‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 366 sur 864 · SOUVERAINS DU BRANDEBOURG ET DE LA PRUSSE · texte numérisé non relu

SOUVERAINS DU BRANDEBOURG ET DE LA PRUSSE

Margraves de Brandebourg.

Fer

1® Maison d’Anhalt :

Albert l'Achille....

Albert l’Ours

Jean le Cicéron

Othon Ier

Joachim Ier le Nés-

Othon 11

tor

Jean Ier )

Joachim II /’ Hector.

Othon III Jcn com'

Jean-Georges

Othon IV

Joachim-Frédéric. .

Waldemar

Jean-Sigismond

2° Maison de Bavière ;

Georges-Guillaume.

Louis 1er

Frédéric-Guillaume,

Louis II (électeur

dit le Grand-Elec-

en 1356)

leur

Electeurs.

Frédéric III (comme

roi Frédéric Ier).

1® Maison de Bavière

Rois.

Louis II

Othon le Paresseux.

Frédéric 1er

2° Maison de Luxembourg:

Fréd. -Guillaume Ier

Sigismond

1 rédericll, ledrand.

3° Maison de Hohenzollern.

L réd. -Guillaume II.

Frédéric VI ( comme

1 réd.-GuillaumellI.

électeur Fréd. Ier)

4 réd. -Guillaume IV

Frédéric II, Dent de

Guillaume 1er

Prusse proprement dite, une des provinces du royaume de Prusse, bornée par la Poméranie à l’O . , le grand-duché dePosen et la Pologne russe au S., la Pologne russe et la Russieà l’E., la Baltique au N.; 6,467,220 ltect.; 3,089,677 liab. Divisée en 4 régences ( V. l'art, précédent). Capitale, Kœnigsberg. Sol peu fertile, sauf les parties basses de la Vistule. Beaucoup de marais, de lacs, et de forêts; de l’ambre sur les côtes ; navigation très-animée sur la Vistule, sur les canaux, et sur la Baltique; ports de commerce principaux : Kœnigsberg, Dantzick, Elbing. — La Prusse, dans les anciens temps, était habitée parles Guttones et les Estyens, peuplades agricoles. Plus tard, elle fit partie de l’empire des Goths, qui, au commencement du 111e siècle, quittèrent le pays pour se diriger vers le Sud. Les habitants de

la Prusse sont mentionnés au xe siècle sous les noms de Parusses, Prussiens, composés de Po (derrière) et de Russ, affluent de la Memel. L’évêque Adalbert de Prague, qui y était allé prêcher le christianisme, y fut assassiné, en 997 ; le bénédictin Bruno eut le même sort, 1008. En 1015, le duc de Pologne, Boleslas Chrobrv, dévasta la Prusse, força les habitants à se convertir, et leur imposa un tribut. Après le départ des Polonais, les Prussiens, sous Maslaw de Mazovie, se soulevèrent ; mais ils furent réduits par Casimir Ier. D’autres tentatives furent réprimées par Boleslas II et Wladislas Ier. En 1164, BoleslasIV fut attiré avec son armée dans les forêts, où les Prussiens les détruisirent. Casimir II, en commun avec les ducs de Sdésie, les attaqua de nouveau avec succès, 1192; mais, après sa mort, les Prussiens profitèrent des discordes intestines de la Pologne, pour imposer à leur tour un tribut aux Polonais. Une croisade organisée contre eux en Allemagne, en 1219, ne fut pas heureuse ; les chevaliers Porte-Glaive furent battus à leur tour, et les Prussiens, poursuivant leur victoire, dévastèrent même une partie de la Hongrie. Alors Conrad de Mazovie appela à son secours, 1230, les chevaliers Teutoniques de Palestine. Ceuxci finirent, après cinquante-trois ans de luttes, 1283, par conquérir la Prusse, dont la possession leur avait été garantie d’avance. La Prusse fut alors divisée en commanderies et prévôtés. Le siège du grand-maître fut établi à Marienbourg, 1309. Sous cette domination, le pays s’éleva bientôt à un haut degré de bien-être; des colons allemands cultivèrent le sol. Mais la décadence morale de l’Ordre eut pour conséquence le soulèvement des villes et de la noblesse, 1454, qui so mirent sous la protection du roi de Pologne ; ces luttes, 1454 à 1466, finirent par la paix de Tliorn, 1466, qui donna la Prusse occidentale etl’Ermland à la Pologne, et forma du reste un fief de cette même couronne. Afin de se délivrer du joug, l’Ordre nomma en 1511, le margrave Albert de Brandebourg pour grandmaître. Celui-ci, après avoir attendu en vain le secours de l’Empire, conclut, avec le roi Sigismond de Pologne, la paix de Cracovie, 1525, en vertu de laquelle il convertit, sur l’avis de Luther, la Prusse en duché séculier, qu’il garda comme fief de la Pologne. En 1522, Georges de Polentz, évêque de Samland, avait introduit en Prusse la Réformation ; Albert aussi embrassa, avec la plupart des chevaliers, la nouvelle religion, se maria avec une princesse danoise, et,* après la mort de celle-ci, avec Marie- Anne de Brunswick. Il protégea aussi les sciences, et fonda, en 1544, l’Université de Kœnigsberg. Son fils Albert-Frédéric, affecté plus tard d’aliénation mentale, reçut pour tuteur d’abord le margrave Georges-Frédéric de Brandebourg, puis, après la mort de celui-ci, 1603, l’électeur Joachim -Frédéric, et enfin l’électeur Jean -Sigismond, 1608. Ce dernier hérita de la Prusse après la mort d’Albert, 1618. Depuis ce temps, la Prusse est restée à la maison électorale de Brandebourg, d’abord comme fief polonais, plus tard comme possession indépendante ( V. l'art, précédent). E. S.

PRUSSE RHÉNANE. V. RHIN (Province du).

PKUTH, ane. Hierasus, Paras, riv. qui sort des Karpathes, en Galicie, au-dessus de Kolomea, qu’elle arrose; cours de 820 kil. , au S.-E., jusqu’au Danube, près de Galatz. Limite de la Russie et de la Moldavie de 1812 à 1856, où, par la paix de Paris, le bassin inférieur appartient à la Moldavie. C’est sur ses bords, près de Faltchi, que Pierre le Grand, en 1711, vit son armée tout à coup cernée par 150,000 Turcs, position critique dont il sortit par un traité que négocia sa femme Catherine : il renonçait a ses nouveaux établissements sur la inerd’Azov et la mer Noire.

PRUYM, v. de Prusse. V. Prüm.

PRYNNE (William), jurisconsulte anglais, né en 1600 à Svvanswick, près de Bath, m. en 1669, se jeta dans le parti puritain, et attaqua avec tant de violence le papisme et l’arminianisme, que la Chambre étoilée le condamna, en 1633, à une amende de 5,000 li v . , au pilori, à la perte des oreilles, et à la prison. De nouveaux pamphlets lui attirèrent une 2e condamnation : il fut marqué sur chaque joue des lettres S. L. (séditieux libelliste). Mis en liberté en 1640, il fut élu membre du Parlement; mais il prit bientôt la défense de Charles Ier, et fut jeté en prison, où il osa braver Cromwell. A la restauration des Stuarts, il devint gardien des archives de la 'J*our de Londres. On lui doit, entre autres écrits : Exact chronologiral vindicaticm, Londres, 1666-68, 3 vol. in-fob; Edits parlementaires, 4 vol. in-4°; Observations sur la 4e partie des Institules des lois anglaises pur Coke, in-fol.; une édition améliorée de l’Abrégé des archives de la Tour de Cotton, in-fol.

PRYTANÉE, palais où siégeaient les Prytanes dans les

PRZ

PSA

villes de l’anc. Grèce où ces magistrats étaient institués. I A Athènes, particulièrement, ils étaient entretenus aux frais de l'Etat pendant la durée de leur prytanie; c’était aussi dans le Prytanée que l’on recevait les ambassadeurs j étrangers, et que l’on accordait une retraite honorable pour le reste de leur vie aux citoyens qui avaient bien mérité de la République. On y conservait encore le feu sacré, confié à la garde de veuves appelées Prytanilides , et l’on y déposait des blés en réserve. — Le nom de Prytanée fut donné, sous la lre République française, au collège Louisle-Grand, à Paris, et, en 1803, à la maison de Sl-Cyr, parce qu'on y mettait des boursiers de l’Etat. On l’appliqueauj. au collège impérial militaire de La Flèche. C.P.

PR YT A NES , PRYTANIE. Le sénat d’Athènes, composé de 500 membres, choisis à raison de 50 dans chacune des 10 tribus, était chargé de la préparation des lois à porter devant le peuple, et aussi de l'administration suprême de l'Etat, conjointement avec les archontes. Mais le pouvoir exécutif demandant à être resserre en un plus petit nombre de mains, le sénat se divisait en 10 sections, et chacune,, composée de 50 membres appelés Prytanes, exerçait successivement ce pouvoir, et représentait le corps tout entier. Cet office, comme la durée des fonctions des Prytanes , était appelé Prytanie. Le sort désignait l’ordre dans lequel les 50 membres de chaque tribu devaient être Prytanes. L’année lunaire des Athéniens étant de 354 jours, la Prytanie des 4 premières tribus durait 36 jours; celle des 6 autres, 35. Lorsque le nombre des tribus fut porté à 12, en l’honneur d’Antigone et de Démétrius, son fils, la durée de chaque Prytanie fut fixée à nn mois. Le pouvoir étant encore trop divisé entre 50 membres, chaque Prytanie ou espace de 35 jours était partagée en 5 semaines, et les 50 Prytanes en 5 décuries, dont chacune était en exercice une semaine entière, pendant laquelle ses membres, formant alors véritablement le conseil exécutif de la République, étaient nommés Proèdres. Le sort désignait chaque jour un de ces 10 Proèdres pour exercer la présidence, et 3 Prytanes par décurie se trouvaient ainsi exclus de cet honneur. Le président des Proèdres , appelé Epistate, était ainsi , pendant un jour, le chef de la République, et avait la garde du sceau , des clefs de la citadelle, et du trésor public. Les Prytanes s’assemblaient tous les jours en un lieu appelé Prytanée , et, après y avoir offert un sacrifice, du succès duquel ils devaient rendre compte au peuple, ils prenaient les mesures que l’intérêt public exigeait immédiatement , puis assemblaient le sénat. L’Epistate ou un autre Proèdre exposait les questions à traiter, recevait les votes, et rédigeait le projet de loi à porter devant le peuple. C’étaient aussi les Prytanes, qui, an nom du sénat, convoquaient les assemblées extraordinaires. — On nommait encore Prytanes, dans différentes villes grecques , des magistrats chargés d’abord , après l’abolition de la royauté , des fonctions religieuses qu’avaient exercées les rois; mais, dans quelques autres Etats, ce nom désigna bientôt une autorité politique, et les Prytanes étaient, par exemple, à Rhodes ; et à Milet, les premiers magistrats de la cité. On trouve ! encore des Prytanes à Corinthe, Sparte, Corcyre, Eresos, Mitylène, Amorgos, Ténos, Astypalée, Cos, Lébédos, Téos, Smyrne, Phocée, Cyme, Iasos, Pergame, Cyzique, Crotone. C. P.

PRZASZNYSZ , v. de Pologne, gvt et à 130 kil. N.-E. de PlocU ; 3,500 hab.

PRZEDBORZ, v. de Pologne (gvt de Radom), à 45 kil. O.-S.-U. de Konstie, sur la Pilica; 3,000 hab.

PRZÉMYSL, roi de Bohême, fils d’un paysan bohémien, dut la royauté à un singulier hasard. Les Bohémiens, livrés à l’anarchie en 632, décidèrent qu’on lâcherait dans une plaine un cheval sans bride et sans frein , et qu’on reconnaîtrait pour monarque celui près duquel le cheval s’arrêterait. Przémysl cultivait son champ; l'animal va droit à lui ; il est proclamé roi , et la terre qu’il labourait est encore appelée le Champ du roi. 11 épousa la princesse Libussa, destinée à celui qui devait monter sur le trône, rendit de bonnes lois, fortifia Prague, et mourut en 676, laissant un fils qui lui succéda. Pl.

przémysl 1er, roi de Pologne, avait été orfèvre. Les Hongrois ayant fait une irruption en Pologne, 751, il sut les attirer dans une forêt, où il les défit. 11 régna jusqu’en 803.

przémysl il , d’abord duc de Posen , succéda en 1290 à Wladislas, son compétiteur au trône de Pologne après la mort de Leszek le Noir ; mais, l'année suivante, il fut chassé par Weuceslas de Bohême. 11 remonta sur le trône en 1295. Il acquit Cracovie, hérita de la Poméranie, et fut assassiné en 1296 à Rogozno (gr.- duché de Posen],

przémysl, v. des Etats autrichiens (Gallicie), à 100 kil. O. de Lemberg; 10,000 hab. Ch. -1. de cercle. Evêchés catholique et grec-uni; séminaire; gymnase. Nombreuses églises. Quincaillerie. — Le cercle de Przémysl, à l’O. de celui de Lemberg, a 3,890 kil. carr., 90 kil. S"r 35, et 239,547 hab.

PRZÉWORSK, v. des Etats autrichiens (Galicie), à 45 kil. E. de Rzeszow; 3,000 hab. Toiles.

PRZIBRAM, v. des Etats autrichiens (Bo'hême), sur la Littawka, à 50 kil. S. -O. de Prague; 4,000 hab. Riches mines de plomb argentifère ; usines royales pour la fonte du minerai et l’affinage de l’argent.

PSALMANAZAR (George), nom supposé d’un aventurier qui naquit en 1679 dans le midi de la France, et mourut à Londres en 1763. Après avoir fait de bonnes études, il exerça la profession de précepteur dans une famille riche; puis il la quitta, vécut dans l’oisiveté et le vagabondage, se fit mendiant, et se donna pour un indigène de l’ile Formose, dont il composa une fausse histoire avec un dictionnaire de la langue formosane; il fit aussi des poèmes épiques dans le même idiome, le tout pour aboutir à une conversion au christianisme, qui lui fut payée trèscher. Vers l'âge de trente -deux ans, il renonça à sa vie aventureuse, apprit l’hébreu, et vécut désormais en chrétien repentant. Il travailla beaucoup à Y Histoire universelle publiée en Angleterre, ouvrage considérable, dont il fit le succès en lui donnant une couleur orthodoxe. 11 mourut en emportant les regrets et l'estime de ceux qui le connaissaient, et laissa, en anglais, des Mémoires sur sa vie, qui furent publiés en 1764, in-8°.

PSALTERION, instrument de musique portatif, en bois , à cordes , et en forme de triangle tronqué. On le touchait avec un plectrum.

PSAMMËNIT, dernier roi de la 26e dynastie égyptienne, 526-525 av. J.-C., fils d’Amasis, fut battu par Cambyse, roi des Perses, sur la branche Pélusiaque du Nil, se réfugia dans Memphis, où il fut assiégé et pris, perdit son trône, et eut la douleur de voir son fils conduit au supplice, un mors à la bouche, et sa fille contrainte de porter de l'eau pour les soldats perses. Accusé plus tard d’avoir ourdi un complot pour soulever les Egyptiens, on lui fit boire du sang de taureau , et il en mourut. B.

PSA MMÉTIQUE ou PSAMMITIQUE ( Psammouthis en égyptien), roi d Egypte, de la 26e dynastie. A la mort de Séthos, les Egyptiens eurent douze rois, qui se partagèrent le pays; Psammétique était du nombre Ils offraient des sacrifices en commun dans le temple de Phtha, lorsque Psammétique, n’ayant pas de coupe d'or pour faire les libations, se servit de son casque : ses collègues, se rappelant qu'un oracle avait prédit que celui d’entre eux qui ferait des libations avec nn vase d’airain deviendrait seul roi de toute l'Egypte, le forcèrent à s’enfuir dans les marais voisins de la mer. L’oracle de Buto lui apprit alors • qu’il serait vengé par des hommes d’airain sortis de la mer ; peu de temps après, des pirates ioniens et cariens, revêtus d’armes d’airain, étant venus débarquer en Egypte, il les prit à son service, défit les onze rois, et resta seul maître du pouvoir. Son règne dura 39 ans, de 656 à 617 av. J.-C. 11 ouvrit aux étrangers les ports de l’Egypte, au lieu de mettre à mort, comme autrefois, ceux que la tempête jetait sur le rivage. Il établit ses Ioniens et ses Cariens près de Bubastis, leur donna les fonctions les plus élevées, et la place dans son armée au poste d'honneur, au point de mécontenter les guerriers indigènes, dont 240,000 se retirèrent en Ethiopie. Il forma avec de jeunes Egyptiens, dont il confia l’éducation à des Grecs, une clause d’interprètes, destinés à faciliter le commerce : il créa une marine, et, l’Egypte manquant de forêts, il s’attacha à conquérir la Phénicie et la Syrie, qui lui fourniraient les bois précieux du Liban : mais il fut arrêté pendant 29 ans, dit-on, au siège d’Azoth. Psammétique transporta la capitale à Sais. Il s’efforça de faire oublier ses innovations politiques, en flattant les idées nationales au point de vue religieux ; ainsi il fit achever à Memphis le temple de Phtha, et construire pour le bœuf Apis un édifice soutenu par des colosses de 12 coudées ( 6m,30 ) . Une partie des monuments de Karnak, sur les ruines de Thèbes, porte sou nom, ainsi que l’obélisque de Monte- Citorio, ù Rome. C. P.

PSAMMIS, roi d’Egypte, 601-595 av. J.-C., fils de Néchao, est appelé Psammutis dans Eusèbe, Il périt dans une expédition contre les Ethiopiens.

PSA PRIS, dème de l’Attique, dans l'Oropie; auj. Kalamo. Sur son territoire était l’oracle d’Amphiaraüs.

PSAPHON , Libyen qui obtint, après sa mort, les hon-

PSG

PTO

neurs divins. Selon Elien, il avait dressé des oiseaux à répéter ces mots : “ Psaphon est un grand dieu. «

PSA RI. V. IrsAUA.

PSAUMES (le Livre des), du mot grec psalmàs, polme chanté sur la harpe, contient 150 hymnes, dont 72 sont du roi David ; plusieurs sont attribués à Moïse. Parmi ces chants sacrés , il y en a de prophétiques, où le Messie est annoncé ; de dogmatiques, où Dieu et ses commandements sont célébrés; d’historiques, où se retrouvent les traditions du peuple hébreu. Dans tous, la profondeur et l’élévation des pensées le disputent au lyrisme et à la majesté du style. Plusieurs poètes, notamment Racine, J.- B. Rousseau, Lefranc de Pompignan , ont puisé dans les Psaumes hébreux de fréquentes inspirations. Ces Psaumes ont été traduits en vers français par Clément Marot, et par J. Gifford, 1841, 1 vol. in-12. V. Catien Arnould, le Livre des Psaumes, thèse, 1823,in-4°. L — h.

PSECES. V. Psèqijes.

PSELCIS ou PSELCHIS , v. d’Ethiopie, à peu de distance de Syène, appartenait à Candaee, avant l’invasion que cette princesse fit en Egypte sous le règne d’Auguste. Pétronius s’en empara, et les Romains paraissent l’avoir conservée jusqu’à la fin du iv® siècle, puisque, d’après la Notice de l'Empire, elle était défendue par une garnison de cavaliers germains. C’est auj. Dekkeh , sur la rive g. du Nil , avec de belles ruines égyptiennes, couvertes d’inscriptions hiéroglyphiques et grecques. C. P.

PSELLUS (Michel), écrivain byzantin du xi® siècle , né à Constantinople, d’une famille patricienne, m. vers 1079, fut créé sénateur par l’empereur Michel Stratio- ; tique , conserva son crédit à la cour sous Isaac C’omnène et Constantin Ducas, et fit l’éducation de Michel Parapinace, fils de ce dernier. Disgracié par Nicéphore Botoniate , il fut relégué dans un couvent , où il mourut. Il était également instruit dans la philosophie, la théologie, les mathématiques, la médecine, etc. On a de lui , entre autres ouvrages : Paraphrase sur le traité de l' Interprétation d'Aristote, en grec, Venise, 1563, in-fol., à la suite du commentaire d’Ammonius sur le même ouvrage ; Commentaires sur les 8 livres de V Acoustique d’Aristote, ibid. , 1554, in-fol., traduction latine par Comozi (le texte grec est encore inédit) ; des Propriétés des minéraux , grec-latin, Toulouse, 1615, et Leyde, 1745, in-8°; des Quatre sciences mathématiques (arithmétique, musique, géométrie, astronomie), avec version latine par G. Xylander, Bâle, 1556, in-8°; Dialogue sur l’opération des démons , grec-latin, Paris, 1615, in-8° ; une Clironographie, de 975 à 1059. Il écrivit aussi des poésies, publiées par M. Boissonade, 1838. On a quelquefois distingué deux Psellus. V. Allatius, de Psellis et eorum scriptis diatriba.

PSÉQUES ou PSÈCES , Psecce, esclaves coiffeuses chez les anciens Romains; elles parfumaient la tête de leurs maîtresses avec des parfums liquides. Pseca vient du grec psecas ou psacas , goutte, petite goutte.

P.8IL1TES, soldats grecs, fantassins légers, sans armes défensives, et ne se servant que du javelot, de l’arc et de la fronde.

PSILOlim (Mont). V. Ida.

PSIOL ou PsLA, rivière de la Russie d’Europe, naît dans le gvt de Koursk, traverse du N.-E. au S.-O.ceuxde Charkow et de Poltava, et se jette dans le Dniéper. Cours de 450 kil.

PSKOV ou PLESKOV, v. delà Russie d’Europe, ch.-l. du gvt de son nom, sur la Pskova et la Vélikaïa, à 330 kil. >.-S.-0. de S'-I’étersbourg, sur le chemin de fer de cette capitale à Varsovie, par 57° 49' 18" lat. N., et 25° 59' 27" long. E.; 17,140 hab. Evêché grec; cour criminelle et civile; gymnase, école théologique. Riches églises. La ville est bâtie en bois, et divisée en grande ville , ville du centre, et Kremlin. Export, de lin et graine de lin, suif, poisson; tanneries. — Pskov, fondée au xe siècle, forma, vers la fin du xne, une république rivale de celle de Novogorod; elle fit partie de la ligue banséatique aux xive et XVe siècles, et fut réunie à la Russie par Vasili IV, en 1509. — Le gvt de Pskov, entre ceux de S‘-Pétersbourg au N., de Novogorod au N.-E., de Smolensk et de Tver à l’E., de Vitebsk au S., et de Livonie à l’O., a 43,254 kil. carr., et 775,000 hab. 11 est divisé en 8 districts. Sol peu fertile, céréales et lin, peaux, grandes forêts.

PbOPHIS, v. du N. -O. de l’Arcadie, séparée de l’Achaïe par le mont Erymanthe, de l’Elide par le mont Lampeia, était une des plus fortes places du Pélopouèse. Alliée des Etoliens dans la guerre des Deux-Ligues, elle fut prise par Philippe, qui la donna en garde aux Achéens, 219. Ses ruines subsistent encore près du village actuel de Tripotamo, nome d’Elide-et-Achaïe, diocèse

ou éparehie de Cyllénie). — L’Acropole de la ville de Zacynthe , dans l’ile de ce nom, s’appelait aussi Psophis. C. P.

PSYCHÉ, jeune fille d’une si rare beauté, selon la Fable, que l’Amour même en fut épris et voulut l’épouser. Exposée, d’après l’ordre de l’oracle d’Apollon, sur une montagne où elle devait être la proie d’un monstre inconnu, elle fut enlevée par Zéphire, et transportée dans une magnifique demeure. L’Amour vint l’y visiter chaque nuit et dans l’ombre , lui recommandant de ne pas cnercher à le voir. Mais, emportée par la curiosité, elle alluma une lampe : une goutte d’huile tomba sur son amant qui dormait ; il se réveilla, et s’enfuit pour ne plus revenir. Psyché le redemanda à Vénus, qui la soumit à de rudes épreuves. Enfin l’Amour se crut assez vengé d’une indiscrétion coupable ; il obtint de Jupiter la permission d’épouser Psyché, qui fut mise au nombre des déesses. Cette allégorie, contée par Apulée et La Fontaine, semble indiquer que l’amour vit de mystère et d’illusion. Psyché vient de 'i'r/j,, âme, ou papillon, symbole de l’âme chez les anciens. B.

PSYCHOMANCIE , espèce de divination ou de magie, art d’évoquer les morts. Ceux qui la pratiquaient s'appelaient Psychayogues.

PSYLLES , Psylli, peuple ancien, habitant, suivant Hérodote, l'intérieur de la Cyrénaïque. Il fut, dit-il, englouti par le sable du désert, et les Nasamons, ses voisins, occupèrent son pays. Les Psylles combattaient, dit- on, les serpents , sans craindre leur venin , et même les mangeaient. Ils guérissaient les morsures de vipères en suçant la plaie, et même par le simple attouchement de la main. On en trouvait aussi en Asie Mineure, près de Parium, sur la Propontide. On attribuait la même faculté aux Marses, en Italie. Il existe encore, dit-on, en Egypte, un grand nombre de Psylles exerçant le métier de guérisseurs.

PSYRA , nom anc. d’IpsARA.

PTELÉE, anc. v. de Thessalie, entre le golfe de Pagases et le golfe Maliaque. — ancien nom d’Ephèse.

PTER1A, v. forte de la Cappadoce, près de laquelle Crésus fut vaincu parCyrus; auj. Boghas-Koï (Bozoq).

PTÉROPHORÈS, c.-à-d. qui portent des ailes, peuple fabuleux, habitant la Seythie, selon Pline, laChalcidice selon Ovide.

PTOLÉMAÏS, v. de Pamphylie, sur la frontière de Cilicie ; auj. Alara. — v. de Phénicie, d’abord nommée Acco ou Acca; auj. St-Jean-d'Acre ( V. Acke). — v. d’Egypte, sur le canal qui portait les eaux du Nil dans le lac Moeris; auj. El-Lahoun: on l’appelait aussi Plolémaidon Arsinoï -, tum, parce qu'elle était comprise dans le nome Arsinoite ( Fayonm ) . — v. d’Egypte, dans la Thébaïde, sur la rive g. du Nil, au N. d’Abydus; on la surnommait Ptolémaïs d'Hermius; auj. Menschié. — v. sur la côte de l’Ethiopie, surnommée T héron ou Epilhéras, fondée par ordre de Ptolémée Philadelphe pour faciliter la chasse aux éléphants. On croit que c’est auj. Mersa-Mubaralc, sur la côte d’Abyssinie. — v. de Cyrénaïque, servant de port à Barcé, dont elle portait aussi le nom ; auj. elle est encore importante, et s'appelle Toléméta. Les ruines occupent plus de 5 kil. de circuit : plusieurs colonnes colossales sont encore debout, et les monuments présentent plutôt dans leur architecture le style égyptien que le grec. C. P.

PTOLÉMÉE 1er, dit Soter ( sauveur) ou Lagus ( du nom de son père), né en 360 en Macédoine, m. en 283, peutêtre fils de Philippe, fonda la dynastie royale des Lagides, qui gouverna l'Egypte de 301 à 29 av. J.-C. Aimé d’Alexandre, il lui avait sauvé la vie chez les Oxydraques. En 323, il reçut l’Egypte en partage, s’unit aux autres généraux contre Perdiccas, qui trouva la mort en envahissant l’Egypte, 320, puis contre Antigone, dont il battit à Gaza le fils Démétrius, 313, et prit le S. de la Syrie et de la Palestine. En 306, il se proclama roi, à l’exemple de ses collègues. En 301, il contribua à la bataille d’Ipsus, et unit définitivement à ses Etats d’Egypte la Cyrénaïque, la Libye, la Célésyrie et la Palestine. Dès lors , excepté quelques guerres contre Démétrius Poliorcète, à qui il prit Tyr et Sidon en 286 , et la conquête de la Cyrénaïque et de Cypre , il s’occupa seulement de la prospérité de l’Egypte. Il fortifia Alexandrie, commença la tour de Pharos avec l’architecte Sostrate de Cnide, fit venir de Sinope le dieu Sérapis, 286, fonda le Sérapion , et institua le Musée, origine de l'école d’Alexandrie. Après avoir écarté du trône son fils aîné, l’impétueux Ptolémée Céraunus, il abdiqua, 285, en faveur du second, Ptolémée Philadelphe, afin d’assurer par sa présence l’exécution de sa volonté. II vécut encore deux ans. A. G.

PTO

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ptolémée il, surnommé par dérision Philadelphe [ami de ses frères, qu'il fit tuer), 285-247, né en 309 à Cos, fils du précédent. Faible de corps, il eut d’habiles généraux, qui continrent Cypre et Cyrène révoltées sous ses frères j Méléagre et Magas. Il n’augmenta pas ses Etats ; mais il répara le canal de jonction entre la mer Rouge et la Méditerranée, acheva le Phare et le Sérapion, favorisa l’astronomie et la navigation, construisit des routes pour les caravanes, creusa des ports, fonda beaucoup de villes nommées Philadelphie, Bérénice, Arsinoé (de sa femme et de sa sœur), et fit explorer la Nubie et le Nil supérieur par Timosthène et Aristocréon. Enfin, en 275 , il fit faire par 72 Juifs la traduction grecque de la Bible dite des Septante. Il s’allia aux Romains vainqueurs de Pyrrhus , et protégea la Grèce contre Antigone de Goni. A. G.

ptolémee ni , dit Evergète (bienfaisant) , 247-222, né vers 283, fils du précédent, a inscrit ses conquêtes en Babylonie, en Susiane, en Perside jusqu’à Bactres, et au S. de l’Egypte, sur le monument d’Adulis en Ethiopie, inscription trouvée et copiée au VIe siècle par Cosmas Indicopleustcs, et publiée en 1631. Il mérita son surnom en rapportant de Perse 500 images de dieux égyptiens enlevées par Darius et 60 par Cambyse. Bérénice , sa sœur et sa femme, à son retour de sa guerre contre Séleucus II de Syrie, qui avait répudié sa sœur, fit offrande de sa chevelure au temple élevé dans Cypre par Philadelphe. La chevelure disparut, et l’astronome Conon, de Samos, la découvrit dans le ciel, et en donna le nom aux 7 étoiles de la queue du Lion. C’est le sujet d’un poème de Callimaque traduit par Catulle. Evergète secourut en Grèce Aratus, et accueillit Cléomène, roi de Sparte, chassé par les Macédoniens. A. G.

ptolémee iv, nommé ironiquement Philopator (ami de son père , qu’il empoisonna ) , 222-205 , fils d’Evergète , laissa le pouvoir à Sosibe et à Agathocle, qui l’abrutirent , accepta de Cléomène., roi de Sparte, son hôte, le conseil de laisser égorger sa mère par Sosibe, et fit massacrer Cléomène lui-mème. La victoire de Raphia le sauva dans sa guerre contre Antiochus le Grand, 216. Il secourut généreusement Rhodes après son tremblement de terre. Il fit mourir Arsinoé, sa sœur et femme. A. G.

ptolémee v, dit Epiphane (l’illustre), 205-181, né en 210, fils de Philopator. Enfant, il eut pour tuteur Agathocle, qui, massacré par le peuple, fut remplacé par Sosibe le Jeune et Tlépolème, qui se combattirent, puis Aristomène. Les révoltes nombreuses , de Scopas , de Dicéarque, etc., à Lycopolis, à Sais, à Naucratis, réprimées à peine à l’aide des Grecs mercenaires, favorisèrent les entreprises et les espérances de la Syrie et de l’Egypte ; mais les régents confièrent la tutelle du roi au sénat romain , qui , dès ce moment , fut l’arbitre de l’Egypte. Epiphane mourut empoisonné. A. G.

ptolémée vi , dit Philométor (ami de sa mère ), 181-146 av. J.-C., fils du précédent, fut d’abord sous la tutelle de sa mère Cléopâtre de Syrie, ne prit la direction des affaires que pour voir l’Egypte envahie par les Syriens, et fut prisonnier d’Antiochus IV Epiphane de 176 à 166. Mis en liberté, il partagea pendant deux ans le pouvoir avec son frère Ptolémée Evergète , qui avait administré en son absence. Attaqué de nouveau par Antiochus, il dut son salut à l’intervention de Popilius Lænas ( V . ce mol) . Ayant voulu dépouiller son frère, il dut , sur l’ordre du sénat romain , lui abandonner, comme royaume particulier, la Libye, la Cyrénaïque, et Cypre. Puis, intervenant dans les affaires de Syrie, il soutint tour à tour Démétrius 1er et Alexandre Bala, et périt de blessures qu’il avait reçues dans une bataille sur les bords de l’Oronte. B.

ptolémée Eupator (né d’un père illustre), fils et successeur de Ptolémée VI , régna à peine un an sous la tutelle de sa mère. Son règne est confondu dans celui de Ptolémée VIL V. fart, suivant.

ptolémée vu ou É veugète II, frère de Philométor, le remplaça pendant qu’il était prisonnier des Syriens, 170-166 , partagea ensuite le pouvoir avec lui pendant deux ans, se fit céder, avec l’aide du sénat romain , la Libye, la Cyrénaïque, et Cypre, prit possession de tout le royaume d’Egypte, en 146, par le meurtre de son jeune neveu Ptolémée Eupator, se rendit odieux par ses vices et ses cruautés, que les mérites de son ministre Hiérax ne purent faire oublier, et dut fuir d’Alexandrie devant une insurrection, 131. Il y rentra bientôt avec des troupes, et régna jusqu’en 117. Il aimait et cultivait les lettres. Ses sujets le surnommèrent Kakergèle (malfaisant) et Physcon (ventru). b.

ptolémée VIII ou SOTER ii, 117-81 av. J.-C., fils du précédent , fut pendant 10 ans sous la tutelle de sa mère *

Cléopâtre, soutint en Syrie Antiochus de Cyzique contre Antiochus Grypus,dut fuir devant une insurrection excitée par sa mère qui regrettait le pouvoir, passa quelque temps à Cypre, entreprit, à la faveur des désordi-es de la Syrie, de se faire un royaume en Phénicie et pn Judée, ne remonta sur le trône qu’au bout de 18 ans, à la mort de son frère Ptolémée-Alexandre, 88, et soumit Thèbes, qui refusait de le reconnaître. On le surnommait Lalhyre ( pois chiche). Il ne laissa qu’une fille, Bérénice. B.

ptolémée ix ou Alexandre 1er, 2e fils de Ptolémée VII, obtint, par l’appui de sa mère Cléopâtre, en 114, l’ile de Cypre avec le titre de roi , fut placé sur le trône d’Egypte lors de l’expulsion de Ptolémée VIII , son aîné, en 107, ne tarda pas à se brouiller avec sa mère, la fit mourir en 89 pour n’être pas sa victime, viola le tombeau d’Alexandre le Grand afin de s’en approprier les trésors, fut chassé par les Alexandrins en 88, essaya vainement de ressaisir le trône, où était remonté Ptolémée VIII, et périt dans un combat naval. B.

ptolémée x ou Alexandre il, fils du précédent, avait été pris dans l’ile de Cos par Mithridate le Grand , roi de Pont , en 87, et s’était enfui dans le camp de Sylla en 84. Il réclama le trône d’Egypte à la mort de son oncle Ptolémée VIII , en 81 , avec l’appui de Sylla, l’obtint en épousant la fille du dernier roi, Bérénice, qu’il fit bientôt assassiner, et fut lui-même égorgé par les soldats dans le gymnase d’Alexandrie, en 80. B.

ptolémée xi, dit Aulète (joueur de flûte), fils naturel de Ptolémée VIII, né en 89, fut proclamé roi par les Egyptiens en 80, après le meurtre de Ptolémée X, dernier descendant légitime des Lagides. Les Romains, alléguant un testament réel ou supposé de Ptolémée X, ne reconnurent Ptolémée Aulète qu’en 59, et encore avait-il dû acheter la protection de Pompée. Il laissa prendre par les Romains, en 58, l’ile de Cypre, où son frère régnait, et fut chassé par ses sujets indignés, qui placèrent sur le trône deux de ses filles, Cléopâtre-Tryphène et Bérénice. La lre mourut au bout d’un an; la 2e fut renversée par les armes de Gabinius, gouverneur de Syrie, en 55, et Aulète rétabli la fit périr. Il mourut en 52, après avoir écrasé d’impôts l’Egypte, pour payer son protecteur. Le surnom d’dulète lui fut donné à cause de sa passion pour la flûte, dont il disputait le prix en public avec des musiciens de profession. B.

ptolémée xil, dit Dionysos (Bacehus) , fils aîné du précédent, lui succéda à l’âge de 13 ans, en 52, et épousa sa propre sœur, la fameuse Cléopâtre, âgée de 17 ans. Comme elle voulut gouverner seule, les tuteurs du jeune prince excitèrent dans Alexandrie une sédition , qui la contraignit de se retirer en Syrie. Pompée, vaincu à Pharsale, étant venu aborder en Egypte, en 48 , Ptolémée XII consentit à ce qu’il fût massacré. César, arrivant à son tour, voulut juger les différends de Cléopâtre et de son frère, fut séduit par la beauté de la princesse, et prononça en sa faveur. Ptolémée XII prit les armes, fut battu, et périt dans le Nil en fuyant. B.

ptolémée xiii, dit l'Enfant , frère du précédent, fut, d’après la volonté de César, associé à sa sœur Cléopâtre comme époux et comme roi , en 48, bien qu’il n’eût que 12 ans. 11 mourut en 44, empoisonné, dit-on , par elle.

ptolémée xiv, nom donné quelquefois à Césarion , né de César et de Cléopâtre en 47, déclaré roi d’Egypte par les triumvirs en 42, et tué par ordre d’Oetave en 30.

ptolémée, dit Philadelphe, fils d’Antoine et de Cléopâtre, fut déchiré par son père, en 32, souverain de la Syrie, de la Phénicie, de la Cilicie, et de toutes les régions comprises entre l’Euphrate et l’Hellespont, servit bientôt au triomphe d’Octave, avec son frère Alexandre et sa sœur Cléopâtre, et alla vivre ensuite auprès du roi de Mauritanie, Juba II , devenu son beau-frère. B.

ptolémée, roi de Mauritanie, fils de Juba II et de Cléopâtre (fille d’Antoine et de la fameuse Cléopâtre), régna de 20 à 40 ap. J.-C. Il se fit remarquer par son goût pour les plaisirs, et par son attachement aux Romains, qu’il aida à combattre Tacfarinas. En 26, il reçut du sénat les ornements triomphaux. Etant venu à Rome, il excita par son luxe’ la cupidité de Caligula, qui le fit assassiner. B.

ptolémée, fils illégitime de Ptolémee Vlll et frère de Ptolémée Aulète, se fit proclamer roi de Cypre à la mort de son père, C0 av. J.-C., affecta un grand dédain poulies Romains, et fut dépossédé en vertu d'un séuatus-eonsulte réclamant Cypre comme un legs fait au peuple romain. Il s’empoisonna, en 58, lorsque Caton vint pour exécuter les ordres du sénat.

ptolémée , dit Apion (le maigre), fils de Ptolémée VII et de sa maitresse Irène, régna sur la Cyrénaïque et la

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Libye, de 116 à 96 av J.-C., et, en mourant, légua ses Etats aux Humains, qui n’en prirent possession que 30 ans après.

ptolémée, dit Aloritès (né à Alore en Piérie), fils naturel d’Amyntas III , roi de Macédoine, dont il épousa la fille Euryone, inspira une violente passion à sa belle-mère Eurydice, qui entreprit de le placer sur le trône. Un complot, ourdi par elle contre Amyntas, fut dévoilé par Euryone. Quand la mort de ce prince eut fait passer la couronne à Alexandre II, en 372, Ptolémée chercha de nouveau à se créer un parti , mais échoua encore dans ses desseins. Ce fut seulement après l'assassinat d’Alexandre, en 370, qu’il enleva à Perdiccas une portion du royaume. Trois ans après, l’intervention de Pélopidas et des Théhains le renversa, et l’on ignore ce qu’il devint; son fils Philoxène tut un des otages qu’emmena le général thébain. B.

ptolémee, dit Céraunus (le foudre), fils ainé de Ptolémée 1er Soter et d’Eurydice, quitta l’Egypte quand son frère Philadelphe eut été reconnu héritier du trône, 285, et se rendit en Thrace auprès de Lysimaque, dont le fils, Agathocle, était son beau-frère. Arsinoé, belle-mère de ce prince, l’ayant fait mettre à mort par d’odieuses calomnies, Ptolémée passa en Syrie avec sa sœur Lysandra ; Séleucus Nicator lui promit de soutenir ses droits en Egypte. Comme il tardait à tenir sa parole, Céraunus l'assassina, en 281, se fit proclamer roi de Thrace et de Macédoine, battit son compétiteur Antigone Gonatas, et égorgea les fils de Lysimaque. Il périt en 280, dans une bataille contre les Gaulois, qui , sous les ordres de Belgius, avaient envahi la Macédoine. B.

ptolémee (Claude), astronome, inférieur à Hipparque comme observateur, mais organisateur et représentant le plus complet de l’astronomie grecque , était né, dit-on , à Ptolémaïs d’Hermias, dans la Thébaïde. 11 paraît que Canobe, ville située tout près d’Alexandrie, fut son séjour habituel. La date précise de sa naissance est inconnue; ses travaux astronomiques ont commencé vers 128 ap. J.-C., date de la plus ancienne de ses observations qu'il cite; ils ont duré 40 ans. Un grand ouvrage, intitulé Composition mathématique, en 13 livres, appartient à sa jeunesse, ou tout au plus à son âge mûr. Il y rend hommage a Hipparque, dont il y emploie perpétuellement les données; seulement, il prétend les avoir vérifiées lui-même, et il indique ce que ses propres observations y ont ajouté. Il emploie aussi quelques observations grecques antérieures à Hipparque, et quelques observations chaldéennes, dont aucune ne remonte au delà du commencement de 1ère de Natonassar. Pour fixer chaque point de sa théorie, au lieu de comparer toutes les observations dignes de confiance, et de prendre une moyenne entre leurs résultats, il prend le nombre d’observations qui serait strictement nécessaire s’il était sûr de la parfaite exactitude de chacune d’elles ; il choisit arbitrairement celles qui conviennent à ses vues; il est même plus que suspect de les y adapter par de légers changements. Les observations qu’il s’attribue sont plus suspectes encore, malgré la description intéressante et utile de ses instruments, qu’il compare à ceux d’Hipparque. Ptolémée observe toujours ce que sa théorie demande. Il veut que la longitude de l’apogée du soleil soit invariable : il conclut de ses observations que cet apogée est resté tout juste à la place marquée environ 300 ans auparavant par Hipparque, tandis qu’il en était déjà éloigné de 5° 1/2. Il adopte comme valeur exacte de la précession des équinoxes celle qu’Hipparque avait donnée comme un minimum certainement trop faible, et en conséquence il trouve toutes les étoiles tout juste à 3° de longitude des positions plus ou moins inexactes marquées par Hipparque. Sa trigonométrie est empruntée à Hipparque. Son argumentation contre les partisans de la rotation et de la révolution de la terre est d’une grande faiblesse. Son hypothèse astronomique est celle d'Hipparque complétée et développée. Pour la théorie du soleil , Ptolémée suit Hipparque pas à pas. Pour la théorie de la lune, Hipparque avait vu que la première inégalité, qui seule affecte les syzygies, pouvait être expliquée soit par l’épicycle, soit par l'excentrique, mais qu’il restait d’autres inégalités à expliquer: Ptolémée a eu le mérite de découvrir dans les observations d’Hipparque et dans les siennes propres une 2e inégalité, sensible dans les quadratures, et d’en rendre compte en employant à la fois l’épicycle et l’excentrique; il n’a pas connu la 3e inégalité, qu’il ne faut pas confondre avec la prosneuse. Pour les planètes, Hipparque avait bien entrevu qu’il fallait réunir l’épicycle et l’excentrique; mais il s’était contenté de laisser des matériaux pour cette théorie. Ptolémée les néglige, pour construire plus aisément, avec des observations moins nom-

breuses et choisies à dessein , sa théorie très-ingénieuse,

| mais très-compliquée, très-inexacte et assez arbitraire. Sa j théorie des levers et des couchers d’étoiles suivant la diversité des climats est d’une exactitude suffisante pour l’usage qu’on en pouvait faire. Sa gloire est d’avoir le premier systématisé complètement l’astronomie grecque , au moment où elle allait bientôt tomber en décadence; mais il l’a fait trop souvent aux dépens de la vérité. — Ses Hxjpothèses, en un livre, sont un résumé de son grand ouvrage astronomique; ses Tables manuelles, et V Inscription de Canobe, consacrée par lui en la dixième année d’Antonin , en sont des extraits; le Planisphère et YAnalemme, dont nous n’avons que des traductions latines , en sont deux compléments , l’un pour la projection stéréographique de la sphère céleste, l’autre pour la gnomonique. Le Canon des rois , table chronologique continuée par lui jusqu’à la fin de sa vie et par d’autres après sa mort , est comme une annexe du même ouvrage pour l’explication des dates; ce canon chronologique est joint aux Tables manuelles, avec lesquelles Ptolémée en avait sans doute publié une première rédaction. Tous ces ouvrages ont été écrits après sa Composition mathématique. Il en est de meme de sa Géographie, en 8 livres, qui est promise dans cet ouvrage, et qui en est aussi un complément. Ptolémée y suit surtout Marin de Tyr. Une projection défectueuse, de graves erreurs sur les longitudes et les latitudes des lieux, et quelques fausses hypothèses, n’ôtent pas à cet ouvrage justement célèbre le mérite d’être le meilleur et le plus complet résumé de la géographie mathématique, très-imparfaite, il est vrai , des Grecs anciens. C’est à tort qu’on a voulu prêter aux données de cet ouvrage une origine phénicienne. Les Apparitions des fixes sont un calendrier contenant, outre les levers et les couchers héliaques des étoiles, des prédictions météorologiques où la superstition a une grande part. La superstition emprunte le secours impuissant des mathématiques dans la Composition en 4 livres et dans les Cent aphorismes ou Fruit, ouvrages astrologiques qu’on a eu tort de vouloir ôter à Ptolémée comme indignes de lui. Les Harmoniques sont un traité en 3 livres sur la théorie mathématique des sons employés dans la musique grecque : cet ouvrage se rattache à l’astronomie par la théorie superstitieuse de la musique des sphères célestes, à l’astrologie par quelques principes de cette prétendue science qui s’y trouvent invoqués, et à la philosophie par certains aperçus métaphysiques, par certaines vues générales sur les sciences et sur leurs méthodes, enfin par des rapprochements entre les nombres musicaux et la psychologie; le dernier livre, inachevé, a été, dit-on, interrompu par la mort de l’auteur. Le texte de son Optique, en 5 livres, est perdu ; mais les 4 derniers livres existent dans une traduction latine inédite, faite sur I une traduction arabe. Le 1er livre contenait la théorie générale de la vision ; le 2e contient la théorie des aspects des objets vus directement; le 3e, la théorie des miroirs | plans et des miroirs convexes; le 4e la théorie des miroirs i concaves et des miroirs composés; te 5e, la théorie de la ! réfraction de la lumière : dans ce dernier livre, l'auteur détermine par des expériences la quantité de la rétraction : de la lumière à son passage d’un milieu dans un autre ; milieu de densité différente, séparé du premier par une ; surface plane. L’influence de la courbure des surfaces ) sur la réfraction n’y est pas définie. 11 y est question de la | réfraction astronomique, entièrement omise dans la Com- | position mathématique. Enfin . nous avons le texte imprimé d’un ouvrage philosophique de Ptolémée Sur le critérium \ et ta faculté dirigeante. Son système éclectique de philosophie, qu’il faut compléter par quelques passages de la Composition mathématique et des Harmoniques , offre une curieuse combinaison des doctrines d’Aristote, des stoïciens, d’Hippocrate, et de Platon : le rationalisme et des vues élevées sur la méthode et l’organisation des sciences s’y allient avec une doctrine matérialiste sur la nature de l’âme, et avec une sorte de scepticisme sur la nature divine. — Ptolémée avait écrit en outre un livre Sur l'étendue et ses trois dimensions; un livre consacré à prouver que » deux droites qui font avec une troisième deux angles valant moins de deux angles droits se rencontrent si on les prolonge » ; un livre Su.1- les éléments et leurs propriétés; un livre Sur la pesanteur , et un traité de Mécanique en 3 livres, ouvrages qui nous sont connus seulement par des citations d'Eutocius, de Simplicius, de Philoponus, et de Suidas. Simplicius emprunte au Second livre des hypothèses de Ptolémée un raisonnement destiné à prouver la rotation des corps célestes, tandis qu’on ne trouve rien de semblable dans les Hypothèses de Ptolémée en un livre, telles que nous les avons. Enfin l’astrologue Paul d'Alexandrie

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