‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 372 sur 864 · PUR · texte numérisé non relu

PUR

trouver la flotte de Philippe. Ici se place une série de marches et contre-marches d’Annibal , rentrant en Campanie , 214 , manœuvrant audacieusement entre les généraux romains , perdant avec Arpi 1 ,000 cavaliers numides , attaquant Pouzzoles , Naples , Noies , puis courant vers Tarente pour y entraîner Marcellus. Mais Tarente lui échappa; Fabius reprit toutes les villes du Samnium ; Annibal ne dut plus compter que sur la Sicile et 1 Espagne. En Sicile , Syracuse résista deux ans , 214-212 , à Marcellus , grâce au génie d’Archimède; mais la prise de la ville amena , malgré deux victoires de Mutine sur Marcellus près de l’Himére, la reddition d'Agrigente , ouverte, 210, à Valérius Lævinus par Mutine lui-même fatigué des hauteurs d’Hannon, et la soumission de l’ile entière 4 définitivement réduite en province. En Espagne , les Scipions avaient secouru, 215, Illiturgis contre 3 armées carthaginoises, sauvé la ville d’Intibiii , pris Castulon, 215, battu dans 4 rencontres, 214, Asdrubal, Magon et les Gaulois, chassé les Carthaginois de Sagonte, 213 , préparé à Rome l’alliance de Syphax, roi de Numidie, et décidé les Celtibériens à servir sous les aigles. Vainqueurs ensemble , ils se séparèrent, malheureusement, pour hâter la soumission de la Péninsule ; Publius, marchant seul contre Magon et Asdrubal Giscon , eut à lutter contre leurs deux armées jointes à celles du Numide Massinissa et de l’Espagnol Indibilis; il périt dans l’action , et, quelques jours plus tard , Cnœns fut écrasé par ces 4 armées victorieuses et celle d’ Asdrubal contre laquelle il marchait. L’Espagne eût été perdue pour Rome sans l’héroïsme d’un chevalier, Cnœus Marcius, qui, ralliant ses compagnons, remporta quelques succès, et sans l’audace du jeune P. Corn. Scipion, qui, nommé préteur avant l’âge, 211 , vengea son père et son oncle par la prise de Carthagène, 210, par les victoires de Betula; 209 , d’Ilipa, 208 , etc., etc.; en 4 ans, 210-206, à force d’activité, de modération envers les Espagnols, de fermeté et de clémence envers ses troupes révoltées , grâce aussi à ses habiles alliances , il reconquit l’Espagne. Annibal avait profité de la division des forces romaines pour tâcher de faire lever le siège de Capoue; il battit , 212 , Appius Claudius et Fulvius devant cette ville, surprit Tarente, dispersa en Lucanie l’armée d’esclaves de Sempr. Gracchus , qui périt dans une embuscade , tua 15,000 hommes au centurion Pénula, 16,000 près d’Herdonée au préteur Cn. Fulvius , enfin tenta sur Rome, 211, un coup de main, que le sénat et le peuple méprisèrent, vendant le champ sur lequel il campait, et dégarnissant la ville de troupes. Enfin Capoue, reprise par les proconsuls Q. Fulvius Flaccus et Appius Claudius Pulcher, 211 , fut traitée avec la dernière rigueur, et Annibal dut se réfugier dans le Brutium. Réduit à une guerre purement défensive, il la fit avec une vigueur et des retours admirables. Il vainquit à Herdonée, 210 , le proconsul Cn. Fulvius Centumalus, se laissa enlever Salapie et Maronée par Marcellus, le battit , fut battu par lui près de Capoue , 209, ne put empêcher Fabius de reprendre Tarente, 209, attira Marcellus, dans une embuscade et le tua, 208, obligea les Romains à lever le siège de Locres , et , renforcé par une foule de transfuges italiens , attendit avec confiance son frère Asdrubal , qui , échappé à Scipion , 208 , lui amenait des Pyrénées et des Alpes 52,000 Espagnols et Gaulois , 207. Mais, vaincu lui-même en Lucanie par le préteur Hostilius, 207, il apprit bientôt qu’ Asdrubal avait péri sur les bords du Mé.aure, battu par Liviùs Salinator et C. Claudius Néron. Il se retira de nouveau dans le Brutium , et s’y maintint 4 années encore , malgré tous les généraux romains. A ce moment, la Sicile et l’Espagne étaient reconquises ; les Numides , alliés. Scipion proposa de porter la guerre en Afrique, pour y attirer Annibal. Consul, 205, malgré l’opposition de Fabius, il prépara son expédition en Sicile , pendant que Lélius y préludait par des incursions sur les côtes de Carthage; il subit, à cause des iniquités de Pléminius dans Locres et de scs loisirs en Sicile, l’enquête de 10 commissaires romains, qui donnèrent tort à Caton , son rigide questeur, passa en Afrique, 204, y trouva Syphax allié aux Carthaginois, Massinissa détrôné, ravagea le pays, tua Hannon et 2,000 Carthaginois, incendia devant Utique, 203 , les deux camps d’Asdrubal et de Syphax , les battit tous deux aux G rondes- P laines , fit poursuivre et prendre le second par Massinissa, et, assuré d’une excellente cavalerie par le rétablissement de celui-ci en Numidie, maître d’Utique et de Tunis, menaça de si près Carthage , qu’elle rappela Annibal et Magon du S. et lu N. de l’Italie. Annibal avait défait près de Crotone le consul Serapronius , 204 , et comptait sur l’arrivée de Magon , débarqué en Ligurie, 205. Mais Magon avait été battu chez les Insubriens , 203 , et, regagnant Carthage,

mourut de ses blessures en mer. Annibal égorgea tous les mercenaires italiens qui refusèrent de le suivre , aborda sur la terre d’Afrique , proposa , mais eu vain , la paix à Scipion, pour ne pas combattre avec des recrues contre des troupes aguerries , et perdit , 202 , la bataille de Zama. Rentré dans Carthage après 36 ans d’absence, il força le sénat à accepter les conditions de Scipion. Par le traité de 201 , Carthage s’engageait à ne conserver que son gouvernement et son territoire propre, à livrer ses éléphants et tous ses vaisseaux (Scipion en brûla 500), moins 10 trirèmes, à payer en 50 ans 19,000 talents (55,609,000 fr. ), à ne point faire de guerre sans la permission de Rome, à rendre à Massinissa tout ce que ses ancêtres ou lui avaient possédé. — La 2e guerre Punique est de beaucoup la plus célèbre des trois , et l’une des plus fameuses guerres du monde , tant à cause de sa durée , qui fut de 1 8 ans , et de ses importantes péripéties , que du spectacle qu’offrirent la constance, l’énergie du sénat romain d’une part, et de l’autre, le génie d’Annibal. Son résultat fut, en résumé , pour Rome , l’empire des mers arraché au seul peuple qui le lui disputait, et la suprématie absolue sur la côte d’Afrique.

3e guerre punique , 604-607 de Rome, 149-146 av. J.-C. Elle eut pour causes les empiétements de Massinissa sur le territoire de Carthage , les plaintes de celle-ci au sénat romain, l’enquête de Caton qui, irrité, 174, de la retrouver peuplée , riche et prospère, termina désormais tous ses discours par le delenda Carlhago ( il faut détruire Carthage). L’occasion fut fournie par la résistance de Carthage (bataille d’Oroscope) à une nouvelle entreprise des Numides; elle fut accusée d’avoir violé le traité de 201 , proposa en vain de donner satisfaction au peuple romain, et fut attaquée, 149, par les consuls L. Marcius Censorinus et M. Manilius Népos, qui garantirent la conservation de tous les biens, si les habitants livraient leurs armes et machines de guerre; ils les livrèrent; ordre leur fut alors donné de s’établir à 80 stades (15 kilomèt. ) dans les terres , Carthage devant être rasée. Le désespoir les réveilla ; Asdrubal forma à Néphéris un camp de 70,000 hommes; on fit des armes et des vaisseaux avec les ferrements et les poutres des maisons ; avec les cheveux des femmes, des cordages. Les consuls échouèrent dans 3 attaques ; leurs machines et leurs flottes furent incendiées en partie ; une colonne d’attaque aurait été détruite, le camp de Manilius forcé, l’armée anéantie, sans Scipion Emilien, qui se trouva toujours, à propos, aux endroits périlleux, gagna 2,200 cavaliers carthaginois, sut reconquérir la confiance de Masinissa , et, après sa mort, ramena devant la ville l’un de ses fils, Gulussa, avec toutes ses forces. Aussi le consul de l’an 148, L. CalpurniusPison Cæsoninus, n’ayant su ni maintenir la discipline dans ses troupes, ni faire avancer le siège, Scipion, au lieu de l’édilité qu’il demandait, 147, obtint le consulat; il rétablit la discipline, coupa toute communication entre la ville et le continent, ferma par une digue l’entrée du port , repoussa une nouvelle flotte carthaginoise, sortie toutà coup d’unsecond port secrètement creusé dans le roc par les assiégés, força pendant l’hiver le camp de Néphéris, et, continué, en 146, dans le commandement en qualité de proconsul , s’empara du port Cothôn , dont la possession lui livrait la ville. Il lui fallut cependant 6 jours entiers pour atteindre la citadelle I Byrsa) à travers les rues étroites et vaillamment défendues. 11 obligea enfin à capituler 50,000 hommes , commandés par Asdrubal. Carthage fut détruite de fond en comble. — La 3e guerre Punique, qui ne dura que 3 ans, fut la plus glorieuse pour les Carthaginois; ils combattirent en héros contre leurs injustes agresseurs, et montrèrent un admirable patriotisme, digne d’un meilleur succès. A. C.

PUNO, v. du Pérou, à 350 kil. S.-E. de Cuzco, sur le lac Chucuyto ; 8,000 hah.; eh.-l. d’un département de son nom, entre ceux de Cuzco au N., d’Arequipa à 10., de Moquegua au S., et la Bolivie à l’E.; 286,148 hab. C. P.

PCNTA-ARENAS, v. de l’Etat de Costa-Ricca, avec port franc sur l’Océan Pacifique; 1,500 hab. environ. Exportation de café, cuirs, sucre. Fondée en 1840, reliée à San-José par une route carrossable, et seul port de l’Etat ouvert à l’importation.

PIJETIDO, couvent entre Milan et Bergame, où fut signée la lre Ligue Lombarde [V. ce mol).

PUP1EN. V. Maxime.

PUR A, v. de l’anc. Gédrosie; auj. Pareç/h.

PURACE ou PUSAMBIO, v. de la Nouvelle-Grenade (Cauca), au pied d’un volcan de môme nom, et sur lo Pusambio, à 17 kil. S.-E. de Popayan.

PURBACH1US, astronome. V. Peurbach.

Page 1