P I-IA
PHA
et l’épine ( V. Cirque ) , pour les combats militaires que l'on représentait quelquefois dans les jeux, et dans lesquels on se servait de falariques ( V. ce mot).
PHALANGE , ordre de bataille en usage chez les anc. Grecs, dès les temps héroïques. C’était la disposition par bataillon ou par colonne, en files espacées pour la marche, rapprochées pour la charge, et très-serrées pour résister à l’attaque. Les colonnes se formaient souvent sur 4 de front et 8 de profondeur ; d’autres fois , sur 10 , 12 , lfi , 25 , et jusqu’à 50 de profondeur; chaque peuple avait ses habitudes sur ce point. Philippe de Macédoine perfectionna l’ordre en phalange, en y instituant des sections toujours divisibles par deux, pour faciliter les doublements ou les dédoublements. Le nombre de 16 files de profondeur lui parut préférable pour faciliter cette manœuvre. Les plus habiles tacticiens donnaient 16,384 hommes à la phalange des oplites (K. ce mot), et 4,096 hommes à celle de la cavalerie, à laquelle on appliquait aussi cet ordre. Tous les phalangaires macédoniens avaient une sarisse de 14 coudées de long |6m,50) , et les 5 premiers rangs pouvaient atteindre l’ennemi , en étageant leurs sarisses en retraite : celles du 1er rang sortaient, sur le front, de 10 coudées (4“,60| ; du 2e rang , de 8 ( 3m,70 ) ; du 3e rang , de 6 ( 2m,80 ) ; du 4e rang, de 4 (l“,85); du 5e rang , de 2 (0“>,92). Les 11 derniers rangs avaient la sarisse haute, appuyée sur l’épaule du rang qui précédait. Le bouclier couvrait l’homme à peu près en entier. Dans un autre ordre , les 3 premiers rangs seulement présentaient la sarisse , mais tous les fers au même niveau , le 2e et le 3e rang ayant des sarisses un peu plus longues que le lpr. La phalange combattait sur son plus grand front ou sur sa plus grande profondeur, quelquefois faisait face moitié en tête et moitié en queue, mais par disposition préalable et jamais par évolution pendant le combat. Elle avait une grande puissance sur un champ de bataille plat et libre d’obstacles : les rangs du milieu, pressant les premières lignes, leur rendaient toute fuite impossible, et, de plus, doublaient la violence du choc dans une charge. Mais d’une autre part, c’était un corps peu agile, et, dans les terrains accidentés ou coupés, il perdait la cohésion qui faisait toute sa force. L’ordre en phalange subsista jusqu’à la défaite de Persée par les Romains, à la bataille de Pydua, l’an 585 de Rome, 168 av. J.-C.; la légion, dont le principe était l’ordre mince, qui se prête si bien à toutes les natures de champs de bataille, détruisit la phalange macédonienne, et décida de la valeur comparative de ces deux ordonnances. — On appelait Diphalangarehie ou Diphalangie la réunion de deux petites phalanges, formant 8,192 hommes. C. D-»-y.
PHALANSTÈRE, établissement agricole des Fourriéristes ( V. Fourrier).
PHALANSTÊR1ENS , disciples de Fourrier (F. ce mot).
PHALANTE. V, Parthéniens.
PHALARIQUE. V. Fauarique.
PHALARIS, tyran d’Agrigente, était originaire d’Astypalée, en Crète. Banni à cause de ses desseins ambitieux, il vint à Agrigente, s’y fit un parti nombreux, et s’empara du pouvoir, l’an 566 av. J.-C. Les séditions auxquelles donna lieu son usurpation le rendirent cruel. Pour seconder sa fureur, Pérille, fampux artisan , inventa un taureau d’airain , dans les flancs duquel on mettait les victimes, et sous lequel on allumait un feu ardent. Phalaris fit l’essai de cet instrument de supplice sur l’inventeur lui-même. On croit que ses sujets le lapidèrent. Il reste sous le nom de Phalaris 146 Lettres apocryphes, publiées par Boyle à Oxford, 1718; par Walckenaer, à Groningue , 1777 ; et par G. -H. Sehæfer, à Leipzig, 1823; elles ont été traduites en français par le général Beauvais, Paris, 1797, in-12 , et |iar Benaben, Angers, 1803, in-8°. B.
PHALÈRE, Phulerus , un des 3 ports d’Athènes , à l’E. des ports de Munyehie et du Pirée , dans la tribu Æantide, sur le golfe Saronique. Accessible seulement aux petits navires , il était employé avant le Pirée. Patrie de Démétrius de Phalère.
PHALÈRES, Phalerœ , grand collier d’or, en chaîne, récompense militaire des cavaliers chez les anc. Romains. On le portait au cou et pendant sur la poitrine. On appelait aussi Phalères des housses à franges pour les chevaux, avec courroies ornées de petits croissants et de trèfles de métal. ç, j) Y
PHALSBOURG, en allemand Pfahburg, c.-à-d. bourg palatin, ch.-l. de cant. (Meurthe), arr. et à 19 kil. E.-N.-E. de Sarrebourg, place de guerre, sur un mont à l’entrée des défilés des Vosges; 3,021 hab. Collège. Liqueurs renommées , quincaillerie , boissellerie. Cette ville, fondée, vers 1570, par l’électeur palatin George- Jeau , fut cédée à la France en 1661 , et fortifiée par Vau-
ban en 1679. Les Impériaux furent arrêtés devant ses murs , 1744. Patrie du maréchal Lobau.
PHANAGORIA, forteresse russe, dans la région Caucasienne et le pays des Cosaques de la mer Noire , sur l’ile de Taman , au bord du lac de ce nom qui communique avec le détroit de Kertch ou d’Iénikalé, et à peu de distance de la ville de Taman, avec laquelle on la confond souvent. Elle a été élevée sur l’emplacement de l’ancienne I’hanagoria, célèbre par ses monuments, et une magnifique naumachie dont on a retrouvé des vestiges. L — Y.
PHANARIOTES. V. Fanariotes.
PHAON. V. Sapho.
PHARAMOND , personnage dont l’existence est douteuse , et qu’on a placé en tête de la liste des rois Mérovingiens , 420-428. La chronique de Prosper Tiron le mentionne , mais il n’est pas cité dans Grégoire de Tours. Il était, dit-on , fils de Mareomir, et eut pour fils Clodion. Malgré l’incertitude de sa vie , il est devenu le héros d’un long roman de La Calprenède.
PHARAN, cap de l’Arabie Pétrée, sur la mer Rouge, entre le golfe Héroopolite et le golfe Elanitique. Auj. Mahomet. — On appelait Désert de Pliaran une partie de l’Arabie Pétrée, au S. de la Palestine.
PHARAON, nom générique donné dans la Bible aux rois d’Egypte.
PHARASMANE, nom de 7 roisd’lbérie ( Asie-Mineure). Le seul iinportânt est Pharasmane Ier, qui régna de 35 à 54 ap. J.-C. Allié des Romains, il fit la guerre à Artaban III , roi des Parthes, puis à son propre frère, Mithridate , roi d’Arménie. Pour se débarrasser de son fils Rhadamiste , qui était impatient de régner, il l’envoya conquérir l’Arménie, et ensuite le fit assassiner.
PHARBÉTIS, v. de la Basse-Egypte, ch.-l. du nome Pharbétite, à PO. delà branche Bubastique du Nil.
PHARE, Pharos , petite île d’Egypte, dans la mer J Intérieure, fat réunie, en 285 av. J.-C. , par un môle de 7 stades ( 1,300 mètr. environ) , à la ville d’Alexandrie. Il y avait une tour en marbre blanc, haute de 300 coudées (135m), à plusieurs étages qui allaient en se rétrécissant, bâtie par le Cnidien Sostrate, et au sommet de laquelle des feux étaient allumés pendant la nuit pour guider les navigateurs. Elle fut appelée Phare, du nom de file, ou peut-être du mot égyptien phrah, soleil. Depuis, le nom de phare a été donné aux édifices de même destination. La construction du Phare coûta 800 talents (4,173,334 fr. ) . Plusieurs fois ébranlé par les tremblements de terre, il n’avait plus que 50 coudées (22m,50) en 1182, et s’écroula complètement eu 1303.