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de S'-Lambert. On remarque aussi : la cathédrale gothique-, ratio, palais des princes-évêques; l’hôtel de ville, où sont conservés les portraits des signataires du traité de Westphalie. Filât, et tissage de coton, fabr. de grosses toiles, rubans, tapis, câbles, machines; fonderies de fer, distilleries d’eau-de-vie de grains, etc.Grandcomm.de grains et de bois — Jadis cli.-l. de l’évêché souverain de son nom, Munster fut pris par les Anabaptistes en 1535; Jean de Levde, leur prophète, y établit sa domination. Le traité de We-tphalie y fut signé en 1H4B. La ville fut démantelée en 1765 Les Français l'occupèrent en 1806, la compr. rent, en 1807, dans le grand duché de Berg, et en firent, en 1810, le ch.-l. du département de la Lippe. Les traités de 1815 donnèrent Munster à la Prusse. B.
munster (Régence de |, une des trois divisions et la plus septentrionale de la prov. prussienne de Westphalie, bornée au N. par le roy. de Hanovre, à l’O. par celui de Hollande et la prov. prussienne du Rhin, au S. par la régence d’Arnsberg, dont la sépare la Lippe, à l’E. par celle de Minden ; arrosée par le cours supérieur de l’Enis et ses affluents. Pays plat, rempli de pâturages semés de bruyères; peu de céréales, mais beaucoup de chanvre et de lin. Cette régence est composée de la partie supérieure de l’anc. évêché de Munster, et divisée en onze cercles; 726,935 hect. de superft; 133 kil. sur 95 ; 436,095 hal>.
munster (Evêché de), anc. principauté souveraine de l’Allemagne, au N. du cercle de Westphalie, s’étendait de la Lippe au S. jusqu’à l’embouchure de l’Ems au N., et était borné à l'O. par les Provinces-Unies, à l’E. par les comtés prussiens de Ravensberg, de Tecklenburg et de Lingen, et par celui de Diepholz, dépendant de l’électorat de Hanovre. Il avait été fondé par Charlemagne vers la fin du vme siècle, et l’évêque avait obtenu de l’empereur Frédéric II la dignité de prince de l’Empire; il était suffïagant de Cologne. A la fin du xvme siècle, il entretenait 7 régiments, et avait un revenu de 1,200,000 florins. Il était assisté d’un chapitre de 40 chanoines, qui devaient faire preuves de noblesse. A côté du prince-évêque, il y avait des Etats, formés du clergé, de la noblesse et des députés de 12 villes. Le territoire de l’évêché, resserré vers le milieu, était divisé par là en Haul-Evéché au S., arrosé par le cours supérieur de l’Ems, et Bas-Evêché au N., que baignait la partie inférieure du même fleuve. Le 1er renfermait 8 bailliages: Wolbeck (où était Munster), Ahaus, Horstmar, Bochohl , Dolmen, Werne, Sassenberg, Strumberg; le 2e, 5 bailliages; Bevergen, Meppeu, Emsland, Wechte, et Kloppcnbourg. Lors des sécularisations faites en 1803 à Ratisbonne, l’évêché de Munster fut séparé entre la Prusse, qui obtint les bailliages de Wolbeck ( en partie), Werne, Sassenberg et Stromberg; les princes de Salm , qui eurent ceux de Boeliold, Ahaus et Horstmar; le duc de Crov, qui eut Dulmen ; le duc de Looz, Bevergen et une partie de Wolbeck ; le duc d’Arenberg , auquel échurent Meppen et Emsland ; enfin le duc d’Oldenbourg, qui reçut Kioppenbourg et Wechte. Après le traité de Tilsit, 1807 , la part de la Prusse fut donnée au grandduché de Berg, et forma dans cet Etat une partie des departements de l’Ems et de la Ruhr, puis, en 1810, fut réunie à la France, et , avec le territoire des princes de Salm , de Croy , de Looz, d’Arenberg, et d’Oldenbourg, qui furent médiatisés, forma une partie des départements de la Lippe et de l’Ems-Supérieur. Enfin, en 1815, la Prusse rentra dans ses possessions de 1803, augmentées de tout le reste ira Haut-Evêché; et le Bas-Evêché fut donné au royaume de Hanovre, moins les pays cédés en 1803 au duc d’Oldenbourg, et que ce souverain recouvra en 1815. La partie prussienne forme auj. la régence de Munster; la partie lianovrienne, le N. de la préfecture d’Osnabrück. C. P.
munster, ch.-l. de cant. (H.-Riiin), arr. et à 20 kil. O. de Colmar, sur la Fecht; 3,904 hab. Filatures de coton; fabr. de calicots, toiles peintes, indiennes. Cmnm. de bestiaux et de fromages. — Cette ville se forma autour d’une riche abbaye, dite de Sl-Grégoire, fondée en 660, et devint, au xiv* siècle, ville libre impériale. Louis XIV la prit et la démantela.
munster, vge (Meurthe), arr. et à 35 kil. N.-E. de Château-Malins. Belle et grande église du commencement du xive siècle, an sommet d’une colline au bas de laquelle est le village; 700 hab.
munster (Nouveau). V. zéëande-nouvelee.
munster (Sébastien), savant hébraisant, géographe et mathématicien, né à Ingelheim en 1489, mort en 1552, professa l’hébreu et la théologie à Bâle. On a de lui : une édition de la version latine de Ptoléunée, 1540, in-fol. ; des Noies sur Pomponius Mêla, Solin, etc.; Biblia hebraha , Bâle, 1534-35, 2 vol. in-fol.; Grammaltca chuldaica, 1527,
in-4°; Horologiographia , 1531, in-4°; Organum uranicum , 1536, in-fol.; Cosmographia uni versa lis, 1544, in-fol., dont les cartes, gravées sur bois, sont remarquables; Aruch, Dictionnrium hebraicum , 1548, in-8°; Dictionarium chaldaïcuin , 1527, in-4°, etc.
MUNSTERBERG , v. des Etats prussiens (Silésie), régence et à 64 kil. S.- O. de Breslau, sur l’Ohlau; 3,800 hab. Tribunaux. Culture du tabac et du houblon. Fabr. de toiles, lainages, velours, cordonnerie. Source sulfureuse froide, et bains.
MUNTANER (Ramon), serviteur dévoué de la maison d’Aragon, admirateur passionné de Pierre d’Aragon, 1282, rend cependant justice à Ch. d’Anjou, dans une chronique catalane , pleine de feu, d’intérêt, de vérité, malgré de nombreuses erreurs de détail. Elle a été traduite en français dans les Chroniques de Buchon, t. v et vi.
MUNTEli ( Balthasar), prédicateur danois, né à Lübeck en 1735, in. en 1793, s’est fait un nom par plusieurs recueils de Sermons, par des Cantates spirituelles, 1769, et par des Chants religieux , 1773-74, que mirent en musique les meilleurs compositeurs du temps. Ce fut lui qui i-eçut, en 1772, la mission de préparer Struensée à la mort, et il a publié une histoire de la conversion de ce ministre, histoire traduite dans presque toutes les langues.
munter (Frédéric), fils du précédent, né à Gotha en 1761, m. en 1830, fut professeur de théologie à Copenhague en 1790, et évêque de Seelande en 1808. On lui doit; la publication des Statuts des Templiers, Berlin, 1794, qu’il avait découverts dans la bibliothèque Corsini à Rome; Histoire de l introduction du christianisme en Danemark et en Norwe'ge , Leipzig, 1823; les Symboles et les idées d’art des chrétiens , Alloua, 1825. Il eut la première idée du Musée des antiquités du Nord, créé à Copenhague.
MUNYCH1E , un des 3 ports de l’anc. Athènes, entre ceux du Pirée et de Phalère, auj. Pacha-Limani ou Stmtioliki , tirait son nom d’une colline qui faisait saillie entre Athènes et la mer, et formait une sorte de péninsule embrassant les trois ports de la ville. Cette colline était fortifiée , et sa citadelle défendait les trois ports, qu’enfermaient des murailles, pendant que d’autres fortifications, appelées les Longs Murs, les rejoignaient à la ville même, sur une loligueur de 40 stades. Le sol de Munychie était creusé de grottes naturelles ; ce qui permit (l’y construire des habitations particulières et des arsenaux pour la marine. Sur 378 loges de vaisseaux que contenaient les ports d’Athènes, celui de Munychie en renfermait 82. Les fortifications furent détruites par les Lacédémoniens après la guerre du Péloponèse, 404, et de nouveau par Sylla, 87. Parmi les monuments de Munychie étaient un théâtre, et un temple de Diane-Munychia, où l’on célébrait, en l’honneur de la déesse, des fêtes dites Munychie s, le 16 du mois Munycliion (fin de mars, avril), anniversaire de la bataille de Salamine; ou offrait à Diane des gâteaux appelés Amphiphontes (brillants de lumière), parce qu’ils étaient promenés par la ville à la clarté des flambeaux. C. P.
MUNZER, MUNCER ou MUNTZER (Thomas), fameux anabaptiste, un des chefs de la secte, né vers la fin du xve siècle à Zwickau (Misnie), m. en 1525, reçut d’abord les ordres, adopta avec passion les principes du luthéranisme, et bientôt laissa son maître en arrière. Dévoré d’ambition, il s'adressa au peuple, prêcha que Dieu ne voulait plus de souverains ni de magistrats sur la terre, acquit sur les paysans de la Souabe, de la Thuringc et de la Franconic, déjà disposés à la révolte contre les seigneurs, une immense influence que Luther essaya d’affaiblir, et les amena enfin à une guerre ouverte. A sa voix, les habitants de Mühlhausen chassèrent leurs magistrats, et le proclamèrent chef des Anabaptistes. Les seigneurs et princes de la Franconie et de la Souabe marchèrent contre lui, et massacrèrent dans une bataille sanglante près de Frankenhauzen, 30,000 fanatiques qui ’e suivaient. Munzer, arrêté dans sa fuite, fut décapité à Mühlhausen.
MUONIO, riv. d'Europe, affluent g. de la Tornéa, nait au 'ac K 1 1 pi s , et forme la limite entre la Russie et la Suède.
MUPHT1. V. mufti.
MUR, ch.-l. de cant. I Côtes-du-Nord) , arr. et à 20 kil. O. de Loudéac; 481 hab. Carrières d’ardoises.
mur , riv. d’Autriche. V. muhr.
mur-de-barrez, ch.-l. de cant. (Aveyron), arr et à 60 kil. N. d’Espalion ; 806 hab. Autrefois place forte.
MUR-I)U-I)1 ABEE. V. DI A BEE |Murdu).
MURADAL. V. Navas-dë-Tolosa.
MURA-lvOZ , partie de la Hongrie (Sza'.ad) , entre la Muhr et la Drave. Riche en céréales et en vins.
MURAILLES CONTRE LES INVASIONS DES BAR- BARES. L’idée de fermer une frontière ou uu pays par
MUR
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des murailles, pour le prémunir contre des voisins dangereux, a été mise en pratique par plusieurs nations policées de l'antiquité ; on l’attribue aux Egyptiens, mais sans certitude Sésostris éleva une muraille qui s’étendait, en ligne oblique , d’Héliopolis à Péluse , pour empêcher les Arabes nomades de rentrer en Egypte , d’où on les avait chassés. — Des colonies grecques, conduites par Miltiade dans la Chersonèse de Thrace, en fermèrent l’isthme par une muraille qui allait de Pactie jusqu’à Cardie. — Antioclius, roi de Syrie, voulant mettre à l’abri des incursions des Scythes la belle et fertile contrée de la Margiane, l’entoura d’une muraille de 200 kil. de développement, environ. — J. César, pour arrêter les Helvétiens, construisit une muraille ou retranchement entre le lac Léman et le Jura. — Parmi d’autres exemples que pourrrait fournir l’antiquité, les plus célèbres sont ceux de Trajan, d'Adrien, et de Septime-Sévère. — Trajan fit élever du Danube à la mer Noire, en ligne transversale, un rempart double ou triple, suivant les localités, tantôt en maçonnerie, tantôt en terre. Aux environs de Kustendje , où il aboutissait, on voit des restes considérables d’une partie qui était en terre. Là, il y avait trois lignes à 400 met. l’une de l’autre : la lr« a son fossé vers la Turquie; la 2e, vers la Russie; et la 3e a un fossé de chaque côté. Ces fossés ont 10 mètres de largeur et 2 de profondeur. Le parapet mesure
10 mét. d’épaisseur, et la hauteur totale des remparts, bien qu’affaissée par le temps, est encore de 3 mèt. Les parties en maçonnerie étaient en grosses pierres de taille. On trouve, de distance en distance, le long de ce rempart, des traces de vastes camps romains. — Adrien fit, entre la Bretagne romaine et la Calédonie, sur une longueur de plus de 120 kil. , un mur, partie en maçonnerie , partie en palissades et gazons, qui s’étendait de Vltuna. œstuarium (golfe de Solway) à l’embouchure de la Tynna (Tyne).
11 éleva en Germanie une autre muraille encore plus considérable, fermant tout le passage entre le Rhin et le Danube, et qui fut terminée , ou tout au moins augmentée, par ses successeurs (K. diabi.b. Mur du). — Septime- Sévère bâtit un mur qui allait de la Glota (Clyde) au Bodolria œstuarium (golfe de Forth), à 130 kil. au N. de celui d’Adrien, et sur une longueur de 45 kil. Jamais la conquête romaine, dans la Grande-Bretagne, n’a dépassé cette limite. Toutes ces murailles, élevées à si grands frais, ne purent empêcher les invasions qu’elles devaient arrêter.
muraille (Grande) de la chine. V. chine.
MURALE (Couronnel. V. Couronnes militaires.
MURANO, v. du royaume d’Italie (Vénétie), dans un ilôt du même nom , à 2 kil. N . de V enise ; 4,400 hab. Un y remarque les églises SVPierre et Sl-Donat, qui possèdent de belles peintures , ainsi que d’anciennes et célèbres fabriques de glaces et verreries de Venise , si précieuses autrefois, et toujours recherchées. A peu de distance sç trouve l'ilot de San-Michiele-di-Murano , qui possédait une abbaye de camaldules , supprimée sous la domination française.
MURAT (Henriette-Julie de Castelnau , comtesse de) , née à Brest en 1070 , m. en 1710, épousa, à l’âge de 16 ans, le comte de Murat , brilla quelque temps à la cour de Versailles, en fut exilée à la demande de Mm« de Maintenon pour un libelle qui lui fut attribué , et y revint en 1715, rappelée par le Régent. Pendant son exil, à Loches, elle composa des romans qui lui ont valu une. célébrité un peu éteinte aujourd’hui; ce sont : Mémoires de ma vie , Paris, 1097, in-12; Nouveaux conles de fées, ibid., 1698, 2 vol. in-12; le Voyage de campagne, 1699, 2 vol. in-12 ; les Lutins du château de Kernosy , Paris , 1710-1717 , 2 vol. in-12, composition gracieuse , et son meilleur ouvrage; Histoires sublimes et allégoriques , 1699, 2 vol. in-12; le Comte de Dunois , 1671, in-12, etc. La pureté du goût en est le principal mérite.
murât (Joachim), roi do Naples, sous le nom de Joachim Napoléon, ne à La Bastide-Fortunière (Lot) en 1771, m. en 1815, était fils d’un aubergiste, qui l’avait fait étudier pour être ecclésiastique. A la Révolution , il s’enrôla comme soldat, montra beaucoup d’exaltation dans les crises révolutionnaires, et perdit, comme terroriste, le grade de colonel qu’il avait obtenu à l’armée des Pyrénées-Occidentales. Réintégré en 1795, il fut aide-decamp de Bonaparte, le seconda au 13 vendémiaire dans la défense de la Convention , le suivit en Italie , et brilla dans les combats de 1796 et 1797. Sa valeur fougueuse éclata encore en Egypte. Blessé à la prise d’Alexandrie et à la bataille des Pyramides , il fit , comme général de division , l’expédition de Syrie , et se couvrit de gloire à la bataille d’Aboukir et au combat de Nazareth. Murat revint en France avec Bonaparte, commanda au 18 brumaire les
grenadiers qui dispersèrent le conseil des Cinq-Cents, et, peu après, reçut le commandement de la garde consulaire, et la main de Caroline, sœur du premier Consul. Les années suivantes signalent de nouveau sa merveilleuse intrépidité : il commande toute la cavalerie à Marengo , fait évacuer aux Napolitains les Etats de l’Eglise, et prend possession de l’ile d’Elbe. Il est nommé gouverneur de la République cisalpine, puis gouverneur de Paris, membre du Corps Législatif, maréchal d’Empire , prince , grandamiral, et grand-aigle de la Légion-d’Honneur. Lu 1805, il dirige les opérations de la cavalerie , et est un des héros d’Austerlitz. En 1806 , il est créé grand-duc de Clèves et de Berg. Commandant encore la cavalerie de la Grande Armée, il contribue beaucoup aux succès d’iéna, d’Eylau et de Friedland. Envoyé à la conquête de l'Espagne, 1808, il y reste jusqu’au moment où Joseph Bonaparte prend possession du trône. Nommé lui-même roi des Deux-Siciles, il fut proclamé le 1er août 1808 , et s’attacha ses sujets par des améliorations de toute espèce. Trop docile aux conseil» de sa femme, il voulut se soustraire à la tutelle de l’Empereur, qui lui fit sentir sa dépendance. Murat prit cependant le commandement de la cavalerie dans la campagne de 1812 contre la Russie, et montra sa bravoure ordinaireà la Moskowa et dans d’autres batailles; mais un échec qu’il reçut à Winkowo lui fit perdre toute son énergie. Chef de l’armée après le départ de Napoléon 1er, il abandonna trop facilement les magasins de Wilna, et, le 16 janv. 1813, quitta subitement l’armée pour retourner à Naples, où il croyait sa présence nécessaire. Mais au printemps de la même année , il revint faire la campagne d’Allemagne ; on le retrouve à Dresde , à VVachau, à Leipzig. Peu de mois après, se tournant contre Napoléon, il songe à garantir sa couronne, signe, en janvier 1814, un traité avec les alliés , et marche en Italie contre l’armée du prince Eugène, à laquelle son devoir et son intérêt lui ordonnaient de se joindre. Quand les alliés n'eurent plus besoin de lui, ils oublièrent leurs promesses. D’ailleurs les Bourbons réclamaient le trône de Naples, et le congrès de Vienne se montrait disposé à le leur rendre. Napoléon venait d’accomplir son merveilleux retour de l’ile d’Elbe; il avait pardonné à Murat sa conduite passée; ce prince se crut fort, appela l’Italie à la liberté, et attaqua l’armée autrichienne. Complètement défait près de Tolentino, le 2 mai 1815, il ne sut plus où se réfugier : l’Italie et la France lui devinrent également hostiles; il gagna la Corse, où, rejoint par quelques partisans, il prépara une expédition de désespoir : il en partit le 28 septembre avec 250 hommes pour conquérir son royaume. Contrarié par le temps , poussé par de» traîtres que soudoyait le gouvernement restauré de Naples, il aborda presque seul , au Pizzo , dans la Calabre , le 8 octobre, fut pris , condamné à mort par une commission militaire, devant laquelle il montra la noblesse et la dignité d’un roi, et fusillé le 13. Murat fut un des plus dignes représentants de la bravoure française , à cette époque si féconde en héros : « Jamais, au jugement de Napoléon Ier, on ne vit, à la tête d’une cavalerie, d’homme plus brave et plus brillant. » Mais , hors du champ de bataille , c’était un homme de peu de tête et de peu d’esprit; il le prouva surtout par sa défection, en 1814 : il ne comprit pas que la cause de Napoléon était aussi la sienne propre, et que, sans l’appui de la France, il ne pouvait conserver la couronne. Pour la famille de Murat, V. bona- TARTE. J- T.
murat, s.-préf. (Cantal) , à 54 kil. N.-E. d’Aurillac, sur l’Alagiion, au pied du Cantal; 2,416 hab. Tribunal de 1 re - instance , collège. Roches basaltiques, disposées comme des tuyaux d’orgues. Fabr, de dentelles, gros draps, fromages dits du Cantal (vente de 15,000 quintaux métriques par an). Comm. de grains et bestiaux. Jadis ch -1. d’une vicomté, dont Jacques d’ Armagnac, duc de Nemours, décapité sous Louis XI, fut le dernier seigneur.
murât, ch.-l. de cant. (Tarn), arr. et à 80 kil. E. de Castres ; 281 hab.
murât, vge (Allier), arr. et à 30 kil. E.-N.-E. de Montluçon , près de l’Aumances; 702 hab. Ruines d’un château des seigneurs de Bourbon.
MURATO, ch.-l. de cant. (Corse) , arr. et à 25 kil. S.- O. de Bastia; 1,069 hab. Élève de bétail.
MURATORI (Louis-Antoine) , un des plus savants historiens et compilateurs de l’Italie moderne, né en 1672, à Vignola , dans le Modénais, m. en 1750. Après de fortes études, bien que tout jeune encore, il s’était déjà fait connaître par une érudition extraordinaire, lorsqu’il fut appelé en 1694 à Milan, pour y remplir la place île conservateur de la Bibliothèque ambroisienne. Rappelé en 1700 dans son pays natal par les instances du duc de Modene, il
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exerça les fonction^ de bibliothécaire du palais ducal et de j conservateur des archives publiques. Il a enrichi la science ; historique des ouvrages et des documents les plus précieux. Au nombre de ses publications, on doit citer : Deux recueils de documents inédits de la Bibliothèque ambroisienne , Milan et Padoue , 1097-1709, 4 vol. in-4° ; Dette antickild eslensi ed italiane, Modène , 1717 , 2 vol. in-fol.; Anliquitates ilalicœ medii œoi , Milan, 1738, 6 vol. in-fol., renfermant les chartes, diplômes et chroniques depuis la décadence de l’Empire jusqu’à l’année 1500 ; Novus thésaurus veterum inscriq tiunum , Milan , 1739, 6 vol. in-fol., remarquable collection, et la plus complète de ce genre ; Annali d'Italia dalC era volyare sino ail’ anno 1749, Milan, 1744-49, et Lueques, 1702, 14 vol. in-4° ; lierum Ilalicarum scriptores prœctput ab anno 500 ad annum 1500, Milan, 1723-51, 29 vol. in-fol., ouvrage qui, par son importance et son étendue , est regardé ajuste titre comme le plus beau titre de gloire de son infatigable auteur. Les Œuvres complètes de Muratori ont été publiées à Arezzo, 1767-80, 36 vol. in-4°, et à Venise , 1790-1810, 48 vol. in-8°. D — T — r.
MURAU, v. des Etats autrichiens ( Styrie ) , sur la Muhr, à 32 kil. U. de Judenburg; 1,000 hab. Grandes forges et aciéries renommées. Peau château du prince de Sclnvarzenberg.
MURAZZANO, v. du royaume d’Italie, arrond. et à 9 kil. O. -N. -O. de Mondovi; 3,000 hab.
MURBACH, abbaye de bénédictins (Haut-Rhin), maîtresse des prévôtés de Guebwiller, de Wattewiller, et de S'-Ainariu. l'ondée en 727 au pied du vallon de Guebwiller, sécularisée en 1759 par Louis XV. Son abbé avait séance et voix à la diète de l’Empire.
MURCIE, Murciu , Arcilasis, Ver y ilia y v. d’Espagne, cap. de la prov. de son nom, sur la Ségura, à 410 kil. S. -S.-E. de Madrid; 87,800 hab. Jolie ville, admirablement située dans une belle et fertile plaine, et jouissant d’un climat doux et salubre. C’est la résidence de l’évêque de Carthagène. On y remarque : une belle cathédrale, dont la façade surtout est remarquable, et qui a été dévastée par un incendie en 1854; le palais épiscopal; le pont de la Ségura. Culture du mûrier et production de soie très-importante. Fabr. de rubans, tissus de soie, soude. Jardin botanique,
5 collèges. — Murcie, peu importante dans l’antiquité, devint, sous la domination arabe, de 1056 à 1265, la capitale d’un petit royaume formé du démembrement du califat de Cordoue. Alphonse X, roi de Castille, en chassa les Maures en 1265. Les Français la prirent en 1810 et 1812. Un tremblement de terre y causa beaucoup de désastres en 1829. — La prov. ou intendance de Murcie, formée, avec la prov. d’Albacète, de l’anc. royaume de Murcie, est située entre celles d’Albacéte au N., d’Alméria à I O., d’Alicante à l’E., et la Méditerranée au S. Ch.-l., Murcie; v. prineip. : Chinchilla, Orihuela, Lorca. Sol trèsmontagneux, arrosé par la Ségura, et très-fertile. Mines de plomb et de cuivre, salines. Climat chaud. Superf. : 11,59/ kil. carr. ; 382,812 hab.
MURE 1 la J, ch.-l. de cant. (Isère), arr. et à 38 kil. S. de Grenoble; 3,271 hab. Autrefois fortifiée. Exploit, de charbon de terre. Comm. de toiles, clous, etc. Marbrerie.
m uke (la), ch.-l. de cant. (Rhône), arr. et à 23 kil. N.-O. de Villefranche, sur l’Azergue; 1,065 hab. Toiles cretonnes, blanches et rayées.
MURELLUM, nom latin de muret.
MURENA (L.-Licinius), se signala à la bataille de Chéronée comme lieutenant de Sylla, l’an 666 de Rome, 87 av. J.-C. Laissé en Asie par celui-ci, en qualité de légat, il renouvela les hostilités contre Mithridate, malgré le traité qui venait de les arrêter, fut battu et rejeté °au delà de l’Halys, l’an 671.
mukÉna (L.-Licinius), fils du précédent, fut lieutenant de Lucullus dans la guerre contre Mit. ridate, et nommé consul l’an 691, à l’exclusion de Catilina, (récusé de brigue par Sulpieius, que soutint Caton, il fut défendu par Cicéron, dont nous avons la harangue, et acquitté. O.
MUKÉNA (Carlo), architecte, né à Rome en 1713, m. en 1791, travailla, sous Vanvitelli, au lazaret d’Ancône, et au château royal de Caserte; il fit seul, à Pérouse, le monastère et l’église du mont Üliveto ; à Rome, plusieurs chapelles dans diverses églises, le couvent des Chartreux, etc. Muréna, quoique venu dans une époque de mauvais goût, sut toujours conserver une certaine noblesse <te style dans toutes ses inventions.
MURET (Marc-Antoine), érudit, né en 1526 à Muret, prés de Limoges, m. en 1585, professa de bonne heure et avec un grand éclat les humanités à Auch, à Poitiers, à Bordeaux, où il eut Montaigne parmi ses élèves , à Paris, où l’on dit que le roi et la reine allaient l’enteudre, et d’où
le bannirent ses mauvaises mœurs. A Toulouse, il se déroba au bûcher par la fuite, changea de vie, fit des leçons publiques à Venise, à Padoue, à Rome, sur la théologie, la philosophie et le droit civil , et entra dans les ordres en 1576. Excellent humaniste, Muret n’a guère écrit qu’en latin. On estime surtout un recueil qu’il intitula l'aria; lectiones, composé de corrections, d’explications, et de commentaires sur un grand nombre de passages des jyiteurs anciens. La justesse de ses observations est relevée par un style clair, correct, élégant. Il a composé aussi des discours ou Oraisons , au nombre de 46, et trois livres de Lettres, qui sont d’une latinité remarquable ; des Juvenilia, où l’on trouve une tragédie de J. César, 10 élégies, 2 satires, 104 épigrammes, 3 épitres, 6 odes ; et des Poemata varia, qui renferment (les pièces sacrées et profanes, terminées par 1 ’fnslitutio puerilis, distiques latins, et les Sententiæ grœcœ , vers didactiques pour l’éducation de son neveu, et contenant d’excellents préceptes moraux. Ruhnkenius donna, en 1789, une bonne édition des œuvres de Muret, Leyde, 4 vol. in-8°. Elle a été fort améliorée par G. -H. Frotscher, Leipzig, 1834. J. T.
muret, Murellum, s.-préf. ( Hte - Garonne ) , à 20 kil. S.-S.- O. de Toulouse, au confluent de la Louge et de la Garonne; 2,592 hab. Trib. de lre instance. Fabr. de gros draps et de faïence. Comm. de grains et farines. Récolte de vins. Eglise remarquable. Beau pont eu fer sur la Garonne. Victoire de Simon de Montfort, en 1213, sur Pierre II, roi d’Aragon, qui fut tué. Patrie de Dalayrac.
MUREX. V. Chausse-trape.
MURFREESBOROUGH, v.des Etats-Unis (Tennessee), à 50 kil. S.-E. de Nashville; 3,500 hab. Siège du gouvernement de l’Etat, mais non chef-lieu.
MURG, riv. du gr.- duché de Bade, affluent du Rhin; cours de 60 kil. — Le cercle de Murg-et-Pfinz, un des 6 anciens du grand-duché, entre ceux de la Kinzig au S. et du Neckar au N., avait pour ch.-l. Durlach.
MURGANTIA. V. Morgantium.
MURGIS, v. d’Hispanie (Bétique), chez les Bastules Carthaginois. Auj. Alméria ou Mojacar.
MURI, vge de Suisse (Argovie), à 32 kil. S.-E. d’Aarau. Célèbre abbaye de bénédictins, fondée au xie siècle, avec une belle bibliothèque; l’abbé était prince d’Empire.
MURILLO ( Bartholomé-Esteban ), peintre, né à Séville en 1618, m. en 1682, montra un goût précoce pour la peinture, et fut confié aux soins de Juan del Castillo, son parent, bon dessinateur, mais assez mauvais coloriste. Les productions de Moya lui firent une impression extraordinaire : la générosité de Vélasquez lui fournit les moyens d’aller dans les Pays-Bas étudier aussi les ouvrages de Van-Dyek. Au bout de trois ans, Murillo retourna dans son pays, 1645, et ne tarda pas à y faire naître une admiration générale. On sentait dans son nouveau style l’influence de liibéra, de Van-Dyck et de Vélasquez; c’est sa seconde manière. Peu à peu il la modifia, et acquit cette profonde originalité qui le distingue des peintres de toutes les époques et de tous les pays. Ses chefs-d’œuvre furent exécutés entre les années 1670 et 1680 : sentiment, composition, noblesse, science anatomique, perspective, couleur moelleuse et brillante, on y trouve toutes les qualités des grands artistes. C’était un homme pieux, timide et chaste ; appelé à Cadix, pour peindre le Mariage mystique de Sle Catherine d'Alexandrie, sur le maître-autel des Capucins, il se blessa à la cuisse en descendant de l’échafaudage, et ne voulut jamais, par pudeur, montrer son mal aux médecins : il en mourut. Toutes les villes de l’Espagne, tous les musées (le l’Europe Renferment de ses tableaux; car il était fort laborieux; le Louvre en possède huit, entre autres : la Vierge au chapelet ; Jésus sur la montagne des Oliviers ; le Christ à la colonne; et surtout la célèbre Conception de la Vierge, achetée 600,000 fr. à la vente du maréchal Soult. On cite encore : à Séville, St. Thomas distribuant son bien aux pauvres. ' A. M.
MURITZ (Lac), vaste sinus ou expansion de l’Eide, dans le Mecklembourg-Schwérin ; 12,110 kil. de superf.
MU RO, Numislro, v. du roy. d’Italie (Prov. de Potenza), à 36 kil. S.-O. de Melfi; 9,364 hab. Evêché. Jeanne I1C, reine de .Naples, y fut étouffée en 1382.
muro , v. d’Espagne , dans l’ile de Majorque , à 30 kil. N.-E. de Palma ; 3,500 hab. Poterie.