PALAIS DU SÉNAT. V. LUXEMBOURG
palais-royal. On comprend sous ce nom un palais et un bazar, circonscrits l’un et l'autre dans sn vaste parallélogramme de 404m,40 du N. au S., et do 122™, 80 de l'E. à l'O., dont les limites sont les rues Sl-lIonoré au S., de Beaujolais au N., de Valois à l'E., et de Mantpensier à l'O. Le palais a sa façade sur la rue S1- Honoré , n® 204 , qui., en cet endroit, se confond avec la place du Palais- Royal. Il se compose d'un corps de logi-3 élevé d’un étage sur rez-de-chaussée , avec mansardes , au fond d’une cour quadrangulaire de 27m,30 de profondeur , sur 39 de largeur, et de deux ailes prolongées jusqu'à la rue et terminées en pavillons. Ces bâtiments sont ornés d’un ordre dorique de 4ra,80 au rez-de-chaussée, d’un ionique de 4 mèt. au 1er étage, en pilastres pour les ailes, en colonnes adossées pour les pavillons, qui ont une ordonnances de 4 -colonnes chacun, supportant un fronton triangulaire. Un portique de 6 arcades fermées de grilles, et couronné d’un entablement avec balustrade, se profilant à la corniche du 1er étage, joint les pavillons et forme la clôture sur la rue. Au mdieu est l’entrée d’honneur par une triple porte avec 8 colonnes doriques accouplées. Cette façade mesure 81“,8fi. Le milieu du palais est accusé par un pavillon orné de 6 colonnes ioniques accouplées, élevées sur une ordonnance de 3 arcades donnant entrée sous le vestibule du palais. Un attique avec pilastres à l’aplomb des colonnes surmonte l’ordrfc ionique , et supporte , à son centre, un fronton demi-circulaire. Ce corps de logis a une façade au N., sur une cour d’honneur large de 65 mèt. et profonde de 49ra,70. Il en occupe toute la largeur, et présente une ordonnance de 10 grandes colonnes composites au 1er étage, sur un rez-de-chaussée en arcades Des constructions à un seul étage avec mansardes, s’avancent dans toute lajungueur des parties latérales, et reposent sur des portiques en colonnade dorique, qui se répètent au fond de la cour, en s’adossant à une galerie couverte en terrasse de plain-pied avec les grands appartements du palais. Cette galerie, dite galerie d’Orléans, ou de marbre, à cause de son dallage, est double, et sa partie médiane s’abrite sous un grand vitrage en forme de voûte. Elle fait la limite du palais et commence le Bazar, qui se continue ensuite, sans interruption, sous les arcades d’un beau bâtiment régulier qui achève d’envelopper un jardin long de 251“, 42, et large de 95®>,50. Ce bâtiment est à un seul étage, avec une mezzanine sous un riche entablement à consoles et modifions, couronné, à 25 mèt. du sol, par une terrasse à balustrade, et, sur la terrasse, par un petit attique. Les pieds-droits des arcades sont ornés de pilastres composites de 11 mèt. de proportion , montant jusqu’au cordon où commence la mezzanine. Le nombre des arcades ou des portiques autour du jardin est de 207 ; elles offrent, avec ceux de la cour d’honneur, une promenade couverte, qui a un kilomètre environ de développement. Le jardin est planté de 6 allées d’arbres, parallèles à sa longueur, avec deux parterres de gazons et de fleurs, et, au centre, un bassin circulaire de 30 mèt. de diamètre, où l’eau s’élance en gerbe. —L’origine du Palais- Royal remonte à Richelieu : en 1629, le cardinal acquit un terrain qui touchait au mur d’enceinte de Paris, et y fit élever p .r J. Lemercier un bâtiment qu’on appela V Hôtel de Richelieu. Les constructions ayant été augmentées en 1636, et le cardinal étant plus puissant que jamais, on nomma son hôtel Pulais Cardinal. Trois ans après, il en fit don à , 0l“s XEJ- Anne d’Autriche, régente, vint l’habiter en 1643, avec Louis XIV, mineur, ce qui valut à l’édifice le nom de Palais - Royal. La partie orientale ayant été presque entièrement détruite par l’incendie de l’Opéra en 1763 Louis-Philippe d’Orléans, petit-fils du Régent, fit reediber le palais actuel par Moreau, pour la façade de la rue b Honoré, et Contant d’Ivry pour les autres partms. Alors, le jardin s’étendait jusqu’aux maisons des rues des Bons-Enfants à l’E., Neuve-des-Petits-Champs au N. et de Richelieu à l’O. En 1782, le duc de Cliarties, depuis Loms-Phihppe-Joseph d'Orléans, commença les batiments du jardin, et les termina en 1786. Ils
furent élevés sur les plans et sous la direction de l’architecte Louis. Le palais, dans son état actuel , a été fini en 1829, 200 ans après sa fondation, par le duc d’Orléans, depuis le roi Louis-Philippe Ier, qui en a fait restaurer et com pléter toutes les parties, sur les plans et sous la direction de Fontaine et Percier; ces architectes élevèrent la galerie de marbre sur l’emplacement d’affreuses baraques de charpente appelées Galeries de bois, construites en 1787 sur les fondations d’une galerie de pierre commencée, puis abandonnée. En 1792, le Palais-Royal fut appelé Palais- Egalité ; après le 18 brumaire, Palais du Tribunat , parce que ce corps y siégeait; en 1806, on lui rendit le nom do Palais-Royal ; il reçut celui de Palais-National après la révolution de 1848 , et redevint Palais-Royal en 1852. Le Palais-Royal, et surtout ses galeries, sont une des choses les plus séduisantes de Paris ; le soir, l’illumination en fait une espèce de palais de fées : l'éclairage au gaz qui , depuis 1829, est dans chaque arcade, lui donne un éclat que l’on croirait être celui d'une fête. C. D — y.
palais (le) , brg (Morbihan) , ch.-l. de l'ile de Belle- Ile , port fortifié sur l'Océan , arr. et à 56 kil. S. de Lorient; 2,274 hab. Hôpital militaire; école d’hydrographie. Pris par les Anglais en 1762.
palais (saint-), ch.-l. de cant. (Basses-Pyrénées), arr. et à 24 kil. N.-O. de Mauléon, sur un coteau élevé, près de la Bidouze; 1,266 hab. Trib. de lre instance. Pendant la Révolution, on le nomma Monl-Bidouze. Comm. de bestiaux et de grains.
PALAISEAU, Palatiolum, ch.-l. de cant. (Seine-et- Oise), arr. et à 15 kil. S.-E. de Versailles, sur l’Yvette; 1,680 hab. Eglise des xne et xme siècles. Restes d’un anc. château; maison du financier Paris. Récolte de foin réputé excellent. Jadis titre de marquisat.
PALAMÈDE , fils de Nauplius, roi d’Eubée, se distingua au siège de Troie. On lui attribue l’invention des lettres grecques 0, cp, •/, de l’arithmétique, des poids et balances, de la mesure du temps, des pronostics météorologiques , de plusieurs mets et remèdes , des jeux de dés et d’échecs. Il fut aussi le premier qui sut ranger un bataillon, placer des sentinelles autour d’un camp, et inventa le mot d’ordre. Ayant dénoncé la folie feinte par Ulysse pour ne pas aller à Troie, celui-ci, à l’aide d’une lettre supposée , le fit lapider comme coupable d'intelligence avec les Troyens.
PALAMOS, v. forte d’Espagne (Catalogne), avec un port sur la Méditerranée , à 96 kil. de Barcelone, 120 de Perpignan. Pris par les Français en 1694; 2,118 hab.
PALAOS (Iles). V. Pelew.
PALAOUAN, PALAWAN ou PARAGOA, île de la Malaisie , dans la mer de la Chine , entre Bornéo et les Philippines; par 8°-ll° lat. N., et 115®-118® long. E.; 450 kil. sur 50. Sol montueux; cire, écailles de tortue, écume de mer, ivoire, bois de laque ; or. Peu connue des Européens; habitée par des sauvages, qui s’éloignent des côtes. Les Espagnols y ont un petit fort, Tay-Tay. au N.-E.
PALAPRAT (Jean de Bigot), né à Toulouse en 1650, d’une famille de robe, m. à Paris en 1721, quitta le barreau pour les lettres. Lauréat des Jeux floraux, il cultiva de plus en plus la poésie, malgré les fonctions de capitoul , 1675, et de chef du consistoire, 1684. La reine Christine de Suède voulut l’attacher à sa personne ; il préféra demeurer à Paris, comme secrétaire des commandements du grand -prieur de Vendôme. Passionné pour le théâtre, il donna à la Comédie-Française, dès 1690, plusieurs ouvrages auj. complètement oubliés; son nom le serait aussi , s’il n’avait composé , en collaboration avec Brueys, le Grondeur, 1691 , très-jolie comédie en 3 actes, en prose; et le Muet , 1691 , comédie en 5 actes, en prose. Palaprat passe pour n’avoir été que le second de Brueys , mais il avait une intarissable gaieté, qu’il portait dans les pièces composées en commun, et qu’il opposait aux souffrances de la maladie et aux déceptions du monde. Ses Œuvres ont été publiées en 1 vol. in-12, Paris, 1711; celles de Brueys et Palaprat, en 5 vol. in-12. F. B.
PALATIN (comte), grand-officier de la couronne impériale. Il y en eut de deux espèces. Sous Charlemagne , les comtes palatins étaient les grands justiciers du palais, prononçaient sur les crimes de haute trahison , et recevaient les appels des juges provinciaux. Ils cessèrent d’exister, au ixe siècle, au milieu de la décadence de l'Empire. Ils furent rétablis par Henri l’Oiseleur et Othon le Grand , mais avec des attributions plus étendues : ils représentaient l’autorité de l’Empereur dans les provinces , administraient les domaines de la couronne , surveillaient la conduite des ducs, et jugeaient les cas royaux. En général , ils habi-
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taient un des palais impériaux situés dans le duelié où ils avaient été envoyés, et en tiraient leur nom : ainsi le comte palatin de Bavière s’appelait palatin de Schiren ou de Wittelsbach ; celui de Souabe, palatin de Tubingue; celui de Saxe, palatin de Wettin; celui de Lorraine, palatin de Metz, et, par extension , palatin du Rhin. Au xic siècle, sous la dynastie do Franconie, leur office devint héréditaire, comme tous les fiefs de l’Empire : mais après la ruine de la maison de Souabe, quand l’autorité royale eut été à peu près annulée par celle des ducs et des grands,vassaux, ils disparurent peu à peu, excepté celui du Rhin, qui devint plus tard électeur ( V . Palatinat). G.
'palatin (grand-), titre donné en Hongrie au principal magnat, choisi par l’Assemblée nationale entre 4 candidats présentés par le roi. 11 occupait la première place parmi les fonctionnaires, était général de l’année, chef suprême de la justice, régent en cas d'absence ou de minorité du roi, et ne cédait la préséance qu’à l’archevêque de Gran.
palatin, gouverneur d’un palatinat ou waivodie, dans l’anc. Pologne. Tous les palatins étaient membres du sénat. Le roi les nommait, et leur charge n’était pas héréditaire.
pal,\tin (Mont). V. collines de home.
PALATINS (Jeux). V. AUGUSTALES.
PALATINAT, en allemand Pfalz, nom de deux Etats de l’anc. Empire germanique, qui, jusqu’en 1620, avaient été réunis, et dont l’un s’appela le Haut-Palalinat ou Palatinat de Bavière, l’autre le Bas-Palatinat ou Palatinat du Rhin. Le Haut-Palatinat était borné au N. par le comté do Baireuth , à l’E. par la Bohême , au S. par le comté de Neubourg et par la Bavière, à l’O. par la Bavière et le territoire de la ville de Nuremberg. Il avait une superficie de 650,000 hect. , avec plus de 500,000 hab. La capitale était Amberçj. — Le Bas-Palatinat, un des pays les plus fertiles de l’Allemagne , situé des deux côtés du Rhin , était borné par Mayence, Katzenellenbogen , le Wurtemberg, Bade, l’Alsace, la Lorraine et Trêves. — Les palatins du Rhin , qui , au commencement , eurent leur siège à Aix-la- Chapelle, furent, dès le xie siècle, possesseurs héréditaires du Palatinat et de ses dépendances, et au nombre des plus puissants princes de l’Empire. Lorsqu’en 1156 le palatin Hermann 111 mourut sans enfants, l’empereur Frédéric Ier donna le Palatinat à son beau-frère Conrad de Souabe. A la mort de Conrad , 1196 , le Palatinat échut à son gendre, le duc Henri de Brunswick, fils de Henri le Lion. Henri, dans la lutte entre les deux empereurs Othon IV et Frédéric II , ayant pris le parti d’Othon, Frédéric le mit au ban , en 1215, et donna ses possessions au duc Louis de Bavière, qui cependant n’entra jamais en pleine possession du Palatinat. Par le mariage d’Othon II , fils de Louis , avec Agnès , fille de Henri , le Palatinat entier échut à la Bavière. A la mort d’Othon , en 1253 , ses fils régnèrent d’abord en commun; en 1256, ils firent un partage, par lequel le Palatinat et la Haute-Bavière appartinrent à Louis II, la Basse-Bavière à Henri. A Louis II succédèrent, en 1294, ses deux fils Rodolphe Ier et Louis; le premier reçut le Palatinat, avec le titre d’électeur; Louis eut la Basse-Bavière, devint ensuite empereur, et hérita plus tard de la Haute-Bavière. Il destitua son frère à cause de l’appui qu’il prêtait contre lui à Frédéric le Bel, duc d’Autriche, mais il l'endit au fils de Rodolphe le Palatinat avec une partie de la Bavière, dite plus tard le Haut- Palatinat. Rodolphe II, fils de Rodolphe Ier, acquit les comtés de Neubourg et Sulzbach, et conclut avec l’empereur Louis de Bavière le traité de Pavie , 1329 , qui conféra la dignité électorale alternativement au Palatinat et à la Bavière. Son frère et successeur, Rupert Ier, vendit une partie du Haut-Palatinat à l’empereur Charles IV, qui , par contre , céda tout à fait la dignité électorale à la Bavière. A Rupert Ier succéda , en 1390, son neveu Rupert II , et à celui-ci , en 1399 , son fils Rupert III , nommé empereur en 1400 , et mort en 1410. Ses fils firent un partage : Louis III obtint l’Electorat et le Palatinat du Rhin , Jean le Haut-Palatinat , Etienne Deux-Ponts et Simmern , enfin Othon Mosbach. La 2e et la 4e ligne s’éteignirent bientôt : la lre finit en 1559 avec Othon- Henri , qui s’associa au parti de Luther. L’Electorat échut alors à Frédéric III, de la ligne de Simmern, qui était partisan de Calvin. A celui-ci succédèrent Louis VI , 1576 ; Frédéric IV, 1583; Frédéric Y, 1610. Ce dernier ayant accepté la couronne de Bohême , 1619 , fut déclaré déchu de l’Electorat par l’empereur Ferdinand II, qui en dota son cousin , le duc Maximilien de Bavière. Charles-Louis, fils de Frédéric, fut réintégré par le traité de Westphalie dans le Bas-Palatinat ; on créa pour lui une 8e voix électorale , et l’empereur lui conféra le titre d’arehi-trésorier
de l’Empire. Cependant le Haut-Palatinat et l’ancien rang que le Palatinat avait occupé autrefois dans le collège des électeurs, restèrent à la Bavière; il fut toutefois stipulé qu’à l’extinction de la maison de Bavière , celle du Palatinat lui succéderait. A l’extinction de la ligne de Simmern, 1685, le Palatinat échut à la maison de Neubourg. Alexandre, 2e fils de Charles-Louis, laissa deux fils, dont le cadet, Rupert, fonda la lisrne de Veldenz, éteinte en 1694; l’aîné, Wolfgang , m. en 1659 , est la souche de toutes les lignes nouvelles palatines. Ses trois fils fondèrent les lignes de Neubourg, Deux-Ponts et Birkenfeld. La ligne de Neubourg se scinda plus tard en celles de Neubourg et de Sulzbach. Philippe-Guillaume, de la ligne de Neubourg, m. en 1690, hérita des possessions de la ligne de Simmern. Son fils, Jean-Guillaume, reçut en 1694 la succession de Veldenz. Pendant la guerre de la Succession d’Espagne, il reçut le Haut-Palatinat, possédé jusque-là par l'électeur Maximilien II de Bavière, qui avait été mis au ban de l’Empire, 1706. En vertu du traité de 1714 , il dut restituer ce pays à Maximilien. A Jean- Guillaume succéda, en 1716 , son frère Charles-Philippe, qui mourut en 1742 sans héritiers mâles. La dignité électorale et le palatinat échurent alors à la ligne de Sulzbach, à l’électeur Charles- Théodore. La maison de Bavière s’étant éteinte avec Maximilien III Joseph, 1777, la Bavière, excepté une partie qui échut à l’Autriche , fut réunie au Palatinat. Le Palatinat recouvra en même temps son ancien rang au collège des électeurs. A Charles -Théodore succéda, en 1799 , le duc de Deux-Ponts , Maximilien-Joseph, qui, par le traité de Lunéville , 1801 , perdit le Palatinat du Rhin. — Jusqu’à cette époque, le Palatinat était subdivisé en 19 districts, et avait pour capitales Manheim , Heidelberg, et Frankenthal. Par le traité de Lunéville, les districts situés sur la rive gauche du Rhin passèrent à la France, et formèrent le département du Mont-Tonnerre, ch.-l. Mayence, les districts de Bretten, Heidelberg, Ladenburg et Mauheiin furent donnés au margrave de Bade; Lindenfels , Otzburg, et Umstatt, au grand-duc de Hesse-Darmstadt; Boxberg et Mosbach, au prince de Leiningen-Dachsburg ; Kaub,au duc de Nassau. Les traités de 1814 et 1815 restituèrent à l’Allemagne les districts du Palatinat situés sur la rive gauche du Rhin , et dont la plus grande partie échut à la Bavière, le reste à la Prusse et à la Hesse-Darmstadt. La part badoise du Bas-Palatinat , avec les districts cédés au prince de Leiningen , est incorporée au cercle du Bas-Rhin ; la part de Hesse-Darmstadt fait partie des provinces de Starkenburg et de Ilesse-Rhénane. La part bavaroise fait partie du cercle du Palatinat, autrefois cercle du Rhin, et comprend une superficie de 592,920 hectares, avec 608,069 hab.; ch.-l., Spire. Enfin la part prussienne fait partie de la province Rhénane. Le Haut-Palatinat, avec Ralisbonne, forme aussi un cercle de l’a Bavière, a une superficie de 955,260 hect., et 485,859 hab. E. S.
PALATINE (Ecole). V. Ecole du Palais.
palatine (Princesse). V. charlotte-elisaeetii de BAVIÈRE.
PALATIOLUM, nom latin de Palaiseau.
PALATSCHA. V. Milet.
PALAWAN. V. Palaouan.
l’ALAZZOLO, v. de Sicile, à 35 kil. O. de Syracuse, près de l’Anapo, au pied d’une montagne où se trouvent quelques ruines de l’antique Acrœ ; 10,138 hab.
PALE (Le) , nom que porta, jusqu’en 1600, la partie de l’Irlande soumise à l’Angleterre, et occupée par de grands propriétaires anglais, presque indépendants.
PALEARIUS (Antonio Della Paglia, dit Aonius) , écrivain italien , né à Veroli (Campagne de Rome) , professa le grec et le latin à Sienne , à Lucques et à Milan. Accusé de favoriser les Luthériens et d’attaquer l’Inquisition, il fut arrêté par ordre du pape Pie V, pendu et brûlé, en 1566, après avoir rétracté ses erreurs. On lui doit, entre autres ouvrages , un poëme latin en 3 chants : De immorlalitate animarum , Lyon , 1536 , in-16 , où l’on trouve de véritables beautés.
PALEFROI , monture des dames et des voyageurs au moyen âge ; cheval de parade et de cérémonie. Il était d’allure douce, et facile à manier. Palefroi était l’opposé de dextrier, nom du cheval de bataille.
PALEMBANG, v. de l’ile de Sumatra, sur la Moussie, à 100 kil. de son embouchure; par 2° 58’ lat. N. et 102“' 39’ long. E. ■ 30,000 hab., dont beaucoup d’Arabes et d’Européens. Commerce actif.— L’anc. royaume de Palembang , entre ceux de Menangkabou et de Jarabie au N. , les Lampongs au S. , et la mer de Chine à l’E. , avait 500 kil. sur 380, et 478.000 hab. ; il forme une résidence hollandaise depuis 1821, peuplée auj. de 527,000 hab.
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PALÉMON. V. Athamas.
palémon ( Quintus-Rhemmius) , grammairien latin, né à Vieence , était fils d’un esclave, il enseigna à Rome sous Tibère et Claude. On a de lui un traité de Ponderibus et mensuris , Leyde, 1587, in-8°.
PALENC1A, Palanlia, v. d’Espagne, capitale de la prov. de son nom, sur la rive g. du Carrion,à 32 kil.N.-E. de Valladobd. Evêché suffragant de Burgos. Cette ville, très-ancienne cité des Ibériens , maintint longtemps son indépendance, et fut vainement assiégée par le consul L. Lueullus; elle fut florissante sons les Romains et les Gotlis. Ruinée par l’invasion arabe, Sanche, roi de Navarre , la releva vers 1032. On y a trouvé beaucoup d’antiquités. Fabr. de lainages, couvertures, serges, poteries, cuirs, armes à feu. Belle cathédrale. Pop. delà commune: 13,126 hab. — La province de Palencia, entre celles de Santander au N., de Léon à l’O., de Valladolid au S., et de Burgos à l'E., est formée d’une partie de la Vieille- Castille, 148 kil. sur 72. Superf., 8,097 kil. carrés. Pop., 185,970 hab. en 1861. Sol montagneux au N., arrosé par le Carrion et la Pisuerga.
PALENQUE, anc. v. du Mexique, dans le dép. et à 150 kil. N.-E. deChiapa, près du vge de San-Domingode-Palenque, qui lui ar donné son nom. Elle s’appelait Culhuacan ou Huehuellapallan. Ses ruines, découvertes en 1787 par Antonio del Rio et José Alonzo de Calderon , occupent une étendue de 32 kil. Les monuments (temples, pyramides, ponts, aqueducs, maisons, tombeaux, etc.) paraissent antérieurs aux Aztèques et même aux Toltèques.
PALËOLOGUE, nom d’une illustre famille de l’empire grec, remarquable par les généraux, les ministres, les empereurs qu’elle a donnés à Constantinople. Alliée aux Duras, aux Commènes, aux Anges, elle parvint à l’empire de Nicée dans la personne de Michel VIII, qui usurpa le pouvoir sur Jean IV Lascaris, 1260, et reprit Constantinople sur les Latins, 1261. Sa dynastie assista à la ruine de l'Empire; elle compte : Michel VIII, 1261-1282; — Andronie II, 1282-1328 ; — Andronic III, 1328-1341; — Jean V, 1355-1391 ; — Andronic IV, 1.377 ; — Manuel II, 1391-1425; — Jeau VII, 1399-1402 ; — Jean VIII, 1425- 1448; — Constantin XIII, 1448-1453. Ce dernier laissait deux frères, Démétrius et Thomas, qui furent chassés du Péloponèse par Mahomet II , et dont la postérité se conserva jusqu’à nos jours. Une branche des Paléologues se maintint dans le Montferrat, par Théodore, 2e fils d’Andronic II et d’Yolande de Montferrat. 11 succéda, en 1306, à son oncle Jean le Juste , et sa dynastie ne s’éteiguit qu’en 1533. S.
PALÉPHATE, Palœphatus , écrivain grec, né à Paros ou à Priène , vivait au ve siècle av. J.-C., sous le règne d’Artaxercès-Mnémon. Suidas lui attribue un traité des Choses incroyables, en 5 livres, dont le 1er seul est parvenu jusqu’à nous ; publié à Amsterdam , avec une trad. latine de Tollius, 1649, et par J. -F. Fischer, Leipzig, 1789, il a été trad. en français par Godefroi Polier de Bottens, Lausanne, 1771.
PALERME, anc. Panormus, ville forte du royaume d’Italie, capitale de toute la Sicile, et chef-lieu de la province de son nom, située sur la côte N. de la Sicile, à 300 kil. S.-S.-O. de Naples; par 38° 6’ 44" Iat. N., et 11° U long. E.; 194,482 hab. Climat humide; chaleur tempérée en été. Archevêché. Grande cour de justice et cour suprême de justice; tribunaux civil et de commerce. Résidence du commandant militaire de toute l’ile.. Université, fondée en 1374, réorganisée en 1805, avec facultés de théologie, philosophie et sciences, lettres, droit, médecine; bibliothèque, musée de sculpture, galerie de tableaux, collection géologique, et jardin botanique. Lvcée, séminaire de jésuites (avec bibliothèque); écoles vétérinaire, de navigation, de musique, de beaux-arts. Bibliothèque de la ville; observatoire. Société royale des sciences, lettres et arts; Société royale d’encouragement; trois théâtres. Arsenal d’artillerie- dépôt de la guerre, avec bibliothèque et typographie. Imprimerie royale, hôtel des monnaies. Arsenal de la marine militaire et chantiers de construction. La ville est assez bien bâtie dans une belle plaine envir-onnée de montagnes, et que sa richesse a fait surnommer la Coquille d’or. Ses fortifications consistent en un mur d’enceinte (8 kil. de tour) du côté de la terre, et en travaux plus importants du côté de la mer, entre autres le fort de Castellamare. On remarque : la cathcdiale de ole-Rosalie, du xne siècle, avec une coupole moderne; les églises S>-Joseph et Sl-Dom'mique ; le palais rojal , en style normand et sarrasin, et précédé d’une place que décoré la statue de Philippe IV; le palais de justice ;
la villa Serradifalco, les palais Forcclli, Butera, Valguarneva, Trabia, etc.; la rue Cassaro ou di Toledo, et la Pue Neuve; la promenade de la Marina , le long de la mer, et terminée par le jardin public de la Flora; la statue de Charles-Quint, sur la place Bologni. Le port est fermé par un môle de 400 rnèt., avec un phare et une batterie à l’extrémité. Fabr. de soieries, chapeaux de paille renommés, verres, crème de tartre, savons, essences, papier. Cumm. de blé, vins, fruits, thon mariné, huile, etc. — Païenne fut fondée par des Phéniciens. Comprise dans les possessions carthaginoises de Sicile, elle tomba, en 254 av. J,-C.,au pouvoir des Romains, qui y envoyèrent une colonie. En 251, L. Cécilius Métellus remporta sous ses murs une grande victoire sur les Carthaginois. Elle fut prise par • Bélisaire sur les Goths l’an 534 de J.-C., par les Arabes en 831, par les Normands en 1072. Le massacre des Vêpres siciliennes y commença en 1282. En 1676, une flotte hollandaise fut incendiée dans son port par le duc de Vivonne. Des tremblements de terre la désolèrent en 1726 et 1823, et le choléra en 1837. Des insurrections y éclatèrent en 1820, 1848, et 1860; bombardée à cette dernière épo- .que par les troupes royales, elle fut prise par Garibaldi.
pai.kkmb (Province ou préfecture de), division administrative de la Sicile, entre celles de Trapani à PO., de Girgenti et de Caltanisetta au S., de Catane et de Messine à l’E., et la Méditerranée au N. Elle a 4,251 kil. carrés, et 585 ,600 hab. Sol montagneux, mais fertile.
PALES , déesse de 1 anc. Italie , présidait aux trou peaux. Ses fêtes s’appelaient Palilies ( V . ce mot).
PALESTE, du grec palaisiè, mesure de longueur des anc. Grecs, valant le quart du pied, et, en mesures métriques, 0m077.
PALESTINE , appelée aussi Terre de Chanaan , Terre promise, Judée, Terre sainte, ne désigna d’abord que le pays habité par les Philislins ou Paleslins , qui occupaient la côte S.- O. de la Syrie, voisine de l’Egypte. Le nom fut ensuite étendu par les Grecs et les Romains à tout le pays habité par les Hébreux. Dans cette acception , la Palestine était bornée au N., vers la Phénicie et la Syrie, par le fleuve Léontès ( Leitaneh dans la partie supérieure de son cours , Nalir-el-Kasmieh dans la partie inférieure) , le Liban et la partie de l’Anti- Liban où le Jourdain prend sa source, à l’O. par la Méditerranée jusqu’à la frontière d’Egypte, au S.- O. par l’Arabie Pétrée jusqu’au S. de la mer Morte, au S.-E. par le torrent de l’Arnon ( Wadi- Moudjeb), qui la séparait de l’Arabie Déserte, enfin à l’E. par le désert de Syrie. C’était un pays montagneux, divisé en deux grandes vallées longitudinales par les deux rameaux qui se détachent de l’Anti-Liban à la source du Jourdain; l’un de ces rameaux, qui sépare les eaux tributaires du Jourdain de celles qui se rendent à la Méditerranée, court du N. au S. sous les noms de monts Gelboë, Garizim, d’Ephraïm, de Judée, et se rattache vers le S. aux hauteurs de l’Arabie Pétrée et du Sinaï. Dans 'les monts Gelboë, on trouve le Thabor [Atabyrion ou Itabyrion des Grecs, auj. Djcbel-Nour ou Dgebel-Tor) ; la même chaîne projette vers la mer le Carmel. L’autre rameau se dirige à l’E. vers le désert de Syrie, sous les noms d’Hermon, de monts Galaad et Abarim. Ces deux chaînes enferment le bassin du Jourdain, dont la vallée présente la dépression la plus considérable du globe ( 236 mèt. plus b:.s que le niveau de la Méditerranée au lac de Tibériade, 419 au lac Asphaltite). Les principaux affluents du Jourdain sont, sur sa rive gauche, l’Hiéromax ( Varmouk ou Scheirià-el-Mandahour) et le Yabbok. A la mer Morte se rendent le Cédron et l’Arnon ; à la Méditerranée, le Bélus ( Nahr-Naman) , le Cison septentrional ( Nahr-MoUatla ou Nahr-Waïfa ) et le Gaas [Nahr-Ugeh) . Le sol de la Palestine est volcanique ; la mer Morte ( V. ce mol ) semble tenir la place des cratères de plusieurs volcans, et si les éruptions ont cessé, les tremblements de terre agitent encore le pays. Le climat est variable , étouffant sur les côtes de la Méditerranée et dans la vallée du Jourdain, tempéré sur les montagnes, qui, dans l’hiver, se couvrent de neiges. Bien qu’à l’exception du Jourdain la Palestine ne soit guère arrosée que par des torrents, cependant sa terre noire et grasse, humectée par les pluies d’hiver, produit en abondance les grains, les fruits et les légumes, et, dans l’antiquité , où elle était beaucoup plus peuplée et mieux cultivée qu’aujourd’hui, les plaines d’Esdrelon et de Sarons au N.- O., de Mambré au S., étaient renommées par leur fertilité. Le blé, le riz, le millet, l’olive, la figue, l’amande, la grenade, la vigne, le baume, la myrrhe, étaient ses ) principales productions : auj. on y a joint la culture du dourah, du sésame, des pastèques, du coton. Le fer, le I cuivre, le bitume, le sel , étaient autrefois d’importants
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objets de commerce ; les principaux animaux domestiques étaient, comme auj., les brebis, les chevaux, les chameaux, pendant que les montagnes et les fourrés impénétrables des bords de la mer Morte recélaient et recèlent encore des lions, des panthères, des chacals, des renards et des loups. — La Terre promise, à l’entrée des Hébreux, était occupée par des peuples chananéens ( F. Ghana an), qui furent ou expulsés , ou soumis , ou restèrent indépendants , comme les Philistins au S. et les Phéniciens au N. Les conquérants partagèrent le pays entre les 12 tribus ; celle de Lévi , exclusivement chargée du sacerdoce, n’eut aucune portion particulière du territoire, mais des villes lévitiques disséminées dans chacune des autres tribus ; les tribus d’Ephraïm et de Manassé, issues de Joseph, tinrent lieu des tribus de Joseph et de Lévi , et la tribu de Manassé fut séparée en deux demi-tribus, l’une à l'O., l’autre à l’E. du Jourdain ( F. Tribus). Sur les frontières habitaient d’autres peuples, ennemis des envahisseurs : au S., les Iduméens et les Amalécites ; à l’E., les Moabites, les Madianites et les Ammonites. A partir de la conquête de Josué, l’histoire de la Palestine se confond avec celle des Hébreux ( F. Juifs). S’étendant de l’Euphrate à la mer Rouge sous David et Salomon , elle rentra , à la mort de ce dernier, dans ses anciennes limites, et s’affaiblit encore plus par le partage du pays en deux royaumes, Juda et Israël. La ruine de ces deux, royaumes fit disparaître la distinction en tribus, et, depuis le retour de la captivité de Babylone jusqu’à la mort d’Hérode, on trouve une division nouvelle en quatre grandes provinces : la Galilée, la Samarie, et la Judée, à l’O. du Jourdain; la Pérée, à l’E. ( F. ces mots.) Après la mort d'Hérode, le royaume fut divisé entre ses trois fils ; mais la Samarie et la Judée furent réunies, dès l’an 6 ap. J.-C., à l’empire romain, annexées à la Syrie et administrées par un procurateur, dépendant du gouverneur de cette province. La Galilée eut le même sort, en 34. Hérode Agrippa II, par la faveur de Caligula, réunit tout l’ancien royaume d’Hérode; mais, à sa mort, son fils fut réduit à la possession de quelques terres, et la Judée rendue au gouvernement des procurateurs , en 44. Sous Vespasien, elle forma une province indépendante de la Syrie. Enfin , au lve siècle , nous la trouvons divisée en quatre provinces , dépendant du diocèse, de la préfecture et de i’empire d’Orient : 1" Palestine ITe, ch.-l Césarée, comprenant la Samarie, la Judée propre, et la Pentapole ; 2° Palestine II«, ch.-l. Scythopolis, comprenant la Galilée, la Gaulonitide, et la Décapole ; 3° Pulestine IIIe ou Salutaire, ch.-l. Pétra , comprenant l’Idumée et l’Arabie Pétrée ; 4° Arabie, ch.-l. Bostra, comprenant la Moabitide, l’Ammonitide, la Pérée et la Batanée. L’Abilène , la Trachonitide et l’Iturée avaient été réunies à la province appelée Phénicie du Liban; et la côte septentrionale de la Palestine, y compris Ptolémaïs (Aco), à la Phénicie maritime. Conquise par les Arabes, la Palestine à l’O. du Jourdain forma, à la suite de la lre croisade, le royaume de Jérusalem, qui fut divisé en cinq grandes principautés féodales : 1° Domaines propres du roi, les villes et districts de Jérusalem, Naplouse, Acre et Tyr; 2“ Première grande baronnie, les comtés de Jaffa et d’Ascalon, les seigneuries de Rama, de Mirabel et d’Ybelin ; 3° Deuxième grande baronnie, la principauté de Galilée ; 4° Troisième grande baronnie, les seigneuries de Sidon, Césarée, et Bethsan ; 5» Quatrième grande baronnie, les seigneuries de Krak (Petra), Hébron, et Montréal. Reconquise par Saladin , 1187, la Palestine appartint aux soudans d’Egypte jusqu’à Sélim Ier, qui la réunit à l’empire ottoman. — Auj. répartie entre l’eyalet de Saïda où elle forme 3 livahs : Akka ou S'-Jeand’Acre, Naplouse, et El-Ivods ou Jérusalem; et celui de Damas, avec le livah d’Adjloun (pays à l’E. du Jourdain ), C. P.
PALESTRE. F. Gymnase.
PALESTRINA, ane. Prœncste, v. des États de l’Église (Comarca de Rome), à 14 kil. N.-E. de Frascati; 5,000 hab. Evêché. Restes de murs cyelopéens et d’un célèbre temple de la Fortune, dans lequel on a trouvé une remarquable mosaïque, transportée auj. dans le palais Barberini. Beaucoup de tombeaux. Les Colonna s’étant fortifiés dans cette ville au xive siècle, elle fut détruite par les papes Boniface VIII et Eugène IV, et se repeupla peu après. Tremblement de terre en 1824.
palestrina , v. du royaume d’Italie (Vénétie), à 12 kil. S. de Venise, dans les Lagunes; 6,000 hab.
palestrina (Jean tierluigi, surnommé), célèbre compositeur de musique, né à Palestrina en 1529, m. en 1594, a été surnommé par ses contemporains le Prince de la musique. Il fut maître de chapelle de S'-Jean-de-Latran, de Ste-Marie-Majeure, et de S'-Pierre du Vatican. L’usage
de composer des messes et des motets sur le chant d’une antienne ou sur la mélodie d’une chanson vulgaire s’était introduit dans la musique d’église dès le xme siècle : cet indécent et ridicule mélange du profane et du sacré fut l’objet des censures du concile de Bâle, puis de celui de Trente, et le pape Pie IV allait peut-être interdire tout emploi de la musique à l’église , lorsque Palestrina écrivit d après ses idées particulières le célèbre ouvrage appelé, on ne sait pour quelle raison , la Messe du pape Marcel. Il sauva ainsi la musique religieuse de l’anathème dont on voulait la frapper, et ses créations servirent désormais de modèles aux compositions du même genre. On connaît de Palestrina 13 livres de messes, 6 livres de motets, une foule d’hymnes , de litanies , d’offertoires , de madrigaux, etc., sans compter les pièces qui sont restées manuscrites. Partout on admire la faculté d’invention, l’habileté dans l’art d’écrire pour les voix, la variété du style, une harmonie large et simple, un caractère de douceur ungélique. F. sa Vie par Baini . 1828. B.
PALESTRO, vge du royaume d’Italie (Pavie) , dans la Lomelline, à 16 kil. N.-O. de Mortara; 2,456 hab. Victoire des Français, commandés par Napoléon III, sur les Autrichiens, les 30 et 31 mai 1859.
PALEUR (La), Pallor, divinité allégorique, parèdre de Mars. Tullus Hostilius lui éleva un temple à Rome, après un combat contre les Fidénates. Les prêtres de la Pâleur se nommaient Pallorii. On lui sacrifiait un chien et une brebis.
PALEY ( William), théologien et moraliste, né à Péterborough ( Northampton ) en 1743, m. en 1805, fut appelé en 1766 à la chaire de théologie de l’université de Cambridge, et devint archidiacre de l’archevêque de Carlisle. On a de lui : Eléments de morale et de politique, Londres, 1785, 1 vol. in-4°, trad. en français par Vincent, Paris, 1817, 2 vol. in-8°, où il fonde la morale sur la volonté de Dieu, manifestée par l’utilité générale; liorœ Paulinœ , 1787, in-8°, trad. en français par Lévade, Nîmes, 1809, où il démontre par les seules Epîtres de S1 Paul l’authenticité des Ecritures; Evidence du christianisme, 1794, 3 vol. in-12 et in-8, trad. par Lévade, Paris, 1808, 2 vol. in-8°; Théologie naturelle, 1802, in-8°, trad. par Pictet de Genève, 1815 et 1818, in-8°. Après sa mort , on a publié un choix de ses Sermons. Les ouvrages de Paley sont remarquables par le style et une grande vigueur d’esprit.
PALFIN (Jean ), anatomiste et chirurgien , né à Courtrai en 1649, m. à Gand en 1730, étudia l’anatomie à Leyde, à Londres et à Paris, et composa, d’après les leçons et les écrits de ses maîtres, des ouvrages qui ont eu beaucoup de vogue. Il fut un des premiers qui cherchèrent à relier l’enseignement de l’anatomie à celui de la chirurgie; on lui doit un procédé pour la suture dans les plaies des intestins, et un forceps qui porte le nom de Tire -tête Palfin. Il a laissé entre autres ouvrages : Ostéologie, en hollandais, Gand, 1702 , in-8», trad. en français, Paris, 1731, in-12; Anatomie chirurgicale, en hollandais, Leyde, 1718, in-8°, trad. en français, Paris, 1726, 1734 et 1753, 2 vol. in-8®. D— G.
PALHANPOUR , v. forte de l’Hindoustan , dans l’anc. Goudjérate, à 140 kil. N.- N.-O. d’ Ahmedabad, ch.-l. d’un petit Etat de son nom. Pop. évaluée à 30,000 hab.
PALI, langue sacrée et savante, employée pour la religion de Bouddha à Ceylan, au Birman, à Siam, au Tchiampa, etc. C’est un dérivé du sanscrit. Parlé au ve siècle ap. J.-C., et sans doute bien plus tôt, à Ceylan , où le bouddhisme avait été introduit mille ans auparavant, le Pâli a été transporté de là, avec la religion même, dans les pays si divers où on le retrouve aujourd’hui. Les articulations un peu fortes du sanscrit y sont toutes atténuées ; mais les déclinaisons, les conjugaisons et la syntaxe sont identiques dans les deux langues. Eugène Burnouf a le premier révélé ces origines du Pâli, et en a rendu l’intelligence facile.
PALIACATE ou PALICATE , v. de l’Hindoustan anglais, présid. et à 35 kil. N. de Madras, sur un étang de même nom. Les Hollandais la possédèrent de 1609 à 1795, et de 1813 à 1823.
PALIBOTHRA ou PALIMBOTHRA , anc. v. de l’Inde en deçà du Gange , capitale des Prasii ou Palibotkri , au confluent du Gange avec l’Erannoboas (auj. Soi te), avait la figure d’un parallélogramme long de 80 stades , large de 15 , et était environnée d’un fossé large de 600 pieds, profond de 60 , et défendu par une muraille munie de 570 tours , et percée de 64 portes. Elle était encore dans tout son éclat en 605 après J.-C., époque où le voyageur chinois Hi-Ouen-Thsang la visita : depuis elle a disparu , détruite ou par une inondation du Gange , ou par une invasion ennemie. On trouve encore près de Patna des ruines impor-
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tantes qui portent le nom de Palelputer ou Patalipoulra. Danville la place à tort près d’ Allahabad , au confluent du Gange et delà Djoumnah. C. P.
f PAL1CARES, mercenaires grecs fort habiles à la course, et qui combattent en tirailleurs sous la conduite d’un capitaine. Photius dit que c’étaient des soldats d’élite; d’autres commentateurs traduisent ce nom par valets d’armée.
PALICATE. V. Paliacate.
PAL1CE (la). K. La Palice.
PALILIES ou PARILIES , Palilia ou Parilia , fête en l’honneur de Palès, déesse des bergers et des troupeaux , chez les anc. Latins. Elle se célébrait le 21 avril , commençait par la purification des hommes et des bêtes ,au moyen de cendres de veau , et de fumigations de soufre et d’herbes sabines; puis on offrait un sacrifice à Palès: e’était du lait , du vin cuit, et du millet. La fête se terminait par de grands feux de paille , disposés en trois monceaux, au travers desquels les campagnards passaient en courant. Romulus ayant fondé Rome le jour des Palilies ( xie des calendes de mai ) , cette fête devint dès lors celle de l'anniversaire de la ville ; on la célébrait par des processions animées de chants et de musique, et par le jeu troyen exécuté dans lecirque ( V. TitOYEN-Jeu). Les Palilies durèrent jusqu’à l’an 692 ap. J.-C. ; alors le concile Pseudo-Sextum, de Constantinople, les abolit comme cérémonies païennes. C. D — Y.
PALIMBOTHRA. V. Palibotiira.
PALIMPSESTE, Palimpsestus , nom donné, chez les anc. Romains, à des feuilles de parchemin , et peut-être aussi de papyrus , ayant servi à écrire , et dont on avait effacé l’écriture par un lavage, pour les rendre propres à recevoir une écriture nouvelle. Ce nom était formé du grec ttxXiv, derechef, et ^ato, j’efface. Des moines du moyen âge, particuliérement au ix® siècle, firent des palimpsestes avec les volumineux ouvrages des grands auteurs de l’autiquité, Cicéron , Tite Live, Tacite, ete. , écrits sur parchemin ; quelques-uns ont été découverts dans certaines bibliothèques publiques; on a déchiffré l’écriture ancienne, mal effacée , à travers l’écriture moderne, et restitué ainsi quelques pages à des auteurs auxquels l’art des palimpsestes a été si fatal. Angelo Mai s’est, de nos jours, distingué dans ce genre de restitution. ( V. Maï.) L’invention du papier de chiffons, au xii® siècle, fit renoncer aux palimpsestes. C. D — y.
PALINGENIES. V. Manzolli.
PALINGES, ch.-l. de cant. (Saône-et-Loire) , arr et à 15 kil. N. de Charolles , sur le canal du Centre 219 hab. Briques réfractaires , poteries de terre et de grès
PALINOD (du grec palin , derechef, et odè , chant), nom donné en 1486 , à une confrérie ou espèce d’académie, instituée à Rouen, du temps de Guillaume le Conquérant, sous le titre de l 'Immaculée conception, et qui se réunit dans l’église de Saint-Jean jusqu’en 1515, puis dans le couvent des Carmes. Elle distribuait des prix aux meilleurs chants-royaux ou ballades , qu’on lisait à une tribune élevée, dite le Puy. Le nom de Palinods fut aussi appliqué à ces pièces de poésie. Il y eut des concours semblables dans d’autres villes de Normandie, telles que Dieppe, Caen, etc.
PALINURE (Cap), Palinurum , cap du royaume d’Italie, à l’entrée du golfe de Policastro, situé dans la province et à 80 kil. S.-E. de Salerne; par 39° 59’ lat. N’ et 12» 57’ long. E. Il dut son nom à Palinure , pilote d’Enée, qui s’y noya.
PALIQUES, Palici, frères jumeaux , fils de Jupiter et J une Nymphe, ou de Vulcain et l’Etna, étaient adorés en Sicile. Près de leur temple, situé à Palice, au pied de l’Etna, et où les esclaves pouvaient se réfugier en toute sûreté, étaient deux sources chaudes et sulfureuses, sur lesquelles on prêtait les serments; le parjure s’y noyait.
PALISOT DE BEAUVOIS (Ambroise-Marie-François Joseph, baron de), naturaliste, né à Arras en 1752, m. en 1820 , se fit recevoir avocat au Parlement de Paris en 1772, devint membre correspondant de l’Académie des Sciences en 1781 , se rendit en Afrique en 1786 pour étudier la flore du Bénin , alla se rétablir à S'-Domingue des maladies qui l’atteignirent dans son exploration , dut s’enfuir à Philadelphie quand la révolution éclata dans cette île, en 1793, visita diverses contrées de l’Amérique, s’y livra à de nouvelles études sur sa science, et revint en France avec de précieuses collections de plantes et d’animaux. Il entra à l’Institut, et fut nommé conseiller titulaire de l’Université. On a de lui : Flore d'Oware et de Bénin, 1804-21 , 2 vol. in-fol. , avec 120 pl. ; Insectes recueillis en Afrique et en Amérique , 1805-21 , in-fol. , avec 90 planches; Prodrome des 5e et 6» familles de cryptogames , les mousses ,
les lycopodes, 1804, in-8»; Essai d’une nouvelle agrostographie , 1812 , in-4° et in-8®. Il a fourni aussi des articles aux recueils scientifiques. B.
PALISSE (la). V. La Palice.
PALISSOT DE MONTENOY (Charles) , poëte et littérateur, né à Nancy en 1730, m. en 1814, était fils d’un conseiller du duc de Lorraine, et fut un enfant précoce et presque un petit prodige. A 16 ans, il entra à l’Oratoire. Son goût pour la poésie l’en fit sortir bientôt après , et , à 19 ans, il avait déjà écrit deux tragédies, Zarès et Ninus II. A l’âge de 25 ans , il commença , contre les philosophes , une guerre qu’il a continuée pendant plus de 30 ans: ce fut dans une petite comédie intitulée le Cercle , jouée à Nancy en 1755. Le parti philosophique se fâcha ; Palissot répliqua par de Petites lettres contre de grands philosophes , 1756, qui contenaient des personnalités au milieu de quelques bonnes vérités. La querelle s’assoupit , puis se réveilla plus violente que jamais en 1760 par une nouvelle attaque de Palissot dans les Philosophes , comédie en 3 actes en vers, jouée au Théâtre-Français. U poussa la passion jusqu’à mettre dans la bouche de quelques-uns de ses personnages des injures qu’il effaça ensuite , entre autres ces deux vers que l’on ne trouve plus à la fin de la pièce imprimée •.
Enfin tout philosophe est banni de céans ,
Et nous ne vivrons plus qu’avec d’honnêtes gens.
Palissot a composé six ou sept comédies; mais il n’avait rien du poëte comique, aussi sont-elles tombées dans un juste oubli ; leur seul mérite est d’être écrites avec une facilité correcte, une certaine petite élégance froide, sans idées, sans coloris, et sans originalité. En 1764, il donna la Dunciade ou la guerre des sots, poëme en trois chants , et en vers de dix syllabes, dont il emprunta l’idée à Pop». C’est une galerie de portraits satiriques qu’il porta successivement jusqu’à 10 chants afin d’y faire entrer tous ses ennemis ; mais là, comme dans la comédie , il n’a pu faire qu’une œuvre ennuyeuse et froide , où l’on trouve à peine quelques idées plaisantes. Palissot ne manquait d’ailleurs ni de goût, ni d’esprit; il l’a prouvé plus heureusement dans quelques ouvrages en prose, qui offrent plus d’un trait d’une vivacité agréable et d'une haute raison. Pendant la Révolution, il se fit peu remarquer. Il était administrateur de la bibliothèque Mazarine et membre correspondant de l’Institut, lorsqu’il mourut. Outre les ouvrages déjà cités, il a laissé : Mémoires pour servir à l’histoire de la littérature française, depuis François Ier jusqu’à nos jours , ouvrage superficiel; Histoire des premiers siècles de Borne, 1756, in-12; le Génie de Voltaire , 1806, in-8®, reeneil des jugements qu’il a portés sur les divers ouvrages de cet écrivain , qu’il n’attaquait jamais en attaquant les autres philosophes. On lui doit encore une édition de Corneille, où il réfute souvent le commentaire de Voltaire, et une édition un peu choisie de Voltaire. Les OEuvres de Palissot ont été réunies à Paris , 1788 , 4 vol. in-8®, et par lui-même, Paris, 1809, 6 vol. in-8®.
PAL1SSY (Bernard ), ouvrier de terre et inventeur des rustiques figulines, et, sous ce titre modeste, grand savant et grand artiste, né vers 1510, à Biron, arrondiss. de Bergerac (Dordogne), m. en 1589. Pauvre et sans instruction , il se fit calviniste, et fut d’abord entraîné dans les guerres de religion qui désolaient alors la Saintonge. Ayant entrepris de découvrir le secret des émaux italiens, il y employa 16 ans, 1539-1555. Rien n’égale l’intérêt qu’il inspire pendant ce long travail; amaigri par la faim, miné par la maladie, brisé par la calomnie et l’ingratitude, il élève son courage au-dessus des misères et des passions humâmes. Il a fait lui-même, dans l'Art de terre, le récit naïf et touchant de cette longue douleur, où la foi ne l’abandonna jamais. Ses œuvres d’art portent l’empreinte d’un goût naturel très-pur, fortifié par l’étude des maîtres de la Renaissance, et surtout de Fra Jocondo, du Rosso et de Benvenuto Cellini. Ses rustiques figulines, toutes en ronde-bosse, sont très-rares aujourd’hui ; les plus importantes étaient aux châteaux de Chaulnes, de Nesle, de Madrid, et sur tout d’Ecouen (appartenant au connétable de Montmorency). Quant à ses ouvrages de moyenne dimension , tels que vases, aiguières , vidrecomes, etc., moins rares que les précédents, on en voit de beaux échantillons aux musées du Louvre, de l'hôtel de Cluny, de Sèvres, de la Favorite (près Bade), et dans nombre de collections particulières, parmi lesquelles il faut citer celles de M. Sauvaereot (au Louvre), et du comte Pourtalès. Le secret de cos faïences, longtemps perdu , semble retrouvé maintenant ; on en fait des imitations qui trompent même les artistes. Palissy fut ingénieur, naturaliste, agronome, physicien et chimiste. Il apprit la science « arec les dents », aux dépens
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do sa santé, de sa nourriture même, et la nature fut son maître unique : « Je n’ai. pas eu d'autre livre que le ciel et la terre, lequel est connu de tous, et est donné à tous de connaître et de lire ce beau livre. » Son premier, son plus grand mérite, est d’avoir proclamé l’autorité de l’expérience, après des siècles de spéculations oiseuses et stériles. Il fut à la chimie ce que Franç. Bacon fut à la philosophie, et son Art de terre est le Novum organum de la science. Dans ses traités De la marne, Des eaux et fontaines, etc., devançant ses contemporains de 4 siècles, il parle des sondages, donne la théorie des eaux artésiennes, des stratifications du sol, etc. Il fit, en 1575, un cours public à Paris, et compta pour élèves Ambroise Paré, A. de Campège, J. Viret, etc. En 1572 , la protection de Catherine de Médicis le fit échapper au massacre de la S^Barthélemy. Cependant sa foi religieuse le fit jeter à la Bastille, où il mourut. Ee nom de B. Palissy fut presque ignoré de son vivant; vers 1650, le libraire Favet le produisit maladroitement et sous forme de réclame; au xvme siècle, Voltaire prouva une fois de plus par sa critique la légèreté de ses connaissances dans la physique terrestre; mais bientôt Rouelle, Fontenelle, Buffon , n’eurent qu’à mettre en relief ses titres scientifiques, pour attirer sur lui l’admi ratio muni verselle. Ses OEuvres ont été réunies par Faujas de* Saint-Fond et Go et, 1777, et par A. Cap, Paris, 1844, 1 vol. in-12. V. son Eloge par G. Cuvier; J. Salles, Elude sur la vie et les trmv v r de B. Palissy, Nîmes, 1855. G r.
PALIZZI (Les), famille sicilienne, célèbre par ses querelles avec les Chiaramonti , pendant le xive siècle, sous les règnes de Pierre II, dê Louis, et de Frédéric IL
PALK (Détroit de), bras de mer qui sépare l’Hindoustan de Pile de Ceylan, et fait communiquer le golfe de Manaar avec celui du Bengale ; 60 kil. de large. 11 porte le nom d’un Hollandais, qui le passa le premier.
PALLA, manteau long quadrangulaire, qui était pour les matrones romaines comme la toge pour les hommes ; elles s’en enveloppaient quand elles sortaient : la Palla se posait sur les épaules, descendait jusqu’aux genoux, couvrait les bras et la poitrine, et se ramenait sur la tête, de manière à, ne laisser voir que la figure et le devant de la coiffure. Elle était de laine blanche. Le f lammeum des mariées n’était qu’une palla couleur de safran ( V. Flammeum), portée un peu rabattue sur le visage. Les joueurs de lyre et les acteurs tragiques s’habillaient aussi avec la palla au théâtre, parce que ce manteau était semblable au peplos des Grecs. C. D — y.
PALLADE, Palladius, né en Galatie vers 368, entra chez les moines de Nitrie en Egypte, puis se retira dans les déserts de la Thébaïde, qu’il n’abandonna que pour l’épiscopat d’Hélénopolis (Bithynie). Il fut l’ami de S1 Jean Chrysostôme. Nous avons de lui une Histoire des solitaires, dite Histoire Lausiaque (dédiée au préfet Lausus), trad. en français par Ilervet , Paris, 1570, in-4°.
PALLÂDINO (Jacques), plus connu sous le nom de Jacques de Teramo, né à Teramo en 1349, m. en 1417, étudia le droit à l’université de Padoue, prit les ordres, obtint un canonicat dans sa ville natale , puis fut archidiacre d’Aversa, secrétaire des brefs et de la pénitericerie, évêque de Monopoli en 1391 , archevêque de Tarente en 1400, de Florence en 1401 , évêque et administrateur du duché de Spolète en 1410, et légat du pape Martin V en Pologne. 11 a laissé, outre des ouvrages manuscrits, une sorte de roman ascétique, publié sous le titre de Consolatio peccatorum , Augshourg, 1472, in-fol., et trad. en français sous celui de Procès de Déliai par Farget, Lyon, 1482.
PALLADIO ( André) , illustre architecte, né à Vicence en 1518, m. en 1580, commença par étudier seul , ou du moins on ne lui connaît pas de maître. Il se forma surtout par une exploration approfondie des monuments antiques de l'Italie et de la France, et, l’un des premiers, il essaya, à l’aide de ses recherches, de les restaurer, par le dessin , dans leur état de primitive splendeur. La belle façade de la villa Crieoli parait être son début ; mais ce fut alors que, sentant l’insuffisance de son savoir, il se mit à voyager pour I étudier les monuments antiques. Après plusieurs années d’absence, de retour dans sa patrie, il commença véritablement sa carrière d’architecte; on le chargea, en 1547, de continuer le palais ou hôtel-de-ville d’Udine, commencé par J. Fontana, et on lui attribue l’arc dorique servant d’entrée à ce monument, 1556. Les ouvrages de Palladio sont très-nombreux ; nous citerons, parmi les principaux: la façade du palais du grand-duc de Toscane à Campo- Marzo; le palais Foscari, sur les bords de la Brenta ; dans Venise, le monastère des chanoines de Sl-Jean-dc- Latran , le palais des doges, l’église de Sl-Georges-Majeur, celle du Rédempteur; le superbe pont de bois de Bassano,
1570 ; à Vicence, la basilique, dite le Palais de la liaison, et le Théâtre-Olympique ; à Parme, le théâtre, qui fut achevé par le Bernin , etc. Il faut joindre à cela une multitude de fort belles ou de charmantes villas construites dans le Vicentin et dans les Etats de Venise. Palladio, bien que venu après de grands architectes , a trouvé moyen d’être original, et tant d’artistes de grand talent l’ont imité, que son nom est demeuré à sa manière, qui, depuis lui, n’a pas de rivale. On peut la résumer en ceci : appropriation des belles données de l’architecture antique aux moeurs et aux convenances modernes, au moyen de modifications sobres, sages, savamment et spirituellement raisonnées. 11 ne se départit jamais de ce principe, et sut en tirer une très-riche variété de compositions. Il écrivit aussi sur son art, et il a laissé : Monuments antiques, Rome et Venise, 1554; et Traité d’architecture, en 4 livres, Venise, 1570, in-fol., traduit dans toutes les langues, et en français par Dubois, La Haye, 1726, 2 vol. in-fol., ouvrage où il se montre. érudit antiquaire aussi bien qu’architecte éminent. L'OEuvre de Palladio a été publié par Chapuys, Corréard, et Alb. Lenoir, Paris, 1825-41. in-fol.
PALLADIUM, statue de Pallas, que Jupiter fit tomber du ciel prés de la tente d’Ilus, pendant que ce prince bâtissait la citadelle d’Hion. L’oracle , consulté , répondit qu’il fallait bâtir un temple à Pallas dans la citadelle, pour y garder cette statue, et que, tant qu’elle y serait, nul ennemi ne pourrait prendre la ville. Les Grecs ayant connu cet oracle pendant qu’ils assiégeaient Troie, Diomède et Ulysse allèrent enlever la statue qui couvrait la ville assiégée d’une si puissante protection. Suivant d’autres traditions, Dardanus, père d’Ilus, reçut le Palladium et en fit faire un faux, à l’imitation du véritable. Ce serait ce faux Palladium, placé dans la basse ville, que les Grecs auraient enlevé en entrant dans Troie, tandis qu’Enée, encore maître de la haute ville, sauvait le véritable, et l’emportait avec lui en Italie. Cette tradition était accréditée à Rome, où l’on gardait dans le temple de Vesta une Pallas, qui passait pour être celle qu’Enée enleva des ruines de sa patrie; elle était dans un sanctuaire à part, où les vestales et les pontifes pouvaient seuls pénétrer, et l’on croyait le salut de l’empire attaché à sa conservation. Le Palladium était une statue de bois haute de 3 coudées (lm40), et terminée en gaine. Elle avait le casque en tête, tenait de la main droite une demi-pique un peu inclinée, et de la gauche un grand bouclier rond qui lui cachait presque tout le corps. — Les Grecs appelaient encore Palladium une statue de bois dorée, placée dans une niche, à la poupe des vaisseaux, comme pour les protéger.
PALLADIUS (Rutilius-Taurus-Æmilianus), agronome romain , auteur d’un traité d’agriculture ( de De rusticü ) divisé en 14 livres, et qui n’est, en grande partie , qu’une compilation intelligente de Columelle , de Gargilius Martialis, et des Géoponiques grecs. Son traité est une espèce d’almanach, qui indique les travaux à faire mois par mois • 12 livres y sont consacrés; le 1er contient des préceptes agronomiques généraux, et le 14e un poëme sur la greffe, écrit avec élégance, et quelquefois un peu d’afféterie. On ignore à quelle époque précise vécut Palladius : les uns prétendent que ce fut au commencement du il® siècle de notre ère , d'autres à la fin du IVe. On ne sait rien non plus sur sa vie ; on croit qu’il était fils d’Esupuérantius, préfet des Gaules. On trouve Palladius dans la collection des Rei rusticœ sert ptores , Leipzig, 1755; dans la Bipontine, etc. Il a été trad. en français par Saboureux de la Bonneterie, 1775, 1 vol. in-8°; et, mieux, dans la Bibliothèque lalinefrançaise de Panckoucke, 2e série, par M. Cabaret-Dupaty, Paris, 1843 , 1 vol. in-8°.
PALLANTÉE, Pallanteum , v. d’Arcadie, près de Mantinée ; bâtie par Pallas , fils de Lycaon ; patrie d’Evandre. — v. d’Italie , bâtie par Evandre sur le mont Palatin , près du Tibre; ainsi nommée soit du Palatin , soit de la Pallantée d'Arcadie , soit de Pallas , fils d’Evandre. — marais d’Afrique, sur les bords de la riv. Triton.
PALLANTIDES, fils de Pallas, frère d’Egée, au nombre de 50 , voulurent disputer à Thésée le trône d’Athènes , et furent tons tués par lui.
PALLANZA, v. du roy. d’Italie (Novare), petit port sur le lac Majeur, en face des îles Borromées, dans la province et à 70 kil. N. de Novare; 2,950 hab. Chef-lieu d’un arrondissement situé entre les prov. de Novare, d’Ossola, le val de Sesia, le lac Majeur, et le canton suisse du Tésin ; 103,586 hect. ; 61,110 hab.
PALLAS , déesse. V. Minerve.
parlas , fils d’Evandre, fut tué, selon Virgile, par Turnus , roi des Rutules. Enée le vengea dans le sang de Turnus , et lui fit de magnifiques funérailles.
PAL
PAL
PALÏ.A6 , affranchi de l’empereur Claude , et frère d'e Félix, gmiverneur de la Judée, engagea son maître à épouser Agrippine, à adopter Néron, et à le désigner pour son successeur. Tel était son crédit, que les courtisans placèrent sa statue en or parmi celles des dieux domestiques. Il aida à la mort de Claude , se rendit odieux à Néron par son arrogance, et fut empoisonné, en 60. Ses biens, que l’on confisqua , s’élevaient à 60 millions de notre monnaie.
pallas ( Pierre-Simon) , illustre voyageur et naturaliste, né à Berlin en 1741 , m. en 1811 , s’était établi à La Haye, et avait acquis une réputation méritée par des travaux sur l’histoire naturelle, lorsque Catherine II lui offrit une place à l’Académie de Sl-Pétersbourg. En 1768 , il fit partie de la commission chargée d’aller en Sibérie observer le passage de Vénus sur le soleil , et voyagea jusqu’en 1774 dans les diverses parties de la Russie , en Tauride , en Sibérie , et jusqu’à la frontière de Chine. Il revint à Sl-Pétersbourg , afin de publier ses observations. 11 fut nommé historiographe du collège de l'amirauté, en 1787. En 1795, il reçut de la tzarine une propriété à Simféropol, y passa 15 années, puis retourna dans sa ville natale où il mourut. On a de lui :
Elenchus zoophylorum , La Haye, 1766, in-8°; Miscellnnea zoologica, ibid . , 1766; Spicilegia zoologica , Berlin, 1 767- 1804 ; in-8° ; Voyage en diverses parties de l’empire russe , Sl- Pétersbourg, 1771-76 , 3 vol. in-4°, trad. en français par O. de La Peyronie , Paris, 1788-95 , 5 vol. in-8° et atlas, et , avec notes de Langlès etLamarck, 1794, 8 vol. in-8®; Mémoires sur les peuples mongols , en allemand, 1776-1802, 2 vol. in-4°; Observations sur la formation des montagnes et sur les changements attribués à notre globe , Sl-Pétersbourg ,
1777 , in-8° ; Novæ species quadrupedum ex glirium ordine ,
1778 ; Linguarum tolius orbis vocabularia, 1788,4 vol.; Icônes msectorum præserlim Rossiæ Siberiœque peculiarium , 1781-83,
2 vol. in-4®; Tableau physique et topographique de la Tauride, 1795, in-4°; Flora rossica, 1784-88, in-t’ol Zoographia rossoasiatica, 1831. Comme naturaliste, Pallas donna une idée vraie des coraux , rectifia les erreurs de Linné et de Buffon en conchyliologie, jeta les vraies bases de la géologie, et préluda aux travaux de Cuvier sur les fossiles. B.
PALLAVIC1NI ( Sforra ), né à Rome en 1607, m. en 1667, était gouverneur d’Iesi, d’Orviéto, et de Camérino , quand il entra dans l’ordre des Jésuites, en 1638 ; il devint cardinal en 1657. On a de lui, en italien, une Histoire du concile île Trente, Rome, 1656-57, 2 vol. in-fol., et 1664,
3 vol. in-40, trad. en latin par G iattino, Anvers, 1672, 3’ vol. in-4°, où il réfute celle de Scarpi.
PALLAVIC1NO (Oberto), capitaine italien du xme siècle, servit Frédéric II contre le pape Grégoire IX et les Génois, et, après la mort de l’empereur, battit Eccelino Romano. Il se créa une souveraineté en Lombardie , et devint chef du parti gibelin. Les revers qu’il essuya, lors de 1 entrée de Charles d’ÀDjon en Italie, le firent mourir de chagrin, 1269.
pallavicin° ( Et , /ante), poète satirique, né à Plaisance en 1615 , m. en 1644 , était chanoine de Sl-Augustin et de tt ^IP'égation de Latran. Il publia des pamphlets contre Uibam VIII et la cour pontificale, brava longtemps à Venise la colère de ses ennemis, mais, en se rendant en r rance , fut arrêté à Avignon, condamné à mort , et décapite. On a réuni ses OEuvres permises , Venise , 1655 , 4 vol. m-12 , et ses OEuvres choisies, Villefranche (Genève), 1660, 1 vol. in-12. Ony remarque le Courrier volé , suite de lettres imaginaires, et le Divorce céleste, traduit en français par Brodeau d Oiseviile, Cologne, 1696.
PALLENE , auj. Cassandria, une des 3 presqu’îles qui terminent la Chalcidique au S. , la plus occidentale , entre le golfe lhermaique et le golfe Toronaïque ; v. princip. , Potidee, Scione. * ’
c 'C1' ( LE > ’ vffe ( Loire-Inférieure), arr. et à 20 kil. b.-E de Nantes; 1,588 hab. Patrie d’Abélard. On montre derrière l’église une enceinte formée de v teilles murailles a demi rasees : ce sont , dit-on , les restes du château de Bérenger pere d’Abélard. L’église est du xi« siècle.
PALLIATES, Pallialœ , comédies latines, dont le sujet «t les personnages étaient grecs. Les acteurs portaient le
tt a?,’ t1?/1.11,*®!11 Srec> d’où ie nom de Palliâtes. PALLICARES. V. Palicares.
PALLIOLUM, petit manteau court, diminutif du Palixum , particulièrement à l’usage des malades et des courtisanes, chez les anc. Romains.
im„iL,î;I0UP,err*> ’ né à Paris en 1608 > ra- en 1698 ,
aLPi7? . j D'Joi ’ historiographe du roi, et généalogiste des Ltats de Bourgogne , a laissé : le Parlement de Bour-
Î649C; 2* vou’in-fol. ^ établissement ’ ses Progrès , Dijon,
PALLIUM, manteau des anciens Grecs, que les Romains
commencèrent d’adopter vers la fin de la république, et dont l’usage devint fréquent sous les empereurs; il remplaçait la toge, et se portait par-dessus la tunique, tantôt en enveloppant tout le corps , tantôt sur l’épaule gauche seulement : en cas de pluie ou de soleil , on le ramenait sur la tête. Les femmes s’en affublaient aussi, comme les hommes. Il était blanc , et de forme quadrangulaire oblongue. Un Pallium , couleur brun roux , formait ordinairement l’habillement distinctif des philosophes, surtout des pythagoriciens , des stoïciens et des cyniques , en Italie ainsi qu’en Grèce. — Le Pallium, ornement ecclésiastique que le pape envoie aux archevêques en signe de juridiction , et que S. S. porte elle-même, est une bande d’étoffe de laine blanche , large de 3 doigts ( 5 centimèt. environ) , qui se met par-dessus les vêtements pontificaux, entoure les épaules , et pend par devant et par derrière à la longueur d’un palme (224 millimèt. ) ; il est orné de 4 croix d’écarlate, une sur l’estomac, une sur le dos, une sur chaque épaule. Les archevêques ne peuvent faire aucune fonction pontificale tant qu’ils n’ont pas reçu le Pallium. Cet ornement était originairement un manteau , dont les empereurs chrétiens honorèrent les prélats vers le ive siècle ; il était, tissu de laine blanche, pour rappeler la brebis que le bon Pasteur porta sur ses épaules. Vers la fin du vi° siècle, les prélats de l’Eglise d’Occideut commencèrent de porter le Pallium , et, à la fin du vme, le pape Zacharie l’accorda à tous les archevêques. C. D— y.
PALLUAU, Paludellum , ch.-l. de cant. (Vendée) , arr. et à 40 kil. N.-N.-E. des Sables-d’Olonne ; 433 hab.
palluau , vge (Indre), arr. et à 38 kil. N.- O. de Châteauroux; 1,854 hab. Autrefois fortifié.
PALLUCCI ( Noël-Joseph) , chirurgien, né en 1719, m. eu 1797 , exerça son art à Florence et à Vienne. Il inventa un procédé pour l’opération de la fistule lacrymale, et perfectionna les méthodes du petit et du haut appareil pour l’extraction de la pierre. On a de lui : Description d'un nouvel instrument pour abattre la cataracte, Paris, 1750, in-12; Nouvelles remarques sur la lithotomie, 1750, in-12; Lithotomie nouvellement perfectionnée , Vienne, 1757, in-8»; Ratio facilis atquc luta narium curandi polypes , ibid., 1763, in-8° ; Saggio di nuove osservazioni e scoperte , Florence, 1768, in-8».
PALMA ( Jacopo) , dit le Vieux ou l’Ancien, peintre, ne vers 1180 à Serinulta, vge près de Bergame, m. vers 1548, condisciple et émule du Titien, son maître, et du Giorgion , produisit beaucoup d’ouvrages remarquables , et ne réussit pas moins dans le portrait que dans l’histoire. Le musée du Louvre possède de lui l’Annonce aux bergers, ex-voto.
palma (Jacopo ) , dit le Jeune, petit-neveu du précédent, né à Venise en 1544, m. en 1628, élève de son père, peintre médiocre, alla étudier à Rome les ouvrages de Raphaël, de Michel-Ange et de Caravage. Il a réuni dans ses tableaux les excellents principes de l’école romaine aux meilleurs de l’école vénitienne. On cite de lui : la Victoire navale remportée par F. Bembo , qui orne une des salles du palais de S*-Marc à Venise; une Annonciation , à Pesaro; une Invention de la Sle Croix , à Urbin. 11 a aussi gravé à l’eau-forte.
palma, v. d’Espagne, ch.-l. de la province des Baléares, sur la côte S. -O. de l’ile Majorque , au fond de la baie de son nom; par 39® 34’ 4” lat. N. et 0® 18’ 12” long. E. ; 53,120 hab. Bon port et place forte. Evêché ; cour d’appel. Université, écoles d’hydrographie et de dessin, musée d’antiquités , bibliothèque. On remarque la cathédrale, et la Bourse ( la Lonja) , édifice gothique du xve siècle. Cette ville , avant la suppression des ordres religieux en 1835 , possédait 24 couvents. Commerce maritime actif. Fabr. de cotonnades et lainages. Récolte de vins excellents. Cette ville fut fondée, à ce qu’on croit, l’an 123 av. J.-C., par le consul Cécilius Métellus Baléaricus. On voit aux environs un ancien palais de l’Inquisition et une Chartreuse.
palma, v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 46 kil. N.-E. d’Huelva; 3,200 hab.
palma-del-rio, Decuma, v. d’Espagne (Andalousie ), prov. et à 57 kil. S.-O. de Cordoue, au confluent du Xenil et du Guadalquivir; 6,500 hab. Exploitation de cuivre; huileries.
palma, anc. Ombrio, Junonia, île d’Espagne, du groupe des Canaries, à 50 kil. N. -O. de l’ile de Fer; 600 kil. carrés ; 31,159 hab. Capitale, Santa- Cruz -de-la- Palma. Sol volcanique. Elle s’élève à 3,670 mèt. au-dessus du niveau de la mer. Forêts de pins. Récolte de vins, grains, fruits, miel. Pêche dans l’Archipel.
palma (santa -cruz - dk- la-) , v. forte des Canaries, port sur la côte E. de l’ile de Palma. Fabr de toiles,
PAL
PAL
soieries ; commerce de cabotage. Population de la commune : 5,641 hab.
PALM A CAYF.T. V. CAYET.
PALMA-NUOVA, v. forte du royaume d’Itabe (Vénétie), province et à 22 ldi. S.-S.-E. d’Udine, sur la Roja; 4,500 hab. "
PALMARIA, îlot du roy. d’Italie, dans la Méditerranée, au S. de Piombino. Marbre porloro, noir veiné or.
PALMAROLA, anc. Palmaria, île du royaume d’Italie, dans la mer Tyrrhénienne, à l’O. de Ponza.
PALMAS (LAS), v. forte d’Espagne, sur la côte E. de l'ile de Grande-Canarie, port franc et capitale de toute la prov. des Canaries, au milieu d’une fertile vallée, à l’embouchure de la Giniguada ; 14,233 hab. Climat sain et tempéré. Siège d’un évêché et du gouvernement des îles ; cour d’appel. Belle cathédrale. Récolte de maïs, patates, fruits, vins renommés. Fabr. d’étoffes de soie, laine, l’êcbe et cornm. de cabotage.
palmas , anc. Sulcitanus sinus , golfe sur la côte S. -O. de i’ile de Sardaigne.
PALME, Palmus , mesure de longueur des anciens Roui.nus; il y avait le petit (minor), qui formait le quart du pied, et valait O®, 74; et le grand (major), formant les 3/4 du pied. — Les Grecs avaient des mesures semblables ( V. Paleste et Spithame). — Le palme est encore en usage en Italie, mais il diffère suivant les pays : à Carrare, il vaut 0m, 243,6 ; à Gênes, 0m,247 ; à Naples, 0m,263,5 ; à Palerme, 0m,258,6; à Pise, 0m, 298,4; à Rome, 0m, 223, 4.
PALMELLA, v. de Portugal ( Estramadure) , à 9 kil.
• N.-E. de Setubal ; 2,800 hab. Anc. château. Couvent, résidence du grand-prieur de l’ordre de Santiago. Titre de marquisat. — Cette ville fut prise par Alphonse Henriquez sur les Maures, en 1165.
palmella (P. de souza-holstein , duc de), homme d'Etat portugais, né à Turin en 1786, m. en 1850, fut plénipotentiaire au congrès de Vienne en 1814 , puis ministre des affaires étrangères, accepta de préparer une charte après la révolution de 1820 , tomba en disgrâce pendant la régence de Don Miguel , devint régent luimême par décision de la junte d’Oporto en 1828 , contribua à l'élévation de Doua Maria, présida le conseil des ministres de 1834 à 1836, et de 1846 jusqu’à sa mort.
PALMER (John) , célèbre acteur anglais , né en 1741, m. en 1798, était fils d’un concierge du théâtre de Drury- Lane à Londres. Il venait de perdre un fils, lorsqu’on jouant la pièce de Kotzebue, Misanthropie et repentir, il mourut de douleur à cette question de son interlocuteur : “ Comment se portent vos enfants ? »
PALMERIUS, nom latinisé de Paulmier.
PALMERSTON, île de la Polynésie, formée de la réunion de plusieurs îlots par un récif de corail , à l’O.-N.-O. de l’archipel d’Harvey.
PALMES (Cap des), cap de l’Afrique occidentale, à l’extrémité N.- O. du golfe de Guinée, par 4° 21’ lat. N., et 10° 1’ long. O.
PALMEZEAUX. V. Cobières (le chevalier de).
PALMI, v. du royaume d’Italie, dans la province et à 34 kil. N.-E. de Reggio, sur le golfe de Gioja; 10,442 hab. Soieries et lainages. — Dévastée par le tremblement
• de terre de 1783.
PALMIERI (Giuseppe) , peintre, né à Gênes en 1674, m. en 1740, s’est fait une assez grande réputation comme peintre d’animaux et de nature morte.
PaLMOSA. V. Pathmos.
PALMYRA, v. des Etats-Unis (New-York), à 19 kil. N. de Canandaigua, sur le canal Erié; 3,549 hab.
PALMYRE ou TADMOR, v. de Syrie, dans une oasis, au milieu du désert entre Damas et l’Euphrate, à 240 kil. N.-E. de la ville, et à 140 du fleuve, fut bâtie par Salomon, qui l’appela Tadmor ou ville des palmiers. Détruite par Nabuchodonosor le Grand lorsqu’il marcha sur Jérusalem, elle dut à sa position entre le golfe Persique et la Méditerranée d’être bientôt reconstruite , de devenir une des échelles les plus importantes du commerce du Levant, et, plus tard, sous les Séleucides, de servir de place intermédiaire entre leurs deux capitales, Séleucie et Antioche. Elle était la capitale de la Palmyrène, et gouvernée librement par un sénat, des assemblées du peuple, et un prince. Antoine voulut en donner le pillage à ses cavaliers, et fut repoussé. Les Romains , pour ne pas la jeter dans l’alliance des Parthes, la laissèrent jouir d’une sorte de liberté. Sous Caracalla , elle était colonie romaine, et avait le droit italique. Au temps de Gallien, Odénat, prince de Palmyre, et sa femme Zénobie (F. ces noms), l’élevèrent au plus haut point de splendeur. Aurélien prit la ville, en 272, et Palmyre devint province romaine. Dioclé-
tien l’orna de nouveaux édifices. Elle semble avoir été déjà ruinée au commencement du xiv° siècle, où l’Arabe Aboul-Féda parle des débris de ses colonnes et de ses temples. Ces ruines, qui sont, avec celles de Baalbek, ce que l’antiquité nous a laissé de plus merveilleux en ce genre, restèrent ignorées des Européens jusqu’en 1691, époque où des négociants anglais d’Alep les firent connaître. Elles ont été visitées et décrites par Dawkins et Wood, 1751-53, et par Volney. Situées au pied d’une colline qui servait de nécropole, elles occupent un espace de plus de trois lieues. On y reconnaît des débris appartenant à deux époques : les uns , accumulés en monceau , sont informes, et paraissent être antérieurs à Nabuchodonosor ; les autres , en partie debout , sont des trois premiers siècles de l'ère chrétienne, où fleurit surtout l’ordre corinthien, presque uniquement employé dans ces ruines. Des inscriptions grecques et latines qu’on y a trouvées , aucune n’est antérieure à J.-C., ni postérieure à Dioclétien. Des colonnes corinthiennes, hautes de 40 pieds, forment des files tellement étendues, que, semblables à des rangées d’arbres , elles fuient dans le lointain, en ne paraissant plus que des lignes accolées. Derrière elles se trouvent des palais à moitié détruits, des portiques, des galeries, des arcs de triomphe , dont il ne reste que des pans de mur, pendant que la terre est jonchée d’entablements brisés, de chapiteaux écornés, de frises mutilées, de bas-reliefs, de sculptures à demi effacées, d’autels souillés de poussière. Les restes les plus considérables et les plus précieux sont ceux du temple du Soleil. L’enceinte carrée de la cour qui l’enferme a 679 pieds sur chaque face, et, le long de cette enceinte, régnait extérieurement un double rang de colonnes. Au milieu de l’espace vide, le temple présente encore une façade de 47 pieds et un flanc de 124. Tout autour existe un péristyle de 41 colonnes, et 12 colonnes ornent la façade: c’est dans la cour de ce temple qu’habitent , dans des huttes de terre ; une trentaine de familles de paysans arabes. Toute leur industrie se borne à cultiver quelques oliviers et te peu de blé qu’il leur faut pour vivre ; et leurs richesses se réduisent à des chèvres et à des brebis, qu’ils font paître dans le désert. C. P.
PALMYRÈNE, territoire de Palmyre.
PALNATOKE , célèbre chef de pirates danois au, xc siècle, habitait le fort de Jomsborg , dans l’ile Wollin. Il tua Harald Blaatand, en 991. Il est le héros d’une tragédie d'Œhlenschlæger. Une tombe en Fionie a longtemps porté son nom ; les paysans racontent qu’il apparaît encore en chasseur.
PALO, v. du royaume d’Italie, dans la prov. et à 17 kil. S. -O. de Bari ; 10,745 hab.
PALO.MINO DE YELASCO (Antonio), peintre espagnol, né en 1653 à Bujalance, près de Cordoue, m. en 1726. Ses parents lui firent apprendre la philosophie, la théologie et la jurisprudence ; mais il employait tous scs loisirs à copier des estampes. Le peintre Jean Alfaro l’emmena à Madrid, en 1678, et le roi le chargea de plusieurs travaux pour l’Escurial. La manière dont il les exécuta le fit nommer peintre de la cour, en 1690. 11 dessinait purement, composait avec soin, avait une grande connaissance de l’anatomie et de la perspective : sa couleur est agréable, pleine d’harmonie, mais ses types et ses expressions manquent de noblesse. Parmi ses œuvres, on vante la Confession de St Pierre, à Valence, les fresques du, chœur de l’église de Cordoue, celles du chœur des Chartreuses de Grenade. Il a publié une espèce d'histoire de l’art espagnol, intitulée : Musée de peinture, Madrid , 1 715 et 1724, 2 vol. in-fol. A. M.
PALOS, Palus Enepli des Maures, v. d’Espagne (Andalousie), prov. et à 20 kil. S. d’Huelva, à l’embouchure du Tinto dans l’Atlantique; 1,000 hab. Christophe Colomb en partit pour découvrir le Nouveau-Monde, le 3 août 1492. Près de là sont les ruines du couvent de la Rapita, où l’illustre navigateur passa quelque temps dans la retraite; le duc de Montpensier en a fait reconstruire une partie, en 1855-56.
PALOTA, v. de Hongrie, comitat et à 25 kil. N.-E. de Veszprim; 4,000 hab. Autrefois résidence royale. Château des comtes de Zichy. Maison luthérienne d’orphelins. — Ravagée par les Turcs en 1603.
PALOU, v. de la Turquie d’Asie (Kharbout), sur la rive g. de l’Euphrate, à 130 kil. N.- O. de Diarbékir;. 8,000 hab.
PALSGRAVE (Jehan), grammairien, né à Londres ! vers 1480, m. vers 1554, fut maître de français de Marie,
! sœur de Henri VIII. Connu en Angleterre par plusieurs ouvrages d’érudition et de littérature, notamment par une