‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 269 sur 864 · FAN · texte numérisé non relu

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pâment, les perfectionnements nui en ont fait un art, sont dns à deux histrions romains, Pylade et Bathylle, qui, vers la fin du règne d'Auguste, montrèrent, sur le théâtre de Rome , que l’on pouvait amuser , intéresser, émouvoir même, en représentant une action dont le dialogue était complètement exclu. Ils portèrent ce jeu à une telle perfection, qu’ils représentaient des drames complets, sans autre secours que le geste, sans l’aide de la physionomie, les pantomimes ayant un masque, comme tous les histrions; seulement, ils faisaient accompagner leur jeu d’une musique de flûtes, quelquefois de cymbales, et les principales situations étaient indiquées par un chœur qui récitait une sorte de monologue, pendant que le pantomime l’exprimait par son jeu. On appelait saltation l’art du pantomime. Pylade jouait le tragique, Bathylle le comique, et le peuple de Rome courait à leurs représentations avec une ardeur effiénée. Cette passion était générale, et, dans les hautes classes, les pantomimes acquirent une telle faveur, qu’on en fit des personnages importants; des chevaliers, des sénateurs, même des matrones, se faisaient honneur de les accompagner en public, de fréquenter leur société ; ils les invitaient à venir jouer sur de petits théâtres particuliers; enfin ces jeux plaisaient tant, que les riches les avaient mis au nombre des divertissements qu’ils offraient à leurs convives à la fin des repas. Il y eut au théâtre des partisans fanatiques de tel ou tel acteur; ces rivalités amenaient des troubles si violents, que l'autorité publique dut, plus d’une fois, bannir les pantomimes de Rome et de l’Italie. Cependant le goût général pour ces histrions était trop vif; les exils ne pouvaient être maintenus, et le règne des pantomimes dura au moins jusqu’aux malheurs de Rome, vers le milieu du vie siècle. — Pantomimes en France. On donne ce nom aux pièces plus encore qu’aux acteurs. On en joua d’abord à l'Opéra de Paris ; c’étaient des ballets sur des sujets mythologiques. Ce genre se soutint jusqu’au milieu du xviii6 siècle : alors on aidait à l’intelligence de ces drames muets par des habits- dits de caractères pour certains rôles; ainsi les Vents avaient des habits de plumes, des moulins à vent sur la tête, et des soufflets à la main ; le Monde portait pour coiffure un mont Olympe, et son habit représentait une carte géographique couverte d’inscriptions : sur le sein du côté du cœur, on lisait Gallia ; sur le ventre, Germania; sur une jambe, Italia; sur une partie moins noble, terra australis incognito ; sur un bras, Hispania, etc.; la Musique était affublée d’un habit rouge à plusieurs portées, chargé de croches et de triples croches, et coiffée de clefs de fa, de sol, etc. ; le Mensonge avait une jambe de bois, un habit garni de masques, et une lanterne sourde à la main. Noverre supprima ces vieilleries ridicules, perfectionna la pantomime à l’égal de la saltation des anciens , et peut en être regardé comme le créateur en France. V. Noverre. C. D— y.

PANVINIO (Onuphre), antiquaire, historien et compilateur, né en 1529 à Vérone, m. en 1568, fut ermite de S‘- Augustin, professeur de théologie à Florence en 1554, attaché à la bibliothèque du Vatican sousJVIarcel II.

Il recueillit une foule d’inscriptions et de médailles antiques dans ses voyages en Italie et en Sicile, et composa : Fasti et Triumphi Romanoruxn, à Romulo usque ad Carolum V, Venise, 1557 ; de Triumpho commenlarius , 1573, i in-fol.; Amplissimi ornatissimique Triumphi ex an ti qui s lapi- j dum , nummorum monumentis... descriptio , Rome, 1618, in-fol., très-rare; de Ritu sepeliendi mortuos apud veteres Chrislianos et eorum cœmeteriis, Louvain, 1572, in-8°, traduit en français, Arras, 1613, in-8«; de Sibxjllis et carminibus Sibyllinis , Venise, 1567, in-8°; Epilome Ponlificum romanoruxn usque ad Paulum IV , Venise, 1567, in-4»; de Baptismale puschali origine, Rome, 1560, in-4»; de Republicâ romand libri m, ibid-, 158] , in-8°; de Ludis circensibus libri duo , et de Triumphis liber unus ,... Venise, 1600, | in-fol. N C. N. !

PANYAS1S, poète grec d’Halicarnasse, oncle d’Hérodote, avait publié sur les Douze Travaux d’Hercule un ! poëme qui passait pour le meilleur sur ce sujet, et qui lui avait mérité une place parmi les auteurs classiques dans le Canon d’Alexandrie. Il périt victime de l’opposition qu’il faisait à Lygdamis, usurpateur de 1 autorité dans sa patrie. Le poëme de Panyasis est perdu. Des fragments ont été recueillis par Tzschirner, Breslau, 1842, in-4». V. Funcke, de Panyasidis vitâ ac poesi , Bonn, 1837, in-fl". P — t.

PANZER (Georges-Wolfgang-François), ministre luthérien, né à Sulzbach (Haut-Palatinat) en 1729, m. en 1805, pasteur de l’église de Sl-Sébald à Nuremberg en 1773, est célèbre comme bibliographe. On lui doit ; Des-

cription des plus anciennes Bibles allemandes , Nuremberg, 1777, in-4° ; Histoire des Bibles, 1778, in-4°; Histoire de l’imprimerie dans les premiers temps à Nuremberg, jusqu’en 1500, ibid., 1779, in-4° ; Annales de l’ancienne littérature allemande, ou Annonces et descriptions des livres allemands, imprimés depuis l'invention de l’imprimerie jusqu'en 1520, ibid. , 1788, in-4°, avec supplément, Leipzig, 1802; Annales tx/pographici ab artis inventa origine ad anxuim MD, ibid., 1793-1803, 11 vol. in-4».

PAOLA, v. du royaume de Naples. V. Paule.

PAOLI (Hyacinthe), général corse, dirigea, de 1734 à 1739, l’insurrection de ses compatriotes contre les Génois, et, réduit à une lutte trop inégale, proposa la domination de la Corse, au saint-siège et à l’Espagne, qui la refusèrent. Il déposa le pouvoir entre les mains du baron de Neuhof (F. ce mot) , combattit encore pour l’indépendance après la chute de cet aventurier, fut vaincu par le maréchal de Maillebois, et se retira à Naples, où il mourut vei's 1756.

paoli (Pascal), fils du précédent, né en 1726 à Morosaglia, m. en 1807 , suivit son père à Naples, où il servit dans un régiment de cavalerie , rentra en Corse vers 1753, et fut proclamé chef unique de l’ile en 1755. Héritier de la haine de son père contre les Génois , il leur enleva peu à peu tout l’intérieur de la Corse , organisa une petite marine qui fit beaucoup de mal à leur commerce , et , prenant le rôle de législateur, établit des tribunaux réguliers et permanents , introduisit l’uniformité dans les poids et mesures, mit en circulation une nouvelle monnaie, ranima l’agriculture , fonda l’université de Corte , restreignit les privilèges de la juridiction ecclésiastique. J. -J. Rousseau fut appelé pour concourir à l’organisation de la république naissante , mais ne put répondre aux vœux de Paoli, Quand les Génois eurent cédé la Corse à la France , 1768 , Paoli protesta , obtint quelques avantages sur le marquis de Chauvelin , mais fut complètement défait par le comte de Vaux. Réfugié en Angleterre, il fut rappelé de l’exil en 1790 par l'Assemblée constituante, et reçut le titre de lieutenant-général , avec le commandement de la Corse. Affligé des excès de la Révolution , accusé de trahison par le gouvernement français, il rompit avec la Convention en 1793, et fut élu par ses compatriotes, en juin de la même année , généralissime et président d une consulta formée à Corte. Alors, mis hors la loi parla Convention , il expulsa tous les Français; il offrit la royauté de la Corse au roi d’Angleterre, qui l’accepta, et qui cepéndant donna la viceroyauté â un autre. Paoli étouffa son ressentiment, persuadé que l’alliance anglaise était le seul moyen de salut pour la Corse , et alla , en 1796 , porter à Londres ses plaintes, qui ne furent point écoutées. Il y mourut, etlaissa, par testament, des sommes considérables pour fonder une école portant son nom, et qui est auj. florissante. Si Paoli ne fut pas, dans sa conduite, un politique très-clairvoyant, il montra les talents d’un administrateur et d’un militaire, et il est l’homme le plus remarquable que la Corse ait produit avant Napoléon Ier. B.

paoli ( Paul-Antoine) , né à Lucques vers 1720 , m. vers 1790, a publié divers ouvrages fort estimés encore, dont les principaux sont : Axxtiquilaluxn Puteolis , Cuxnis , Baiis ezistentium reliquiœ , Naples, 1768, in-fol. , atlas de 69 pl. très-belles; Pœsli, quod Possidoniam eliam dixêre , rudera, Rome, 1784, in-fol., atlas de 64 pl. très-bien exécutées. Ces deux ouvrages sont écrits aussi en italien.

PAOLO(Fra). V. Sarpi.

paolo (saN-), v. du roy. d’Italie (Prov. de Foggi ; ), à 12 kil. N. -O. de San-Severo; 2,800 hab. Près de là, ruines de l’anc. Teanum Apulum.

PAOLO d’aSSÜMPÇAO DE LOANDA (SAN-). V. LOANDA.

PAOTÉ (La ), brg (Mayenne), arr. et à 46 kil. N.-N.-E. de Mayenne; 516 hab.

PAPA , anc. v. forte de Hongrie, comitat et à 53 kil. N. -O. de Veszprim ; 15,000 hab. , dont 3,000 Juifs. Gymnase de Bénédictins; collège de réformés. Château des comtes d’Esterhazy. Bains minéraux d ’Ugod, aux environs.

papa (Cap), anc. Araxus, cap de Grèce, sur la côte N.- O. de la Morée , à l’entrée du golfe de Patras; par 38° 12’ 42” lat. N. et 19o 3’ 4” long. E.

papa (du grec papas ou poppas, père), nom donné aux prêtres dans l’Église grecque. Le Protopapa (de prôtos, premier) est un prêtre d’un rang supérieur, venant immédiatement après l'évêque. En Russie, ces mêmes prêtres s’appellent Popes , Prolopopes.

PAPANODIZIA , une des îles des Princes, dans la mer de Marmara, à 16 kil. S.-E. de Constantinople; 165 kil. carr. ; 5,000 hab. Très-fertile.

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