KER
1799. Le pouvoir exécutif est délégué à un gouverneur élu pour 4 ans par le peuple, qui lui adjoint un lieutenantgouverneur, président du sénat. Le pouvoir législatif est exercé par une assemblée générale, composée d’un sénat de 38 membres élus pour 4 ans et renouvelés par quart chaque armée, et d’une Chambre des Représentants de 100 membres élus pour 2 ans. Tout citoyen âgé de 21 ans et résidant depuis 2 ans dans l’Etat ou depuis un an dans le comté où il doit voter, a le droit de suffrage. O.
KENTY, v. des Etats autrichiens (Gallicie), sur la rive dr. de la Sola, à 22 kil. O. de Wadowice ; 3,600 hab. Toiles et draps.
KENSINGEN , v. du gr. -duché de Bade, sur l’Elz et la Bleiche, à 14 kil. N.-N.-O. de Fribourg; 2,500 hab. Culture du chanvre. Aux environs, bains de Kurnhalden.
KEPLER ou KEPPLER (Jean), illustre astronome, né à Magstatt près de Weil (Wurtemberg), le 27 décembre 1571, m. le 15 nov. 1630. Il servit jusqu’à l'âge de 12 ans dans un cabaret qu’avait ouvert son père, ruiné par une faillite, puis fut employé aux travaux des champs , qu’il dut abandonner à cause de la faiblesse de sa constitution. Dirigé alors vers la théologie, il entra, à 18 ans, au séminaire de Tubingue. Bientôt , d’après les conseils de Mœstlin, il se livra à l’étude des mathématiques, et, à 22 ans, fut nommé professeur à Grætz (Stvrie). Mais, en 1600, les professeurs protestants étant chassés du collège, il fut forcé d’abandonner la ville ; Tycho Brahé le fit appeler à Prague. A la mort de ce savant, 1601 , Képler le remplaça comme astronome de la cour , aux appointements de 1,500 florins, qui lui furent toujours fort mal payés. Il fut ensuite professeur à Linz ; c’est de là qu’il fut appelé pour sauver du bûcher sa mère accusée de sorcellerie. Il mourut a Ratisbonne, dans un des voyages qu’il était obligé de faire pour solliciter les paiements arriérés de ses pensions, ne laissant que 22 écus, un habit et deux chemises ; les princes qu’il avait servis lui devaient 29,000 florins. Képler avait embrassé de bonne heure le système de Copernic, et désirait ardemment faire une découverte qui pût le confirmer. Copernic et Tycho Brahé avaient conservé une partie des cercles de Ptolémée, et Képler ne s’écarta pas d’abord de ces systèmes. Dans l’hypothèse des mouvements circulaires des planètes autour du soleil , admise jusqu’alors, on était obligé de placer les centres des orbites en dehors du soleil , en un point vide de matière. Képler soutint que les mouvements planétaires devaient être rapportés au centre du soleil vrai. Pour expliquer ses observations, il entreprit des calculs longs et pénibles, qui le conduisirent enfin à la vérité. Les observations de Mars, faites par Tycho Brahé, lui avaient fait reconnaître que les intersections des plans des orbites planétaires avec celui de l’écliptique sont des droites passant par le centre du soleil. 11 découvrit que les aires décrites par les rayons menés du centre au soleil sont proportionnelles aux temps, et que les courbes décrites sont des ellipses dont le centre du soleil est un foyer. Ce ne fut que le 6 mars 1618 qu’il songea à comparer les durées des révolutions aux cubes des distances ; mais une erreur de calcul ne lui permit pas de découvrir la loi ; il y revint le 15 mai suivant , et trouva enfin la proportionnalité des carrés des temps des révolutions aux cubes des grands axes. Malheureusement Képler mêlait aux plus belles découvertes de son génie des dissertations bizarres sur les idées pythagoriciennes relatives aux propriétés mystiques des nombres, à la musique des corps célestes, et d'autres sur les influences des astres, ou l’astrologie. Pour les prédictions tirées des observations astronomiques, on l’excuse en disant qu’il n’a fait que céder aux sollicitations des princes qui l’employaient et aux préjugés de son temps. Quant aux autres idées, elles sont le fruit de son imagination féconde et rêveuse. Il avait cherché longtemps les liaisons qui peuvent exister entre les distances moyennes des planètes au soleil; et il avait trouvé qu’en imaginant une suite de 6plières de rayons égaux à ceux des orbites de Merc ire, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, et circonscrivant aux cinq premières l’octaèdre, l’icosaèdre, le dodécaèdre, le tétraèdre et l’hexaèdre réguliers, chaque solide serait en même temps inscrit dans la sphère suivante. Mais les distances, mieux connues aujourd’hui, ne s’accordent pas avec les nombres qu’on tire de ces considérations géométriques ; et d’ailleurs les planètes découvertes depuis ne pourraient être classées, puisqu’il ne peut y avoir plus de cinq polyèdres réguliers. Ces essais sont bien antérieurs à la découverte de la troisième loi ; on voit par là de quelle persévérance Képler était doué pour la poursuite de la vérité. Ces idées se trouvent exposées dans son premier ouvrage : Prodrowus disserlationum cosrrograpluca-
rum , Tubingue, 1596. Après avoir déterminé les lois du mouvement des planètes, Képler était trop près de leur cause, c.-à-d. de la loi newtonienne, pour ne pas chercher à la trouver. Aussi le voit-on faire résider la force motrice dans le soleil , et comparer l’action de cette force au flux de lumière qui émane de cet astre, dire qu’il y a affection mutuelle entre les corps, et que cette attraction , qu’il assimile à celle d’un aimant , est proportionnelle à la masse. Mais on est surpris que la comparaison qu’il établit entre l’attraction et la lumière ne l’ait pas conduit à la loi de la raison inverse du carré des distances. Les notions mécaniques étaient peu avancées à cette époque, et ce fut la cause sans doute que Képler laissa à Newton la gloire de découvrir le principe de la gravitation universelle. Ces beaux aperçus se trouvent dans l’ouvrage qui a pour titre '. Astronomia nova, sive pltysica cœleslis, Prague, 1609. Képler s’est aussi appliqué à l’optique; on lui doit une théorie de la vision , des études sur la réfraction qui ne le conduisirent pas à la loi du sinus, une table de réfractions astronomiques qui donne des nombres presque exacts du zénith à 70°, et diverses explications de phénomènes qui tiennent à l’astronomie : Ad Vitellionem para lipomena, Francfort , 1604. Parmi les autres écrits de Képler, les principaux sont : De Stella nova in pede serpentant , Prague, 1606 , ouvrage où il s’agit de l’apparition d’une étoile nouvelle dans la constellation du Serpentaire et de l’étoile nouvelle du Cygne, et dans lequel se trouve aussi une dissertation tendant à prouver que le commencement de notre ère doit être reculé de 4 ou 5 ans; Dioptrica, Francfort, 1611, et Londres, 1653, où il étudie les propriétés des lentilles; Harmonia mundi , Linz, 1619, où se trouve exposée la troisième loi; De coinetis libri très, Augsbourg, 1619, où il fait mouvoir les comètes en ligne droite ; Tabula Rudolphinæ, Lllm, 1627, dédiées à l’empereur Rodolphe II , commencées par Tycho Brahé, et où l’on trouve une histoire de l’invention des logarithmes ; J. Kepleri somnium , Francfort, 1634, ouvrage publié par son fils ; il y décrit les phénomènes célestes tels qu’ils apparaîtraient à un observateur placé sur la lune. Y .
KEPPEL (Arn. J. Van), comte d'Albemarh, né dans la Gueldre en 1669, m. en 1718, fut le favori de Guillaume III , roi d’Angleterre. Après la mort de ce prince, il commanda les troupes hollandaises contre Louis XIV , fut battu et fait prisonnier à Denain , 17 12.
ICÉRAH ou KERKAII , le Choaspès ou le Gyndès des anciens, riv. de Perse, naît dans le N. du Kourdixtan, coule au S., passe à Kermanchah , entre dans le Khousistan , baigne les ruines de Suse, et se jette dans le Cliat-el-Arab, à 32 kil. S. de Corna. Cours de 600 kil.
KÉRALIO (Louis-Félix Guinement de) , littérateur français, né à Rennes en 1731, m. en 1793, suivit d’abord la carrière des armes, devint major, abandonna le service pour se livrer aux lettres, devint plus tard professeur à l’École-Militaire de Paris , enfin inspecteur des écoles militaires de France. 11 était membre de l’Académie des Inscriptions. On a de lui : une traduction abrégée du Voyage de Gmelin en Sibérie, 1767; Histoire de la guerre des Russes et des Turcs , de 1736 à 1739, Paris, 2 vol. in-12, 1772 et 1780, 2 vol. in-8°, ouvrage qui paraît avoir été fait sur de bons documents; Histoire de la guerre de 1759 entre la Russie et la Turquie , Saint - Pétersbourg (Amsterdam ) , 1773 , in-4°. Kéralio a été l’uu des rédacteurs du Journal des Savants de 1785 à 1792, et du Mercure national de 1789 à 1791. — Marie-Françoise Abeille, sa femme, née en Bretagne, a traduit de l’anglais les Fables de Gay, 1759; les Succès d’un fat, 1762; les Visites, 1772, in-8°. — Sa fille, Louise de Kéralio, née à Paris en 1758, m. à Bruxelles en 1821, a publié : une Histoire d' Elisabeth, reine d' Angleterre ; une Collection des meilleurs ouvrages composés par des femmes, 1786-89 ; plusieurs romans, et des traductions de l’anglais et de l’italien.
KERAR, v. de l’Hindoustan anglais (présidence de Bombay), dans l’anc. prov. et à 160 kil. O. N. -O. de Beydjapour, au confl. de la Krischna et de la Kiyna ; 8,000 hab.
KE RATION ou CÉ RATION, monnaie d’or du Bas-Empire. Elle fut en usage sous Constantin et ses successeurs, et valait 12 onces de cuivre, environ 3 fr. de notre monnaie.
KERBECHI , riv. d’Asie, voisine du fleuve Amour et de la ville de Nipcliou , forma, par le traité de 1689, la limite entre la Chine et les possessions russes (Sibérie).
KERBOGATH ou KORBOUGHA. V. Barkiaroic.
KERCOLAN ou TOLOUR, île de la Malaisie, dans l’archipel Salibabo; 140 kil. de tour. Occupée d’abord par les Hollandais , qui en furent chassés vers 1773 par les habitants de Mindanao.
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