; importantes forges et fonderies; scieries de bois de placage.
MONTAUBAN, Morts Albanus , ch.-l. du département ne i arn-e t-G a ronne , grande et belle ville, à 721 kil. S de Dans, sur un plateau qu’entourent le Tarn, le Tescou et un profond ravin par 44« 1’ 6” lat. N. et O8 59' 6” long. U';‘7;4°2 hab. Evêché suffragant de Toulouse, et érigé en 1317 par Jean XXII. Eglise et faculté de théologie calviniste; tribunaux de lre instance et de commerce, bibliothèque, lycee, école normale primaire, sociétés des scien-
ces et belles-lettres et d’agriculture. On y remarque : la cathédrale, achevée en 1739; un beau pont de 7 arches, terminé en 1316; de belles promenades, d’où la vue s’étend jusqu’aux Pyrénées. Il y a 2 faubourgs principaux, dits de Toulouse ou Nouvelle Ville, et Ville-Bourbon. Fabr. importantes de tissus de soie pour bluter les farines; teinture de molletons et cadis; commerce de plume pour literie, cuirs, huiles, fruits, etc. Chemin de fer joignant celui de Bordeaux à Cette. — Cette ville, fondée en 1144 par Alphonse, comte de Toulouse, au pied du mont Alban, embrassa avec ardeur les doctrines des Albigeois, et, plus tard, celles de Calvin, et devint une des places fortes des protestants ; Louis XIII l’assiégea en vain en 1621; elle se soumit à Richelieu en 1629, et ses fortifications furent rasées. Patrie de Lefranc de Pompignan, d’Olympe de Gouges, et du peintre Ingres.
montauban, ch.-l. de cant. (Ille-et-Vilaine), arr. et à 12 kil. N.-O. de Montfort; 829 hab.
MONTAUD, brg (Loire), à 2 kil. N. de St-Etienne, sur la rive g. du Furens; 5,726 hab. Fabr. d’aciers, faux et faucilles, machines et chaudières à vapeur; exploit, de houille et de pierres; passementerie.
MONTAUSIER (Charles de Sainte-Maure, duc de), né en 1610, d’une anc. famille de Touraine, m. en 1690, entra au service à l’âge de 20 ans, prit part à la défense de Casai, et, en 1638, obtint le grade de maréchal de camp. Nommé gouverneur de l’Alsace, il sut maintenir dans l’obéissance cette province à moitié soumise , et se distingua au siège de Brisach. Fait prisonnier à Dutlingen, il ne rentra en France que 10 mois après, et abjura le calviniÉne pour épouser, en 1645, Julie d’Angennes (F. l'art, suivant), dont il sollicitait la main depuis 14 ans. Après une nouvelle campagne en Allemagne, 1646, il fut nommé lieutenant-général et gouverneur de la Saintonge. Pendant la Fronde, il resta fidèle au roi, qui lui donna, en 1662, le commandement de ’aNormandie. Une peste quise déclara dans cette province, ne le rendit que plus empressé de s’y rendre ; cette noble conduite, et le succès qu’il obtint dans une négociation avec la cour de Rome, lui valurent, en 1664, le titre de duc et pair, et, en 1668, la charge de gouverneur du Dauphin. Il choisit Huet et Bossuet pour précepteurs du prince, et fit composer la belle édition des auteurs classiques dite Ad usum Delphini. Il se retira de la cour après le mariage du Dauphin. On le regarda comme l’original du Misanthrope de Molière , et luimême disait qu’il voudrait bien lui ressembler. Boileau attachait une importance décisive à son suffrage. Fléchier prononça son oraison funèbre, et, en 1781 l’Académie française couronna son Eloge par Garat. F — t.
montausier ( Julie -Lucine d’angennls de rambouillet, duchesse de), femme du précédent, née en 1607, m. en 1671, était fille du marquis de Rambouillet et de Catherine de Vivonne. Sa beauté et sa haute intelligence la firent briller de bonne heure au milieu de l’illustre compagnie qui se rassemblait à l’hôtel de Rambouillet. Bonne et dévouée autant que spirituelle, elle soigna courageusement un de ses frères atteint de la peste, 1631, et resta auprès de son lit jusqu’à sa mort. Séduits par tant de qualités, les grands seigneurs et les beaux-esprits l’entouraient de leurs hommages. Montausier seul l’obtint, après 14 ans de constance, 1645. Elle fut nommée, en 1661, gouvernante des enfants de France, puis dame d’honneur de la reine en 1664. Sa santé l’obligea à quitter la cour en 1669. Cinq ans avant son mariage, le duc de Montausier avait fait exécuter pour elle un ouvrage demeuré célèbre sous le nom de Guirlande de Julie. C’étaient deux cahiers de vélin, absolument pareils, dont chaque feuille contenait une fleur peinte en miniature par Robert, et accompagnée d’un madrigal ; les vers avaient été composés par les meilleurs poètes, et copiés par le calligraphe Jarry. Dix-neuf poètes prêtèrent leur voix à vingt-neuf fleurs; Montausier avait donné l’exemple, et Corneille lui-même s’était chargé du lys, de l’hyacinthe et de la grenade. Ce précieux manuscrit, après avoir été entre les mains de l’abbé de Rothelin et de M. Rose, fut acheté par le duc de La Vallière, arrière-grand-père du duc d’Uzès , qui le possède encore aujourd’hui. Une copie en a été imprimée par Didot en 1784 et en 1818, in-8°. F— t.
MONTAUT (Philippede). V. Navailles.
MONTAZET (Antoine Malvin de), né en 1712, dans le diocèse d’Agen, m. en 1788, évêque d’Autun en 1748, archevêque de Lyon en 1758, prit parti, dans les querelles religieuses de son temps, pour la cour et le parlement contre l’archevêque de Paris, M. de Beaumont, et cassa, comme primat des Gaules, l’ordonnance relative au Formulaire (F. ce mot ). Des réformes peu judicieuses causèrent
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quelques troubles dans son diocèse, dont il modifia presque tous tes livres liturgiques. On a de lui des mandements et des lettres pastorales. La Théologie dite de Lyon, qu’il fit imprimer, est du P. Joseph Valla, de l'Oratoire. Homme d’esprit et de talent, il écrivait avec élégance et facilité, et fut reçu à l’Académie française en 1757.
MONTBARD, ch.-l. de cant. (Côte-d’Or), arr. et à 18 kil. N. de Semur, sur la Brenne, le canal de Bourgogne, et le chemin de fer de Paris à Lyon ; 2,370 hab. Autrefois titre de comté -, il possédait un château, résidence fréquente des ducs de Bourgogne, et près des ruines duquel on voit auj., au milieu de vastes jardins en amphithéâtre, une tour qu’habita Buffon. Montbard obtint une charte de commune en 1203. Fonderie de fer; fabr. de papier. Patrie de Buffon et du naturaliste Daubenton.
MONTBARREY, ch.-l. de cant. (Jura), arr. et à 16 kil. S.-E. de Dole; 494 hab.
montbarret ( Alexandre - Marie -Léonor de saint- Matjrice, prince de), né à Besançon en 1732, m. à Constance en 1796, fut capitaine des Cent-Suisses de la maison de Monsieur, frère de Louis XVI, entra au conseil de la guerre en 1776, fut ministre de 1777 à 1780, et se retira en Suisse au commencement de la Révolution. Il a laissé des Mémoires, Paris, 1827, 3 vol. in-8°.
MONTBARS, dit T Exterminateur , fameux chef de flibustiers, né en Languedoc, d’une famille honorable, conçut une haine très-vive contre les Espagnols, en lisant les relations des cruautés qu’ils commettaient dans le Nouveau- Monde, s’embarqua au Havre en 1667 pour aller les combattre dans les Antilles, et leur fit essuyer des pertes considérables. On ignore l’époque de sa mort.
MÜNTBAZENS, ch.-l. de cant. (Aveyron), arr. et à 25 kil. N.- E. de Villefranche; 741 hab.
MONTBAZON, ch.-l. de cant. (Indre-et-Loire), arr. et à 14 kil. S. de Tours, sur la rive g. de l’Indre ; 805 hab. Grains et vins; filature de laine. Ruines d’un châteaufort, bâti par Foulques Nerra. La seigneurie de Montbazon appartint à la famille de Rohan depuis la fin du XVe siècle; elle fut érigée en comté par Charles IX en 1569, et en duché pairie par Henri 111, en 1588, en faveur de Louis VI de Rohan-Guéménée.
montbazon (Marie de Rohan-). V. ciievreuse (duchesse de).
MONTBÉLIARD , en allemand Mümpelgard , s.-préf. (Doubs), à fiî> kil. N.-E. de Besançon, sur le canal du Rhône au Rhin ; 5,689 hah. Tribunal de lre instance; église luthérienne, collège, bibliothèque Industrie active: fabr. d’instruments aratoires, horlogerie, limes, cuirs, etc.; connu, de bois de construction, et de fromages. Patrie de Georges Cuvier, à qui l’on a élevé une statue de bronze, et de Fréd. Cuvier. — Autrefois ch.-l. d’une petite principauté indépendante, qui comprenait les seigneuries de Héricourt, Clermont, Chastelot, l’Isle et Blamont. On trouve, au xe siècle , les premiers comtes de Montbéliard , de la maison d’Alsace ; au xne, la seigneurie passa dans la maison de Montfaucon, et, en 1397, dans celle de Wurtemberg. La ville fut érigée en commune en 1283 ; elle fut prise par le dauphin Louis (Louis XI) en 1444, et, en 1676, par Louis XIV, qui la garda jusqu’au traité de Ryswiclr , 1697. Les Français s’en emparèrent en 1796 , et les traités de Lunéville et de Paris, 1799, assurèrent la réunion de la principauté de Montbéliard à la France.
Montbéliard ( Léopold-Eberhard , prince de), né en 1670, m. en 1723 , prit du service chez les Autrichiens, se couvrit de gloire en Hongrie contre les Turcs à la bataille de Tokay , succéda à son père dans sa principauté en 1699 , et hérita , en France , de seigneuries considérables, du chef de sa mère. Les désordres de sa vie privée , ses instances auprès de l’empereur d’Allemagne et du Régent de France pour faire légitimer les enfants qu’il avait eus de diverses maîtresses , le rendirent tristement célèbre. A sa mmt, le Conseil Aulique déshérita tous ses bâtards.
MONTRENOIT, ch.-l. de cant. (Doubs), arr. et à 20 kil. N.-E. de Pontarlier, sur la rive g. du Doubs; 109 hab. Il y eut une célèbre abbaye, fondée en 1100, et dont l’église subsiste encore, ainsi qu’une partie des bâtiments du cloître.
MONT-BIDOUZE. V. Palais (Saint-).
MONT-BLANC. F. Blanc (Mont).
MONTBUZON , ch.-l. de cant. (Haute-Saône) , arr. et à 22 kil. S.-E. de Vesoul , sur l’Ognon ; 817 hab.
MONTBRISON, Mons Brisonis au moyen âge, s.-préf. (Loire) , à 32 kil. N.- O. de SVËtienne, au pied d’un rocher volcanique, sur le Vizezy; 5,738 hab. Tribunal de lre instance, collège, école secondaire ecclésiastique, école normale primaire; bibliothèque, avec musée artistique et
industriel; collections d’histoire naturelle. Cette ville est triste et ma! bâtie ; elle se forma autour du château des comtes du Forez, dont elle fut la capitale depuis 1441 ; elle obtint une charte de commune en 1223 , et fut réunie à la couronne sous François I"; elle fut prise et saccagée en 1562 par le baron des Adrets. Patrie de l’illustre famille des Urfé, dont plusieurs membres furent successivement ses baillis. La cathédrale a été bâtie du xne au xv® siècle. Comm. de grains. Eaux minérales froides. — Montbrison était autrefois le ch.-l. du départem. de la Loire ; en 1856, la préfecture a été transférée à Sl-Etienne.
MONTBRON , Mons Berulfi. , ch.-l. de cant. (Charente), arr. et à 27 kil. E. d’Angoulême , sur la Tardouère ; 1,362 hab. Ane. baronnie. Mines de plomb, forges, martinets.
MONTBRUN (Charles Dupuy, seigneur de), dit le Brave , célèbre chef protestant , né en 1530 , ra. en 1575 , fut converti au calvinisme par Théodore de Bèze , le fit accepter de force à ses vassaux, maltraita les officiers du Parlement de Grenoble qui venaient l’arrêter par ordre du roi , et défit les troupes envoyées contre lui ; après avoir servi sous les ordres du baron des Adrets dans le Dauphiné, il lui succéda. II combattit à Jarnac et à Moncontour, rentra dans le Dauphiné en 1570, et pilla, en 1574, au siège de Livron , les bagages de Henri III ; le roi , irrité de cette audace, envoya contre lui des forces supérieures. Il fut pris, conduit à Grenoble, jugé et décapité. Sa mémoire fut réhabilitée dans le traité de paix de 1576 , et les pièces de sa condamnation détruites.
montbrun , vge (Drôme) , arr. et à 36 kil. S.-E. de Nyons ; 1,328 hab.
MONTCALM de saint-véran (Louis-Joseph, marquis de), né en 1712 au château de Candiac, près de Nîmes, m. en 1759, servit dans le Piémont et en Italie, fut envoyé, avec le grade de maréchal-de-camp , en 1756, pour défendre les colonies françaises dans l’Amérique septentrionale, et obtint, malgré la faiblesse et le dénûment de son armée, de brillants avantages dans le Canada sur le général anglais Abercromby ; mais, forcé par Wolf à un combat inégal sous les murs de Québec, il fut blessé à mort , et succomba deux jours après.
montcalm de candiac ( J. -L. -P. -Elisabeth) , frère du précédent, né au château de Candiac en 1719, m. en 1726 à l'âge de 7 ans , fut un enfant extraordinaire : il possédait déjà le français , le latin , le grec , l’hébreu , l'arithmétique , la fable , le blason , la géographie , et une grande partie de l’histoire sacrée et profane. Il avait eu pour précepteur Dumas , l’inventeur du bureau typographique.
MONTCEN1S, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire), arr. et à 26 kil. E.-S.-E. d’Autun ; 1,399 hab. Mines de houille et de fer aux environs; fabr. de cristaux et d’huile. A peu de distance, est l’importante usine du Creuzot ( V. ce mot).
MONTCHOBÜ. V. Monchabou.
MONTCORNET , vge (Ardennes), arr. et à 11 kil. N.-O. de Mézières ; 360 hab. Ane. marquisat. Ruines d’un château-fort. Comm. de chanvre, toiles, et bestiaux.
MONTCUQ, ch.-l. de cant. (Lot), arr. et à 28 kil. S.- O. de Cahors, autour d’une colline que baigne la Braguelonne et que domine une tour d’ancien château-fort; 1,157 hab.
MONTCY-NOTRE-DAME , vge (Ardennes), arr. et à 2 kil. N.-E. de Mézières; 761 hab. Carrières de marbre. Restes d’un anc. château-fort.
MONT-DAUPHIN, v. forte ( Hautes- Alpes) , arr. et à 22 kil. N.-E. d’Embrun, au confluent duGuil et delà Durance; 457 hab. Place de guerre de 4e classe, sur un roc élevé, fortifiée par Vauban en 1694; 446 hab.
MONT-DK-M ARSAN, ch.-l. du département des Landes, à 726 kil. S.-S. -O. de Paris, au confluent de la Douze et du Midou, qui y forment la Midouze ; par 43° 53’ 38” lat. N. et 2° 50’ 18” long. O.; 5,213 hab. Tribunal de lre instance lycée, bibliothèque, pépinière départementale Comm. de vins, eaux de-vie, laines, résine, porcs. Eaux minérales. — Ville fondée par Charlemagne, détruite parles Normands, reconstruite au xne siècle, elle faisait partie du royaume de Navarre, et fut réunie à la France en 1589 : c’était le ch.-l. du Marsan. Patrie de la famille de Mesme.
MONT-DE-PIÉTÉ, nom donné aux établissements de prêt sur nantissement. Ces établissements furent créés pour mettre un terme à l’usure des juifs. Le plus ancien est celui de Pérouse, en 1477 : de sa situation sur une montagne, vint le nom de Mont-de-Piétè. Padoue en eut un en 1491, S1 Bernardin de Feltre en ouvrit un autre à Mantoue, et S1 Charles Borromée dressa les statuts de celui de Rome. Sixte-Quint fonda celui deSavone. Les papes PaulII et Léon X approuvèrent aussi les institutions de ce genre. Dans l’origine, les monts-de- piété firent souvent des prêts
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gratuits , parce qu’ils provenaient de fondations pieuses ; tel fut celui de Reims, formé en 1519. L’institution fut adoptée de bonne heure dans les villes industrielles de la Flandre. En 1626 , Louis XIII ordonna d’en établir dans toutes les villes de son royaume , et d’y prélever un intérêt de 5 p. 0/0; mais cet édit ne fut pas exécuté. En 1643, bien qu’on eût décidé d’en placer dans 58 villes , il n’y en eut qu’à Angers, Apt, Brignoles , Marseille, Montpellier, et Tarascon. Ils ne percevaient aucun droit sur les prêts d’un éeu et au-dessous , mais étaient autorisés à élever jusqu’à 15 p. 0/0 l’intérêt des prêts excédant cette somme. Paris n’eut un mont-de-piété qu’en vertu de lettres-patentes de Louis XVI, en date du 9 décembre 1777; on y prêta à 3, et bientôt à 12 p. 0/0. Les monts-de-piété, ruinés par la Révolution, furent réorganisés en vertu des décrets du 24 messidor an xn et du 8 thermidor an xm. Un petit nombre prêtent gratuitement ; les autres prennent un intérêt qui varie de 1 à 15 p. 0/0. On compte auj. 47 monts-de-piété. Des lois du 16 pluviôse et du 4 thermidor an xn attribuèrent aux établissements hospitaliers les bénéfices du mont-de-piété de Paris. La durée des prêts est d’une année. Si , après ce temps , les emprunteurs ne viennent pas retirer les effets engagés et payer l’intérêt du prêt, ou renouveler l’engagement en payant l'intérêt, les effets sont vendus à l’encan, et si le prix réalisé surpasse la somme et les intérêts dus, le surplus est remis à l’emprunteur. — En Allemagne, où les monts-de-piété datent de 1766, l’intérêt est de 8 à 12 p. 0/0. En Russie, il u’est que de 6 p. 0/0. Il y a aussi des monts-de-piété en Hollande et en Belgique; l’Angleterre n’en a pas. V. Cerretti, Histoire des Monts-de-Piété, 1752; Balliu, Essai historique sur les Monts-de-Piété, Rouen, 1843,' B.
MUNTD1D1ER, Mans Desiderii, s. -pré'., (Somme), à 41 kil. S.-E. d’Amiens, sur une colline près de la rivière des Doms; 3,885 hab. Tribunal de lre instance ; collège de Lazaristes. Autrefois fortifiée, cette ville obtint une charte de commune en 1195, fut prise par les Impériaux en 1523, et vainement assiégée par Jean de Werth, en 1636. On y remarque les églises de S1- Pierre et du Su Sépulcre, l’hôpital et l’hôtel de ville. Toiles, bonneterie, vannerie, tanneries; comrn. de grains et bestiaux. Patrie de Parmentier, dont on y voit la statue, et d’Aubry de Montdidier.
MONT-DOR, réunion de trois monts, le Mont-Cindre, le Mont-Thoux, et le Mont-Dor, situés à 5 kil. au N. do Lyon, et touchant à la Saône, près du vge de Couzon. Au milieu de ces montagnes sont plusieurs vges où l’on élève environ 18,000 chèvres, dont le lait est converti eu fromages renommés dits du Mont-Dor.
MONTEBELL0, vge du roy. d'Italie, prov. et à 22 kil. S. dePavie; 1,717 hab. lre victoire des Français sur les Autrichiens, le 9 juin 1800, et qui valut, plus tard, au général Latines le titre de duc de Monlebello ; 2e victoire du général Forey sur les mêmes, le 20 mai 1859.
MO.sTtBEi.Lü, v. du roy. d’Italie (Vénétie), dans la prov. et à 14 kil. S.-E. de Vicence; 3,100 hab.
MONTEBOURG, ch.-l. de cant. (Manche), arr. et à 7 kil. S. de Valogues; 2,045 hab. Restes d’une abbaye de l’ordre de Sl-Benoît. Connu, de moutons estimés. Beau haras. Fabr. de dentelles.
MONTE-CALVO, v. du royaume d’Italie (Province d’Avellino), à 17 kil. E.-N.-E de Bénévent; 5,783 hab.
MONTE-CARLO, brg de Toscane, à 31 kil. N.-E. de Pise; 7,453 hab. Excellent sable pour verrerie.
MONTE-CATINI , vge de Toscane, à 46 kil. O. de Florence; 1,200 hab. Eaux thermales très-fréquentées.
MONTE -CERBOLI, brg de Toscane, à 15 kil. S. de Volterra. Grande exploitation de volcans vaseux, dits Lagvni, fournissant de l’acide borique; 3,984 hab.
MONTECH , Montegium , ch.-l. de eant. (Tarn-et-Garonne) . arr. et à 15 kil. S.-E. de Castel- Sarrazi n ; 1,525 hab. Autrefois fortifiée. Commerce de grains et de vins.
MONTE-CHIARO, v. du roy. d’Italie, dans la province et à 20 kil. S.-E. de Brescia, sur la rive droite de la Chiese ; 7,239 lmb. Filature de soie.
MON TE-CORNO. V. Gran-Sasso.
MONTE-CORVINO , v. du royaume d’Italie, située dans la prov. et à 17 kil. E. de Salerne; 4,282 hab. Evêché.
MONTE-CRISTO , anc. Oglasa, ile de Toscane, au S. de l’ile d’Elbe, dans la Méditerranée; 10 kil. carrés. Ravagée au xvie siècle par les pirates, elle est restée depuis lors inhabitée ; on y voit une église, les ruines d’une abbaye et d’un fort.
MON l’ECUCCOLI (Sébastien de) , gentilhomme, né à Ferrare , servit Charles-Quint dans sa jeunesse , accompagna Catherine de Médicis en France, etfut attaché comme
! échanson au Dauphin, fils de François Ier.Dans un voyage j sur les bords du Rhône, au milieu de l’été de 1536 , à Tournon , ce jeune prince ayant demandé à boire après avoir joué longtemps à la paume, prit une tasse d’eau fraîche que lui présenta son échanson, et en mourut quatre jours après. Montecuccoli , accusé de l’avoir empoisonné, fut mis à la torture, fit des aveux étranges, prétendit avoir agi à l’instigation d’Antonio de Leyva et de Ferdinand de Gonzague, généraux de l’empereur, et fut écartelé à Lyon, 1536. Tout porte à croire qu’il était innocent.
MONTECUCULLI (Raymond, comte de), célèbre général autrichien, né dans le Modénais en 1608, m. en 1681, entra, en 1627, au service impérial, et se signala dans la guerre de Trente-Ans. En 1635, il commanda l’attaque sur Ivaiserslautern. Envoyé, en 1639, en Silésie, pours’opposer aux Suédois , il fut vaincu et fait prisonnier par Banner à Hœfkirch. Pendant les deux années de sa captivité, il se consacra à des études sur la théorie de la guerre. En 1642, il battit l’ennemi à Troppau, et prit Brig. En 1643, il entra pour quelque temps au service du duc de Modène ; mais il retourna bientôt à celui de l’empereur, et fut nommé feld-maréchal et membre du conseil aulique de la guerre. En 1645 , il remporta une victoire décisive sur les Suédois à Triebel. Après la guerre, il prit part aux travaux du conseil aulique. Pendant un voyage qu’il fit à Modène, 1653, il eut le malheur, dans un carrousel donné à l’occasion du mariage du duc, de tuer d'un coup de lance son ami, le comte Manzani. Puis il fit un voyage scientifique en Allemagne , et fut chargé de plusieurs missions diplomatiques, entre autres, d’une en Suède. En 1657, il commanda le corps auxiliaire envoyé par l’empereur à Casimir, roi de Pologne, contre Ragotski, waïvode de Transylvanie, qu’il força de conclure la paix. L’année suivante, il se rendit en Danemark , pour soutenir cette puissance dans la guerre contre la Suède : il débloqua Copenhague du côté de la terre, et chassa les Suédois de Fionie et du Jutland. En 1660, il commanda l’armée envoyée contre les Turcs, et remporta encore, en 1664, avec l’aide des Français, la victoire décisive de Sl-Gothard. Dans la campagne de 1672, il reçut le commandement des forces austro-hollandaises, et obtint plusieurs avantages sur Turenne. En 1674, il céda le commandement sur le Rhin à l’électeur de Brandebourg, mais le reprit en 1675, et manœuvra pendant quatre mois avec une grande habileté en face de Turenne. Après la mort de ce général , il poursuivit les Français en Alsace, mais il fut forcé par le prince de Condé de lever le siège de Haguenau. Cette campagne termina la carrière militaire de Montecuculli. U consacra le reste de sa vie aux sciences. L’empereur Léopold le nomma, en 1679, prince de l’Empire, et le roi de Naples lui donna le duché de Melfi. Dans un voyage à Linz, où il accompagna l’empereur, pendant qu’il entrait au château, une poutre lui tomba sur la tête , et il succomba à cetie blessure. Il a laissé, sous le titre de Commentarii bellici, Vienne, 1718, in-fol., des Mémoires contenant des aperçus sur l’art militaire et le récit de la guerre contre les Turcs ; ils ont été traduits en français par Jacq. Adam et commentés par Turpin de Crissé, 3 vol. in-4«, Paris, 1769. Ses Œuvres, en italien, ont été publiées par Ugo Foseo'o, Milan, 1807-8, 2 vol. in-fol., et par J. Grassi, Turin, 1821, 2 vol. in-8° et in-4°. E. S.
MONTE-FALCIONE , v. du royaume d’Italie (Province d’Avellino), à 22 kil. S. -O. d'Ariano; 3,192 hab.
— v. du roy. d’Italie (Prov. de Campo-Basso), à 26 kil. O -N.-O. de Larino; 3,398 hab. — v. des Etats autrichiens (Littoral), à 17 kil. S. -S. -O. de Goritz; 1,30 ) hab. Petit port ouvert en 1825.
MONTE-FALCONE, v. du royaume d’Italie, dans la prov. et à 22 kil. S.-E. de Bénévent; 4,263 hab.
MONTEFELTRO (Les comtes de), illustre maison d’Italie, ainsi nommée d’un château de la Marche d’Ancône, descendait d’une branche des comtes de Carpegna. Elle posséda Pise et Urbin , et , dans les guerres du xm® et du xive siècle, soutint le parti gibelin. Ses principaux membres sont: Guido de Montefeltro, que les Pisans choisirent pour chef, en 1290, dans leur lutte contre Florence, Lucques et Gênes, et qui, après avoir fait la conquête d’Urbin, prit l'habit religieux dans l’ordre de S‘ François; — Frédéric de Montefeltro, 1444-82, qui fut élevé à la dignité de duc d’Urbin par le pape Sixte IV, dont le neveu, Jean de la Rovère, avait épousé sa 2e fille;
— Guid'Ubaldo de Montefeltro, fils du précédent, dépossédé de son duché d’Urbin par César Borgia en 1502, rétabli la même année, et qui légua ses Etats à Fr. -Marie de la Rovère, son fils adoptif, et neveu du pape Jules IL
MONTE-FIASCONE , Mons Faliscorum, v. des Etats de