‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 349 sur 864 · POU — 2186 — - POU · texte numérisé non relu

POU — 2186 — - POU

POURBÜo ou Porbus (Pierre), peintre, né à Gouda (Hollande) en 1510 ou 1513, m. eu 1583, se fixa à Bruges. 11 exécutait aussi bien le portrait que l’histoire. Ce fut le dernier imitateur de Hemling. Son chef-d’œuvre, représentant la Légende de S1 Hubert, ornait la cathédrale de Gouda ; les églises de Bruges renferment beaucoup de ses tableaux. Le musée du Louvre a de lui une résurrection du Christ. Pourbus était d’ailleurs un habile géomètre : chargé de lever le plan des environs de Bruges, il en fit ensuite, sur une grande toile, une sorte de panorama peint en détrempe : il y dessina les hameaux, le,s petites villes, les bois, les rivières, les dunes et les grèves de l’Océan ; cette immense carte existe encore à l’hôtel-de-ville. A. M.

pourbus (François), peintre, fils du précédent, né à Bruges en 1540, élève de Franz Floris, dont il épousa une nièce, fut reçu à l’Académie d’Anvers en 1564. Il peignait l’histoire et le portrait d’une manière agréable. On a de lui une Descente du St Esprit, dans l’église St-Martin à Courtrai, qui mérite les plus grands éloges. Il manque, en général, d'inspiration; mais sa couleur est belle, son dessin libre et facile. Il peignait aussi très-bien les animaux. A. M.

pourbus (François), le Jeune, fils du précédent, né à Anvers en 1570, m. à Paris en 1622, après avoir longtemps voyagé, s’établit eu France, où il travailla pour la cour et les grands seigneurs. Son pinceau a reproduit les traits d'une foule d’hommes célèbres. Henri IV aimait à poser devant lui. Dans ses portraits, la couleur est fine et vraie, et le dessin un peu timide. Ses tableaux de piété ont un caractère sombre et austère. Le Louvre renferme six tableaux de lui; le musée d’Amsterdam en possède deux. A. M.

POURÇAIN (SAINT-), ch.-l. de cant. (Allier), arr. et

à 32 kil. N. de Gannat , sur la Sioule ; 3,350 hab. Petite

ville régulière , agréablement située ; elle se forma au VIe siècle, autour d’un monastère dont il ne reste que l’église, dans l’intérieur de laquelle se trouve un Ecce homo, morceau remarquable de sculpture antérieur au xve siècle. Elle était fortifiée, et fut réunie à la couronne par Philippe-Auguste. Vins blancs estimés ; chaux; moulins à farine, tanneries.

POURCHOT (Edme) , né en 1651 à Poilly, près d’Auxerre, m. en 1734, professeur de philosophie aux collèges des Grassins et Mazarin à Paris, 7 fois recteur et syndic de l'Université pendant 40 ans, a laissé des Instilutiones philosophicæ , 4e édit., 1734, in-4°, ou 4 vol. in-12, ouvrage rédigé d’après les idées cartésiennes et qui eut du succès.

POURI , v. de l’Inde. V. Djaguernat.

POUROUS ou PURUS, riv. de l’Amérique du S., sort des Andes du Pérou , entre dans le Brésil , et se jette dans l’Amazone ; cours de 800 kil.

POURPOINT, anc. vêtement des hommes, en France; il couvrait la partie supérieure du corps, depuis le cou jusqu'à la ceinture.

POURPRE des anciens. Il y en avait deux sortes : l’améthyste et la tyrienne. L’améthyste était foncée, tirant sur le violet : on l’extrayait du murex trunculus, mollusque à coquille; la tyrienne était claire rutilante, et le murex 'brandaris ou le buccinum la produisait. Le murex est commun dans la Méditerranée. Les Romains avaient fait de la pourpre l’insigne de l’autorité pour leurs grands magistrats et leurs prêtres, qui portaient une toge bordée d’une large bande de pourpre ( V. Toge prétexte ). Les enfants, jusqu’à l’âge de l’adolescence, portaient aussi une toge de ce genre. A la guerre, les consuls, proconsuls, préteurs ou propréteurs , s’habillaient avec un paludainentum ( V. ce mot) entièrement de pourpre. Ce vêtement devint ensuite l’insigne distinctif des empereurs, et, sous le Bas-Empire, il leur était exclusivement réservé. Dans l’intérieur de leurs maisons, les riches Romains faisaient un grand usage de la pourpre pour couvrir des coussins, pour servir de housses, de portières, et même de voiles d’atrium ; c’était une étoffe fort chère : la livre de liqueur pour teindre en pourpre tyrienne coûtait 1,000 deniers (776 fr.) du temps de Pline, et il y avait des étoffes de pourpre double, c.-à-d. teintes deux fois.Ontiraitd'Orientlesétoffes de pourpre; on en faisait aussi à Tarente; et les teinturiers d’Aquinum, dans le Latium, fabriquaient, pour les gens qui n’avaient pas le moyen de payer, une fausse pourpre qui imitait assez bien la véritable. C. D— y.

FOURRIÈRES, brg (Var),arr. et à 34 kil. N. -O. de Brignoles ; 1,800 hab. Il s’élève dans la plaine où Marins vainquit les Teutons (102av. J.-C.),et à laquelle les corps laissés sans sépulture firent donner le nom de Campi pulridi.

POURSUIVANT D’ARMES, aspirant à l’office de héraut d’armes. Il fallait sept années d’apprentissage.

POURTALÈS (Jacques-Louis de), célèbre négociant, né à Neuchâtel (Suisse) en 1722, m. en 1814, fonda, dès l’âge de 31 ans, dans sa ville natale, une maison de commerce qui étendit ses relations dans toutes les parties du monde, et lui acquit une opulence colossale, dont il fit le plus noble usage.

POURVOIRIE (Droit de), droit qu’avaient les officiers de la maison du roi de prendre tout ce qui était à leur convenance, chevaux, voitures, meubles, etc. Les Etats généraux de 1356 en demandèrent la suppression. Il continua cependant d’exister, et on le retrouve au xvme siècle sous le nom de réquisitions.

POU-SA , nom donné aux figures à gros ventre, faites en porcelaine de Chine , et qu’on appelle vulgairement des magots. Pou-sa est en Chine le dieu de la porcelaine, et la légende chinoise le présente comme martyr de son art. Un jour que le feu qui devait cuire ses poteries s’était ralenti et presque éteint, il vit son œuvre compromise, et se précipita dans le foyer, dont les flammes se ranimèrent aussitôt. On ne saurait assigner de date précise à ce personnage mythologique. Son origine doit se confondre avec celle de la porcelaine chinoise , qui fut inventée par Ivouen-Ou, sous l’empereur Hoang-ti, 2600 ans av. J.-C. Pou-sa naquit sans doute à Iving-te-tching , dans le Kiang-si, bourgade où parait être concentrée toute la fabrication de la porcelaine chinoise, et dans laquelle le P. d'Entrecolles a compté plus de 3,000 fours. G — R.

POUSCHKINE (Alexandre), poète russe, né à Sl-Pétersbourg en 1799, m. en 1837, remplit quelques emplois administratifs, fut protégé par les empereurs Alexandre Ier et Nicolas Ier, et mourut des suites d'un duel , en laissant la rép tation d’un grand poète. Sa manière est tour à tour une inspiration de Byron, d’André Chénier, et île Parny, mais ses ouvrages sont nationaux par le sujet. Les principaux sont ; Houstan et Ludmila, poème romantique en 6 chants, Sl-Pétersbourg, 1820, in-12; le Prisonnier du Caucase, 1822; les Brigands, les Bohémiens, 1827, poèmes; et Boris Godounoff, 1831 , tragédie en prose et en vers, qui assigne à Pouschkinc une lre place parmi les poètes dramatiques russes. On a de lui aussi des Nouvelles ( l’Ouragan, le Maître de poste, le Fabricant de cercueils ) , et une histoire de la Récolte de Pougatchef. Son style est remarquable par la force, la grâce et l'harmonie. On a publié ses OEuvres à Sl-Pétersbourg, 1837; un Choix en a été traduit en français, par Dupont, Paris, 1846, 2 vol. in-8°.

POUSSIN (Nicolas), grand peintre français, né à Villers, vge près du Grand-Andelys, en juin 1594, m. le 19 novembre 1665. Sou père et son grand-père avaient été notaires à Soissons. Il eut pour premier maître Quentin Varins, d’Amiens, et, en 1612, sans le consentement de sou père, qui le destinait aux lettres, il vint à Paris pour y étudier la peinture; pendant 11 années, il y vécut pauvre et obscur, travaillant d’abord sous Ferdinand Elle de Maliues, puis sous Lallemand, et fut initié aux merveilles de l’art par une collection de gravures d'après Raphaël. Duchesne l’employa à décorer le Luxembourg avec Philippe de Champagne. En relation avec le cavalier Marini ( V. ce nom ) , il refusa en 1622 de l’accompagner à Rome , retenu par un concours ouvert chez les Jésuites pour la peinture des miracles de leurs fondateurs , et par l’obligation de terminer pour Notre-Dame de Paris une Mort de la Vierge commandée par la corporation des orfèvres; mais il l’y rejoignit en 1624. Présenté au cardinal Barberini, qui quitta bientôt Rome, il resta longtemps pauvre, vivant avec le sculpteur Du Quesnoi , vendant ses ouvrages à vil prix, mais s’occupant avec passion de modeler d’après l’antique, plutôt que de peindre d’après nature ou de copier les tableaux des grands maîtres. Toutefois , il contemplait assidûment leurs œuvres, celles surtout de Raphaël, du Titien, et du Dominiquin, étudiait l’anatomie, la perspective, les ouvrages de Durer, Alberti , Vinci sur la peinture; il se nourrissait de la Bible, des historiens et des poètes. Vers 1627 , il connut le chevalier del Pozzo , dont l’amitié tint une grande place dans sa vie, et fut de nouveau présenté à Barberini , qui lui commanda la Mort de Germanicus (auj. au Palais Barberini). Blessé, à titre de Français, par des soldats des Légations , plus tard gravement malade de fatigues , 1628 , il fut sauvé par les soins du Français Dughetet de sa fille Anna-Maria, qu'il épousa en 1629. Il s'établit sur le Monte-Pincio , près de Salvator Rosa et du Lorrain , et commença cette suite de chefsd'œuvre qui l’ont placé à la tête de 1 Ecole française : la Peste des Philistins (au Louvre), les deux Bacchanales (à Londres), le Repos dans le désert, la Mort de Germanicus

POU

POU

IP

(Palais Barberini), la Prise de Jérusalem (musée de Vienne), I le Frappement du rocher, la Première suite des sacrements (en Angleterre) , la Manne (au Louvre) , l' Enlèvement des Sabines (idem), V Image de la vie humaine. Toutefois, sa réputation fut lente à s’établir; on le regardait plutôt comme un penseur que comme un peintre. Enfin , comparé par les Italiens eux-mêmes fi Raphaël , il fut vivement désiré en France. Dès 1637 , Richelieu le rappela à Paris: il refusa longtemps, malgré sa nomination de peintre ordinaire du roi , et une lettre pressante de Louis XIII. Il fallut que M. de Chantelou allât lui-même le chercher à Rome. Attendu à Fontainebleau par un carrosse du roi , logé dans un pavillon du jardin des Tuileries avec une pension de 1,000 écus, il fut chargé de la décoration de la grande galerie du Louvre , et s’attira , à son insu , la haine de l’architecte Le Mercier, du peintre flamand Feuquière, et de Vouet, qu’il remplaça peut-être (mars 1641) dans la charge de premier peintre du roi , ou avec qui il la partagea à tout le moins. Obligé de faire des Mémoires pour défendre ses ouvrages contre l’envie, il se lassa de ces luttes, et obtint de retourner à Rome , sous prétexte d’en ramener sa femme. Bientôt la mort de Richelieu et celle de Louis XIII lui rendirent sa liberté. Il avait fait, à Paris, des frontispices, qui sont des chefs-d’œuvres, pour une Bible et pour un Virgile , des cartons pour la galerie du Louvre Iles Travaux d' Hercule), les tableaux de la Cène (au Louvre), du Miracle de St François -Xavier (idem) , du Baptême du Christ , enfin le Triomphe de la vérité ( au Louvre ).

Il avait de plus exercé une grande influence sur Lesueur, qu’il eût voulu emmener à Rome , et à qui il ne cessa d’envoyer des conseils et des dessins. Il emmena à Rome Lebrun , et influa beaucoup sur sa première manière. Il se remit au travail ; les critiques considèrent comme une deuxième manière celle de ses œuvres postérieures ; à l’exactitude , à la sévérité de son dessin , il ajouta le moelleux et la grâce; à l’étude de l’antique, le sentiment plus vif de la vie; aux sujets moraux, le cadre d’admirables paysages. Ce furent : le Ravissement de St Paul (en Angleterre: répétition au Louvre) , la Deuxième suite des sacre- •ments (en Angleterre), le Testament d'Eudamidas, 1645 (chef-d’œuvre air . perdu), le Massacre des Innocents , les Jeunes filles à la fontaine , les Aveugles de Jéricho (Louvre) , le Moïse sauvé , ie Moïse enfant , les Verges changées en serpents, la Femme adultère (Louvre), etc. Parmi les paysages, les plus célèbres sont: les Quatre Saisons du Louvre, 1660-64, c.-à-d. Adam et Eve (printemps) , Ruth et Booz (été), la Grappe de la terre promise (automne), le Déluge ( hiver) ; les huit grands paysages gravés en collection, parmi lesquels le Diogène du Louvre, 1648, la Mort de Phocion , Polyphème , la Campagne d’Athènes (Londres), le Jérémie de la galerie Sciarra , le Moïse sur les eaux , 1654, etc. Poussin, déjà atteint d’un tremblement douloureux, perdit successivement del Pozzo , 1657 , et sa femme, 1664 ; il languit pendant ses 8 dernières années , et mourut à Rome, âgé de 71 ans, et dans les sentiments d’une sincère piété. Ses qualités sont surtout la belle ordonnance du sujet , l’art de la composition, l’élévation de la pensée empreinte dans la noblesse du style, la pureté du dessin, l’entente de la perspective aérienne et du clair-obscur. Des toiles mal préparées expliquent les changements désastreux survenus dans la couleur de quelques-uns de ses tableaux. Dans plusieurs, l’imitation trop prononcée de la statuaire ou la recherche de l’énergie a nui à la beauté idéale ; cette beauté manque à ses madones ; on peut aussi lui reprocher quelque monotonie dans les attitudes et les expressions; mais s’il répéta souvent les mêmes sujets, il en modifia toujours la composition, incapable de copier, et justifiant 1e mot de Marini, qu’il avait « une furie du diable. ». La profondeur unie à la plus vive imagination, une grande exactitude historique et morale, l’ont fait surnommer, ajuste titre , le philosophe de la peinture , le peintre de la raison et des gens d'esprit : il fait penser. Dans le paysage , il est resté sans rivaux. Sa fécondité fut remarquable : John Smith a compté 342 œuvres, ainsi décomposées : 3 portraits du maître; 40 sujetsde l’Ancien Testament, 110 du Nouveau; fi sacrés; 92 de la mythologie ; 11 allégories; 20 sujets de l’histoire ancienne; 6 de l’histoire romaiue; 5 de fantaisie; 47 paysages. Le musée du Louvre renferme 39 tableaux , dont les plus importants, outre ceux cités plus haut, sont le Triomphe de Flore , les Bergers d'Arcadie; le musée de Toulouse en possède 9 , entre autres une répétition des Sacrements ; celui de Montpellier, 15 ; Londres, 8 ; Berlin, 4 ; Munich , 15; Dresde, 8 ; Madrid, 21, en tête desquels est l’admirable Départ pour la chasse au sanglier de Culydon ; les galeries particulières des lords du amateurs anglais, 30, dont les Sept Sacrements chez lord Bridgewatter, qui les a

payés 1,225,000 fr. ; S*-Pétersbourg , 23. La Normandie, dont les 2 grands musées (Caen et Rouen) ne possèdent aucune de ses œuvres , lui a élevé une statue, inaugurée aux Andelys le 10 juin 1851. La Correspondance du Poussin a été publiée à Paris en 1824, in-8°; elle est, en général, diffuse, écrite d’une manière commune, et peu intéressante, sauf quelques détails sur ses propres travaux. On lui attribue, à tort, un Traité sur la perspective. — Poussin était un esprit méditatif et contemplateur. Il causait avec beaucoup d’agrément et de netteté sur la philosophie et l’histoire. Sa conversation, pleine de tact, avait une certaine gravité mêlée d’enjouement. Il étaitd un caractère doux, indulgent, désintéressé, aimait l’art pour l’art même , et ne profita pas de ses grands talents pour aller à la fortune : toute sa succession se monta à 15,000 écus romains (75,000 fr. environ). Jamais il ne fixa d’avance le prix d’un tableau ; quand il l’avait terminé, il écrivait derrière la valeur qu’il y mettait , toujours très-modérée, et jamais il n’acceptait rien de plus , quelqu’instance qu’on pût lui faire. Les Italiens réclamant Poussin comme un des leurs, à cause du long séjour qu’il fit en Italie, Séroux d’Agincourt fit placer son buste dans le Panthéon de Rome, avec cette inscription : Nie. Poussin, pirtori Gallo. Poussin fut enterré dans l’église S^Laurent-in-Lucina^ù aucun monument ne rappelait son souvenir ; Chateaubriand , ambassadeur à Rome en 1828 . fit ériger, à ses frais, un mausolée sur cette glorieuse tombe jusqu’alors muette, et, en 1851, on lui a élevé une statue de bronze, par M. Brian, sur la place du marché du GrandvAndely. V. Maria Graham, Mémoires sur la vie du Poussin, trad. de l’anglais, Paris, 1821, in-8°; Camhry, Essai sur la vie et les tableaux du Poussin, Paris, 1783; Gault de Sl-Germain , Vie du Poussin, 1806; Bouchitté, Le Poussin, sa vie et son œuvre, Paris, 1858, in-8°; John Smith, Catalogue raisonné des ouvrages, etc., 1837 ; P. Clément, N. Poussin (Revue des Deux Mondes, 15 fév. 1850). L’Œuvre complet de Poussin a été gravé en taille-douce par Massard, 1804, in-80, et au trait par Landon, 1811, 2 vol. gr. in-4“. A. C.

poussin (le Gnaspre). V. Dugsiet.

POUSS1NES 'Pierre), en latin Possinus, Jésuite, né en 1609 près de Narbonne, m. en 1686, fut appelé à Rome en 1654 pour y continuer l’ Histoire de la Société de Jésus, et occupa la chaire d’Ecriture sainte au Collège romain. On lui doit la traduction latine de quelques historiens byzantins, des Vies de saints dans le recueil des Bollamlistes, un Thésaurus ascelicus, Paris, 1684, etc.

POUTEAU (Claude), chirurgien, né à Lyon en 1725, m, en 1775, devint chirurgien-major de l’Hûtel-Dieu de Lyon en 1744, puis membre de l’Académie de Lyon. L’opération de la taille, la réduction des luxations, lui doivent des améliorations. Grand partisan de la cautérisation par le feu, il en recommande l’usage dans la pourriture d’hôpital. Ou a de lui : OEuvres posthumes , Paris, 1783, 3 vol. iu-8° contenant ses Mélangés de chirurgie ■ la Taille au niveau, Paris, 1763, in-8°. D — G.

POUT1VL, v. de la Russie d’Europe, gouvernement et à 190 kil. de Koursk, sur la Sem; 9,000 hab.

POUTRA , signifie fils, en sanscrit: BrahmapouTRA , fils de Braluna.

POUTROYE (La), eh.-l. de cant. (Haut-Rhin), arr. et à 22 kil. N.-ü. de Colmar; 734 hab. Calicots , toiles, teintureries.

POUY ou POY, vge (Landes) , arr. et à 7 lcil. N.-E. de Dax, près de la rive droite del’Adour. Patrie de S1 Vincent de Paul.

POUYASTRUC , ch.-l. de cant. (Hautes-Pyrénées), arr. et à 10 kil. N.-E. de Tarbes; 653 hab.

POUZAUGES-LA-V1LLE , ch.-l. de cant. (Vendée), arr. et à 36 kil. N. de Fontenay -le- Comte , près d’une belle forêt; 1,270 hab. Eglise protestante. Aux environs, ruines d’un château féodal. Teintureries, tanneries. A 1 kil. au S. est Pouzaugcs le-Vicux; 1,200 hab.

POLIZZOLES, anc. Puteoli et Dicœarchia, en italien Pozzuoli, v. du royaume d’Italie, prov. et â 1 1 kil. O. de Naples, port sur la côte orientale de la baie de Pouzzoles, à l’entrée N. du golfe de Naples; par 403 49' lat. N., et IV1 47' long. E.; 12,801 hab. Evêché. Fondée par les habitants de Cumes, en 522 av. J.-C , cette ville devint colonie romaine, puis municipe; sa position charmante, la douceur de son climat, et des bains d’eaux thermales en 6rent l’un des séjours de plaisance des Romains; elle était alors grande, florissante, et très-commerçante. Mais les tremblements de terre, les éruptions de volcans, les invasions des Goths , des Vandales , des Normands et des Turcs, l'ont ruinée. Elle possède de magnifiques ruines antiques : celles du môle , en arcades , vulgairement dit Pont

POZ

PR A

de Caligula , qui avait 16 piles, dont 14 sont encore apparentes auj.; un très-beau temple de Sérapis ; un amphithéâtre ; une immense piscine voûtée, dite le Labyrinthe, etc.; enfin, auprès de la ville, les ruines informes de la villa que Cicéron appelait son Académie. ( V. Puteoli.)

POWEL (Edouard), prêtre anglais, fut chargé par Henri VIII d'écrire contre Luther, et publia un ouvrage intitulé : Proi>ugnaculum summi sacerdotii evangelici ac septenarii sacramenlorum numeri , Lond. , 1523 , in-B°. Mais il écrivit plus tard en faveur de la reine Catherine d’Aragon et de la suprématie du siège de Rome ; le roi le fit pendre et écarteler, en 1540.

POWELL (Iles). V. Orcades australes.

POWIS (Principauté de). V. Montgomery.

POWNALL (Thomas), né à Lincoln en 1722, m. en 180.5, fut nommé en 1745 secrétaire de la commission poulie commerce et les colonies britanniques , passa ensuite en Amérique, y devint gouverneur du Massachusetts en 1757 et du New-Jersey en 1759, capitaine-général et viceamiral de la Caroline du S. en 1760, fut rappelé en Angleterre l'année suivante, reçut l’emploi de payeur-général de l’armée, et, étant entré au Parlement, combattit les mesures qui amenèrent la guerre avec les colonies d’Amérique. On a de lui : Administration des colonies anglaises , 5e édit., Londres, 1774,2 vol. in-8° ; Description topographique des Etats du centre de l’Amérique anglaise, 1776, in-fol.; Notices et descriptions des antiquités de la province romaine de la Gaule , 1787, in-4°, etc., ouvrage curieux et intéressant.

FOY. V. Pouy.

POYAS (Monts). V. Ourals.

POYET (Guillaume), né à S'-Remi-la-Varenne (Maine-et- Loire) vers 1474, m. en 1548, avocat renommé, fut choisi par Louise de Savoie, mère de François 1er, pour soutenir le procès qu’elle avait intenté au connétable de Bourbon. Avocat général en 1531, président à mortier en 1534, chancelier de France en 1538, il montra un dévouement servile à la cour, et prit Duprat pour modèle. Dans l’espoir d’obtenir le chapeau de cardinal, il se fit l'instrument de la haine du connétable de Montmorency contre l’amiral Chabot. Accusé à son tour de malversation, il fut mis à la Bastille en 1542; un arrêt du parlement, en 1545, le priva de ses dignités, le déclara inhabile à exercer aucune charge, et le condamna à une amende de 100,030 livres. B.

poyet (Bernard), architecte, né à Dijon en 1742, m. en 1824, élève de De Wailly, fit le voyage de Rome comme pensionnaire du gouvernement, devint à son retour architecte du duc d’Orléans, de la ville de Paris, de l'archevêché, de l’Université, et du corps législatif, membre du conseil des bâtiments civils, et de l’Académie d’architecture, eut un talent distingué, mais tomba dans la bizarrerie en voulant paraître original. Il a élevé la façade du Corps-Législatif, du côté dupont delà Concorde, etcomposé un grand nombre de projets avec Mémoires à l’appui : Mémoire sur la nécessité de transférer et de reconstruire ï llôtel- Dieu de Paris, 1785, in-4°; Projet d’un monument à élever à la gloire de Napoléon 7er, 1806; Mémoire sur le projet d'un édificeà construire aucentre dugrandcarré des Champs-Elysées, 1 H 1 6, in-4°, etc. B.

POZNAN, nom polonais de Posen.

POZZO ( Cassien Del), né à Turin vers 1590, m. vers 1657, s’est rendu célèbre par une riche collection d’antiquités romaines, et par la protection qu’il accorda aux artistes, notamment au Poussin. Le détail de sa collection forme 23 vol. in-fol. Le P. de Bruyn en a publié le tableau synoptique, Florence, 1664, in-4°.

pozzo (André), peintre de paysages, d’histoire, de marines, de fruits et de fleurs , né à Trente en 1642 , m. en 1709 , entra dans l’ordre des Jésuites en 1665. Il peignait les plafonds des églises jusqu’à produire l’illusion de feintes coupoles. Les couleurs de ses tableaux sont devenues noires. 11 a publié un Traité de perspective, Rome, 1693- 1700, 2 vol.

pozzo m borgo (Charles-André, comte de), né en 1764 à Pozzo di Borgo, près d’Ajaccio, m. à Paris en 1842, étudia le droit chez un oncle, notaire à Ajaccio, se fit recevoir avocat à Pise, devint secrétaire intime de Paoli, membre du Directoire de la Corse en 1790, député à l’Assemblée législative en 1791, se déclara, à son retour, l’ennemi de la famille Bonaparte, et agit de concert avec Paoli pour livrer file aux Anglais. Il se fit la créature du vice-roi, lord Elliot, fut cause du rappel de Paoli à Londres, mais dut lui-même s’éloigner devant la haine de ses compatriotes. Il servit tour à tour, en qualité d'agent diplomatique secret, l’Angleterre, la Prusse, l'Autriche, et la Russie : au traité de Tilsitt, 1807, Napoléon I« ayant exigé

son expulsion, il dut se retirer à Constantinople. En 1813, l’empereur Alexandre Ier l’appela auprès de lui, et, après le rétablissement de Louis XVIII, le nomma ambassadeur à Paris. Pozzo di Borgo assista à tous les congrès de la Saintè-AUiance; en 1823, il fut envoyé en Espagne, pour surveiller l’armée française. En 1835, il passa à l’ambassade de Londres, et se retira des affaires en 1839. B.

POZZUOLI, nom italien de Pouzzoles.

PKACIIIN (Cercle de), anc. division administrative de la Bohême, entre ceux de Beraun au N., de Tabot- à l’E., de Budweiss au S.-E., la Bavière au S.- O., et le cercle de Klattau au N. -O.; 255,000 hab. Auj. compris dans le cercle de Pisek (V. ce mot). Sol montagneux, boisé, fertile, arrosé par la Moldau et la Wotawa. Grenat, pierres précieuses, sable aurifère. Industrie des draps, des toiles, des cotons, des glaces, du papier, et de la potasse.

PRACRIT, idiome de l’Inde, parlé dans le peuple lorsque le sanscrit était la langue des classes élevées.

PRADELLES, ch.-l. de cant. (Hte-Loire), arr. et à 35 ldi. S.duPuy, sur un rocher escarpé; 1,447 hah.Fabr. de fromages dits de Souques.

RRADES (L’abbé Jean-Martin de), néen 1720 àCastel- Sarrazin, m. en 1782, soutint en Sorbonne, en 1751, une thèse dont les propositions , contraires à la doctrine de l’Eglise, firent scandale, dut se réfugier en Hollande, où il publia une Apologie, 1752, in -12, puis se rendit à Berlin, où Voltaire lui fit obtenir la place de lecteur du roi de Prusse. Accusé, pendant la guerre de Sept-Ans, d’avoir été en correspondance avec un secrétaire du duc ae Brogjte, à qui il aurait rendu compte des mouvements de l'armée prussienne, il fut relégué à Glogau. A la fin de sa vie, il rétracta ses erreurs religieuses, et devint archidiacre du chapitre de Glogau. On a de lui un Abrégé de l'Histoire ecclésiastique de Fleury , dont la préface est de Frédéric H, Berne (Berlin), 1767, 2 vol. in-8°. B.

prades, s.-préf. (Pyrénées -Orientales), à 52 kil. O.- N.-O. de Perpignan, sur la Tet, dans une plaine fertile ; 2,877 hab. Trib. de lre instance, collège. Connn. de draps, lainages , chanvre , fers , vins , fruits et légumes. Belle église paroissiale, du xme siècle. Près de là sont les ruines de l’abbaye de S1- Martin de Cuia.

PRAD1ER (Jean- Jacques) , célèbre sculpteur, né à Genève en 1786, d'une famille de réfugiés français, m. en 1852, vint de bonne heure à Paris, entra dans l’atelier de Lernot, sur la recommandation de Denon, qui avait remarqué ses premiers essais, et reçut de Napoléon Ier une pension pour tout le temps de ses études. En 1813, il remporta le 1er grand prix de sculpture sur le sujet de Philoctète à Lemnos, et fit le voyage de Rome. A son retour, il ne tarda point à acquérir une grande popularité, obtint une médaille d’or à l’exposition de 1819, et entra à l’Institut en 1827. Son imagination fut féconde, son goût pur, son talent facile, plus gracieux qu’énergique ; il excella surtout à rendre la beauté féminine, et emprunta la plupart de ijgs sujets à la mythologie. Parmi ses œuvres, ou distingue : un Fils de Niobé, une Psyché (en marbre grec, provenant d’une colonne d’un temple de Vénus à Véies), et une Vénus, à 1a galerie du Luxembourg; Phidias, et Prométhée, aux Tuileries; les Trois Grâces, à Versailles; une Bacchante et un Centaure, au musée de Rouen; les bustes de Charles Bonnet, de Louis XVIII, et de Charles X; Phryné, la Poésie légère, Flore, le Printemps, la Toiletle d' Aidante, une Odalisque, et une Saplio, sa dernière composition. D’autres ouvrages lui furent commandés pour les monuments publics : St Pierre, à l'église Sl-Sulpice de Paris; Si André et St Augustin, à l'église Sl-Roeh; le duc de Berry mourant dans tes bras de la Beligion ; les villes de Lille et de Strasbourg, sur la place de la Concorde; V Industrie, au palais de la Bourse; la Liberté, à la Chambre des députés; un bas-relief à l’arc de triomphe du Carrousel ; les 4 Renommées colossales à l’arc de triomphe de l’Etoile; les deux Muses de la fontaine Molière; la belle fontaine de Nîmes; un buste de J.- J. Rousseau, à Genève.

PRADO, v. du Portugal (Minho), à 5 kil. N. -O. de Braga; 6,500 hab. Faïence; pêche.

prado, brg d’Espagne ( Nouv. -Castille), prov. et à 55 kil. S.-O. de Madrid ; 3,000 hab. Distilleries.

prado, promenade de Madrid ( V . ce mot).

PRADON, poète tragique, né à Rouen on ne sait à quelle époque , m. en 1698 , vint assez jeune à Paris. Il y fit jouer en 1674 sa première tragédie, Pirame et Tliisbé, qui obtint un grand succès, quoiqu’elle soit très-mauvaise. Il serait tombé dans un oubli complet, s’il ne fût devenu un moment, par le fait d’une intrigue, l’antagoniste heureux de Racine : le grand poète venait de donner sa Phèdre, 1677 ; une cabale, à la tête de laquelle étaient la duchesse de

Page 1