PISTOIA (CINO DA). V. CINO
pistoia (Léonard de ) , peintre , né à Pistoia , fut employé dans les travaux que Raphaël était chargé d’exécuter au Vatican, suivit plus tard François Penni à Naples, et le remplaça dans la direction de son école. On regarde comme son chef-d'œuvre un tableau représentant Saint Pierre et d’autres saints couronnant le trône de la Vierge, à Castel-Guidi, prés de Pistoia. Il était bon coloriste, mais faible dessinateur.
pistoia (Frère Paul de), élève et rival de Baccio délia Porta, exécuta, d’après les dessins de ce peintre, plusieurs beaux tableaux pour la ville de Pistoia.
PISTOLE, monnaie d’or d’Espagne, qui valut 8 fr. 94 c. sous Philippe II, et jusqu'à 21 fr. 80 sous Philippe IV. En France, où elle fut reçue à la suite du mariage de Louis XIV , ce fut une sorte de louis d’or, qui valut 11 livres 12 sols, puis 12 livres 10 sols en 1690, et 14 livres en 1694. Un édit de 1692 en avait fixé la valeur à 10 livres. Au xviiie siècle, la pistole finit par n’être plus qu’une monnaie de compte exprimant une valeur de 10 livres.
PISTORIA, nom anc. de Pistoia.
PISTORIUS (Jean), né en 1546 à Nidda (Hesse), m. en 1608, exerça d’abord la médecine, s’occupa ensuite de jurisprudence, devint conseiller du margrave de Bade- Durlach, travailla à répandre la Réformation dans les Etats de ce prince, fut un des trois membres luthériens du collège de Ratisbonne en 1541, puis rentra dans l’Eglise romaine, se fit prêtre, et combattit avec zèle les protestants. On lui doit : Rerum polonicarum scriptores, Bâle, 1582, 3 vol. in-fol.; Rerum germanicarum scriptores, ibid., 1582-1584-1607, 3 vol. in-fol., réimpr. avec des additions par B.-G. Struvius, Ratisbonne, 1726, 3 vol. in-fol.
PISTR1NE, Pistrina, établissement dans lequel, chez les anc. Romains, on moulait le blé, et on faisait le pain pour vendre au public. Il a été découvert à Pompéi un établissement complet de ce genre, avec ses moulins, son four, et tous les accessoires pour pétrir la pâte. Il y avait des pistrines banales, où les pisteurs travaillaient à façon pour le public, et d’autres où l’on vendait aux consommateurs le pain tout fait. Sous Valens et Valentinien, Rome avait 230 pistrines publiques, environ. C. D — y.
PISUERGA, anc. Pisoraca, riv. d’Espagne, affl. du Douro au-dessous de Valladolid, a sa source dans le N. de la prov. de Palencia, arrose cette province et celles de Burgos et de Valladolid. Cours de 260 kil. Elle reçoit l’Arlanzon et le Carrion.
PITANE, v. de Mysie, sur l’Evénus. Patrie d’Arcésilas. On y faisait des briques qui nageaient sur l’eau. Auj. Tchanderli.
PITAU (Nicolas), graveur en taille-douce, né à Anvers en 1633, m. à Paris en 1676, a exécuté, entre autres planches, une très-belle gravure de la Sainte-Famille de Raphaël ; une série de 16 portraits, parmi lesquels ou
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distingue ceux de St François de Sales, de Cromwell, de Colbert, etc.
PITCAIRN, île de l’Océanie (Polynésie ), par 25° 3’ 57” lat. S. et 132° 28’ 47” long. O. Bananes, cannes à sucre. — Découverte par Carteret en 1787. Habitée par les descendants des révoltés du navire anglais le Bounty, 1788, au nombre de 170 en 1852. Il n’y a pas de Code pénal ; la terre est possédée en commun ; les boissons spiritueuses sont défendues : on trouve très-peu d’argent monnayé (environ 200 dollars ).
PITCARN (Archibald), médecin, né à Edimbourg en 1652, m. en 1713, étudia d’abord la théologie et le droit, puis la médecine à Montpellier et à Paris, et occupa pendant un an une chaire de médecine à Leyde, 1692-93. Il fut un défenseur opiniâtre des théories iatro-mathématiques. Ses œuvres complètes ont été publiées à Venise, 1793, et à Leyde, 1797, in-4°.
P1TEA, riv. de Suède, naît dans les monts Ivolen, coule au S.-E. à travers la Botnie, et se jette dans le golfe de Botnie près de la ville de son nom; cours de 350 kil., environ.
pitea, v. de Suède, ch.-l. de la Botnie septentrionale, port à l’embouch. de la riv. de son nom dans le golfe de Botnie, à 900 kil. N. de Stockholm; 1,600 hab.
PITHECUSA, île du golfe de Naples, sous laquelle, dit la Fable, de Typhon gît ércasé, et dont les habitants turent changés en singes (en grec pithèkoi) par Jupiter. Auj. Ischia.
PlTMÉGIES (du grec pithos, tonneau, et ofgein , ouvrir), fêtes des anc. Grecs en l’honneur de Bacchus , célébrées dans le mois Posidéon. Après les sacrifices, on ouvrait les tonneaux, et l'on donnait à boire aux ouvriers et gens de service.
P1THIVIERS, Piluerium, s.-préf. (Loiret), à 42 kil. N.-E. d’Orléans, sur le ruisseau de l’Œuf, qui prend ensuite le nom d’Essonne; 4,600 hab. Tribunal de lre instance. Ville très-ancienne, fortifiée au moyen âge, elle fut prise par les Anglais en 1428, par le prince de Coudé en 1562 et 1567, par Henri IV en 1589. Vieille abbaye. Patrie du mathématicien Poisson, à qui l’on a élevé une statue en 1851. Fabr.de pâtés d’alouettes, gâteaux auxamandes; commerce de vins communs, safran, cire, miel blanc, laines. Exploit, de pierres de taille. Dans les environs, on remarque les ruines du château d’Yèvre, la fontaine minérale de Segray, et la grotte de S1 Grégoire.
PITHO, déesse de la persuasion chez les anc. Grecs. On la disait fille de Vénus. Elle avait un temple à Egialée, et une statue faite par Praxitèle dans le temple de Bacchus à Mégare.
PITHO.M, v. d’Egypte. V. IIeroopolis.
PITHON, un de généraux d’Alexandre, gouverneur de la Médie après la mort de ce prince, fut chargé par Perdiccas de combattre les Grecs révoltés dans la Haute- Asie, le suivit dans son expédition en Egypte, fut un de ceux qui l’assassinèrent sur les bords du Nil, reçut alors le titre de régent de la famille du conquéraut, auquel il ne tarda point à renoncer en faveur d’Antipater, aida Antigone à vaincre Eumène, puis le trahit, et fut mis à mort par ses ordres, 316 av. ,J.-C.
PITHOU (Pierre), savant magistrat, né à Troyes en 1539, m. en 1596, étudia sous Turnèbe et Cujas, fut reçu avocat à 21 ans, et renonça à la plaidoirie pour donner des consultations , qui lui méritèrent le surnom de Sage Arbitre. Forcé de s’expatrier comme calviniste, il alla, sur la demande du duc de Bouillon, rédiger des lois pour la ville de Sedan, puis se retira à Bâle, où il se fit éditeur de V Histoire de Paul Diacre et de la Vit de Frédéric liarberousse, par Othon de Freisingen. L’éd't de pacification de 1570 lui permit de revenir en France; il faillit périr dans la Sl-Barthélemy, abjura, et fut successivement bailli de Tonnerre, et procureur-général près la chambre de justice établie en Guyenne. Pendant les troubles de la Ligue, il fut un des auteurs de la Satire Ménippée; un savant Mémoire aux évêques, où il entreprit de prouver qu'ils pouvaient sans le pape relever Henri IV de l’excommunication, contribua beaucoup au succès de ce prince, qui le chargea temporairement d'exercer, au Parlement de Paris, les fonctions du procureur-général, dont il était substitut. Ses principaux ouvrages sont: Libertés de l'Eglise gallicane, 1639, dont Dupin aîné a donné deux éditions, en 1824 et 1825, avec notes ; Gallicœ Ecclesiœ in schismate status, in-8» ; Commentaire sur la Coutume de Troyes, 1689, in-fol.; Codex canonum vêtus ecclesiasticum, in-fol.; Corpus juris canonici, 1687, 2 vol. in fol., en collaboration avec son frère, François Pithou ; Observations sur le Code et les Novelles, 1689, in-fol., édition à laquelle est joint un parallèle des
lois de Moïse avec les lois romaines. Pithou est le 1er éditeur du Pervigilium Veneris, des Fables de Phèdre, etc. ; il donna aussi des éditions de Salvien, de Juvénal, de Pétrone. J. T.
pithou (François), frère du précédent, né à Troyes en 1543, m. en 1621, étudia le droit sous Cujas, dut s’exiler comme calviniste, se convertit vers 1575 au catholicisme, et fut reçu avocat au parlement de Paris en 1580. Il combattit par ses écrits les prétentions ambitieuses de l’Espagne, fut chargé, après le traité de Vervins, de régler les limites de la France septentrionale et des Pays-Bas espagnols, et remplit les fonctions de procureur -général près d’une chambre instituée pour poursuivre les malversations financières. Il a laissé : un Glossaire pour l’intelligence de la législation au moyen âge; un Truité de la grandeur des droits, prééminences et prérogatives des rois et du royaume de France, 1587, in-8° ; un autre de T Excommunication et de l'Interdit, etc. B.
PITIC, v. du Mexique (Dép. de Sonora), à 200 kil. S.-O. d’Arispe; 5,000 hab. Comm. de thé, café, chocolat, sucre, etc., elle est appelée auj. Uermosilto.
ITi'lGLlANO ( Nicolas Orsini , comte de) , célèbre capitaine italien , né en 1442 , m. en 1510 , commanda, avec Alviano , les troupes vénitiennes contre la ligue de Cambrai, perdit la bataille d’Aignadel , 1509 , et défendit avec succès Padoue contre l’empereur Maximilien 1er.
PITINUM , v. de l’Italie ancienne ( Samnium ) , chez les Vestins. Auj. Torre di Pilino. — v. del'Ombrie, près de la ville moderne de Macerata. — v. de l'Ombrie, près de Sasso-Corbato.
PITISCUS (Barthélemy), mathématicien, né en 1561 à Schlaune (Silésie), m. en 1613, fut précepteur, puis chapelain de l’électeur palatin Frédéric IV. On a de lui : Trigonometriœ libri x, item Problematum... lib. x, 3e édit., 1612. Il donna une édition corrigée del’O/ms palatinum de triangulis de Rheticus, sous le titre de Canon doclrinœ triangulorum ad décades secundorum scrupulorum , 1613 , et une autre du Thésaurus mathematicus du même auteur, 1613.
piTiscus (Samuel) , philologue, petit-neveu du précédent, né à Zutphen en 1637, m. en 1727, fut recteur du collège de S'-Jérôme à Utrecht en 1682. On lui doit un Lexicon anliquitatum romanarum , in quo rilus et anliquitates tum Grœcis et Romanis commîmes , tum Romanis particulares exponunlur, Leemvarden, 1713, 2 vol. in-fol., ouvrage qui lui coûta 10 ans de travail , et dans lequel sont cités les textes originaux; l’abbé Barrai en a donné un abrégé en français, Paris, 1766, 3 vol. in-8°. On doit encore à Pitiscus: un Lexicon latino-belgicum , Amsterdam, 1704, in-4° ; des éditions de Quinle-Curce , 1685-93; de Solin, 1689; de Suétone , 1690; d’Aurelius Victor, 1696.
P1TOT (Henri), géomètre et ingénieur, né en 1695 à Aramon (Languedoc) , m. en 1771 , publia, en 1731 , une Théorie de la manœuvre des vaisseaux , in-4°, que le gouvernement adopta pour l’instruction de la marine , et qui lui valut d’être nommé membre de la Société royale de Londres. Ingénieur en chef du Languedoc en 1740 , et inspecteur-général du canal des Deux-Mers, il construisit le magnifique aqueduc de la fontaine SMJlément à Montpellier. Plusieurs de ses Mémoires sont imprimés dans le recueil de l’Académie des Sciences.
PITRES. V. Pistes.
F1TROU ( Robert |, inspecteur-général des ponts-etchaussées, né â Mantes en 1684, m. en 1750, est inventeur des cintres de bois dits cintres retroussés , et d’un échafaudage volant, aussi solide qu’ingénieux. Il a laissé des dessins d’architecture et de charpente , publiés par Tardif, son gendre, 1756, in-fol.
PITT (William), lord Chatham, un des plus grands hommes d’Etat de l'Angleterre, né à Westminster eu 1708, m. en 1778, fit ses études à Eton et à Oxford, voyagea ensuite en France et en Italie, et, à son retour, acheta une commission de cornette de cavalerie. Mais la goutte, dont il souffrit dès l’âge de 16 ans, le détermina à entrer dans la vie politique : il étudia les lois, se forma à l’éloquence par la lecture des orateurs de l’antiquité, et entra au parlement en 1735. Dès le début, il se posa en adversaire décidé de Robert Walpole , et tel fut le talent qu’il déploya et le succès qu’il obtint, que la duchesse de Marlborough laissa dans son testament un legs de 10,000 livres au jeune orateur. Le gouvernement lui retira son grade de cornette ; ses attaques n’en devinrent que plus vives , et elles ne contribuèrent pas peu à la chute de ce ministère, 1743. Le duc de Newcastle lui fit accepter, en 1746, les places de vice-trésorier de l’Irlande et de payeur-général de l’armée ; mais un dissentiment s’étant élevé entre le ministère et lui, 1755 , il résigna ses fonc-
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lions. Nommé, en 1756 , secrétaire d’Etat pour le département du Sud, il refusa de suivre la politique guerroyante de George II , et donna encore sa démission. L’opinion publique se prononça pour lui avec tant de force, que le roi le replaça à la tête des affaires (juin 1757), avec le titre de ministi’e d’Etat des affaires étrangères. Les finances furent réoi-ganisées ; l’Angleterre, dans la guerre de Sept-Ans, domina presque tous les cabinets de l’Europe, fut absolue sur les mers, et agrandit, aux dépens de la France, ses colonies dans l’Inde et dans l’Amérique. La mort de George III , 1760 , fit Reparaître l’opposition réduite au silence par de tels services ; Pitt, voyant son influence combattue par la jalousie de ses collègues, et ne pouvant faire adopter d’énergiques mesures contre l’Espagne à la suite du Pacte de Famille ( V. ce mot ) , abandonna le pouvoir (octobre 1761). La paix de 1763 fut mal accueillie en Angleterre. Pitt, malgré ses infirmités, se rendit au parlement pour la blâmer, et s’éleva aussi contre les warrants généraux , sortes de lettres de cachet contre les écrivains. Quand la guerre d’Amérique éclata , Pitt s’attacha à défendre également les droits de la métropole et les libertés des colonies. Sur les instances du gouvernement, qui le nomma pair d’Angleterre et vicomte de Chatham, 1766 , il forma un nouveau cabinet; mais il n’y voulut d'autre poste que celui de lord du sceau. Vers la fin de 1768, ses souffrances toujours croissantes ne lui permirent plus de supporter les affaires; mais chaque fois qu’il crut sa présence et sa parole nécessaires, il vint protester contre les mesures arbitraires et tyranniques qui devaient amener la perte de l’Amérique ; quand le duc de Richmond proposa au parlement de reconnaître l’indépendance des Etats-Unis , s’arrachant de son lit de douleur, il vint , presque mourant , élever la voix contre ce démembrement de la monarchie ; brisé par ce suprême effort , il s’évanouit , et ne survécut qu’un mois à cet accident. Le peuple l’avait surnommé le grand député des Communes. On î’inhuma à Westminster, où un monument lui fut élevé aux frais de l’Etat. Comme orateur, lord Chatham se distinguait par une heureuse réunion de qualités diverses, la véhémence , la sagacité , la correction et la beauté du style. Il a laissé , outre ses discours, quelques essais poétiques, des Lettres à son neveu ( lord Camelford) , publiées par lord Grenvilleen 1804. V. Histoire du comte de Cliatliam , par F. Thackeray , Londres, 1827, 2 vol. in- 4» ; Correspondance de lord Chatham , Londres , 1838, in-8°. F — T.
■ pitt (William), 2e fils du précédent, né à Ilayes (Kent,) en 1759, m. en 1806. Elevé jusqu’à l’âge de 14 ans dans la maison paternelle , il continua ses études à l'université de Cambridge, se fit recevoir avocat en 1780, fut député d’Appleby à la Chambre des Communes en 1781 , et combattit les ministres North et Rockingham , au sujet de quelques réformes à introduire dans la liste civile. A la chute du ministère North, la place de vice-trésorier d’Irlande lui fut offerte; il la refusa. En 1782, il souleva la question de la réforme parlementaire ; mais sa motion fut repoussée , et lui-même, devenu ministre , ne permit pas qu’on la renouvelât. Il entra au ministère à la suite de lord Shelburne , 1782 , et remplit les fonctions de chancelier de l’Echiquier. Le ministère voulait s'adjoindre Fox ; Pitt fut chargé de négocier un rapprochement ; mais les deux rivaux ne purent s’entendre, et de cette entrevue datent ces hostilités sans trêve qui durèrent autant que leur vie. Fox s’unit à lord North, et forma une coalition contre le jeune ministre , qui dut donner sa démission , 1783. Après un court voyage en France, seul moment de repos de sa vie laborieuse, Pitt combattit le bill de Fox sur le gouvernement de l’Inde , renversa le ministère dit de coalition , et, à 24 ans, se trouva premier ministre ( 18 décembre 1783). Il avait contre lui la majorité des Communes , et une opposition redoutable par le nombre et le talent de ses membres. Après trois mois d’une lutte incessante où il ne pouvait prendre le dessus , il tenta un coup hardi , la dissolution du parlement. La nation sanctionna cet acte de vigueur, et Pitt ouvrit la session avec une majorité très-prononcée. Il dirigea alors tous ses efforts vers les finances. Plusieurs bills sur la contrebande furent adoptés ; l’adjudication des emprunts, jusqu’alors abandonnés aux amis des ministres, se fit au plus offrant; diverses taxes somptuaires furent établies. De plus, Pitt créa une caisse d’amortissement pour l’extinction de la dette publique, et substitua le papier-monnaie aux espèces dans les paiements de la Banque. Grâce à toutes ces mesures, il avait réalisé, en 1786, un excédant de 900,000 liv. sterl. Il proposa à son tour un bill sur le gouvernement de l’Inde, qui ne fut adopté qu’en 1784, modifié par les amendements de Burke et de Fox. Les élections de West-
minster, 1784, les relations commerciales .4 établir entre l’Angleterre et l’Irlande, 1785, le procès d'Iîastings , 1786-95, la demande de la révocation du Test , faite par les dissidents, 1787, absorbèrent ensuite l’activité du ministre. La menace d’une intervention française dans les affaires de la Hollande alarma Pitt, qui fit des préparatifs de guerre , intimida le cabinet de Versailles , et conclut la triple alliance de l’Angleterre, de la Prusse et des Provinces- Unies , 1788. La même année, le roi tombait malade , et Pitt gagna une grande popularité en niant les droits du prince de Galles à la régence et en revendiquant ceux du parlement. La Révolution française, qui éclata bientôt, ne le passionna point au début; il n’en comprit pas d’abord la portée. Ce ne fut qu’après l’exécution de Louis XVI qu’il renvoya l’ambassadeur, le marquis de Chauvelin, et qu’il manifesta à l’égard de la France cette haine qui l’anima jusqu’à la fin de sa vie ; dès lors il déclara hautement qu’il lui vouait une guerre à mort, et pendant huit ans, 1793-1800, soudoya contre elle trois coalitions. A l’intérieur, il suspendit Yliabens corpus, procl-àma Valien-bill, étouffa l’oppoâition dans la Chambre des Communes. Mais 25 emprunts négociés en quinze ans avaient épuisé la nation; la paix était nécessaire. Pitt ne voulut pas la signer, et donna sa démission, 1802. Rentré au pouvoir en 1804, il s’occupa de former une 4e coalition ; la victoire d’Austerlitz anéantit les espérances de Pitt, qui , souffrant déjà de la goutte, tomba gravement malade, et mourut dans sa maison de campagne de Pultney. On lui éleva un monument à Westminster, et l’Etat se chargea du paiement de ses dettes. Pitt fut un grand financier, et un très-habile administrateur. Il avait le sentiment du pouvoir à un haut degré, et l’on a dit de lui qu 'il était né ministre. Il joignait à ces grandes qualités le don de l’élocution , parlait avec facilité et lucidité, avec un très-heureux choix d’expressions, se montrait dialecticien serré et pressant, et maniait supérieurement le sarcasme. Généralement calme dans la discussion , il manquait de dignité , quoique son ton fût imposant, et il avait très-rarement l’élan , la chaleur, l’animation passionnée du grand orateur. Ses principaux discours ont été publiés , avec ceux de Fox, par Jussieu et Janvry, 1819-20, 12 vol. in-8°. V. Gifford, Histoire de la vie politique de Pitt , en anglais, 1809, 3 vol. in-4°, et 6 vol . in-8»; Mémoires et Vie de Pitt, par Tomline, évêque de Winchester, son ancien précepteur et secrétaire, 2 vol. in-4», et 3 vol. in-8°. F — T.
PITTACUS, un des sept sages de la Grèce , né à Mitylène vers 650 av. J.-C. , m. en 579, s’unit aux frères du poète Alcée pour chasser les tyrans de sa patrie, vainquit en combat singulier le général athénien Phrynon en l’enveloppant d’u filet caché sous son bouclier, reçut de ses concitoyens l’autorité souveraine , mais n'en usa que pour rétablir l’ordre et promulguer des lois. Lors de son abdication volontaire , il n’accepta qu’une partie des terres que la reconnaissance publique lui offrait. Pittaeus avait composé des Elégies et un Discours sur les lois; ces écrits sont perdus, mais on trouve sous son nom beaucoup de maximes dans le recueil : intitulé Septem sapientûm dicta , Paris, 1551-53, in-8°. B.-
PITTHÉE, Piltheus, fils de Pélops et d’IIippodamie, fut roi de Trézène. Célèbre par sa sagesse, il maria sa. fille Ethra avec Egée, roi d’Athènes, éleva Thésée, son petit-fils, et Hippolyte, son arrière-petit-fils.
PITTHEM, v. de Belgique (Flandre occidentale), à 20 kil. S. de Bruges; 5,000 hab.
P1TTORIO (Louis Bigi, dit), en latin Piclorius, poëte latin moderne, né à Ferrare en 1454, m. en 1525, a laissé: Candida , Modène, 1491, in-4°; Tumultuariorum carminum lib. VU, ibid., 1492, in-4°; Chrislianorum opusculorum lib. ni, ibid., 1496 ou 1498, in-4° ; Epi'jrnmmatum in Chrisli vitum libellus, Milan, 1513, in-4°; In cœlestes proceres hymnorum epitaphiorumque liber, ibid., 1514, iu-4°; Sacra et satyrica epigrammata , elegiæ , etc., ibid., 1514, in-4°; Hippolytœ epigrammalum per'dialogos opus, libri vi, Venise, 1516, etc.
PITTSBOURG, v. des Etats-Unis (Pensylvanie), ch.-l.. du comté d’Alleghany, au confluent de l’Alleghany et de la Mouongahela, qui y forment l’Ohio, à 588 kil. N -O. de Philadelphie; par 40° 26' 15" lat. N., et 82° 18' 30" long. O.; 50,000 hab. Siège d’une Circuit -court. Evêché catholique, académie, bibliothèque. Fonderie de canons; centre manufacturier très-important : fonderies de fer, cuivre, acier; fabr. de machines, taillanderie, quincaillerie, produits chimiques, etc.; verreries, cristalleries; manuf. de laine et de coton. Chantiers de construction; nombreux chemins de fer et canaux; principal entrepôt pour l’O. et l’E. Riches mines de fer, cuivre, plomb, anthracite, houille
PIZ
PLA
aux environs. — Cette ville fut fondée en 1760, auprès du fort Duquesne, bâti par les Français.
P1TTSFIELD, brg des Etats-Unis (Massachussetts), à 8 kil. N. de Lenox; 3,800 hab. Lainages.
P1TUER1UM, nom latin de Pxthiviers.
PITYONTE, Pityus, anc. v. de Colchide, chez lesLazes, au N.-O., sur le Pont-Euxin. C’était, sous l’empire romain, l’entrepôt du commerce du Nord avec l’Orient.
P1TYUSES, îles de la Méditerranée, dans l’archipel des Baléares , comprenant Iviça et Formenlera. Elles tiraient leur nom des pins dont elles étaient couvertes.
PIURA, v. du Pérou; 5° 13' lat. S. , 82° 55' long. O. ; 11,000 hab. Ch.-l. de la province littorale de son nom, entre l’Equateur au N., le département de Libertad au S. etàl’E., l’Océan à l’O. ; 74,372 hab. C. P.
PIXÉRÉCOURT (René-Charles Guilbekt de), auteur dramatique, né en 1773 à Nancy, m. en 1844, après avoir suivi son père en émigration, 1791, revint à Paris pendant la Terreur, avec l’intention de travailler pour le théâtre. Il attendit pendant 5 ans une lre représentation , qui n’eut lieu qu’en 1797 ; ce fut un succès, et il lui ouvrit tous les théâtres secondaires, sur lesquels il fit jouer, pendant plus de 30 années, au moins 120 pièces, parmi lesquelles on remarque surtout des mélodrames, presque toujours intéressants et toujours moraux. Les principaux sont: les Mystères d'Udolphe, 5 actes, 1798; Cœlina, ou l'Enfant du mystère, 1800; le Pèlerin blanc, 1801; l'Homme à trois visages, 1801; la Femme à deux maris, 1802; les Mines de Pologne ; Tékéli , 1803; la Forteresse du Danube, 1805 ; les Ruines de Babylone, 1810; le Chien de Monlargis, 1814, etc.; toutes ces pièces sont en 3 actes, mesure ordinaire des mélodrames de ce temps. Pixérécourt obtint de trèsgrands succès, qui lui valurent de la part des journalistes les surnoms un peu ironiques de Shakspeare, de Corneille, de Crébillon des boulevards. Ses pièces ont peu de valeur littéraire : elles réussirent par une habile conception, une mise en scène pittoresque, et un style enflé, ronflant, fort goûté des spectateurs pour lesquels il écrivait. Pixérécourt a publié son Théâtre choisi, Nancy, 1841-43, 4 vol. in-8°, qui contient seulement une vingtaine de mélodrames. U avait traduit, en 1804, les Souvenirs de Paris de Kotzebue. J. T.
PIZARRE (François), conquérant du Pérou, né en 1475 à Truxillo (Estramadure), m. en 1541, était fils naturel d’un gentilhomme, dont il prit le nom. Gardeur de pourceaux dans sa jeunesse, il perdit un de ces animaux, prit la fuite, et s’embarqua pour l’Amérique. Il fut de l’expédition deBalboa, qui découvrit la mer du Sud, 1513. Animé lui-même de la passion des découvertes, il s’associa avec Almagro et Luque, et, de 1524 à 1527, explora les régions au S. de Panama. Ne pouvant poursuivre sans le secours du gouvernement espagnol , il vint en Espagne demander à Charles-Quint le titre de vice-roi des contrées qu’il avait reconnues, 1528; de retour en Amérique, il équipa 3 vaisseaux, occupa en 1531 l’ile de Puna, qui lui facilitait l’entrée du Pérou , et se présenta dans ce pays comme l’allié d’Huescar contre Atahualpa. Ce dernier fit sa soumission , fut pris néanmoins par trahison , contraint de payer une contribution énorme, et enfin mis à mort. Tandis qu’ Almagro tentait de subjuguer le Chili, 1533- 34, Pizarre occupa Quito et tout le Pérou , et fonda Lima, 1535. Bientôt les deux conquérants se brouillèrent, et marchèrent l’uu contre l’autre : Almagro fut battu à Cuzeo, 1538, et décapité; mais son fils et ses partisans le vengèrent, en assassinant Pizarre. B.
pizarre (Gonzalès), frère du précédent, l’accompagna dans la conquête du Pérou , et l’aida à triompher d’Almagro. Nommé gouverneur de Quito, il entreprit une expédition qui le mena jusqu’à la rivière des Amazones, ne rentra au Pérou qu’après le meurtre de son frère, dont il rallia les partisans, et réussit à régner en maître absolu de 1544 à 1547. Attaqué par Pedro de la Gasca, que Charles-Quint avait envoyé au Pérou avec des pouvoirs illimités, 1548, il fut abandonné de ses troupes, fait prisonnier, et condamné à mort comme rebelle. B.
PIZZ1GHETTONE , le Pisguelon des auteurs français, brg du royaume d’Italie, situé dans la province et à 24 kil. O. -N. -O. de Crémone, au confluent de l’Adda et duSerio; 4,263 hab. Château-fort construit en 1123 par les Crémonais; François 1er y fut retenu quelque temps prisonnier, après la bataille de Pavie.
PIZZO, v. du royaume d’Italie (Prov. de Catanzaro), à 9 kil. N.-N.-E. de Monteleone, sur le golfe de Sainte- Euphémie ; 8,785 habitants. Joachim Murat y débarqua le 8 octobre 1815, pour reconquérir le royaume de Naples, fut arrêté immédiatement, condamné, et fusillé le 13. Le
roi Ferdinand IY donna à cette occasion le titre de trèsfidèle à cette ville , et l’exempta d’impôts.
PLABENNEC , ch.-l. de cant. (Finistère), arr. et à 20 kil. N.-N.-E. de Brest; 382 hab.
PLACCIUS (Vincent), érudit, né à Hambourg en 1642, m. en 1699, professeur de morale et d’éloquence dans sa ville natale, a laissé : Theatrum anonymorum et pseudonymorum , 1674, in-4°, et 1708, in-fol., avec supplément par Mylius, 1740 ; Liber de jurisconsullo p erito, 1693, in-8u; Carmina juvenilia, Amsterdam, 1667, in-12 ; de Arte excerpendi, Hamb., 1689, in-8®, etc.
PLACENCIA. V. Plasencia.
PLACENTIA , nom anc. de Plaisance.
PLACENTIUS ou LE PLAISANT (Jean-Léon), dominicain, né à Sl-Trond , près de Liège, m. vers 1548, a laissé: Calalogus omnium antistitum Tungrensium , Trajectensium et Leodiensium, Anvers, 1529, in-8°; Pugna porcorum , ibid., 1530, poëme en 253 vers, dont tous les mots commencent par un P, etc.
PLACERS. V. Californie.
PLACIDIE , G alla Placidia Augusta , fille de Théodose le Grand, et sœur d’Arcadius et d’Houorius, née à Constantinople vers 388, m. en 450, fut prise par Alaric au siège de Rome en 410, dut épouser Ataulf , beau-frère du vainqueur, après la mort duquel elle recouvra la liberté, moyennant une forte rançon, et fut ensuite mariée, 417, à un général d’Honorius, Constance, dont elle eut Honoria et Valentinien III. Elle gouverna l’empire d’Occident au nom de ce dernier.
PLAID , en latin du moyen âge Placitum , nom donné aux assemblées. Le Placitum generale ou Placitum majus, appelé aussi Mallum, était l’assemblée générale des Franks sous la lr® et la 2e race, la même que le Champ-de-Mars et le Champ-de-Mai ( V. ces mots). Il y avait aussi les Plaids locaux , Placita minora, où l’on ne s’occupait que des affaires d’une certaine division territoriale, sous la présidence du comte ou de son vicaire, et même d’un centenier ou d’un dizainier; c’est là que se rendait la justice, que se faisaient les convocations militaires , les ventes, les affranchissements , et la plupart des transactions civiles. Ces Plaids locaux, où les hommes libres de la circonscription étaient tenus de se rendre, se tenaient trèsfréquemment dans l’origine, quelquefois toutes les semaines, au moins une fois par mois. On nommait Plaid du palais ( Placitum palatii ) le tribunal du roi , présidé par le roi lui -même ou le comte du palais ; les grands ( évêques, ducs, comtes, etc.), remplacés plus tard par les Scabini palatii , y avaient voix délibérative; ce Plaid recevait les appels des Raohimbourgs et des juridictions locales, jugeait les réunions illicites, les séditions, les délits et crimes des grands, etc. Après Charlemagne, on nomma aussi Plaids les assemblées de justice tenues par les seigneurs. — En Angleterre , la Cour des plaids communs, rendue permanente en 1215, jugeait les causes civiles, et particulièrement ce qui regardait les francs-fiefs. On appelait de ses décisions aux juges du Banc du roi. B.
PLAIDS (Chambre des). V. Chambre.
PLAIES D’EGYPTE , nom donné aux châtiments dont Dieu, par les mains de Moïse et d’Aaron, punit le Pharaon, qui refusait de laisser partir les Hébreux. C’étaient : 1° le changement des eaux du Nil en sang ; 2° la quantité de grenouilles dont le pays fut rempli ; 3° les moucherons qui tourmentèrent les hommes et les animaux ; 4® la multitude de mouches qui infecta la contrée ; 5° une peste qui tua les troupeaux; 6° des ulcères qui attaquèrent les Egyptiens; 7° une grêle épouvantable; 8° une invasion de sauterelles; 9® des ténèbres épaisses qui couvrirent l’Egypte pendant trois jours; 10® le passage d’un ange exterminateur sur les premiers-nés des Egyptiens.
PLAINE (La), partie de la Convention qui siégeait en bas, au-dessous de la Montagne. On la nommait enrore le Marais ( V. ces mots).
PLA IMPIED-GIV AUDINS, vge (Cher), arr. et à 12 kil.
I N.-E. de Bourges; 1,851 hab. Eglise romane.
PLAIN-CHANT. V. Ciiant.
PLAINFAING, brg (Vosges), arr. et à 18 kil. S.-E. deS‘-Dié; 547 hab. Filature et tissage de coton.
PLAlN'l’EL, brg (Côtes-du-Nord), arr. et à 14 kil. S.-S. -O. de S'-Brieuc ; 328 hab.
PLAISANCE, anc. Placenlia , en italien Piacema, ville forte du royaume d’Italie, située près de la rive droite du Pô et de l’embouchure de la Trebbia, à 53 kil. N.-O. de Parme, par 45° 2' 44" lat. N., et 7° 21' 24" long. E. ; 39,320 hab. Evêché; ch.-l. de province; tribunal civil et criminel. Collège Alberoni; séminaire épiscopal. Il y avait jadis une Université, avec Facultés de droit et de mode-
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cine, qui rivalisait avec celle de Parme. Institut Gazzola pour la peinture et la sculpture. Bibliothèque publique. On remarque : la maison de ville et la prison , vieilles constructions gothiques ; le palais du gouverneur, restauré pendant l’occupation française; le palais Farnèse, inachevé; la cathédrale, du xue siècle, avec de belles peintures du Guerchin et des Carraches ; l’église S‘ - Augustin, œuvre de Yignole ; l’église Sl-Sixte, surmontée de deux coupoles; la rue Stradone ou Corso. La ville a' un aspect triste ; elle est trop grande pour sa population ; les églises et les palais sont eu briques. Fabr. de lainages, soieries, céruse. Comra. de vins et de liqueurs. — Plaisance est, avec Crémone, la plus ancienne colonie romaine dans la Gaule Cisalpine. Près de là, à Campo-Morto, Annibal remporta sur les Romains un avantage, qui précéda de peu la bataille de Trasimène, 217 av. J.-C. L’an 923 de l’ère chrétienne, Rodolphe II , roi de la Bourgogne transjurane, y remporta aussi sur Bérenger Ier une victoire, qui lui assura la couronne d’Italie. En 1076, un concile des évêques de la Lombardie y prononça la déchéance du pape Grégoire VII ; dans un autre concile. 1095, Urbain II prêcha aux Italiens la lre croisade. Erigée en république pendant la guerre du Sacerdoce et de l’Empire, Plaisance fut du parti guelfe ; après la chute de la maison de Ilohenstauffen , 1254, elle subit la domination des Scotti , et, de 1332 à 1511 , fit partie du duché de Milan. Puis elle passa, avec Parme, aux papes et aux Farnèse. Le 16 juin 1746, le maréchal de Maillebois et l’infant don Philippe furent battus prés de Plaisance par le prince de Lichtenstein , commandant de l’armée impériale. Les Français occupèrent Plaisance en 1796 et 1800; elle fut un ch.-l. d’nrrond. dans le département du Taro, de 1802 à 1814. Napoléon Ier donna à Lebrun le titre de duc de Plaisance. L’Autriche eut de 1815 à 1859 le droit de mettre garnison dans cette ville. Patrie du pape Grégoire X, des médecins Salicetti et G. Valla, de Ferrante Pallavicino.
plaisance (Province de). V. Supplément.
plaisance, ch.-l. de canton (Gers), arr. et à 34 kil. O. -N. -O. deMirande, sur l’Adour; 1,787 hab. Tanneries.
plaisance (le cardinal de). V. SEGA.
PLAISIRS DU ROI (MENUS-) , nom donné autrefois aux dépenses du roi de France qui n’entraient pas dans les dépenses ordinaires, telles que fêtes, bals, spectacles à la cour. L’administration qui les réglait avait son hôtel et ses magasins à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière; les magasins ont été détruits en 1854.
PLAN, v. des Etats autrichiens (Bohême) , à 44 kil. O.-N.-O. de Pilsen; 3,000 hab. Exploitation de rubis; fabr. de vitriol. Eaux minérales.
PLANARD (Eugène de), auteur dramatique, né à Milhau en 1783, m. en 1853, appartenait à une bonne famille du Rouergue. Son père ayant émigré pendant la Révolution, il fut emprisonné lors de la Terreur, recouvra la liberté au 9 thermidor, vint faire son droit à Paris, entra comme employé aux archives du conseil d’Etat en 1806, et y devint plus tard secrétaire de la section de législation. Ses fonctions ne l’empêchèrent pas de travailler pour les théâtres de Paris, auxquels il donna plus de 50 ouvrages, remarquables par le naturel, la vérité, et une habile entente de la scène. En 1807, il fit jouer au théâtre Louvois son premier ouvrage, le Curieux, comédie en 1 acte, en vers; au "Théâtre -Français, dans la même année, le Paravent, comédie en 1 acte, en vers, et, en 1813, la Nièce supposée, en 3 actes, en vers; à l’Opéra, en 1815, la Belle au bois dormant, opéra-féerie en 3 actes. Il a écrit surtout pour l’Opéra -Comique, où il a donné, avec Auber, le Testament et les Billets doux, 1819, la Bergère châtelaine, 1820, Emma, 1821 ; avec Bochsa, la Lettre de change, 1816 ; avec Onslow, le Colporteur, 1828, et les Etats de Blois, 1837 ; avec Hérold, l'Auteur mort et vivant, 1821, Marie, 1826, Emmeline, 1829, et le Pré-aux-Clercs, 1832 ; avec Caraffa, le Solitaire, 1822, Sangarido, 1827, la Violette, 1828, le Livre de l'Ermite, 1831, et la Prison d'Edimbourg, 1833 ; avec Marliani, le Marchand forain, 1834; avec Halévy, l'Eclair, 1835; avec Ambroise Thomas, la Double Echelle, 1837, le Perruquier de la Régence, 1840; enfin, avec Cadaux, Colette, 1853. B.
PLANASIA , nom anc. de Pianosa et de Lérins. PLAN-CARPIN (Du). V. Carpin.
PLANCHE (Joseph), savant et laborieux helléniste, né à Ladinhac (Cantal), en 1762, m. en 1853, fit ses études au collège S1* -Barbe, et consacra presque toute sa vie à l’enseignement. 11 fut professeur de rhétorique au lycée Bonaparte, et, après avoir gagné l’éméritat, fut nommé bibliothécaire de l’Université à la Sorbonne. Ses principaux ouvrages sont : Dictionnaire grec-français, Paris, 1809, in-8°, souvent réimprimé, et, en dernier lieu’
avec la collaboration de MM. Veudel-Heyl et Pilou; Pensées, ou Recueil des plus beaux passages de Dêmosthène , 1818, in -12; Dictionnaire français de la langue oratoire et poétique, 1819-22, 2 vol. in-8° ; Manuel du versificateur latin , 1822, in-8°; Vocabulaire des latinismes de la langue française, 1822, in-8°; Dictionnaire français-grec (avec MM. Alexandre et Defauconpret), 1824, in-8°; Cours de littérature grecque, ou Recueil des plus beaux passages de tous les auteurs grecs les plus célèbres dans la prose ou dans la poésie, avec la trad. française en regard, 1827-28, 7 vol. in-8°; Choix de poésies et de lettres de St Grégoire de Nazianze, avec le texte en regard, etc.
planche (Régnier de la). V. la planche.
PLANCHER (Dom Urbain) , bénédictin de la congrégation de Sl-Maur, né en 1567 près de Baugé (Anjou), m. en 1750, entra dans son ordre en 1685, et fut supérieur de divers monastères de Bourgogne. On a de lui une Histoire générale et particulière du duché de Bourgogne , Dijon, 1739-48, 3 vol. in-fol. ; un 4e vol. fut composé et publié par Dom Merle, 1781. C’est un ouvrage exact, mais diffus et mal composé. On y trouve de curieuses gravures de monuments.
PLANCHES (Les), ch.-l. de cant. (Jura), arr. et à 35 kil. S.-E. de Poligny; 169 hab. On y visite les chutes de la Sène.
PLANCIADE FULGENCE, Fabius Furius Planciades Fulgenlius , évêque de Carthage au commencement du vi* siècle, a laissé : Mythologicum , sommaire de mythologie classique en 3 liv. ; Vocum antiquarum interpretalio , ou de Prisco sermone, espèce de Dictionnaire dans le genre de Nonius Marcellus , et dont on trouve un court fragment dans quelques éditions de cet auteur; de Expositione virgilianœ continentiæ.
PLANCINE , femme de Pison , fut accusée avec lui d’avoir empoisonné Germanicus, l’an 772 de Rome, 19 de J.-C. La protection de Livie la sauva du supplice. Accusée plus tard d’avoir insulté Agrippine , elle sc donna la mort, l’an 786.
PLANCIUS (Pierre), théologien hollandais, né en 1552 à Drenoutre, m. en 1622, fut pasteur à Bruxelles en 1578, s’enfuit en Hollande quand cette ville fut prise par le duc de Parme en 1585, ne tarda pas à être nommé pasteur de l’église d’Amsterdam, et figura au synode de Dordrecht en 1619. Il rendit de grands services au commerce hollandais par ses connaissances astronomiques et nautiques : ce fut lui qui traça l’itinéraire des premiers navires qui allèrent aux Indes orientales; il conseilla aussi des expéditions pour le pôle Nord , dans l’espoir qu’on trouverait un passage vers la Chine.
PLANCK (Théophile- Jacques), théologien allemand, né en 1751 à Nurtingen ) Wurtemberg), m. en 1833, professeur à Gœttingue , a laissé : Histoire de la naissance, des modifications et des progrès de la dogmatique protestante, Leipzig, 1781-1800,6 vol.; Histoire de la théologie protestante à partir de la formule de Concorde, Gœttingue, 1831 ; Histoire de l’origine et du développement de la constitution de la société chrétienne, Hanovre, 1803, 5 vol.; Histoire du christianisme dans la période de son introduction dans le monde par Jésus et les apôtres, Gœttingue, 1818, 2 vol.
PLANCOET , ch.-l. de cant. (Côtes-du-Nord), arr. et à 20 kil. N.-E. de Dinan, sur l’Arguenon et à 10 kil. de la mer; 1,203 hab. Petit port d’échouage.
PLANCUS (Janus). V. Bianchi (Jean).
plancus (Lucius-Munatius). V. munatius.
plancus plotius (Caïus), frère de Munatius Plancus, fut proscrit par les triumvirs, Tan 710 de Rome, 43 av. J.-C. Ses esclaves ayant été mis à la torture, pour qu’ils révélassent le lieu où il s’était caché, il alla se livrer aux bourreaux.
PLANCY, vge (Aube), sur la rive dr. de l’Aube, arr. et à 15 kil. O. d’Arcis-sur-Aube ; 1,275 hab. Bonneterie. Château. Anc. marquisat.
PLANINA ou ALBEN , anc. Alpes Juliœ, brg des Etats autrichiens (Carniole), à 7 kil. N. d’Adelsberg; 1,100 hab. Aux environs , miues de mercure , et châteaux de Haasbcrg et de Kleinhausen (le dernier en ruines).
PLANQUE ( François), médecin, né à Amiens en 1696, m. en 1765, a laissé : Chirurgie complète selon les modernes, Paris, 1744, 2 vol. in-12, et 1757, in-8®, ouvrage longtemps classique ; Bibliothèque choisie de médecine, Urée des ouvrages périodiques, tant français qu' étrangers, 1748-70, 10 vol. in-4®, ou 31 vol. in-12.
PLANTADE ( Charles -Henri ) , compositeur de musique , né à Pontoise en 1767, m. en 1839 , élève de Langlé, fut professeur de chant au Conservatoire de Paris, maître de chapelle de Louis- Napoléon , roi de Hollande,
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et plus tard de Louis XVIII. Il a composé plusieurs opéras-comiques, entre autres : Palma , ou le Voyage en Grèce , 1798 ; Zoé, 1800, etc., qui sont oubliés. Son genre de talent était la romance : il en a publié un grand nombre, qui eurent un succès de vogue. Il a laissé encore une messe de Requiem et divers morceaux religieux. B.
PLANTAGENETS, dynastie de rois d’Angleterre, de 1154 à 1485. Elle était d'origine française, et devait son nom au comte d'Anjou, Geoffroy V, dit Plantagenet, parce qu’il portait ordinairement une branche de genêt à sa toque. Du mariage de Geoffroy avec Mathilde , veuve de l’empereur Henri V, et fille de Henri Ier d’Angleterre, naquit Henri II, le premier des Plantagenets.
PLANTA VIT DE LA PAUSE. V. La Pause.
PLANTEUR , nom donné , dans les colonies européennes, à celui qui possède ou cultive une plantation ou propriété rurale. On a créé en Algérie des compagnies de plu nteurs militaires.
PLANTIN (Christophe), célèbre imprimeur, né en 1514 à Mont-Louis (Indre-et-Loire) , m. en 1589, apprit Part typographique à Caen, visita les principaux ateliers de France, et s’établit à Anvers, où il acquit une grande réputation pour la correction et la beauté des ouvrages sortis de ses presses. Philippe II , roi d’Espagne, le chargea d'une nouvelle édition de la Bible polyglotte d’Alcala, que dirigea Montanus, et qui est en 8 vol. in-fol., 1569- 72. C’est le chef-d’œuvre de Plantin, homme actif, instruit, qui eut beaucoup de part au Thésaurus teulonicœ linguœ , et composa des Dialogues français et flamands , 1579, in-8°. Sa marque d’imprimeur est une main qui tient un compas ouvert, autour duquel on lit : Lubore et constantia. Quand il mourut, il avait des établissements à Leyde et à Paris, indépendamment de son imprimerie d’Anvers.
PLANUDE (Maxime), moine grec du xtve siècle, né à Nicomédie, fut chargé, par l’empereur Andronic, d’une mission à Venise en 1327. C’est tout ce qu’on sait sur sa vie. Il est surtout connu par un recueil des Fables d'Esope , précédées d’une Vie remplie des contes les plus ridicules; les fables mêmes n’ont rien d’Esope que le nom ; tout au plus retrouve-t-on, dans la prose peu correcte de Planude, la pensée du vieux fabuliste. Planude a aussi compilé une Anthologie grecque, où il a fondu, en vu livres, les recueils de ses devanciers, sans faire preuve d’un goût bien fin ni bien éclairé; la lre édition est celle de Florence, 1494, in-4°. Il a traduit en vers grecs les Distiques moraux de Dionysius Caton, et, en prose, les Métamorphoses d'Ovide, imprimées pour la lre fois dans la Bibliothèque latine de Lemaire, 1822; d’autres traductions d’Ovide, de César, de Donat, de S‘ Augustin, sont restées manuscrites. Matthæi a publié de Planude la traduction grecque d’un passage de Cicéron Ad Herennium, sur la mémoire, 1810, et Bachmann un Dialogue sur la Grammaire, 1828. M. Lebarbicr a retrouvé à Constantinople, en 1854, un Traité de la construction des verbes. F. B.
PLASENCIA, ville d’Espagne (Estramadure) , prov. et à 56 kil. N. de Cacérès; entourée de murs, et défendue par un château-fort. Détruite pendant les guerres avec les Maures, cette ville fut réédifiée en 1189 par Alphonse VIII, qui lui donna ses Fueros. Son évêché tut érigé en 1190. On remarque la cathédrale, un aqueduc de 80 arches, et quelques antiquités romaines. Pop. de la commune : 6,026 hab.
plasencia, v. d’Espagne (Bilbao), à 35 kil. S. -O. de Sl-Sébastien , sur la Deva; 1,340 hab. Fabr. d'armes. — Fondée en 1337 par Alphonse XI de Castille.
PLASSAC, vge et petit port (Gironde), sur la Gironde, arr. et à 3 kil. S.-S.-E. de Blaye; 1,050 hab. Chapelle de Monluzel, fondée, dit-on, par Charlemagne, but de pèlerinage le 1er dimanche après l’Ascension.
PLASSEÏ, v. de l’Hindoustan anglais (Calcutta), à 48 kil. S. de Mourchidabad , sur l’Hougly. Victoire de lord Clive sur le nabab du Bengale, en 1757 ; elle lui valut le titre de baron de Plasscy.
PLA TA ( RIO-DE-LA- ) , c.-à-d. Rivière d’argent, grand fleuve de l’Amérique du S., formé, vers 34» de lat. S. et 60» 42’ long. O., par la réunion du Parana et de l’Uruguay; cours de 300 kil., baignant à droite Buénos-Ayres et à gauche Montevideo, et se jetant dans l’océan Atlantique, entre la Punta-Negra et le cap S'- Antoine, par un estuaire de 210 kil. de large. A son origine, il a déjà 46 kil. Ses bords, élevés au N., sont bas au S. ; il renferme plusieurs iles. Sa navigation est souvent dangereuse, à cause des bancs de sables et de vents impétueux dits Pampcros Un de ces vents, en 1793, enleva pendant trois jours l’eau de son lit naturel et inonda au loin la plaine ; on y ramassa alors d’importantes richesses. Dias de Solis dé-
couvrit ce fleuve en 1516, et l’avait appelé Solis; mais Sebastien Cabot, qui le visita ensuite, l’appela Rivière d’argent, à cause des dépouilles qu’il y fit sur des naturels.
^kATA ( Etats-Unis du RIO-de-la ) ou Republique Argentine, Etat de l’Amérique du S., entre la Bolivie au N., le Brésil, le Paraguay et la république de l’Uruguay à l’E. l’Atlantique au S.-E., la Patagonie au S., et le Chili à FO.; entre 22»-41» lat. N., 56*-73» long. O.; 2,450 kil. du N. au S., 1,750 de l’E. à l’O. ; superf. évaluée à 1,491,650 kil. carr. Pop., 1,450,000 hab. environ, dont les 3/4 indigènes. Cap., Buénos-Ayres ( Parana de 1853 à 1862). Son territoire, sillonné à l’O. par les Andes, riches en minéraux précieux, est arrosé par le Parana et ses affluents- (Paraguay, Pilcomayo, Rio-Vermejo, Salado), l’Uruguay, le Rio-Colorado, et le Rio-Negro. Dans la région du S., s’étendent les vastes plaines dites Pampas, où se forment, dans la saison des pluies, d’immenses marécages. On y trouve d’innombrables troupeaux de bœufs et de chevaux, d’alpacas, de vigognes, etc. Dans le N. est la plaine de Gran-Chaco, et, entre le Paraguay, le Verméjo et le Salado, le désert de Salinas. L’agriculture est peu avancée, mais très-productive; l’industrie manufacturière, presque nulle. — Les pays qui composent la Confédération de la Plata, compris d’abord dans la vice-royauté espagnole du Pérou, formèrent, de 1776 à 1810, la vice-royauté particulière de Buén.a-Ayres ou de la Plata, dont faisaient partie 2 autres Etats actuels, le Paraguay et l’Uruguay. Insurgés en 1811, ils assurèrent leur indépendance par la victoire de Las Piedras, mais, en proie aux discordes, n’eurent une constitution régulière qu’après le congrès de Tucuman, 1816. Cette constitution établissait la république, avec un président, deux Chambres (la Junte et le Sénat ), une haute cour de justice, des juntes électives et électorales. Néanmoins l’anarchie continua. Malgré le président Rivadadia, qui voulait la paix, la guerre éclata en 1826 avec le Brésil, qui regardait les limites de la Plata comme nécessaires à la sécurité de son territoire; l’Angleterre intervint, et l’on adopta comme moyen terme, en 1828, la séparation et l’indépendance de la partie orientale de la Confédé ration, qui forma la république de l’Uruguay. Rivadadi» ayant donné sa démission, les querelles des unitaires et de fédéralistes, les luttes des villes et des campagnes, favorisèrent les projets ambitieux de Jean-Manuel Rosas, qui exerça une véritable dictature depuis 1835. Des violences exercées sur quelques Français, et dont il ne donna pas réparation, furent suivies du blocusde Buénos-Ayres, 1838- 40. Contraint de reconnaître l’indépendance de l’Uruguay, 1840, Rosas viola bientôt ce traité, et attaqua Montevideo ; le combat naval d’Obligado [V. ce mol), 1845, livré par les Français et les Anglais, rétablit la libre navigation de la Plata. La république Argentine ne forma plus que 13 États, de 1852 à 1859, Buénos-Ayres s’en étant séparé pendant cette époque ; elle en forme 14, depuis que Buénos- Ayres y a été réuni.
Étals. Capitales.
Entre-Rios,
Corrientes,
Santa-Fé,
Cordova,
Santiago del Estero, Tucuman,
Salta,
Jujuy,
Catamarca,
Rioja,
San-Juan,
San-Luis,
Mendoza,
Buénos-Ayres,
Parana.
Corrientes.
Santa-Fé.
Cordova.
Santiago del Estero.
Tucuman (S.-Miguel-del-). Salta ou San -Felipe.
Jujuy.
Catamarca.
Rioja.
San-Juan.
San-Luis.
Mendoza.
Buénos-Ayres.
A Rosas, renversé du pouvoir en 1852, ont succédé Urquiza (1853-60), Derqui (1860-62) et Mitre. plata (la), capitale de la Bolivie. V. chuquisaca. PLATANELLA, anc. Camicus, riv. de Sicile, naît près de Termini, arrose les prov. de Païenne, de Caltanisetta et de Girgenti, et sujette dans la Méditerranée, à 35 kil. N.- O. de Girgenti; cours de 110 kil.
PLATÉE, Platea, v. de Béotie, près du Cithcron et des sources de l’Asopus, au S.-O. de Thèbes. Pausanias et Aristide y remportèrent une célèbre victoire sur Mardonius et les Perses, en 479 av. J.-C. Lors de la guerre du Péloponèse, Platée s’attacha au parti d’Athènes et fut détruite par les Spartiates, en 427. Saccagée encore par les Thébains en 373, Alexandre le Grand, roi de Macédoine, la fit rebâtir.
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PLATEL (Nicolas-Joseph), violoncelliste, né à Versailles en 1777, m. en 1835, élève de Duport, fonda au Conservatoire de musique de Bruxelles l’excellente école de basse d’où sont sortis Servais, Batta, et Demunck.
PLATER (Félix), célèbre médecin, né à Bâle en 1536, m. en 1614, enseigna pendant 54 ans dans sa ville natale. On a de lui, entre autres ouvrages : de Corporis humuni structura et usu libri m, Bâle, 1583 et 1603, in-fol.; Praxeos , medicæ tomi m, ibid., 1602; Observatiomm lib. ni, ibid., 1614, 1641, 1680, in-8°, etc.
PLATINA (Barthélemy de’ sacchi, dit), né en 1421 à Piadena (en latin Plalina) près de Crémone, m. eu 1481, quitta la carrière des armes pour s'appliquer aux sciences, et, par le crédit du cardinal Bessarion, fit partie du collège des abréviateurs à Rome. Ce collège ayant été supprimé par Paul II, il se plaignit d’une manière si violente, que ce pape l’envoya en prisen. Mis en liberté sur les sollicitations du cardinal de Gonzague , il devint membre de l’Académie fondée par Pomponius Lætus, et qui fut soupçonnée de complots contre l’Eglise et son chef; une nouvelle captivité lui fut infligée. Sixte IV le nomma bibliothécaire du Vatican en 1475, et il mourut de la peste. On a de lui, entre autres ouvrages : In vitas summorum ponliflcum ad Sixtum IV, Venise, 1479, in-fol., ouvrage écrit avec beaucoup d’élégance et de force de style, mais qui n’est pas exempt de passion : il a été continué par Panvinio, et traduit en français; Histoire de Manloue et de la famille des Gonzagues, en latin, publiée par Lambecius, 1676, in-4°; Panégyrique du cardinal Bessarion ; de Puce Italiæ componendâ , et de bello Turcis inferendo , etc. Ses Œuvres ont été réunies à Cologne, 1529 et 1574 , et à Louvain, 1572, in-fol. B.
PLATNER (Jean-Zacharie), chirurgien, né en 1694 à Chemnitz (Misnie), m. en 1747, étudia à Leipzig, fut reçu docteur à Halle, vint à Paris, où il se voua surtout à l’ophthalmologie, et, en 1719, fut nommé professeur de chirurgie à Leipzig. Il a laissé : Opusculorum chirurgicorum et anatomicorum dissertationes et prolusiones, Leipzig, 1749,
2 vol. in-4°; Inslitutiones chirurgicœ, Leipzig, 1745, in-8°; Ârs medendi singularis morbis accommodata, 1765, in-8°.
Platner (Ernest), fils du précédent, médecin et philosophe, né à Leipzig en 1744, m. en 1818, professa la médecine dans sa ville natale, et devint doyen de la Faculté en 1796. Il s’occupa aussi de philosophie, adopta d’abord les idées de Leibniz, combattit Kant, puis tomba dans une sorte de scepticisme. On a de lui : Anthropologie , Leipzig, 1771, in-8°; Nouvelle anthropologie, 1790, in-8°; Quœstionum physiologicarum lib. Il, 1793, 2 vol. in-8° ; Eléments de logique et de métaphysique, 1795 ; Aphorismes philosophiques, 1796 et 1800.
PLATON , très-illustre philosophe grec , né dans l’ile d’Egine , alors soumise aux Athéniens , vers 430 ou 427 av. J.-C. , m. en 347 , descendait de Codrus par son père Ariston , et de Solon par sa mère Périctioné. Il porta d’abord le nom d'Aristoclès , reçut à Athènes une éducation brillante, commença par se livrer à la poésie, et, dans son adolescence, connut les sophistes. Cratyle l’initia à la doctrine d’Héraclite. A 20 ans, il se donna tout entier aux leçons de Socrate, dont plus tard il développa et agrandit les doctrines. Déjà , dans quelques dialogues de Platon , composés du vivant de Socrate , celui-ci ne se reconnaissait plus lui-même. Dévoué à son maître accusé , Platon lui conseilla de se soumettre à une amende, et s’offrit pour caution. Il ne voulut jouer aucun rôle politique, et eut de bonne heure , comme son maître , de l’éloignement pour la démocratie anarchique d’Athènes. La tyrannie aristocratique des Trente , parmi lesquels il avait des parents et des amis , trompa ses espérances de sages réformes , et il en fut de même du parti libérateur cond«it par Thrasybule ; car ce fut de ce parti que vint l’accusation contre Socrate. Après la mort de ce philosophe, Platon se retira près du dialecticien Euclide de Mégare. Plus tard , il suivit à Cyrène les leçons du mathématicien Théodore. De là il se rendit en Egypte , puis en Sicile et dans le iqidi de l’Italie. Il n’est pas vrai qu’il ait voyagé en Asie ; mais il visita la Sicile et la Grande-Grèce , où il paraît avoir connu personnellement les Pythagoriciens Archytas et Timée , et où il étudia les doctrines pythagoriciennes dans l’ouvrage de Philolaiis. A Syracuse, des amis le mirent en relation avec Denys l’Ancien, qui bientôt, irrité contre lui, le livra à des ambassadeurs Spartiates. Transporté à Egine , alors alliée de Sparte , il n'échappa à 1 esclavage que par l’intervention d’Annicéris de Cyrène.
Il revint à Athènes , et il y fonda son école , à l’âge de 40 ans environ , sous les ombrages de l’Académie ; de là le nom d Académie donné aux écoles qui continuèrent la i
sienne. Vers 368, peu de temps après la mort de Denys l’Ancien, à la sollicitation de Dion, oncle de Denys le Jeune, il retourna à Syracuse, dans l’espoir de gagner le jeune prince à la philosophie , et peut-être à ses vues politiques. Mais bientôt Dion fut exilé, et Platon revint à Athènes. Il retourna encore à Syracuse vers 361 , pour tâcher d’obtenir le rappel de Dion , et n’échappa lui-même , à la prison que par l’intervention d’ Archytas. Il resta désormais à Athènes , où il reprit la direction de son école. Ce qui dominait dans la forme de l’enseignement de Platon, c’était le dialogue. Pourtant il développait quelquefois dans un discours non interrompu les parties les plus difficiles de sa doctrine. Il partagea son temps entre l’enseignement oral et la rédaction de ses ouvrages , et il mourut , dit-on , en écrivant.
Suivant Platon, comme suivant Socrate, l’objet de l’enseignement est de développer et de diriger l’intelligence, plutôt que de lui imposer une doctrine toute faite ; c’est pourquoi, aucun écrit ne peut remplacer la parole, et même aucun discours suivi , l’échange continuel de pensées, c.-à-d. du dialogue, entre le maître et les disciples. Cependant Platon n’a pas voulu, comme Socrate, laisser à ses successeurs le soin de perpétuer son influence d’initiateur : il a composé des ouvrages, mais rapprochés autant que possible de l’enseignement oral tel qu’il l’entendait. Excepté ses Lettres, tous ses écrits sont des dialogues, où sa doctrine n’est pas exposée d’une manière suivie et précise, mais dont le résultat est d’amener à penser dans le sens de cette doctrine, qu’on n’y trouve qu’à la condition d’entrer dans les vues de l’auteur. Parmi les dialogues attribués à Platon par les anciens , ceux qui nous manquent sont peu nombreux , et ils étaient apocryphes ou suspects aux yeux des anciens eux-mêmes. Nous avons donc tout ce que Platon a écrit d’important ; mais Aristote nous apprend que, sur quelques points, son enseignement oral dépassait ses écrits. Parmi les ouvrages que nous avons sous son nom , onze ont été suspectés par les anciens . peut-être avec raison , de venir d’une main autre que la sienne; ce sont dix dialogues : le Démodocus , le Sisyphe, l’ Eryxias , l'Axiochus , Sur le juste , Sur la vertu, le Minos, l’ Hipparque , le Théagès, V Epinomis , et le recueil de Définitions. L’authenticité du Clilophon et des Amants par ut aussi très-suspecte. Des critiques modernes ont contesté aussi avec quelque vraisemblance , mais pourtant sans motifs convaincants, l’authenticité du 1er Alcibiade , du 2e Alcibiade, du Petit Uippias et de Vf on. Du reste , aucun de ces 17 opuscules n’a d’importance pour la doctrine de Platon. Deux des treize Lettres qu’on lui attribue , la 2e et la 7e, en ont davantage : Cicéron ( Tusc. v, 39; De finibus, ii, 14) cite comme authentiques la 7e et la 9e. Ces 13 Lettres sont vraisemblablement de Platon, mais publiées après sa mort par ses disciples , qui ont pu y introduire des changements dans une intention d’apologie. Quantaux dialogues importants , l’authenticité en est reconnue universellement. Leur objet est la philosophie : pourtant le Ménexène est un opuscule surtout littéraire; le Crilias est surtout historique ou plutôt mythologique. Dans beaucoup d’autres dialogues, les mythes figurent , mais seulement à titre d’épisodes. Le Phèdre et le Gorgias concernent surtout la rhétorique , et 17on la poésie; mais ils ont en même temps un but philosophique. Le Phèdre est une œuvre brillante de la jeunesse de Platon ; cependant on y voit poindre déjà toute sa doctrine. Beaucoup d’autres dialogues paraissent aussi avoir été écrits par Platon avant la fondation de son école : ce sont , d’une part , ceux qui représentent surtout la lutte contre les sophistes et qui ne dépassent guère la doctrine de Socrate; d’autre part, ceux qui ont pour objet principal l’apologie de Socrate mis à mort. Cette première classe de dialogues, formant une sorte d'introduction à la doctrine platonicienne, comprend le Petit Hippias , l 'Ion, le 1er Alcibiade, le 2« Alcibiade , le Phèdre, le Charmide , le Lysis , le Lâchés, le Protagoras, l'Eulhydeme, le Grand Hippias , l'Apologie, le Criton , l’.'-.'uthyphron, le Ménon et le Phédon. Dans une 2e série de dialogues , tous , ou presque tous , composés après les précédents , Platon fait sortir de la discussion dialectique sa notion de la science en général et de la philosophie eu particulier , les principes de sa théorie des idées , de sa logique et de sa méthode; il y laisse entrevoir l’application de ces principes aux diverses branches de la philosophie spéculative et pratique. Cette 2® série se compose du Gorgias, du Tliéétèle , du Sophiste, du Politique , du Cratyle, du Parménide , du Philèbe et du Banquet. Enfin une 3e série comprend la République , le Timée, le Crilias et les Lois.
Dans ces dialogues, excepté le Crilias, Platon développe i d’une manière plus suivie, et presque didactique, sa psy-
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chologie , sa morale, sa politique , sa physique et sa théologie. Le Crilias, resté inachevé, et les Lois, publiées après la mort de Platon par Philippe d’Oponte, qui y ajouta l'Epinomis à titre de supplément , datent tout à fait des derniers temps de la vie de Platon. 11 n’est pas impossible que la composition du Timée et de la République soit notablement antérieure, et contemporaine de celle de quelques dialogues de la 2e série. La République , le Timée et le Crilins forment trois actes consécutifs d’un même drame ; il en est de même du Théétile, du Sophiste et du Politique. Chacun des autres dialogues a pour objet un entretien isolé. Les dialogues de la lre série et le Gorgias mettent en scène la doctrine de Socrate et celle des sophistes ; le Théétète combat l'école de Mégare ; le Parménide met en scène les doctrines de l’école d’Elée, que Platon n’adopte qu’en partie, comme on peut le voir dans le Sophiste, où il oppose les unes aux autres les écoles de l’Ionie et de la Grande- Grèce. Le Timée présente la fusion des théories pythagoriciennes avec la doctrine de Platon. C’est surtout dans les deux dernières séries, et principalement dans le Théétète, le Philèbe, le discours de Diotime dans le Banquet, le Timée, la République et les Lois , qu’il faut chercher le fond de cette doctrine. Les autres dialogues fournissent quelques traits à y ajouter ; mais ils sont surtout des exercices et des exemples de la méthode dialectique. — Suivant Platon , comme suivant Socrate, le point de départ de la philosophie est dans la connaissance de soi-même. Mais , au lieu de se borner aux données du sens commun et à la philosophie pratique, Platon veut que l’homme s’élève méthodiquement à la spéculation par l’analyse de ses pensées. Pour Platon , le but de l’homme , c’est la connaissance rationnelle, qui, suivant lui, a pour conséquence nécessaire la vertu. Cette connaissance est triple, comme son objet; elle comprend : 1° 1 ’ entendement , qui perçoit avec une certitude absolue les idées , types éternels, immuables et parfaits de tout ce qui existe ; 2° la science , qui perçoit avec une certitude mathématique les notions générales , leurs définitions et les conséquences qui s’en déduisent ; 3° l’opinion , plus ou moins probable , tantôt vraie , tantôt fausse , qui cherche dans l’ordre des choses sensibles l’application des idées de l’entendement et des notions de la science. En outre , mais en dehors do la connaissance rationnelle, il y a la perception des phénomènes des choses sensibles et périssables : cette perception est irraisonnable , et elle ne sert à la science qu’à titre d’occasion pour se rappeler les idées, que l'âme a contemplées dans une existence antérieure. La vue de tout ce qui est beau réveille en nous cette réminiscence, qui arrive à l'état de conscience parfaite par la méditation et par l’analyse de nos pensées. C’est ainsi que nous pouvons retrouver dans notre esprit l’image des idées, les rapprocher par leurs ressemblances, les distinguer par leurs différences, les définir, en établir la classification et la hiérarchie , et nous élever ainsi parla méthode dialectique jusqu’à l’idée d'être, et, plus haut encore, jusqu’à l’idée suprême de l’unité et du bien. De là , nous pouvons redescendre à la science des notions générales, et à l’opinion vraie sur les choses sensibles et périssables, qui n’existent qu’en vertu de leur participation temporaire et imparfaite à la réalité des idées-types. Les idées sont donc le principe de l’essence. L’idée du bien est en même temps le principe suprême de la finalité. Quant à la cause efficiente suprême , Platon y arrive par une autre voie , par la contemplation de l’ordre de l’univers, qui suppose une cause souverainement puissante , intelligente et bonne. C’est pourquoi il se voit conduit à attribuer à l’idée du bien la vie , la force et la pensée , et à en faire une cause efficiente en même temps que finale. Pourtant il y a quelque hésitation dans sa manière de concilier ces deux parties de sa doctrine, et voilà comment il se fait qu’ Aristote a pu ne pas prendre au sérieux la théologie de Platon, et lui contester la notion de cause efficiente. D’un autre côté , Platon , qui attribue aux idées une existence indépendante, tant de notre pensée que des êtres individuels , paraît en avoir fait des entités séparées, objets éternels de la pensée divine, et non des actes de cette pensée même. Quoi qu’il en soit , suivant Platon, Dieu est la cause du bien, qu’il produit à l’imitation des idées. Le mal vient de la matière , être éternel , où domine le principe de l’aveugle nécessité. La matière première est un être incorporel, dont l’unique attribut est l’étendue illimitée. Mais à cette matière indéfinie s’ajoute éternellement une forme désordonnée, et c’est là ce qui constitue la matière seconde : cette matière , composée de corpuscules de diverses formes géométriques , est entièrement inactive par elle-même ; mais elle est mue éternellement par une âme irraisonnable , principe d’un mouve-
ment confus. Dieu a fait pénétrer l’intelligence dans cette [ âme , et il a produit ainsi la séparation des corpuscules élémentaires, leur rapprochement harmonieux, et le commencement du monde, c’est-à-dire de l’ordre dans l’univers. Il n’y a qu’un Dieu éternel. Mais , en devenant intelligente , l’âme du monde est devenue un Dieu immortel par la volonté du Dieu suprême. Elle se subdivise en autant d âmes qu’il y a, non-seulement de corps célestes, mais d hommes et d’animaux. Chacune de ces âmes participe plus ou moins à l’intelligence , c’est-à-dire à la divinité. C’est par l’intermédiaire de ces âmes, et en y faisant pénétrer son intelligence, que Dieu agit sur le monde pour y faire dominer le bien.
L’homme a une âme raisonnable, à laquelle appartiennent l’entendement, la science et l’opinion. Cette âme est capable de bonheur et de malheur ; elle est capable de l’amour du beau et du bien , et elle est douée de volonté : elle réside dans la tête , et elle est immortelle. De plus , l'homme a deux âmes mortelles , dont 1 une , siège des passions énergiques , réside dans le cœur, et dont l’autre , siège des sensations , des appétits sensuels et de l’imagination, réside dans le foie. Ces deux âmes, irraisonnables , mais douées de perception interne et de volonté , sont en relation avec l’âme raisonnable , qui est instruite de ce qui se passe en elles , et qui doit leur commander. L’âme raisonnable est incorporelle et active, mais étendue , et elle participe à la fois de l’unité et de la diversité : dans l’entendement , c’est l’unité qui domine ; dans l’opinion , c’est la diversité ; dans la science , ces deux principes se font équilibre. — La vertu consiste dans l’assimilation à Dieu , c’est-à-dire à l’intelligence suprême, qui est en même temps l’idéal du bien : la vertu est donc la tendance constante vers le bien en toutes choses. L’amour du beau dans les choses sensibles doit être pur de vices honteux. Pourtant , lors même qu’il ne l’est pas , cet amour, préférable, suivant le Phèdre, à l’indifférence pour la beauté, est considéré par Platon comme un acheminement à la .vertu. Un être intelligent ne peut vouloir que le bien, ou ce qu’il croit être le bien. Ainsi toute action mauvaise est le résultat d’une erreur ou d’une ignorance involontaires. Par conséquent, la vertu s’enseigne, puisqu’elle résulte infailliblement de la connaissance de la vérité. Le vice et le crime sont des maladies qui se guérissent par le châtiment et l’enseignement. Pour le vice incurable, la peine de mort est un bienfait. Le vice porte avec lui le malheur, comme conséquence nécessaire, en cette vie et au delà de cette vie. Car l’âme raisonnable survit au corps avec sa personnalité et avec le souvenir du passé : séparée du corps, elle est quelque temps heureuse ou malheureuse, suivant la destinée qu’elle s’est faite à ellemême. Puis, à moins qu elle n’ait obtenu une félicité sans fin par une vertu transcendante, ou quelle ne se soit préparé des tourments sans fin par des crimes affreux, la Providence lui ménage une nouvelle épreuve de la vie corporelle, sans souvenir de son existence antérieure. Ainsi Platon admet la métempsycose , mais seulement entre hommes : ce n’est pas sérieusement qu’il parle du passage des âmes humaines dans des corps d’animaux. Il donne à la morale un but sublime et une sanction , mais sans libre arbitre.
Sa politique se propose l’organisation de la société en vue du bien, c’est-à-dire en vue de l’élévation du plus grand nombre possible d’hommes à la science et à la vertu. Elle se fonde sur le dévouement absolu de tous à l’Etat; elle prépare tous les citoyens à ce dévouement par l’éducation, et, pour obtenir l’unité absolue et la perfection idéale de l’Etat, elle s’efiorce de comprimer les sentiments les plus naturels de l’âme. Platon ne s’aperçoit pas qu’il méconnaît ainsi des devoirs sacrés. Dans la République, il ne respecte ni la liberté individuelle, ni la famille, ni la propriété. Dans les Lois, œuvre de sa vieiL lesse, il sacrifie quelque chose de ses principes absolus à ce qu’il considère comme les faiblesses de la nature humaine. On est heureux d’y trouver flétris des vices que, dans d’autres dialogues, Platon avait traités avec une étrange indulgence. — L’esthétique de Platon , ses théories sur le beau , sur les arts, sur la poésie, sont admirables, malgré la proscription politique qu’il prononce à regret dans sa République contre les fables de l’épopée. Ses vues élevées sur l’éloquence sont comme le programma de la Rhétorique d’Aristote. — Quant à la cosmologie, il en fait une science conjecturale, et il croit qu’elle ne peut être rien de plus. En astronomie, son système est , en général , celui de Pythagore ; c’est-à-dire qu’il admet l’immobilité absolue de la Terre au centre du monde, la révolution diurne du ciel entier d’orient en occident, et les
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révolutions circulaires de la lune , du soleil , et des cinq planètes, d’occident en orient, autour de la Terre. Ce système se trouve encore expressément dans le Timée, malgré un mot obscur où on a voulu voir, mais à tort , la rotation de la Terre. Pourtant Théophraste affirmait que, dans sa vieillesse, Platon avait tiré la Terre du centre du inonde. En effet, un passage des Lois (vu) indique énigmatiquement un système qui paraît n’être autre que celui de Copernic, et auquel Platon avait été conduit en tentant d’expliquer, par des mouvements circulaires tous concentriques et uniformes, les anomalies apparentes des mouvements planétaires; il avait vu sans doute qu’il n’y pouvait réussir qu’en faisant tourner la Terre et toutes les planètes autour du soleil immobile. Quant aux causes qui produisent ces mouvements, c’étaient , suivant lui , des âmes intelligentes. Dans le monde sublunaire, il donne au principe de la nécessité une part beaucoup plus grande : il explique hypothétiquement, par la théorie géométrique des corpuscules de terre, d’eau, d’air, et de feu, et par la mécanique, tous les phénomènes chimiques, physiques, et météorologiques, et la plupart des phénomènes physiologiques de la vie. Ces explications téméraires à priori présentent , à côté de beaucoup d'erreurs , quelques conjectures heureuses. Par exemple, il faut remarquer la théorie mathématique des sons, empruntée aux pythagoriciens. En outre, à leur exemple, par ses leçons plus encore que par ses écrits, Platon avait imprimé aux mathématiques pures la plus heureuse impulsion. Il faut lui pardonner d’avoir aussi, à leur exemple, introduit les nombres dans certaines spéculations où ils jouent un rôle arbitraire, et d’avoir souvent enveloppé sa pensée dans des mythes ingénieux.
Platon est, avec sa prose admirable, un des plus grands poètes de la Grèce. Rien n’est comparable à la grâce, à l’élégance, à la sublimité de son style; Pascal même n’a pas égalé l’habileté, la finesse, l’ironie et l’éloquence de ses meilleurs dialogues. Sa philosophie est, malgré ses écarts, l’aspiration la plus élevée de la pensée humaine avant le christianisme.— L’ancienne Académie altéra sa doctrine, et la défendit faiblement contre le Péripatétisme ; la moyenne et la nouvelle Académie la firent dégénérer en un scepticisme étroit et inconséquent. Le Néoplatonisme la transforma en une doctrine puissante, mais profondément erronée, et qui touchait de près au délire. Quelques Pères de l’Eglise comprirent mieux le Platonisme , tandis que quelques hérésiarques extravagants le déconsidérèrent en affectant de s’en inspirer. C'e fut par ces sources mêlées que la tradition platonicienne traversa le moyen âge. La Renaissance remit en honneur le Néoplatonisme, plutôt que la doctrine de Platon. L’école cartésienne s’inspira de cette doctrine, sans lui rendre suffisamment justice. L’école sensualiste la décria. Elle a été mieux comprise et mieux appréciée de nos jours par l’école spiritualiste.
Les meilleures éditions du texte grec des œuvres de Platon sont : 1® celle de MM. Baiter, Orelli et Winckelmann, Zurich, 1838, 1 vol. in-4°, comprenant le texte avec variantes, le Lexique, platonique de Timée le Sophiste, complété par des extraits d’autres lexiques anciens, le recueil des scolies, un index des auteurs cités par Platon , un index des noms propres, y compris ceux des personnages auxquels Platon a fait allusion sans les nommer, et un index des manuscrits; 2® celle qui a paru dans la Bibliothèque des auteurs grecs de MM. Didot, par les soins de M. Schneider et Hirschig. La meilleure édition complète, avec commentaires et arguments, est celle de M. Stallbaum, Gotha, 1833 et suiv., 10 vol. in-8®. Une traduction française des œuvres complètes de Platon a été publiée par M. V. Cousin , qui a mis des arguments en tête d’une partie seulement des Dialogues, Paris, 1821-1850, 13 vol. in-8®. Sur la biographie de Platon , outre Diogène Laërce et Suidas, il faut consulter les Lettres attribuées à Platon , deux Vies de ce philosophe , l’une par Otympiodore et l’autre par un anonyme ; Apulée, de Dogmate Platonis, et le commencement du commentaire de Procius sur le Timée. V. aussi Combes-Dounous, Essai historique sur Platon , Paris, 1809, 2 vol. in-12; Ast, Vie et écrits de Platon, en allem., Leipzig, 1816, in-8®; Socher, Sur les écrits de Platon, en allem., Munich, 1820, in-8°; Hermann , Histoire et système de la philosophie platonicienne, en allem., Heidelberg-, 1839, in-8°; et Schleiermacher, dans sa trad. allem. des œuvres de Platon. Sur les personnages des dialogues de Platon , V. Grœn van Prinsterer, Prosopographia platonica, Leyde, 1823, in-8®. Sur la doctrine platonicienne, outre Diogène Laërce, V. Apulée, de Dogmate Platonis; Albinus, Introduction aux dialogues de Platon; Alcinoüs, Introduction ù la doctrine platonicienne, et les commentateurs anciens de
divers dialogues, Olympiodore, Procius, Chalcidius, etc. II fautconsulteraussi les historiens modernes de la philosophie ancienne, surtout Brandis, Manuel de l’histoire de la philosophie grecque et romaine, en allem., t. Ier, Berlin, 1844, in-8® ; les arguments de M. V. Cousin, de Stallbaum , de Schleiermacher; Tiedemann, Platonis dialogorum argumenta, Biponti, 1786, in-8°; Tennemann, Système de la philosophie platonicienne, en allem., Leipzig, 1792-1795,4 vol. in-8®; Van’ Heusde, Initia philosophiæ platcmicæ, Utrecht, 1827- 1837, 3 vol. in-8®; Zeller, Etudes platoniciennes , en allem., Stuttgard , 1839, in-8®; Th. Henri Martin, Etudes sur le Timée de Platon , Paris, 1841 , 2 vol. in-8® ; le même, Opinion de Platon sur les dieux [Acad, des Sciences morales, savants étrangers, t. il ) ; Jules Simon , Etudes sur la théodicée de Platon et d’Aristote, Paris, 1840, in-8® ; Schürmann , De Deo Platonis, Munster, 1845, in-8®; Loriquet, An sit Platonis Deus creator, Paris, 1841, in-8®; Trendelenburg , Platonis de ideis et numeris doctrina ex Arislolele illustrata, Leipzig, 1826, in-8»; Jacques, de Platonica idearum doctrina, Paris, 1837, in-8"; Ruge , Exposition de l’esthétique platonique, Halle, 1832, in-8°; E. Burnouf, des Principes de l'art d’après la méthode et les doctrines de Platon, Paris, 1850, in-8°; Bœckh, De Platonica systemale ccelestium globorum, part. 1 et 2, Heidelberg, 1810-1811, in-4°; le même, Sur la formation de l'âme dans le Timée de Platon, en allem., dans les Eludes hist., philol. et philos., de Daub et Creuzer, t. m , Francfort, 1805 , in-8®; le même, Platonis corporis mundani fabrica, etc., Heidelberg, 1809, in-4® ; Lichtenstœdt, Doctrines de Platon concernant les sciences naturelles et la médecine, Leipzig, 1826, in-8°; Nitzsch, De Platonis Phœdro, Kiel, 1833, in-8® ; Rigler, De Platonis Theœteto, Bonn, 1822, in-8°; F. Colin, Gorgias Platonis, Strasbourg, 1837, in-8®; Hatzfeld, de Parmenide Platonis, Paris, 1850, in-8®; Morgenstern, De Platonis republica, Halle, 1794, in-8®; de Geer, Diatribe in polilices plalonicœ principia , Utrecht, 1810, in-8°; Bénard, de Platonis Iiepublica, Paris, 1836, in-8°; Hatzfeld, De la politique dans ses rapports avec la morale, Essai sur la république de Platon, Paris, 1850, in-8® ; Janet, Essai sur la dialectique de Platon, Paris, 1848, in-8®; Berger, Rhetorica secundum Platonem, Paris, 1840, in-8® ; Hermann, De vesligiis inslilulorum veterum, imprimis atlicorum, per Platonis de legibus libros indagandis , Marburg, 1836, in-4® ; le même, De juris domestici et familiaris apud Platonem de legibus eu m veleris Grœciæ... institutis comparatio, Marburg, 1836, in-4® ; Baumgarten Crusius, De Philebo Platonis, Leipzig, 1819, in-4® ; Van Beek Calkœn, De Platonis Pliœdone, Utrecht, 1830, in-8®, etc. H. M.
PLATOW ou PLATOFF (Le comte) , hetman des Cosaques du Don, né vers 1765 dans la Russie méridionale, m. en 1818, entra très-jeune au service, fit les campagnes de 1806 et 1807 contre les Français, passa, après la paix de Tilsitt, à l’armée de Moldavie, et remporta plusieurs avantages sur les Turcs, 1809. 11 fut un des généraux que la Russie opposa à Napoléon Ier en 1812, essuya un échec près de Grodno, prit sa revanche en harcelant la grande armée dans la retraite de Moscou, figura à la bataille de Leipzig, 1813, et prit part aux invasions de 1814 et 1815 en France, laissant ses Cosaques se livrer au pillage. 11 était habile général de cavalerie, et sut donner de l’importance aux opérations des Cosaques. V. Smirnof, Vie de Platoff, Sl-Pétersbourg, 1822. Pl.
PLATTE (La), rivière des Etats-Unis, appelée aussi Nebraska, arrose le Territoire de ce nom, et se jette dans le Missouri, sur la frontière de l’État d’iowa, à Plattsmouth. V. Nebkasica.
PLATTEN, nom allemand du lac Balaton.
PLATTSBOURG, v. des Etats-Unis (New-York), sur le lac Champlain, à 256 kil. N. d’Albany; 6,400 hab. Ch-1. du comté de Clinton. Comm. actif. En 1814, 2,500 Américains s’y défendirent vaillamment contre 14,000 Anglais, et, peu après, la flotte de l’Union y battit celle de l’Angleterre.
PLAU (La). V. Lapleau.
plau, v. du Mecklembourg-Schwérin, à 35 kil. S. de Gustrow; 2,600 hab. Le lac de Plau, en allemand Plauer see, est un sinus de l’Eide qui a 37 kil. car.
PLAUEN, v. du royaume de Saxe, sur la rive g. de l’Elster-Blanc, à 35 kil. S.-O. de Zwickau; 16,166 hab. Gymnase , école normale primaire. Vieux château . dit Radschin. Fabr. de coton et de mousselines brodées. Riches mines de houille aux environs. C’est l’ancien ch.-l. du Voigtland. Patrie de Bættcher.
PLAUSTRUM, gros chariot plat, chez les anc. Romains, ou à coffre, à 2 ou 4 roues, pour transporter toutes sortes de fardeaux, tels que récoltes des champs, charpentes, pierres, armes et bagages militaires, etc. A la campagne,