‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 173 sur 864 · NAK · texte numérisé non relu

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et des sources. On les représente couronnées de roseaux, et penchées sur une urne versant de l’eau. En général, les mythologues les donnent comme filles de Jupiter et mères des Satyres. On leur ollrait des agneaux et des chèvres, ou du lait, du vin, de l’huile, du miel, des fleurs et des fruits.

NAIGEON | Jacques-André), littérateur, né à Paris en 1738, m. en 1810, ami de d'Holbach et disciple de Diderot, se fit remarquer par son âpre ténacité dans ses opinions philosophiques, et laissa la réputation d'un athée fanatique et d’un pédant ridicule. Propageant ses doctrines en se traînant sur des idées d’emprunt, il publia : le Militaire j philosophe , ou Difficultés sur la religion, proposées au P. Malebranche, Londres | Amsterdam!, 1788, in-12, ouvragedont le dernier chapitre est de d’Holbach ; une traduction du Traité de la tolérance dans la relir/ion, ou de la Liberté de conscience, par Crellius, 1769, in-12 ; le Dictionnaire de philosophie ancienne et moderne, dans l’ Encyclopédie méthodique, véritable arsenal d'athéisme, 1791-94, 3 vol. in-4° ; Recueil philosophique, ou Mélanges de pièces sur la religion et la morale, 1770, 2 vol. in-12 ; des Notes critiques sur la traduction de Sénèque par Lagrange ; des Mémoires historiques et philosophiques sur la vie et les ouvrages de Diderot , publiés dans une édition de cet auteur, 1823 ; une édition des Essais de Montaigne, Paris, 1802, avec un commentaire; une Collection des moralistes anciens, avec un Discours préliminaire et une traduction du M muel d’Epictète, 1782 ; des notices sur La Fontaine, Racine, etc. 11 passe pour le collaborateur de Kaynal dans l Histoire philosophique des deux Indes. V. Dainiron, Mémoire sur Naigeon, Paris, 1857, in 8°.

NAlLLAC (Philibert de), 33e grand-maître de l’ordre de Sl-Jean de Jérusalem, 1383-1421, secourut Sigismond, roi de Hongrie, contre le sultan Bajazet 1er, prit part à la bataille de Nie.opolis en 1396, assista au concile de Pise en 1409, et tint, l’année même de sa mort, un chapitre-général de l’Ordre pour le rétablissement de la discipline et des finances.

NA1LLOUX, ch.-l. de cant. (Hl,-Garonne), arr. et à 12 kil. S -O. de Villefranche ; 827 hab.

NAIM, v. de Palestine (Galilée), dans la tribu d’Issacliar, au S.-E. de Nazareth, près du mont Thabor et du torrent de Cison. Jésus y ressuscita le fils d’une veuve.

NAIMANS, tribu de Mongols, dans la Mongolie orientale, sur les bords du Tourghen et de la Lokka.

NAIN, établissement des Frères Moraves, sur la côte E. du Labrador, par 56® 24’ lat. N. et 64° 8’ long. O.

NA1KE, nom donné par les Hindous aux personnages nobles et aux officiers d'un grade supérieur.

NA1UN, v. d’Ecosse, capitale du comté de son nom, sur la Nairn, à son embouchure dans le golfe de Murray, à 267 kil. N. d’Edimbourg; 3,827 hab. Maisons vieilles et rues étroites. Bains de mer. Port pour la pêche. Près de là est le château de Cawdor, qui donnait le titre de thane â Macbeth, et donne auj. celui de comte à une branche de la famille Campbell. — Le comté, au N.-E. de l’Ecosse, entre le golfe de Murray au N., les comtés d'Elgin à l’E., d'Inverness au S. et à l’O., comprend aussi quelques enclaves situées dans les comtés de Ross, d’Inverness et d'Elgin ; 51,840 hect.; 35 kil. sur 13; 10.065hab. Il comprend 7 paroisses. Sol montagneux, excepté sur la eô:e. Peu d’industrie.

NA1SSUS, auj. Nisch ou Nissa , v. de la Mésie supérieure, au S. L’empereur Claude II y battit les Goths, en 269. Patrie de Constantin.

NAlX, vge (Meuse), sur l’Ornain, arr. et à 24 kil. S.-E. de Bar-le-Duc; 392 hab. C'était une ville importante sous les rois Francs, élevée sur les ruines de l’antique Natium, cité des Leuci.

NA.1AC, ch.-l. de cant. (Aveyron), arr. et à 19 kil. S.-S. -O. de Villefranche; 1,514 hab. Comm. de jambons renommés, serges, toiles, etc.

NAJERA , v. d’Espagne (Vieille-Castille), prov. et à 24 kil. U. de Loy rmo, sur la Najerilla, affinent de l’Ebre ; 2,800 hab. On y .^marque l’église de Sle-Marie , où se trouvent les tombeaux de plusieurs rois et princes do Navarre. Cette ville fut, aux xe et xte siècles, la résidence des rois de Navarre, qui prirent même alors le titre de rois de Pampelune et Najera. Elle passa sous la domination de la Castille, puis sous celle de l’Aragon. Prés de là fut livrée, en 1367, une bataille, dite aussi de Navarette , où Du Guesclin fut vaincu et pris par le Prince Noir et Pierre le Cruel.

NAJERAN ou NEDJERAN , Nagara de Ptolémée, ch.-l. d’une petite principauté d’Arabie (Yémen), au N. de Sana.

NAKCHAB. V. Karchi.

NAKCHIVAN , anc. Naxuana, v. de la Russie d’Asie (Région caucasienne), située dans le gouvernement et à 140 kil. S.-E. d’Erivan , près de l’Aras; 6,200 habit, (jadis 200,000). Archevêché catholique: école arménienne. Récolte de céréales, riz, millet, fruits, lin, coton, soie. Exploit, d’alun, vitriol, pierres à fusil, pierres meulières. Cette ville a beaucoup souffert des guerres entre les Persans et les Russes, et d’un tremblement de terre en 1840.

NAKHI TSCHEVAN, v. de la Russie d’Europe (Iékatérinoslav), à 112 kil. E. de Taganrok, 10 N.-E. de Rostov, sur la rive dr. du Don; 14,000 hab. Résidence d’un évêque arménien. Fabr. de tissus de soie et de coton. — Des Arméniens de Crimée la fondèrent en 17r.O.

NAKIB, c.-à-d. en arabe chef Le Nahib elachrnf a seul le droit de porter l’étendard du prophète , quand il est transféré du Serai au camp impérial. Ce titre a une grando importance à Constantinople. D.

NAK-KOV, v. de Danemark, bon port sur la côte E. de l'ile de Laaland, à 22 kil. N.-O. de Mariboë ; 3,687 hab. Commerce de grains.

NAMAQUOIS, peuple hottentot qui habite le S. de l’Afrique, le long de l’océan Atlantique, depuis le Kuisip au N. jusqu’à l'Orange au S. Les missionnaires anglais y ont fondé, pour les convertis, les stations de Rehoboth, Rersaba, Nabis, etc. C. P.

NAMAZ, signifie prière en turc (en arabe, salat). Les Musulmans sont obligés de la faire cinq fois par jour : le matin, à midi, l’après-midi, au coucher du soleil, et en se mettant au lit. D.

NAMEN, nom flamand de Namttr.

NAMGHAN, v. du Turkestan indépendant, dans le khanat et à 270 kil. N.-O. de Khokand. Récolte de fruits.

NAMNÈ1ES, peuple de la Gaule celtique (Lyonnaise IIIe |, entre les Redones au N., et les Pictones au S., dont le Liger le séparait; ville : Condivicnum ou Namnetes (Nantes|. Le pays des Namnètes fait auj. partie du département de la Loire-Inférieure.

NAMSI.AU, v. des Etats prussiens (Silésie), sur la Weidde, à 53 kil. S.-E. de Breslau ; 3,800 hab. Tribunaux. Fabrique de draps, toiles, cordonnerie, quincaillerie, tabac, etc. Commerce de bestiaux. Château royal.

NAMUR, en flamand N amen, en latin Namurcum, v. forte de Belgique, au confl. de la Sambre et de la Meuse, dans une belle et fertile contrée, à 55 kil. S.-E. de Bruxelles; par 50* 28’ 3” lat. N., et 2° 30' 52" long. E. ; 26,200 hab. Ch.-l. de la prov. de son nom. Evêché suffragant de Mnlines, érigé en 1559. Trib. de lre instance et de commerce. Collège Notre-Dame-de-la-Paix , dirigé par les Jésuites. Athénée ; écoles de sourds-muets, de minéralogie, de dessinée musique; écolenormale primaire. Bibliothèque. Pénitencier central de femmes. On remarque la cathédrale, bâtie eu petit sur le modèle de S'-Pierre de Rome, et qui renferme le tombeau de DonJuan d’Autriche, l’église s1- Loup; l’hôpital d’Harscamp. Succursale de la Banque nationale. Fabr. de coutellerie renommée, ouvrages en fer et en acier, armes à feu, fonderies, tréfileries, verreries, tanneries. Exploit, de houille. Trois cliem. de fer. — Au Xe siècle, cette ville était la capit. d’un comté indépendant et héréditaire, qui passa, en 1196, dans la maison de Hainaut, eu 1263 dans celle de Flandre, et, en 1421, dans celle de Bourgogne. Namur fut fortifié par Cohorn en 1691 , pris en 1692 par Louis XIV, repris par Guillaume III en 1695 ; les Français s'en emparèrent encore eu 1701, 1746, 1792 et 1794. Ce fut jusqu'en 1814 le ch.-l. du département français de Sambre-et-Meuse.

namur (Comté de), une des 17 prov. de l’anc. cercle de Bourgogne, entouré par l’évêché de Liège, le duché de Brabant et le Hainaut, comprenait Namur, Charleroi, Charlemont , Givet, Bouvines, Marienbourg, Walcourt, F'ieurus, Moutiers , etc.

namur (Province de), division administrative du roy. de Belgique, au S., entre le Brabant méridional au N.-O., le Hainaut à l’O. , la France (Ardennes ) au S., le Luxembourg et la prov. de Liège à l’E. ; 366,181 hect.; 86 kiL sur 62; 304,260 hab. Ch.-l., Namur; v. prineip.: Dinant, Philippeville. Arrosée par la Meuse et la Sambre. Agriculture avancée : grains, pommes de terre, houblon, tabac, chanvre, lin. Elève de bétail, surtout de porcs. Exploitation active de fer, houille, plomb, marbre, ardoises, etc. Fabr. de fonte, ustensiles eu cuivre, quincaillerie, couteliers, poterie, verrerie, glaces, produits chimiques.

NAN , mot chinois indiquant une position méridionale : Nan Iring, résidence du sud.

NANAS, v. de Hongrie, dans le pays des Haydouks, à 45 kil. N.-O. de Debreczin; 7,000 hab.

NANÇAY, vge (Cher), arr. et à 36 kil. N.-O. de

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Bourges ; 1,163 hab. Ane. seigneurie du Berry, qui passa, en 1371, à la famille de La Châtre, et fut érigée en comté en 1609.

NANCY, Nanceium, ch.-l. du département de la Meurtlie, à 318 kil. E. de Paris, 353 par chemin de fer, sur la rive g. de la Meurthe, et sur le canal de la Marne au Rhin; par 48° 4P 31” lat. N., et 3° 51’ long. E.; 49,993 hab. Evêché suffragant de Besançon; Cour impériale; tribunaux de lrc instance et de commerce ; chambre de commerce. Ch.-l. de l’arrond. militaire de l’Est, d’une Académie universitaire; facultés ne droit, des lettres et des sciences, école de médecine et de pharmacie, école forestière, lycée, institut de sourds-muets, de jeunes aveugles, école^ normale primaire, école de dessin et de peinture. Dépôt de mendicité. Ch.-l. de la 22® légion de gendarmerie et du 4' arrondissent, forestier. Académie des sciences, lettres et arts; société d’agriculture. Bibliothèque publique. Musée de peinture, jardin des plantes, cabinet d’histoire naturelle. Cette ville, placée dans une charmante situation, entourée de coteaux boisés, enveloppée d’un côté par le chemin de fer de l’Est , de l'autre, par celui de la Meuse au Rhin, est une des plus grandes, des plus riches et des plus belles de France. Elle se divise en deux parties ; la ville vieille, bâtie irrégulièrement, formée de rues assez mal percées, et où sont les restes du palais des ducs de Lorraine, servant anj. de caserne à la gendarmerie, l’église Sl-Epvre , l’église gothique des Cordeliers, contenant les tombeaux des dues de Lorraine, ainsi que le mausolée de Philippe de Gueldre, chef-d’œuvre de Ligier-Richier, etc.; la ville neuve, dont les rues sont larges et régulières, et qui renferme : plusieurs belles promenades; la cathédrale, édifice moderne dans le style italien ; la place de la Carrière , plantée d’arbres au milieu , et bordée par l’hôtel de la Préfecture, dit palais du gouvernement , la Bourse et le Palais-de-Justice, et à l’extrémité, un bel arc de triomphe ; la place d’ Alliance et son obélisque ; la place Stanislas, avec une statue de bronze du roi Stanislas, érigée en 1831, et où se trouvent l’évêché, '’hôtel-de-ville, et le théâtre; les portes S1 Jean, Stanislas, Sle-Catherine ; l’église Notre-Dame-de- Bon-Secours, avec le tombeau de Stanislas et celui de sa femme ; l’église Sl-Sébastien , richement sculptée; la chapelle Sl-Jean , reste d’une commanderie des Hospitaliers. Dans le local de la Cour impériale, on conserve la tente de Charles le Téméraire, prise par les Lorrains en 1477. Fabr. importante et renommée de broderies sur tissus de lin ou de coton, dans la ville et les campagnes environnantes. Filât." de laine et de coton ; toiles métalliques, chapeaux de paille, bonneterie, ganterie, quincaillerie, ébénisterie; boules vulnéraires de fer; fabr. d’instruments d’agriculture, de musique, cordes à boyaux, couleurs, vernis, bleu de Prusse, produits chimiques, amidon; tanneries, chamoiseries, teinture de cotons filés. Comm. de vins, grains, cuirs, bois et planches, etc. Succursale de la Banque de France. — Nancy, importante dès le xil* siècle, devint la capitale de la Lorraine et la résidence de ses ducs. Prise en 1475 par Charles le Téméraire, elle fut perdue l’année suivante. Charles, venant l’assiéger de nouveau, périt sous ses murs â la bataille dite de Nancy, le 5 janvier 1477. Louis XIII s’en empara en 1633, et Louis XIV en 1670; on détruisit alors les fortifications. Patrie de Callot, du P. Maiinbourg, du journaliste Hoffmann, de Mathieu de Dombasle, dont la statue en bronze par David d’Angers orne une place de son nom ; du général Drouot, dont la statue de bronze, également due à David d'Angers, est sur le cours Léopold ; du peintre Isabey, du dessinateur Grandville. B.

NANDODE, v. de l’Hindoustan anglais (Bombay), dans l’anc. Goudjérate, à 95 kil. N.-E. de Surate. Ch.-l. du Kandeisch.

NANElv , fondateur du nanékisme ou religion des Seikhs , né en 1469 à Talwendy , dans le Lahore , m. en 1539. Après avoir occupé quelque temps des emplois publics, il se mit à prêcher dans toute l’Inde , et laissa pour code religieux VAdi-Granth , espèce de compromis entre le brahmanisme et l’islamisme. La ville d’Amretsyr fut le cenfre du nanékisme et la résidence du pontife de cette religion.

NANGASAKI ou NAGASAKI, v. du Japon, capitale de l’ile de Kiou-siou ou Ximo, avec un bon port sur la côte S.-O. ; par 32» 45’ lat. N. et 127» 31’ 36" long. E, ; 50,000 hab. Entourée de montagnes. Elle est divisée en 2 parties : l’une , appelée Ursimalz ou ville intérieure , est composée de 26 rues , toutes irrégulières ; l’autre, nommée Sottomaz (ville extérieure ou faubourgs) , contient 61 rues. L’empereur y possède 5 janagura , vastes maisons de bois au N. de la ville. Avant 1854, c’était le seul point du pays acces-

sible aux étrangers, chinois et hollandais seulement; encore ces derniers étaient enfermés dans la petite île de De-ima, et le nombre des navires admis chaque année était fixé à 10 jonques chinoises et 2 bâtiments hollandais. De 1854 à 1858, les Anglais, les Américains, les Français, les Russes, les Portugais, y furent reçus. Nombreux temples et palais. Exportation de cuivre, so e, camphre, porcelaine, ouvrages en laque. Importation de sucre, peaux, zinc, étain, plomb, soieries, et lainages.

NANGlS, Nangiucum , ch.-l. de cant. (Seine-et-Marne), arr. età32kil.O de Provins; 2,224 hab. Marchés impor* tants pour les bestiaux , volailles, fromages de Brie. Ane. marquisat. 11 y avait un château , dont deux grosses tours subsistent encore. Les Russes y furent battus , le 17 février 1814 , par Kellermann et Gérard.

nangis ( Guillaume de ). V. geileaume.

NAN-HIOUNG, v. de Chine (Kouang-Toung) , à 235 kil. N.-E. de Canton. Ch.-l. du département de son nom.

NANI (J. -B. -Félix-Gaspard) , historien, né à Venise en 1616, d’une famille patricienne, fut ambassadeur en France de 1643 à 1668, remplit diverses missions en Allemagne, et devint procurateur de SMVIarc, historiographe, bibliothécaire et archiviste de la république. On a de lui : htoria délia republica Venela, 2 vol. in-4°, trad. en français par Tallemant, Paris, 1679-80, 4 vol. in-12, et par Masclary, Amst. , 1702,2 vol. in-12, et qui va de 1613 à 1671, histoire bien conçue , écrite avec méthode et clarté , mais partiale et mêlée de harangues à la manière des anciens. Elle fut continuée par Michel Foscarini et Pierre Garzoni.

NAN1NI (Jean-Marie J, un des plus savants compositeurs de l’école romaine , né vers 1540 , m. en 1607 , a principalement cultivé la musique sacrée. Ses œuvres méritent d'être placées immédiatement après celles de Palestrina.

NAN-KANG, v. de Chine (Kian-si) , à 100 kil. N. de Nan-tchang. Ch.-l. du département de son nom.

NAN-KING ou NANKIN , c.-à-d. cour du sud, en chinois Kiang-Ning ou Kin-ling , v. forte de Chine, port pour gros bâtiments , sur la rive g. du Yang-tsé-Kiang; anc. capitale de la Chine, ch.-l. de la prov. de Kiang-sou et du département de son nom, à 900 kil. S. -E.de Pékin, avec lequel elle communique par le canal Impérial ; par 32° 4’ 40” lat. N. et 116® 27.’ long. E; 500,000 hab. Cité considérable, mais pleine de ruines ; déchue depuis la translation des 6 grands tribunaux à Pékin en 1363 , mais conservant encore son importance de ville savante et commerciale. Evêché catholique. Beaucoup d’écoles et de lettrés; bibliothèques ; nombreuses imprimeries ; fabr. de soieries , satins unis et à fleurs, tissus de coton jaune dits nankins , ouvrages en laque, porcelaine, encre de Chine, papier. On remarque ses temples, surtout celui où est la fameuse tour, dite de porcelaine, à 8 pans et 9 étages, haute de 65 mèt., et toute garnie de plaques de faïence de couleurs variées. — Jadis résidence méridionale des empereurs de la dynastie des Ming, Nankin fut pris par les Mandchoux en 1645; les Anglais, après l’avoir bombardé en 1842 , y conclurent le traité qui leur donna l'île de Hong-Kong, et leur ouvrit le commerce des ports de Canton , Ernouy, Ning-Po, Fou- Tchéou , et Shang-Hni.

NANNETODURUM , nom latin de Nanterre.

NAN-NGAN, v. de Chine (Iviang-si| , sur le Tchang , ch.-l. du département de son nom. Grand commerce.

NANNI (Jean). V. Annius de Viterbe.

nanni (Dominique de). V. burchiello.

NANNONI (Angelo), chirurgien, né en 1715 à Jussa (Toscane), m. en 1790, commença très-jeune l’étude de la chirurgie sous Antoine Benevoli, et voyagea en France, où il reçut des leçons de Le Cat. Nommé chirurgien en chef de l’hôpital de Ste-Marie-Neuve de Florence, il acquit une grande réputation comme praticien. On a de lui plusieurs Mémoires sur le traitement de la fistule lacrymale, les anévrismes du pli du bras, l’opération de la taille, et un ouvrage intitulé : Délia simplicita del medicare, Florence, 1761-1767, 3 vol. in-8®. D— o.

nannoni ( Laurent), fils du précédent, né à Florence en 1749, m. en 1812, était fort jeune lorsque le grand-duc de Toscane le fit voyager à ses frais en Europe pour étudier la chirurgie, qu’il revint pratiquer à Florence avec beaucoup de succès. Il a laissé, entre autres ouvrages, un Mémoire sur le traitement de l’hydrocèle, Londres, 1779, in-12. D — g.

NANSOUTY (Etienne-Marie- Antoine Champion, comte de), né à Bordeaux en 1768, m. en 1815, élève de l’école de Brienue, entra au service en 1785, fit les campagnes d’Allemagne sous Moreau, de Portugal sous Leclerc, et de Hanovre sous Mortier, et parvint au grade de général de division eu 1803. II était excellent officier de cavalerie.

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A la tête des cuirassiers, il exécuta des charges décisives à Austerlitz, Eylau, Friedland, Essling, Wagram. Colonel-général des dragons en 1812 , il fut blessé à la Moskova ; puis il commanda la cavalerie de la garde impériale et de l'armée à Leipzig, déploya la plus grande activité pendant la campagne de 1814 , à Champaubert, Montmirail, Craonne;se rallia aux Bourbons en 1814, et fut nommé capitaine-lieutenant des mousquetaires.

NANT, c.-à-d. ruisseau en celtique. De là les noms de Nantes, Nantua, Nanterre, Nanteuil, etc.

Nant, ch.-l. de cant. (Aveyron), arr. et à 29 kil. S.-E. de Milhau ; 1,460 hab. Jadis fortifié.

NANTERRE, Nannetodurum , brg (Seine), arr. et à 16 kil. S. -O. deS*-Denis, 12 kil. O. de Paris, au pied du mont Valérien; 3,157 bab. Autrefois fortifié, il fut brûlé par les Anglais en 1346. Patrie de Sle-Geneviève et du conventionnel Henriot. Comm. de gâteaux communs renommés. Abattoir à porcs pour Paris. Fabr. de colle forte, noir animal, produits chimiques. Exploit, de pierres à bâtir, peu estimée. Tous les ans, le lundi de la Pentecôte, on couronne une rosière à Nanterre.

NANTES, Condivienum , Namnetes , ch.-l. du département de la Loire-Inférieure, à 391 kil. S.-O. de Paris, 427 par le chemin de fer d’Orléans, sur la rive dr. de la Loire, qui s'y divise en plusieurs bras, au confluent de l’Erdre et de la Sèvre Nantaise, et à 55 kil. de l’Océan; par 47° 13' 8” lat. N., et 3° 53' 18" long. O. ; 111,956 hab. Evêché suffragant de Tours ; église calviniste. Siège de la 15e division militaire, de la 6e légion de gendarmerie, et d’un sous-arrondissement maritime. Directions d’artillerie, des subsistances militaires, et des douanes. Tribunaux de lre instance et de commerce. Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie; école préparatoire des sciences et des lettres ; lycée; école d’hydrographie, institutde sourdsmuets. Sociétés académique, industrielle, des beaux-arts, et d’agriculture. Bibliuthèque; musées d’histoire naturelle, de tableaux et d’antiquités ; jardin botanique ; dépôt d’étalons. Succursale de la Banque de France, chambre et bourse^de commerce, manufact. de tabacs. Dépôt de mendicité. Abattoir immense. La ville est généralement bien bâtie, bien percée, et remarquable par la régularité de ses places publiques et de ses constructions, surtout dans le quartier Graslin, les îles Gloriette et Feydeau, et le faubourg de la Fosse; plusieurs vieux quartiers sont laids et sales. La cathédrale de S '-Pi erre renferme le magnifique mausolée de François II, duc de Bretagne, et de Mai guérite de Foix, par Michel Columb. On doit citer encore le château, anc. résidence des ducs de Bretagne, la tour du Bouffay, l’hôtel de ville, l’hôtel de la préfecture, l’hôpital de St-Jacques, la halle au blé, une très-belle Bourse, le magnifique passage Pommeraye, le Palais-de-Justice, le théâtre, les cours S*-Pierre et b'-André, ornés, le 1er des statues d’Arthur III et d’Anne de Bretagne, le 2e de celles de Duguesclin et d’Olivier de Clisson, le cours Napoléon, où s’élève depuis 1848 la statue de Cambronne, et le quai delaF’osse, planté d’arbres. Construction de navires en bois ou enfer, de machines à vapeur ; raffineries de sucre, conserves alimentaires; fonderies de fer et de cuivre, fabr. d’instruments de mathématiques et de marine, toiles à voiles, futaine, quincaillerie, produits chimiques, raffineries de sucre et de sel , savons , vinaigres , distilleries , tanneries ; filatures de coton , minoteries corderies, préparation de conserves alimentaires, etc. Nantes, entrepôt général des vivres et munitions pour la marine, approvisionne les ports de Brest, Lorient et Rochefort. Elle arme pour la pêche de la morue à Terre-Neuve et au Cap-Breton, et pour celle de la baleine dans les mers du Nord. Ses relations cummerciales embrassent l’Amérique, l’Afrique, l’Inde et la Chine ; le mouvement annuel est de 8,000 bâtiments environ (entrée et sortie). Son port s’étend sur une longueur de 2,000 mèt., et peut contenir plus de 200 navires; le peu de hauteur de la marée oblige les bâtiments chargés de plus de 200 tonneaux à déposer une partie de leur cargaison à Paimbœuf , au Pellerin , ou à Sl-Nazaire. Comm. considérable de grains, farines, légumes secs, biscuits de mer, laines, cuirs, meubles, denrées coloniales. — Nantes, comprise dans la confédération armoricaine, puis capitale du duché de Bretagne et du comté de Nantes, fut saccagée par les Normands en 834, 853, 859. XJn incendie la consuma en 1118. Elle résista aux Anglais en 1343, et repoussa l’armée vendéenne en 1793. Pendant la Terreur, elle endura les violences de Carrier. Patrie de Cassard , Cacault , Bolfrand , Lacroze. B.

Nantes (Edit de), célèbre édit rendu par Henri IV, en avril 1598, et qui mit un terme aux guerres de religion. Cet édit accordait aux protestants la liberté de conscience

et l’exercice public de leur culte , excepté dans les résidences royales, la jouissance de tous les droits de citoyen, l’admission aux emplois publics , une chambre mi-partie dans chaque parlement pour juger les procès entre calvinistes et catholiques, le droit de tenir des synodes tous les trois ans, de lever des taxes annuelles pour l’entretien de leurs temples, enfin des places de sûreté, La Rochelle, Montauban , Cognac , etc. La révocation de cet édit par Louis XIV, le 17 octobre 1685 , fit sortir de France un grand nombre de protestants, qui allèrent porter leur industrie et leurs richesses en Angleterre, en Hollande et en Prusse ; car ordre était donné de démolir les temples, les calvinistes recevaient défense de se réunir pour pratiquer leur culte. — La révocation de l’édit de Nantes tomba en désuétude sous la Régence, qui laissa le pasteur Antoine Court (F. ce nom ) réorganiser en France les églises protestantes.

nantes a Brest (Canal de). Il commence sur la Loire à Nantes, traverse le département de la Loire- Inférieure, passe à Redon, à Napoléonville (Morbihan), à Châteaulin (Finistère), et finit à l’embouchure de l’Aulne dans la rade de Brest. Commencé, en 1806, ouvert en 1823, il a coûté 45,646,667 fr. ; longueur, 374 kil.

NANTEUIL (Robert), peintre au pastel et graveur, né à Reims en 1630, mort en 1678 , reçut une pension de Louis XIV, avec le titre de graveur et dessinateur de son cabinet. Ses portraits au pastel et au crayon noir sont perdus pour la plupart; mais ses gravures, dont on a plus de 250, le placent au premier rang des artistes français. Le style en est ferme, quoique moelleux, le travail extrêmement pur et fini; personne n’a mieux rendu les couleurs différentes des étoffes et des chairs. Ses chefs-d’œuvre sont les portraits d’Arnaud de Pomponne, de Mazarin, de Turenne, du marquis de Castelnau. B.

nanteuil-i-e-hatidouin , ch.-l. de cant. (Oise), arr. et à 19 kil. S.-E. de Senlis, sur la Nonette; 1,470 hab. Il avait autrefois le titre de comté, et appartint aux princes de Condé. Comm. de grains et farines, tuileries, corderie, passementerie.

NANTIAT , ch.-l. de cant. ( IIle-Vienne) , arr. et à 17 kil. S.-E. de Bellac; 242 hab.

NANTILDE ou NANTICHILDE , reine de France, femme de Dagobert , fut mère de Clovis II , au nom duquel elle gouverna avec le maire du palais Ega, et mourut en 642.

NANTUA , Nanluacum , s.-préf. (Ain), à 45 kil. E. de Bourg , dans une étroite vallée et sur le bord du lac du même nom; 3,164 hab. Tribunal de lre instance, collège. Elle se forma autour d’un monastère fondé, en 671, par saint Amand. Nantua dépendait du Bugey. Exploitation de pierres lithographiques. Fabr. de toiles, calicots, percales, tabletterie, quincaillerie, souliers, papier, etc. Scieries hydrauliques. Pêche d’excellentes truites dans le lac, qui a 2,680 hect. de superficie. Entrepôt de vins et de grains entre la France et la Suisse.

NANTUATES, peuple de la Gaule (Alpes-Pennines-et- Grées), au S. du lac Léman, au N.-E. des Véragres; ville principale : Tamara ou Tarnadœ (auj. S'-Maurice). Leur pays est compris dans le département de Haute-Savoie et | dans la Suisse (Valais).

NANTUCIvET, v. des Etats-Unis (Massachusetts),

I ch.-l. du comté et sur la côte N. -O. de l’ile du même nom, port de pèche important, à 197 kil. S.- S.-E. de Boston; 6,000 hab. — L’île offre de dangereux bas-fonds sur la côte S.-E.; par 41° 16’ 56” lat. N. et 72® 26’ 36” long. O. Elle a 12,000 hect. de superf.

NANTWICH , v. et paroisse d’Angleterre , comté et à 28 kil. S.-E. de Chester, sur la Wever;' 5,400 hab. Fabr. de souliers, gants, fromages. Aux environs, sources salées et riches mines de sel gemme.

NAN-YANG , v. de Chine (Ho-nan) , à 300 kil. S.-O. de Khaï-foung. Ch.-l. du département de son nom.

NAPAR1S, anc. riv. de la Dacie, affl. du Danube , que l’on croit être la Jalomnitza, la Prouva ou VArdjicli.

NAPATA , v. d’Ethiopie, sur le Nil , capitale de la reine 'Candace, fut prise et rasée , l’an 22 av. J.-C. , par Pétronius, préfet d’Egypte. On croit qu’elle était située entre Ipsamboul et Wady-halfa , et que Candace bâtit une autre Napata plus au S., au lieu où est le village de Mérawi, près du Djebel-Barkal. Etienne de Byzance, au vi® siècle, mentionne les Napatéens. C. P.

NAPEES , nymphes qui présidaient aux bosquets et au* vallons.

NAPIER, mathématicien. V. Neper.

NAPIONE (Ch.-Ant. Gaeeani), officier piémontais, né

N AP

N AP

à Turin, nevôulut pas reconnaître la domination française, passa en Portugal vers 1800 , y reçut la direction de l’arsenal de Lisbonne , alla au Brésil avec la famille royale en 1807 , créa une fabrique de poudre à Rio-Janeiro , introduisit des procédés nouveaux pour l’exploitation des mines de fer, et mourut en 1814.

nafione | J. -Fr. galeanî , comte de ] , littérateur, frère du précédent , conservateur des archives royales de Sardaigne, m. vers 1810, a laissé : Essai sur la patrie de Colomb, qu’il fait naître dans le Montferrat; Essai sur l'art historique , où il reproduit les idées des écrivains français , Rapin, Dalembert, Hénault; Usage et qualités de la langue italienne, où il détourne les Piémontais, ses compatriotes, d’écrire en latin et en français; sur l'origine de l'ordre de de St- Jean de Jérusalem , qu’il prétend avoir été fondé par le Piémontais Gérard d’Asti; divers Mémoires insérés dans la Collection de l’Académie royale de Turin ; la Griselda, tragédie. Ses Œuvres ont été réunies à Florence , 16 vol. in-8®.

NAPLES , en italien Napoli , anc. Parlhenope , puis Neapolis , ville du roy. d’Italie, anc. capitale du roy. des Deux-Siciles, du roy. de Naples en particulier, et de la prov. de Naples, sur le golfe de son nom, à 205 kil, S.-E. de Rome, 1,783 kil. de Paris; par 40“ 51' 47" lat. N., et 11° 54' 57" long. E. ; 447,063 hab. Résidence du préfet et du commandant-général' des prov. napolitaines. Archevêché. Cour suprême, cour d’appel, tribunaux civil, criminel et de commerce. Université royale, fondée en 1224 par l’empereur Frédéric II; lycée royal, lycée archiépiscopal. Collège royal de médecine et de chirurgie; école d'application des ponts-et-ehaussées ; collège royal militaire poulies officiers, école militaire pour les sous-officiers ; écoles vétérinaire, de sourds-muets, de dessin, de paléographie. Institut royal des beaux-arts; collège royal de musique; collèges de demoiselles nobles et de filles de fonctionnaires publics. Société royale dite nationale, composée des Académies des sciences, d’archéologie, et des beaux-arts. Société royale d’encouragement. Bibliothèques nationale, Brancacciana, de l’Université, ducouvent de S*- Jérôme, etc. Musée royal dit des études, comprenant 5 collections : de statues et d’inscriptions; d’antiquités égyptiennes, étrusques, et de peintures d’Herculanum ; de bronzes, de pâtes ■de verres ; de médailles, objets précieux, et curiosités du moyen âge; des manuscrits d’Herculanum. Etablissement de Pétrarsa pour la construction des machines à vapeur. Riches archives du royaume , où ont été réunies celles des abbayes du Mont-Cassin, de Monte- Yergine , et de Cava. Dépôt royal topographique , avec cartes, plans en relief et collections diverses. Imprimerie royale ; atelier royal pour la taille des pierres précieuses ; observatoire , monnaie, manuf. de tabacs. Très-riche jardin botanique. Arsenal, fonderie de canons, atelier de constructions militaires. Chantiers de construction et hôpital central de la marine royale. Maison de travail pour les pauvres, dite Reclusorio ou Real albergo de' Poviri; hôpitaux de San-Gennaro, des Incurables, délia Annunziata (pour les enfants trouvés) , etc. Naples s’élève en amphithéâtre, dans une situation délicieuse, ayant au N. le mont Pausilippe, à l’E. le Vésuve, à l’O. les collines de Capoue , de Caserte et d’Aversa, et à ses pieds la mer; elle a 16 kil. de tour, 12 quartiers et 6 faubourgs. Le château Sl-Elme au N.-O., celui dd Carminé, le Château-Neuf, bâti en 1283 par Charles d’Anjou , et qui a pour entrée un bel arc de triomphe d’Alphonse 1” d’Aragon, et le château de l’Œuf au S.- O., la protègent. Le mouvement de la population est animé et bruyant, etlamendicitcn’existepresqueplus. Rues étroites, montueuses , et pavées en dalles de lave noire. La principale et la plus belle est la rue de Tolède, dans la partie basse de la ville, qu’elle traverse dans presque toute sa longueur du N. au S. On remarque ensuite le jardin dit Villa-Reale, planté d’acacias, de myrtes et d’orangers , au bord de la mer, et derrière le magnifique quai de Chiaja, longeant le jardin , et qui s’étend du château de l’Œuf au tombeau de Virgile sur la pente du mont Pausilippe. Les principaux monuments sont : la cathédrale de St-Janvier, en style gothique, flanquée de 4 tours, élevée sur 110 colonnes de marbre africain , de cippolin , ou de granit , qui ont appartenu à deux temples de Neptune et d’Apollon, ornée d’un beau baptistère (vase antique en basalte d’Egypte), de tombeaux et d'œuvres d’art, et possédant le corps de S1 Janvier; l’église de Santa-Restituta , contiguë à la cathédrale, bâtie sur les ruines du temple de Neptune, «t contenant la chapelle dite du Trésor , peinte par le Dominiquin, et où l’on conserve dans deux fioles, le sang de

Jamier; 1 église des SS. Apôtres, élevée sur les ruines d un temple de Mercure ; les églises de St-Paul , de Gesu-

Nuovo, de SGFrançois de Paule (imitation du Panthéon de Rome), de St-Philippe-Néri , de Santa-Chiara, qui contient les sépultures royales, de Santa-Maria del Carminé, la plus populaire; de l’Annonciation, de S'-Domiuique, de Sl-Jean, de San-Severo, etc., toutes ornées de statues, de fresques ou de tableaux précieux ; le monastère de Monte- Oliveto, sur une place ornée d’une fontaine que surmonte la statue de Charles II, aujourd’hui l'hôtel de ville, et dont l’église, riche eu œuvres d’art, ressemble à un véritable musée ; la Chartreuse de St-Martin, près du fort S‘-Elme, et dont l’église éblouit par ses statues en argent massif, ses pierres précieuses, ses marbres, ses agates, ses célèbres peintures, etc.; les Catacombes, au N. de la ville , dans le couvent des Cordeliers , plus spacieuses que celles .de Rome; le Palais-Royal, bâti par Dominique Fontana, et splendidement orné, sur une vaste place régulière, Largo di Patazzo, où s’élèvent deux statues équestres en bronze de Charles 111 et de Ferdinand 1er, ouvrages de Canova et de Cali; les palais Capo-di-Monte, Monteleone, Angri, Gravina, Maddalone, Santangelo, et du prince de Salerne; le palais degli Sludii , où «sont réunis la bibliothèque nationale et le musée ; les fontaines Médina (sur la place du Château-Neuf, Largo di Castello ) et Ste-Lucie | sur une place de même nom ) ; le théâtre San-Carlo, pour l’opéra, qui est le plus vaste de l’Europe; les théâtres des Fïorentini, où l’on joue la comédie et la tragédie ; del Fondo , diminutif de l’Opéra, et San-Carlino, où l’on représente des farces populaires ;--le Conservatoire de musique , qui possède une riche bibliothèque. Mont-depiété considérable. Banque de Sl-Jacques Douane. Le port de Naples , très-avantageusement placé pour le commerce , est protégé par un beau môle. Le commerce consiste en produits du sol et de l'industrie des habitants : tissus d'or, d’argent et de soie, velours, laines, liqueurs, huiles, vins, macaroni , cordes d’instruments, bonneterie, chapeaux de feutre et de paille , passementerie , toiles de coton , linge de table , fleurs artificielles , porcelaine , savons de senteur, parfumerie, bijouterie, corail, couleurs, bougies, colle forte, alun, acide nitrique, produits chimiques, papier, etc. — Histoire. Colonie de Cumes , l’anc. Parlhenope tirait , dit-on , son nom de la sirène Parthénope , qui , ne pouvant séduire Ulysse , se précipita de désespoir dans la mer voisine. Elle s’appela Palépolis (c.-à-d. vieille ville) , quand de nouveaux colons vinrent fonder près de là une autre ville, Neapolis (e.-à-d. ville neuve). Les Romains, qui la prirent en 327 av. J.-C., en firent une ville de plaisance, et, sous l’Empire, elle avait remplacé Capoue comme capitale de la Campanie. Prise par Bélisaire sur les Ostrogoths en 536 ap. J.-C. , reconquise en 542 par Totila® roi de ce peuple, Naples fut définitivement rattachée à l’Empire grec depuis 554, et devint titre de duché au moyen âge. Roger II , roi des Deux-Siciles, en fit sa capitale en 1139. Après la mort de l'empereur Frédéric II , 1250, son fils naturel Manfred, qu’elle ne voulait pas reconnaître, la prit, et rasa ses fortifications. Elle fut emportée d’assaut par Louis de Hongrie en 1347, reprise par Jeanne Ire en 1348, tomba au pouvoir de Louis Ier d’Anjou en 1383 , de René d’Anjou en 1438, d’Alphonse d’Aragon en 1442, du roi de France Charles VIII en 1495 , des Français encore en 1501 , et des troupes espagnoles en 1503. Pendant la rivalité de Charles-Quint et de François Ier, I.autree , aidé par André Doria , en fit le siège , qui dut être levé après la défection de l’amiral génois, 1528. En 1647, Naples fut le théâtre de l’insurrection de Masaniello contre l’Espagne , s’érigea pendant quelques jours en république sous le duc de Guise en 1648 , mais fut reprise par le comte d’Ognate. Durant la guerre de la Succession d’Espagne , le général autrichien Daun enleva la ville à Philippe V, 1707. Elle se soumit à Don Carlos, fils de ce prince, en 1734. Quand les Français , conduits par Championnet , occupèrent les Etats napolitains , 1799 , Naples fut la capitale de la République Parthènopéenne. Une révolution y éclata en 1820 , et fut comprimée par l’Autriche. — Patrie de Stace , Velléius Paterculus, Sannazar, Marini, Bernin, Filangi-eri , Vico, Gravina, Porta, etc. M. V — i.

naples (Royaume de), partie continentale de l’anc. roy. des Deux-Siciles, dite aussi Domaine en deçà du Phare, et composée de la partie S. de l’Italie, entre les Etats de l’Eglise au N. et au N."-0., la mer Tyrrhénienne à 10., le détroit ou phare de Messine qui la sépare de la Sicile au S. -O., la mer Ionienne au S., et la mer Adriatique à l’E.; par 37° 50'-42° 54' lat. N., et 10° 30'-16° 9' long. E. ; 580 kil. sur 200; 82,890 kil. carrés; 7,061,952 hab. en 1859. Capit., Naples. Côtes généralement hautes et escarpées, offrant les golfes de Gaëte, de Salerne, de Policastro, de Ste-Euphémie, de Squillace, et de Tarente. Traversé dans

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toute sa longueur par la chaîne méridionale des Apennins, où se trouvent le Monte-Corno, le Gargano, et le volcan du Vésuve. Arrosé par un grand nombre de cours d’eau, tous peu importants : le Garigliano, le Volturno, le Basiento, le Crati, l’Ofanto, la Pescara. Lacs : Agnano, Avertie, Fucin ou Celano. Climat sain et chaud. Sol sujet aux tremblements de terre, mal C'.ltivc, et cependant très-fertile en grains, fruits, légumes, vins. huiles (650,000 hectol. par an), riz, chanvre, lin, coton, manne, safran. Exploit, d'alun, soufre, vitriol, crista. de roche, marbre. Elève de chevaux, mulets, buffles, bétail. Peu d’industrie: fabr. de soieries, cotonnade, cordonnets d’or et d’argent, mousselines, savon, cuirs, vernis, fleurs artificielles, faïence, cordes d’instruments. — Ce pays, la Grunde- Gu'ce des Anciens, fut soumis par les Romains. Après la Chute de l’empire d Occident, il dépendit des Héruies, puis des Ostrogoihs, fut conquis pour l’Empire d’Orient par Bélisaire et Narsès, et échappa à l’invasion des Lombards, qui n’y formèrent que les duchés de Capoue, de Salerne, et de Bénévent, et aux conquêtes de Charlemagne. Les Sarrasins le disputaient aux Grecs, quand les Normands s’eu emparèrent dans la 2e moitié du xie siècle. Au commencement du xne, il fut réuni avec la Sicile, sous le nom de royaume des Deux-Siciles. Il en a été, dans la suite, plusieurs fois détaché (F. Sjciles, royaume des Deux-). Avant son annexion au roy. d'Italie, il était divisé en 15 provinces ou intendances, comprenant 53 districts :

Intendances.

Naples,

Terre de Labour.

Principauté Citérieure, — Ultérieure , Molise ou Sannio, Abruzze Citérieure,

— Ultérieure Ire, — Ultérieure IIe, Capitanate,

Ba ri,

Terre d’Otrante, Basilieate,

Calabre Citérieure,

— Ultérieure lre, — Ultérieure IIe,

Chefs-lieux.

Naples.

Caserta.

Salerne.

Avellino.

Campobasso.

Chieti.

Teramo.

Aquila.

Foggia.

Bari.

Lecce.

Potenza.

Cosenza.

Reggio.

Catanzaro.

NAPLES (Province ou préfecture de), division administrative du roy. d’Italie, entre la prov. de Caserta au N., la prov. de Bénévent et la province d'Avellino à l’E , là province de balcrne au S.-E., et la Méditerranée à l’O.s 111,100 hect ; 53 kil. sur 13. Ch.-1„ Naples; v. princû paies : Castellamare, Pouzzoles , Casoria; 667,120 hab.

naples (Golfe de), anc. Crater sinus, forme par la mer Tyrrhénienne sur la côte S.-O. de la prov. de Naples, ?Ptre les caps Misène et délia Campanella, est terminé au N. -O. par la presqu’île de Baies et les îles Procida et Ischia, au S.-È. par celle de Capri; 30 kil. sur 22. Le Vésuve est à peu de distance du rivage.

NAPLOUSE ou NABLOUS, anc. Sicliem ou Mabartha, puis Nenpolis, v. de la Turquie d’Asie (Syrie), dans le pachalik de Damas, à 60 kil. N. de Jérusalem; 7,000 hab. Bâtie sur le flanc oriental du mont Gariziin. Une tradition populaire y place la grotte sépulcrale de Josué et de Joseph. On y voit le puits de Jacob, près duquel Jésus conversa avec la Samaritaine.

N Al O (Rio-), riv. de l’Amérique du S. (Nouv. -Grenade!, naît dans les Andes, coule à l'E., puis au S.-E., et se jette dans l’Amazone. Cours de 1,100 kil.

NAPOLÉON (Saint), grand d’Alexandrie, martyr sous Dioclétien. Fête, le 15 août.

NAPOLÉON lee (Bonaparte), 2e fils de Charles-Marie Bonaparte et de Marie-Lætitia Ramolino, né le 15 août 1769, à Ajaccio, dans la piève de Talavo (Corse), m. à Ste-Hélène, le 5 mai 1821. La Corse avait été réunie à la France assez â temps pour qu’il naquit Français. Mêlé, tout jeune, aux luttes des enfants de la ville (Ajacciens) et du faubourg | Borghigiani), dès cette époque caractère emporté, mais coeur droit et affectueux. Napoléon fut élevé d’abord dans la maison paternelle, docile seulement à sa mère, dont il a proclamé l’influence sur son avenir, puis admis au collège royal d’Ajaccio dans la classe de l’abbé Receo ( porté plus tard pour 100,000 fr. dans le testament de Sle-Hélène ), enfin conduit par son père sur le continent, lors du voyage que celui-ci fit à la cour de France (fin de 1778 ) comme député de la noblesse de Corse. Un instant élève du collège d’Autun avec Joseph, son frère aîné, il dut bientôt (23 avril 1779) à l’affection

reconnaissante que portait à son père le comte de Marbeuf, gouverneur-militaire de Corse, une bourse à l’école militaire de Brienne. Introduit par l’évèque d’Autun, neveu de Marbeuf, dans la famille de Brienne, il fut vivement recommandé par celle-ci à ses maîtres et à son répétiteur, Pichegru, qu’intéressaient d'ailleurs une volonté opiniâtre et une facilité étonnante pour les sciences exactes et les exercices militaires. C'est à Brienne que la lecture continuelle des Vies de Plutarque porta l’âme du jeune Bonaparte aux choses héroïques. Distingué par les inspecteurs de Kéralio et de Regnauld, il passa à l’Ecole militaire de Paris en octobre 1783, y fut nommé par Louis XVI (22 oct. 1 ~ 84) élève du roi aux cadets-gentilshommes (5 mois avant la mort de son père), et en sortit à 16 ans (1er septembre 1785) lieutenant en 2e de la compagnie des bombardiers d’Autun, au régiment de La Fère. Il tint d’abord garnison à Valence, méditant beaucoup sur l’art de la guerre, soit dans la solitude, soit dans la compagnie de ses amis Desmazis, La Ribuisière, et Sorbier, menant de front ces graves études, des recherches sur l’histoire de Corse qui lui valurent les encouragements de Mounier, de Ilaynal, et de Mirabeau, des lectures considérables, et même les plaisirs de son âge. Mme du Colombier l’introduisit dans la haute société de Valence: il s’y fit distinguer par la vivacité et la force de son esprit. Presque tous les ans, allant passer quelques mois en Corse, il y devenait le véritable chef de la famille. Ce fut là que, conférant avec Joseph dans la retraite de Milelli, il prépara, en 1791, le discours en réponse à la question posée par l'Académie de Lyon : ■■ Quelles vérités et quels sentiments importe-t-il le plus d’inculquer aux hommes pour leur bonheur? » Il concourut en gardant l’anonyme, mais n’obtint pas le prix de 1,200 fr. fondé par l’abbé Raynal: la question fut remise au concours en 1793 sous une forme un peu différente, et le prix fut décerné à Daunou. En 1786, à la suite d’un de ses voyages en Corse, et malgré sa jeunesse, Napoléon avait ramené avec lui son frère Louis, et lui donnait une éducation à la fois littéraire et militaire. Il était en garnison à Grenoble , lorsque la Révolution éclata : il s’associa chaleureusement au mouvement, applaudit à la plantation du Ier arbre de la liberté dans Vizille, condamna fortement l’émigration, contint ses soldats, et, en 1790, en garnison momentanée à Auxonne, après un court séjour à Douai, il adressa à Buttafuoco, député de la noblesse de Corse, considéré comme un traître par les patriotes, une lettre pleine d’amertume, et dans laquelle se révèlent, avec éloquence, mais non sans déclamation, les sentiments d’un ami de la Révolution. Nommé (1er avril 1791) lieutenant en 1er d’artillerie au régiment de Grenoble, il partit pour la Corse, où il faillit mourir des suites d’une fièvre maligne contractée au milieu des salines de la côte. Deux bataillons de gardes nationales soldées s’organisaient en Corse ; les soldats nommaient leurs officiers , et trois commissaires du Directoire départemental , chargés d’organiser le bataillon d’Ajaccio, devaient exercer une certaine influence sur les élections; Napoléon, âgé de 22 ans, et assuré du peuple d’Ajaccio, résolut d’y obtenir le grade de chef de bataillon : deux commissaires étaient descendus dans sa famille ; il fait enlever le 3e chez le chef du parti opposé, laisse arracher ses adversaires de la tribune dans l’assemblée électorale , et est nommé lieutenantcolonel en second du bataillon Quenza. Malgré les menées de ses adversaires en Corse et à Paris, sa nomination fut confirmée (27 février 1792); quelques jours auparavant (6 févrierl, il avait été nommé, par avancement dans son arme spéciale, capitaine en second au 4e régiment d’artillerie. À cette époque, P. Paoli, rentré dans sa patrie en 1790, lui témoignait la plus grande affection : il voyait en lui un jeune homme taillé â l’antique, un homme de Plutarque. Leurs rapports changèrent après la lutte que soutint (8-12 avril 1792), contre les habitants d’Ajaccio et des troupes de la garnison, le 1er bataillon de garde national© auquel était passé Bonaparte (2 avril 1792|; ce bataillon fut disséminé de différents côtés, et Napoléon, en froid avec Paoli dont il pressentait la défection, visita au point de vue militaire les environs de Corte; puis il partit pour Paris, avec le triple désir de réduire à néant les accusations de Péraldi au sujet des troubles d’Ajaccio qu’on lui imputait, d’obtenir dans l’artillerie un avancement qui lui fut alors refusé, enfin de ramener eu Corse sa sœur Elisa, qui finissait son éducation à Sl-Cyr. Il assista ainsi à la journée du 20 juin 1792, à celle du 10 août suivant, déplorant l’incurie d’un pouvoir qui ne savait pas se défendre, mais plein de la confiance que les événements nouveaux fourniraient aux Bonaparte les moyens de se faire place. Désigné alors à un emploi de son arme dans l’armée

NAP

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de Dumouriez, il obtint un congé pour ramener sa sœur en Corse, et quitta Paris après les massacres des prisons (septembre), dégoûté des hommes et des choses. A Marseille, il courut des dangers auxquels sa présence d’esprit seule le fit échapper, et ce fut lui qui apporta de Toulon à Ajaccio (24-25 septembre 1792) la lre nouvelle de la proclamation de la République. Son attachement au nouveau gouvernement lui aliéna tout à fait Paoli, et l’exposa dans Corte à des dangers réels : de là sans doute sa résolution de s'attacher au général Casablanca, qui préparait l’expédition de Sardaigne. Avant qu’elle fût prête, il reçut du ministre de la guerre l’ordre de lever le plan des fortifications de SYFlorent ; Paoli l’en empêcha, et le renvoya à Ajaccio. Le vice-amiral Truguet s’y trouvait avec l’escadre chargée de conquérir la Sardaigne en punition des tergiversations de la cour de Turin. Des mesures mal combinées firent échouer l’expédition des îles de la Madeleine. Lieutenant-colonel en 1er du 1er bataillon, Napoléon avait été nommé (10 janvier 1793) au commandement de l’artillerie de l’expédition, et il avait réussi sur le point attaqué par lui ; mais Truguet et Colonna-Césari remirent à la voile avant la reddition même de la Madeleine, et peu s’en fallut qu’ils ne l’abandonnassent devant cette place. Quelques semaines après son retour à Corte, il fut nommé (B mars 1793) capitaine en 1er au 4e régiment d’artillerie, au moment même où Paoli, insurgé contre la France, licenciait les bataillons de garde nationale soldée. D’Ajaccio, Napoléon entra alors en correspondance avec les conventionnels Salicetti , Laeombe S'-Michel, Dcdcher, chargés de l'arrestation de Paoli, et il fut nommé par eux inspecteur de l’artillerie de Corse. L’hostilité des Paolistes lui fit de nouveau courir de grands dangers à Bocognano, à Ajaccio, à Bastia même (1ers jours de mai 1793), où il avait dû se réfugier près des commissaires : il les détermina à tenter sur Ajaccio, dominée par les Paolistes, une expédition qui échoua malgré son énergie, mais qui lui permit de recueillir sa famille proscrite et errante sur la grève. Enfin de Calvi il quitta définitivement la Corse. Avec Joseph, il établit sa famille à Nice, puis à La Valette, près de Toulon. Un peu plus tard, le siège de Toulon hs obligea à se réfugier dans Marseille.

Sur le point de rejoindre son régiment , il fut mis en réquisition à Nice et employé aux opérations les plus délicates par le général Dugear, commandant de l’artillerie à l’armée d’Italie. Bientôt la chute des Girondins détermina les soulèvements fédéralistes du S.-E.; les insurgés Marseillais s’emparèrent d’Avignon, et isolèrent l’armée d’Italie. Détaché au corps de Carteaux, Napoléon canonna les fédéralistes, rétablit les communications, et , dans un opuscule resté célèbre ( le Souper de Beaucaire ), expliqua pourquoi la Convention devait être soutenue. Les fuyards avaient gagné Toulon , qui fut livré aux Anglais le 26 août 1793. Carteaux et Lapoype en commencèrent le siège dans les premiers jours de septembre. C’est là que se révéla le génie militaire de Napoléon : arrivé capitaine à Ollioules, nommé bientôt chef de bataillon au 2« régiment d’artillerie (28 vendémiaire an n ; 19 oct. 1793), et, peu après, élevé provisoirement, parles représentants du peuple prés l’armée sous Toulon , au grade d’adjudant-général chef de brigade (10 frimaire; 30 nov.), il fut le véritable ordonnateur du siège. Gasparin le soutint, au début, contre l’incapacité de Carteaux et de Doppet ; Dugommier lui laissa ensuite la direction entière des opérations : double service dont le testament de Ste-Héléne a montré qu’il était resté reconnaissant. Il commença parfaire substituer le plan simple et hardi d’une attaque décisive sur un seul point, au plan d’investissement régulier envoyé du comité par Darçon. Sûr de l’artillerie par lui réorganisée et pourvue d'officiers distingués, il concentra son attaque vers le fort de l’Eguillette, à l’entrée de la petite rade, et dont l’occupation rendait maître de l’entrée du port, fermait toute retraite à l’ennemi s’il donnait le temps aux assiégeants de s’y installer, et devait permettre d’écraser sous un feu plongeant les bâtiments de la rade ; il l’enleva d’assaut le 22 frimaire an n (12 déc. 1793), et par là rendit Toulon à la France, caries Anglais évacuèrent immédiatement la ville et le port. Les représentants le nommèrent provisoirement général de brigade d’artillerie (30 frimaire; 20 déc.), avec mission d’armer les côtes de la Provence et des îles d’Hyères, tâche délicate, surtout avec 1 ignorance des autorités locales et les passions des sociétés populaires. Pendant cette tournée, il reçut le brevet confirmatif de son grade ( 18 pluviôse an n ; 6 fév. 1794) et le commandement de l’artillerie , dans l’armée d’Italie, alors aux ordres de Dumerbion, qui avait son quartiergénéral à Nice. A la suite de nombreuses reconnaissances,

il conçut et fit approuver par les représentants Ricord et Robespierre jeune le projet hardi de tirer l’armée de sa position sur la défensive entre le Yar et la Roya, de l’établir sur la crête des Alpes dans des positions inexpugnables , et de rendre ainsi disponibles des troupes tenues depuis deux ans en respect par le camp piémontais de Saorgio. Le plan consistait à tourner , par les sources du Tanaro, la position de Saorgio, et à appuyer notre droite à Gênes, pour obliger cette ville à la neutralité. Exécuté par Masséna, il nous valut Oneille ( 17 germinal an n ; 6 avril 1794), les vallées de la Nervia, de la Roya, du Taggio, du Tanaro, et les crêtes des Alpes du col de Tende au mont Sl-Bernard ; une armée autrichienne fut , en outre, chassée de Dégo, et la circulation établie entre Savone et les positions de Montenotte, dont Napoléon apprécia dès lors toute l’importance. Ce succès ne le mit pas à l’abri des menaces de la Convention ; elle venait de faire le 9 thermidor (27 juillet 1794); suspect de bons rapports avec Robespierre jeune, dont il s’est toujours loué, et avec Ricord , qui lui avait confié une mission secrète auprès du sénat de Gênes, il fut suspendu , mis en arrestation au camp de Sieg ( 19 thermidor ; 6 août), cité à la barre de la Convention , mais élargi du fort d’Antibes (3 fructidor; 20 août) sur les réclamations de Dumerbion et de Salicetti, qui avaient besoin de lui pour l’occupation des sommets des Alpes; ils le sauvèrent, en conjurant sa comparution devant la Convention. Bientôt sa carrière fut entravée de nouveau : un simple capitaine d’artillerie, Aubry, successeur de Carnot dans la direction des affaires militaires, le fait nommer (7 germinal an ni ; 28 mars 1795) commandant d’une brigade d’infanterie à l’année de l’Ouest. 11 vint réclamer à Paris ; ce fut en vain. Toutefois, il ne fut pas tenu de se rendre immédiatement en Vendée; il n’y envoya que ses équipages, qui furent pris. Malade à Paris, il resta en activité, et continua de toucher son traitement : sa correspondance et les souvenirs du roi Joseph prouvent qu’il ne ressentit nullement la longue gêne dont parlent les biographes ou les historiens. Toujours sur le point de retourner à Nice, il notait avec intérêt les agitations de Paris pendant le vote de la Constitution de l'an ni. C’était l’époque où Kellermann perdait la position conquise en Italie ; Donlcet de Pontécoulant, successeur il’Aubry, fit requérir Napoléon par le comité de salut public pour prendre part aux travaux de la division chargée des plans de campagne et de la surveillance des armées (4 fructidor an ni; 21 août 1795); ses indications péremptoires de la ligne de Borghetto (sur la Vara) sauvèrent l’armée. Peu de temps après, sur son refus de se rendre dans l'Ouest, Letourneur de la Manche, membre du comité militaire, le fit rayer de la liste des officiersgénéraux (29 fructidor; 14 sept.); mais ou lui accordait l’autorisation d’aller organiser en Turquie l’artillerie du sultan : projet qui n’était pas un coup de désespoir, maisr un dessein politique depuis longtemps médité dans les comités (F. les Lettres à Joseph), et dont Voluey n’a pu le détourner, comme on Ta écrit, Voluey étant alors en Amérique. Napoléon avait des amis puissants : il resta à Paris, et s'y trouvait au 13 vendémiaire an iv (5 oct. 1795); son nom est mis en avant; les comités l’accordent pour second à Barras chargé de défendre la Convention : il la sauve, en mitraillant les insurgés sur le perron de SMloch. Dès lors il faut compter avec lui ; la Convention lui confirme d’abord le titre de commandant en second de l’armée de l'intérieur (19 vendémiaire an îv; 11 oct. 1795); puis il est nommé général de division dans l’artillerie : enfin, au moment où le Directoire se constitue (5 brumaire an tv; 27 octobre 1795), il reçoit le commandement en chef de l’armée de l’intérieur, place ses jeunes frères Lucien et Louis, et, par suite de la démarche du jeune Eugène Beauharnais, qui vient, après le désarmement, réclamer l’épée de son père, il connaît Joséphine : quelques mois plus tard, il l’épouse (8 mars 1796), au moment même où, acceptant son plan de campagne, le Directoire, entraîné par Carnot, le nommait général en chef de l’armée d’Italie (12 ventôse an iv; 3 mars 1796); il avait 26 ans et demi.

Tout était compromis en Italie; l’Autriche et le Piémont, de concert avec l'Angleterre, avaient repris l’offensive aux sources du Tanaro et sur les Apennins. Sous Schérer, le brillant succès de Loano (2 friin. an i v ; 23 nov. 1795), ^û surtout à Augereau et â Masséna, n'a point été complété. Il était urgent d’appliquer le plan de campagne proposé en 1793 par Napoléon (l'occupation du Piémont), pour obliger les Autrichiens à se défendre chez eux. Bonaparte prit, avec toute liberté d’action, le commandement d’une armée de 30,000 hommes, désorganisée, sans

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Pain , sans vêtements , mais pleine d'ardeur et d’énergie. Suivant les idées de Carnot, il ne devait concourir au but général de la guerre qu’en menaçant le Danube par le sud , tandis que Jourdan et Moreau opéreraient du Rhin sur ce fleuve , pour décider Vienne à traiter. Jourdan et Moreau échouèrent en partie; mais les succès merveilleux de Napoléon suttirent à imposer la paix. Son immortelle campagne d'Italie , 1796-97 , renferme 4 phases bien distinctes : dans la lre (mars-juin 1796), il a pour adversaires, à sa gauche le Piémontais Colli , retranché dans le camp de Céva; à sa droite l’Autrichien Beaulieu, maître de la Corniche et des cols. Actif, vigilant, impérieux, il réorganise et enthousiasme son armée (mars 1796) , *< tourne les Alpes au lieu lie les franchir comme AnniÜiil « , enlève à Beaulieu les cols de Montenotte par une lutte de 2 jours ( 21-22 germinal an iv; 11-12 avril 1796), et, le coupant de Colli , bat, en un seul jour, sur sa gauche, celui-ci à Millésimo, sur sa droite, celui-là dans les retranchements de Dégo forcés par Lannes (13 avril); il poursuit Colli dans sa retraite sur Turin : victorieux à Céva par Serrurier, et à Mondovi (21 avril), il impose à Victor-Amédée (28 avril) l’armistice deChérasco, préliminaire de la paix de Paris (15 mai) qui consacre la cession de Nice et de la Savoie à la France, et l’abandon d’Alexandrie, Tortone, etc. L’idée d’une jonction sur le Danube avec l’armée du Rhin occupe son esprit ; il écrit au Directoire son plan de campagne contre Beaulieu, et le suit de point en point, passant le Pô à Plaisance (7 mai) pour tourner les Impériaux campés au confluent du Tessin, forçant Beaulieu à se couvrir de l’Adda, emportant (10 mai) avec 6,000 grenadiers le pont de I.odi défendu par 16,000 hommes et 20 canons, prenant (15 mai) Milan (moins le château qui tint encore six semaines), enfin rejetant Beaulieu dans le Tyrol (29 mai) par le combat de Borghetto sur le M incio, et courant d’un point à l’autre, de manière à écraser les rebelles de Pavie, épouvanter Venise, et commencer le blocus de Mantoue. Aussi habile politique, aussi actif organisateur que grand capitaine, il a refusé Kellermann pour collègue, écarté la marche prématurée sur Rome suggérée par les Directeurs, perçu des contributions régulières dont il fit profiter et le Directoire et Moreau, séduit les populations, maintenu la discipline C écrasé les Barbets de Gênes, imposé au iluc de Parme un armistice avantageux pour notre armée et nos musées, épouvanté le roi de Naples, chassé les Anglais de Livourne , et obligé le pape à l’armistice de Bologne , et à la réparation du meurtre de Basseville. — Dans la 2e phase (juillet-septembre 1796), il lutte deux fois contre Wurmser qui, par l’O. du lac de Garda (Salo et Lonato ), par le plateau de Rivoli, par la gauche de l’Adige, jette 70,000 Impériaux contre nos 40,000 hommes, pour débloquer Mantoue et reconquérir la Lombardie. Dans une

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campagne de 5 jours (ler-5 août), Napoléon, rappelant les troupes du blocus , sépare Quasdanowich , battu à Lonato, de Wurmser, bientôt écrasé au 2e combat de Lonato (3 août), et ruiné (5 août) à la bataille de Castiglione, où se distingue surtout Augereau. Mantoue est de nouveau bloquée par Serrurier; P^schiéra, Vérone, Legnano, reprises; Naples et Rome, humiliées. Un mois plus tard, Napoléon prévient le retour offensif des 50,000 hommes rassemblés par Wurmser dans le Tyrol, court battre Davidowich à Roveredo (4 septembre; puis, à Primolano , à Bassano, et àS'-Georges (8-15 septembre), il écrase Wurmser, qui parvient à grand’peine à se jeter dans Mantoue. Les résultats sont la création ( 25 vendémiaire an v ; 16 octobre 1796) de la République Cispadane, formée aux dépens de Modène et de quelques Légations romaines, les traités de Gênes et de Naples avec la France, mais aussi l’épuisement d’une armée usée par ses victoires mêmes. Dans la 3® phase (novembre 1796-janvier et février 1797), un nouveau général, Alvinzi, commande 60,000 hommes en 2 corps, et refoule d’abord sur Vérone les Français, repoussés encore à Caldiéro (12 novembre) ; mais bientôt ils tournent l’ennemi, et triomphent (13-15 novembre) au pont d'Arcole sur l’Alpon , grâce à l’héroïsme personnel de Napoléon, qui, sans repos, court, au secours de Vaubois , contre Davidowich. Le Directoire faillit lui ravir les fruits de ses victoires , en proposant un armistice inopportun : heureusement l’Autriche le refuse, fait de nouveaux efforts, et Napoléon, resté sur ses gardes, triomphe, en plein hiver, d’Alvinzi qui a repris l'offensive, le vainc à la grande bataille de Rivoli ( 14 janvier 1797 ), défait Provora à la Favorite (16 janvier), et oblige enfin Wurmser à lui livrer Mantoue ( 2 février). Les intrigues romaines sont punies à la suite d’une courte campagne, par le traité de Tolentino (19 février), qui, sans parler des autres concessions de Pie VI, donne a la France Avignon et le Comtat. A ce

moment 14 grandes batailles ont ete livrées; trois armées, formant ensemble 200,000 Autrichiens, ont été successivement battues par 55,000 F rauçais, grâce au génie du chef à l’ardeur des lieutenants et des troupes. — L’Autriche fait un suprême effort; c’est la 4e phase (février-avril 1797) : le prince Charles vient défendre le territoire allemand. Mais le plan de Napoléon réussit partout : Joubert franchit le col de Brenner, Masséna celui de Tarvis; Napoléon passe la Piave , culbute les Impériaux au Tagliamento (16 mars) et à llsonzo; enfin, détaché de l'armée de Sambre-et-Meuse, Bernadotte soumet l’Istrie et la Carnjole. L’Autriche s’obstine néanmoins à refuser les conditions offertes par Napoléon : la victoire de Neumark (lcr avril) et la prise de Léoben sur la Miihr ( 7 avril ) l’obligent enfin à signer les préliminaires de Léoben (18 avril). Avant la paix, Venise expie ses trahisons et le massacre des Pâques véronaises (15 avril) : elle est prise (16 mai) et convertie en république municipale ; Gênes , révoltée , est de même transformée en Répuîilique ligurienne (mai); l’Italie est organisée à l’image de la France : la forme directoriale est donnée au gouvernement de la République cispadane , devenue (9 juillet) République cisalpine. Enfin est signé ( 26 vendémiaire an vi; 17 octobre 1797 ) le traité de Campo- Formio, dicté par le vainqueur lui -même, et qui a servi de base à tous ceux qui ont été faits jusqu’en 1814 ( V. Campo-Formio).

De retour à Paris (5 décembre 1797 ) , objet de l’enthousiasme général et de la jalousie secrète du Directoire, Napoléon semble se réfugier dans ses fonctions de membre de l’Institut (Académie des Sciences). U blâmait bien la politique envahissante et tracassière du Directoire , alors en train de créer républiques sur républiques ; mais il ne croyait pas le moment venu de tenter, comme on le lui proposait , un coup de main contre ce gouvernement. Il désirait un commandement actif, qui lui permit de préparer dans le monde des changements considérables ; le Directoire , informé des offres de services qu’on lui faisait, cherchait à se débarrasser de lui : il le nomma au commandement de cette armée d’Angleterre , oubliée depuis la mort de Hoche, mais souvent, et sans résultats, réorganisée jusqu'en 1805. Napoléon demanda l’Egypte ; il voulait faire de 1a Méditerranée un lac français par la possession de Toulon , Malte , Corfou et Alexandrie , coloniser la fertile vallée du Nil , et menacer du côté des Indes l’Angleterre déjà inquiétée par Tippoo-Saëb. Le secret du but de l'expédition fut bien gardé. Parti le 19 mai 1798 (30 floréal an vi), avec 10,000 marins , 36,000 soldats et l’élite des généraux et des soldats, il enlève en passant l’imprenable Malte (10 juin), échappe à la croisière anglaise ( V. Nelson ) , occupe Alexandrie (2 juillet) , s’avance dans le Delta, bâties Mamelucks à Ramanièh, à Chébreiss, et les taille en pièces (21 juillet) aux Pyramides de Gizèli , du haut desquelles quarante siècles contemplent le triomphe de l’héroïsme de nos carrés sur l’opiniâtre impétuosité des cavaliers de Mourad- Bey. Au Caire , il étonne et gagne les habitants par son respect pour la religion et les coutumes du peuple , non moins que par son admirable et rapide organisation du pays. Coupé de l’Europe (1er août) par le désastre naval d'Aboukir ( V. Nelson), qui détermine la 2e coalition et l’accession de la Turquie à celle-ci, il déploie une nouvelle énergie , fait soumettre par Kléber la Basse-Egypte, et par Desaix la Haute-Egypte , enfin organise tranquillement l’Institut d’Egypte, centre et point de départ des travaux scientifiques ou pratiques qui, en renouvelant l’histoire de l’ancienne Egypte , ont préparé sa régénération moderne. Au printemps, après avoir dompté une révolte du Caire et visité Suez, il passe en Syrie, pour frapper à la fois la Turquie et l’Angleterre. Mais les succès d'El-Arieh , de Gaza, de Jaffa où il touche les pestiférés, aboutissent (10 mai 1799) au siège de S*-Jean d’Acre, ville que rendent imprenable, d’une part, l’habileté de la défense organisée par sir Sidney Smith et l’émigré Philippeaux, de l'autre l'épuisement d’une armée privée de toute communication avec la France , affamée et pestiférée; le succès héroïque de Napoléon et de Kléber au Mont-Thabor ( 16 avril 1799) n’a servi qu’à montrer ce que peuvent 2,000 Français bien commandés contre 20,000 Turcs. Le but de l'expédition était manqué. Napoléon revint en Egypte, releva par sa rentrée au Caire l'influence française que la nouvelle de sa mort avait compromise, mit en fuite par un simple mouvement offensif Mourad, qui avait échappé à Desaix, et couvrit enfin Alexandrie menacée par sir Sidney Smith et 100 voiles turques, en organisant de Gizèh la victoire d'Aboukir (25 juillet), qui coûte la vie à 13,000 Turcs, la liberté à 5,000 et à leur chef Mustapha : elle sauva l’armée rrançaise. La lecture des journaux transmis par Smith ap-

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prend à Napoléon les succès de la 2® coalition, nos désas- I très en Europe, la perte de l'Italie, l’invasion de la Suisse, j l’impopularité croissante du Directoire. 11 trouve propice l’occasion attendue peut-être et espérée par son ambition , organise secrètement son départ, laisse le commandementgénéral à Kléber (6 fructidor an vu ; 23 août 1799 ) , traverse la Méditerranée sans être rencontré par les croisières anglaises, est retenu par les vents à Ajaccio pendant 7 jours , et débarque près de Fréjus , dans la crique de San- Raphaël (17 vendémiaire an vin; 9 octobre 1799 ) , sans avoir subi de quarantaine. Accueilli, pendant son voyage à travers la France , par des fêtes et des acclamations enivrantes , il arrive ( 16 octobre ) à Paris , où il trouve le Directoire sans autorité , et les factions sans chef.

Le 18 brumaire an vin (F. Brumaire ) substitua Bonaparte aux Directeurs et aux Conseils ; il en fit, de l’aveu de la nation, le maître de la France. Ce fut à, la fois un coup d'Etat de la minorité du Directoire unie aux Anciens, et une révolution militaire , organisée par Napoléon , à l'instigation et avec le concours des personnages les plus considérables. Excité par son frère Lucien, président des Cinq-Cents, par les directeurs Sieyès et Koger-Ducos, par la tacite complicité de Barras, l’inertie expectante de Fouché, ministre de la police; enfin, soutenu par le général Leclerc, son beau-frère, par Lefebvre, commandant militaire de Paris, par Moreau , il fait enlever les directeurs Goliier et Moulins, et disperse les Cinq-Cents : la Constitution directoriale est brisée, une commission consulaire exécutive formée, et composée de Bonaparte, Roger-Ducos, et Sieyès. Dès ce moment, Bonaparte est souverain. De la Constitution théorique préparée par Sieyès et adoptée par les commissions législatives, il tire luimême la Constitution pratique de l’an vm, premier pas fait dans la voie du rétablissement de la centralisation et de la monarchie (F. Constitution). Nommé 1er consul, Napoléon s’adjoint Cambacérès et Lebrun. Avec leur concours, celui de Talleyrand, ministre des relations extérieures, et de Fouché, il substitue aux formes électives de l’administration départementale, la nomination directe par le pouvoir, remplace les districts par des arrondissements, les directoires électifs par des préfets et des s. -préfets, crée la hiérarchie judiciaire (1 tribunal de cassation, des tribunaux d’appel, des tribunaux de lre instance dans chaque arrondissement, des tribunaux criminels avec assistance du jury dans chaque département, un juge de paix par canton), et la hiérarchie financière (receveurs généraux, receveurs particuliers, percepteurs), cette dernière étayée par deux fermes appuis, le grand-livre, œuvre de Cambou, et la Banque de France, alors organisée et maintenue à travers mille difficultés. L’administration reconstituée , il fait commencer par Hédouville et Brune la répression, continuer par l’abbé Bernier la pacification de la Vendée, rend le calme aux consciences et à l’esprit de famille par la rentrée de prêtres et d’émigrés, enfin s’occupe de rendre à la France sa grandeur et son influence extérieures.— Mêlas bloquait Gênes et menaçait le Var; Kray tenait nos armées de l’Est en échec ; l’Angleterre, depuis Aboukir, dominait sur les mers. Bonaparte obtient la neutralité de la Prusse et l’alliance du tzar Paul Ier, tente vainement de négocier avec l'Angleterre, sourde aux voix de Fox et de Sheridan, et, résolu d’en finir avec la coalition, réorganise les armées pour reprendre le plan de 1796 , chasser les Impériaux d'Italie , joindre sur le Danube les troupes du Rhin et du Pô, et aller dicter la paix dans Vienne : il confie à Moreau, la campagne d’Allemagne; à Berthier, l’expédition d’Italie, s’en réservant de fait la direction, qu’il ne peut prendre en droit. Mêlas, abusé sur Res dispositions par la divulgation même du plan de Bonaparte, s’obstine à presser Gênes, qui succombe (31 avril 1800), à nous faire face au pont du Var, et à nous attendre au Mont-Cenis. Napoléon le tourne en franchissant le Grand-Sl-Bernard ( 13-16 mai 1800 1, emporte Bard, Ivrée, Verceil, Novare, Milan, Pavie, ferme tous les passages par des corps de troupes, coupe la retraite à l’Autrichien , en conservant la sienne pour toutes les éventualités, fait battre par Lannes, àMontebello, l’avant-garde des Impériaux, et, sur la Bormida, à l'E. d’Alexandrie, les écrase (14 juin 1800) entre Marengo et San- Juliano , au point qu’il avait marqué sur ses cartes dans le cabinet des Tuileries : il a été puissamment secondé par Desaix, qui, Arrivé d’Egypte la veille, décide la victoire à 6 heures du soir , et meurt dans son triomphe. L’armistice d’Alexandrie nous livre l’Italie, des Alpes au Mincio. L’Autriche tergiverse encore : les succès de Moreau couronnés par la bataille de llohenlinden (3 décembre 1800), ceux de Macdonald, de Brune, d’Augereau, complètent la victoire de

Marengo, et déterminent le cabinet de Vienne à faire signer, par son ministre plénipotentiaire, le comte de Cobentzel, avec Joseph Bonaparte, la paix de Lunéville (20 pluviôse anx ; 9 février 1801) : elle reproduit les clauses de celle de Campo-Formio, et consacre l’immense étendue du territoire français , déjà porté à 102 départements. Bientôt même il est virtuellement accru par le développement de l’influence française dans les Républiques Batave, Ligurienne , Helvétique, et surtout par la réorganisation (à Lyon, janvier 1802) de la République Italienne, dont Bonaparte est déclaré président (6 pluviôse an x ; 26 janvier 1802). Deux attentats contre la vie du 1er consul échouèrent, celui d’Aréna, anc. député jacobin (18 vendémiaire an ix; 10 octobre 1800), et celui de la Machine infernale (F. ce mol ) (3 pluviôse an ix; 24 décembre 1800). Des traités de paix sont signés entre diverses puissances dans l’été de l’an x (1801). En même temps, l’Angleterre isolée, a forcé le Sund, tenté la destruction de la flottille de Boulogne (F. Nelson), et obligé à capituler notre armée d’Egypte, mal commandée depuis la mort de Kléber. Les négociations entre Otto et Hawksliury échouent sous le ministère de Pitt; reprises, sous Addington, entre Joseph et Cornwallis, elles aboutissent à la paix d’Amiens (4 germinal an x; 25 mars 1802), qui rend l’Egypte à la Porte, laisse Ceylan et la Trinidad à l’Angleterre, réserve la question de Malte, germe de la rupture à venir, et nous permet de reconquérir momentanément Saint-Domingue (prairial an x; mai 1802).

La 2e coalition est dissoute. C’est le moment le plus glorieux et le plus fécond de la carrière de Napoléon. Il parcourt la France en observateur de génie, stimule l’activité et la régularité de l’administration par les tournées des conseillers d’Etat, fait creuser des ports et des canaux, réparer les routes et les ponts, élever nombre de monuments. Il rappelle les émigrés, pacifie la Vendée; un concordat , préparé par Portalis, est conclu avec le pape (28 messidor an ix; 17 juillet 1801) entre Joseph, Cretet, et l’abbé Bernier, d’une part, le cardinal Conzalvi , de l’autre, représentant Pie VII, enfin publié (28 germinal an x; 16 avril 1802) avec de nouveaux articles organiques , après l’adoption difficilement obtenue du Tribunat et du Corps législatif renouvelés. Une loi crée (29 floréal an x; 19 mai 1802) l'ordre à la fois militaire et civil de la Légion d'honneur. En même temps s’élaborait le Code civil (Code Napoléon), commencé dès 1800, d’après les travaux des assemblées antérieures , par une commission de savants jurisconsultes choisis sans acception de parti (Tronchet, Bigot-Préameneu, Portalis, Malleville), rédigé en 4 mois, soumis au tribunal de cassation, aux tribunaux d’appel, au conseil d’Etat (où il fut l’objet de lumineuses discussions souvent dirigées par Napoléon), mais attaqué par le Tribunat, ce qui en retarda l’adoption d’une année (20 mars 1804). Ces grands services et l’opposition ardente du Tribunat aident Bonaparte à faire un pas de plus vers la monarchie : un vote populaire, provoqué par les deux autres consuls, lui décerne le consulat à vie, avec le droit de choisir son successeur (14 thermidor an x; 2 août 1802). Deux jours après, un sénatus-consulte organique crée les collèges électoraux, réduit à 50 le nombre des membres du Tribunat, et accorde au Sénat le pouvoir de dissoudre le Corps législatif et le Tribunat Cette transformation est accompagnée de la réunion de l’ile d’Elbe (août) et du Piémont (septembre) à la France, de l’occupation de Parme (oct. 1802), et suivie de la médiation en Suisse (30 pluviôse an xi; 19 février 1803). L’Angleterre s'émeut; elle soulève des difficultés au sujet de Malte : la paix d'Amiens est rompue (22 mai 1803 ). Mortier occupe le Hanovre (juin) ; les Anglais, la Guyane française (septembre 1803 ;. Tels sont les préludes de la lutte gigantesque qui va durer douze ans, et qui, malgré l’importance des épisodes étrangers , restera toujours le duel de Napoléon contre l’Angleterre. Le premier, enfantant une conception colossale dont les proportions grandiront avec les événements , prétend mettre la deuxième au ban de l’Europe : à cette pensée se rapportent : la réoccupation par Gouvion St-Cyr, 1803 , des ports du royaume de Naples, abandonnés par Soult à la paix d’Amiens , et destinés à surveiller Malte (Peschiera, Otrante, Tarente); la fortification de Tarente et celle d’Alexandrie du Piémont; les alliances nouvelles avec l’Espagne et le Portugal , tenus seulement de fournir des subsides, puis avec les Etats-Unis, qui achètent la Louisiane pour 70 millions ; les travaux défensifs de la Spezzia, de Piombino (réuni à la France|, de Porto-Longone et Porto-Ferrajo, des ports espagnols, portugais et français, de Flessingue et du Texel ; la création maritime et militaire d’Anvers : l’ira-

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pulsion prodigieuse donnée à la marine française, et les dons patriotiques prodigués pour la relever; l’organisation de la grande armée d’Angleterre , répartie dans six camps (Hollande, Gand , S‘-Omer, Compiègne , Sl-Malo, Bayonne) ; enfin la création du camp de Boulorjne et de la Hottille destinée à envahir l’Angleterre. Par contre, celle-ci bloque étroitement nos côtes (Toulon, Gènes, Livourne, avec Nelson; les ports d’Espagne, avec Pellew; les côtes de Bretagne, avec Cornwallis ; la Manche, avec Keith et sir Sidney Smith). Les premières hostilités sont accompagnées de violences coupables et irrémédiables : l’Angleterre soudoie la conspiration de Cadoudal (février 1804 1, et s’associe, en Allemagne, à des trames ténébreuses; Napoléon répond, en faisant enlever à Ettenheim (Bade) et fusiller à Vincennes (21 mars 1804) le duc d’Enghien, soupçonné d'être l’âme du complot : ainsi se terminaient ses rares et fiers rapports avec les Bourbons ( V. Louis XVI11). Pour couper court à toute espérance de restauration , il se fait décerner (30 avril-18 mai 1804), par le Tribnuatet le Sénat, le titre d'empereur héréditaire des Français; la nation ratifie cette dernière transformation par 3,572,320 suffrages, au moment même où la 8* coalition se noue sous prétexte de venger la violation du territoire badois , en réalité pour écraser la France.

L’empereur, simple et austère pour lui-même, s’entoure d’un grand appareil et d’une cour brillante. 11 crée deux princes impériaux : Joseph et Louis (Lucien et Jérôme étaient alors en disgrâce); six grands-dignitaires inamovibles, savoir: un grand-électeur (Joseph), un connétable | Louis), un archi-chancelierd’Empire ( CamLacérès), un archi-trésorier (Lebrun), un archi-chancelier d’Etat et un grand-amiral (charges réservées); 20 grands officiers, dont quatre maréchaux-honoraires (Kellermann, Lefebvre, Serrurier, Pérignon ) et 16 maréchaux en activité (14 furent immédiatement nommés : Jourdan, Berthier, Masséna, Larmes, Ney, Augereau, Brune, Murat, Bessières, Mortier, Moncey, Soult, Davout, Bernadotte). Au-dessous ou â côté, il établit un grand nombre de charges de cour, que convoitent peu à peu, et qu’obtiennent facilement les membres de l'ancienne noblesse, ralliés au pouvoir nouveau.

L’époque impériale présente deux périodes distinctes. La première, celle des succès toujours croissants sur le continent, s’étend jusqu’à Tilsitt, 1807. Pendant un an, 1804- 1805, d’immenses préparatifs; point de faits de guerre importants. A l’intérieur, Napoléon assure ses ressources financières par la création des droits réunis; il distribue solennellement les croix d’honneur, sous le dôme des Invalides (4 juillet 1804) et au camp de Boulogne (16 août|, les aigles à Paris, au Champ-de-Mars (novembre); Pie VII, venu tout exprès de Rome, le sacre avec Joséphine dans Notre-Dame (2 décembre 1804 ) ; le 18 juin 1805, il augmente l’étendue du territoire Français par l'incorporation de la Ligurie. A l’extérieur, il fait déclarer par l’Espagne (12 décembre 1804) la guerre à l’Angleterre ; il constitue les Etats voisins à l’image de la France, l’anc. république Italienne est érigée en royaume d’Italie ( 15 mars 1805) , dont il prend la couronne à Milan (26 mai); en Hollande (15 mars) un grand-pensionnaire (Schiminelpenninck ) est créé; il organise pour Elisa Bacciochi, sa sœur, la principauté de Lucques et de Piombino (juillet 1805), et place Rome et Naples dans sa dépendance morale. La seconde s’en irrite; Pitt la fait entrer dans la 3e coalition, qu’il renforce bientôt de la Russie et de l’Autriche. Napoléon n’hésite pas : son plan favori de l’invasion de l’Angleterre a été ruiné par les fautes ou les malheurs de Villeneuve, par l’activité merveilleuse de la marine anglaise ; il lève le camp de Boulogne, et le porte sur le Rhin, à l’insu de l’Europe; 7 corps d'armée entrent en Allemagne, au moment même où les Impériaux passent l’Inn. Une suite de brillants combats (l)onauwerth, Wertingen, Guntzbourg, Elchingen) nous établissent sur le Danube; là, une immense évolution, dont Ney est le pivota Stuttgard, permet à Napoléon de vaincre avec les jambes des soldats : enfermé dans un cercle de fer, Mack signe (20 octobre 1805) la capitulation d’Ulm, qui nous livre 30,000 Autrichiens, reste d’une armée de 80,000 hommes, détruite, dispersée, ou prise sans bataille rangée. Ce beau succès était, par malheur, cruellement balancé par le désastre maritime de Trafalgar (21 octobre 1805. V. Nelson ); l’Angleterre vient de conquérir l’empire désormais incontesté de la mer; celui du continent reste à Napoléon. Les Russes, qui voulaient joindre Mack, reculent épouvantés; l’empereur d’Allemagne se replie en Moravie; il y fait sa jonction avec le tzar Alexandre Ier. Vienne tombe en nos mains (15 novembre); assuré de ses derrières par les succès d’Augereau dans le Tyrol, par ceux de Masséna entre l’Adige et le Tagliameuto, par la jonction du dernier

dans Klagenfurth avec la grande armée, Napoléon, ayant le Danube à dos, pousse en Moravie la pointe célèbre, souvent blâmée par les tacticiens, mais tout le moins justifiée par le succès, et qui aboutit (2 décembre 1805) à la bataille d’Austerlitz, ou des 3 empereurs (Napoléon, François II, Alexandre Ier) : 80,000 Français luttent contre 95,000 Austro-Russes; ils les attirent hors de leurs positions de Pratzen et de Blasowitz à Menitz, à Anjest, à Soconiltz, et, grâce au génie de l’empereur, à l’activité de Soult (proclamé là le 1er manœuvrier de l’Europe |, à l'héroïsme de Rapp, à l’intrépidité de tons, sous un soleil devenu proverbial, ils triomphent complètement de Kutusof, de Bagration, de Buxhowden,souslesyeuxd’Alexandre et de Constantin frappés de stupeur. Le jeune tzar “ est rejeté dans l’isolement de son vaste empire; >> Napoléon épanche sa joie dans une phrase digne de. lui : « Soldats, je suis content de vous; vous avez couvert vos aigles d’une gloire immortelle; » François II s'humilie; le traité de Presbourg est signé entre Talleyrand , Lichtenstein et Giulay (26 décembre 1805) : la Dalmatie et l’Albanie sont réunies à l’Empire français, les Etats de Venise au royaume d’Italie; la Bavière et le Wurtemberg sont érigés en royaumes avec des augmentations notables (Tyrol, Augsbourg, Eichstett, partie de Passau ; possessions impériales de Souabe, Brisgau et Ortenau); le margraviat de Bade est agrandi et transformé en grand-duché; l’Autriche réduite au bassin du Danube. Ce fut pour Pitt un coup mortel ; l’Angleterre le perdit (23 janvier 1806). Jamais Napoléon, en effet, ne fut plus puissant et plus assuré dans sa puissance : ses lieutenants occupaient tous les Etats Autrichiens; Fox, l’ami de la France, gouvernait l’Angleterre; la Prusse avait accepté le Hanovre contre Anspach, Clèves et Neuchâtel ; au N. de la Péninsule, le royaume d’Italie avait ses limites naturelles; le S. allait être rattaché à l’Empire par la royauté de Joseph ; une forte barrière séparait l’Autriche amoindrie de la France agrandie, et le mariage d’Augusta de Bavière avec le prince Eugène, viceroi d’Italie, offrait un nouveau gage de l’alliance allemande . Heureux Napoléon, s’il eût su ou pu maintenir cette position, sans aller au delà ! Mais, en face de l’Europe sourdement hostile, il crut devoir engager davantage encore les puissances limitrophes dans la politique française par le système des Etats fédératifs de l’Empire. Le royaume de Naples fut arraché par Gouvion SMJyr et Masséna au perfide Ferdinand IV et attribué à Joseph (mars-juillet 1806); le grand-duché de Berg fut donné à Murat, beaufrère de l’empe:-eur (15 mars 1806); le royaume de Hollande, créé pour Louis (5 juin), sans qu’aucun des 3 princes perdit les titres qu’il portait dans l’Empire français. Pauline Borghèse reçut le duché de Guastalla. Indépendamment de Neuchâtel érigé en principauté pour Berthier, Napoléon créait de plus, pour ses maréchaux ou ses ministres, des principautés ou duchés grands-fiefs, « centres de correspondance et d’appui au grand empire » (Ponle-Corvo : Bernadotte; Dalmatie : Soult; Istrie : Bessières; Frioul : Duroc; Ile lime : Victor; Conegliano : Moncey; Trévise . Mortier; Bénévent : Talleyrand; Feltre : Clarke; Rovigo ; Savary; Padoue : Arrighi; C adore : Champagny; Bassano • Maret; Vicence : Caulaincourt; Massa : Regnier). Enfin , au milieu de négociations sincères entamées avec l'Angleterre et la Russie pour la paix générale, il avait conclu (12 juillet 1806) et notifié à la diète de Ratisbonne (6 août) le célèbre traité de la Confédération du Rhin, union armée de 14 Etats allemands (Bavière, Wurtemberg, Bade , Berg, Darmstadt , etc.) et de l’empire français, fixant les contingents réciproques de ces puissances, dont l’effectif total devait être de 263,00® hommes. Napoléon étant déclaré protecteur de la Confédération du Rhin, le titre de François II devenait illusoire : il ne conserva que celui d’empereur héréditaire d’Autriche. — A l’intérieur, cette année 1806 fut également une des plus belles du règne : le conseil d’Etat était heureusement modifié, le Code de procédure publié; le trésor, rempli par la guerre, offrait toute sécurité et soldait de grands travaux; le pont d’Austerlitz était jeté sur la Seine, à Paris; les canaux se multipliaient; Sl-Denis redevenu sépulture des souverains, Sle-Geneviève (Panthéon) rendue au culte, recevaient des développements importants; on élevait la colonne Vendôme ( V. Colonnes) avec les canons enlevés à l'ennemi ; on construisait l’aro de triomphe du Carrousel , et Napoléon faisait coïncider (mai 1806 1 la fête donnée à la grande armée avec une exposition de l’industrie française, associant, suivant sa pensée favorite, la gloire civile à la gloire militaire. Non moins préoccupé de l’éducation de la jeunesse, il donnait I (mai 1806) la loi constitutive de l’Université initiale,

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