‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 209 sur 864 · NOTRE-DAME DE LORETTE. V. LORETTE · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME DE LORETTE. V. LORETTE

notre-dame de-lorette, église de Paris, située rue Olivier, à l’extrémité N. de la rue Laffitte. Son plan est un parallélogramme long de 70 mèt. , large de 32, et terminé en hémicycle. Un portique à antes, large de 11 mèt. 15 c., orné de 4 colonnes corinthiennes de 13 mèt. de proportion, forme avant-corps sur la façade, et supporte un fronton, avec bas-relief représentant des anges en adoration devant la Vierge. Il est surmonté de 3 statues : au sommet, la Charité ; à l’angle droit, la Foi ; à l’angle gauche, l’Espérance. Dans la frise, on lit : beatæ mariæ virgini lavrentanæ. Un clocher quadrangulaire s’élève à l’endroit où commence l’hémicycle. L’église a la forme d’une basilique à 3 nefs avec 6 chapelles latérales, et 2 autres aux bras de la croix, dont une coupole surmonte le point central. Les nefs sont formées par »ne quadruple rangée de 8 colones ioniques, hautes de 8 mèt. environ, en pierre de liais polie, supportant des plafonds en menuiserie à compartiments peints et dorés. La nef centrale est éclairée par 6 fenêtres hautes, et terminée par un hémicycle que remplit le chœur; elle mesure 29 mèt. 25 c. de long, sur

10 mèt. de large. Les chapelles latérales sont en dehors de la 2e file de colonnes. Notre-Dame de Lorette est décorée de beaucoup de tableaux dus à nos meilleurs artistes et peints sur place, ce qui identifie l’ornementation à l’architecture. Toutes les parois sont couvertes de peintures, de dorures, ®u de sculptures. Ce luxe, imité de beaucoup d’églises d’Italie, donne quelque chose de mondain â ce temple, qui est une copie, un peu mesquine et fardée, de la magnifique basilique de Ste-Marie-Majeure de Rome.

11 fut commencé en 1824, sur les plans et sous la direction de l’architecte Lebas, et terminé en 1836. C. D — y.

notre-dame-marteau. Nom donné , dans certaines provinces de France, à la fête de l’Annonciation; il vient d’un ancien usage, encore persistant dans quelques localités du midi, de frapper avec des maillets une planche de bois, placée devant le porche de l’église, pour appeler les fidèles à la prière. En Orient, où les cloches sont interdites, on voit à la porte du temple deux grandes planches fixées par des cordes , et sur lesquelles le sous-diacre frappe pendant longtemps.

notre-dame de paris , église métropolitaine , située à l’extrémité orientale du quartier de la Cité , et l’un des plus vastes et des plus beaux vaisseaux de la France du moyen âge. Son plan, dont la longueur, hors œuvre, est de 141 mèt., et la largeur de 48 mèt., se termine à l’E. par un vaste rond-point. L’intérieur est en forme de croix latine. La façade principale, à l’O., sur le parvis, est divisée en 3 parties verticales par 4 contre-forts , et en 4 zones horizontales : la lre zone, au rez-de-chaussée , a 3 grandes portes ogivales , avec voussures profondes enrichies de sculptures et de bas-reliefs , et chaque porte remplit un entre-contre fort; une galerie en colonnettes coiffées de 28 arcs trilobés , et dite Galerie des Rois , parce qu’elle contient 28 statues de rois d’Israël et de Juda, forme la 2e zone dans toute la largeur du portail; au-dessus , une grande rose en pierre découpée, de 13 mèt. de diamètre , remplit l’entre-contre-fort du centre : les deux autres sont occupés chacun par une double fenêtre ogivale, sous un archivolte orné , avec une petite rose feinte au milieu : c’est la 3e zone ; la 4e montre une galerie haute de 8 mèt. environ, composée de colonnettes portant des ogives géminées, avec trèfles à jour dans les tympans. Elle occupe tout le développement du portail, qu’elle couronne, et supporte une terrasse, dont la balustrade découpée est ornée de statues de monstres et d’animaux. Sur ce portail s’élèvent deux grosses tours quadrangulaires , de 16 mèt. de côté environ, flanquées de contre-forts aux angles; leur sommet est à 67m,20 du sol. Elles ont sur chaque face , dans une hauteur de plus de 16 mèt., une ouverture ogivale géminée, à embrasures formées de faisceaux de colonnes engagées. Les contre-forts sont couronnés de pinacles sculptés. Dans la tour du S. est la grosse cloche dite le Bourdon , qui pèse 13,000 kilog. La galerie supérieure du portail, si svelte, si élégante, contourne les tours. 34 contre-forts , ornés de colonnettes , de pinacles , d’aiguilles fleuronnées et imbriquées, de pignons, de gargouilles sculptés , contre-butent les voûtes. Le monument, épanoui , pour ainsi dire , sur le sol , présente , jusqu’aux deux tiers de sa hauteur environ, deux larges terrasses en retraite l’une sur l’autre , et courant sous les arcs-boutants. Un portail de toute la hauteur de l’édifice termine chaque extrémité des bras de la croix : une porte ogivale , à pignon sculpté , en occupe le bas ; au-dessus est une grande rose en pierre découpée, et, dans le pignon du comble , accosté de 2 clochetons , une autre rose moins grande. Au point d’intersection du transsept, on admire une flèche de plus de 30 mètres d’élévation, rétablie en 1859. — L’intérieur de Notre Dame se compose d’une grande nef centrale, avec deux nefs basses de chaque côté , et une ceinture de chapelles qui contourne l’église. La nef centrale a 108 mèt. de long, jusqu’au fond de l’abside , sur 12m 75 de large , et dans la croisée 45m,20. Elle est formée dans toute son étendue par 31 arcades en ogives, portées sur de grosses colonnes avec chapiteaux de feuillages. Au-dessus règne une large tribune continue, en arcades ogivales, véritable nef collatérale supérieure. Autrefois, c’était aux tribunes du chœur que l’on appendait , en temps de guerre seulement, les drapeaux conquis sur l’ennemi. 37 fenêtres hautes éclairent la grande nef, dont la voûte, en arc d’ogive à nervures, ainsi que les voûtes collatérales, est ù 33m 80 du sol. Derrière le chœur est la chapelle de la Vierge. — La fondation de l’église Notre-Dame date du commencement du VIe siècle; mais Maurice de Sully, 62e évêque de Paris,

! commença de la réédifier en 1163 ; 19 ans après, on officiait au chœur. La grande nef et le portail sont des premières années du xme siècle, ainsi que les tours ; le portail du S. , de 1257 ; celui du N., de la même époque : des architectes qui ont élevé ce monument, le nom de Jean Chelles nous est seul resté. L’édifice, mal entretenu, et souvent même altéré dans son architecture pe idant le xviii« siècle; abandonné et mutilé pendant la Révolution, restauré en partie , et très-inhabilement, au commencement du xixe siècle, a été, pour ainsi dire, arraché de ses ruines par MM. Lassus et Viollet-le-Duc, architectes chargés de la restauration depuis 1845. Aujourd’hui, l’antique basilique a repris toute l’élégance splendide de son ; état primitif. Les mêmes architectes ont élevé, en 1846-48, une spacieuse sacristie un peu en arrière du portail du S., de manière à ne le pas masquer, petit monument complet, avec cloitres, caveaux, salles, etc. , et d’une architecture dans le style de la basilique dont il forme une annexe, et presque une aile. C. D — y.

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