‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 161 sur 864 · MON — 1S34 — MON · texte numérisé non relu

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l’Eglise, à 22 kil. N.- O. de Viterbe ; 5,500 hab. Evêcbé | établi en 1376. Vin muscat très-estimé. La ville fut en partie détruite par le tremblement de terre de 1783.

MONTE-FORTE, v. du royaume d’Italie, située dans la prov. et à 9 kil. O. -S. -O. d’Avellino ; 4,465 hab.

MONTE-FORTINO, brg des Etats de l’Eglise, à 40 kil.

N. -O. de Frosinone. Repaire de brigands, rasé en 1557 par ordre du pape Paul IV.

MONTEFRIO, Hipponova, v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 30 kil. de Grenade, près du Xénil. Prise aux Arabes par Gonzalve de Cordoue, en 1486. Popul. de la commune : 8,800 hab.

MONTE-FUSCO , Fusculum , v. du royaume d’Italie , dans la province et à 15 kilomètres N. d’Avellino; 2,168 habitants.

MONTE-GIBELLO , nom italien de I’Etna.

MONTE-GIORGIO, brg du royaume d’Italie, à 14 kil.

O. de Fermo; 4,936 hab.

MONTEGIUM, nom latin de Montech.

MONTE-HERMOSO, v. d’Espagne (Estramadure), dans

la province de Cacérès, à 22 kil. S. -O. de Plasencia; 2,830 hab. Mine d’or découverte en 1825.

MONTEIL (Amans- Alexis), historien, né à Rodez en 1769, m. en 1850, fils d’un conseiller au présidial de sa ville natale, fut, en 1793, secrétaire du, district d’Aubin, puis, en 1808, professeur d’histoire à l’École militaire de Fontainebleau, et en 1814, bibliothécaire de l’École de Sl-Cyr. On a de lui : de l’Existence des hommes célèbres dans les républiques ,1799 ; Descript. de l’ Aveyron, 1802; Histoire des Français des divers états aux cinq derniers siècles (xive, xv°, xvi«, xvn% xvme siècles), Paris, 1827-44, 10 vol. in-8°; 4e édit., Paris, 1853, 5 vol. in-12, où il s’est proposé d’écrire l’histoire du peuple , au sens antique du mot, c.-à-d. de toutes les classes, de toutes les conditions, depuis les plus infimes jusqu’aux plus élevées, de toutes les professions, religieuses, civiles ou insdustrielles , grandes'ou petites; il en fait la monographie, siècle par siècle, et l'entremêle de celle de certaines institutions de l’époque. Il prend pour type un individu dans chaque profession ou état; par exemple : le Lépreux, les Frères des ponts, le Chevalier errant, le Noble, le Valet, V Homme d'église, l’Homme d’armes, le Bedeau, etc. Ce fractionnement de la société, où l’on ne retrouve rien, ou presque rien, ni de la vie générale de la nation, ni de ce qu’elle a fait comme peuple, ni de ses rapports avec les autres contrées, ni de son influence extérieure ou intérieure, dénote l’impuissance d’une conception d’ensemble, et réduit le livre à n’être guère qu’un recueil de matériaux préparés pour des mains plus habiles. Cependant il y a un mérite si vrai dans les recherches, souvent dans les narrations et dans le style, qui est très-spirituel, que l’Institut a couronné deux fois cette Histoire des Français, à laquelle l’auteur avait dévoué, toute sa vie. On a encore de Monteil : Traité des matériaux manuscrits, 1822. C. D — y.

monteil (Adhémar de). V. adiiemar.

MONTELEONE, anc. Hipponium, Vibo-Vulentia , v. du I royaume d’Italie, située dans la prov. et à 47 kil. S. -O. de Catanzaro, près du golfe de Ste-Euphémie ; 10,310 hab. Evêché. Hôpital militaire.

MONTÉLIMART, ancienne Acunum, Acusio? Montxlium Adhemari au moyen âge, s.-préf. (Drôme), à 44 kil. S.-O. de Valence, sur une colline, au confluent du Roubion et du Jabron; 8,490 hab. Trib. de lre instance, collège, bibliothèque. Filât, de soie, fabr. de soieries, souliers, etc. Comm. de soie grège, nougats estimés, vins, truffes, bois de construction, meules à moulins, etc. Source minérale. On voit à l’hôtel de ville une charte de liberté, gravée sur pierre, accordée aux habitants, en 1198, par Gérald- Aymar et Lambert, tous deux fils du seigneur du lieu. Aux ] environs est un couvent de la Trappe. — Cette ville, prise ! plusieurs fois pendant les guerres de religion du xvi* siècle, résista héroïquement à Coligny en 1569.

MON TELL A , brg du royaume d’Italie, dans la prov. d’Avellino, à 35 kil. S -E. de Monte-Fusco; 7,274 hab.

MONTELOVEZ ou MONCLOVA, v. du Mexique (Cohahuila), à 890 kil. N. de Mexico; 4,000 hab.

MONTE-LUPONE , v. du royaume d’Italie, prov. et à 10 kil. N.-N.-E. deMacerata; 3,960 hab.

MONTE-MAGGIORE, v. de Sicile, prov. et à 48 kil. S.-E. de Païenne; 6,840 hab.

MONTE-MARCIANO, brg du royaume d’Italie, prov. et à 13 kil. U. -N. -O. d’Ancôue ; 4,328 hab.

MONTEMAYOR (George de), poète espagnol, né vers 1520 à Montemor ou Montemayor (Portugal), m. en 1562, l’inventeur du genre pastoral en Espagne, fut attaché comme chanteur à la chapelle de Philippe II, et suivit ce -

prince en îtalie , en Allemagne et dans les Pays-Bas. En partant U était épris d'une belle Espagnole, qu’à son retour il trouva mariée; ce malheur lui inspira un roman pastoral intitule la Diana, où, sous le voile de la fiction il peignit ses aventures et les sentiments dont il était a--ité -y;: est d’une date inconnue; la dernière plrut

a Madrid, 179o, in-8». Les autres productions de Montemayor ont ete publiées sous le titre de Cuncionero, à Saragosse, 1561. bon style ne sent ni le travail ni raifectation, et, quoiqu on puisse lui reprocher quelquefois une raideur solennelle, surtout dans ce que l’auteur prenait pour de la philosophie, il a singulièrement de noblesse et d'harmonie. La Diana a été plusieurs fois traduite en français, par Colin, Chnpuis, Pavillon, etc. c. n.

montemayor , Ulia , v. d’Espagne (Andalousie), à 22 lui. b.-L. de Cordoue; 3,000 hab.

ch.-l. de cant. (Charente), arr. et à 29 lui. S.-O. de Con'olcns; 256 hab.

MONTE-M1LLTTO , brg du royaume d’Italie (Province d Avellino), à 9 kilomètres b.-E. de Monte-Fusco ; 4,394 hab.

• MONTE-MILONE, brg du royaume d’Italie, prov. et à 9 kil. S.-O. de Macerata; 5,194 hab.

MON'l EMOR-O-NOVO, brg de Portugal (Alemtcio), à 31 kil. N.-E. d’Evora; 3,000 hab.

montemor-o-velho, brg de Portugal (Beira), à 33 kil. S.-O. de Coïmbre, sur le Mondego; 2,600 hab. Enceinte de murs et citadelle.

MONTEMURLO, brg du roy. d’Italie, prov. et à 20 kil. N.-E. de Florence. Victoire de Cosine de Médicis sur Phil. Strozzi, en 1538; 2,461 hab.

MONTEMURliO, v. du royaume d'Italie (Province de Potenza), à 66 kil. S.-O. de Matera; 5,000 hab.

MONTENAY, brg (Mayenne), arr. et à 22 kil. O. de Mayenne; 465 hab.

MONTENDRE , ch.-î. de cant. (Charente-Infor.), arr. et à 20 kil. S. de Jonzac; 966 hab. Source d’eau minérale. Marché pour grains, bestiaux et volailles.

MONTÉNÉGRO (traduction italienne du nom slave Tsernogore ou Montagne-Noire) , pays situé à l’extrémité O. de la Turquie d’Europe, entre la Bosnie, l’Albanie, et la province de Cattaro, qui le sépare de l’Adriatique. Superf., 2,208 kil. carr. environ; pop., 196,000 hab. Entouré de rochers granitiques où l’on ne pénètre que par des gorges d’un difficile accès , ce pays n’est formé que de vallées étroites , sillonnées de torrents , et peu propres aux cultures , même les plus simples. La production des céréales est insuffisante, et la pomme de terre forme la base de l'alimentation. Abondante récolte de miel , élève de nombreux troupeaux de chèvres et de moutons ; point d’industrie ni de commerce. Cet Etat est divisé en 11 naïas ou départements: Kalunslta, Rieka , Tsernitza , Licssanska , Bielopawlichi , Piperi, Kutchi, Moratcha, Uskoks, Nitsitcli, Grahovo; v. princ. : Cettigne, capitale, et Gégnoste, résidence des familles nobles. Le couvent de Stanovitch, au S. de Cettigne, est la résidence du vladika ou évêque grec, qui exerçait seul autrefois l’autorité souveraine. Le Monténégro est auj. gouverné par un prince indigène, assisté d’un sénat de 19 membres, renouvelés chaque année; une gardia ou tribunal, également annuel, et qui dispose de 100 perianeci (gendarmes), y siège régulièrement depuis peu. La population est organisée , même en temps de paix, sur un pied militaire : elle fournit près de 25,000 soldats. Le culte grec est seul exercé. Braves , hospitaliers , les Monténégrins sont surtout jaloux de leur indépendance , et ils n’ont jamais été soumis que nominalement aux divers pays qui les environnent. — Le Monténégro faisait jadis partie du royaume de Serbie. Dès le xive siècle , il était constitué en principauté indépendante , et gouverné par les princes de la famille Tzernojevitch. En 1516, le prince George abdiqua en faveur de l’évêque de Cettigne, et les Monténégrins vécurent dès lors sous une forme de gouvernement théoeratique. A l’époque des invasions ottomanes, secourus par Venise, et favorisés par la nature même de leur pays, ils défendirent avec succès leur indépendance. Ils durent néanmoins céder à la force , et si la domination turque ne réussit point à s’asseoir parmi eux aussi fortement que chez les peuples voisins, elle y fut cependant reconnue par la population du pays , qui paya longtemps le vergui ou impôt personnel. Vers le milieu du xviue siècle, les Monténégrins commencèrent à contester l’existence historique des liens de vassalité qui les tenaient sous la suzeraineté des sultans. La conformité des croyances avait établi, entre eux et la Russie, des relations que celle-ci sut exploiter, et, depuis 1703, on voit les Monténégrins prendre les armes toutes les fois que la Russie fait la guerre à la.

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Turquie. C’est encore en faveur de la Russie qu’en 1806 ils s’armèrent pour repousser l’invasion française. Dès lors l’alliance fut définitivement scellée des deux parts. En 1833, le vladika Pierre Petrovitch alla demander le sacre à Sl-Pétersbourg, et, grâce à l’intervention et surtout aux secours pécuniaires de la Russie , parvint à organiser un gouvernement régulier. Les obligations du célibat empêchaient les vladikas de fonder une dynastie; en 1851, jDaniel Petrovitch Niegoch, appelé au pouvoir par le testament de son oncle , renonça au pouvoir religieux , pour n’être plus que prince temporel. Il alla à S^-l étersbourg demander la confirmation de son titre princier, et la politique russe a su transformer en vassal de la Russie un prince sujet de la Porte-Ottomane. En 1853 , Omer-Pacha a fait une expédition heureuse contre les Monténégrins, pour réprimer leurs incursions. En 1855, le vladika a publié un nouveau code, qui est à la fois une constitution politique, et un recueil des lois civiles et criminelles. F — T.

MONTENOISON (Vallée de), petit pays de l'anc. France (Nivernais), où était Prémery.

MONTENOTTE, vge du roy. d’Italie, à 14 kil. N. de Savone. Victoire de Bonaparte sur les Autrichiens, le 12 avril 1796. — Il y eut, sous le 1er Empire français, un département de Montenotte, entre ceux de la Stura à l’O., des Alpes maritimes au S.-O., de Gênes à l’E., et de Marengo au N.; ch.-l., Savone; s. -préfectures, Acqui, Ceva, Port-Maurice.

montenotte, colonie agricole d’Algérie (Alger), dans la commune de Tenez; 500 hab. Fondée en 1848.

MONTENSIS ducatus, nom latin du duché de Berg.

MONTE-PELOSO, v. du royaume d’Jtalie, province et à 37 kil. N.-E. de Potenza; 5,909 hab. Evêché.

MOjSTE-PULCIANO, v. du roy. d’Italie, prov. et à 43 kil. S.-E. de Sienne ; 12,773 hab. Ch.-l. d’arrondissement. Tribunal de lre instance. Evêché; vins et faïence renommés. Patrie d’Ange Politien et du cardinal Bellarmin. — L’arrondissement de Monte-Pulciano compte 66,675 hab.

MONTEREAU, Condale Senonum, Monasteriolum, ch.-l. de cant. (Seine-et-Marne) , arr. et à 25 kil. E. de Fontainebleau, à l’embranchement du chemin de fer de Lyon sur Troyes.etau confluent de la Seine et de l’Yonne ; 5,685 hab. Dominé par une montagne que couronne le château de Surville. Tribunal de commerce. Fabr. de bas, ciment romain, pipes, faïence; tuileries. Fort marché aux grains et aux bestiaux ; bois flottés. Célèbre par l’entrevue qui eut lieu sur le pont entre le Dauphin ( Charles VII ) et le duc de Bourgogne Jean-sans-Peur, 1419, et pendant laquelle ce dernier fut assassiné par Tanneguy-Duchâtel et Barbazan, serviteurs du Dauphin. Philippe le Bon, duc de Bourgogne, s’empara de Montereau en 1420, et Charles VII en 1438. Napoléon Ier y remporta une victoire sur les alliés, 18 février 1814.

montereau (Pierre de), architecte français, m. eD 1266, construisit la chapelle de Vincennes, le réfectoire de l'abbaye de Sl-Martin-des-Champs , à Paris, auj. bibliothèque du Conservatoire des arts et métiers , la salle capitulaire et la chapelle de l’abbaye de Sl-Germain-des-Prés , et la Sainte-Chapelle du Palais , à Paris , qui est son chefd’œuvre. Tous ces édifices sont dans le style gothique.

MONTEREY, v. du Mexique , sur la rive g. du Tigre , chei-heu, depuis 1865, de la division militaire de son nom, et du départem. de Nouveau-Léon; 15,000 hab. Evêché, mines très-riches. L’armée de l’Union l’a prise en 1846.

monteret (san-carlos de), v. des Etats-Unis, sur la baie de son nom, et par 36° 36' lat. N., 124° 21' long. O.; ch.-l. de comté dans la Californie ; 3,000 hab. environ.

MONTE-ROTONDO , anc. Eretum , v. des Etats de l’Eglise, à 16 kil. N.-E. de Rome; 1,000 hab. Beau palais. Ja lis titre de duché.

MONTE-RUBBIANO, brg du roy. d’Italie, province d’Ascoli, à 9 kil. S. de Fermo; 2,924 hab.

MÜNTESA, brg d’Espagne, prov. et à 40 kil. de Valence. Ce fut le ch.-l. de l’ordre militaire de Notre-Dame de Montesa, fondé par le roi Don Jayme, après la suppression des Templiers, et confirmé par le pape en 1318. Cet ordre relevait de celui de Calatrava ; la grande-maîtrise fut réunie à la couronne par Philippe II, en 1587. Le costume des chevaliers était blanc, avec une croix noire; population du bourg, 1,200 hab.

MONTE-SAN-GIUIIANO , anc. Eryx, v. de Sicile, prov. et à 9 kil. N.-E. de Trapani , sur une montagne;

MONTES ANO, brg du royaume d’Italie (Province de Salerne1), à 16 kil. S.-O. de Sala; 6,193 hab.

MORTE SAN-SAVINO, v. du roy d’Italie, prov. et à 20 kil. S.-O. d’Arezzo; 7,480 hab. Foires importantes.

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MONTÉ-SANT’ANGIOLO , v. du roy. d’Italie (Prov. de Foggia), à 12 kil. N. de Manfredonia, sur le mont Gargano; 18,191 hab.

MONTE-SÂNTO, V. Athos (Mont) et Singitique (Golfe).

monte-santo, brg du royaume d’Italie, prov. et à 13 kil. N.-E. de Macerata, sur l’Adriatique; 6,534 hab.

MONTE-SA RCHIO, v. du royaume d’Italie, prov. et à 12 kil. S.-O. de Bénévent; 5,924 hab.

MONTESCAGLIOSO, Severiana, v. du royaume d'Italie (Prov. de Potenza), arrondissement et à 13 kilomètres P. de Matera; 7,532 hab.

MONTESPAN (Françoise-Athénaïs de Rochechotjart ■DE mortemart, marquise de), seconde fille de Gabriel de Bochechouart, duc de Mortemart, née en 1641, m. en 1707, fut connue d’abord sous le nom de Mlle de Tonnay- Charente, et mariée, à 22 ans, à de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan, qui la produisit à la cour, où elle devint dame du palais de la reine par le crédit de Monsieur. Sa beauté surprenante, selon l’expression de Mm” de Sévigné, la noblesse, la grâce parfaite de sa personne, son esprit vif et piquant, attirèrent l’attention de Louis XIV. Mme de Montespan voulut se retirer de la cour, dès qu’elle s’aperçut du penchant du roi. On a prétendu que l’opposition vint du marquis de Montespan lui-même, qui, dans la suite, mais trop tard, fit un éclat, et fut exilé dans ses terres. Les relations du roi et de la marquise furent d'abord secrètes; bientôt elles s’étalèrent au grand jour, sous les yeux même de la reine qui semblait ne rien voir, et de M"e de La Vallière qui ne pouvait se résigner à partir. En 1668, Mme de Montespan était la maîtresse en titre ; elle donna au roi 8 enfants, et demeura 14 ans dans cette plaee, où elle fut acceptée, flattée, encensée par toute la cour, et devint même surintendante de la maison de la reine, 1680. L’esprit de Mme de Montespan, l’esprit des Mortemart , est resté proverbial. Personne ne l’égalait pour conter plaisamment, railler avec malice, et contrefaire les ridicules. C’était passer sous les armes , que de se trouver sous son regard, quand elle était, avec le roi, à quelque fenêtre. La légitimation des bâtards, fruits d’un double adultère, fut le triomphe de Mine de Montespan, et l'une des hontes de ce règne. Mais comme elle avait supplanté MIle de La Vallière, son amie, Mme de Montespan à son tour trouva une rivale dans Mm® de Maintenon, qu’elle avait introduite à la cour. Mm* de Montespan, hautaine, ambitieuse, s’attachait de toutes ses forces à cette grandeur qui lui échappait. Enfin, elle céda, elle partit. La dévotion fut aussi son refuge; elle se retira d’abord dans la communauté de Sl-Joseph, essaya vainement d’obtenir le pardon de son mari, et se rapprocha du seul fils qu’elle eût eu de lui, le duc d’Antin ; elle jeûna, fit pénitence, prodigua les aumônes, chercha dans l’agitation stérile des déplacements et des voyages l’oubli du passé, et mourut, à 66 ans, aux bains de Bourbon-l’Archambauld. Les enfants du roi et de Mme de Montespan sont : le duc du Maine, M1Ie de Nantes, depuis duchesse de Bourbon, Mlle de Blois, depuis duchesse d’Orléans, le comte de Toulouse, et 4 autres enfants, le comte du Vexin et Mlle de Tours, morts jeunes, et 2 fils non reconnus, morts en bas-âge. M — l.

montespan, vge (Hle-Garonne, arr. et à 14 kil. E. de S'-Gaudens, sur la rive dr. de la Garonne; 307 hab. Anc. titre de marquisat, érigé en 1612.

MONTESQUIEU (Charles de Secondât, baron de la Brède et de), illustre écrivain philosophe et publiciste, né au château de la Brède, près Bordeaux, en 1689, m. à Paris en 1755, était d’une famille de robe, et fut, dés son enfance, destiné à la magistrature. A 25 ans, il devint conseiller au parlement de Guienne, et, à 27, président à moTtier de la même compagnie, par suite de la mort d’un oncle, qui lui légua cette place avec toute sa fortune. Ses fonctions judiciaires ne le détournèrent point des études philosophiques et littéraires, pour lesquelles il ressentit de bonne heure un goût très-vif. Il s’essaya dans quelques ouvrages médiocres, lus à l’Académie de Bordeaux vers 1716, et dont le principal est la Politique des Romains dans la religion. Mais son vrai début littéraire sont les Lettres persanes, 1721 , 1 vol. in-12, qu’il publia sous le voile de l’anonyme. C’est le voyage imaginaire d’un Persan à Paris, ou plutôt en France, une correspondance adressée à ses amis de Perse, et dans laquelle il juge les institutions, les mœurs, les lois, avec une témérité d’examen poussée jusqu’au paradoxe, et une hardiesse qui, sous un voile transparent, se prend à la religion elle-même. Ce livre flattait l’esprit sceptique et frondeur du siècle; il obtint un très-grand succès, qu’il dut encore à ce qu’on y trouve les traces pro-

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fondes d’une raison noble et élevée, l’amour du juste et de l'honnête, et une foule d’aperçus lumineux sur le commerce, le droit public, les lois criminelles, questions dont la société commençait à s’occuper avec ardeur. Ce mélange de paradoxes, de plaisanteries satiriques sur les mœurs, et de choses sérieuses, a fait dire à M. Villemain, avec beaucoup de justesse, que cet ouvrage est « le plus profond des livrés frivoles. » En 1726, Montesquieu vendit sa charge de président, où, de son aveu, il n’a jamais que médiocrement réussi, et se consacra tout entier aux lettres ; deux ans après, il fut reçu à l’Académie française, et commença ensuite un voyage philosophique dans les divers Etats de l’Europe, pour recueillir les matériaux d’un grand ouvrage de politique et de jurisprudence qu’il méditait depuis longtemps. De retour dans son domaine de la Brède après 4 ans d’absence, il se recueillit 2 ans dans la retraite , et publia, non pas encore le résultat de son voyage d’études , mais un livre d’histoire philosophique, intitulé : Considérations sur les causes delà grandeur et de la décadence des Romains, 1734, 1 vol. in-12. Dans cet ouvrage, qui commence à la fondation de Rome, et finit à la prise de Constantinople par les Turcs, « Montesquieu a pénétré tout le génie de la république romaine... Les événements se trouvent expliqués par les mœurs, et les grands hommes naissent de la constitution de l’Etat. A l’intérêt d’une grandeur toujours croissante, il substitue ce triste contraste de la tyrannie recueillant tous les fruits de la gloire. Une nouvelle progression recommence, celle de l’esclavage précipitant un peuple à sa ruine par tous j les degrés de la bassesse » (Villemain). Les Considérations sont le livre le mieux composé, le mieux écrit, et le plus lu de tous ceux de Montesquieu; mais son ouvrage capital est celui qu’il donna, 14 ans après, sous le titre : de l'Esprit des Lois, Genève, 1748, 3 vol., divisés en 31 livres. Il y examine l’histoire de tous les temps et de tous les pays , fait passer tour à tour devant lui toutes les nations mortes ou vivantes , dans la nature des gouvernements découvre leurs principes, et, de ces principes, combinés avec les besoins moraux ou physiques des peuples, voit découler les lois qui les faisaient vivre ou les animent encore. L’Esprit des Lois, malgré sa gravité, obtint un véritable succès populaire : on en fit 22 éditions en 18 mois, I et il fut traduit dans presque toutes les langues de l’Europe. Des lacunes, quelques bizarreries, des défauts de composition ou des erreurs, n’ont pu nuire à ce bel ouvrage, rempli de vues profondes, de pensées neuves, où l’on trouve un grand nombre de faits convertis en principes, une foule de vérités utiles établies par le raisonnement , et éclaircies par une érudition abondante et variée.

Il est le fruit des études de toute la vie de Montesquieu : il y travailla pendant 20 ans, et le publia à cet âge, voisin de la vieillesse, où il joignait à toutes ses qualités naturelles la maturité et la sûreté de jugement que les années développent dans les esprits méditatifs et sérieux. Parmi les opuscules de Montesquieu, il y en a deux qui sont au nombre de ses bons ouvrages, le Dialogue de Sylla et d'Eucrate, et Lysimaque. Le premier, imprimé pour la lre fois en 1748, est une explication de la conduite politique de Sylla par Sylla lui-même, ou plutôt par Montesquieu. Il y a de la grandeur dans ce dialogue, mais aussi un peu d’emphase et d’exagération théâtrale. Lysimaque, écrit en 1751, pour la Société littéraire de Nanci , est une espèce de petite nouvelle politique, où l’on voit le stoïcisme d’un philosophe luttant par le mépris contre la puissance et la cruauté d’Alexandre de Macédoine, qui l’avait fait enfermer dans une cage de fer, comme une bête sauvage, pour ne l’avoir pas adoré, à la manière des Perses. Victoria Fabre juge ainsi Montesquieu comme écrivain : <* Son style, nerveux et rapide, précipite les impressions; il réveille, dans un seul trait, une succession d’idées; ou, dans une image vive et inattendue, il présente tout le résultat d’une méditation lente et profonde. C’est ainsi que ce grand homme sait donner à notre langue ce qu’on lui disputait le plus, la précision, qui s’allie à une profondeur vaste, la variété pittoresque et l’originalité des tours qui reproduisent le caractère et le mouvement des idées. En appliquant, le premier parmi nous, le grand art d’écrire à la politique et à la législation , il nous enrichit à la fois d'un nouveau genre de compositions littéraires et d’un nouveau genre de style- » Montesquieu avait le plus noble caractère : il était bon , indulgent , et bienfaisant sans aucune espèce de faste. Les immenses travaux que lui nécessita l’Esprit des Lois finirent par altérer sa santé; il mourut à 66 ans, admiré de toute l’Europe, et regretté nisque dans les pays étrangers. Les meilleures éditions des ÛFitvres complètes de Montesquieu sont celles d’Auger, Pa-

ris, 1816, 6 vol. in-8°; de Parelle, avec les variantes des éditions originales et les notes de tous les commentateurs, Paris, 1822, 8 vol. in-8°; de Dalibon, avec les Eloges de Montesquieu par Dalembert et M. Villemain , l’analyse raisonnée de l'Esprit des Lois par Dalembert , le commentaire de Voltaire, et celui de M. Destutt de Tracy sur cet ouvrage, enfin les observations de Condorcet sur le 29e livre, Paris, 1827, 8 vol. in-8°. C. D— y. '

Montesquieu- voLVESTRE, ch.-l. de caut. (II,e-Garomie), arrondissement et à 35 kilomètres S. de Muret, sur l’Arize; 2,617 habitants. Vins rouges. Pris par le due de Joyeuse en 1586.

MONTESQUIOU, ch.-l. de cant. (Gers), arr. et à 11 kil. N. -O. de Mirande; 331 hab. Ancienne baronnie de l’Armagnac.

montesquiou (le baron de), capitaine des gardes du duc d’Anjou (Henri III ), assassina lâchement d’un coup de pistolet Louis Ier, prince de Coudé, fait prisonnier et blessé à la bataille de Jarnac , 1569.

montesquiou d’artagnan (Pierre de), né en 1645, m. en 1725, entra dans les mousquetaires, se distingua aux sièges de Tournai, de Lille, de Besançon, 1666-67, conquit tous ses grades par des actions d’éclat, commanda, comme lieutenant-général , l’aile droite à la bataille de Malplaquet, 1709, y gagna le bâton de maréchal, devint commandant en Bretagne en 1716, et membre du conseil de régence, en 1720.

montesquiou-fezensac (Anne-Pierre, marquis de), lieutenant-général, né à Paris en 1741, m. en 1798, reçut une instruction solide et variée, fut d’abord menin des enfants de France, puis, en 1771, premier écuyer de Monsieur (Louis XVIII), et maréchal-de-camp en 1780. Député de la noblesse de Paris aux Etats-Généraux de 1789, il se réunit l’un des premiers au tiers- état. En 1792, il commanda l’armée du Midi , et acheva la conquête de la Savoie; mais, décrété d’arrestation sous un vain prétexte, il se retira en Suisse, et ne rentra en France qu’en 1795. Depuis 1784, il était membre de l’Académie Française. On a de lui plusieurs pièces de vers, quelques petites comédies agreabiement écrites, des Mémoires et des rapports qui prouvent des connaissances étendues.

montesquiou (François-Xavier, duc et abbé de), delà branche de F ezensac, néen 1757, prés d’Auch, m. en 1832, fut député du clergé de Paris aux Etats-Généraux de 1 789, émigra en Angleterre après le 10 août 1792, .-e lia étroitement avec le comte de Provence (Louis XV 111); rentra en France sous le Consulat avec des instructions particulières de ce prince, et donna de l’ombrage à Bonaparte, qui l’exila. Rentré en France en 1814, il fut membre du gvt provisoire le 1er avril, reçut le poste de ministre de l’intérieur, et travailla à la rédaction de la Charte constitutionnelle. Eloigné des affaires à la 2R Restauration, le roi le nomma pair, ministre d’Etat en 1815, et duc en 1821. B.

MONTESSON (Charlotte-Jeanne Béraud de la Haye de Riou , marquise de), née en 1737, d une noble famille de Bretagne, m. en 1806, se rendit célèbre par ses vertus, son esprit et son amabilité. Veuve du marquis de Montesson en 1769, elle épousa, en 1773, le duc d’Orléans, petit-fils du Régent, et, dans ce rang élevé, se conduisit avec tant de réserve, de dignité et de douceur, qu elle fit oublier qu’elle n’était pas née princesse. Pour charmer les ennuis de son époux, elle établit un petit théâtre chez elle, et composa elle-même plusieurs comédies ou drames, qu’elle y joua avec un talent véritable. Veuve de nouveau en 1785, elle fit un noble usage du douaire que Louis XVI lui reconnut, fut respectée par la Révolution, et, plus tard, honorée de l’estime et de la protection de Napoléon pr. Les ouvrages de Mme de Montesson , comprenant son théâtre et des poésies de société, ont été imprimés sous le titre d ’OEuvres anonymes, 1782, 8 vol. gr. in-8o. B.

MONTET-AUX-MOINES (le), ch.-l. de cant. I Allier), arr. et à 30 kil. S.-O. de Moulins; 578 hab. Exploit, de houille. ,

MONTEUX, brg (Vaucluse), arr. et à 6 kil. b.-O. de Carpentras ; 2,604 hab. Garance.

MONTEVARCHI , brg de Toscane, à 24 lui. O. d Arezzo ;

9,078 hab. .

MONTEVERDE ( Claude ) , compositeur de musique, né à Crémone vers 1565, in. en 1649, fut maître de chapelle de Sl-Marc à Venise. H a composé des madrigaux et des opéras, et trouvé une harmonie et une tonalité nouvelles, devenues les bases de la musique moderne. Ses opéras, Ariane, 1607, Orphée, 1609, Proserpine, 1630, sont remarquables par l’expression pathétique, et offrent encore le premier exemple du duo scénique, et des formes nouvelles de récitatif. ®-

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MONteverde , v. du royaume d’Italie (Province de Salerne), à 13 kil. O. de Melfi, sur l’Ofanto; 3,823 hab. Evéclie.

MONTEVIDEO ou SAN-FELIPE, v. de l’Amérique du Sud, capitale de la République de l’Uruguay et d’un départ. de son nom, sur la rive g. de l’estuaire du Rio-dela-Plata, à 200 kil. de l'embouch. de ce fleuve, à 200 kil. N.-E. de Buéno.s-Ayres; par 34° 54’ 8" lat. S., et 58° 33’ 25" long. O. ; 60,300 hab. Bâtie en amphithéâtre sur la côte, et assez régulière, mais non pavée, et privée d’eau dans les sécheresses; les maisons n’ont généralement qu’un étage. Climat brûlant et orageux en été, souvent très-froid en hiver. Le port, le meilleur de la Plata, est exposé au x pamperos (vents du S.-O.). Export, de peaux brutes, cornes, crins, bœuf salé, suif, laines, tabac, plumes d'autruche. Import. de farines, boissons, tissus, verreries, chapellerie, livres, mercerie, parfumerie, tabletterie, sel , fer, acier, houille, bois, goudron , cordages, etc. Fondé par une colonie de Buénos-Ayres, Montevideo souffrit beaucoup des guerres entre cette république et le Brésil ; il fut bloqué, de 1842 à 1848, par les Buénos-Ayrieus. — Le départ, de Montevideo, entre le Paraguay au N.- O., l’Entre-Rios à l’O., le Buénos-Ayres au S., l’Océan au S.-E., et le Brésil à l’E., est arrosé par l’Uruguay et le Rio-Negro, fut enlevé en 1821 à l’Etat de Buénos-Ayres par le Brésil, se déclara indépendant en 1828 sous le nom de République Cisplatine, et entra dans celle de l’Uruguay.

MONTÉZUMA , roi du Mexique, 1502-1520, fut attaqué en 1519 par les Espagnols, sous la conduite de Cortez, n’osa prendre une résolution à leur approche, et les laissa entrer à Mexico. Cortez , ayant besoin d'un otage dans ce pays inconnu , fit saisir Montézuma dans son palais, et l’enferma au quartier espagnol. Une insurrection éclata aussitôt pour le délivrer; le roi, voulant l’apaiser, se montra à ses sujets, et fut blessé par eux ; alors, ne voulant plus être l’instrument de la servitude de son peuple, il refusa tout secours et se laissa mourir de faim. Le 4e de ses fils, baptisé par les Espagnols, sous le nom de don Pedro, devint la tige des comtes de Montézuma et de Tula, dont le dernier est mort, en 1836, à la Nouvelle- Orléans.

MONTFAUCON (Bernard de), savant bénédictin de la congrégation de Sl-Maur, né en 1655 au château de Soulage (Languedoc), m. en 1741, suivit d’abord la carrière militaire, et fit avec distinction deux campagnes sous les ordres de Turenne. Fatigué des armes et ayant perdu ses parents, il entra, en 1675, au couvent bénédictin de la Daurade à Toulouse, où il s’appliqua particulièrement à l’étude des langues anciennes. Ayant été appelé à Paris, 1687 , pour travailler à la correction des éditions grecques des Pères de l’Eglise, Montfaucon s’y lia avec Ducange , et ne tarda pas à prendre place dans le monde religieux et savant par la publication des Œuvres de S1 Athanase. Dans le but de recueillir des richesses bibliographiques , il partit pour l’Italie en 1698 , et s’arrêta d’abord à Rome , où il fut honorablement accueilli par le pape Innocent XII. Après avoir visité les villes et les monastères les plus remarquables de l’Italie, il revint en France, pour mettre en œuvre les précieux documents qu’il avait réunis. Doué d’un esprit juste et méthodique, et d'une ardeur infatigable pour le travail, il put, grâce à une vie aussi longue que laborieuse , composer les nombreux ouvrages qui feront à jamais sa gloire et celle de son ordre. Reçu membre de l’Académie des Inscriptions en 1719, Montfaucon mourut à l’abbaye de S^Germai n-des-Prés , à Paris. Il a laissé : une édition grecque des Œuvres de S1 Athanase , de S1 Jean Chrysostôme et des Hexaples d’Origène ; Analecta, sive varia opuscula græca , Paris, 1688, in-4°, renfermant des Vies de saints; la Vérité de l' histoire de Judith, 1690, in-12; Diarium Italicum , 1702, in-4°, curieux itinéraire, plein d’excellentes recherches bibliographiques; Collectio nova Patrum et scriptorum Græcorum, 1706, 2 vol. in-fol. ; Palæograpliia græca , 1708, in-fol. , ouvrage d’une haute importance , et dont le but est d’établir l’âge des manuscrits grecs par la connaissance des caractères de chaque siècle ; une traduction française des livres grecs de Philon sur la Vie contemplative , 1709 , in-12; l’Antiquité expliquée et représentée en figures, avec texte en latin et en français , Paris , 1719-24, 15 vol. in-fol., œuvre de beaucoup de travail et d’érudition, qui laisse cependant à désirer sous le rapport de l’exécution des planches, et n’est pas exempte d’erreurs, mais qui a puissamment contribué à répandre , en France surtout, le goût de l’archéologie; Monuments de la monarchie française, 1729-33, 5 vol. in-fol., avec figures : l’ouvrage finit à l’avénement des Bourbons ; Bibliotheca Bibliothecarum manuscriptorum nova, 1739 , 2 vol. in-fol. , liste de tous les

manuscrits dont il avait pu avoir connaissance pendant 4.1 ans de recherches assidues dans les diverses bibliothèques de l’Europe. D — t — p..

montfaucon, ch.-l. de cant. (Maine-et-Loire), arr. et à 20 kil. O. de Cholet, sur la Moine; 723 hab. Un traité de paix y fut conclu , le 18 janv. 1800 , entre le ler Consul et les chefs vendéens.

montfaucon , ch.-l. de cant. (Haute-Loire) , arr. et à 18 kil. E. N.-E d’Issengeaux; 740 hab. Fabr. de rubans ; scierie de planches; comm. de bois.

montfaucon, ch.-l. de cant. (Meuse) , arr. et â 35 kil. S. -S.-E. de Montmédy; 1,053 hab. Ane. abbaye, fondée en 650. — Le roi Eudes y battit les Normands , en 888.

montfaucon , éminence située aux portes de Paris , au N.- O. , entre les faubourgs St-Martin et du Temple , et dépendant de La Villette. Au moyen âge , on y avait élevé des gibets, composés de poutres reposantsur 16 gros piliers, hauts de 36 pieds environ, et auxquels on suspendait les corps des suppliciés, qu’on y laissait pourrir. Ces gibets, qui pouvaient recevoir jusqu’à 60 patients à la fois , avaient été , dit-on , érigés par Enguerrand de Mavigny ou par Pierre de La Brosse. A la Révolution , on établit sur leur emplacement une voirie pour les immondices et l’écarrissage des chevaux, transférée en 1841 dans la plaine des Vertus. V. A. de La Villegille , des Anciennes fourches patibulaires de Montfaucon , Paris, 1836, in-8°.

MONTFERRAND. V. Clermont-Ferrand.

MONTFERRAT , en italien Monteferrato , anc. duché d’Italie , entre le Piémont au N. et à l’O. , la république de Gênes au S. , et le Milanais à, l’E. ; ch.-l. , Casai. Titre de marquisat dès le Xe siècle , il passa par mariage , en 1533 , aux ducs de Mantoue , pour lesquels il fut érigé en duché en 1573. Une partie du pays fut cédée en 1631 aux ducs de Savoie , à qui l’Autriche abandonna le reste en 1703. Incorporé à la République cisalpine en 1797 , au royaume d’Italie en 1805, il forma les départements de Marengo, de la Sesia, du Pô, de laStura, de Montenotte, et de Gênes. Donné au roi de Sardaigne en 1815, il fut réparti entre les divisions d’Alexandrie, Coni, Gênes, Novare, et Turin.

montferrat (Marquis de), illustre famille de Lombardie , remontait à Aldérame , créé marquis par Othon le Grand en 967 , et ra. vers 995. Parmi ses successeurs, on distingue : Guillaume IV le Vieux, qui épousa une sœur utérine de l’empereur Conrad III , accompagna ce prince à la 2e Croisade , et soutint Frédéric Ier Barberousse contre la ligue lombarde ; — Rénier, un de ses fils , qui épousa Marie, fille de l’empereur grec Manuel Comnène , 1179, et reçut en dot le royaume de Thessalonique ; — Guillaume V, autre fils de Guillaume IV, qui mérita , dans la 3e Croisade, le surnom de Longue-Épée , épousa Sibylle, sœur de BaudouinlII, roi de Jérusalem, etmouruten 1185 ; — Conrad V, frère du précédent ( V . Conrad); — Boniface III , qui hérita de son frère Rénier le royaume de ’lhessalonique en 1183 , passa en Syrie , fut fait prisonnier à la bataille de Tibériade en 1187 , devint marquis de Montferrat après la mort de son autre frère Conrad V en 1192 , fut nommé chef de la 4* Croisade en 1202, contribua d’une manière brillante à la prise de Constantinople en 1204 , prit encore aux Grecs l’île de Candie , Napoli de Romanie et Corinthe , et fut tué en 1207 , d’une flèche empoisonnée, en combattant les Sarrasins devant Satalièh ; — Guillaume VI , fils du précédent, qui administra le Montferrat pendant l’absence de son père, puis l’y remplaça, et fit deux expéditions en Thessalie, pour rétablir à Tbessalonique son frère Démétrius, dépossédé par Théodore Lascaris; —Guillaume VII le Grand , petit-fils du précédent, 1254-92 , qui facilita la conquête du royaume de Naples par Charles d’Anjou, maria sa fille Yolande avec l’empereur Andronic Paléologue, ajouta aux possessions de sa famille Verceil et Ivrée , tomba au pouvoir des habitants d’Alexandrie révoltés, et mourut après 17 mois de captivité dans une cage de fer; — Jean Ier, fils du précédent, 1292-1305 , attaqué par Mathieu Visconti, seigneur de Milan , et dépouillé de Casai , Moncalvo , Trino , Ponte- Stura , etc. ; — Théodore Paléologue , fils de l’empereur Andronic Paléologue et d’Yolande de Montferrat, 1305- 1338 , qui eut à disputer son héritage à Manfred, marquis de Saluces , et à Charles n , roi de Naples , se fit reconnaître par l’empereur Henri VII , et alla en Orient aider son frère Andronic le Jeune contre les Turcs; — Jean II Paléologue , 1338-78 , qui reçut de Charles IV le titre de vicaire impérial en Italie , et essuya des pertes dans une guerre contre Galéas Visconti; — Théodore n Paléologue, petit-fils du précédent, 1381-1418 , qui reprit aux Visconti Asti et Casai , aida Gênes à chasser les Français en 1409 , ! fut capitaine de cette république jusqu’en 1413 , et reçut

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de l’empereur Sigismond, en 1414, le titre de vicaire ! impérial en Italie , qui fut confirmé depuis à tous ses 1 successeurs. B.

MONTFLEURY ( Zacharie- Jacob , dit), comédien, d'une noble famille d’Anjou, né vers le commencement du xvne siècle, m. en 1667 , fut reçu dans la troupe de l’hôtel de Bourgogne , à Paris , joua avec un égal succès dans la tragédie et la comédie , et donna lui-même une tragédie d 'Asdrubal en 1647. — Son fils, Antoine- Jacob , né en 1640 , m. en 1685 , donna au théâtre de l’hôtel de Bourgogne 16 pièces, auj. oubliées, excepté la Femme juge et partie, comédie en 5 actes en vers , 1669, très-médiocrement écrite , mais dont le succès balança celui du Tartufe de Molière. M. O. Leroy a réduit et arrangé en 3 actes la comédie deMontfleury, et la fait jouer avec succès en 1821. Montfleury a de la gaieté , mais son comique est souvent grossier. Son Théâtre a été publié en 4 vol. in-12, Paris, 1775.

MONTFORT (Simon, baron, puis comte de) , né dans la 2e moitié du xne siècle , d'une famille originaire de Montfort-l’Amaury , m. en 1218 , partit en 1202 avec la 4e Croisade , qu’il ne voulut pas suivre jusqu'à Constantinople , se distingua en Palestine, fut élu, après son retour en France, chef de la croisade contre les Albigeois, 1208, montra autant de cruauté que de courage durant cette guerre, prit Béziers en 1209, y fit périr, dit-on, près de 60,000 hommes, s’empara encore de Carcassonne , défit à Muret, en 1213, Pierre II, roi d’Aragon, qui venait au secours des Albigeois , déposséda Raymond VI , comte de Toulouse , et fit hommage à Philippe-Auguste. Pendant qu’il guerroyait aux environs de Nîmes, Raymond VII ayant pris Toulouse , il fut tué d'un coup de pierre en voulant la ressaisir. B.

montfort ( Amaui’y, comte de), fils aîné du précédent, le remplaça comme chef des croisés contre les Albigeois, continua sans succès le siège de Toulouse, et, malgré une nouvelle croisade à laquelle prit part le fils de Philippe- Auguste, fut obligé de traiter avec Raymond VII, comte de Toulouse. En 1224, il fit cession à Louis VIII des pays que l’Eglise romaine avait accordés à Simon de Montfort. lin 1231, il reçut de Louis IX la charge de connétable, puis partit pour la Terre-Sainte, et mourut, en 1241, au retour de cette expédition, durant laquelle il était tombé au pouvoir des Musulmans. B.

montfort (Simon de), frère puîné du précédent, quitta la France vers 1236, par suite d’une discussion avec Blanche de Castille, mère de Louis IX , et se retira en Angleterre, pays de sa mère. Il sut y gagner les bonnes grâces du roi Henri III , qui lui donna le titre de comte de Leicester, le gouvernement de la Gascogne, et la main de sa sœur Eléonore. Néanmoins, Montfort se mit à la tête des barons mécontents , 1258, arracha au roi les statuts ou provisions d'Oxford, se fit donner la présidence d’un conseil de 24 seigneurs chargé de réformer l'Etat , gagna sur Henri III , qui prit les armes pour se débarrasser de ce joug , la bataille de Lewes, et l’y fit prisonnier avec son fils Edouard, 1264. Il convoqua un parlement, où furent admis, avec le clergé et la noblesse, les représentants des bourgs ; ce fut l’origine de la Chambre des communes. Edouard parvint à s’échapper, releva l’étendard royal, et fut victorieux au combat d’Evesham, où Montfort périt, 1265. B.

montfort (Jean de), duc de Bretagne. V. jean iv.

montfort ( Bertrade de ) . V. bertrade.

montfort (Antoine de), peintre d’histoire, né en 1532 à Montfort (Hollande), m. en 1580, fut élève de Franc- Flore. Ses tableaux ont presque tous péri dans les guerres, mais plusieurs sont gravés. On citait surtout : la Passion, à Dordrecht; la Décollation de St Jacques, à Gouda; l' Assomption, l'Annonciation et la Nativité, à Utrecht.

montfort (Louis-Marie gdignion de), missionnaire, né à Montfort (Ille-et-Vilaine J en 1673, m. en 1716, étudia chez les Jésuites de Rennes, prit les ordres à Paris en 1700, fut employé dans les missions de Nantes et de Poitiers, et devint aumônier de l’hospice de la Salpétrière à Paris. Il fonda à Là Rochelle les missionnaires du Sl-Esprit et les sœurs hospitalières de la Sagesse.

^ montfort, ch.-l. de cant. (Landes), arr. et à 18 kil. E. de Dax, sur le Louts; 556 hab.

montfort-l’amaury, ch.-l. de cant. (Seine-et-Oise), arr. et à 22 kil. N.-O. de Rambouillet; 1,465 hab. Eglise remarquable, avec de beaux vitraux. Le comté de Montfort, réuni à la couronne en 1532, fut important au moyen âge; on voit encore les ruines du château du xe siècle, où naquit Simon de Montfort.

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