PII
actes, 1801, etc. Pigault avait 40 ans quand il publia son premier roman, /' Enfant du carnaval, in-12; il donna successivement les Barons de Felsheim, Angélique et Jeanneton, Mon oncle Thomas , la Folie Espagnole, etc., ouvrages où il peint surtout les mœurs populaires, avec une imagination sans frein, et un ton leste et grivois. Quelques-uns méritent plus d’estime, tels que M. de Kinglin ou la Prescience, 1800; une Macédoine, 1811; Tableaux de société , 1813. Il a composé plus de 72 vol. in-12 de romans, dont la plupart eurent, pendant 25 ans, une vogue qui s’évanouit vers 1816. De 1808 à 1811, il avait été attaché comme bibliothécaire et lecteur au prince Jérôme Napoléon, roi de Westphalie. Après la Restauration, voyant son genre usé, et l’un de ses anciens romans saisi comme immoral , il se tourna vers les choses sérieuses, et entreprit une Histoire de France abrégée, 1823-28, 8 vol. in-8°; mais cet ouvrage, écrit dans le vieil esprit philosophique du xvin* siècle, obtint peu de succès ; il s’arrête à la mort d’Henri IV. Pigault a réuni, sous le titre d 'OEuvres, ses romans et son théâtre, 1822-24,20 vol. in-8°.
PIGEAU ( Eustache-Nicolas) , jurisconsulte , né en 1750 à Mont-l’Evêque près de Senlis, d’une famille pauvre, m. en 1818 , était destiné à une profession mécanique, mais reçut quelque instruction d’un ecclésiastique, entra chez un procureur, et se fit recevoir avocat. Secrétaire d’Hérault de Séchelles, puis commis- libraire pendant la Révolution , il ouvrit plus tard des cours de droit, fut nommé par Bonaparte un des rédacteurs du nouveau Code de procédure , et obtint, en 1805, la chaire de procédure civile créée à l’Ecole de Droit de Paris. On a de lui : Procedure civile du Châtelet de Paris , Paris , 1778 , 1780 et 1787 , 2 vol. in-4»; Introduction à la procédure civile, 1784, in 8«; 5e édit. , revue par M. Poncelet, 1822, in-8°; Procédure civile des tribunaux de France , 1808-09, 2 vol. in-4°; 3e édit. , avec notes de Cruvelli , 1826 ; Notions élémentaires de droit civil, 1804, ouvrage réédité, avec augmentations, sous le titre de Cours élémentaire de Code civil, 1818, 2 vol. in-8°; Commentaires sur le Code de procédure civile , 1827 , 2 vol. in-4«. Tous les ouvrages de Pigeau sont remarquables par la netteté, la clarté, et une science solide. Sa Procédure civile du Châtelet fut, dès son origine, mise au rang des livres classiques.
PIUENAT (François), un des prédicateurs de la Ligue, né à Autun , signa le décret de dégradation de Henri III , fit l’oraison funèbre des Guises, déclara que le pape même ne pourrait absoudre Henri IV, sous peine d’être excommunié, et mourut en 1590. — Son frère, Odon Pigenat, membre du conseil des Seize, passe pour être l’auteur du pamphlet intitulé : Aveuglement des politiques, hérétiques et rnuheustres , lesquels veulent introduire Henri de Bourbon d la couronne de France, Paris, 1592, in-8°.
PIGIilL’S (Etienne Vinand, dit en latin), savant archéologue, né à Kempen en 1520 , m. en 1604, passa huit ans à Rome à étudier les antiquités. Il commença ensuite un grand ouvrage, dont le titre un peu fastueux est : Annales magistratuum et provinciarum S. P. Q. R. ab urbe condita , incomparabili labore ex auctorum antiquitatumque variis monumenlis suppleti , Anvers, 1599-1615, 3 vol. in-fol. ; il ne publia que le 1er vol. , et A. Schott les autres, d’après les manuscrits de l’auteur. Il y a beaucoup d’érudition dans cet ouvrage. Pighius a donné en outre une excellente édition de Valère- Maxime, Anvers, 1592, in-8°, etc. C. N.
P1GNAN, brg (Hérault), arr. et à 1 1 kil. S. -O. de Montpellier; 1,952 hab. Distilleries d’eaux-de-vie. Aux environs se trouve une belle église gothique avec un jubé de style mauresque.
P1GNANS, brg ( Var) , ar>\ et à 24 kil. S.-E. de Brignoles ; 2,301 hab. Martinet hydraulique à cuivre; distilleries d'eaux-de-vie , huileries.
l’IGNATELLl (François) , prince de Strongoli, né en 1732, m. en 1812, s’éleva à la cour du roi de Naples Ferdinand IV en favorisant les intrigues de la reine Caroline avec Acton , fut nommé gouverneur de Naples et chef de la police, n’o.-a défendre la ville contre l“s Français commandés par Championnet, et s enfuit en bicile après avoir brûlé la flotte napolitaine. Le roi le disgracia.
PIGNEAU DE BEDAINE (Pierre- Joseph- George) , missionnaire, né en 1741 à Origny près de Laon, m. en 1799, partit pour la Cochinchine en 1767, fut nommé en 1770 évêque d’Adran et coadjuteur de l’évêque de Canath , visita Macao en 1774, puis leCamboje, s’attacha à Ngtiven-Anh , roi de la Cochinchine , dut s’enfuir à Siam en 1783 lors d’une révolte contre ce prince, alla solliciter les secours de Louis XVI en 1786, se vit traversé par le comte de Conway , gouverneur des possessions
! françaises dans l’Inde , n’en réunit pas moins quelques I troupes à Pondichéry , aida Nguyen-Anh à remonter sur le trône, 1789, et jouit de sa confiance jusqu’à sa mort,
PIGNEROL, en italien Pinerolo, v. forte du royaume d’Italie, ch.-l. de l’arrondiss. de son nom, sur le Clusone, à 57 kil, S.-O. de Turin; 15,464 hab. Evêché suffragant de Turin; college. Belle cathédrale. Filatures de soie, fabr. de draps, papiers, cuirs. Commerce de grains, vins, eaux-de-vie, bois. Acquise par la maison de Savoie en 1042, cette ville lui fut enlevée par la France de 1536 à 1574, de 1630 à 1696, et de 1801 à 1814. II ne reste que quelques vertiges du château où furent enfermés l’homme au Masque de fer, Fonquet, et Lauzun. — L’arrondissement de Pignerol, subdivision de la province de Turin, a 150,000 hect. , 70 kil. sur 40, et 135,000 hab. Récolte de légumes, grains, vin, huile de noix , châtaignes. Elève de bétail. Exploit, de granit et de marbre.
1TGNORIA (Lorenzo), en latin Pignorius , archéologue et antiquaire, né à Padoue en 1571, m. en 1631. Il a écrit, entre autres ouvrages : Mensa Isiaca , Amst., 1669, iu-4° ; De Servis et eorum apud veteres ministeriis , 1613, in-4°, petit ouvrage assez complet, et plusieurs fois réimprimé ; Anliquissimœ piclurœ quœ Itomœ visuntur, de rilu nuptiarum , tyjius explicatus, 1630, in-4°, réimprimé dans le Thésaurus anliquitalum Italiæ , t. 1er ; le Origini di Padova, 1625, in 4°, etc.
PIGNOTTI (Lorenzo), littérateur italien, né en 1739 à Figlini (Toscane), m. en 1812, fut professeur de physique à Florence et à Pise. Il a laissé , outre une médiocre Histoire de la Toscane , en italien , Florence , 1813 , 9 vol. in-8°, ou 10 vol. grand in-18 , des Poésies , 1812-13 , 6 vol. in-8°, dans lesquelles on remarque des Fables publiée» pour la première fois en 1779, et très-souvent réimprimées depuis ; elles sont pleines de grâce et de coloris , habilement dramatisées, et placent Pignotti au premier rang parmi les fabulistes italiens.
PIGRÈS, frère de la première Artémise, est un des auteurs auxquels on attribue , avec peu de fondement , le poëme burlesque de la balrachomyomachie.
PIGRUM MAiiE. V. Paresseuse (Mer).
P1IS ( Ant.-Pierre -Augustin de), poète comique et chansonnier, né à Paris en 1755, m. en 1832, écrivit, dès 1776 , pour divers théâtres , et , en particulier, pour la Comédie-Italienne. En 1792, il fonda, avec Barré, le théâtre du Vaudeville. Membre fécond de la réunion du Caveau, il fut aussi secrétaire-général de la préfecture de police. Il a composé, soit seul , soit en société , un trèsgrand nombre de vaudevilles , qui sont tombés dans un oubli profond ; beaucoup de chansons, des contes , des dialogues, et des poésies fugitives. On y trouve de l’esprit, beaucoup de facilité, mais pas assez de talent poétique pour les faire vivre.
PIKLER (Jean-Antoine), graveur en pierres fines et en pierres dures, né en 1700 à Brixen (Tyrol), m. en 1779 , s’établit à Naples , et , depuis 1743 , à Rome. Parmi ses productions, on cite deux Homère, l’un en cornaline, l’autre en camée. — Son fils, Jean Pikler, né à Naples en 1734, m. en 1791 , eut un talent aussi distingué.
PILATE (PONCE-) , Panlius Pilalus, fut envoyé pour gouverner la Judée , l’an 27 de notre ère. Il essaya de sauver Jésus de la fureur de ses ennemis, et crut les satisfaire en le faisant fouetter. Poursuivi de leurs instances, il voulut le faire profiter de l’usage qui était établi de délivrer un prisonnier le jour de Pâques ; ils aimèrent mieux faire grâce au brigand Barrabas. Il donna l’ordre alors de crucifier l’innocent, mais il se lava les mains , comme pour écarter de lui la responsabilité du crime. On ignore ce que devint cet homme : les uns le font mourir à Vienne en Dauphiné, où l'on prétend montrer la place de sou tombeau ; d’autres disent qu'il se jeta dans le lac de Lucerne, et une légende de ce pays veut qu’il apparaisse une fois par an sur les eaux du lac en habit déjugé. L— il.
pilate, montagne de Suisse, ramification des Alpes bernoises, entre les cantons d'Unterwald et de Lucerne. Sommets principaux : le Tomlisliorn, 2,5t)5 mèt.; VEsel, 2,176 mèt.; et le Umdderfcld, 2,110 mèt. — Montagne de France, dans les (Jévennes, se projetant dans les départements de la Loire et du Rhône. Le Giery a sa source.
P1LATRE DE ROZ1ER | Jean-Françoisl, physicien, né à Metz en 1756, m. en 1785, fut d'abord placé chez un apothicaire de sa ville natale, alla ensuite étudier à Paris les mathématiques, la physique, l’histoire naturelle et la chimie, professa quelque temps cette dernière science à Reims, fut intendant des cabinets d’histoire naturelle et de physique de Monsieur (depuis Louis XVJ.11), se pas-