PALAIS DE L’INSTITUT DE FRANCE. V. INSTITUT
palais de justice. Il fut d’abord l’habitation des rois de France, et s’appela Palais de la Cité, de sa situation dans l’ile de la Cité ; il en occupait toute l’extrémité occidentale, de la rue de la Barillerie (depuis 1860, boulevard Marignan, puis du Palais) jusqu’à la rue de Harlay, où coulait alors un bras de la Seine : le .fleuve baignait les murs ou les jardins du Palais au N., au S. et à l’O. On croit que, dès le temps de la domination romaine, il y avait déjà dans cet endroit un palais, que les rois et les princes mérovingiens, les comtes et les gouverneurs de Paris, habitèrent. Le roi Eudes l’occupa à la fin du ixe siècle. Robert le Pieux le fit rebâtir vers 1003. Louis IX, Philippe le Hardi, et Philippe le Bel, en firent aussi leur résidence. Sous Louis X, le parlement commença d'y tenir régulièrement ses séances, bien qu’il fût toujours résidence royale. Charles VH l’abandonna tout à fait au parlement. Sous Charles V, le Palais de la Cité avait l’aspect d’une forteresse. Ce caractère s’altéra peu dans des reconstructions successives, car le palais subit des incendies considérables en 1618, 1630 et 1776. En 1787, l’architecte Desmaisons en rebâtit la partie centrale telle qu’elle existe aujourd’hui, sur la cour du Mai : elle se compose d’un bâtiment qui occupe tout le fond de la cour, avec avant-corps au centre surmonté d’un dôme quadrangulaire. Quatre grosses colonnes doriques , de 12 mèt. de proportion, ornent cet avant-corps, auquel on arrive par un vaste perron de 37 marches, flanqué de deux grandes arcades : l’une conduit à la Conciergerie, et l’autre au , ribunal de police municipale. Deux galeries longent la cour sur les côtés, et s’avancent jusqu’au boulevard, où une belle grille monumentale, à trois portes, et longue de 32 mètres, la ferme. Ces bâtiments ne sont qu’une partie du Palais, dont l’ensemble forme un amas incohérent de constructions de toutes les époques des 5 derniers siècles. Au
N. , à l’E. et au S., sont des parties neuves importantes, refaites, de 1850-1862, sous la direction de M. Duc, qui a donné aux façades du N.-E. le style du xvie siècle. Le Palais renferme une galerie très-célèbre, appelée autrefois la Grand'salle, et auj. la salle des Pas-Perdus ; elle a 72”,11 de long, 27”, 28 de large, et est divisée en deux nefs, dont les voûtes en pierre, à plein ceintre, reposent sur des piliers doriques quadrangulaires de 8m,25 de hauteur. Elle fut construite en 1622, par Jacq. Debrosses, sur les fondations d’une même salle, élevée par Louis IX. Sous Louis XIV, l’un des piliers était appelé gros pilier, parce qu’il servait de rendez-vous aux plus fameux avocats. Sous Louis XIII, et pendant la minorité de Louis XIV, la Grand'salle était le rendez-vous des causeurs politiques. C’est de l’admission du parlement à siéger dans ce palais des rois que les maisons où les tribunaux rendent la justice ont été appelées palais • il y en a un dans toutes les villes sièges d’une cour impériale.
PALAIS DE LA LÉGION d’honneur, rue de Lille , au coin de la rue de Belle - Chasse , et sur le quai d Orsay, 7 me arrondissement. Son entrée est par la rue de Lille, et s’annonce par une belle porte en forme d arc de triomphe, flanquée d’une colonnade ionique à jour, de 12 colonnes de 6 mèt. de proportion, dont les entre-colonnements sont fermés par des grilles. Derrière s’ouvre une cour, autour de laquelle se continue la colonnade en portiques ; au fond est le palais, élevé d’un rez-de-chaussée avec un petit attique, et au centre, un portique de 6 colonnes corinthiennes de 11 mèt. de hauteur. Les extrémités se retournent en ailes où viennent aboutir les portiques latéraux de la cour. La façade du quai est dans un jardin en terrasse, et n’a qu un
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rez-de-chaussée. Une demi-rotonde saillante, couverte par une coupole , et ornée de 6 colonnes corinthiennes adossées, forme sujet de milieu; dans cette rotonde est le salon de cérémonie. Le Palais de la Légion d'honneur fut bâti en 1786, sur les plans de l’architecte Rousseau, pour le prince de Salm, et porta d'abord le nom d’hôtel deSalm. En 1802, Napoléon 1er l’affecta à la grande -chancellerie de la Légion d’honneur, et il reçtrt alors le nom qu'il porte maintenant. C’est une des plus élégantes et des plus agréables habitations de Paris.