ORD
chitza; 2,000 hab. Défaite du tzar Wasili IV par les Polonais, en 1514.
ORCHESTRE , Orchestra. C’était, dans les théâtres des anciens , toute la partie vide autour de laquelle se courbaient les gradins, et qui s'étendait jusqu’à l’avant-scène. Chez les Grecs, les danseurs exécutaient leurs danses dans l’orchestre; chez les Romains, cet hémicycle était réservé aux sénateurs pour voir le spectacle. C. D — y.
ORCHIES, Oriqiacum, ch.-l. de cant. (Nord), arr. et à 18 kil. N.-E. de Douai; 3,451 hab. Défendu par une muraille et un fossé. Genièvreries, brasseries, huileries, tanneries, tuileries, poterie. Comra. de grains, graines oléagineuses et potagères, bestiaux.
ORCHIMONT, vge de Belgique (Luxembourg) , sur la Semoy, près de la frontière de France et de celle de la prov. de Namur, à 45 kil. S. de Dinant ; 300 hab. Restes d'un château-fort, démantelé en 1636 par le maréchal de Châtillon.
ORCHOE,v. delà Babylonie; auj. Samarra.
ORCHOMËNE, Orcliomenvs, v. d’Arcadie, à l’E. , un peu au N. deMantinée, existait déjàdu temps d’Hutnère, qui lui donne l’épithète de riche en troupeaux. Dans la guerre du Péloponèse, elle fut prise par les Athéniens. Après la bataille deLeuctres,ellese sépara, par haine contre Mantinée, de la ligue arcadienne; dans les guerres entre les Etoliens et les Achéens, elle tint d’abord pour les premiers, fut prise par Cléomène, puis par Antigone. Elle entra ensuite dans la ligne achéenne : par l'effet des guerres qui désolèrent l’Arcadie dans les derniers temps de l’indépendance de la Grèce, elle était en ruines, du temps de Strabon. A l’époque de Pausanias , une nouvelle ville avait été rebâtie, qui renfermait des teihples remarquables de Neptune et de Vénus. On trouve auj. les ruines d’Orchomèue au vge de Kalpaki. Son territoire comprenait , outre la capitale, deux petites villes, Amylos et Elimia. C. P.
ORCHOMÈNE, v. de Béotie, dite Orchomène Mynienne, parce qu’elle fut fondée par les Myniens, fut d'abord bâtie dans la plaine couverte depuis par le lac Copais; une inondation força les habitants de s’établir sur le mont Acontion, presque à l’embouchure du Céphise dans le lac. Elle était la capitale de l’empire mynien , qui comprenait tout le N. -O. de la Béotie, Chéronée, Haliarte, Lébadée, Coronée, jusqu’aux frontières de Thèbes , devenue ellemême tributaire; mais, 60 ans après la ruine de Troie, Orchomène fut prise par les Béotiens, et fit dès lors partie de leur ligue. Elle voulut s’en séparer en 367 : les Thébains s’en emparèrent, mirent à mort ou réduisirent les habitants en esclavage. Rétablie par Athènes pour affaiblir Thèbes, détruite de nouveau par les Thébains, rebâtie une 3e fois par Philippe en 338, elle ne put reprendre son ancienne splendeur , et elle était presque déserte à l’époque de Strabon. On trouve encore, près du vge de Scripou , des ruines importantes de son acropole, ruines assez semblables à celles de Mycènes, et qui remontent aux plus anciens temps de la Grèce. Près d’Orchomène , Sylla battit Archélaiis, général d’Antiochus le Grand, en 87. C. P.
ORCIËRES, ch.-l. de cant. (Hautes-Alpes) , arr. et à 52 kil. N.- O. d’Embrun, sur le Drae; 100 hab. Comm. de laines, fromages et beurre.
ORCUS, nom de Pluton chez les anc. Romains, venait peut-être (lu grec orkos (sennenli, parce qu ou invoquait ce dieu en prêtant serinent, ou parce qu on jurait par le Styx. D’Orcus vient Omm, mot employé dans le même sens que Cliaroniles (K. ce mol).
ORDALIE ou ORDÉAL (du saxon ordal , jugement) , nom donné quelquefois aux épreuves judiciaires. V. Epreuves.
ORDELAFFI (Cecco), d’une famille gibeline, s’empara, en 1315, du gouvernement de Forli, sa patrie, qui resta à ses descendants jusqu’en 1480, époque où la veuve de Cino Ordelaffi céda ses droits à Jérôme Riario , neveu du pape Sixte IV.
ORDERIC VITAL, historien anglais, né à Atcham ( Shropshire | eu 1075, m. vers 1150, vint en Normandie vers 1086, et entra au monastère de S'-Evroult. Il a laissé, en latin, une Histoire ecclésiastique , qui s’étend de J.- C. à l'an 1141, insérée dans Duchesne, Historié Normanunrum scriplores, 1619, 1 vol. in-fol., et trad. par M. Dubois dans la collection des Mémoires relatifs à T histoire de T nuire de M. Guizot, et en 1844 par M. A. Le Prévost. Le livre d’Orderie Vital supplée, pour les années 1066-1070, à celui de Guillaume de Poitiers , qu’il dit avoir mis a profit. C’est un ouvrage médiocre, mais précieux, parce que plusieurs parties renferment des documents que 1 on chercherait vainement ailleurs.
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ORE
ORDINAIRE. V. Archidiacre.
ordinaire, Ordinarius , soldat place au 1er rang, dans les légions romaines du Bas-Empire, et conduisant les files.
ORDOGNO II , roi de Léon et des Asturies , 914-922 , prit et rasa Talavera , battit Abdérarae III , secourut la Navarre , mais perdit la bataille du Val de la Jonquera , et fut inquiété par l’ambition des comtes de Castille, dont il arrêta l’émancipation.
ORDONNANCES , nom que l’on donnait, dans l’anc. France, aux constitutions promulguées par le roi, sans les formalités qui accompagnaient l 'Edit ( V. ce mot). La première loi qualifiée de ce nom est de Philippe le Bel, en 1237. Le recueil des Ordonnances des rois de France, à partir de Hugues Capet, a été commencé par Laurière , qui en fit paraître le 1er vol. en 1723 ; Secousse fut chargé de continuer cette collection, qui se poursuit encore de nos jours, et qui compte 21 vol. in-fol. De 1815 à 1848, on a appelé Ordonnance tout règlement émanant de 1a. volonté royale, et destiné à régler les matières administratives, ou à déterminer les mesures nécessaires pour la promulgation et l’exécution des lois.
ordonnances de comptant. On nommait ainsi, avant la Révolution, des mandats de paiement signés par le roi, et sur lesquels la Chambre des comptes n’avait pas de contrôle. Dans les années qui précédèrent 1789, les ordonnances de comptant s’élevèrent jusqu’au tiers des dépenses annuelles du Trésor.
ordonnance (Compagnies d’). V. compagnies.
ORDONNEAU (Louis, baron d’), général, né en 1770 fi St-Maurice (Charente-Inférieure), m. en 1855, était commis-marchand à Bordeaux lors de la Révolution. Il partit comme volontaire en 1792, se distingua aux armées du Nord, de Sambre-et-Meuse , des côtes de Brest et de Cherbourg, des Alpes, et d’Italie, reçut du 1er consul Bonaparte un sabre d’honneur, fit partie de l’armée de Catalogne de 1808 à 1814, servit sous Augereau pendant la campagne de France, fut nommé commandant supérieur de l'ile de Ré par la lre Restauration, retourna en Espagne en 1823 , et , chargé du gouvernement de Madrid, montra autant de modération que de fermeté dans le rétablissement de l’ordre. Il cessa d’être en activité en 1829. B.
ORDRES SACRÉS. On les distingue en mineurs ( portier, exorciste, lecteur, acolyte), et majeurs (sous-diaconat, diaconat, prêtrise). Les premiers, qui n’emportent pas d’engagement irrévocable , peuvent être conférés par les abbés réguliers aux moines placés sous leur direction. Les seconds ne sont conférés que par les évêques. L’Eglise grecque n’a qu’un ordre mineur, celui de lecteur. Les ordres majeurs forment un empêchement dirimant pour le mariage.
ORDUNA, v. d’Espagne (Biscaye) , à 39 kil. S.-S. -O. de BVbao ; pop. de la commune : 3,140 hab.
OREADES (du grec oros, montagnes), nymphes des montagnes, et compagnes de Diane.
OREBITES, section des Hussites, ainsi appelés parce qu’ils avaient choisi le mont Oreb pour leur retraite. OREBRO. V. Œrebro
ORÉE, v. d’Eubée. V. Histiee.
ORÉES (du grec ôra, saison), offrandes de fruits que les anciens faisaient aux déesses qui présidaient aux saisons.
ORÉGON ou COLUMBIA, fleuve des États-Unis, pren< sa source dans les montagnes Rocheuses, par 50» lat. N. et 117» de long. O., coule au N.-O., au S., au N., et enfii a 1 O., forme en plusieurs endroits des rapides, et se jetti dans l’océan Pacifique par 46» 24' lat. N., entre les cap: du Désappointement et d’Adam. Son embouchure est encombrée d écueils. Cours de 1,550 kil. Les navires de 30( tonneaux le remontent jusqu’à 160 kil.
Oregon (Territoire et État de 1’), vaste contrée de l’Amérique du Nord, entre la Nouvelle-Bretagne au N., les montagnes Rocheuses à l’E., la Californie au S., et l’océar I acifiquG à 1 0.j tire son nom du fleuve Orégon qu: l’arrose. On ne commença de l’explorer qu’à la fin de xvnic siècle. Objet de litige entre les Anglais et les Américains, ils l’ont partagé, en 1846 : ce qui est au N. du 49e degré de lat. N., appartient à l’Angleterre; ce qui est au S., aux Etats-Unis, et fut érigé en Territoire en 1848. Un a démembré le Territoire de Washington du 49e au 46e degre lat. N.; le reste a été érigé en État d'Orégon en 18o9 ; capitale, Salem; ville principale, Astoria; 249,402 lui. carrés; 52,264 hab. q P.
O REI1.LY (Alexandre), général au service del’Esiian-ne ne en Irlande vers 1735, m. en 1794, combattit d’aborc pour la F rance dans la guerre de Sept- Ans , puis obtint la
faveur du roi d’Espagne , Charles 111 , dont il avait sauvé la vie dans une émeute à Madrid. Il alla prendre possession de la Louisiane cédée par la France à l’Espagne, et dirigea, en 1774, une formidable expédition contre Alger, où il échoua complètement. Il avait été néanmoins choisi pour commander l’armée des Pyrénées contre la France , quand il mourut.
OREL ou OIILOW, v. de la Russie d’Europe , au confl. de l’Orlik et de l’Oka , ch.-l. du gvt et du district de son nom, à 1,100 kil. S.-E. de Sl-Pétersbourg , et 355 S. de Moscou; par 52“ 57' 58” lat. N., et 33° 44’ de long. E. ; 34,000 hab. Evêché; tribunaux, gymnase. Grand comm. de grains; corderies, filatures de coton. Plusieurs fois prise et saccagée par les Lithuaniens, les Tartares de Crimée et les Polonais. — Le gvt d’Orel, entre ceux de Kalouga au N., de Smolensk et de Tcherriigov à l’O. , de Koursk au S., de Voi’onèje à l’E , et de Toula au N.-E., est divisé en 12 districts; 46,386 kil. carrés; 420 kil. sur 172; 1,532,034 hab. Climat tempéré. Sol fertile; agriculture soignée. Belles forêts ; récolte de céréales, chanvre, lin, tabac, houblon. Exploit, de fer, salpêtre, pierres à bâtir. Tanneries , fabr. de toiles et cordages.
ORELLANA (François) , aventurier espagnol , né à Truxillo au commencement du xvic siècle , suivit Pizarre au Pérou , et, s’abandonnant sur un brigantin au cours du fleuve des Amazones, 1541 , le reconnut depuis le confluent du Napo jusqu’à son embouchure. Ayant obtenu de Charles-Quint l’autorisation d’établir des colonies dans les régions qu’il avait découvertes, il repartit, en 1549, avec 3 vaisseaux , en perdit deux , et mourut de chagrin sur la côte de Caracas.
oreleana , nom donné primitivement au fleuve des Amazones.
orellana , Aureliana , v. d’Espagne ( Estramadure ) , à 60 kil. N. de Truxillo; 2,000 hab.
ORELLI ( Jean-Gaspar) , célèbre philologue, né à Zurich en 1787 , m. en 1849. Après de fortes études au Carolinum ou gymnase de sa ville natale , où il eut parmi ses maîtres Bremi et J.- J. Hottinger, il passa quelques mois dans l’institut pédagogique de Pestalozzi à Yverdun. A 19 ans , il exerça les fonctions de pasteur du culte réfermé à Bergame, où il préluda à ses publications d'auteura italiens par 2 volumes (en allemand) de Suppléments à l’histoire de la Poésie italienne, Zurich, 1810, et par une étude biographique (en allemand) sur Victorin deFeltre, ibid. , 1812, in-8°. De là il passa, en 1814, à une chaire de l’école de Coire, rentra à Zurich, en 1819, comme professeur d’éloquence au Carolinum, devint, en 1831, bibliothécaire de cette ville , et en 1833 , lors de la fondation de l’Université de Zurich, à laquelle il eut la plus grande part , il y fut nommé professeur extraordinaire de littérature ancienne , en conservant ses fonctions au gymnase. Les travaux d’Orelli consistent principalement en éditions critiques de textes grecs , latins et italiens , imprimées la plupart à Zurich , et dont plusieurs ont paru sous forme de programmes académiques. Quelques-unes sont accompagnées d’excellents commentaires ; dans toutes brille une érudition variée et choisie, une rare sagacité, une précision et une correction remarquables. Il a formé à Zurich une école philologique , dont le chef est auj. M. Baiter, sou principal collaborateur et le continuateur de ses publications. Orelli a donné, en grec : Isocrate, Discours sur l’Echange, avec un commentaire et des Lettres philologiques (en allemand ) , 1814, in 8° ; divers Extraite des Pères de l’Eglise , 1820-28 ; la Théogonie d’Hésiode , 1836, in-4°; Théognis, 1840, in-4“; Platon, avec les seholies et les glossaires anciens , 1839 , gr. in-4°, et 21 vol. in-16; Babrius, 1844, in-16 , etc.; en latin : Eclogce poctarum lalinorum , 1822 et 1833 , in-8°; Cicéron , œuvres complètes , avec les scholiastes et un Onomaslicon Tullianum, 1826-38, 8 vol. en 12 tomes gr. in-8°; 2« édit , 1845 et années suiv. ( par les soins de MM. Baiter et Halm ) ; plusieurs éditions spéciales d’ouvrages de Cicéron : Pro Plancio , 1825; Pro Milone, 1826 ; Philippiques , 1827 ; Académiques, 1827 ; Tusculanes , 1829; Orator et Brutus , 1830; De suppliciis , Leipzig, 1831; Discours choisis, 1836, etc.; Inscriptionum lalinarum selectarum amplissima colleclio , ad illustrandam Romance antiquitatis disciplinam accommodata , Zurich, 1828 , 2 vol. gr. in-8», complétée parles Inscriptions Helveticæ , 1844, in-4»; Salluste , 1831 et 1840, in-8° ; Phèdre et P. Syrus, 1831-32, in-8°; Velléius Paterculus, Leipzig, 1835, in-8»; Horace, 1837-38 (2e édit., 1843- 44; 3e, 1850-52) , 2 vol. in-8»; Tacite, 1846-48, 2 vol. in -8o, etc. ; en italien : Saggi di eloquenza italiana, 1817, in-8»; Cronichette d’Italia et Vita di Dante , Coire, 1822, 2 vol. in-12; Poesie filosofiche di Tom. Campanella , Lugano,
ORE
ORF
1838, in-8®; Tasso, la Gerus. liberata, 1838, in-8°; Ariosto, Satire, 1842, in-4®. Il a publié aussi, en allemand, les OEuvres choisies de Lavater, 1841-44, in-8°, et un grand nombre d’opuscules , de dissertations et d’articles théologiques, politiques et littéraires. V. Essai sur la vie et les travaux de J. -G. Orelli , par J. Adert , dans la Bibliothèque universelle de Genève , 1849. — Conrad Orelli, frère de Gaspar, né en 1788, m. en 1854, a publié des ouvrages élémentaires pour l’étude du français , et une grammaire (en allemand) de l’ancienne langue française, dont la 2e édition a paru en 1849. Ds.
orelli (Jean-Conrad), cousin des précédents, né à Zurich en 1770, m. en 1826, pasteur et conseiller ecclésiastique , fut un des maîtres de Gaspar : on lui doit plusieurs éditions savantes , entre autres , des Fragments de Nicolas de Damas, Leipzig, 1804-11, 2 vol. in-8°; des Epistolographes grecs (t. 1er) , ibid. , 1815, in-8°; d’Arnobe, Adversus gentes , ibid., 1816-17, 2 vol. in-8®; d’Æneas Tacticus , ibid., 1818, in-8°; des Fragments d’Epicure , ibid., 1818, in-8»; des Déclamations de Polémon et de Lesbonax , ibid., 1819 et 1820 , in-8°; des Opuscula grœcorum sententiosa et moralia, ibid., 1819-21, 2 vol. in-8°; du philosophe grec Salluste [De Diis et mundo) , Zurich, 1821, in-8»; des Fragments de Sanchoniathon , Leipzig, 1826, in-8° ; de l’Histoire secrète de Procope , ibid., 1827, ln-8®, etc. Ds.
ORENBOURG , v. forte de la Russie d’Europe , ch.-l. du gouv. de son nom , au confluent de l’Oural et de la Sakmara, à 2,000 lcil. S.-E. de S'-Pétersbourg , 350 S. d’Oufa; par 51° 45' 28” lat. N., et 52° 46' de long. E. ;
14.000 hab. Evêché; mufti musulman; école militaire. On remarque une belle cathédrale bâtie sur un rocher de jaspe rouge, la chancellerie , la Cour du commerce et celle des échanges. Marché du commerce de l’Asie avec l’Europe du Nord ; les caravanes de Khiva , de la Boukharie et des Indes y échangent , avec les marchands tartares , de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, des soieries, des cotons, des châles, des peaux d’agneaux, de tigres et de chats-tigres, des foulards, des indiennes, contre des draps, des velours , des vêtements , des toiles , du sucre , du café, du thé, des ustensiles, de la verroterie et des bagatelles. Foires de chevaux et de moutons. Suif renommé. — Cette ville, fondée en 1734 , sous le nom d ’Orsk, au confluent de l’Oural et de l’Or, fut transférée , en 1739, à 200 kil. plus au Sud, sous le nom de Krasnogorskata, elle prit le nom d’Orenbourg en 1742.
orenbourg ( Gouvernement d’ ), division administrative de la Russie, entre ceux de Perm et d’Oufa au N., entre ceux de Samara, d’Astrakan et la mer Caspienne à l’O., le khanat de Khiva et le Turkestan russe au S., les Kirghis de Sibérie ou de la Horde moyenne à l’E. Superficie,
160.000 kil. carrés, et depuis l’adjonction du territoire des Kirghis, 960,000 kil. Ch.-l., Orenbourg (Oufa avant 1865). Climat alternativement très-chaud ou très-froid. Mines d’or, de platine, de marbre, d’agate, de sel gemme ; riches mines et fonderies de fer et de cuivre ; sol très-fertile ; exportation de grains; fabr. de potasse, savon, etc. Elève d’abeilles et de bestiaux. Pêcheries importantes; 1,800,000 hah. Baskirs, Cosaques, etc., de mœurs nomades, mahométans et païens. Le gvt d’Oufa en a été détaché en 1865.
ORÈNOQUE, en espagnol Orinoco , fleuve de l’Amérique du Sud, sort des monts Jaruguoca, limite du Vénézuéla et de l’empire du Brésil, coule par deux branches à l’E. et au N., communique par une autre, le Cassiquiare, et par le Rio-Negro , avec le fleuve des Amazones , reçoit à droite le Marquiritari , la Padamo, le Caroni, la Ventuari , et à gauche le Guaviare, la Meta et l’Apure, arrose Esmeralda , Atures , Urbana, Caycara, Angostura, et se jette par 50 bouches , dont 7 navigables , dans l’océan Atlantique. Christophe Colomb découvrit la plus grande (la Bocca de Navios) en 1498. Cours de 2,500 kil. Navigable aux plus gros bâtiments. Crues immenses d’avril à septembre; elles font déborder le fleuve jusqu’à 100 kil. de ses rives. Grandes cataractes près d’Atures. La marée est sensible jusqu’à Angostura , à 450 kil. de la mer.
orÉnoque ( Département de 1’ ), division de la république de Vénézuéla, jadis partie de la Colombie; 1,250 kil. sur 1,100; 180,000 hab. Ch.-l. , Varinas. Il forme 3 provinces, Varinas, Apure et Guayana. Vastes forêts.
ORENSE, Aquce calidæ, v. d’Espagne (Galice) , capitale de la province de son nom, sur la riv. g. du Minho, à 320 kil. N.- O. de Madrid, et 92 de la Corogne; pop. de la commune : 10,775 hab. Eaux thermales renommées. — La piov. d’Orense, division administrative du royaume d’Espagne , entre celles de Lugo au N. , de Pontevedra à l’O. , le Portugal au S , et la Vieille-Castille à l’E., est arrosée
par le Minho, le Sil, et la Lima ; sol fertile; 7,092 kiiom carrés: 369,138 hab. en 1860.
ORERSTEIN, v. du gr.-duché d’Oldenbourg, sur la Nahe; 1,800 hab. Belles agates.
ORESME (Nicole); né à Caen au commencement du xiv® siècle, en 1382, vint à Paris, où il fut nommé docteur en théologie, puis grand maître du collège de Navarre en 1355, doyen de l’église de Rouen, et précepteur des enfants du roi Jean, 1360. Un discours hardi, prononcé en 1363 devant le pape Urbain V, le fit accuser d’hérésie; mais s’étant disculpé, il obtint de Charles V, 1377, l’évêché de Lisieux, où il mourut. Oresme a laissé 115 sermons, une traduction de la Politique d’Aristote et une de Pétrarque. Il était un des principaux lettrés de son temps ; ses ouvrages sont oubliés auj., et il traduisit Aristote sur une traduction latine, sans savoir le grec. E. F. Meunier, Essai sur la vie et les ouvrages de Nicole Oresme, Paris, 1857, in- 8°.
ORESTE, Orestes, fils d’Agamemnon et deCIytemnestre. Quand son père fut assassiné, sa sœur Electre, afin de le réserver pour la vengeance , l’envoya secrètement en Phocide, à la garde du roi Strophius, qui avait épousé une sœur d’Agamemnon. Il grandit avec Pylade, fils de Strophius, et bientôt, obéissant à la voix de l’oraole, ou à l’ombre même de son père, il revint furtivement à Argos, accompagné de son ami. Il se fit reconnaître d’Electre, et abusant Egysthe et Clytemnestre par le récit de sa propre mort, il les immola tous deux. Il crut voir aussitôt se déchaîner contre lui les Furies vengeresses, et, pour leur échapper, s’enfuit à Delphes dans le temple d’Apollon. De là, cédant à de nouveaux ordres du Dieu, il partit pour Athènes, où sa cause devait êtrejugée devant l’Aréopage présidé par Minerve; Apollon le défendit contre les Furies, et Minerve le fit renvoyer absous. Cependant il lui fallut se rendre à Trézène pour expier son crime, et de là en Tauride, où il retrouva sa sœur Iphigénie ( V . ce nom). De retour en Grèce avec elle , il monta sur le trône d’Argos; bientôt après, devenu aussi roi de Lacédémone par la mort de Ménélas, il donna Electre en mariage à Pylade, et épousa lui-même Hermione, fille d’Hélène et de Ménélas, après avoir tué ou fait tuer au pied des autels Pyrrhus, fils d’Achille, qui avait voulu la lui enlever. Certaines traditions rapportent qu’après la mort d’Hermione, il épousa Erigone, fille de Clytemnestre, dont il eut un fils qui lui succéda. Il mourut à 90 ans de la piqûre d’un serpent. La légende d’Oreste a inspiré Eschyle dans les Choéphores et les Euménides, Sophocle dans Electre, Euripide dans Electre, Oreste, et Iphigénie en Tauride. Elle passa dans les imitations que firent de ces chefs-d’œuvre les vieux tragiques latins, et on en retrouve des traces dans certains récits des autres poètes (Virgile, Enéide, liv. u; Ovide, Pontiques, m, 2). Elle a été aussi représentée sur les scènes modernes , dans V Andromaque de Racine, Oreste et Pylade, de Lagrange- Chancel, 1697, Electre de Crébillon, 1708, Electre de Longepierre, 1719, Oreste de Voltaire, 1750, Iphigénie en Tauride de Guimond de la Touche, 1757. Alfieri a aussi composé un Oreste, et Goethe une Iphigénie en Tauride. S. R.
oreste, officier d’Attila, se fixa en Italie après la mort de ce chef, devint tout-puissant sous l’empereur Julius Népos, 473, le détrôna, et donna la pourpre à son propre fils Romulus Augustule, 476. Üdoacre le fit mettre à mort l’année suivante.
ORESTIDE, contrée de l’anc. Macédoine, à l’O.
ORETUM, v. d’Hispanie (Tarraconaise), ch.-l. des Oretani; auj. Calatrava.
OHEZZA, vge (Corse), arr. et à 20 kil. de Corte. Eaux minérales acidulés froides ; 340 hab.
ORFA, anc. Callirhoé, Edesse, Justinopolis, v. de la Turquie d’Asie, eyalet et à 260 kil. N.-E. d’Alep; 48,000 hab. Évêché arménien; belles mosquées; ruines d’une citadelle, dite Palais de Nemrod. Fabriques de toiles de coton, maroquins, orfèvrerie, bijouterie. Près de là, cata-
combes creusées dans le roc.
ORFANO , vge de la Turquie d’Europe. V. Contessa.
ORFANO (Golfe d’), Strymonicus sinus, golfe de l’Archipel, sur la côte du livah de Saloniki; 26 kil. sur 32.
ORFFYRÉ ou ORPHYRREUS ( Jean-Ernest-Elie Bessler, dit), né en 1680 près de Zittau (Alsace), m. en 1745 , renonça à la théologie et à la médecine pour les mathématiques et la mécanique, s’essaya ensuite dans la fonderie, la verrerie, l’horlogerie, la peinture, l’art du tourneur, du fourbisseur, du vernisseur, entra comme frère lai dans un couvent, quitta le froc pour s’enrôler dans les troupes autrichiennes, déserta, et se fit empirique et chercheur de trésors. Il prétendit avoir trouvé le mouvement
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perpétuel, et construisit, en 1712 et en 1719, deux machines d’après son système : il brisa l’une, pour ne pas payer un impôt dont le gouvernement de Cassel en frappa l’exhibition publique, et l’autre, après un rapport défavorable de S’Gravesande. On a de lui : le Mouvement perpétuel triomphant , en allemand et en latin, Cassel, 17 19, in-4°; TOrffyrée orthodoxe, 1723, in-4°, projet de réunion de toutes les sectes religieuses.
ORFILA (Mateo-José-Bonaventura) , médecin célèbre par ses travaux sur la toxicologie, né à Mahon (île de Minorque) en 1787, m. à Paris en 1853, était fils d’un armateur, et fut un enfant précoce : il apprit en même temps le latin , le français , l’anglais , et une grande partie des mathématiques. Comme il était devenu bègue , on l’envoya chanter au lutrin pour le guérir; le moyen réussit, et révéla en lui des dispositions musicales qui furent cultivées. Son père l’embarqua à 15 ans sur un de ses bricks ; mais , après un voyage en Egypte , Orfila se prononça pour la carrière de la médecine. A 17 ans , il alla à l’université de Valence, puis à celle de Barcelone , où, tout en suivant les cours de l’école de médecine , il s’occupait avec passion de musique vocale et instrumentale. La junte de Barcelone l’envoya étudier la chimie à Paris en 1807. Il ouvrit un cours de chimie, et ses débuts furent assez brillants pour mériter d'être encouragés par la présence de Fourcroy et de Vauquelin. Il reçut le grade de docteur en médecine en 1811, se fit naturaliser Français, et continua de faire des cours de chimie , de médecine légale, et d’anatomie. En 1813. il publia un Traité de toxicologie, qui ûit presque immédiatement traduit dans les principales langues d’Europe, et lui valut le titre de correspondant de l’Institut et la place de médecin par quartier de Louis XVIII. Nommé professeur de médecine légale à la Faculté de Paris en 1819, il passa, en 1823, à la chaire de chimie, en remplacement de Vauquelin. Peu après la révolution de 1830, Antoine Dubois, doyen de la Faculté de médecine de Paris, ne voulant pas conserver ces fonctions, présenta, et fit agréer Orfila pour le remplacer. Le nouveau doyen organisa l’hôpital des cliniques, établit un nouveau jardin botanique, le Musée d’anatomie pathologique, dit Musée Dupuytren, fondé avec un legs de cet illustre professeur, et une galerie d’anatomie comparée , qui fut appelée Musée Orfila. Sous son administration , l’enseignement supérieur de la médecine fut relevé et étend^ l’enseignement secondaire fortifié ; il fonda l’association de prévoyance des médecins de Paris, qui le choisit pour président. Il était parvenu, en outre, à de nombreuses dignités administratives et universitaires. A la révolution de 1848, il fut destitué de sa place de doyen. Elu président de l’Académie de médecine en 1851 , deux ans après , il fit don à cette société et à six autres établissements publics, d une somme de 121,000 fr. pour l’institution de divers prix, et pour quelques améliorations matérielles. Orfila avait une physionomie expressive , des manières distinguées, une conversation spirituelle, et un talent musical de premier ordre, qui exercèrent une grande influence sur sa vie publique. Professeur très-remarquable, il vit, pendant 33 ans, un auditoire aussi assidu que nombreux se presser à ses cours. La renommée qu’il s’était acquise en toxicologie le faisait appeler fréquemment à éclairer les magistrats et les jurés dans les causes criminelles. Ses principaux ouvrages, tous devenus classiques, sont : Eléments de chimie, 1817, 8e édit., 2 vol. in-8°, 1851 ; Traité des exhumations juridiques, 1831, 2 vol. in-8°, traité compris plus tard dans celui de Médecine légale, et qui a constitué le point médico-légal consistant dans la détermination de l’époque du décès; Traité de médecine légale, 1823- 25, 4e édit., 3 vol. in-8°, 1848, ouvrage qui n’est pas seulement original et décisif dans ce qui est relatif aux poisons, mais aussi sur les questions que soulève la mort par pendaison et par submersion , les moyens employés par les malfaiteurs pour changer la couleur de leurs sourcils et de leurs cheveux , les taches de sang que portent les instruments ayant servi à la perpétration des crimes ; Traité de toxicologie, 5e édit., 2 vol. in-8°, 1852, où, faisant succéder l’expérimentation à l’hypothèse, il a inventé les moyens de retrouver les poisons dans les liquides alimentaires et animaux , prouvé qu’on pouvait les extraire de la profondeur même des organes, et bien longtemps après l’exhumation, étudié le temps que les poisons séjournent dans le corps et les routes par lesquelles ils sont expulsés, tracé les règles de l’administration des contre-poisons, et fait des découvertes de détail sur presque tous les poisons. V. Eloge d'Orfila, par M. Dubois (d’Amiens), Mémoires de l Académie de Médecine, t. xvm, in-4°. R. D.
ORFORD , brg et paroisse d’Angleterre ( Suffolk), à 33