PÉROU (HAUT-). V. BOI.IYIE
PEkOUN, dieu du tonnerre chez les Slaves. On le représentait avec une tête d’argent, des oreilles d’or et des pieds de fer, et tenant à la main un simulacre de la foudre. Auprès de soiwdole brûlait un feu éternel.
PÉROUSE, anc. Perusio , eu italien Perujiu , v. forte du roy. d’Italie, sur une montagne, à 136 kil. N. de Rome; par 43° T 46" lat. N., et 10° 1’ 58” long. E.; 14,850 hab. Ch.-l. de la prov. de son nom et d’un arr.; évêché; université fondée en 1307, réorganisée en 1824. Bibliothèque, Académie des beaux-arts, école de musique, musée d’antiques. On remarque lacathédrale gothique de S'-Laurcnt
les églises de St-Pierre, deS'-FrançoisMesDomim’cains, etc., avec des tableaux de Raphaël , du Pérugin , du Guide, de Barocei; beau palais public; fontaines; ruines antiques; porte dite Arc de triomphe d’Auguste. Fabr. et commerce de draps, soieries, tapis, chapeaux, etc.; distilleries de liqueurs et d’eaux-de-vie. — Cette ville , une des 12 lucumonies étrusques, s’allia aux Samnites contre Rome ; après deux grandes batailles livrées sous ses murs, l’an 344 et 458 de Rome, 309 et 295 av. J.-C., elle dut se soumettre. On a nommé guerre de Pérouse la guerre qu’Octave eut à soutenir, l'an 712 de Rome, 41 av. J.-C., contre les partisans d’Antoine, et qui se termina par la prise de la ville et le massacre d’une partie de ses défenseurs. Conquise par les Goths au vi« siècle après un siège de 7 ans , reprise par Narsés, elle tomba ensuite au pouvoir des Lombards. Pépin le Bref la donna au Saint-Siège; néanmoins elle soutint son indépendance jusqu’en 1392, où elle se soumit à Boniface IX. Le condottiere Forte-Braccio la prit en 1416; disputée par les Oddi et les Baglioni au Saint- Siège en 1520; révoltée en 1859, elle a été annexée aux États sardes en 1860.
PÉROUSE (Province de), division administrative du roy. d’Italie, entre celles de PesaroauN., d’Arezz > etde Sienne à l’O., les Etats de l’Eglise au S., les prov. d’Ancône, de Macerata et d’Ascoli à l’L. ; 9,548 kil. carr. ; 513,019 hab. Ch.-l., Pérouse. Divisée en 6 arrondissements: Pérouse, Orviéto, Riëti, Foligno, Spolète, Terni. De 1860 à 1365, on l’a appelée Province d’Ombrie.
PÉROUSE (Lac de), anc. Trasimène , lac du roy. d’Italie, à 12 kil. N. -O. de Pérouse ; 194 kil. carr. ; 28 kil. de tour.
PÉROUSE (la). V. LA PÉROUSE.
PERPENNA, consul romain l’an 623 de Rome, 130 av. J.-C., battit et fit prisonnier Aristonic, qui disputait aux Romains le royaume de Pergame.
perpenna ( Marcus -Vento) , général romain, d’une famille noble, embrassa le parti de Marins, fut lieutenant d’Æmilius Lepidus, l’an 674 de Rome, recueillit les débris de ses troupes après sa défaite et sa mort, et alla rejoindre Sertorius en Espagne, l’an 676. Ses soldats l’avaient contraint à cette réunion; jaloux de n’occuper pas le premier rang, il assassina Sertorius au milieu d’un festin, et prit sa place, 681; mais son incapacité le fit battre par Pompée, entre les mains duquel il tomba, et qui le fit tuer, l’an 682 ou 71 av. J.-C.
PERPÉTUE (Sainte) souffrit le martyre à Carthage avec Sle Félicité vers 203. Fête, le 7 mars.
PERPIGNAN, ch.-l. du département des Pyrénées- Orientales, à 849 kil. S. de Paris, 62 S. de Narbonne, sur la rive dr. de la Tet, dans une admirable situation, à 8 kilom. de la mer, sur le chemin de fer de Bordeaux à la Méditerranée; par 42° 4P 55" lat. N., et 0° 33' 55" long. E.; 18,199 hab. Place de guerre de lre classe, avec citadelle. Ch.-l. de la 11e division militaire; directions d’artillerie et du génie. Direction et bureau de douanes. Evêché suflragant d’Albi depuis 1602. Tribunaux de lre instance et de commerce; collège, grand séminaire, école normale primaire; société des sciences, belles-lettres et arts. Cabinets d’histoire naturelle etde minéralog e, bibliothèque, musée. Belles promenades, magnifique pépinière départementale. 11 eut autrefois un hôtel des monnaies. On remarque la cathédrale S'-Jean-Baptiste, bâtie du xive au xvie siècle, et la place d’ Armes. Récolte de vins rouges très-capiteux, olives, oranges; élève de vers à soie, filatures de coton. Fabr. de draps, lainages, grand comm. de liège, manches de fouets, distilleries d’eaude-vie, tanneries renommées, etc. Commerce de laines fines, huiles, eaux-de-vie, vins, fer, miel. Patrie de H. Rigaud et de Dom Brial. — Ancienne capitale du Roussillon, Perpignan est à 4 kil. de Ruscino , détruite eu 828, et dont il reste une vieille tour. Au xne siècle, son gouvernement municipal se forma sous la protection des rois d’Aragon, alors maîtres du Roussillon. Vers 1278, Jayme Ier, roi de Majorque, y fit élever un château, auj. compris dans les bâtiments de la citadelle; au xive siècle, la cathédrale et le fort Caslillet ( auj. prison militaire) furent commencés. Il y eut une université, en 1349. En 1475, Perpignan fut pris après un long siège par les Français, et rentra en 1493 sous la domination de l’Espagne; en 1642, Richelieu s’en empara, ainsi que de tout le Roussillon, que le traité des Pyrénées, 1659, assura à, la France.
PERRACI1E (Michel), sculpteur, né à Lyon en 1685, m. en 1750 , obtint le droit de bourgeoisie à Malines pour avoir décoré une église de cette ville. Il orna aussi sa patrie de plusieurs ouvrages. — Son fils, m. en 1779 , fut un sculpteur médiocre ; mais il est connu par le projet qu’il conçut d’agrandir Lyon , en reculant au S. de la ville le confluent
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du Rhône et de la Saône ; on construisit dans ce but une chaussée qui porte son nom , mais les autres travaux nécessaires n’ont pas été exécutés.
PERRAULT (Claude) , célèbre architecte, né à Paris en 1613 , d’un avocat au Parlement, m. en 1688 , étudia d’abord la médecine; mais les travaux qu’il dut faire sur Vitruve , que Colbert l’avait chargé de traduire , lui révélèrent sa vocation pour l’architecture. Devenu membre de l’Académie des Sciences , il fournit les dessins et les plans de l'Observatoire de Paris, 1666. Louis XIV ayant fait un appel à tous les artistes pour la construction du nouveau Louvre , Perrault présenta un plan qui fut adopté : la seule façade, dite de l'IIorloge, œuvre de P. Lescot et de Lemercier, futconservée; les trois autres appartiennent à Perrault. Il composa la façade extérieure principale, à l’E. , d’une magnifique ordonnance de colonnes corinthiennes accouplées, devenue célèbre sous le nom de Colonnade du Louvre ( V. LonvRE). Cet architecte éleva aussi, à la Porte-Sl-Antoine , 1670 , un arc de triomphe colossal , fort beau , mais qui , n’ayant été exécuté qu’eu moellons et en plâtre , fut démoli en 1710. On lui doit enfin la chapelle de Notre- Dame de Navonne , dans l’église des Petits-Pères , la chapelle du château de Sceaux, et la plupart des dessins des vases qui ornent les jardins de Versailles. Perrault se distingua par un grand goût en architecture , et beaucoup d’imagination; son Louvre est remarquable par la beauté des proportions antiques qu’il eut l’art d’y faire revivre, la pureté des profils, l’élégance des formes et des ornements, la correction des détails, et le fini de l’exécution. On put, depuis, faire aussi bien que lui, mais nul ne l’a surpassé. 11 a écrit : une traduction de Vitruve , 1673, in-fol. , ouvrage estimable, surtout pour le temps, mais qui, soit dans la traduction, soit dans de fort belles planches qui l’accompagnent, dénote souvent l’absence d’études archéologiques, et l’ignorance des monuments de l’antitiquité ; Ordonnances des cinq espèces de colonnes, selon la méthode des anciens, 1 vol. in-fol.; Essais de physique, 1680-88 , 4 vol. in-12; Recueil d'un grand nombre de machines , 1700 , 1 vol. in-4°. B.
Perrault (Charles), frère du précédent, littérateur et poète, né à Paris en 1628, m. en 1703, s’exerça d’abord dans la poésie burlesque, mise à la mode par Scarron, et écrivit une parodie du vie livre de V Enéide, ainsi que les Murs de Troie ou l’Origine du burlesque. En 1651, il fut reçu avocat au barreau de Paris, où il plaida avec succès; néanmoins, un de ses frères, Pierre, avant acheté la charge de receveur-général des finances de Paris, il fut son commis pendant dix ans, 1651-61, et continua de s’occuper de poésie. Puis, nommé par Colbert premier commis de la surintendance des bâtiments du roi, il usa noblement de la confiance du ministre pour protéger les arts, les sciences et les lettres. Le comité de devises et de médailles, dont il faisait partie avec Chapelain, Cassagne et l’abbé Bourzéis, fut le berceau de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Admis à l’Académie Française en 1671, il fit rendre publiques les séances de réception, adopter l’élection des académiciens par scrutin , et obtint de Colbert les jetons de présence. En 1687 , il publia le Siècle de Louis le Grand, poème où, enthousiaste des productions de son temps, il cherche à lui donner la supériorité sur les anciens. Racine n’ayant vu dans cet ouvrage qu’un jeu d’esprit et une exagération flatteuse pour le monarque, Perrault, piqué de la méprise, vraie ou calculée, soutint sa thèse en prose dans un Parallèle des anciens et des modernes , Paris , 1688-1698 , 4 vol. in-12 , où il met Chapelain , Scudéry et Saint-Amant au-dessus des grands poêles de l’antiquité. Boileau l’attaqua par des épigramnies, et surtout dans ses Ite/lexions critiques sur quelques passages du rhéteur Longin, 1693. Perrault répondit par une Apologie des Femmes , critique de la satire contre les Femmes, publiée la même année par Boileau. Perrault donna ensuite les Hommes illustres qui ont paru en Fronce pendant ce siècle, 1696-1701 , 2 vol. in-fol., renfermant une courte biographie de 102 personnages célèbres dans l’Eglise, les armes, la politique, la magistrature, les lettres, l'es sciences et les arts. 11 dut une célébrité plus durable à ses Contes de ma mère l'Oge, ou Histoires du temps passé , 1697 , qui portent le cachet (le la simplicité et de la naïveté convenables à l’intelligence et à l’imagination du premier âge. Il a publié aussi plusieurs Contes en vers, tels que Peau d Ane , Grisélidis , etc., diffus et trè»-médioeres ; des Mémoires sur sa vie, en 4 livres, depuis sa naissance jusqu’en 1687 , enfin un Poème de la peinture. V. Walclcenaër, Lettres sur les contes de Fées , attribués à Perrault, sur l'origine de la Féerie, 1826; M. Sainte-Beuve, Causeries du Lundi, t. v; OEuvres choisies de Ch. Perrault, avec les Mé-
moires de l'auteur, et des recherches sur les contes de Fées, par Collin de Plancy, Paris, 1826, in-8°; Mémoires , Contes , et autres œuvres de Ch. Perrault, précédés d’une Notice sur l’auteur , par P.-L. Jacob , et d'une Dissertation sur les contes de Fées, par M. Walckenaër, Paris, 1842, in-12. F. B.
PERRECIOT (Claude-Joseph), né en 1728 à Roulans (Franche-Comté) , m. en 1798, fut maire de Baume-les- Dames en 1768, trésorier au bureau des finances de Besançon en 1782, membre du conseil-général du Doubs en 1790. On a de lui , entre autres ouvrages estimés : De l'étal civil des personnes et de la condition des terres dans les Gaules, depuis les temps celtiques jusqu'à la rédaction des coutumes, 1786,2 vol. in-4°, grand travail qui l’occupa 20 ans.
PERRECY, vge (Saône-et-Loire), arr. et à 22 kil. N deCharolles; 192 hab. Forges, haut-fourneau.
PERRET, vge (Côtes-du-Nord), arr. et à 36 kil. O. de Loudéac ; 850 hab. Importantes forges à fer.
PERREUX, eh.-l. de cant. (Loire), arr. et à 4 kil. E. de Roanne ; 485 liab.
PERllHÈBES, peuple d’origine pélasgique, habitait, au N. de la Thessalie , les cantons appelés Pélasgiotide et llistiéotide, duPénée aux monts Cambuniens. Attaqués par les Lapithes et les Eoliens, ils leur abandonnèrent les plaines du Pénée, et se retirèrent dans les cantons les plus élevés de l’Olympe et du Pinde : ils passèrent avec le reste de la Thessalie sous la domination des rois de Macédoine, mais en conservant une demi-liberté. D’autres Perrhèbes étaient restés dans les plaines, et s’étaient soumis aux conquérants établis à Larisse. C. P.
PERRIER (François), peintre et graveur, né à Sl-Jeande-Losne vers 1590, m. vers 1650, séjourna longtemps en Italie, et exécuta, pour les Chartreux de Lyon, et pour l’hôtel de la Vrilliére à Paris, divers tableaux pleins de feu et d’imagination , mais d’un dessin incorrect. Sa réputation est surtout fondée sur deux collections de statues et de bas-reliefs qu’il grava d’après l’antique : Slaluœ antiquœ centum , Rome, 1638, in-fol.; Icônes et segmenta illustrium è marmore tabulanm, quœ Romœ adhuc exslant , ibid. , 1645, in-fol., 50 pl. Ces gravures sont exécutées avec facilité, mais rendent d’une manière bien insuffisante la physionomie des originaux. B.
PERRIN (Pierre), dit l’abbé Perrin , quoiqu’il ne fût pas ecclésiastique et ne possédât aucun bénéfice, né à Lyon vers 1630 , m. en 1680 , introducteur des ambassadeurs chez Gaston d’Orléans, fit représenter en 1659, à Issy, une pastorale en 5 actes et en vers, musique de Cambert; c’est la première pièce française qu’on ait chantée. En 1669, il obtint un privilège pour l’établissement d’une Académie de musique, et, deux ans après, fit jouer, dans la rue Mazarine à Paris, un opéra de Pomone. Ce sont là les origines de l’opéra français. On a publié les OEuvres de poésie de Perrin, 1661, in-12. B.
PERRONET (Jean-Rodolphe) , ingénieur, né à Suresnes, près de Paris, en 1708, d’un officier sans fortune, m. en 1794, étudia l’architecture, et fut chargé, n’ayant que 17 ans, de diriger la construction du grand égout de Paris, et celle de la partie du quai qui se trouve entre les Tuileries et le pont de la Concorde, dite quai de l’Abreuvoir. En 1737, il entra dans le corps des ponts-et-chaussées, et, en 1747, devint directeur de l’école de ce nom; il était, de grade et de fait, premier ingénieur de France, et se fit une grande réputation dans la construction des ponts. Il fournit les projets de 21 ponts, et en fit lui-même exécuter 13, parmi lesquels le magnifique pont de Neuilly, premier exemple d’un pont horizontal, à cintres surbaissés, ceux de Nemours, de Mantes, de Pont-Stc-Maxenee, celui de Louis XVI (auj. de la Concorde), à Paris, tous dans le même genre; il dirigea les travaux du canal de Bourgogne, l’établissement de plus de 600 lieues de routes, et proposa un plan pour amener les eaux de l’Yvette à Paris, travail dont le but a été plus avantageusement atteint par l’exécution du canal de l’Ourcq. Il indiqua les moyens de construire des arches en pierre, de 200 à 500 pieds d’ouverture, imagina un grand nombre de machines en usage dans les constructions, entre autres la scie à recéper les pieux sous l’eau, un tombereau inversablc, une drague pour curer les ports et les rivières. Perronet jouit d’une réputation européenne. Il a laissé: Description des projets et de la construction des ponts de Neuilly, de Mantes, d'Orléans, etc., 1788-89, 3 vol. in-fol., et des Mémoires dans le Recueil de l’Académie des Sciences. B.
PERROS-GUIREC, ch.-l. de cant. (Côtes-du-Nord), arr. et à 10 kil. N. de Lannion; 582 hab. Petit port de relâche.
PERROT D’ABLANCOURT. V. Ablancourt.
PERRUQUES ET COIFFURES. Perruque est un met
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antique ; il vient du grec dorique purrihos pour purros, fauve, jaune, parce que les premièers perruques étaient en cheveux blonds. Les Romains en usèrent pour cacher leur calvitie, les Romaines pour le môme but, et aussi pour se composer des coiffures très- ouvragées et trèsélégantes, qu’elles appelaient tululus , corymbus , galerus , galericulus ( V. ces deux derniers mois). Cette mode ne fut guère introduite que sous les empereurs, mais elle devint si générale, qu’il y a des bustes en marbre de grands personnages, hommes ou femmes, avec des perruques, que l’on changeait probablement suivant la mode, comme pour leur donner une jeunesse perpétuelle, au moins du vivant des originaux. Au moyen âge, les perruques étaient encore en usage; on les faisait quelquefois de crins de cheval. Il paraît que c’était un luxe, car, au XVe et au xvie siècle, des prédicateurs tonnèrent contre les perruques des femmes. — En France, la mode des perruques, pour les hommes , commença de se répandre dès le règne de Louis XIII, vers 1630 ; on les nommait moutonnes , parce qu’elles étaient faites le plus ordinairement en laine de mouton. Les jeunes gens n’en portaient point. Louis XIV, enfant , ayant d’épais cheveux bouclés , qu’on lui laissait dans toute leur longueur, les courtisans prirent des perruques façonnées de même. Cette mode dura tout le temps du règne, fut adoptée aussi par les jeunes gens, et réagit jusque sur le roi lui-même, qui, dans son âge mûr et pendant sa vieillesse, eut toujours une grande perruque bouclée, dont les anneaux descendaient jusqu’au-dessous des épaules et sur la poitrine. Tant que cette mode ne fut pas devenue un usage général, les ecclésiastiques ne s’y soumirent pas avant l’année 1660; en 1684 et 1688, il y eut encore des évêques qui défendirent à leur clergé de prendre perruque sans dispense et sans nécessité. On porta d'abord des perruques blondes, c’était la couleur des cheveux du roi ; puis des noires, sans doute quand le roi fut en âge viril; enfin, par un raffinement, et peut-être seulement pour changer, on en prit de blanches. Comme les cheveux blancs ont toujours été rares et chers, on imagina de les imiter, ou plutôt d’y suppléer en poudrant les perruques ( V. Poudre). La forme aussi fut changée : au lieu de cette crinière quasi léonine du temps de Louis XIV, qui coûtait jusqu’à 1,000 écus, on fit des perruques à cheveux courts, et dans lesquelles s’exerça le génie du perruquier; vers le milieu du xvme siècle, on comptait prés de 50 sortes de coiffures en perruques, imitant parfaitement les cheveux naturels, et dont le prix était d’environ 40 fr.; il y avait celles au front de fer, aux nids de pie , à l'oiseau royal, à la singulière, à la rhinocéros, à la cabriolet, à la comète , à la lunatique, à l’inconstant , à la jalousie, à l’envieux; des perruques de ville, de campagne , de palais , rondes, nouées , à oreilles, à calottes, etc.; On alla jusqu’à donner à ces coiffures des noms empruntés à l’art culinaire, tels que : à la maître d’hôtel, à la gentilly, à la minute, etc. Les perruquiers faisaient voir leur adresse, en imitant en cheveux des pâtés , qu’ils exposaient dans les montres de leurs boutiques, pour provoquer la confiance des passants. Cependant quelques professions conservèrent, par gravité, la perruque à longues boucles tombant sur les épaules, tels que les magistrats, les notaires, les avocats, et les procureurs. Tout le monde portait perruque : il eût été indécent à un homme bien élevé de s'habiller sans cette chevelure d’emprunt, qui fut adoptée jusque dans la plus petite bourgeoisie.
La mode des perruques courtes poudrées amena celle des cheveux courts poudrés, pour les personnes dont la chevelure assez abondante pouvait supporter les façons de coiffure données aux perruques. Alors la mode changea plus aisément : on fit trois départements sur une tête , le toupet, les faces, et la queue. Cette dernière , nouée par un ruban, fut tantôt courte, tantôt allongée jusque entre les épaules, tantôt divisée en trois queues. Le soldat la portait nouée en pelote : c’était une cudogan; il avait un toupet bas, et les cheveux des faces retroussés sur les tempes et noués avec de petits rubans de plomb. — A la ville, les cheveux de queue s’enfermaient dans une bourse quadrangulaire oblongue en taffetas noir, ou dans une espèce de bourse circulaire dite crapaud. Il y avait le toupet en fer à cheval , et la grecque, où les cheveux étaient retroussés uniment sur toute la largeur du front; Mirabeau était coiffé à la grecque. Il y avait encore les trois marteaux, longue boucle descendant par derrière entre deux nœuds; les crêpés, les ailes de pigeon, et les frisés, tout cela avec force poudre à frimas , car tout le monde se poudrait, jusqu’aux ouvriers endimanchés, jusqu’aux laquais et aux marmitons; on poudra même les enfants jusque vers le milieu du xvme siècle. Pendant la Révolution, du temps
du Directoire, on imagina de porter les cheveux plats sur les faces, et l’on appela cette mode oreilles de chien. Bonaparte, général, se coiffait ainsi. La poudre était aussi l’accompagnement obligé d’une coiffure aussi gracieuse de nom que de forme. Aucune mode n’avait pu faire retrancher cette poussière blanche : un révolutionnaire, Brissot, essaya ce difficile bouleversement : le premier il fit couper ses cheveux ras et les porta dans leur couleur naturelle : il voulait, dit-on, imiter les fameuses têtes rondes ( V. ce mot) de la révolution d’Angleterre. Cette mode, d’abord huée, devint presque générale, mais lentement: Bonaparte l’adopta, et, à son imitation, presque toute l'armée. A la ville, sous l’inspiration du retour à l’antique préconisé par David dans la peinture, et par quelques-uns de ses élèves, dans le costume, les jeunes gens inventèrent une coiffure à cheveux ras par derrière, et en mèche plate sur le front, qu’ils appelèrent à la Titus, et une à cheveux bouclés, nommée à la Caracalla ; c’étaient des imitations des bustes de ces empereurs. Néanmoins, la poudre ne disparut pas complètement : beaucoup de personnes en portaient encore pendant les premières années du règne de Napoléon 1er, et se coiffaient avec la queue ; certains corps de l'armée, notamment dans la garde impéi’iale, étaient de même ; mais insensiblement tout cela disparut, et, après 1814, on ne trouvait plus de coiffure poudrée que chez quelques vieillards, ou quelques émigrés, vétérans de la mode qui avait orné les beaux jours de leur jeunesse. C. D — y.
PERRUQUIERS. Leur importance industrielle était devenue si grande, depuis l’usage général des perruques, que, sous Louis XIV, on en fit un corps de métier, sous le nom de Maîtres barbiers, perruquiers et éluvistes. Ils étaient distingués des autres barbiers (K. ce mot | en ce qu'ils ne devaient avoir, aux enseignes de leurs boutiques, que des bassins de fer-blanc, au lieu de bassins de laiton. Ils avaient la vente exclusive des cheveux. Leur nombre, fixé d’abord à 48, fut, en 1674, porté à 200. Un peu avant 1789, la corporation des *barbiers- perruquiers se composait de
l, 200 maîtres, employant environ 6,000 garçons. Il y
avait , en outre , une sorte de perruquiers marrons qu’on appelait chambrelans, parce qu’ils travaillaient en chambre, isolément. Leur contravention était punie par un emprisonnement àBicêtre, quand on pouvait les saisir. Depuis la Révolution, les perruquiers ne sont plus guère que des barbiers de bas étage; les plus habiles portent le nom de coiffeurs, et se croiraient offensés d’être appelés perruquiers, bien que leur industrie soit encore de faire des perruques, tout en accommodant la chevelure des gens qui peuvent s'en passer. C. D — y.
PERSAIM , v. de la Birmanie anglaise, sur le Persaïrn ( bras occid. de l’Irouaddy), à 200 kil. S. -O. de Pégu. Les Anglais s’y établirent dès 1757, mais sans pouvoir alors s’y maintenir.
PERSAN, se dit de préférence des Perses modernes.
PERSANTE , riv. de Prusse, sort d’un petit lac au N.-O. de Neu-Stettin , et tombe dans la Baltique, près de Colberg. Cours de 140 kil.
PERSARMENIE , nom donné à la portion de l’Arménie qui appartint à la Perse depuis l’an 390 de J.-C.; elle était à l’E du lac Arsissa.
PERSE, Ardus Versius Flaccus, poëte satirique latin, né à Volaterræ en Etrurie, l’an 786 de Rome, 34 de J.-C.,
m. l’an 814 (62) , était fils d’un chevalier romain , et fut conduit à Rome, à l’âge de 12 ans, où il étudia sous le grammairien Rhemmius Palémon. Le stoïcien Cornutus l'instruisit dans la philosophie, et il eut chez lui pour condisciple le poëte Lucain , qui l’encouragea à la poésie. Il fut lié avec le vertueux Thraséas. Stoïcien ardent et pratique , il a exprimé dans ses satires les doctrines de son école. Fatigant par son style obscur et pénible, il a une élévation de pensée, une chaleur de sentiment, une honnêteté morale qui le font aimer. Comme Lucilius, dont la lecture le rendit satirique, il attaqua les auteurs de son temps, et fit même, dit-on, allusion à Néron. Il n’a composé que six satires, dont les plus belles sont celles Contre les mauvais auteurs, et Contre les vœux criminels et insensés des hommes. Cornutus, après la mort du poëte, dont il fut le confident littéraire , supprima quelques poésies que Perse avait composées dans sa jeunesse. Les satires, défavorablement jugées par les modernes à cause de leur obscurité, eurent un immense succès. Les principales éditions sont celles de Casaubon , Paris, 1605, avec un savant commentaire; de Passow, Leipz., 1809; d’Aohaintre, Paris, 1812; de Fr. Plum, Copenhague, 1828, in-8»; d’Orelli, Zurich, 1833. Elles ont été traduites en prose française pai Lemonnier, 1771, Paris, l vol. in-8°; par Sélis , 1776; revue par Achaintre, 1822, in 8° ; par Perreau, Paris,
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1833, in-8% dans la Bibliothèque latine-française de Panckoucke, avec un très-bon texte; par Courtaud d’Iver eresse, dans la collect. Nisard, gr. in-8°; par Collet, 1845, in-12 ; en vers par MM. Raoul, 1812, in-8°; Fabre, 1841, in-8°; et J. Lacroix, 1846, in-811. D — R.
perse. On distingue sons ce nom la Perse ancienne, dite Empire des Perses ou Empire Médo-Persan , et l’Iran ou Perse moderne.
perse ancienne, en latin Persia, Elam de la Genèse, Fars, Adjem , Iran, en arabe et en persan; vaste empire de l’Asie occidentale , avait pour limites, à l’E. le fleuve Indus, au N. l’Iaxarte, la mer Caspienne, la chaîne du Caucase et le Pont-Euxin, au S. la nier Erythrée, le golfe Persique et l’Arabie, à l’O. le désert de Libye, la Méditerranée, la mer Egée et le Pont-Euxin. Cet Empire était divisé par l’Euphrate en deux parties inégales; l’une, à l'O. du fleuve, comprenait la presqu’île de l’Asie-Mineure, la Syrie, la Phénicie et l’Egypte ; l’autre renfermait les contrées situées entre l’Euphrate et l’Indus. Les villes les plus célèbres furent: Persépolis, Suse, Ecbatane. Cyrus avait divisé la Perse en 120 petits gouvernements ; Darius 1er, en 20 gouvernements ou satrapies :
1 Lydie et Pisidie. pienne.
2 Carie, Lycieet Pamphylie. 12 Bactriane.
3 Phrygie, Cappadoce et 13 Arménie.
Paphlagonie. 14 Drangiane, Carmanic, et
4 Cilicie et Syrie septentr. Gédrosie.
5 Syrie méridionale. 15 Pays des Saces.
6 Egypte. 16 Sogdiane, Arie, Choras-
7 Transoxiane. mie et Parthiène.
8 Susiane. 17 Colchide.
9 Syrie des rivières, Baby 18 Albanie etlbérie.
Ionie et Assyrie. 19 Pont.
10 Médie. 20 Arachosie et Inde.
11 Côte S. de la mer Cas-
A ces 20 satrapies, il faut joindre la Perside, berceau de la nation persane , et qui formait une division à part , sans porter le titre de satrapie. — Cet Empire comprenait ainsi les pays modernes qui font partie de la région caucasienne de l’empire russe, quelques portions du Turkestan , une grande partie de l'empire ottoman en Asie, la Perse actuelle, le Béloutchistan, l’Afghanistan, quelques Etats de l’Hindoustan, et l’Egypte. Il a subi des démembrements à diverses époques : sous les Sassanides, il ne comprenait plus l’Asie-Mineure, la Syrie, l’Egypte, la Bactriane, la Sogdiane. Sa domination au N. fut trèslimitée, et l’Arménie partagée avec les Romains. Le nom de la Perse disparaît sous les califes arabes, et est remplacé par celui d’Iran. L’Iran, sous les Sassanides, désignait tout le pays compris entre l’Euphrate , le golfe Persique, le Djilmun ou Ôxus, et l’Indus.
perse moderne ou iran , Etat de l’Asie occidentale, situé entre 25° et 40° de lat. N., 42° et 59® de long. E.; borné au N. par l’Aras , qui le sépare de l’empire de Russie, par la mer Caspienne et le Turkestan ; à l’O., par l’empire ottoman ; à l’E. , par l’Afghanistan et le Béloutchistan ; au S., par le golfe Persique, dont le littoral du côté de la Perse appartient à l’imam de Maskate; capitale, Téhéran; superf. : 1,427,400 kil. carrés environ. Population évaluée à 13,000,000 d’hab. L’aspect général de la Perse offre un vaste plateau, entouré de contrées montagneuses ; des plages basses, envahies par des sables brûlants; des rangées successives de montagnes, tantôt couvertes d’arbres et de neige, tantôt rocs arides; entre elles, des vallons spacieux; vaste plaine sans eau et sans culture, déserts plus vastes imprégnés de sel marin, villes en ruine, villages inhabités, partout la marque des révolutions; quelquefois des vallées et des jardins délicieux, de gras pâturages. Dans les plaines de la Babylonie, ciel brûlant; près du golfe Persique, rivage aride; bords de la mer Caspienne, humides et tempérés. Les montagnes qui soutiennent le plateau de la Perse tiennent d’un côté au Caucase, et se rattachent de l’autre à l’Himalaya. Dans la chaîne septentrionale, on remarque les monts Elbrous, et, dans celle de l’O., les groupes montagneux de divers noms qui entourent le lac d’Ourmiah. La Perse ne renferme qu’un très- petit nombre de cours d’eau : dans le bassin du golfe Persique, le Chot-el-Arab, et le Tigre (en partie) ; dans le bassin de la mer Caspienne, l'Aras, le Kizil-Üuzen, et l’Atrek. La température est très-variée. Les bords du golfe Persique sont inhabitables pendant l’été, à cause du Sam-yel, veut pestilentiel, qui force à se réfugier dans les montagnes. Les provinces du N., le Mazendéran, le Ghilau , rafraîchies par les vents réguliers de la mer Caspienne , sont tempérées; hiver comme été, on y
trouve des montagnes boisées qui rappellent les Alpes et les Pyrénées. En s’élevant sur le plateau, vent froid, autre ciel. Les degrés d’élévation du sol, et non ceux de la latitude, varient le climat. Eu peu d’heures, on passe du climat de Montpellier à celui de Sibérie. De fin mai à septembre, la chaleur est excessive le long du golfe Persique et de l’océan Indien , dans le Ivhouzistan , les déserts du Kerman, et même à Téhéran. L’hiver, de novembre en mars, est très-rigoureux au N. de Chiraz, à Téhéran , à l'auris. Le sol, malgré sa sécheresse, quand il est cultivé, produit en abondance des fruits exquis, des plantes succulentes. Le blé, l’orge, le millet, le riz, croissent presque partout; melons et pastèques excellents. Le raisin de Baran , les dattes du Kerman , les grenades et les figues de Yezd, les prunes du Khoraçan , les pistaches de Casbin, les poires, les pommes, les oranges, les coings du Mazendéran, ont une saveur délicieuse. Le coton, le tabac, le pavot à opium, le figuier, la vigne, le mûrier, abondent sur toutes les terres productives. Le chêne, le hêire, le platane, les peupliers d’Italie, le saule, le jujubier, le cyprès et le pinastre, sont les principales essences des forêts. La faune est des plus variées. Outre la plupart des espèces communes à l’Europe, on trouve en Perse des lions, quelques tigres , une grande variété de panthères et de léopards, des chats-tigres, des lynx, des hyènes, des onagres , et des moutons sauvages. Les oiseaux sont nombreux ; les insectes et les reptiles sont une véritable calamité par leur nombre. Les richesses minérales de la Perse sont peu connues; le plomb seul s’exporte. Le sel se trouve partout; il parait exister aussi de la houille dans le N.; mais le principal produit consiste en turquoises, fournies eu abondance par les mines de Nichapour, et qui passent pour les plus belles du monde, Sériciculture. Industrie manufacturière, autrefois très-florissante, auj. presque bornée aux articles de consommation intérieure et de première nécessité. L’Inde, la Russie, le Touran et l’Afghanistan sont les principaux pays en relations avec la Perse. Ce royaume, envahi si souvent par differents peuples , présent4 nécessairement une population trèsmélangée. Les habitants forment 4 classes distinctes : 1° Les fonctionnaires des ordres civils et militaires, comprenant la noblesse du pays; 2® la bourgeoisie des villes, dans laquelle on range le clergé et le corps enseignant, mélange de Persans, de Turcs, de Tartares, d'Arabes, d’Arméniens et de Géorgiens; 3® les paysans; 4“ les nomades ou pasteurs ; ces deux dernières, composées de Persans; mais la 4e est augmentée des tribus nomades venues à la suite des peuples qui conquirent tour à tour la Perse : c’est la principale force militaire du pays et sa véritable aristocratie héréditaire. Les chrétiens établis en Perse sont pour la plupart Arméniens schismatiques, et habitent principalement les provinces septentrionales. Le sort des Juifs est misérable. Les Persans sont braves, polis et spirituels, mais faux, paresseux, ti’ès-amis du luxe des habits, et très-vicieux. Avant l’invasion des Arabes, ils professaient, en grande partie, le magisme (ou religion de Zoroastre ) . Aux m® et lv® siècles , il y avait aussi beaucoup de chrétiens; mais, à partir du v® siècle, les rois de Perse s'attachèrent à les exterminer. La religion de Zoroastre compte, dit-on, encore quelques sectateurs. La religion dominante est le mahométisme de la secte des Chiyles. Cependant une nouvelle secte, le Sofisme, sortie de la province de Kerman, menace d’envahir toute la Perse. Les Sofis sont des déistes qui n'acceptent le Corâu que comme un livre de morale et repoussent toute croyance au dogme. Les arts et les sciences sont très-arriérés. La langue persane a de l’affinité avec les langues germaniques ; c’est une des plus harmonieuses de l’Asie intérieure, et elle mérite d’être nommée, sous ce rapport, {'italien de l’Asie : son génie consiste dans la simplicité, l’harmonie, et surtout en ce qu’elle est éminemment propre à la poésie. Les écrivains célèbres de la Perse sont : Firdauci , Sàdi, Djâmi, Ilâfiz, Ferid-eddin-Attar, Hoçaïn Waëz, etc.; ses grands historiens sont : Wassaf, Mirkhond, Khondémir ( V. ces mots ).
Le royaume fut divisé en 12 provinces jusqu’en 1865 (F. Perse, au Supplément ):
Provinces.
Irak-Adjémi.
Tabaristan.
Mazendéran.
Ghilan.
Aderbaïdjan.
Kourdistan Perse.
Khousistan.
Chefs -lieux.
Téhéran.
Amol.
Sari.
Recht.
Tauris ou Tebriz.
Kirmanchah.
Chouster.
PER
PER
Provinces.
Fars ou Farsistan.
Kerman.
Kouhistan.
Klioraçau occidental.
Laristan.
Chefs-lieux.
Chiraz.
Sirdjan ou Kerman.
Bihrdjan.
Mesched.
Lar.
Chaque province ou district important est administre par un gouverneur ( béglcrbeg ), qui délègue son pouvoir à dos lieutenants. Chaque village élit un chef. Les villes ont leurs gouverneurs particuliers, un chef de police et un l«r magistrat; elles se divisent en quartiers, qui ont chacun» leur ketkhoda. La législation du pays a le Coran et ses commentaires pour base. Le roi reconnaît, pour héritier, suivant les usages qui règlent l’héritage impérial en lîussie, le (ils aîné de son fils aîné. Cette loi dynastique héréditaire a été établie en Perse, après la guerre qu'elle eut à soutenir contre les Russes, 1B28.
La force militaire que la Perse pourrait mettre sur pied est évaluée à 150,000 ou 190,000 hommes; l’année permanente se compose de 18,000 hommes environ, parmi lesquels on distingue les gardes royaux ou Gliolaums. Les Persans possèdent très-peu de navires. Les revenus sont évalués à euv ron 9,500,000 tomans,ou environ 111,000,000 de fr. L’Angleterre et la Russie sont représentées à la cour de Téhéran, ainsi que la France et la Turquie.
histoire. L’histoire ancienne de la Perse a des temps ' fabuleux ou héroïques ; ce sont ceux pendant lesquels auraient régné d’abord les deux dynasties dites des Piclidudiens et des Knlaniens ou Achcménides. Elle ne commence à se composer de faits certains qu’à l'époque de Cyrus, sorti des Achéménides, 5bl av. J.-C. Avant lui, les Perses étaient restreints à la Perside (Farsistan actuel). Le mariage de Mandauc, fille d’Astyage, roi des Mèdes, avec ; Cambyse, roi des Perses et père de Cyrus, prépara la réunion de la Médie à la Perse, qui s’efl'ectua après la mort de Cyaxare II, 536. Les conquêtes de Cyrus en Lydie, en | Asie-Mineure, en Assyrie, créèrent le vaste empire des j Perses , qui s’agrandit encore de l’Egypte sous son fils Cambyse. Les guerres Médiques, 490-449 , commencèrent à ébranler l’empire médo-persan. Les révoltes l’épuisèrent, et il finit par tomber sous les coups d’Alexandre le Grand. Après la domination éphémère de ce conquérant, 330- 323, l’empire perse fut démembré , et devint en grande partie la possession des Séleucides. Mais, profitant des guerres qui divisaient Antioehus Théos et Ptolémée Philadelphe, Arsace s’empara de la Parthie, et y fonda, 256 av. J.-C., l’empire des Arsacides, qui balança la puissance des Romains en Asie. Les Perses, qui gémissaient sous le despotisme des Arsacides, se révoltèrent, battirent Artaban , 223 , et le déposèrent, 225 ap. J.-C. Cet acte I mit fin à la dynastie des Arsacides. La dynastie des Sassanides lui succéda, et forma, avec les possessions de l’ancien empire des Perses dans la Haute -Asie, un second empire persan. Elle fit la guerre aux Romains avec de grands succès; sous son gouvernement, la Perse arriva à un degré de grandeur qu’elle n’avait jamais atteint depuis la mort d’Alexandre. Cependant la monarchie persane avait été épuisée d’hommes et d’argent sous Khosrou- Parviz; depuis, agitée par des querelles religieuses, amollie par le luxe , ayant une administration en désordre et une armée mercenaire, elle fut détruite par les Arabes, €52 de J.-C. Pendant trois siècles, le nom de Perse disparait le plus souvent, et, à l’exception de l’émigration des sectateurs de Zoroastre, on ne remarque aucun événement important. Vers l’an 820, la Perse recommence à avoir une existence propre. L’empire arabe perd successivement ses provinces; les Tahérides, les Soffarides, les Samanides, les Bouides, les Gaznévides, fondent, sur divers points du territoire de la Perse, des Etats indépendants. Ces dynasties furent remplacées par celle des Seldjoukides, dont le chef Togrul s’empara de Bagdad, se rendit maître de la personne du calife, 1037, et fit la conquête de la Perse. A leur tour, ils furent renversés par les sultans du Kharizm ; mais ceux-ci furent chassés en 1225 par Gengïs-Khan, dont le petit-fils Houlagou mit fin au califat, 1258, et fonda la dynastie des Gengiskhanides, 1259-1335. De 1335 à 1381, la Perse est daus l’anarchie. Tamerlan l'envahit en 1389 , et fonda la dvnastie des Timourides , qui s’éteignit en 1499 , époque ou la dynastie des Sophis apparut. Ismaël, son fondateur, réunit sous sa puissance la Perse entière. Cependant les Ottomans lui enlevèrent les provinces occidentales de son royaume, et continuèrent leurs succès sous plusieurs de ses successeurs; mais Abbas le Grand consolida son royaume, les battit, leur reprit Tauris, s’empara de la Géorgie, et enleva Or-
înuz aux Portugais. Après la mort d’ Abbas, la Perse cessa de prospérer, et, à partir de 1722, les Afghans l’envahirent. La Porte s’empara du Kourdistan et de l’Aderbaidjan, tandis que les Russes avaie.it envahi les prov. Caspiennes, et pris Derbent, Bakou et la plus grande partie du Gliilan. Une série d’usurpations, parmi lesquelles celle du fameux Nadi chah, 1736-1747, déchira la Perse. Toutefois, Kérim-Khan, de la tribu des Zeuds, jeta quelque lustre sur son règne, 1761-1779. A sa mort, la guerre civile commence, et dure jusqu’à l’avénement d’Aga-Mohammed-Khan, 1794, qui fonde la dynastie auj. régnante des Kadjars. Son successeur Feth-Ali-Cbah parvient à reconstruire dans 10. de l’anc. Perse l'empire d’Iran, et conclut avec Napoléon Ier un traité d’alliance offensif et défensif (1807); mais ses guerres avec la Russie, 1827, affaiblissent le royaume. Par le traité de Tourmanschaï, 1828, la Perse cède à la Russie le khanat d’Erivan et celui de Nakhitchévan, et lui paie 62,500,000 fr. (K. Perse, au Supplément.)