PHARE DE MESSINE. V. MESSINE
PHARÈS, v d’Achaïe, à l’O., sur le fleuve Pirus ou l’iérus, au S. du Patras.
PHARISIENS, Phurisœi (de l’hébreu pharasch, séparé), sectaires juifs, dont cm place l’origine au temps des Macchabées, affectaient un attachement servile à la lettre de la loi de Moïse, un respect minutieux pour les pratiques extérieures du cu’te; croyaient à la Providence, à l’existence des anges, à la résurrection des corps, à l’immortalité de l’âme et à l’éternité des peines. Jésus démasqua leur orgueil et leur hypocrisie.
PHARMACIE (Ecoles de). V. Ecoles.
PHARNABAZE , satrape perse de Phrygie, soutint les Spartiates dans la guerre du Péloponèse , fut battu par Alcibiade à Abydos, 411, et à Cyzique, 410, et se rapprocha des Athéniens en 407. En 403 , les Trente, qui régnaient à Athènes, obtinrent qu’il fit périr Alcibiade, réfugié en Phrygie. Après la retraite des Dix mille, il fut battu en Mysie par Thymbron et par Dercyllidas; Agésilas le dépouilla même de la Phrygie. En 394 , il commandait avec Conon la flotte qui gagna la bataille de Cnide sur Pisandre , chef des Lacédémoniens. B.
phaunabaze , 1er roi d’Ibérie , 250-225 av. J.-C., délivra son pays du joug des Perses, le divisa en 8 provinces, bâtit des villes et des forteresses.
PliARNACE 1er, roi de Pont de 184 à 157 av. J.- C. , fils de Mithridate IV, prit Sinope , que son père avait en vain assiégée. Cette conquête et celle du reste de la Paphlagonie excitèrent la jalousie des princes voisins, Euinèm II, de Pergame, Prusias, de Bithynie, Ariarathe V, de Cappadoce , et des villes grecques d’Asie , qui se déclarèrent contre lui ; il comptait sur l’alliance de Séleucus Philopator , roi de Syrie; mais abandonné par les troupes de ce prince, qu’avaient gagnées les Romains, et n’ayant plus d’allié que le souverain de la Petite-Arménie, il fut forcé de restituer ses conquêtes, hormis Sinope, 178. C. P.
PliARNACE h, roi de Bosphore, fils de Mithridate le Grand, fit révolter les troupes de son père contre lui, lors-
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qu’il le vit pressé par les Romains , et cette défection détermina le vieux roi à se donner la mort, 64. Pharnace reçut en récompense le royaume de Bosphore, avec le titre d'ami et d’allié du peuple romain , et resta fidèle jusqu’à la guerre civile de César et Pompée. Profitant alors des embarras de la République, il conquit presque tout le Pont et la Cappadoce , et vainquit le général romain Domitius Calvinus, auquel S’étaient joints le Galate Déjotarus et le roi de Cappadoce , Ariobarzane. César, après la guerre d'Alexandrie, marcha contre lui, le vainquit à Zéla , 47, et ce fut après cette bataille qu’il écrivit à Rome ces trois mots devenus célèbres : Vent, vidi, vici. Pharnace fut tué la même année, en rentrant dans son royaume de Bosphore révolté contre lui, C. P.
PHAROS, île de l’Adriatique, sur la côte d’IUyrie. Patrie de Démétrius de Pharos. Auj. Lésina.
pharos, île d’Egypte. V. phare.
PHARSALE, Pharsalus ou Pliarsalia , auj. Farsa, v. de Tliessaiie , au centre , près de l’Enipée. Victoire de César sur Pompée, le 20 juin de l’an 705 de Rome, 48 av. J.-C. Lucain a intitulé la Pharsale un grand poème sur la guerre entre ces deux généraux.
PHASE, Pliasis, riv. de l’Asie ancienne , prenait sa source dans les monts Moschiques, séparait l’Arménie et la Colchide , et se jetait dans le Pont-Euxin. Il portait, dans la partie supérieure de son cours , le nom de Boas ; dans la partie moyenne, celui de Rhion , lorsqu’il avait reçu le Glaucos et l’IIippos (auj. Tschenis-lsltali , fleuve du cheval ), et enfin celui d ’Arcturos ou de Phase , du nom de la ville située à son embouchure. Les anciens croyaient qu'il communiquait avec l’océan Septentrional, et pendant longtemps il fut considéré comme la limite de l’Europe et de l’Asie. Auj. les montagnards l'appellent Rioni; les Turcs, Fascli . Le Phase est célèbre dans les temps héroïques de la Grèce : sur ses bords était la ville d’Œa, où les Argonautes allèrent conquérir la Toison d’or, et d’où ils rapportèrent le bel oiseau appelé, du nom du fleuve , Phasiana avis, le faisan. On a voulu retrouver, dans le Phase, le Phison du Paradis terrestre. Le Phase, jadis grand fleuve, n’est plus qu’une petite rivière, parce que ses principaux affluents coulent auj. par d'autres canaux dans la mer Noire. C. P.
PHARÉLIS, anc. v. de Lycie, sur le golfe de Pamphvlie; auj . Tekrova. On y inventa, dit-on , des vaisseaux légers, qui allaient à la voile et à la rame. Le port et la ville ancienne sont bien conservés. Nombreux tombeaux.
PHASIENS, ancien peuple d’Arménie, voisin des Chalybes.
PHASIS, nom de toute la côte de la Colchide depuis l’embouchure du Phase au S. jusqu’à Dioscurias au N. — v. de commerce à l’emhouchure du Phase, fondée par les Milésiens; sous la domination romaine, elle prit le nom de Sébaslopolis. C’est auj. Poli. C. P.
PHATMÉTIQUE ou PHATNITIQUE (Branche), liras du Nil, appelé auj. Branche de Damiette. Ce n’est que le prolongement de la branche Athribitique.
PHATURITE (Nome), division de l’anc. Egypte, dans la Thébaïde; ch.-l. Phaluris.
PHAUSTUS de Byzance, historien arménien (d’autres disent grec) du IVe siècle. Très-versé dans la langue grecque , il a composé en cette langue une Histoire nationale, continuation de celle d’Agathange jusqu’à l’an 390. On croit que la traduction arménienne de cette Histoire, qui existe maintenant, Venise, 1835, 1 vol. in-8», est de lui. Son style est emphatique; les jugements et les faits sont suspects, comme marqués d’un esprit d’opposition aux mœurs et aux institutions des Arméniens. C — a.
PHAVORINUS. V. Favorinus.
PHAYLLE, général phocidien au temps de la guerre Sacrée. Ouomarque, son frère, occupé contre les Béotiens, l’envoya en Thessalie, 352 av. J.-C. , sous prétexte de secourir le tyran Lycophron en guerre avec Philippe, roi de Macédoine, mais en réalité pour tenter la conquête de ce pays. Après quelques succès, Phaylle fut battu par Philippe, et rejeté dans les montagnes de la Phoeide. Successeur de son frère dans la conduite de la guerre Sacrée, il se procura des soldats avec les trésors du temple de Delphes, défit les Béotiens prés de Naryee, ville des Locriens, et succomba , au milieu de ses succès, à une maladie cruelle. O.
PHAZANIE, Phazania, contrée de la Libye intérieure, près de la Petite-Syrte ; habitée par les Garamantes. Auj. le Fezznn. •
PHAZËMON, anc. v. du Pont, donnait son nom à un canton appelé Phazémonitide. Auj. Merzifoun ou Marlswan.
PHÉACIENS, nom des habitants de Corcyre, dans
l'Odyssée. Il venait du roi Phéax, dont le fils, Alcinoiis, reçut Ulysse retournant à Ithaque.
PHÉBÉ ou PHŒBÉ. V. Diane.
PHÉB1DAS. V. Piiœbidas.
PHÉBUS ou PHŒBUS. V. Apollon.
phébus I Gaston). V. foix (Gaston III, comte de).
PHÉDIME, fille d’Otanes, seigneur de la Perse, découvrit, la première, l’imposture de Smerdis le Mage, dont elle était l’une des femmes. Elle s’aperçut , la nuit , qu’il n’avait pas d’oreilles, et l’on sut ainsi qu’il était le Mage auquel Cyrus avait autrefois fait couper les oreilles pour un crime.
PHÉDON, d’Elis, philosophe grec, fut disciple et ami de Socrate, qui l’avait racheté, tout jeune encore, à des pirates. Après la mort de son maître, à qui il avait fermé les yeux, il retourna dans sa patrie, et y fonda une école, où il se consacra à Renseignement de la morale. Platon a donné le titre de Phédon à un dialogue sur l’immortalité de l’âme.
PHÈDRE, Phædra, fille de Minos, roi de Crète, et de Pasiphaé, épousa Thésée, l’amant infidèle de sa soeur Ariane, et en eut deux fils , Acamas et Démophon. Elle conçut pour Hippolyte, son beau-fils, une passion criminelle, accusa le jeune prince, qui la repoussait, d’avoir voulu la séduire, et causa sa mort, ( V. Hippolyte). Bientôt elle s’étrangla de désespoir. On voyait à Trézène son tombeau et le temple qu’elle avait élevé à Vénus. Elle fut représentée par Polygnote dans la Lesché de Delphes. Ses malheurs ont inspiré des tragédies à Euripide, à Sénèque, et à Racine.
phèdke, Phœdrus, philosophe épicurien du 1er siècle av. J.- C., fut un des maîtres de Cicéron à Athènes. Il avait écrit un traité De la Nature des Dieux, que l’orateur romain mit à contribution dans celui de ses ouvrages qui porte le même titre. Un fragment retrouvé à Herculanum a été publié, avec traduction latine, par Christ. Petersen , Hambourg, 1833 , in-4°. V. Olleris, De Phœdro Fpicureo, 1841, in-8».
phèdke, Julius Phœdrus, fabuliste latin , né dans la Piérie. On croit qu’il fut affranchi d’Auguste, et que Séjan le persécuta pour ses Fables. Son recueil, qui forme 5 liv., fut découvert au xvie siècle par François Pithou ; on l’attribua d’abord à Nicolas Perotti ( V. ce mot)-, mais le manuscrit, découvert par Pithou, et longtemps égaré, tut retrouvé en 1780 ; il est du xe siècle. L’apologue n’est pas pour Phèdre, comme pour La Fontaine, un petit drame sous lequel se cache la moralité; chez lui, le récit est peu de chose, la leçon est presque tout; de là une certaine sécheresse, et peu d’intérêt, d’autant plus que Phèdre, qui observe assez bien, est plus chagrin que malicieux. Sa langue est assez pure; cependant elle présente quelques altérations qui annoncent le commencement de la décadence. Les principales éditions sont celles de P. Pithou , Troyes, 1596, in-12; Cum notis variorum , 1667, in-8°; ad Usum Delphini, 1675, in-4°; de Burmann , Leyde, 1727, in-4°; de Schwabe, Brunswick, 1806, reproduite dans la Bibliothèque classique latine de Lemaire; de Titze, Prague, 1813; de Gail , Paris, 1826; de Berger de Xivrey, Paris, 1830; d’Orelli, Zurich, 1832, avec de nouveaux fragments découverts par Angelo Mai au Vatican; de Dressler, Leipzig, 1850.11 existe des traductions françaises par De Sacy ( sous le nom de Saint-Aubin ) ; de Joly, 1813; de Parisot, 1835; de E. Panckoucke, dans la Bibliothèque latine. française de Panckoucke, 1834, in-8°; de Fleutelot, 1839, dans la collection Nisard. V. Christ, de Phœdro ejusque (abolis prolusio, Leipzig, 1746, in-4°; Hartmann, Chreslomathia Pliœdriana, Altenbourg, 1779, in-8° ; Collmann, Index Phœdrianus, Marbourg, 1841 , in-4°. D — R.
PHEGÉE, roi d’Arcadie. V. Alcméon.
PHÉLH’PEAUX ou PIIÉLYPEAUX, famille de magistrats célèbres, qui a donné sans interruption à la France, pendant 165 ans, des ministres et des secrétaires d'Etat. Elle descendait de Paul Phélypeaux, nommé secrétaire d'Etat en 1610 par Marie de Médicis; et elle se divisa en plusieurs branches, celles des comtes de Pontcliartrain, de Saint-Florentin, de Maurepas, des marquis, plus tard ducs de La Vrillière ( V. ces mots). G.
phélippeaux (A. lepicard de), officier d’artillerie, né en 1768, m. en 1799, fut élevé à l’Ecole militaire de Pont-le-Voy, passa en 1783 à celle de Paris, et fut le condisciple de Bonaparte. Lieutenant au régiment d’artillerie de Besançon en 1786, il émigra en 1791, fit la campagne de 1792 dans l’armée des princes, rentra en France en 1795 pour organiser une insurrection royaliste dans les départements du centre, s’empara de Sancerre, fut pris et enfermé à Bourges, parvint à s’échapper, osa
•C rendre à Paris, où il enleva de la prison du Temple 1 amiral anglais Sidney Smith, et l'accompagna, avec le titre de colonel , en Syrie. 11 fut chargé de la défense de S'-Jean d’Acre, assiégé par Bonaparte en 1799, la dirigea avec une rare habileté, et mourut des suites d’un coup de soleil, dix jours après la levée du siège. B.
PHELLUS, v. de l’ane. Lycie, près du vge actuel de Saaret. Nombreux tombeaux antiques, avec inscriptions grecques.
PHELPS, v. des Etats-Unis (New-York), à 20 kil. E. de Canandaigua; 5,600 hab.
PHEM1US, aède chargé par Ulysse de veiller sur Pénélope, et que les poursuivants de celle-ci forçaient de Cnanter dans leurs banquets. Ulysse voulut lui faire partager le sort des prétendants : il ne lui pardonna que sur les instances de Télémaque. P — T.
PHÉNÉE, anc. v. d'Arcadie, près de Cylléne. Les eaux d’un lac voisin étaient, disait-on, mortelles, quand on les buvait pendant la nuit.
FHÈNlClE, nom qui s’appliquait, soit à toute la côte de Syrie jusqu’à la frontière de l’Egypte, parce qu'elle fut d’abord occupée par des peuples phéniciens, et que plus tard ils en habitaient encore tous les ports de commerce, soit seulement à la partie qui s’étendait du fleuve Eleuthéros au N. | Nnhr-el- Kébir) , jusqu’au Bèlos t Nalxrilaman | au S. depuis l’invasion des Israélites, et jusqu’au Chorséos \Koradje | à l'époque de la domination romaine. A l’E. le Liban et la partie S. de l’Anti-Liban étaient ses limites; à l’O., la Méditerranée. Sa longueur était d’environ 250 kil.; sa plus grande largeur, de 45. Du Liban et de l'Anti-Liban coulaient, du N. au S., l’Eleuthéros, le Sabbaticos | A rca ) , l’Adonis [Ntilir-el-lbrahim] , le Lycus ( Nalir-el-Kelb ), le Tamyras [Nahr-Damour ou Damer), le Leontès | Nahr-el-Kasmièh on Leitani | . Le nom de Phéniciens, donné par les Grecs aux habitants de ce pays, signifiait hommes rouges ; il s’expliquait ou par celui de la mer Rouge ou Erythrée, des bords de laquelle ils seraient venus, ou ar les fruits rouges des nombreux palmiers de la côte de yrie où ils s’établirent, ou plus probablement par la couleur de leurs vêtements et cette industrie de la pourpre qui les rendit si célèbres. Les Juifs les rangeaient parmi les peuples du pays de Chanaan, et eux-mêmes, selon toute apparence, se donnaient le nom de Chananéens , ce que faisaient encore les paysans africains autour de Carthage, colonie phénicienne, au temps de S1 Augustin. Dans la Bible, les Chananéens sont rangés parmi les descendants de Cham ; mais l’analogie des caractères physiques, des langues, des religions primitives, permet de les rattacher avec certitude à la race Sémitique. Les Phéniciens furent, de tous les Chananéens, les seuls qui restèrent entièrement indépendants des Juifs, après la conquête deJosué; seulement ils furent resserrés sur la côte , et leurs tribus séparées les unes des autres par diverses portions de territoire israélite : ainsi, au S. , les Philistins ou Palestins, limités par les tribus de Dan et de Siméon, occupaient les cinq villes de Gaza, Asealon, Azoth, Accaron et Geth; séparés d’eux par les tribus d’Ephraim, Manassé, Issaehar et Zabulon, commençaient, à partir du Bélos, les Phéniciens proprement dits ou Sidoniens , avec les villes d’Acco (Ptolémaïs ou Sl-Jean-d'Acre ), Tyr et Sidon ; enfin, au N., les Syro- Phéniciens , mélange de Chananéens ou Phéniciens purs avec des Syriens ou Aramécus anciennement établis sur la côte ou dans le Liban, occupaient Béryte, Byblos, Tripolis, Aradus , Antaradus. L’époque brillante de l’histoire de la Phénicie s’étend du xie au vi« siècle, de l’époque de David à celle de Cyrus ; mais cette histoire ne nous est pas connue dans les détails On sait seulement que jamais la Phénicie ne forma un Etat unitaire, mais qu’elle fut toujours divisée en un certain nombre de villes, possédant chacune son territoire et îles villes moins importantes sous sa domination : ainsi Antaradus dépendait d’ Aradus, Sarepta de Sidon. Chaque grande ville avait sa constitution, et était indépendante sous le gouvernement de rois héréditaires, assistés de magistrats qui semblaient marcher de pair avec le roi, recevaient et envoyaient d’un commun accord avec lui des ambassades. Quelquefois des révolutions éclataient , et les rois étaient remplacés momentanément par des sufl'ètes ou juges. Mais, faibles dans leur isolement, ces villes sentirent le besoin d’une défense mutuelle contre les étrangers, et formèrent de bonne heure une confédération, dont les Sidoniens furent d’abord les chefs : la prépondérance passa bientôt à Tyr , qui la conserva pendant toute l’époque historique. C’est à Tripolis que les rois se réunissaient avec un conseil envoyé par les différentes villes, pour délibérer sur les affaires de la confédération. Les Tytàens fureut les alliés de David et
de Salomon, et profitèrent des conquêtes de ces princes pour étendre leur commerce vers l'Euphrate et la mer Rouge. Devenus opulents par ce commerce, et possédant dans leur ville le temple de la grande divinité nationale, Malcarth, ils paraissent avoir voulu changer en domination souveraine l’hégémonie qui leur avait été attribuée, et avoir abusé de leur puissance; car lorsque Salmanazar attaqua cette ville (vers 712), on vit, comme à l'époque d’Alexandre, Sidon, Acco et beaucoup d’antres se soumettre, et équiper même une flotte contre leur capitale. Nabuchodonosor le Grand affermit en Phénicie la domination babylonienne, après avoir pris Tyr. En 538, le pays passa aux Perses , qui laissèrent à chaque ville ses rois et son gouvernement, ne demandant que de l’argent et des vaisseaux, conditions dont s’accommodèrent également Alexandre et les rois de Syrie, ses successeurs. Lors de la chute des Sélcucides, la Phénicie fut, avec la Syrie, réduite en province romaine, 64, puis donnée par Antoine à Cléopâtre, à l’exception de Tyr et de Sidon, auxquelles il laissa l’indépendance. Mais Auguste rendit la Phénicie à son état premier, et, jointe à la Cœlésyrie, elle forma une province impériale, lors du partage entre le sénat et l’empereur. La Syrie ayant été morcelée par Adrien, la Phénicie devint une province particulière, avec Tyr pour capitale, et comprit, outre la côte, une partie des villes de l'intérieur, entre autres Damas. Cette Phénuie fut divisée par Constantin en deux provinces : Phénicie du Liban, capit., Dumas; et Phénicie maritime, capit. Tyr, dépendant toutes deux, au jv® siècle, du diocèse, de la préfecture et de l’empire d’Orient. Elle forme auj. le centre de l'eyalet de Saïda. — L’antiquité, qui nous a laissé ignorer l’histoire intérieure des Phéniciens, nous a fait mieux connaître leurs expéditions maritimes, leur commerce et leurs colonies. Resserrés entre le Liban et la mer, et comme pressés entre les grandes monarchies d’Egypte et d’Assyrie, les Phéniciens ne pouvaient songer à devenir conquérants; les ports nombreux de la côte, les bois précieux du Liban, semblaient les prédestiner au rôle de peuple navigateur, industrieux et commerçant. A l’O., leurs colonies se répandirent dans tout le bassin de la Méditerranée; à l’E., ils s’établirent jusque dans le golfe Persique. L’Hercule tyrien, dont Diodore nous a conservé l’histoire fabuleuse, n’est autre chose que le symbole du peuple phénicien luimême, portant dans tout l’Occident la civilisation. En Cilicie, la ville de Tarse, avant d’être colonie hellénique, avait été fondée par les Phéniciens; et le peuple des Solymes était de leur race. Us s’étaient établis sur la Propontide, à Bithynion ; sur le Pont-Euxin , à Prénétos : l’ile de Chypre était remplie de leurs colonies, Citium, Amathonte, Paphos ; ils avaient visité, avant les Hellènes, la Crète, Rhodes, la plupart des îles de la mer Egée, entre autres Thasos , où ils exploitèrent des mines aurifères, dont Hérodote vit encore les galeries. La Béotie reçut la célèbre émigration conduite par Cadmus. Mais la prospérité rapide de Milet et de ses colonies arrêta, dans cette partie de la Méditerranée, le commerce maritime des Phéniciens; ils ne cherchèrent pas à le leur disputer, et portèrent tous leurs efforts dans le bassin occidental de la mer Intérieure. La Sicile ( où ils fondèrent Motya, Soloïs, Panorme, Eryx ), la Sardaigne, les îles Baléares , étaient autant de stations , d’où leurs vaisseaux se rendaient en Espagne. Dans la partie S. de cette contrée , en Bétique, ils fondèrent 200 colonies, dit Strabon, entre autres Malaca, Hispalis, Carteia, Gadès, Tartessus ; ils en tiraient de l'or, de l'argent, du fer, de l’étain, du plomb; le blé, les vins, l'hu le, la cire, la laine fine, les poissons salés, les fruits de l’Espagne, étaient aussi pour eux d’importants objets de commerce. Ne trafiquant que par échange avec les peuples barbares de ce pays, pour lesquels les plus vils produits de l’industrie phénicienne étaient des merveilles, ils amassèrent d’immenses richesses. 11 parait certain qu'ils naviguèrent au delà des colonnes d’Hercule dans l’océan Atlantique ; mais ils enveloppèrent leurs découvertes et leurs colonies d’un voile si épais, que l’on ne peut rien affirmer à cet égard. Strabon parle de 300 villes qu'ils auraient fondées sur la côte occidentale d’Afrique, et qui auraient été détruites par les Gètnles et les Libyens. Quelque exagéré que soit ce nombre, l'expédition est vraisemblable, ainsi que leurs voyages sur les côtes de la Gaule, aux îles Cassitérides ( Sorlingues ) , ou u( exploitaient l’étain, et jusque dans la Baltique, où ils re cueillaient l'ambre jaune. Sur la partie centrale de la côte N. de l'Afrique, ils fondèrent U tique, puis Carthage, Adrumète, Tysdrus, la grande et la petite Leptis, qui plus tard devinrent alliées de Carthage, et formèrent avec elle une confédération calquée sur celle de la métropole. \ ers
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l’E., ils possédaient, dans le golfe Persique, les îles Tyros »« Tylos et Aradus (auj. Bahreïn), riches en bancs de ,J>erles, coton, bois de construction , et servant d’entrepôt 'aux marchandises que les Phéniciens tiraient de l’Inde. Ils ne commencèrent à naviguer dans la mer Rouge que lorsque Salomon, leur allié, leur eut ouvert les ports d’Ælana et d’Aziongaber , enlevés aux Iduméens : c’était de là que leurs vaisseaux partaient pour les rivages de l’Arabie, de l’Ethiopie et de l’Inde , d’où ils rapportaient de l'ébène, de l’ivoire, de l’or, des épices, des singes, et des paons. Ce sont eux enfin qui, partant du golfe Héroooolite, dans la mer Rouge, entreprirent, dit-on, par ordre de Néchao, la circumnavigation de l’Afrique. Leur commerce par terre n’était pas moins étendu ; il se faisait par caravanes , et avait trois directions principales : 1» route du S., vers l’Arabie Heureuse /qui fournissait elle-même l’encens, la myrrhe, l’or, les pierres précieuses, et recevait de l’Inde et de l’Ethiopie les épices , les aromates, l’ivoire et l’ébène, et vers l’Egypte, où les Phéniciens occupaient à Memphis tout un quartier, et d’où ils tiraient des étoffes de coton et des broderies recherchées; 2 « route de l’E. , à travers la Palestine et la Syrie vers Babylone, parBaalbelr, Emèse, Palmyre, Thapsaque et les bords de l'Euphrate; ils recevaient, par cette voie, le froment , les raisins secs , l’huile et le baume de la Palestine, les vins et les laines de Syrie, les parfums que Babylone tirait des Indes; 3° route du N., vers l’Arménie et le Caucase, d’où ils tiraient des esclaves, des chevaux, des mulets, du cuivre. En échange, les Phéniciens portaient aux autres nations les produits de leur industrie , les célèbres teintures de pourpre, le verre, que pendant longtemps ils surent seuls fabriquer, les bijoux précieux, qu’ils ciselaient avec un art exquis. Enfin, l’antiquité leur attribue l'invention de l’écriture, que Cadmus apporta eu Grèce. Leur religion était un naturalisme déshonoré par des fêtes orgiastiques et cruelles : leur grande divinité, à qui l’on immolait des victimes humaines, s'appelait Baal, Moloch et Adonaï : considérée comme principe féminin , elle portait les noms de Baaltis, Mylitta ou Astarté dans la Phénicie propre, ceux de Dercéto ou Atergatis chez les Philistins, où elle était adorée sous la forme d’un poisson. Enfin les Phéniciens avaient, comme les Grecs, leurs héros divins, entre autres Melcarth , l’Hercule tyrien , à qui ils avaient bâti des temples célèbres à Tyr, Thasos et Gadès. V. Movers, les Phéniciens , en allemand, Berlin, 1849-50, 2 vol. in-8». C. P.
PHÉNIX, Phoenix, fut envoyé, selon la Fable, par son père Agéner à la recherche de sa sœur Europe, et donna son nom aux Phéniciens.
piiéxix, fils d'Amyntor, roi des Dolopes, eut les yeux crevés par ordre de son père sur une fausse imputation, recouvra la vue par les soins de Chiron, devint l’instituteur d’Achille, et le suivit à Troie.
phénix , oiseau fabuleux qui , suivant les Egyptiens , venait, tous les 500 ans, d’Arabie à Héliopolis, pour rendre les derniers devoirs à son père , qu’il enveloppait de myrrhe et portait dans le temple du Soleil. Il était semblable à un aigle, avait une huppe sur la tête, une queue blanche, et ses plumes jetaient des reflets de pourpre et d'or. On disait que, quand il sentait approcher la fin de sa vie, it se construisait un nid de plantes aromatiques, qu’il exposait aux rayons du soleil, et sur lequel il se consumait; de la moelle de ses os sortait un ver, qui se transformait en un nouveau phénix. V. Métrai, le Phénix ou l'oixeaU'du Soleil , Paris, 1824.
PHEEECRATE, poète comique grec, né à Athènes, florissait vers 420 av. J.-C. Il a laissé son nom au vers phérecralien , composé d’un spondée, d'un dactyle et d’un trochée. Suidas lui attribue 17 comédies; Meursius etFabricius en portent le nombre à 23 , dont ils donnent les titres d’après les auteurs anciens. Il en reste quelques fragments recueillis par J. Hertel dans les Veluslissunorum comicorum seiiientiœ , et publiés avec ceux d'Eupolis par Runkel, Leipzig, 1829, in-8°. B.
PHÊRÈCYDE de Syros ou Syra, contemporain des Sept Sages de la Grèce et disciple de l’un d'eux, et peutêtre lui-même maître de Pythagore à Samos , est le plus ancien prosateur grec dont il nous reste quelque chose. Il avait fait une Théogonie ou traité Sur la nature des dieux, le premier ouvrage philosophique do ce genre. Il professait, à peu de chose près, les doctrines d’Anaximandie , et regardait, dit-on, l’âme humaine comme impérissable. On dit que, le premier aussi, il observa les phases de la lune, et essaya de les déterminer. Il mourut vers la fin du VIe siècle av. J.-C. , et Pythagore vint, dit-on , d’Italie recueillir ses derniers soupirs. P — T.
pherecyde de Léros , logographe grec du v« siècle av. J.-C., avait écrit, sous le titre à' Âutochlhones , un ouvrage assez étendu sur les généalogies athéniennes depuis Ajax de Salamine jusqu’à Miltiade. Nous n’en connaissons que quelques fragments cités dans les ouvrages anciens; ils ont été réunis dans les Analecla lilteraria de Wolf, 1817 , et publiés , avec ceux d’Acusilas, par Sturz, Géra, 1787. V. Matthiæ, de Pherecydis fraymenlis, Altenbourg, 1814, in-4° P — T.
PHÈRES, Pherœ , auj. Veleslina , v. de Thessalie, dans le N. de la presqu’île de Magnésie , sur le lac Bébéis, près de la mer Egée , où Pagases lui servait de port. La Fable y fait régner Admète. Dans les temps historiques, elle fut la résidence de Jason et du tyran Alexandre.
PHÉRÉSËENS , une des tribus Chananéennes qui habitaient la Palestine avant l’arrivée des Hébreux. Ils habitaient au N. de Sichem , sur les deux rives du Jourdain. Leur pays forma la tribu d’Ephraïm, et la demi-tribu occidentale de Manassé.
PHÉRON , roi d’Egypte , fils de Sésostris , selon les auteurs grecs. Il devint aveugle sur la fin de ses jours, pour avoir insulté le dieu du Nil.
PHIDIAS, le plus célèbre sculpteur de l’antiquité, né en Attique la 3e année de la 70e olympiade, vers 498 av. J.-C., m. en 431. On présume que ses premiers ouvrages furent les statues colossales de Minerve guerrière, en bois doré, avec les mains et les pieds en marbre pentélique, érigée du produit des dépouilles enlevées aux Perses à Marathon, et de Minerve Poliade , en bronze, qu’on plaça dans l’Acropole d’Athènes. Il exécuta une 3e statue de Minerve , en ivoire et en or, pour la ville de Pellène en Achaïe. Pausanias affirme que la Minerve Lemnie une, offerte par les habitants de Lemnos aux Athéniens . et la première sur laquelle Phidias inscrivit son nom , était plus digne encore de la déesse; il donna à sa figure une expression de beauté vraiment divine. Périclès, devenu maître du pouvoir dans Athènes, chargea Phidias de la direction de tous les travaux décrétés par le peuple. Le plus important fut le Parthénon (V. ce mot ) , pour lequel l’artiste exécuta une nouvelle statue de Minerve, haute de 26 coudées (12 mèt. environ), debout, en or et en ivoire. Accusé d’avoir dérobé une partie de l’or destiné à cette statue, Phidias prouva son innocence; mais ses ennemis le poursuivirent encore comme sacrilège, pour avoir placé son portrait et celui de Périclès sur le bouclier de Minerve, où était représenté le combat de Thésée contre les Amazones. Il se retira en Elide , où il fit la célèbre statue de Jupiter Olympien ( V. Olympie), ouvrage qui excita l’admiration de toute la Grèce. Phidias avait une grande et riche imagination; néanmoins il travaillait avec calme et lenteur. Quand ses ouvrages étaient terminés, il écoutait les critiques ou plutôt le sentiment du peuple , et se corrigeait d’après ce juge. « Phidias eut une influence immense sur son siècle, dit Emeric David. Dans l’imitation du nu, ainsi que dans la pose des figures, bannissant la timidité qui avait enchaîné l’école précédente, il parvint à rendre la nature avec toutes ses inflexions et toute sa chaleur... Ses formes sont vraies, amples, souples, robustes ; ses mouvements, justes et hardis ; ses attitudes faciles, nobles, variées, propres à développer toutes les beautés de ses modèles. Appliqué à saisir dans la nature ses traits les plus majestueux, il l’imite avec sincA rité; il allie la naïveté à 'a grandeur, et , si nous pouvons parler ainsi, il est sublime avec simplicité.» | Vie des Artistes anciens et modernes'). V. L. de Ronchaud, Phidias, sa rie et ses oeuvres, Paris, 1861, in-8".
PHID1TIES (du grec teziSù, économie, frugalité), nom des repas publics que Lycurgue établit à Sparte. Tous les citoyens étaient tenus de s’y rendre. On y menait les enfants comme à une école de sagesse et de tempérance. Le plus ancien d’âge disait à ceux qui entraient, en leur montrant la porte : « Rien de ce qui se dit ici, ne sort par là. » Les tables étaient ordinairement de 15 personnes. Chacun devait apporter par mois un boisseau de farine, 8 mesures de vin, 5 livres de fromage, 2 livres et demie de figues, et quelques pièces de monnaie pour acheter de la viande. Les sacrifices, ou les fatigues de la chasse étaient les seules causes pour lesquelles il fût permis de ne point assister à ces repas; mais alors il fallait y envoyer une part des animaux que l’on sacrifiait, ou du produit de la chasse.
PHIDON , tyran d’Argos au vne siècle av. J.-C. , inventa , dit-on , la balance , et fit frapper, à Egine , la première monnaie d’argent.
PHIGAL1E , v. d’Arcadie , au S. , entre les riv. Néda et Lymax. C’est auj. Paulitza; on y voit encore les ruines
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d’un beau temple d’Apollon, et les murs d’enceinte de la ville, avec plusieurs tours et portes.
PHILADELPHE, surnom de Pxolémée ii et d'Aï-