‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 243 sur 864 · ORN · texte numérisé non relu

ORN

principaux autours de la Restauration de 1660. Vice-roi d'Irlande, il s’appliqua à relever le commerce et l'agriculture de cette île.

ormond (Jacques Butler , duc d’), petit-fils du précédent , né à Dublin en 1665 , m. en 1745 , embrassa le parti de Guillaume d’Orange , et jouit de la plus grande faveur sous son règne et sous celui de la reine Anne. Il se distingua à l’affaire de Vigo, gouverna quelque temps l’Irlande, et fut nommé, en 1712, généralissime des troupes anglaises dans les Pays-Bas. A la mort de la reine Anne, son penchant connu pour les Stuarts le fit disgracier par Georges Ier : ses biens furent confisqués, et il dut se retirer en France.

ormond , canton montagneux et stérile de l’Irlande (Munster), dans le canton de Tipperary.

ORMSKIRK , brg et paroisse d’Angleterre, comté et à 45 lcil. S. de Lancastre, 20 N. E. de Liverpool ; 4,250 hab. Houillères, filatures de coton et de fil pour 'toile à voiles, pâtisseries renommées, marchés aux bestiaux. Belle église gothique de S'-Pierre-et-SGPaul.

ORMUZ ou HORMOUZ , Armuzia , Ogyris , v. et port d’Asie, sur la côte N.-E. d’une île de même nom, à l’entrée du golfe Persique, sur le détroit d’Ormuz, qui joint ce golfe à la mer d’Oman ; 500 hab. L’ile a 20 kil. de tsur ; elle était célèbre au xvie siècle par ses pêcheries de perles. Prise par Albuquerque en 1514, elle devint une station du commerce portugais en Orient; reconquise en 1623 par Chah-Abbas Ier, aidé des Anglais, elle appartient auj. à l’iman de Maskate, sous la suzeraineté de la Perse.

ORMUZD , VOromaze des Grecs, en zend Aliura-Mazda (le seigneur très-savant), Dieu suprême des antiques habitants de l’Ariane, et l’adversaire d’Ahriman , qui lui est complètement subordonné. Ahriman ne peut contre-balancer l’œuvre d'Ormuzd qu’en imitant, en sens inverse, ses créations. Ormuzd est le principe de tout bien. Il est dans la nature, mais la nature est distincte de lui. Ou le regarde comme l’ordonnateur du monde, non comme le créateur. A peine Ormuzd , désirant le bien , l’ordonnant , adressait-il la parole à l’univers, qu’Ahriman apparut, et refusa d’accomplir le Honover ( parole), de ceindre le Kosti (cordon sacré), de s’humilier enfin devant la toute-puissance et la tonte-bonté. On voit que le Mazdéisme attribue l’origine du mal à l’orgueil et au libre arbitre, comme la Bible et le Coran. Chacune de ces deux puissances supérieures a son armée, qui la seconde, l’une dans le bien , l’autre dans le mal. L’une des meilleures manières d’honorer Ormuzd est de cultiver la terre. Il faut protéger et nourrir les animaux domestiques. La destruction des Kharfeslers ou animaux impurs, créés par les Devs (génies malfaisants), est recommandée. L’adorateur d’Ormuzd est entraîné, à sa mort, sur le pont Tchinévad. Là on le juge, et, suivant la vie qu’il a menée, il franchit le pont, ou est précipité dans le royaume des ténèbres. Le châtiment n’est cependant pas éternel. A la fin du monde, Ormuzd enverra le prophète Socioch, qui préparera les hommes à la résurrection générale; alors renaîtra un nouvel univers, parfait, immortel. Le Mazdéisme faisait un devoir religieux des conditions de la vie matérielle, aussi bien que de l’élévation de l’âme vers les puissances supérieures. Il fut introduit partiellement à Rome, en Egypte, et, antérieurement, dans la Haute-Asie. Aujourd’hui les Parsis, épars dans l’Inde, observent encore fidèlement le culte de leurs pères, mais sans comprendre le sens des invocations liturgiques par lesquelles les antiques habitants de l’Ariane suppliaient Ormuzd d’anéantir le mal et de faire triompher sa toute-puissance. D.

ORNAIN ou ORNE , riv. de France, prend sa source près de Neuville-aux-Bois (Haute-Marne), passe à Gondrecourt, Ligny, Bar-le-Duc, entre dans le département de la Marne, reçoit la Saulx, arrose Vitry-le-Brûlé, et se jette dans la Marne à 2 kil. N. de Vitry-le-François. Cours de 150 kil., flottable sur deux parties réunies par deux canaux et la petite rivière de la Chée.

ORNANO (Alphonse d’), né en Corse vers le milieu du xvie siècle, m. en 1610, était fils du fameux Sampiétro , et prit le nom de sa mère, Vanina d’Ornano, issue d’une antique et riche famille. Elevé à la cour de Henri II comme enfant d’honneur des princes de France, il retourna en Corse, à l’âge de 18 ans, pour continuer la guerre engagée par son père contre les Génois , fit la paix avec eux en 1568, et passa en France avec 800 de ses compatriotes. Nommécolonel-général des Corses au service de CharlesIX, fidèle à Henri III pendant les troubles de la Ligue , il fut envoyé dans le Dauphiné, après l’assassinat des Guises, pour calmer les esprits disposés à la révolte. Un des premiers à reconnaître Henri IV, il contribua , avec Lesdi-

guières et Montmorency, à la soumission de Lyon , Grenoble et Valence, fut envoyé contre le duc d’Epernon en Provence , et devint successivement lieutenant-général en Dauphiné, maréchal de France , lieutenant-général en Guienne. Son tombeau est au musée des antiquités de Bordeaux. B.

ornano (Jean-Baptiste d’), fils du précédent, néàSisteron en 1581 , m. en 1626, succéda à son père dans la charge de colonel-général des Corses, fut nommé gouverneur de Gaston d’Orléans , frère de . Louis XIII , et lui suggéra de demander l’entrée du conseil , afin de s’y introduire lui-même. Eloigné de la cour par suite de cette intrigue , il y fut rappelé sur les instances de son pupille, qui le nomma 1er gentilhomme de sa chambre, surintendantgénéral de sa maison, et obtint encore pour lui le brevet de maréchal de France, 1626. Richelieu accusa bientôt Ornano d’avoir déterminé Gaston à un mariage avec une princesss étrangère, union qui devait le rendre plus indépendant : Ornano , impliqué d’ailleurs dans la conspiration de Chalais, fut enfermé à Vincennes, où il mourut, étranglé ou empoisonné. B.

ornano, vge (Corse), arr. et à 13 kil. S.-E. d’Ajaccio, a donné son nom à la famille d’Ornano.

ORNANS, ch.-l. de cant. (Doubs), arr. et à 27 kil. S.-E. de Besançon, dans un vallon pittoresque, sur la Loue, qui le divise en deux parties , réunies par deux ponts de pierre; 3,223 hab. Fromages façon de Gruyère lre qualité (50,000 kilog. par an); papier; cuirs estimés; moulins à farine. Belle église de S1 -Laurent, du xv* siècle. Elégant hospice civil. Ecole secondaire ecclésiastique. Aux environs se trouvent les restes d’un château des ducs de Bourgogne , et les cascades de Syrata. Ornans obtint une commune en 1254, et était fortifié.

ORNATRIX , coiffeuse chez les riches Romaines. C’était une esclave ou une affranchie très habile, qui avait fait un long apprentissage de son métier. Une Romaine avait quelquefois autant d’Ornatrix que de genres de coiffures aux cheveux.

ORNE, Olina , riv. de France, arrose le département de l’Orne , où elle prend sa source près de Séez , et celui du Calvados, coule au N. -O. , puis au N.-E., passe à Séez, Argentan, Caen, où elle devient navigable, et se jette dans la Manche. Cours de 140 kil. On y pêche des aloses estimées. Elle reçoit l’Odon et le Noireau.

orne (1’), département du N. -O. de la France, entre ceux du Calvados au N. , de l’Eure au N.-E., d’Eure-et- Loir à l’E. , de la Sarthe et de la Mayenne au S. , de la Manche à l’O. Superf. , 608,607 hect. ; pop. , 414,618 hab. Ch.-l. Alençon. Il est formé de divisions de la Basse- Normandie , du Perche et du Maine. Traversé par la chaîne de coteaux qui sépare le bassin de la Manche de celui de l’Atlantique; arrosé par l’Orne, la Dive, la Touques, la Mayenne, la Sarthe, l’Huisne. Sol fertile en grains, fruits à cidre, lin, chanvre; herbages renommés. Elève de bons chevaux normands , bœufs , moutons , volailles. Exploitation de fer, tourbe, kaolin , pierres de taille , granit; eaux minérales. Usines à fer, forges. Fabr. d’aiguilles, épingles , clouterie, etc.; toiles, mousselines, dentelles d 'Alençon. Ce département forme le diocèse de Séez, et dépend de la cour impériale de Caen.

ORNEMENTS TRIOMPHAUX. On nommait ainsi, chez les anc. Romains , le droit de porter la toge et la couronne de triomphe une fois par an , le 1er janvier. Cet honneur fut inventé du temps d’Auguste , pour tenir lieu du triomphe, qui ne pouvait être accordé qu’à un général en chef ; or, depuis Auguste , tous les généraux , n’étant plus que les lieutenants de l’empereur, étaient censés ne jamais commander en chef. On imagina de les récompenser en leur permettant de prendre le costume qu’avaient toujours eu droit de porter les citoyens qui avaient triomphé. Sous Claude et sous Néron , cet honneur fut prodigué même à des gens qui n’avaient rendu aucun service militaire; il finit par tomber en désuétude, et l’on croit qu’après le règne de Trajan il ne fut plus conféré à personne. C. D — y.

ORNITHOMANCIE ou ORNITIIOSCOITE, divination par l’inspection du vol, du cri ou du chant des oiseaux.

ORNOIS, Odornensis pagus , petit pays de l’anc. France ( Lorraine). Ou distinguait VOrnois-en-Barrois, sur la rivière d’Orney, et VOrnois-en-Vcnlunois, sur la rivière d’Orne ou Ornain.

ORNON (Comté d’) , dans l’ane. Guyenne. Le château de la comté était dans le village actuel de Gradignan (Gironde). Il ressemblait aux châteaux normands construits en Angleterre aux xie et xne siècles. Il en reste auj. d'épais massifs et une tour. Il existait en 1173 , et fut ruiné par le comte d’Armagnac en 1405.

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