‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 293 sur 864 · PÈRES DE LA FOI. V. PACCANARI · texte numérisé non relu

PÈRES DE LA FOI. V. PACCANARI

pères de l'église , nom donné aux docteurs et écrivains de l’Eglise chrétienne qui ont fleuri du IIe au vie siècle.

PERESSLAFF-ZALESSKY , v. de la Russie d’Europe, ch. I. de district du gvt de Vladimir, à 140 kil. O. de cette ville, sur la Troubesch; 2,000 hab. Le monastère de Sl-Nikita y attire une foule de pèlerins Pierre Ier essaya pour la première fois de construire un vaisseau sur le lac Plesstcheierskoie, voisin de cette ville.

PEREZ (Jean), en latin Petreius, poète latin, né à Tolède en 1512, m. en 1545, fut professeur d’éloquence à Alcala. Il a écrit des Epigrammes latines et un poème héroïque en 4 chants sur la Madeleine , le tout intitulé : Libri IV in laudem Magdalenœ , und cum aliis opusculis, 1552, in-8°. Il écrivait avec beaucoup d’élégance, et son poème de la Madeleine obtint beaucoup de succès. C. N.

ferez de guzman (Fernando), seigneur de Batres , m. vers 1470, était oncle du marquis de Santillane. On a de lui quelques poésies légères , une description en vers des 4 vertus théologales, et les Généalogies et portraits des hommes illustres, esquisses bien saisies et tracées avec fermeté. Mais son meilleur titre de gloire est la Chronique de Jean II.

ferez de guzman , capitaine espagnol. V. guzman.

perez de montalvan ( Juan), poète espagnol , né à Madrid en 1603 , m. en 1639 , fut l'élève , l’ami , le biographe et l’imitateur de Lope de Vega; il exerça la charge de notaire apostolique de l’Inquisition. On a de lui plus de 100 pièces de théâtre heureusement conçues et bien conduites, ainsi que des Nouvelles, souvent gâtées par le faux brillant de la prose poétique.

perez d’oliva i Fernando), littérateur espagnol, né à Cordone en 1494, enseigna la philosophie et la littérature ancienne à Paris, et devint recteur de l’Université de Salamanque. On a de lui une traduction de V Amphitryon de Plaute , et un Dialogue , à la manière de Cicéron , sur la dignité de l’homme ou les avantages de la solitude. Son style est élégant, poli et vigoureux. Il fut moins heureux ! dans la Vengeance d' Agamemnon , imitation de V Electre de Sophocle.

perez (Antonio), ministre espagnol. Chargé de servir l’amour de Philippe II pour la princesse d’Eboli , il parla pour lui-même, et devint le rival heureux de son maître. Un certain Escovedo ayant découvert l’intrigue, il le peignit au roi comme un homme dangereux, et le fit assassiner, en 1578. Plus tard, Philippe, instruit de tout, fit condamner Perez â une forte amende , à 2 ans de prison , et à un bannissement de 8 années. Il parvint à s’évader, et â gagner l’Aragon, 1590 ; repris, et conduit à Saragosse, où le peuple voulut l'arracher aux familiers de l'Inquisition, il s’échappa de nouveau , 1591. Accueilli en France par Henri IV, il y mourut en 1611. Il a laissé des Mémoires et ! des Lettres , imprimés sous le titre d 'Obras y Relaciones.

Paris, 1598, in -4°. V. Antonio Perez et Philippe 11, par j M. Mignet.

perez (David) , compositeur de musique, né â Naples | en 1711, d’une famille espagnole , m. en 1778. Maître de j chapelle de la cathédrale de Païenne , il entra ensuite au service du roi de Portugal. Ses opéras de Sémiramis , Oémé- | trius , Démophon , Soliman , eurent du succès. Il a cependant plus d’originalité, dans la musique d’église, où il se rap- I proche de Jomelli.

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PERFETTI (Bernardino), célèbre improvisateur italien, né à Sienne en 1681 , m. en 1747 , fut professeur de droit à Pise , et reçut en 1725 la couronne de poëte. Le meilleur recueil de ses œuvres est celui de Florence, 1748 , 2 vol. in- 8».

PERGA, auj. Kara-Hissar, anc. v. d’Asie-Mineure ( Pamphylie) , sur le Cestrus, célèbre par son temple de Diane. Patrie du géomètre Apollonius. Belles ruines d’un magnifique théâtre grec, d’un stade, et de plusieurs temples.

PERGAME, Pergama , citadelle de Troie. On donna quelquefois ce nom à la ville elle-même.

pergame , Pergamus , anc. v. de Mysie , au confluent du Calque et du Cétius , célèbre par un temple d’Esculapc , des fabriques de parchemin (Pergamena char la) , de tapis, et une bibliothèque, qui renfermait, dit- on , 200,000 volumes. Patrie de Galien. — Pergame fut la capitale d’un petit royaume, fondé, l’an 283 av. J.-C., par l’eunuque Philétère, et qui embrassa bientôt la Mysie, la Lydie, la Phrygie Hellespontique et la Grande-Phrvgie. Ses rois furent les fidèles alliés des Romains; ce sont : Philétère, 283; Eumène Ier, 263; Attale Ier, 241; Eumène II , 198 ; Attale II Philadelpbe, 157 ; Attale III Philométor, 137. Ce dernier, n’ayant pas d’enfants , céda ses trésors et. ses Etats aux Romains , 132 ; mais Aristonie ( V. ce mol | soutint pendant 3 ans ses prétentions au trône. Le royaume de Pergame forma la prov. romaine d’Asie.

PEliGEN, brg des Etats autrichiens (Tyrol), à22 kil. E. de Trente; 2,000 hab. Vins, soie.

PERGOLA (Ange de la), condottiere du xve siècle, secourut les Pisans contre les Florentins en 1405 , s’attacha ensuite au duc de Milan, Philippe-Marie Visconti , perdit presque tous ses soldats au combat de Macalo , et mourut à Bergame en 1427.

pergola, v. du royaume d’Italie, dans la province de Pesaro-et-Urbino, à 24 ldi. S.-E. d’Urbin ; 6,315 hab.

PEKGOi.ÈSE (Giambattista), célèbre compositeur de musique, né à Iési, dans la prov. d’Ancône, en 1710, d’une famille illustre, m. en 1736, fut amené à Naples par ses parents , tombés dans la misère, et, après les avoir perdus, à ce que l'on croit, entra, à l’âge de 10 ou 12 ans , au Conservatoire des pauvres de Jésus-Christ, où on le recueillit par charité. Il montra les plus heureuses dispositions pour la musique , et , encore adolescent , allait à l’église de St-Philippe, voisine du Conservatoire, où il jouait sur l’orgue de ravissantes sonates. Il reçut des leçons de Durante, et débuta à 21 ans par un oratorio, San-Guglielmo d’Aquilavin , qui obtint le plus grand succès. La même année, il donna la Sallustiana, drame dont on admira l’orchestration originale et savante , puis l'opéra-bouffe de la Serva padrona , chef-d’œuvre de mélodie, de grâce et d’esprit. Après avoir écrit quelques autres opéras , il Prigioniero superbo , Adriano in Siria , etc., il se rendit à Rome pour y faire jouer Olimpiade. son œuvre de prédilection, qu’une cabale fit tomber. Pergolèse en éprouva un vif chagrin , et revint à Naples , où la confrérie de Saint-Louis-du- Palais lui avait demandé un Stabal à 2 violons et à 2 voix , pièce devenue célèbre dans la musique d’église. Il écrivit ensuite un Salve regina pour une voix seule ; ce furent ses deux derniers ouvrages : sa santé était déjà altérée par le travail , par le chagrin , par les privations , car il fut toujours pauvre, quand il succomba à une phthisie pulmonaire , une année environ après son retour de Rome. Le caractère distinctif de Pergolèse est la mélodie et la vérité; les rigoristes lui reprochent d’avoir introduit dans la musique d’église l’élément dramatique et mondain.

PERI (Jacques ), compositeur de musique, né à Florence A la fin du xvie siècle, fut maître de chapelle du duc de Ferrare, et prit part à la création du drame musical avec Cavalière, Caccini et Monteverde. Il écrivit la musique de l'Euridire , représentée lors de la célébration du mariage d’Henri IV avec Marie de Médicis.

PÉRIANDRE, tyran de Corinthe, 627-584 av. J.-C. , succéda à son père Cypsélus, gouverna d’abord avec sagesse, limita lui-même son autorité, et fit fleurir les arts et les lettres. Mais, à la suite de quelques troubles, il devint cruel , n’épargna pas même sa femme , et réduisit son fils Lycophron à prendre la fuite. Il composa quelques maximes qui l’ont fait ranger au nombre des Sept Sages de la Grèce; plusieurs auteurs mettent à sa place Chilon ou Lassus.

PÈK1APATAM, v. de l’Hindoustan (Maïssour) , à 60 kil. O. de Seringapatam. Beaucoup de bois de sandal. Victoire des Anglais sur Tippoo-Saëb, 1799.

PERIBEE, fille d’Alcathoüs , roi de Mégare , se laissa séduire par Télamon, et fut condamnée par son père à être jetée à la mer ; mais l’homme chargé de l’exécution de cet

ordre la conduisit à Salainine, où elle épousa Télamon } dont elle eut Ajax.

peribée, fille d’Hipponoüs, fut séduite par Mars, épousa Œnée, roi de Calydon, et en eut Tydée, père de Diomède.

PÈRICLÈS , illustre homme d’Etat, orateur et guerrier athénien, né l’an 494 av. J.-C., m. l’an 429, était fils de Xanthippe, l’un des généraux vainqueurs à Mycale, et petit-fils, par sa mère , de l’Alcmœonide Clisthène , qui avait renversé les Pisistratides. Formé à la connaissance des hommes par Anaxagore, à la dialectique par Zenon d’Elée , il compta encore parmi ses maîtres le musicien Danton. Cimon étant à la tête de l’aristocratie , il aspira à être le chef du parti populaire , et écarta tous ses rivaux par l’habileté de sa conduite : un grand art à se maîtriser lui-même, une vie simple et frugale sans ostentation , un brillant courage dans les combats , écartèrent les défiances qu’avaient fait naître d’abord la noblesse de sa naissance et la ressemblance de ses traits avec ceux de l’isistrate. Des largesses adroitement répandues, et un talent supérieur de parole assurèrent son empire sur la multitude. En 469, il fut nommé stratège, et, même au faîte de sa puissance, il ne prit jamais d’autre titre. En 460, il contribua à l’exil de Cimon ( V. ce nom). Alors, devenu le principal citoyen d’Athènes, il introduisit dans la constitution des modifications importantes : il enleva à l’Aréopage, pour la donner au peuple, la surveillance du trésor, fit décréter que les 6,000 citoyens que le sort désignait annuellement pour les fonctions de juges recevraient une obole parjour (15 cent.), consacra une partie des revenus publics à des spectacles donnés au peuple, et, pour consolider la puissance extérieure de sa patrie, équipa 200 trirèmes, et acheva les longs murs qui joignaient Athènes au Pirée et à Phalère. On soutint en Egypte Inarus contre les Perses, 458; on enleva Mégare aux Dorions. Les peuples grecs qui avaient accepté l’hégémonie d’Athènes furent traités avec hauteur : Périclès fit transporter dans cette ville le trésor commun qui était à Délos, augmenta les contingents et la contribution de guerre (de 460 à 600 talents : 2,557,600 fr. à 3,336,000), et vou lut que les causes des alliés fussent jugées en appel devant les tribunaux athéniens. Thèbes, Corinthe, Egine, Sparte, s’unirent pour combattre cette ambition : Périclès fut battu en 455 près de Tanagre par Nicomède, roi de Sparte, et, quoique Myronide eût vaincu les Corinthiens à Egine , les Béotiens à Œnophyta, que Tolmidas eût brûlé Ghytium, pris Zacynthe , et dévasté la Sicyonie, on jugea nécessaire de rappeler Cimon. Pendant que ce général réconciliait les partis et reprenait la guerre contre les Perses , Périclès conduisit une colonie dans la Chersonèse. La mort de Cimon, 449, lui rendit tout son crédit. 11 dirigea alors des troupes en Phocide , pour faire restituer aux habitants de ce pays la présidence des cérémonies de Delphes, acheta, à son retour, la retraite des Corinthiens et des Spartiates , qui avaient attaqué l’Attique, puis comprima une révolte de l’Eubée, 446, et, à la tête de la flotte, alla parcourir le Pont-Euxin et prendre possession de Sinopc. Le beau-frère de Cimon, Thucydide, que l’aristocratie voulait lui opposer, fut banni par l’ostracisme , 444. Sainos , ayant refusé de soumettre aux Athéniens un différend qu’elle avait avec Milet, fut prise, démantelée , et frappée d’une énorme contribution , 410. — Pour maintenir son pouvoir au milieu d’une démocratie ombrageuse, Périclès eut recours à divers moyens : il priva des droits politiques ceux des habitants de l’Attique qui n’étaient pas nés de parents athéniens , et réduisit ainsi le nombre des membres de l’assemblée souveraine; il éloigna une partie de la populace oisive, soit par l’appât d’une forte solde, promise à ceux qui serviraient sur la flotte, soit en offrant des terres dans les colonies, qu’il multiplia | Naxos, Andros, Amphipolis, Lampsaque, Amisus, Thurium, etc.) ; il occupa les habitants paisibles et sédentaires, en construisant une foule de monuments, qui firent d’Athènes la plus belle ville de la Grèce. Alors furent bâtis le Parthénon, l’Odéon , les Propylées, le temple d’Eleusis, etc. Sophocle et Euripide dans la poésie, Phidias, Callicrate , Ictinus , Corœbus, Mnésiclès , l'olygnote, Zeuvis, Parrhasius dans les beaux-arts, illustrèrent cet âge, qu’on a appelé le siècle de Périclès. — Cependant Périclès fut, comme les autres grands hommes d’Athènes, en butte à l’envie : après avoir eu la douleur de voir son maître Anaxagore, son ami Phidias, sa femme Aspasie, successivement attaqués , il fut lui-même raillé sur le théâtre par Cratinus, Enpolis, Téléelide, et Ion. Plusieurs fois on lui demanda compte de l’emploi des deniers publics; il échappa à ses accusateurs, tantôt en se faisant donner j., 500 juges tirés du peuple et dévoués à sa personne,

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tantôt en offrant de payer de sa propre fortune tous les monuments qu’il avait fait construire , mais en y substituant son nom à celui du peuple athénien. On a prétendu que, pour se soustraire à la nécessité de rendre des comptes , il engagea ses concitoyens dans la guerre du Péloponèse ( V . ce mot)-, cette grande lutte, qui eut des causes bien autrement sérieuses , il la provoqua , en 432, en intervenant, contrairement au droit public de la Grèce, dans une querelle entre Corinthe etCorcyre. 11 la soutint avec éclat pendant deux ans, et fut enlevé par la peste. Il ne nous reste aucun monument de son éloquence, et on ne peut s’en faire une idée que par les témoignages des anciens. La souplesse et la puissance de sa dialectique sont attestées par ces paroles de son adversaire Thucydide : « Quand je l’ai terrassé et que je le tiens sous moi , il soutient qu’il n’est pas vaincu, et le persuade au peuple.» Les discours de Périelès étaient empreints d’un caractère de majesté, qui lui firent donner le surnom d’Olympien, et l’effet devait en être entraînant, à en juger par Aristophane : « Ses paroles, dit-il, sont des tonnerres et des foudres, dont la Grèce est ébranlée. » B.

PÉRIÈQUES, nom que reçurent certains peuples aborigènes de la Grèce ou Hellade , après avoir été conquis et rendus tributaires par les Thessaliens , et surtout les Doriens. Les Achéens , indigènes de la Laconie, q«i se soumirent difficilement à la conquête, y gardèrent, sous le nom de Périèques (habitants à l'entour |, leurs villes et une portion des campagnes. Ils étaient tributaires , privés des droits politiques, et ne retenaient que dans une sphère très-étroite le pouvoir de s’administrer eux-mêmes. Ils étaient gens de métiers et agriculteurs. Les Spartiates les admettaient dans leurs armées comme troupes légères. Ils rendirent aussi des services dans la marine, et formaient, en résumé, une société très- importante à côté de celle des Spartiates , mais gouvernée par cette dernière , qui avait pris le commandement, abandonnant le travail aux Périèques , dont le nombre était environ de 120,000.

PÉRIER (Claude), né à Grenoble en 1742, m. en 1801, membre du Corps législatif, et l’un des principaux fondateurs de la Banque de France, a préparé l’importance politique de sa famille, en acquérant une immense fortune territoriale et industrielle par d’heureuses entreprises et par une étrange parcimonie.

perier (Casimir) , fils du précédent, né à Grenoble en 1777 , m. en 1832, fut élevé au collège de l’Oratoire à Lyon, chercha la célébrité d’abord dans les armes, et fit une des campagnes d’Italie comme officier du génie, 1799, puis dans les spéculations financières , en fondant avec son frère (Ant.-Scipion), en 1802, une des plus opulentes maisons de banque de l’Europe, enfin dans la politique, en publiant une brochure contre les emprunts à l’étranger. Elu député de Paris un peu avant l’âge légal, 1817, il vint prendre place à côté des Laffitte, des Foy et des Royer-Collard , et fit , jusqu’à la retraite de M. de Villèle, une opposition souvent irritante et tracassière. Il garda ce rôle jusqu’à la chute de la royauté des Bourbons de la branche aînée , qui fut en partie son œuvre , sans avoir été son but. En effet , après les fameuses ordonnances de juillet 1830 , il montra une modération dont ses amis furent étonnés , et qui n’était chez lui que le résultat de ses principes politiques : il avait fait une guerre parlementaire au gouvernement, mais il voulait, aux termes de la charte, respecter la dynastie. Cependant, au moment du conflit de la population avec les troupes royales , il ne put rester complètement neutre, et alla, avec quelques députés, et au nom d’une Chambre légalement dissoute, proposer à Marmont de faire cesser les hostilités; le maréchal n’ayant point de pouvoirs pour accéder à cette demande , alors Férier fit partie d’une commission qui s’installa à l'Hôtelde-Viile pour administrer et gouverner, en l’absence de toute autre autorité. Dans cette position, il apprit que Charles X retirait ses ordonnances et le nommait ministre de l’intérieur ; mais il était trop tard. Lorsque la révolution fut consommée , il fut élu président de la Chambre des Députés, et, bientôt après, ministre sans portefeuille. L’année suivante , 1831 , il succéda à Laffitte dans le poste de président du conseil, aveele portefeuille de ministre de l’intérieur. Il gouverna en homme ferme et résolu, combattant l’anarchie à outrance , et conquérant la majorité parlementaire à force d'énergie , de bon sens politique , et de dévouement au pays. A l'extérieur, il posa le principe de la non-intervention par une puissance étrangère dans le gouvernement des autres pays, et par là conjura peut-être une guerre européenne. Il soutint ce principe avec un sentiment très-élevé de l’honneur national, de l’intérêt et delà dignité de la France. Partisan avoué de la paix, il ne craignit

point de faire ou d’affronter la guerre quand il le jugea utile, en entrant en Belgique, 1831, pour la sauver de l’agression hollandaise; en s’emparant d'Ancône en pleine paix, et l’occupant militairement , 1832, pour ne pas laisser l’Italie à la merci de l’Autriche, qui venait d’envoyer une armée dans les Etats de l’Eglise , agités par les révolutionnaires. C. Périer, épuisé de veilles et de travaux, succomba aux atteintes du choléra, à la suite d’une visite faite avec le duc d’Orléans à l’Hôtel-Dieu de Paris, où le fléau sévissait. Ses funérailles eurent la pompe d'un deuil public. On lui éleva un splendide mausolée dans le cimetière du P. La Chaise : la ville de Paris offrit le terrain, et une souscription nationale paya les frais du monument. « C. Périer avait reçu de la nature , dit Royer-Collard , la plus éclatante des supériorités et la moins contestée , un caractère énergique jusqu’à l’héroïsme, avec un esprit doué de ces instincts merveilleux qui sont comme la partie

divine de l’art de gouverner D'orateur de la liberté

constitutionnelle, devenu homme d'Etat et chef du cabiuet dans une révolution qu’il n’avait point appelée, sa probité généreuse et la justesse de son esprit lui firent comprendre que si l’ordre est la dette de tout gouvernement , c’est surtout la dette d’un gouvernement nouveau. » Les Opinions et Discours de C. Périer ont été recueillis après sa mort, Paris, 1838, 4 vol. in-8°, avec une Notice biographique par M. Ch. de Rémusat. G. L.

perier (Jacques-Constantin) , mécanicien , né à Paris en 1742, m. en 1818, membre de l’Académie des Sciences, créa, en 1788 , la pompe à feu de Chaillot , pour alimenter Paris d’eau de Seine , créa, la même année , dans l’ile des Cygnes à Paris , des moulins à farines mus par la vapeur, inventa des cylindres à papier, des machines à filer le coton , la pompe centrifuge , fabriqua des armes à feu , des machines à vapeur, etc. , et fournit des appareils à un nombre prodigieux d’usines. Il est auteur d’un Essai sur les machines à vapeur, et de Mémoires insérés dans le recueil de l’Académie des Sciences.

PÉRIERS, ch.-l. de cant. (Manche) , arr. et à 16 kil. N. de Coutances ; 2,018 hab. Comm. de grains et de beurre.

PÊRIGNAC , brg (Charente-Infér. ) , arr. et à 22 kil. S.-E. de Saintes; 587 hab. Comm. de bétail.

PÉR1GNON (Dominique-Catherine, marquis de) , né à Grenade près de Toulouse en 1754 , d’une anc. famille de robe et d’épée , m. en 1818 , fut d’abord militaire, et à 29 ans était lieutenant-général. Il adopta les principes de la Révolution , fut député de la Haute-Garonne à l’Assemblée législative en 1791 , quitta ce poste en 1792, se fit nommer chef d'une légion à l’armée des Pyrénées-Orientales, et, après avoir gagné successivement les grades de général de brigade et de général de division , succéda à Dugommier dans le commandement en chef, 1794. Les combats de la Jonquière , de Sl-Sébastien et de la Madeleine , la bataille d’Escola et la prise de Figuières et de Roses , 1795, lui valurent, à la paix avec l’Espagne, l’ambassade de Madrid, 1796. Il commanda l’aile gauche de l’armée d'Italie à la bataille de Novi , 1799 , et fut fait prisonnier. Sénateur en 1804, maréchal d’Empirc, gouverneur de Parme et Plaisance , il fut nommé , en 1808 , chef des troupes françaises à Naples. Il passa aux Bourbons en 1814 , et fut nommé pair de France. Lors du retour de l’ile d’Elbe , il offrit ses services au gouvernement royal , se tint à l’écart pendant les Cent- Jours, et reçut, à la 2e Restauration, le commandement de la lre division militaire, et le titre de marquis. B.

PERIGORD, Pelrocoriensis ager, anc. pays de France, dans le N. de la Guyenne, entre l’Angoumois au N., le Quercy et le Limousin à l’E., l’Agénois au S., et la Saintonge à l’O. ; ch.-l., Périgueux. On le divisait en Haut-Périgord ou Blanc- Périgord , au N., v. princip. : Périgueux, Bergerac, Mussidan , Aubeterre; et en Bas- Périgord ou Noir- Périgord, v. princip. : Sarlat, Castillon, Terrasson. — Occupé primitivement par les Petrocorii, compris sous Honorius dans la 2« Aquitaine, il eut des comtes dès le IXe siècle, et fut réuni à la couronne par Henri IV, qui le possédait par héritage. C’est auj. le département de la Dordogne et une partie de celui de Lot-et-Garonne.

PÉRIGUEUX, ch.-l. du départ, de la Dordogne, à 476 kil. S.-S.-O. de Paris, sur le penchant d’une colline que baignent les eaux de l’Isle, et sur le chemin de fer du Grand-Central; par 45° IP 4” lat. N., et 1° 36' 54" long. O. ; 16,422 hab Evêché sutfragant de Bordeaux; tribunaux de lre instance et de commerce. Lycée, bibliothèque, jardin botanique, école normale primaire. Sociétés d’agriculture, des sciences et des arts; musée d’antiquités et de minéralogie. Cette ville se divise en deux parties , la Cité et le Puy-Sl-Front , qui formèrent deux villes distinctes

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jusqu’en 1240. On y remarque la tour antique de Vésone, le pont sur l’Isle, la cathédrale de S'-h ront, exacte imitation de S'-Marc de Venise, l’église de la Cité ou de Saint- Etienne, le palais de justice, les arènes, l’hotel-de-ville, les statues en bronze de Fénelon, de Montaigne, et du maréchal Bugeaud ; de belles promenades. Faim, d’étamines, bonneteries, limes, coutellerie, quincaillerie ; filatures de laine, tanneries, etc. Connu, de pâtés de perdreaux truffés renommés, fer, épicerie, liqueurs, porcs, etc. Patrie de Dauinesnil. — Cité des Pelrocorii, Périgueux portait, du temps de César, le nom de Vesunna (Vésone); elle devint la capitale du Périgord au ixe siècle. Au xue, Eléonore d’Aquitaine, par son mariage avec Henri II, porta le Périgord à l’Angleterre; pendant les guerres avec ce pays, il fut plusieurs fois pris et perdu par la France, et 11e lui revint définitivement qu’en 1454. Jusqu’à la fin du xive siècle, Périgueux eut à soutenir de sanglants démêlés avec ses comtes pour le maintien de ses libertés municipales; elles lui furent confirmées, en 1398, par Charles VI. Périgueux devint, en 1578, une des places de sûreté des calvinistes, qui la conservèrent jusqu’en 1581. Le prince de Coudé s’en empara pendant la Fronde, 1851; l’armée royale y rentra en 1653. B.

PÉRIPLE, sculpteur athénien. V. Phalaris.

PÉRIM, Insula Diodori , île d’Arabie, dans le détroit de Bab-el-Mandeb, à 9 ldi. O. de la côte; par 12° 39’ lat. N., et 40° 54' long. E. ; 12 lcil. sur 5 Petit port, mais sans eau. Les Anglais s’en sont emparés eu 1857, et l’ont fortifiée en 1859-60, afin de dominer le commerce qui passera par la mer Rouge, quand le canal de l’isthme de Suez sera terminé.

PERIN (Lié-Louis), peintre de portraits, né à Reims en 1753, m. en 1817, se distingua surtout dans la miniature. Ses portraits, bien dessinés, d’un coloris ferme et franc, rendent bien la physionomie des modèles.

PER1NE (Sainte). V. Pétronille.

PEKINGSKIŒLD (Jean), antiquaire suédois, professeur à Upsal, né en 1654 à Strengn’âs (Sudermanie), m. en 1720, a laissé : Heimikrinyla , si ce liistoriœ regum seplentrionalium à Snorrone Slurlonide conscripUe , Stockholm , 1697, 2 vol. in-fol. ; Jonnnis Messenii Scondia illuslrula , sive Chronologia de rebus Sueciœ, Daniœ et Norvegitr, ez niss. ipsius aucloris, ibid., 1700-1704,2 vol. in-fol.; Monumenta UpUmdwa, 1710, in-fol. Ces ouvrages, fort utiles pour l’histoire du Nord, manquent quelquefois de critique.

PEK1NO DEL VAGA (Pierre Buonaccorsi , dit), peintre, né à Florence en 1501, m. en 1547, élève de Ghirlandajo, puis de Raphaël, qui l’employa dans plusieurs de ses travaux, fut, selon Vasari, le meilleur dessinateur de l’école florentine après Michel -Ange. Il exécuta, dans les Loges du Vatican, le Passage du Jourdain , la Chute des murs de Jéricho, Josvé arrêtant le soleil, la Nativité , et la Cène. Après la mort de Raphaël, il se rendit à Gênes, où il orna de fresques le palais Doria. De retour à Rome , il peignit la fameuse Salle royale. Parmi ses tableaux, on cite : la Naissance d'Eve, St Jean dans le désert , le Combat d'Horatius Coclès. On lui reproche une basse jalousie à l’égard du Titien.

PERINTHE, v. grecque, fondée par les Saroiens, vers 599 av. J.-C., sur les côtes de la Propontide, à peu de distance à l’O. de Byzance : elle était florissante par son commerce ; s’étant déclarée en faveur d’Athènes contre Philippe, elle fut assiégée par ce prince, 341, mais sauvée par les secours d’Athènes, de Byzance, et même des Perses. Plus tard elle prit le nom d 'Héraclée, et porte auj. celui à’Erékli; on y trouve quelques ruines et des inscriptions. C. P.

PÊRIPATÉ l’ICIENS , c.-à-d. Promeneurs , nom donné aux disciples d’Aristote, parce que ce philosophe enseignait dans les promenades du Lycée.

PÉRIPTÈRE , nom que les Grecs donnaient à tout temple dont le pourtour extérieur présentait sur toutes ses faces un rang isolé de colonnes non engagées dans le mur et formant un portique couvert. Le Diptère était un Périptère à 2 rangs de colonnes, et le Monoplère un Périptère rond. Le Périptère carré était hexastyle, c.-à-d. à 6 colonnes de front.

PERIS, nom donné , dans l’anc. religion persane, aux Dervs femelles. Plus tard, on appela de même les génies bienfaisants des deux sexes indistinctement.

PÊRISABOUR. V. Anbar.

PERISTYLE, Peristylium , 2e partie de la maison romaine, après l’atrium, derrière le tablinum, et formant la partie privée de la maison. Il n’y avait de péristyle que dans les somptueuses demeures; c’était une vaste cour, entourée de portiques en colonnades, conduisant aux di-

verses pièces d’habitation. Un xyste ou parterre de verdure et de fleurs en occupait le centre. C. D — y.

PERIZONIUS (Jacques) , philologue et critique, né en 1651 à Dam ( Groningue), m. en 1715, étudia à Deventer et à Utrecht, fut professeur d’histoire et d’éloquence à Francfort, 1681, et à Leyde , 1693. Il a publié : Animadversiones historicœ, Amsterdam, 1685, in-8°, où il s’occupe principalement de i’histoire de Rome, et élève des doutes sur les premiers temps de cette histoire; Origines Rabylo nicæ et Ægypliacœ, Utrecht, 1736, 2 vol. in-8° ; Rerum per Europam seculo xvi maiimè gestarum commenlarii historici, Leyde, 1710, in-8°; des éditions d’Elien et de la Minerve de Sanchez. Perizonius est très-érudit , mais ses ouvrages manquent souvent d’ordre et do méthode.

PERKIN WARBECK , célèbre imposteur, né à Londres, d’un juif de Tournai, se fit passer pour le 2e fils d’Edouard IV, Richard d’York, assassiné à la Tour de Londres, en 1183, parGlocester (Richard III), servit d’instrument à la duchesse douairière de Bourgogne , soeur d’Edouard, qui le reconnut publiquement, en 1490, pour l’opposer à Henri VII, tenta un débarquement en Irlande, 1492 , puis sur la côte de Kent , 1495 , se rendit enfin en Ecosse , où Jacques IV lui donna en mariage une de ses parentes, et fut repoussé dans une attaque contre le Northumberland. En 1498, profitant d’une insurrection dans le comté de Cornouailles, il se joignit aux rebelles, prit le nom de Richard IV, fut livré à Henri IV, qui le mit à la Tour, s’échappa, fut repris, et pendu à Tvburn, 1499.

PERKINS (Elie), médecin, m. vers 1800, exerçait son art à l’Iainfield (Etats-Unis). Il avait imaginé un agent thérapeutique, qu’il appelait tracteur métallique, et cor, sistant en deux aiguilles de métaux différents , que l’on promenait sur la partie malade de manière à irriter la peau. Cette médication fut appliquée à une foule de maux, et devint à la mode ; puis on l’abandonna. Elle se rapproche assez des supercheries du magnétisme animal. D — o.

PERLEBERG, v. des Etats prussiens (Brandebourg), ch.-l. de cercle, sur la Stepenitz, à 126 kil. N.- O. de Berlin ; 5,000 hab. Brasseries, marchés à lin.

PERLES (Ile des), île d’Amérique, dans le golfe de Panama, par 8° 13’-8° 40’ lat. N., et 83° 50’-81° 10’ long. O. Autrefois il y eut de riches pêcheries de perles.

PERM, v. de la Russie d’Europe, ch.-l. du gouvernement de son nom, au confluent de la Jagouschikha et de la Kama, s 2,093 kil. E. de Sl-Pét.ersbourg ; par 58° 1’ 13’’ lat. N., et 54° 6’ 15” long. E.; 13,000 hab. Evêché; ch.-l. d’éparchie grecque ; tribunaux, gymnase. Mines trèsriches de fer et de cuivre. — Le gvt de Perm , borné par ceux de Vologda au N. -O., de Tobolsk à LE., par ceux d’Oufa au R.. Pt de Viatka à l’O., est partagé en deux par la chaîne de l’Oural, et divisé en 12 districts; 203,526 kil. carrés; 700 kil. sur 670; 2,046,572 hab. (Russes, Tartares, Baskirs, Tchérémisses, etc.). Climat très-foid ; sol assez fertile. Elève de bestiaux. Grandes richesses minérales (or, argent, platine, fer, cuivre, plomb, sel), nombreuses usines à fer, et à cuivre. Commerce de transit avec la Russie, la Sibérie et la Chine.

PERMESSE, Permcssus, auj. Pnnilsa, rivière de Béotie, sortait de l’Hélicon, et affluait au lac Copaïs. Ses eaux, consacrées aux Muses, passaient pour inspirer les poètes.

PERM1E ou BIARM1E, anc. contrée du N. E. de la Russie d’Europe, embrassait les gouvernements actuels de Perm, de Vologda, et d’Arkhangel, et s’étendait depuis la Kama jusqu’à la Finlande et la Dwina septentrionale. Un royaume y exista au moyen âge, et fut soumis d’abord àNovogorod, puis par Ivan IV en 1543. Le christianisme y avait été porté en 1375 par S1 Etienne de Perm, inventeur d'un alphabet particulier dit Permien.

PERNAMBOUC ou FERNAMBOUC, v. du Brésil, port fortifié sur l’océan Atlantique, par 37° 12' 4" long. O., et 8° 3' 27" lat. S., à 1,910 kil. N.-E. de Rio-Janeiro ; 85,000 hab. Ch.-l. de la prov. de son nom. Elle a 3 quartiers : le Recife ou le Port, sur une langue de terre; San- Antonio, dans une petite île de la rivière Capibaribe; et Boa-Visla, de l’autre ( ôté sur la terre ferme. Siège du gvt et de l’assemblée provinciale; archevêché; trib. de eoinm.; arsenal, chantiers pour la marine militaire, douane, lazaret; fabr. de tabacs, savons, papier, machines. Commerce et transit important. — La prov. de Pernambouc, la plus orientale du Brésil, est bornée par celles de Ceara, Parahiba, et Rio-Grande au N., de Bahia et d’Alagoas au S., de Piauhy à l’O., et par l’Océan à l’E. ; li>8,000 kil. carrés; 1,300 kil. sur 625; 950,000 hab. Climat varié. Sucre, coton, cuirs, eau-de-vie, bois de Brésil.

I PERNAU ou RERNOV, en esthonien Pernaline, v. forto [ de la Russie d’Europe (Livonie), port à l’embouchure

PER

PER

du Pernau dans la mer Baltique, ch.-l. de district, gvt et à 237 kil. N. de Riga; 6,000 hab. Export, de grains, lins, graines, chanvres, peaux, nattes; chantiers de construction, scier es mécaniques. — Cette ville appartint aux chevaliers Porte -glaives, puis à la Pologne; les Russes l’occupèrent de 1575 à 1582, puis en 1710.

PERNE ( François-Louis), savant musicien , né à Paris en 1772, m. en 1832, se livra à l’enseignement de l’harmonie, et jeta par ses travaux la plus vive lumière sur l’histoire de la musique. Nommé, en 1811 , professeur-adjoint de Catel au Conservatoire, il succéda à l’abbé Boze, en 1819, comme bibliothécaire de cet établissement.

PERNES, ch.-l. de cant. (Vaucluse), arr. et à 6 kil. S. de Carpentras; 3,473 hab. Vins, garance, amandes, soie. Patrie de Fléchier.

PERMETTE DU GU1LLET. V. Guillet.

PERNETY ou PERNETTY ( Antoine-Joseph), bénédictin de la congrégation de S1 Maur, né à Roanne en 1716, m. en 1801, suivit Bougainville comme aumônier, quitta ensuite son monastère et l’habit de religieux, et fut quelque temps conservateur de la bibliothèque de Berlin ; de retour en France, il s’occupa d’alchimie, prétendit avoir trouvé la pierre philosophale, et forma à Avignon une petite secte dont les croyances ne sont pas connues. On a de lui, outre des traductions d'ouvrages de Swedenborg : Dictionnaire portatif de peinture , de sculpture et de gravure, Paris, 1757, in-8°; Histoire d'un voyage aux iles Malouines, fait en 1763-64, 2e édit., Paris, 1770, 2 vol. in-8° et 16 pl . ; Dissertation sur l'Amérique et les Américains, Berlin, 1770, in-12.

pernety (Joseph-Marie) , né à Lyon en 1766, m. en 1856, fit ses études au collège militaire de Tournon. entra à l’école de Metz en 1781, fut fait lieutenant en 1783, capitaine en 1791, dirigea le parc d’artillerie au siège de Mantoue, se distingua à Bassano et à Arcole, reçut le grade de chef de bataillon sur le champ de bataille de Rivoli , commanda l’artillerie de l’expédition d’Irlande en 1799, contribua au passage du Grand-Sl-Bernard et à la bataille de Marengo, 1800, et servit en 1802 comme colonel d’artillerie sous les ordres de Ney en Helvétie. Général de brigade et chef d’état-major de l’artillerie de la grande armée d’Allemagne en 1805, il se distingua à Ulm et à Austerlitz, puis à Iéna , 1806, fut nommé général de division et baron de l’Empire, commanda l’artillerie du corps de Masséna en 1809, organisa le passage du Danube à l’ile de Lobau, et rendit les plus grands services à la bataille de Wagram. En 1812, à la tête de l’artillerie du 1er corps, il assista à l’affaire de Mohilev et à la prise de Smolensk, ouvrit le feu à la bataille de la Mosltowa, et put ramener, pendant la retraite, presque tout son matériel jusqu'à la Bérézina. En 1813, on le retrouve à Lutzen , Bautzen , Dresde, Leipzig, Hanau. La Restauration l’appela à la direction de l’artillerie au ministère de la guerre. Il fut nommé pair de France en 1835, et sénateur en 1855. B.

PERNICIEUSES (lies), archipel de la mer Mauvaise (Polynésie), par 15° 26’ lat. S. et 148° 40’ long. O. — Découvertes par Roggeween en 1712. Ce sont peut-être les mêmes que les îles Palliser de Cook.

PERNÛV. V. Pernau.

PÉRO , ch.-l. de cant. (Corse), arr. et à 52 kil. S. de Bastia; 663 hah. Huile, châtaignes.

PEROLLA. V. Pacuvius.

PÈROLS , vge (Hérault), près d’un étang du même nom , arr. et à 9 kil. S.-E. de Montpellier; 960 hab. Bous vins ronges.

PERON (Franç.), naturaliste et voyageur, né en 1775 à Cérilly (Bourbonnais), m. en 1810, servit dans l’armée de terre au début de la Révolution , fut fait prisonnier, et profita d,e sa captivité pour lire les voyageurs et les historiens. Délivré en 1794 , il étudia la médecine à Paris, fut attaché en 1800 comme zoologiste à l’expédition de Baudin aux Terres australes, fit de belles expériences qui démontrent que l'eau de l’Océan est d’autant plus fvoide qu’on descend à une grande profondeur, et rapporta une collection d’animaux, contenant plus de 2,506 espèces nouvelles. Il a publié : Observations sur l' anthropologie , Paris, an vill; Voyage de découvertes aux terres australes pendant les années 1800-1804, Paris, 1807-16, 3 vol. iu-4° et atlas; le 3e vol. est de Freycinet.

PÉRONNE, s.-préf. (Somme), à51 kil. N. -E. d’Amiens, sur la rive dr. de la Somme, au milieu des marais ; 3,788 hab. Place de guerre de 3e classe. Trib. de lre instance; collège. On remarque le Beffroi (du xive siècle) , l’hôtelde-ville construit sous François 1er, l’église S1- Jean, commencée sous Louis XII, le château, etc. Fabr. d’huile, de sucre de betterave, de linons, batistes, percales:

raffineries de sel, distilleries d’eaux-de-vie, tanneries. Commerce de grains, farines, laines, etc. Patrie de Langlès. — Ancienne capitale du Santerre, les rois Mérovingiens y eurent un palais. A la fin du jxe siècle, la châtellenie de Péronne dépendait du comté de Vermandois, et, en 923, le comte Herbert II y retint prisonnier Charles 111 le Simple, qui y mourut, 929. La ville reçut une charte de commune en 1207, et passa, en 1409, dans la maison de Bourgogne. Louis XI , se refusant à l'exécution des traités de Conflans et de SGMaur, vint à Péronne, en 1468, pour conclure un arrangement avec Charles le Téméraire; mais la révolte des Liégeois, secrètement excitée par ses agents, ayant éclaté subitement, Charles retint le roi prisonnier dans le château pendant deux jours, et le força à signer le Traité de Péronne, par lequel Louis abandonnait les villes de la Somme, donnait à son frère la Champagne et la Brie, et s’engageait à suivre le duc à Liège pour châtier les révoltés. Louis XI reprit Péronne à la mort de Charles le Téméraire, 1477. En 1576, la noblesse de Picardie signa dans cette ville un traité d’union contre les protestants ; ce fut le commencement de la Ligue. En 1536, Péronne résista aux Impériaux commandés par Henri de Nassau.

PEROSA, brg du royaume d’Italie, arr. et à 15 kil.

N. -E. de Pignerol, sur le Clusone; 1,826 hab.

PEROSES. V. Firouz.

PEROTE, v. forte du Mexique ( Vera-Cruz), à 45 kil.

O. de Jalapa; 10,000 hab. Près de là est une montagne haute de 2,474 mèt. , et dit e Coffre de Perote ou Nauhcampalepell.

PEROTTI (Nicolas), archevêque de Siponto ou Manfredonia, né en 1430 à Sasso-Ferrato, m. en 1480, fut gouverneur de l’Ombrie en 1465, et de Pérouse en 1474. On a de lui ; Iiudimenta gramrnatices, Rome, 1473, in-fol.( ouvrage à peu près oublié auj., mais qui obtint un trèsgrand succès; Cornucopia, sive Commenlaria linguœ lalinæ, Vinise, 1499, in-fol., recueil de Notes très-savantes sur le livre des Spectacles et le livre 1er des Epiyrammes de Martial ; des Commentaires sur Pline le naturaliste. Quelques critiques ont voulu le faire passer pour l’auteur des Fables de Phèdre.

PÉROU , grande contrée de l’Amérique méridionale, qui, sous les lucas, ses premiers maîtres, s’étendait depuis l'équateur au N. jusqu’au 40e degré de lat. S., ayant

4.000 kil. de long, et 600 à 800 kil. de largeur, le long de l’océan Pacifique; bornée au N. parle Popayan, à l’E. par les déserts du Brésil et une partie des Cordillères, au S. par le Tueuman, le Paraguay et le Chili, à 10. par l’océan Pacifique. Sous la domination espagnole, il formait une vice-royauté, divisée en 3 audiences ( Los Reyes, Quito, et Charca-s ou la Plata). Il est auj. partagé en deux Etats distincts : le Bas-Pérou ou république du Pérou, au N.- O.; et le Haut-Pérou ou république de Bolivie, au S.-E.

perdu (bas-), république de l’Amérique du S., ch.-l. Lima ; entre la république de l’Equateur au N., dont la riv. Tumbo la sépare, le Brésil à l’E., la Loa au S., qui la sépare de la Bolivie, et l’océan Pacifique à l’O. ; entre 3° 25'-21° 30' lat. S., 69° et 84° long. O.; 1.499,868 kil. carrés; 2,500,000 hab., dont 540,000 blancs ou Espagnols,

1.620.000 Indiens, 300,000 métis et mulâtres, et 40,000 nègres. Le pays se divise en 3 parties bien distinctes : 1° la Co7e , du pied des Andes à l’Océan; elle renferme des vallées fertiles, où le climat est chaud; la pluie y est inconnue, mais, toutes les nuits, d’abondantes rosées rafraîchissent l’air et le sol, qui produit le sucre, le coton, la vigne, la muscade, la cannelle, le café, le cacao, le poivre, le piment, le gingembre, le tabac, etc.; 2» la Sierra, partie des Andes, renfermant des montagnes très-élevées (le Gualatieri , volcan de 6,705 mèt. de hauteur; le Piehu- Pichu, de 5,670 mèt. ), qui sont entrecoupées de vallées et de plaines couvertes de riches moissons, et foulées par de nombreux troupeaux de moutons, de vigognes et d’alpacas; 3° la Montana, pays de forêts, partant de la région E. des Andes, couvrant les deux tiers du Pérou, et très-peu explorées encore; on y trouve des animaux a fourrures (chinchilla, zorille, jaguar, couguar, ours noir), des variétés d’oiseaux à plumage éclatant, des reptiles et des insectes venimeux. Les tremblements de terre y sont fréquents. A l’exception de l’Amazone et de ses affluents, i’Ucayale, l’Apurimac, le Paro, etc., le Pérou n’est arrosé que par des cours d’eau peu considérables, dont quelques-uns roulent des paillettes d’or. Il y a des alligators. Dans la partie S.-E. s’étend le grand lac Titieaea. Mines d’or, d’argent, de mercure, de cuivre, de plomb, etc., mais la plupart abandonnées, faute d’intelligence. On rencontre

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aussi des émeraudes et autres pierres précieuses. Elève d’abeilles, qui fournissent une cire très-blanche. Beaucoup de cochenille et de kermès, de casse, gomme, jalap, sang-dragon, guano. L’industrie du Pérou, peu importante, a quelques fabriques de harnais, de tapis, de manteaux, d’objets en or et en argent. Le commerce, entravé à l'intérieur par le manque de routes , est assez actif à l’extérieur, et a pour bases principales les métaux et les productions du sol. I-e mouvement commercial a été, en 1862, de 311,600.000 fr., dont 139,836,000 pour l’importation, et 171,764,000 fr. pour l’exportation. Le nombre des navires de co mnerce était, en 186), de 110, jaugeant 24,231 tonneaux. Le peuple, d’un caractère doux, montre une sorte d’affaissement moral. Les idiomes sont multiples. Le pouvoir législatif appartient à un Congrès de deux chambres; le pouvoir exécutif, à un président assisté d’un conseil d’Etat, dont le Congrès choisit les membres. Le catholicisme est la religion du pays, depuis la conquête espagnole. 11 y a 1 archevêché à Lima, et 5 évêchés à Aréquipa, Chachapoyas, Cuzco, Gnamagua, Truxillo ; et 2 universités à Lima et Cuzco. Le Pérou se divise en 12 départements et 3 provinces littorales :

Départements.

Junin.

Ldiertad.

Lima.

Aréquipa.

Ayacucho.

Cuzco.

Puno.

Amazonas.

Ancash.

Huancaveliea.

Moquega.

Caxamarca.

Provinces.

Callao.

Pi ura.

Ica.

L’armée est de 1,600 hommes; la marine se compose de 1 frégate, 7 vapeurs, 10 petits bâtiments; les dépenses s’élèvent, ainsi que les recettes, à 113,000,000 de fr. environ ; la dette est d’environ 177,000,000 de fr.

Histoire. — Quand les Espagnols abordèrent au Pérou au xvie siècle, ils le trouvèrent gouverné par des Incas, dont la dynastie avait été fondée par Manco Capac, 300 ou 400 ans avant leur arrivée. Les principaux peuples étaient les Quichuas, les Chiquitos, les Carapuchos. Au-dessousdes Incas, rois absolus, étaient des Caciques ou gouverneurs ; l’impôt se payait par la culture des terres du Soleil (le Dieu national | et de l’Inca, représentant de la divinité. On trouve encore des débris de routes magnifiques, de temples et de palais ornés de sculptures. De 1526 à 1533, Pizarre et Almagro profitèrent de la rivalité de Huescar et d’Atahualpa , treizièmes successeurs de Manco-Capac, pour conquérir le Pérou. Huescar périt en combattant, Atahualpa fut mis à mort, et le Pérou devint une viceroyauté espagnole. Les Espagnols exploitèrent avec cruauté le Pérou, et firent périr par l’excès des travaux une immense quantité d’hommes. Révoltés en 1780, les Péruviens massaevèrent 20,000 hommes à la prise de Sorata ; mais ils furent vaincus et soumis. De toutes les colonies espagnoles, le Pérou fut la dernière à se soulever. Les royalistes luttèrent avec avantage contre les Argentins de 1810 à 1820. En 1820, Lord Cochrane et San- Martin, partis du Chili, vinrent les attaquer avec 4,500 hommes, et proclamèrent l’indépendance du Pérou après la prise de Lima, 1821. Le nom de Péruviens fut donné à tous les habitants. Bolivar, protecteur du Haut-Pérou, par la victoire de Junin, et le général Sucre, par celle d’Ayacucho, 1824, affermirent Indépendance, qui fut assurée après que les Espagnols furent chassés de Callao, 1826. Mais une scission s’opéra entre le Haut et le Bas-Pérou. L’anarchie désole presque toujours ces deux républiques. Dans le Bas-Pérou, le président Gamara s’est maintenu de 1830 à 1841 ; le général Santa-Cruz, qui le chassa, abdiqua lui-même en 1842. Les difficultés de la vie commune dans un pays inextricable de montagnes et de forêts, l’éloignement des villes et leurs rivalités, l’antagonisme entre les habitants de la côte et ceux de la moni-agne, c.-à-d. entre les conquérants et les vaincus, la mauvaise organisation de l’armée, sont des causes permanentes de révolution.

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