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née pour le bien, se mêle atout ce qu’il écrit. La critique littéraire a chez lui quelque chose d’aimable et de familier: sans avoir, sur le beau, des opinions vraiment originales , ses doctrines dénotent un esprit curieux et juste, qui se tient loin de tout excès. Il a un rare talent pour charmer dans les matières les plus ardues. Les plus importants de ces traités sont : les Propos de table , en 9 li v. ; les Opinions des philosophes , en 5 livres ; les Questions platoniques; des Contradictions du stoïcisme; de V Education des enfants; sur la Démangeaison de parler; le Démon de Socrate; sur la Musique; sur la Manière d'entendre les poètes. Mais Plutarque doit surtout sa popularité aux Fies des hommes illustres grecs et romains, plus exactement aux Fies parallèles; c’est une suite de 44 biographies appariées par deux, celle d’un Grec et celle d'un Romain, et terminées par un résumé où l’auteur met en parallèle les deux personnages. Cette méthode sent un peu les thèses factices des rhéteurs, et ce n’est pas toujours bien naturellement et sans effort que Plutarque établit ses comparaisons ; l’histoire n’a point de ces symétries exactes, que l’imagination d’un écrivain crée le plus souvent entre les caractères et les destinées de deux hommes célèbres. Mais il faut passer quelque chose au patriotisme de Plutarque, qui trouvait une sorte de consolation à montrer que la Grèce, asservie aux Romains, avait produit des héros capables de balancer, sinon de surpasser, la gloire de ses vainqueurs. A part ces parallèles , son grand mérite est de peindre à nu l’âme de ses héros; il les suit partout, dans les places publiques, dans les camps, au sein de leurs familles: il ne se contente pas de montrer le capitaine, le conquérant, le politique, le magistrat, l’orateur, mais aussi le père, le mari, le maître, l’ami, en un mot, tout ce qui peut jeter quelque lumière sur le caractère. Bien qu’il y ait des erreurs de fait, surtout en ce qui concerne Rome et ses institutions, des interprétations erronées des auteurs latins, des faits importants souvent mis dans l’ombre, des contradictions manifestes , bien que la vérité soit quelquefois sacrifiée aux préoccupations morales et à l'efièt dramatique, on aimera toujours la lecture des Fies de Plutarque , à cause de la nature de son génie, du choix des sujets qu’il a traités, et surtout de l'éternel intérêt qui s’attache au souvenir des grands hommes. Les plus fameuses sont celles de Lycurgue et Huma; Alcibiade et Coriolan ; Alexandre et César; Dcmosihine et Cicéron. Outre les 44 Vies parallèles, il y a 5 autres Vies isolées. Plutarque montre un rare talent dans l’esprit général de ses compositions, l'éloquence des harangues, l’énergie des descriptions; mais sa diction se ressent de l'époque de décadence où il a vécu : il prend ses expressions dans tous les écrivains dont il emprunte les idées, sans songer à les fondre ni à en adoucir les tons; il abuse des termes abstraits , ce qui donne à son style quelque chose d’obscur. Ses comparaisons sont parfois recherchées, ses périodes longues et embarrassées, et le tour bien souvent sententieux. Aussi l’épithète de bonhomme, appliquée à Plutarque, ne lui convient-elle guère sous le rapport du style. Le texte grec trahit le rhéteur qui a professé à Rome : Plutarque est un homme de bonne foi; voilà toute sa bonhomie. Les principales éditions des Œuvres complètes sont celles d’H. Estienne , en grec et eu latin, Paris, 13 vol. in-8°; Reiske, grec-latin, Leipz., 1774-82, 12 vol. in-8°; Hutten, en grec, Tubingue, 1791— .1805. 14 vol. in-8°; Diibner et Dœhner, grec-latin, dans la Bibliothèque grecque do Didot, Paris, 1841-47, 4 vol. grand in-8°. Une édition séparée des Morales a été donnée par Wyttenbach, grec-latin, Oxford, 1795-1821, 7 vol. grand in -4°, avec un 8e vol. , 1830, contenant un Index grœcilatis. Les Fies séparées ont été publiées par Bryan, greclatin, Londres, 1729, 5 vol. grand in-4° ; par Coray, en grec, Paris, 1809-15, 6 vol. in-8°; par Scbœfer, en grec, Leipzig, 1812-18, et 1820-21, 9 vol. in-18. Amyotet Ricard ont traduit tout Plutarque en français , et c’est dans la traduction d’Amyot qu’il fait une illusion de naïveté. Les Fies ont été aussi traduites par l’abbé Tallemant, Bruxelles, 1667, 9 vol. in— 12; par Dacier, Paris, 1721-34, 9 vol. in-4°. Enfin M. A Iaxis Pierron a traduit les Vies, Paris, 1845,4 vol. in -12, et un choix des Morales, 2 vol. in 12. F. Heeren, de l'ontibus et autoritate vit. paraît . Plularchi, Gœttingue, 1814-18, 4 parties in-8° ; Schreiter, de Doctrina Plularchi théologien et morali , Leipzig, 1838, in-8° ; Nitzsch, de Plutarcho lheologo et pliilosopho, Kiel, 1849; Michelet, Examen des Vies des hommes illustres de Plutarque, Paris, 1819. F. B.
PLUTEUM , stylobate continu de la colonnade supérieure d’une basilique, chez les anc. Romains ; il avait environ 2 mètres de haut. — caisse de bois ou de marbre dans les entre - colonnements des portiques d’un péristyle,
dans la maison romaine, pour y cultiver des fleurs ; — par similitude, mur d appui autour d’une salle de bain, chez les anc. Romains, ou dans les entre-colonnements de la façade d’un temple. C. D — v.
PLUTEUS, machine de siège chez les anc. Romains, pour protéger l’approche des murailles; il y en avait deux sortes : un fixe, composé de claies dressées sur la crête d’un fossé de circumvallation , ou rangées comme pavesades sur la plate-forme d’une tour ambulante; l’autre mobile , ayant la forme d’un bâti de charpente demi-circulaire rempli d’un tissu d’osier, et monté sur trois roulettes . de manière que le soldat qui s’abritait derrière pouvait le pousser devant lui , le faire virer de droite et de gauche. La partie extérieure était couverte de peaux crues, ou de chiffons de laine pendants, pour amortir les traits de l’ennemi, et garantir des jets de feu. Le soldat élevait la tête par-dessus son Pluleus pour tirer sur les assiégés. C. D — y.
PLUTON , dieu des Enfers chez les Grecs et les Latins. Fils de Saturne et de Rhée , il échappa à la mort comme ses frères | F. Satdkne ), partagea le monde avec Jupiter et Neptune, devint roi des Enfers, et enleva, dans le vallon d'Enna en Sicile, la fille de Cérès, Proserpine, qui resta sa femme. 11 figure dans un petit nombre de mythes. Dans la guerre contre les Titans, il combat couvert d’un casque forgé par les Cyclopes et qui le rend invisible. Lorsque Pirithoüs et Thésée descendent aux Enfers pour lui ravir Proserpine, il tue Pirithoüs et garue Thésée prisonnier; sçlon d’autres, il les retient tous deux. Il lutte plusieurs fois contre Hercule, et toujours il est vaincu. Pluton est un dieu inflexible : parmi les épithètes qui le désignent, se trouvent celles d’ indomptable , de dieu qui ne rit pas. En Grèce, on l’honorait à Nysa, Coronée, Pylos, Olympie , Elis , où son temple s’ouvrait une fois l’an ; à Athènes, dans le sanctuaire des Furies; àTrézène , dans celui de Diane ; en Sicile, à Syracuse, près de la fontaine Cyané , où il avait enlevé Proserpine. En Italie , il avait aussi des temples à Rome, à Crotone, et sur le mont Soracte. Dans le Latium, on lui immola d’abord des victimes humaines : on y substitua plus tard des taureaux et des brebis. Les victimes étaient noires, sacrifiées la nuit, en nombre pair. Les prêtres, la tête nue, brûlaient de l’encens entre le.- cornes, et, tournant la tête de l’animal vers la terre , répandaient le sang dans une fosse préparée d’avance. Ce sacrifice s’appelait taurobole. Les chairs étaient réduites en cendre. Un corps spécial de victimaires, nommés Cullrarii, lui était consacré. Les criminels lui étaient dévoués, et pouvaient dès lors être mis à mort par tout citoyen. L’adiante, le narcisse, le cyprès, le buis, lui étaient consacrés. Les monuments anciens le représentent sévère, les cheveux tombant sur le front. P.
PLUTUS , dieu des richesses, fils de Jasion et de Cérès, comptait parmi les dieux infernaux, parce que les métaux précieux se tirent du sein de la terre. Il déclara un jour à Jnpiter qu’il ne voulait aller qu’avec les gens de bien; mais ce dieu le rendit aveugle : voilà pourquoi la fortune distribue aveuglément ses faveurs. On voyait à Athènes une statue de la Paix tenant Plutusdans son sein. On représente ordinairement Plutus sous les traits d’un vieillard, les yeux bandés, et tenant une bourse à la main.
PLUVIALIA , nom anc. de l’ile de Fer.
PLUVIGNER, ch.-l. de cant. (Morbihan) arr. et à 40 l<il. O.- N. -O. de Lorient; 1,253 hab.
PLUVINEL ( Antoine de ) , gentilhomme du Dauphiné , premier écuyer de Henri , duc d’Anjou (Henri 111) , le suivit en Pologne, et aida à sa fuite. Il devint , sous Henri IV, directeur des grandes écuries , gentilhomme de la chambre, sous-gouverneur du dauphin, ambassadeur en Hollande, et mourut en 1820. C’est lui qui fonda en France les écoles de manège, qu’on nomma Académies. Il a laissé : le Manège royal, V aris, 1623, in-fol., réimprimé sous le titre d'Instruelion du roi en l’exercice de monter à cheval , 1625, in-fol.
PLUVIOSE , 5e mois du calendrier de la lre République française. Il commençait tantôt le 20 janvier, et tantôt le 21 , et finissait le 18 février ou le 19. Son nom lui venait des pluies, plus fréquentes en ce mois que dans les autres, sous le climat de Paris.
PLYMOUTH , v. d’Angleterre (Devon) , au fond d’une baie , à 69 kil. S. -O. d Iïxeter, 346 O. -S. -O. de Londres, à l’embouchure de la Plym , par 50° 22’ 10” lat. N. et 6® 31’ 9” long. O. ; 62,823 hab. Port militaire , un des plus beaux de l’Europe ; ses chantiers de construction sont à Devonport , dont Plymouth n’est séparé que par l’estuaire de la Tamar et de la Plym. Il se compose des ports du 1 Sound , d’Hamoaze , de Catwater , de Suttonpool , et de Stonehouse , et est défendu par une citadelle sur le Hog ,
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