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destinée à recevoir son organisation complète de mars à septembre 1H08.
La mort de Fox, « une des fatalités de la carrière de Napoléon », l’envie, accrue par tant de gioire et de puissance, l’exaltation de la reine de Prusse poussant Frédéric-Guillaume 111 à opposer une Confédération du Nord, à celle du lîhin, donnent lieu à la 4e coalition ( Prusse, Russie, Angleterre, octobre 1806), appelée depuis longtemps par les vœux de l’Angleterre, en dépit des négociations mollement entamées à Turin avec Lauderdale. La Prusse arme la première; Napoléon la prévient, laisse manœuvrer en Thuringe Brunswick et Hohenlohe, de Bamberg fait converger ses troupes sur Géra par Baireuth, Cronach, Cobourg, et file sur la Saale après cette simple proclamation : » Si un corps se laissait percer, il serait perdu d’honneur. » Les résultats sont, après les combats de Schleitz et de Saalfeld, la victoire d’Auerstadt remportée par Davout sur Brunswick et le roi de Prusse, et celle d'Iéna, sanglantes représailles de Rosbach opposées à Hohenlohe par Napoléon ( 14 oct. 1806). Le 26, après la prise d’Erfurt, de Leipzig, de Potsdam, de Spandau, après les combats de Greussen et de Hall, l’armée est dans Berlin; l’empereur s’y empare de l’épée de Frédéric II, et signale sa clémence à l’égard de Hatzt’eld ( V. ce nom). Au 11 décembre, le roi a fui à Ivœnigsberg ; toute la Prusse est soumise ; une contribution de 160 millions de fr. lui est imposée ; la Russie se déclare contre la France, et celle-ci est fortifiée d’un nouvel allié, l'électeur de Saxe, dont le territoire est érigé en royaume. Un peu auparavant, Napoléon , toujours préoccupé de l’idée d’atteindre l’Angleterre, l’âme et le nœud des ligues, a lancé le célèbre décret de Berlin (21 novembre 1806), par lequel est inauguré le fameux Blocus continental , représailles terribles contre l’Angleterre, qui abusait de l’empire des mers, et foulait aux pieds le droit des gens ( V. Blocus continental ). — 11 semblait que l’hiver dût mettre fin aux combats, '"mais les Russes entrent en campagne à la fin de décembre ; la Pologne est cette fois le théâtre de la guerre. Napoléon, arrivé à Varsovie le 15 décembre, semble annoncer le projet de protéger la belliqueuse et malheureuse nation; ailleurs, il s’allie avec les Turcs , mieux inspirés cette fois qu’à Erfurt. Les combats de Czarnovo, Pultusk, Golymin, Soldau, suffisent à couper les Russes de la mer; six semaines plus tard, à la sanglante bataille d’Eyiau (8 février 1807), une des plus meurtrières de l’Empire, Benningsen est défait, après avoir chaudement disputé à Lannes, Davout, Augereau, Soult, Sl-Hilaire, Murat, dirigés par Napoléon , un sol glacé, une position défendue en outre par d épouvantables tourbillons de neige. 11 est poursuivi jusqu à la Prégel, et Napoléon, libre de ce côté, complète sur la Baltique le blocus continental par l’occupation difficile de Stralsund et de Dantzig (avril-mai). Les Anglais ont échoué dans leur dessein sur Constantinople, à laquelle ils voulaient imposer les conditions russes repoussées par l’Europeen 1853. Les Russes reprennent l’offensive; défaits dans 5 combats, ils perdent encore la décisive bataille de rriedland (14 juin 1807) : 40,000 des leurs sont tués ou prisonniers, et, le 16, Soult entre dans Kœnigsberg; un armistice est signé le 22 : Napoléon et Alexandre se rencontrent sur le Niémen, célèbre entrevue qui sembla les attacher personnellement l’un à l’autre, et dans laquelle ils convinrent des conditions de la paix : elle fut signée à Tilsitt (7-8 juillet 1807). L’Empire est à son apogée: à la 1 russe, qui sera occupée militairement , il enlève ses provinces polonaises, données au roi de Saxe sous le nom de Grand-duché de Varsovie, et les Etats entre le Rhin et l’Elbe, qui , réunis à une partie du Hanovre, à la Hesse- Cassel , au Brunswick, à Fulde et Paderborn , formeront pour Jérôme le royaume de Westphalie; il accorde à Dantzig le titre de ville libre; il protège la Turquie, en obtenant d Alexandre l’évacuation de la Moldavie et île la \ alachie; mais il concède à la Russie le droit virtuel d’occuper la Finlande, et ne stipule rien pour la Pologne centrale. A la Confédération du Rhin opposée à l’Autriche s ajoutait donc une confédération de l'Allemagne du nord Opposée à la Prusse ; deux seules influences continentales subsistaient : celle de la France, celle de la Russie.
Une seconde période commence (1807-1814), celle où .Napoléon, poussé par l’idée fixe du blocus continental, ne soutire plus d’obstacles, porte atteinte aux droits des consciences et à ceux des peuples, provoque les soulèvements nationaux, et, malgré d'admirables campagnes et de grandes victoires, échoue en Espagne, en Russie, en Allemagne, en r rance même. A., l’intérieur, le gouvernement personnel et absolu s’établira de plus en plus par la sup-
pression du Tribunat (19 août-18 septembre 1807), l’établissement (27 décembre 1807) de la censure des écrits périodiques, la suspension du jury dans un certain nombre de départements, la création des cours spéciales, l’incarcération sans jugement, la suppression de journaux (1810). Le principe de l’égalité civile semblera violé par l’établissement d’une noblesse héréditaire et par la loi des majorats et des substitutions. A côté de ces innovations, se placent de grandes et utiles mesures : l'installation (5 novembre 1807) delà Cour des comptes, la promulgation du Code de commerce, l’organisation définitive de l’Université et des lycées, les nobles encouragements accordés aux sciences et à l’industrie, la création (5 février 1812 ) d’un ministère du commerce et des travaux publics. Au dehors, la politique est subordonnée au système du blocus continental , qui exclut successivement des ports européens tout navire et tout produit anglais, puis tout bâtiment, ami ou neutre, suspect d’avoir touché en Angleterre, et déclare de bonne prise celui qui aura souffert la visite dont les Anglais prétendent s’arroger le droit. Dans cette guerre inexpiable, où le décret de Milan ( 17 décembre 1807 ) ajoute aux rigueurs du décret de Berlin , Napoléon , obligé de surveiller toutes les côtes, est par là même amené à prendre Stralsund sur les Suédois (6-20 août), à réunir Flessingue à 1 Empire, à faire occuper par Marmont Raguse et les bouches de Cattaro (14 août), et ferme aux Anglais les îles Ioniennes, perdues en 1799, revenues à la France par le traité de Tilsitt. Les Anglais se vengent en bombardant Copenhague (7 septembre 1807). Napoléon leur fermera l’Italie ; la Toscane ( échangée contre le royaume de Lusitanie), Parme, Plaisance, Guastalla, forment (1808| 4 départ, français. Pie VII prétend demeurer neutre : son patrimoine est réduit des Légations d’Urbin, Ancône, Macérata, Camérino, organisées en 3 départ, pour le royaume d’Italie, et Rome est occupée par un corps d’armée français (2 février 1808). En 1809, Napoléon décrète la réunion à l’Empire français du reste des Etats de l’Eglise. Le pape oppose une résistance religieuse au dominateur de 1 Europe en le frappant d’une bulle d’excommunication. Napoléon, irrité, fait transporter et détenir Pie VII à Savone, puis à Grenoble, et plus tard à Fontainebleau. Même résultat dans la Péninsule ibérique : sommé d’appliquer le blocus, le Portugal résiste ; Junot l’envahit (26 octobre 1807 ), et la victoire d’Abrantès fait fuir au Brésil la famille royale (novembre). La cour de Madrid avait livré passage à nos troupes, et signé le traité de Fontainebleau (27 octobre 1807), qui lui promettait une part aux dépouilles du Portugal démembré. Initié, par ces relations, aux honteuses misères du palais espagnol, Napoléon est peu à peu amené à la pensée du détrôneraient des Bourbons et poursuit dès lors ce projet fatal, » véritable plaie, le commencement de tous les malheurs! » A la suite des scènes d'Aranjuez ( V. Ferdinand VII), pris pour arbitre à Bayonne (15 avril -9 mai 1808) enire Char es IV et Ferdinand Vil, il en profite pour exiger d’eux une abdication en sa faveur, et il dunne le trône d’Espagne à Joseph; la cou-.-onne de Naples passe à Murat, que les Espagnols auraient sans doute préféré, et Berg est attribué à Louis-Napoléon , fils aîné du roi de Hollande. L’Espagne s’insurge à la voix de ses moines , de ses généraux et de la Junte de Séville qui proclame Ferdinand VII , malgré sa captivité à Valençay; l’Angleterre envahit le Portugal: en 5 ans ( 1808-1813 ) , la Péninsule dévore près de 500,000 hommes à Napoléon, dont la seule apparition (novembre 1808-mars 1809) rétablit une fois les affaires ruinées par les capitulations de Dupont (20 juillet) à Baylen (Andalousie!, et de Junot (30 août) à Cintra (Portugal) : ses victoires à Burgos (10 novembre) , Espinoza ( 12| , Tudela (23) , Somo-Sierra (30) , rouvrent Madrid à Joseph (4 décembre 1808-22 janvier 1809) , un mois avant la prise de l'héroïque Saragosse (21 février 1809). Après son départ, les généraux , privés d'une direction présente , affaiblis par leurs rivalités ou dénués de ressourcessuffisantes, ne peuvent triompher définitivement des armées ni des guérillas : leurs plus belles victoires sont stériles; leurs défaites, désastreuses (F. Junot, Soult, Victor, Gouvion-Saint- Cyr, SÉbastiani, Massena); Suchet seul se maintient longtemps dans le N.-E. et l’E. ; mais Wellington domine dans l’O. , et Talaveyra (1809) , Torrès-Védras (octobre 1810-mars 1811), les Arapiles (22 juillet 1812 ) sont de3 coups mortels pour la domination française; notre renom d’invincibles est entamé ; Napoléon pourrait encore le rétablir; il n'en a plus le loisir. — I.es événements de Bayonne avaient irrité l’Autriche et déterminé l’évacuation partielle de la Prusse ; il fallait à Napoléon l’alliance de la Russie .
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à la célèbre entrevue d’Erfurt (27 septembre -14 octobre 1808 ) , il crut la cimenter par l’abandon impolitique de la Turquie et de la Suède. Mais pendant son expédition d’Espagne, l’Angleterre rejeta toutes les propositions de paix offertes sous la médiation d’Alexandre; l’Autriche renoua avec elle , excita secrètement la Prusse , l’Italie et l’Illyrie chancelantes , donna la main au Tyrol soulevé en sa faveur et à la Westphalie révoltée, et envahit la Bavière. En face de cette 5e coalition, « remarquable par la réaction de l’Europe contre l’Empire, par l’alliance des dynasties, des peuples, du sacerdoce et du commerce», Napoléon est revenu en hâte de Madrid. Il réclame d’Alexandre le concours promis à Erfurt, appelle les contingents allemands , quitte Paris le 12 avril , délivre la Bavière par les combats d’Abensberg (20 avril), de Landshut (21), d’Eèkmülh (22 , prend Ratisbonne où il est blessé (23), empêche à Abersberg (4 mai) la jonction des archiducs, enfin bombarde et emporte Vienne (11-13 mai). Il occupe file de Lobau entre deux bras du Danube , parvient , malgré d’immenses difficultés, à jeter des troupes sur la rive gauche, et, le Danube à dos, avec des régiments incomplets, des munitions insuffisantes , il gagne (21-22 mai ) sur l’archiduc Charles les sanglantes batailles d’Essling et de Gross- Aspern, qui lui coûtent Larmes et nombre d'officiers distingués. A ce moment, la guerre se fait sur tous les points à la fois : Eugène, d’abord vaincu en Italie par l’archiduc Jean, a pris sa revanche à Caldiéro , sur la Piave, à Trieste , rej oint la Grande Armée ( 26 mai ) , et poussé une pointe en Hongrie, où il gagne la bataille de Raab ( 14 juin ) ; en Pologne, Poniatowski, à force d’héroïsme, a conjuré les dangers d’une invasion autrichienne encouragée par les Russes qui auraient dû la combattre. Le prince Charles , de la gauche du Danube , surveille toujours Vienne : grâce aux travaux exécutés dans l’île de Lobau , Napoléon , renforcé des troupes de Marmont et de Macdonald sortis victorieux de l'illyrie et du Tyrol , passe une seconde fois le fleuve, et refoule le prince Charles sur Wagram : là, sous le soleil comme à Eylau sous la neige , il triomphe (6 juillet 1809) par l’héroïsme de Davout, de Masséna, de Macdonald, mais au prix des plus sanglants sacrifices; l’Autriche accepte l’armistice de Znafm. A la fin de l’année, l’Angleterre échoue à l’île de Walcheren et à Anvers contre une levée de gardes nationales. La 5e coalition est dissoute; mais la paix de Vienne (14 octobre 1809) ne tranche pas la question entre la France et l’Autriche : il eût fallu détruire celle-ci, ou bien s’en faire, par des restitutions, une alliée fidèle ; Napoléon se contenta de la mutiler, lattribuant au grand-duché de Varsovie la Gallicie occidentale, à In Bavière quelques accroissements, à la France Villach, la Carniole, une partie de la Carinthie, l’Istrie, la Dalmatie et le Fvioul autrichiens, Fiume et la Croatie. François II accède au système continental, et reconnaît Joseph. Mais un jeune Allemand, Staaps, a tenté d’assassiner Napoléon à Schoenbriinn (13 octobre 1809) , et meurt •n criant : vive la Germanie I appel qui sera entendu , et qui eût dû éclairer l’Empereur. Loin de là, il se sépare de Joséphine par le divorce du 16 décembre 1809 , et , mécontent de la conduite d’Alexanflre pendant la guerre , de ses hésitations depuis qu’il lui a demandé sa sœur, il épouse ( ler-2 avril 1810 1 Marie-Louise, fille de François II. Ce mariage et la naissance du roi de Rome (20 mars 1811) sembleraient consolider l’Empire. Mais la désaffection commence; Talleyrand, Fouché , Bernadotte sont las des hauteurs du maître; les généraux désirent le repos; la nation ressent le malaise que causent les longues guerres , la cessation du commerce extérieur, la raideur du gouvernement absolu. Les frères de l’Empereur voudraient s’associer aux sentiments , servir les intérêts de leurs peuples respectifs; Napoléon n’y consent point. De 1809 à 1811 , faisant violence aux nationalités, il multiplie au contraire les réunions de territoires : Flessingue et Walcheren, 24 décembre 1809; les Etats romains confisqués en 1809, organisés en départements le 17 février 1810; le Brabant hollandais et la Zélande enlevés à Louis, le 15 mai 1810; la Hollande tout entière réunie le 6 juillet 1810, et convertie en départements, au mois de décembre suivant, après l’abdication imposée à ce prince ; le Valais enlevé en 1810 à la Suisse comme route naturelle entre la France et l’Italie ; les villes Anséatiques, l’Oldenbourg, une partie de la Westphalie, 1811, pour assurer le blocus; enfin, et pour le même besoin, les provinces Illyriennes enlevées au royaume d’Italie en échange du Tyrol italien qu’on lui fait donner par la Bavière, et régies par un gouverneur-général. Parvenue à sa plus grande extension territoriale, la France épouvante l'Europe avec ses 130 départements impériaux, ses 7 provinces Illyriennes, ses 24 départements du royaume d’Italie. Aussi , humilié
de son rôle inférieur, irrité des effets désastreux du blocus et des constants accroissements de la France , Alexandre se rapproche de l’Angleterre. L’invasion de la Russie est aussitôt résolue par Napoléon; les conférences de Dresde, vrai congrès de rois (mars-juin 1812), retardent malheureusement la déclaration de guerre jusqu’au 22 juin : Napoléon y entraîne plus de 400,000 sujets ou tributaires de ( l’Empire, 30,000 auxiliaires Autrichiens et 15,000 Prussiens; mais il n’a pas su s’assurer l’appui de la Turquie, bientôt en paix avec la Russie par le traité de Jîukharest, ni la diversion de la Suède, que Bernadotte sacrifia à la Russie : à toutes deux il devait tâcher de faire oublier Erfurt; à la Pologne il aurait dû donner une organisation politique et sociale. La Russie fut sauvée par ces fautes, par l’hiver, peut-être aussi par les lenteurs inexplicables de Napoléon, qui, le Niémen passé ( 24 juin 1812) , attendit 17 jours à Wilna des propositions de paix impossibles, se laissa entraîner ensuite , à demi découragé, dans des régions dévastées par des armées souvent battues, jamais détruites (Mohilew, 23 juillet; Ostrovvno, 25; Witepsk , 28), et ne put forcer Barclay et Bagration à accepter la bataille près de Smolensk ( 17 août) ; une faute de Junot l’empêche de les écraser le lendemain à Valontina. Macdonald en Courlande, Gouvion- Saint-Cyr en Lithuanie ( victoire de Polotsk ) , s’établissaient assez solidement; mais sur la route de Smolensk à Moscou, la Grande Armée ne traversa que des débris de villes incendiées par les Russes (Dorigoboj, Wiazma, Gjatsk, Mojaïsk). Enfin Barclay de Tolly et Kutusof, pour couvrir Moscou, acceptent sur les bords de la Moskowa (7 septembre 1812) la sanglante bataille de Borodino; Ney fixe la victoire , et Napoléon entre dans Moscou ( 14 septemb.), avec l'espoir d’y dicter la paix ou d’y passer l’hiver, pour terminer la guerre au printemps. Mais la ville est abandonnée; bientôt, conformément aux ordres de Rostopchin, l’incendie y est allumé (15-20 septembre)-, sans Gourgaud, qui les découvrit, 400 kilogr. de poudre, disposés à dessein, faisaient sauter l’état-major. Il fallut évacuer ces ruines fumantes. Ici encore, Napoléon s’attarde à des négociations malheureuses : les Russes n’ont d’autre but que de retarder la retraite ; elle commence enfin le 19 octobre. Eugène l’ouvre par la victoire remportée à Malo-Jaroslavetz (24 octobre) sur Kutusof, qui s’enfonce dans le sud; au lieu de suivre la route de Kalouga, on reprend le chemin dévasté de Mojaïsk , tout semé de ruines et de cadavres. L’hiver, appelé par les Russes, leur vient en aide d’une manière terrible : le froid, la faim, exténuent nos soldats, harcelés par les Cosaques de Platoff. Victorieux à Wiazma et à Krasnoï, doués d’une rare énergie, Davout et Ney maintiennent longtemps un certain ordre; mais, à partir de l’effroyable passage de la Bérésina, organisé par Eblé entre Borizof et Studzianka, il n’y a plus qu’une déroute sans nom, spectacle navrant pour l’âme attristée de Napoléon, qui n’a pas quitté son armée et qui partage ses misères jusqu’en Lithuanie. A Smorgoni seulement, il confie la retraite à Murat, pour aller en France lever une nouvelle armée , gagne en traîneau la Prusse et en poste Paris, où vient d’éclater la conspiration Malet ( V. ce nom ) , indice de graves dangers intérieurs. Néanmoins, le sénat lui donne les ressources nécessaires peur combattre l'Europe. Alexandre vient de déclarer qu’il «ne posera pas les armes, tant qu’il restera un Français en Allemagne »; la Prusse s’est ralliée à lui, la première (février 1813 ) ; la Suède , qui a reçu , en 1810 , son prince héréditaire , Bernadotte , des mains de Napoléon , aide à la coalition (mars 1813). Napoléon pousse hardiment 200,000 hommes sur l'Elbe, réclame les contingents allemands, demande 40,000 hommes à l’Autriche. Mais l’Allemagne est sourdement hostile; et, même quand il a remporté sur Wittgenstein , Büicher et York, la victoire de Lutzen ( 2 mai ), occupé Dresde, vaincu encore les Russes à Bautzen , bataille de quatre jours livrée, du 19 au 22 mai , à Weissig, Bautzen, Wurtchen, Hochkirehen, il ne trouve chez l’Autriche qu’hésitation perfide ; seul, le roi deSaxe lui demeure sincèrement fidèle. Malgré le défaut de cavalerie qui l’a empêché de compléter ses victoires, les ennemis sont désorganisés : il commet la faute d’accepter la médiation de l’Autriche, l’armistice de Plessitz ( 3 juin) et le congrès inutile de Prague (5 juillet). C’est donner à ïrançois II le temps d’armer contre lui. Tout encourage la coalition : les défaites de Joseph, chassé de la Péninsule, où Soult est précipitamment envoyé, l’entrée de Bernadotte à Stralsund , l’acceptation tardive par Napoléon d’une partie des conditions humiliantes de Prague. Trois armées s’avancent contre lui : celle de Bohême, sons Schwarzenberg; celle de Silésie, sous Bliicher; celle du Nord, sous Bernadotte, et, de plus, Moreau vient d’arriver d’Arné-
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rique au quartier-général des alliés. A leurs 500,000 hommes, Napoléon oppose sans crainte 280,000 recrues; son plan est de rejeter les ennemis derrière 1 Elbe, et là, de briser la coalition par des coups multipliés. A Dresde, où périt Moreau, il reste victorieux (27 août) ; mais Macdonald échoue en Silésie devant Bliicher, Vandamme à Kulm en Bohême, Oudinot à Gross-Beeien, et Ney à Dennewitz en Brandebourg en face de Bernadotte. Napoléon bat en retraite, et, après avoir fait refouler Schwarzenberg à Wacliau (10 octobre), malgré la défection des Bavarois, il attend les coalisés à Leipzig (18-19) , les tient en respect par la plus effroyable canonnade , et ne perd cette bataille des nations que par l’arrivée de Benningsen et surtout par les défections instantanées des Wurtembergeois et des Saxons sur le champ de bataille. La retraite sur Lutzen est marquée par la catastrophe de l’Elster (mort de Poniatowski) ; celle sur le Rhin , terminée par les victoires de Hanau ( 30 octobre) et de Hocheim (2 novemb.), qui nous rouvrent la France. — Elle est aussitôt envahie derrière Napoléon, dont la campagne de France vaut celle d’Italie, malgré la différence du succès. Il brise la résistance que lui oppose tardivement le Corps législatif, pour lequel ce fut un tort, sans doute, d’élever des plaintes dans un moment aussi critique, et en face de l’étranger. Mais les défections commencent: Murat se joint (11 janvier 1814), à la coalition, et empêche ainsi Eugène de marcher sur Vienne et d’y attirer Schwarzenberg. Celui-ci peut violer la neutralité de la Suisse (21 décembre 1813) et jeter en France 150,000 hommes; Blücher passe le Rhin à Manheim (1er janvier 1814), à la tête de 130,000 Russes et Prussiens ; Bernadotte en amène 100,000 contre la Hollande ; Bubna s’avance par le S.-E., et Wellington, passant la Bidassoa, marche sur Bordeaux. Résolu à défendre le centre contre les deux premiers, Napoléon oppose au troisième Maison, qui ne pourra tenir; au quatrième, Augereau; au cinquième, Soult, qui gagnera en vain (10 avril) la bataille de Toulouse. La campagne dé France commence en plein hiver. De Langres, leur quartier-général, Blücher et Schwarzenberg s’avancent sur Paris; Napoléon, à la tête de 30,000 jeunes gens, place son quartiergénéral à Châlons-sur-Marne, attaque hardiment les coalisés, les bat à Sl-Dizier (27 janvier) , à Brienne (29), et, malgré l’échec de la Rothière (1er février) , qui le rejette sur Troyes (3) et sur Nogent (7), il effraie les princes qui ouvrent le congrès de Châtillon (5 février) et lui proposent la France dans les limites de 1792. La juste fierté de Napoléon, qui veut les bornes physiques, et surtout les excitations de Talleyrand aux alliés ( ** Vous pouvez tout, et vous n’osez rien!») , rendent les négociations inutiles. Blücher et Schwarzenberg reprennent leur marche sur Paris : le premier, par la Marne, refoulant Macdonald d’Epernay sur Château-Thierry et sur Meaux ; le deuxième, par la Seine, attaquant Victor à Nogent. Napoléon court de l’un à l’autre , prend Blücher en flanc , et , par quatre batailles en cinq jours (Champaubert , 10 février; Montmirail, 11; Château-Thierry, 1.3; Vauchamp, 14), le rejette sur Châlons, rejoint Schwarzenberg sur l’Hiéres, à quelques lieues de Paris, et, par trois victoires ( Guignes, Mormant, Nangis ), le repousse jusqu’à Montereau ( 18 février) , grande et sanglante lutte suivie de celle de Méry (22), qui rouvre Troyes à l’Empereur. Mais ses troupes sont épuisées; ses lieutenants ont été battus partout où il n’a pu se trouver en personne; Bordeaux s’est livré aux Anglais, Lyon est occupé par les Autrichiens; Talleyrand propose aux alliés la restauration des Bourbons, et Bernadotte, victorieux dans le Nord, vient de rejoindre Blücher. Napoléon s’oppose encore au deuxième mouvement de celui-ci sur Paris , le laisse échapper par La Ferté-sous-Jouarre et Soissons jusqu’à Laon, lui livre près de cette ville la bataille indécise de Craoune (7 mars), se replie sur l’Aisne, la Vesle et la Marne, enlève Reims (13), Epernay(17), et, rappelé contre Schwarzenberg, qui est maître de Troyes depuis le 4, conçoit un dessein hardi , celui de le couper du Rhin pour l’inquiéter sur ses derrières, le rappeler après soi (Arcis-sur-Aube, 20 ; S1- Didier, 25), et l'entraîner, ainsi que Blücher, aux frontières; mais il lui faudrait la levée en masse , décrétée seulement le 5, et les alliés ont dans Paris des intelligences royalistes qui ne cessent de les y appeler : ils y entrent le 31 , en vertu de la capitulation de Marmout et de Mortier, après^ les inutiles efforts de la bataille livrée de Charonne jusqu’à Clichy (30 mars). Le Sénat consomme la défection ( 3 avril | : « Napoléon est déchu du trône; le droit d'hérédité, aboli dans sa famille; le peuple français et l'armée, déliés du serment de fidélité. » A ce moment, Napoléon est revenu à Fontainebleau, résolu à tenter un dernier effort; la défec-
tion du corps de Marmout (F. Marmont), le découragement de Ney et de Mortier, l’en empêchent : ainsi lui est enlevée la ressource d’abdiquer au profit de son fils. Les alliés exigent et obtiennent ( 11 avril ) l 'abdication pure et simple , payée de la petite souveraineté de l’ile d’Elbe. Il essaie en vain de s'empoisonner, et fait , le 20 , à sa garde les adieux de Fontainebleau, les plus touchants et les plus sublimes dont l’histoire ait conservé le souvenir, embrassant le général Petit et les aigles; le 28, il a quitté le sol français , après avoir couru dans le Midi de réels dangers pour ses jours, et le 4 mai il arrive à l’ile d’Elbe.
Pendant 10 mois de séjour à Porto-Ferrajo , il se contenta de répandre les bienfaits sur l’île, développant le travail des mines, faisant des plantations et des constructions utiles, entouré des soins affectueux de sa mère et de la princesse P. Borghèse, mais véritablement occupé à suivre les événements du continent, les préliminaires du congrès de Vienne, les fautes de la lre Restauration ( V. Lodis XVIII). Au commencement de 1815, il croit le moment venu où, fatiguée du retour vers l’ancien régime, la nation se jettera dans ses bras, pour prendre avec lui la revanche, pacifique ou guerrière, de 1814. De là le brusque départ de l’ile d’Elbe (26 février 1815) , l’heureux débarquement à Cannes, au fond du golfe Jouan ( 1er mars), et, au milieu de l’étonnement général, la marche triomphale depuis Grenoble, où il courut de graves dangers ( 8 mars), mais où il 'gagna les premières troupes, jusqu’à Paris, où, pendant que Louis XVIII fuit à Gand, il rentre (20 mars) accompagné de Ney, parti pour le combattre et rendu à son ancien chef. Alors commencent les Cent- Jours (20 mars-8 juillet 1815), dernière lutte de l’Europe contre Napoléon. Il semble vouloir faire une part à la liberté (22 avril), par un Acte additionnel aux constitutions de l'Empire. Cependant l’Angleterre refuse de négocier, les puissances de le reconnaître ; la coalition se reforme (avril-mai), et Murat, par sa précipitation à attaquer les Autrichiens en Italie, compromet encore son beau-frère, en perdant, avec son royaume, l’occasion d’une diversion qui eût beaucoup importé deux mois plus tard. A l’intérieur, les défections recommencent après le Champ de Mai ( 1er juin) , au moment où , à la tête de 118,000 recrues, Napoléon va combattre aux frontières plus de 800,000 ennemis : il a l’espoir de battre séparément Blücher, établi à Namur, et Wellington, posté à Bruxelles; en effet, il repousse le premier à Ligny ou Fleuras (16 juin) ; Ney, le deuxième, aux Quatre-Bras (16) ; mais Ney ne peut compléter sa victoire, et une seconde bataille s’engage, le 18, à Waterloo : gagnée jusqu’à 7 heures du soir sur Bulow et l’opiniâtre Wellington par 70,000 conscrits opposés à 140,000 hommes, elle est perdue par suite de l’arrivée d’un corps de 30,000 Prussiens conduit par Blücher, que Grouchy devait retenir loin du champ de bataille. 19,000 Français ont péri ; 8,000 sont faits prisonniers, mais l’ennemi a perdu 30,000 honnies. L’armée française est entièrement désorganisée. Napoléon revient à Paris, trouve les chambres hostiles, s’enferme à l’Elysée, abdique une seconde fois en faveur de son fils, et part pour Rochefort, après avoir vainement sollicité l’autorisation d’écraser les alliés entrés en France sans ordre et sans précautions. Il avait d’abord ' l’intention de se rendre aux Etats-Unis d’Amérique; puis il demande l’hospitalité à l’Angleterre par une noble lettre datée de l’ile d’Aix le 15 juillet, se rend sur le Bellérophnn , mais ne peut débarquer : le cabinet anglais, abusant de sa magnanimité, le déclare prisonnier de la coalition , et le fait transporter par le Northumberland à l’ile de S,e-Hélène.
11 y arriva . accompagné des généraux Bertrand , Montholon, Gourgaud, du comte de Las-Cases, et du chirurgien anglais O’Méara, passé spontanément à son service. Son premier séjour fut Briars, habitation commode de M. Balcombe : il y attendit deux mois que l’on eût terminé les appropriations de Longwood, où il séjourna jusqu’à sa mort , supérieur à l'infortune par les hautes pensées de son âme, étouffant dans cet étroit espace, abreuvé d’humiliations par le gouverneur Hudson Lowe , et occupé de dicter ses Mémoires et ses campagnes à Gourgaud, Montholon, et Las-Cases. Celui-ci fut séparé de lui, dés 1817, par le gouverneur; Gourgaud, gravement malade, dut quitter l’île en 1818; Bertrand et Montholon lui fermèrent les yeux, le 5 mai 1821. Il mourut, à 51 ans et demi, d’une hépatite aiguë, déterminée par sa constitution , et certainement aggravée par l’influence du climat, le défaut d’activité, et les douleurs de l’exil. Il fut enterré à Sle-Hélène, malgré son dernier vœu , d'être inhumé sur les bords de la Seine. Ce vœu fut exaucé seulement en 1840 : le 15 décembre de cette année, ses restes, rapportés en grande
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pompe par le prince de Joinville , furent déposés sous le ! dôme des Invalides.
Des débuts lents et pénibles jusqu’à Toulon ; un temps d’arrêt jusqu’au 13 vendémiaire; un commandement supérieur, dû à la faveur et justifié par des coups de maître ; une campagne d’Italie, qui laisse hésiter l’admiration entre le capitaine, le politique et l’administrateur ; l'attrait du merveilleux dans la campagne d’Egypte; l’entraînement d’un peuple entier, lassé des troubles civils ; une seule campagne et deux batailles pacifiant toute l’Europe ; une volonté et une intelligence supérieures reconstituant la société, résolvant en actes, en faits, en codes, les réformes piéparées dans les assemblées antérieures et les baptisant du seul nom de Napoléon; le sentiment de l’honneur surexcité, en même temps que la loi s’écrit, que les églises se rouvrent; un appui tutélaire dans une femme aimable et chérie de la nation ; ailleurs, le défi le plus hardi jeté à l’Angleterre, un nouvel Empire créé en face de l'Europe frémissante, et l’Europe elle-même remaniée aux dépens de l’Autriche et de la Prusse; des entrevues où deux Césars se partagent le monde; l’union du soldat couronné et de la fille des Habsbourg; puis, l’oubli du droit des gens, du droit des peuples et du droit des consciences; le réveil des nationalités; la protestation des âmes contre les excès de la puissance ; le haineux et persévérant antagonisme de l’Angleterre ; les revirements de la Russie; les guerres suciédantaux guerres, les victoires aux victoires, les désastres aux désastres ; une double chute ; une douloureuse captivité ; une agonie ressentie par tous les cœurs français en dépit des réserves de la politique; la longue confusion des souvenirs napoléoniens et des idées libérales; un nom qui remplit le monde, et qui conserve son prestige après trois restaurations et autant de révolutions; telle fut, en résumé, la carrière de Napoléon Ier, justement appelé le Grand par le Tribunat, après la campagne d’Austerlitz. L’homme qui s’empare ainsi du temps, de l’espace, de l'imagination , de la pensée , a sa place marquée au-dessus des Alexandre, des César, et des Charlemagne.
Les principales créations du règne sont , outre celles indiquées ci-dessus, le Musée Napoléon , rempli des chefsi’œuvre de l'art; les bassins d’Anvers, de Flessingue et de Cherbourg; les routes d’Anvers à Amsterdam, de Mayence à Metz, de Bordeaux à Bayonne, et celles de la Bretagne ; les passages du Simplon , du Mont-Cenis, du Mont- Genévre et de la Corniche; les ponts d léna, d’Austerlitz, des Arts, de Sèvres, de Tours, de Lyon , de la Durance, de Bordeaux, de lloueii ; les canaux du Rhin au Rhône, de l’Escaut à la Somme, de la Rance à la Vilaine, de l’Ourcq; les dessèchements des marais du Cotentin , de Rochefort, etc.; la distribution des eaux dans la ville de Paris; les travaux du Louvre; les embellissements de Paris, etc.
Les Mémoires de Napoléon lui assignent un rang parmi les plus grands écrivains de l’époque ; ils égalent ceux de César par la simplicité et la noblesse, et les surpassent par la méthode et l’exactitude , la précision des descriptions, et ** un style pittoresque, toujours sobre et vrai, où dominent la pensée et la volonté, où l’imagination se fait jour par éclairs. •> (M. Sainte-Beuve.) Ils comprennent le récit de ses plus belles campagnes, beaucoup de fragments sur les autres, sur quelques grandes journées de la Révolution où il a figuré; des jugements analytiques sur plusieurs grands faits de guerre de l’antiquité, sur la guerre des Gaules de César, sur quelques grandes batailles des généraux de la Révolution , et sur les campagnes de plusieurs grands généraux de Louis XIV. Napoléon a dicté ces Mémoires aux généraux Montholon , Gourgaud, Bertrand, et à son valet de chambre Marchand, qui les ont publiés à Paris, Montholon, en 1823-25, 6 vol. in-H®; Gourgaud, en 1823. 2 vol. in-8®; Bertrand, en 1847, 2 vol. in-R°: Marchand, en 1838, 1 vol. in-8®. Le gouvernement publie en ce moment une collection complète et méthodique des OEuvres de Napoléon, y compris ses Bultelins , Proclamations, Discours, Messages, et sa Correspondance officielle, nw). épars dans divers recueils. V. Thiers, Histoire de la Révolution française, 10 vol. in-8°, et Histoire du Consulat et de l' Empire, 17 vol. in-8°; Histoire de Napoléon, par de Norvins, 1 vol. gr. in-8°; — par Laurent de l’Ardèche, 1 vol. gr. in-8°; — par Elias Régnault, 1 vol. in-8°; Ph. de Ségur, Histoire de Napoléon et de la grande armée en 1812, 2 vol. in-H®; Gourgaud, Examen critique de l'ouvrage de M. Pli. de Segur, 1 vol. in-8°; B.-E. O'Meara, Napoléon en exil à Sle-Hélène, 2 vol. in-8°; F. Antommarchi, les Derniers moments de Napoléon, 2 vol. in-8°; Las-Cases, Mémorial de Sle-Hélène, lre édit., 1823, 8 vol. in-8»; de Bausset, Mémoires anecdotiques sur l’intérieur du palais impérial, et sur quelques événements de l’Empire depuis 1805 jusqu’au 1er mai
1814, 2 vol. in-8°; François I’ain , Manuscrit de l'an m,
I vol. in-8°; — de 1812, 2 vol. in-8°; — de 1817 , 2 vol. in-8®; — de 1814, 1 vol. in-8°; Bigland, Précis de l histoire politique et mililaire de l'Europe depuis 1783 jusqu’en 1814, 3 vol. in-8® (en anglais) ; Alison, Histoire de l'Europe pendant la Révolution et l' Empire; Gourgaud, Campagne de 1815, in-8»; Mémoires du roi Joseph , 10 vol. in-8», etc. A. C.
napoléon n (Joseph-François-Charles), fils unique de Napoléon 1er et de Marie-Louise d’Autriche, né à Paris le 20 mars 1811, salué dans son berceau du nom pompeux de roi de Rome, m. de phthisie àSchœubrunn, le 22 juillet 1832.
II arriva à Vienne en 1814 avec sa mère, et reçut le nom de duc de Reichsladt. Son aïeul, l'empereur François II, l’ayant nommé lieutenant-colonel le 15 juin 1831, il avait pris le commandement d’un bataillon du régiment d’infanterie hongrois Giulay, en garnison à Vienne. Son cercueil repose auj. sous l’église du couvent des Capucins, à Vienne. MM. Barthélemy et Méry ont consacré à cë jeune prince un poème intitulé le Eils de l’Homme. V. De Montbel, le Duc de Reichsladt , 2e édit., 1833, in-8»».
napoléon (Terre de), nom qui fut donné à la Terre de Freycinet (V. ce mol).
napoléon (Maisons impériales). V. légion -d’honneur.
NAPOLÉON-SAINT:LEU. V. leu-taverny (saint-).
NAPOLÉON VENDÉE, eh.-l. du département de la Vendée, à 433 kil. S.- O. de Paris, sur une colline que baigne l’Yon, par 46® 40’ 17” lat. N. et 3® 45’ 46” long. O. ; 6,120 hab. Trib. de lre inst.; lycée, bibliothèque, dépôt d’étalons. Elle occupe l’emplacement de l’ancien château et bourg de la Roche-sur-Yon, qui eut, dès le XVe siècle, le titre de principauté, et appartint successivement aux maisons de Beauêau , de Bourbon, et d Orléans: le titre en fut porté au xvne siècle par un prince de Conti, puis par sa fille. Cette ville fut presque détruite en 1793, pendant la guerre de Vendée En 1804. Napoléon I'r, voulant placer le ch.-l. du département au centre du Bocage, choisit l’emplacement de la Roche-sur-Yon, où une ville, à laquelle il donna son nom, s’éleva rapidement; en 1814, on l’appela Bourbon-Vendée ", celui de Napoléon-Vendée lui a été rendu en 1848. Elle est bien percée et bien bâtie ; on y remarque l’église, l’hôtel de ville, la préfecture, et de belles casernes. Sur la gr. place, on a érigé, en 1854, une statue équestre de Napoléon 1er, par M. de Niewerlterke ; sur la place du marché ou voit la statue du général Travot.
NAP0LE0NV1LLE, s.-préf. (Morbihan), à 51 kil. N.- N. -O. de Vannes, sur la rive g. du Blavet, à la naissance d’un canal qui conduit à Lorient ; 4,722 hab. 1 rib. de lre instance, lycée. Eaux minérales ferrugineuses froides. Fabr. de toiles; comm. de cuirs estimés, grains, bestiaux, chevaux, beurre, fil. Quelques restes d’anciennes murailles. Vieux château des ducs de Rohan. Très-belles casernes. — Cette ville a porté, avant Napoléon Ier, et, de 1815 à 1848, le nom de Pontivy.
NAPOLI, nom italien de Naples.
napoli-di-malvasia ou mon em b Asie, v. du royaume de Grèce (Morée), sur la côte S.-E. de la Laconie, à 53 kil. S.-E. de Mistra, sur l’ile Minoa, qu’un pont réunit au continent; 6,000 bab. Récolte de vins dits de Malvoisie. A 4 kil. N., sont quelques ruines i’ Epidaurus Limera.— Titre de principauté après la 4e croisade, cette ville fut prise par Michel Raléologue, puis par les Vénitiens, par Soliman II en 1540, et occupée encore par les Vénitiens de 1690 à 1715.
NAPOL1-DE-ROMAN1E ou NAUPLiE , v. du royaume de Grèce (Morée), ch.-l. du nome d’Argolide et Corinthie, située à 93 kil. O.-S.-O. d’Athènes, sur une langue de terreau fond du golfe de sou nom; 8,000 hab. (30,000 en 1824). Archevêché grec; tribunaux, gymnase, école de navigation, haras militaire, maison de correction, maison royale d’orphelins. Commerce d’éponges, soie, kermès, tabac, peaux, huile, vin, miel, cire, raisins de Corinthe. Château, ancienne résidence de Capo -d’istna. — Cette ville fut prise par les Turcs en 1715, par les Grecs révoltés en 1822, repoussa Ibrahim-Pacha en 1825, et tut la capitale du royaume de Grèce jusqu'en 1834.
N A P(J ü LE (La), Alhenopolis, vge (Var), arr. et à 50 kil. E. de Draguignan, donne son nom à un petit golte formé par la Méditerranée. . , „.. .
NAPPER-TANDY (James), un des chefs de 1 Union irlandaise, né en 1737, m. en 1803, essaya d’affranchir son navs Le Directoire lui ayant donne quelques troupes françaises, il débarqua, en août 1798, sur la côte O. du comté de Donegal. Malheureux dans son expédition , il revint en France, où il fut arrêté sur la réquisition du ministre anglais Crawfurd. Condamné à mort par la cour de Londres,