NIM
qui se détache de la branche de Damiette , près de Mansourah , et se jette dans le lac Menzaleh , qu’elle traverse jusqu'à la bouche de Dybeh ; 4° la branche Bucolique Ou Phatmétique ( auj. la branche ae Damielle) ; 5° la branche Sébennytiqut (auj. les canaux de Melyg et de Tabanieh; ce dernier se jette dans le lac Bourlos , dont il sort par la bouche du même nom); 6® la branche Bolbiline, auj. partie de la branche de Rosette, depuis Rahmanieh jusqu’à la mer;
7® la branche Canopique , Tléraclèotique ou Naucralique , auj. la branche de Rosette depuis le sommet du Delta jusqu à Rahmanieh, et, à partir de ce point, le canal Mogaryn , qui se jette dans le lac Madyeh ou d’Aboukir. Le Nil seul ne suffirait pas pour arroser l’Egypte entière ; il a été nécessaire de porter ses eaux dans toutes les terres par des canaux multipliés. La disposition de ces canaux est facilitée par l’existence d’une ancienne branche du Nil , parallèle au fleuve et qui se détache de lui un peu au-dessous de Demlerah , côtoie sous différents noms la chaîne Libyque , comme le Nil actuel longe la chaîne Arabique , et se jette dans la branche de Rosette. La première partie de cette branche, le Lycus des anciens, longe le fleuve jusqu’à Kusieh, à l’entrée de la Moyenne-Egypte; là, prend le nom de Fleuve de Joseph (Bahr-Yousef), laisse entre elle et le Nil un espace de 10 Uil., envoie un cours d’eau arroser le Fayouru et se déverser dans le lac Mœris ( V. ce mot), passe à l’E. des pyramides de Gyzeh, et se jette dans la branche de Rosette ; sa largeur est de 100 à 140 met. Ce n’est pas un canal creusé de main d’homme, car il reproduit tous les méandres du Nil. Enfin, dans le Delta, de la rive occidentale de la branche de Rosette, se détachent deux canaux, le canal Bakyreh, qui se jette dans le lac Maréotis, et le canal Mahmoudyeh ou d’Alexandrie, reconstruit en 1820 par Mébémet-Ali, et destiné à porter à cette ville l’eau potable dont elle est privée. Le même prince a entrepris, en 184fi , sur les deux branches du fleuve , à la pointe d’amout du Delta , une grande construction fort avancée, mais encore inachevée (1865), le Barrage du Nil, pour assurer et régler les inondations du fleuve. — Le phénomène le plus remarquable du Nil, c’est son débordement annuel. L’Egypte, plus connue que les autres contrées arrosées par le fleuve, est le pays où l’on a le mieux observé l’inondation. Le premier gonflement se fait sentir dans la Haute-Egypte vers le commencement de juin, et au Caire dans les premiers jours de juillet : il a lieu d’une manière insensible, et le fleuve atteint ordinairement la moitié de sa hauteur vers le 15 août, et grossit jusqu’au 20 septembre : alors il débite 10,000 mèt. cubes d’eau par seconde. Sa bonne hauteur est ordinairement de 7 mètres 55 centimètres au-dessus de l’étiage; les anciens avaient imaginé un moyen pour l’obtenir avec assez de régularité ( V . Mœris — Lavj'îll reste environ 14 jours dans une sorte d’équilibre; il décroît ensuite successivement, rentre dans son lit vers le mois de novembre, et continue de décroître jusqu’au 20 mai de l’année suivante; puis il reste dans un niveau stationnaire jusqu’au solstice d’été. Ses eaux deviennent alors si bourbeuses, qu’il faut les faire déposer pour les boire. Au moment de la plus haute crue, on coupe les digues, et l’eau se répand dans tout le pays. Au mois de janvier ou de février, toute la vallée du Nil, entre le Caire et Assouan, est une bande de verdure qui se détache nettement et sans transition au milieu des sables d’un jaune orangé, portés par les vents jusqu’au pied des chaînes arabique et libyque. « L'Egypte est un présent du Nil », a dit Hérodote; en effet le fleuve, par ses atterrissements, a formé le Delta, qui, dans les temps antéhistoriques, était sans doute un golfe de la Méditerranée; c’est le Nil qui fert lise l’Egypte par le noir limon qu’il y dépose. Il charrie tant de vase, que l’on a calculé que son lit s’exhause de 15 centimètres par an. L’Egypte serait un désert si elle n’avait pas le Nil, aussi les Arabes l’appellent-ils fleuve béni. Ce sont les inondations qui déterminent les différents aspects du sol. Le conquérant arabe de l’Egypte, Amrou , a très-bien décrit ces métamorphoses variées, dans une lettre au calife Omar : ■* Peins-toi , ô prince des fidèles , un pays qui offre tour à tour l’image d’un désert poudreux, d’une plaine liquide et argentine , d’un marécage noir et limoneux, d’une prairie verte et ondoyante, d’un parterre orné de fleurs, et d’un guéret couvert d’épis jaunissants. » La crue du Nil est due aux pluies qui tombent d’avril en octobre dans la partie de l’Afrique située au S. du 17e parallèle. Elles sont produites par une prodigieuse quantité de nuages que , depuis avril jusqu’en juillet , le vent du nord porte en Abyssinie. La vitesse ordinaire du Nil en Egypte est de 2 kilom. 1/2 à l’heure. De tout temps, les Egyptiens ont eu , et conservent encore aujourd’hui , un respect religieux pour le Nil ; ils l’appellent saint, béni, I
sacré, et, lors de l’ouverture des canaux pour l’inondation, les mères plongent leurs enfants dans le courant, croyant que ces eaux ont une vertu purifiante et divine. Dans l’antiquité, à l’époque où le Nil sortait de son lit, on célébrait en son honneur une fête, pendant laquelle on lui immolait des taureaux noirs; on répandait aussi sur ses ondes des fleurs de lotus. Le Nil avait à Nicopolis un temple magnifique, où se dressait sa statue en marbre noir, sous la forme d’un dieu gigantesque, couronné de lauriers et d’épis, et s’appuyant sur un sphinx. C. P.
NIL (Saint), Nilus, disciple de S1 Chrysostôme, né à Ancyre, fut préfet de Constantinople sous Théodose le Jeune, et quitta la cour en 390, pour se retirer, avec son fils Théodule,, dans les solitudes du Sinaï. 11 a laissé 19 Opuscules ascétiques , recueillis et trad. en latin par Suarez, Rome, 1673 , in-fol. , et des Lettres , publiées en grec et en latin par Allatius, Rome, 1688, in-fol. On trouve les uns et les autres dans la Bibliotheca maxima Patrum , t. vu et xxvii. Fête, le 12 novembre.
NILGHERRIES (Monts), c.-à-d. Montagnes Bleues, chaîne de mont, de l’Hindoustan , au S., dans l’ancien Karnatic, formant , sur un développement de 80 kil. , une espèce de plateau isolé entre les Ghattes occidentales et les Ghattes orientales, et dont le point culminant, le Mouchnurli-Bet , atteint 2,682 mèt. de hauteur. La température y est douce, et les Anglais y ont établi des stations, où l’on envoie les personnes dont la santé est altérée dans les plaines.
KILOMÈTRE, nom donné à des colonnes marquées d’une échelle graduée, et qui servaient, chez les anciens Egyptiens, à mesurer la crue ou la diminution des eaux du Nil. On en voit une dans l’ile de Raouda.
NIMBURG, v. des Etats autrichiens (Bohême), sur la rive dr. de l’Elbe, à 23 kil. S.-S.-E. d’Iung-Bunzlau ; 2,400 hab. Grand haras.
N1MÈGUE, en hollandais Nymegen , Nimwegen, anc. Numaga, Noviomagus , v. forte du royaume de Hollande ( Gueldre ), sur la rive g. du Wahal , à 64 kil. S.-E. d’ Amsterdam ; par 51® 50’ 54” lat. N., et 3® 31’ 40” long. E.; 21,000 hab. Ch.-l. d’arr. Tribunaux civil et de commerce; école latine. On y remarque la cathédrale, la promenade de Kalverbosch. L’hôtel-de-ville est orné des statues de différents empereurs , et renferme la collection des antiquités romaines trouvées dans le pays. Cuirs, glu, bleu de Prusse, bière blanche renommée. — Ville connue des Romains ; Charlemagne y bâtit un palais dont il reste des ruines, le Valken-Hof ; elle fut ville libre impériale et hanséa tique au moyen âge. Les Français, qui la prirent en 1672 et 1794, y signèrent un traité avec la Hollande le 10 août 1678, un autre avec l’Espagne le 17 septembre, et un troisième, le 5 février 1679, avec l’Allemagne, traités qui mirent fin à la guerre de l’Europe contre la France ; Louis XIV restitua Maëstricht aux Hollandais; l’Espagne céda à la France la Franche-Comté, Bouchain, Confié, Valenciennes, Cambrai, Aire, Ypres, Sl-Omer, Warwick, Warneton, Bailleul , Poperingue , Cassel , Bavay , Charlemont , Maubeuge ; l’Empereur échangeait avec la France Fribourg contre Philipsbourg; la Lorraine fut occupée par les Français.
NIMES, Nemausus , ch.-l. du département du Gard, dans une plaine fertile, à 790 kil. S.-E. de Paris; par 43® 50’ 36" lat. N., et 20° 0’ 46" long. E.; 60,240 hab. Evêché suffragant d’Avignon ; église consistoriale calviniste. Cour Impériale, tribunaux de lr<; instance et de commerce. Ch.-l. de la 15e légion de gendarmerie. Lycée, école normale primaire, séminaire; cours de dessin, de chimie et de physique, de géométrie et de mécanique. Bibliothèque, musée, cabinet d’histoire naturelle. Académie du Gard, Société de médecine. Bourse et chambre de commerce; succursale de la Banque de France. La ville proprement dite est petite, assez mal percée; mais elle a trois faubourgs, dont un seul, celufldu Cours-Neuf, plus grand qu’elle, présente des rues larges et droites. Nulle part en 1 rance on ne trouve d’aussi beaux restes de la grandeur romaine; ce sont: la Maison-Carrée, ancien temple, d’une belle architecture, parfaitement restauré, et où l’on a placé Ici musée; les restes d’un temple de Diane; les Arènes, magnifique amphithéâtre où pouvaient s’asseoir 30,000 spec- | tateurs, et qui servit, pendant plusieurs siècles, de refuge ! et de citadelle aux habitants; la Tour Magne, restes d’une des tours qui flanquaient le mur de l’enceinte, dont deux portes subsistent encore, la Porte d'Auguste et la Porte de Fi ance. On remarque aussi l’église cathédrale, construite sur la base d’un temple d’Apoilon , et où sont les tombeaux de Fléchier et du cardinal de Bernis; l’église S1- Paul , le palais de justice, le théâtre, l’hôpital général, le jardia public, où se trouve encore la fontaine qui alimentait les