CXC VI
OLYMPIAS, mère d'Alexandre le Grand, descendait d’Achille par les Eacides, était fille de Néoptolème II, roi d’Epire, fut mariée à Philippe II de Macédoine, donna prEe par sa conduite au soupçon qu’ Alexandre n’était pas le fils de ce prince, et provoqua d’ailleurs (vers 337] sa répudiation par son caractère acariâtre et cruel. Elle se retira en Epire auprès de son frère Alexandre, et l’excita vainement à attaquer Philippe. Elle contribua alors à armer Pausanias contre son mari, et, de retour en Macédoine, après que l’assassin eut été puni de son crime, 336, elle sembla avouer la part qu’elle y avait prise, en plaçant une couronne d’or sur son cadavre, et le faisant inhumer en grande pompe auprès de Philippe lui-même. Elle fit ensuite périr la 2e femme de Philippe, Cléopâtre, et son jeune enfant. Alexandre, irrité, en sentit sa tendresse affaiblie : quand il partit pour l’Asie, il ne laissa à sa mère aucune part de l’autorité. Elle prétendit toutefois s’immiscer dans le gouvernement, suscitant à Antipater de graves difficultés, qu’Alexandre voulut ignorer. A la mort de ce prince, 323, elle abandonna la Macédoine, gouvernée par Antipater, retourna en Epire auprès du roi Eacide , son cousin , y attira Roxane et Alexandre Aigus , mais ne put exercer qu’une faible influence au milieu des luttes des capitaines d'Alexandre. En 319, rappelée par Polysperchon pour prendre la tutelle d’Alexandre Aigus , et ramenée par les armées combinées de ce capitaine et d’Eacide, malgré Cassandre , fils d’Antipater, qui soutenait Philippe Arrhidée et Eurydice, elle gagna les Macédoniens, se fit livrer les deux époux, et donna le l«r exemple d’un attentat sur la famille d’Alexandre, 318; puis, enlevant tout crédit à Cassandre, elle fit périr son frère Nicanor et 100 Macédoniens distingués de leur parti. Les Macédoniens oe rappelèrent alors le conseil donné par Antipater mourant, de ne laisser monter aucune femme sur le trône d’Alexandre • Cassandre , profitant de leurs dispositions, rentra en Macédoine, obligea la reine à s’enfermer dans Pydna , dissipa les troupes d’Eacide qui venaient à son secours, fit occuper l’Epire, et réduisit Olympias à rendre Pydna, ruinée par la famine. Abandonnée de ses partisans, elle tenta en vain de fuir, et se rendit, sur la promesse de la vie. Mais Cassandre suscita les parents des victimes d Olympias, et, sur leurs accusations, la fit condamner à mort dans l’assemblée du peuple, sans lui permettre de paraître pour se justifier; 200 soldats, intimidés par sa fière attitude, reculèrent successivement devant le meurtre de la mère d’Alexandre ; il ne put la faire égorger que par ses accusateurs eux-mêmes; Pausanias seul dit qu’elle fut lapulee. A c<
OLâ MPIE , Olympia , auj. Miroita ou Longenico , v. du x eloponeso (Elide), à VO., sur l’Alphée, et près de Pise ; célébré par les jeux Olympiques qu’on y célébrait ( V. Olympiques], et par un magnifique temple consacré à Jupiter Olympien. Eu 1829 , la commission scientifique française
de Morée découvrit ce temple , d’ordre dorique , long d© 66“>,60, large de 30m,20, et entouré, intérieurement, de colonnes hautes de 22m 90, le tout en pierres revêtues do marbre taillé en forme de tuiles plates. Elle a apporté de précieuses sculptures à Paris. Dans l’antiquité , le temple était orné d’une célèbre statue de Jupiter, œuvre de Phidias, en or et en ivoire, représentant le dieu assis sur un trône , couronné d’olivier , tenant dans sa main droite une Victoire , et dans sa gauche un sceptre surmonté de l’aigle ; son manteau était chargé de dessins et de fleurs. Quatre Victoires formaient chacun des 4 pieds du trône, qui était orné de bas-reliefs et de peintures; deux autres Victoires étaient placées en avant des jambes ; des lions d’or servaient de marchepied ; le soubassement était décoré de bas-reliefs. Le dieu assis avait 30 pieds (9“>,25) de hauteur, le piédestal 3 (0m,92), le trône 40 ( 12“,35) sur 21 de largeur, et la base 12 pieds( 3m, 70).
OLYMPIODORE , philosophe platonicien, enseignait à Alexandrie au commencement du VIe siècle. On a de lui : Commentaire sur le premier Alcibiade, précédé d’une Vie de Platon, et publié par Creuzer, Francfort, 1821 ; Commentaires sur le Phédon, le Gorgias, le Philèbe, le deuxième Alcibiade, etc.
olympiodore , philosophe péripatéticien , vivait à Alexandrie vers la fin du vie siècle. Il a laissé des Commentaires sur les Météores d’Aristote, publiés, avec trad. latine, par Camozzi, Venise, 1551.
OLYMPION1QUES , vainqueurs aux Jeux Olympiques.
OLYMPIQUES I Jeux), les plus anciens et les plus célèbres de l’anc. Grèce. Institués par Hercule, en l'honneur de Jupiter Olympien , ils tombèrent en désuétude lors de la guerre de Troie ; Iphitus, roi d’Elide, les rétablit en 884 av. J.-C., par les conseils de Lycurgue. Ils se célébraient tous les quatre ans à Olympie, le 11 du mois d’Héeatombéon, et duraient cinq jours. Tous les peuples de la Grèce y étaient admis, mais point les étrangers; les Eléens en «avaient l’administration. On tirait au sort, parmi eux, H juges des jeux. 11 y avait cinq exercices différents ( penlathle ) : le saut, la lutte, la course à pied, le jet du disque, et celui du javelot. La course se faisait dans un stade ( V ce mot ). On y introduisit plus tard les courses de chevaux et de chars, le pugilat, le pancrace, et les luttes de musique et de poésie. Tant que duraient les jeux , ou faisait trêve à toutes les inimitiés ; nul homme armé ne pouvait pénétrer en Elide. Les vainqueurs étaient récompensés le 5e jour, et recevaient une couronne d’olivier ; ils rentraient dans leurs villes par une brèche ouverte pour eux dans la muraille , et leurs noms étaient gravés sur des tables de marbre dans le gymnase d’Olympie. Les Jeux Olympiques duraient encore au IIIe siècle de l’ère chrétienne. — On célébrait aussi des Jeux Olympiques à Anazarbe, en Oilicie; à Attelia, en Pamphylie; à Ephèse; à Alexandrie; à Magnésie , de Lydie ; à Pergame , de Mysie ; à Side , de Pamphylie; à Tarse, de Cilicie; à Thessalonique ; à Thyatira; à Tralles, de Lydie, et à Tyrus.
OLYNTHE , Olyntlius, v. de Macédoine , dans la Chalcidique, à 12 kil. du golfe Toromaïque, entre les riv. Olynthus et Amnias, avait pour port Myciberna. Ce n’était qu’un village, quand Perdiccas II, roi de Macédoine, y établit des émigrés athéniens, vers 433 av. J.-C. Olynthe se développa rapidement, étendit 3h domination sur plus de 30 villes voisines, fut forcée, en 379, d’entrer dans l’alliance de Sparte, et fut prise par Philippe, père d'Alexandre le Grand, en 348. Trois harangues que Démosthène prononça pour exciter les Athéniens à la secourir , sont dites les Olyntlûennes.
OM , riv. de la Russie d’Asie (Sibérie), naît dans la steppe de Baraba (Tomsk) , coule à l'O., et se jette dans l’irtisch à Onisk. Cours de 850 kil.
OMA, une des Moluques, par 9° 40’ lat. S., et 126° 8’ long. E.; 17 kil. sur 12; 5,000 hab. Ch.-l., Zélandia. Girotl ers.
OMAD-EDDYN-ZENGHI. V. Zenghi.
OMAGH , v. du N. de l’Irlande, capit. du comté de Tyrone (Ulster) , à 44 kil. S. de Londonderry; 3,448 hab. Incendiée en 1689 et 1743. Ruines d’une abbaye et d’un château-fort.
OMAN , région d’Arabie, au S.-E., sur le golfe Persique et sur la mer d'Oman, comprend, entre autres Etats, celui de Maskate. L’intérieur en est peu connu. Sol montueux sur la côte ; fertile en fruits, dattes, etc.
Oman ( Mer d’), grand golfe de l’océan Indien, baignant les côtes de l’Arabie, de l’Hindoustan et du Béloutchistan, communique avec la mer Rouge par le détroit de Bab-el- Mandeb , et avec le golfe Persique par celui d’Urmuzj entre 44° et 69» long. E., 12» et 25° lat. N.
OMB