PALAIS CARDINAL. V. PALAIS-ROYAL
PALAIS DU CONSEIL D’ÉTAT ET DE LA COUR DES COMP- TES. Il s’élève sur le quai d’Orsay au N., les rues de Lille au S., de Poitiers à l'E., et de Belle-Chasse à l’O., dans le 7me arrondissement. Son plan est un parallélogramme de 113 mèt. sur 67, avec 4 pavillons aux angles, et, sur le quai, un avant-corps long de 103 mèt. Cet avant-corps est composé d’un rez-de-chaussée et d’un 1er étage percés de fenêtres en arcades, dont les pieds-droits sont décorés de colonnes à demi engagées , doriques en bas , ioniques en haut, et d’un 2« étage en attique, orné de pilastres earrés. Cette ordonnance se modifie sur les parties latérales, qui sont coupées par un entresol et des mezzanines. La façade d’entrée du palais est sur la rue de Lille. Elle répète , entre les pavillons d’angle, et un peu en retraite, la même ordonnance que sur le quai, avec cette différence que les arcades du rez-de-chaussée sont en portiques à jour. Derrière est une cour de 38 mèt. carrés, qui occupe le centre de l’édifice, et autour de laquelle se continuent les portiques en arcades, avec pilastres doriques cannelés sur leurs pieds-droits. Ces portiques sont répétés au 1er étage , en arcades aussi , avec pilastres ioniques. A droite et à gauche de cette grande cour d’honneur, on en trouve deux autres de 32m,80 de long, sur 16 de large, autour desquelles les bâtiments achèvent de se développer. Elles communiquent avec celle du centre par une arcade ouverte dans leur axe transversal, et correspondant à une pareille arcade qui leur sert d’entrée par les rues de Poitiers et de Belle-Chasse. Les façades latérales , sur ces rues , ont 37“>,80 d’étendue. Le Palais du Conseil d’Etat et de la Cour des comptes , par sa cour avec portiques , et l’harmonie de ses dispositions générales , rappelle quelques beaux palais d’Italie. Le style de son architecture, riche et sobre à la fois , est d’une élégance du meilleur goût. L’avant-corps sur le quai a de la noblesse et de la grandeur, et produirait plus d’effet si ses belles lignes se continuaient en retour. Le monument fut commencé en 1810, sur les plans et sous la direction de Bonnard, et terminé, après de longues interruptions, en 1842, par M. Lacornée.
palais du corps LEGISLATIF, entre le quai d’Orsay et la place du Palais-Bourbon. Il a deux façades, une sur la place et une sur le quai. Cette dernière est vis-à-vis du pont de la Concorde, a un développement de 72m,50, et, au centre, un portique de 46”, 50, orné de 12 colonnes corinthiennes hautes de 13m,75, supportant un vaste fronton avec bas-relief. Un perron de 25 degrés donne accès au portique, et règne dans toute sa largeur entre deux socles latéraux sur lesquels s’élèvent, d’un côté, la statue de Thémis, de l’autre, celle de Minerve, de 4,n,50 de proportions. Au bas du perron, et en prolongation, on voit 4 statues, colossales aussi, mais assises, de L’Hôpital, Sully, Daguesseau, et Colbert. La façade sur la cour, du côté de la place, offre un bâtiment à un seul étage, couvert en terrasse avec balustrade, et percé de 6 fenêtres en portiques, dont les pieds-droits sont ornés de colonnes corinthiennes cannelées, adossées, de 6”, 50. Au centre, un portique de 4 colonnes de même ordre, mais de plus fortes proportions, couro-.inées par un fronton triangulaire, forme l’entrée réservée au souverain. Deux ailes en retour, de même style que le bâtiment du fond, complètent, avec deux petits arrière-corps, cette façade, qui est au fond d’une cour de 56 mètres de profondeur sur 48 de largeur, bordée, à droite et à gauche, de bâtiments à un étage. Cette, cour est séparée de la place par un portique en colonnade corinthienne à jour, haute de 8m,25, sur un socle de 2”, 25. Au centre est la porte, en style d’arc triomphal. La salle des séances du Corps législatif est demi-circulaire, avec des gradins en amphithéâtre, au
j sommet desquels 20 colonnes ioniques de 6 mètres de pro- I portion, en marbre de Carrare, avec bases et chapiteaux en bronze doré, contournent l’hémicycle et supportent, à la hauteur de 16”, 50, un beau plafond en fer, revêtu de maçonnerie figurant des caissons. Vers son centre, une ouverture demi-circulaire éclaire la salle, qui mesure 32 mètres de diamètre, et peut contenir 500 personnes assises. Derrière la colonnade sont des tribunes pour le public. Le palais du Corps législatif a été appelé palais Ilourbon jusqu’en 1848, parce qu’il occupe une partie des bâtiments de l’ancien palais de ce nom. En l’an îv (1796), on construisit sur l’emplacement du principal corps de logis, bâti en 1722, une salle pour le conseil des Cinq- Cents; elle fut, plus tard, occupée par le Corps législatif du 1er empire français, puis, sous la Restauration, par la Chambre des députés; elle dura jusqu’en 1828, époque où
M. de Joly édifia la salle actuelle, qu’il termina en 1832, et accompagna d’une très-belle bibliothèque. La façade sur le quai a été construite par Poyet, en 1808.