QUESTEUR DU PARRICIDE. V. QUES1TEUR
questeur du PALAIS , Quœstor palatii, officier créé par Constantin , et qui était son orateur, et son premier secrétaire d’Etat, chargé d’expédier toutes les nominations aux emplois civils et militaires de 2e ordre, et de signer les originaux des rescrits et décrets de l’Empereur.
questeurs en France, membres des Assemblées législatives, chargés de surveiller et de diriger la comptabilité financière concernant le service de l’Assemblée. La Chambre des Députés, sous la Restauration, avait deux Questeurs, élus par l’assemblée : le Corps législatif actuel a (Jeux Questeurs aussi, nommés par l’Empereur, et pour une année seulement. C. D — y.
que
QUESTION , moyen de procédure autrefois employé pour obtenir des révélations des accusés, et consistant en tortures atroces. On distinguait la question préparatoire , appliquée à l’accusé pour lui artacner l’aveu de son crime, et la question préalable, qu’on lui faisait subir après sa condamnation, pour obtenir la révélation de ses complices. La lre fut abolie en 1780, la 2e en 1789. Pour qu’il y eût lieu à question préparatoire, il fallait que le crime imputé méritât la mort. Si elle était ordonnée sans réserve de preuves, l’accusé qui avait supporté la torture et n’avait rien avoué, était absous. S’il y avait eu réserve de preuves, le fait de n’moir point avoué au milieu des tourments empêchait qu’il y eût sentence de mort, à moins que d’autres preuves, survenues après la question, ne confirmassent celles qu’on avait déjà. Si, après la question, l’accusé persistait Bans les aveux que la douleur lui avait arrachés, la preuve était complète; s’il rétractait ces aveux, comme étant l’effet de la souffrance, ils faisaient peu de preuve. La manière de donner la question variait selon les parlements. A Paris, on tiraillait les membres du patient, ou on lui froissait les jambes avec des brodequins (F. ce mot ) ; en Bretagne, on l’attachait sur une chaise de fer, et on lui faisait présenter les jambes à un feu de plus en plus vif; en Franche-Comté, on l’élevait en l’air avec une corde attachée aux bras liés derrière son dos, ou Bon suspendait à ses pieds un poids considérable. B.
questions perpétuelles, Quœstiones perpeiuœ , tribunaux permanents établis dans l’anc. Rome , pour connaître des affaires criminelles. Le 1er fut institué Ban 604 de Rome, contre la Concussion; cinq ans après, or. en créa trois autres contre les crimes de Majesté, de brique, et de Péculat. Sylla créa trois nouvelles Questions pour connaître des assassinats, des empoisonnements , et des faux. Plus tard, d’autres furent encore établies pour la corruption des juges, pour les parricides, pour les violences publiques ou privées. Les Questions étaient pvésidées par des préteurs désignés, et, au besoin, par les deux préteurs en place, ou même par d’anciens édiles, qui prenaient, dans ce cas, le titre de Juges de la Question. La jurisprudence de chaque Question, le nombre de ses juges, ou quésiteurs, ordinairement assez considérable, étaient réglés par sa loi d’institution. Chaque année le Préteur urbain dressait la liste des juges, qui furent choisis originairement parmi les patriciens, puis dans cet ordre et l’ordre équestre indistinctement; il tirait ensuite au sort sur cette liste la répartition des juges dans chaque Question pour le service de l’année. Ce corps judiciaire fut d’abord de 300 membres, puis de 360, de 600 , de 900, et, sous les empereurs, de 4,000. 11 fallait d’abord être âgé de 30 ans pour en faire partie; Auguste abaissa cet âge à 25 ans. Les Questions perpétuelles n’empêchèrent pas, du temps de la République, de créer quelquefois des tribunaux extraordinaires pour des affaires de grand criminel , comme cela eut lieu, par exemple, dans le procès de Milon, accusé du meurtre de Cio dius ; mais les juges de ces tribunaux exceptionnels étaient toujours pris sur la liste du corps judiciaire. C. D — Y.
QUÉT1F (Jacques), né à Paris en 1618, m. en 1698, bibliothécaire de la maison des Dominicains de la rue S‘- Honoré, à Paris, donna des éditions de la Somme de S1 Thomas et des Lettres de Savonarole, et commença une Bibliothèque des auteurs de son ordre, terminée par Echard, sous le titre de ; Scriptores ordinis Minorum , Paris, 1719- 21, 2 vol. in-fol., ouvrage très-utile pour l’histoire littéraire des xme, xive et xve siècles.
QUETTEHOU, cli.-l. de cant. (Manche), arr. et à 16 kil. N. -E.de Valognes; 573 hab. Beaux pâurages.
QUEUE , anc. mesure de capacité pour les vins. Elle valait : 266 litres en Champagne, 396 à Reims, 462 à Bordeaux, 442 en Anjou, 486 en Touraine, 494 en Languedoc, 426 à Mâcon, 456 à Orléans, Beaune et Pouilly, 530, 560 et même 594 en Auvergne. On la divisait souvent en demi queues.
QUEUE-EN-BRIE (La), vge (Seine-et-Oise), arr. et à 22 kil. N.-N.-E. de Corbeil; 580 hab. Tour d un anc. cliâteau-fort.
QUEUES, mode d’arrangement des cheveux pour les hommes ( V. Perruques). — nom donné, en 1793, pendant la disette, à de longues files d’individus qui se mettaient à la porte des boulangers, pour obtenir, moyennant paiement, quelques onces de pain. Les Parisiens, qui ont toujours plaisanté de tout, même de leurs misères, riaient de ces tristes rassemblements, et les appelaient des queues. Comme alors on manquait de tout, on allait à 13 queue de tout, à la queue de la viande, à celle du sucre, du savon, de la chandelle, etc.; il n’y avait rien qui ne fût
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à la queue, et même les journalistes et les auteurs dramatiques transportaient cette idée dans leurs articles et dans leurs comédies. C- D — y.
QUEUX (Grand-), surintendant des cuisines du roi , dans l'anc. monarchie (du latin coquus, cuisinier). Il avait juridiction sur les cuisiniers , charcutiers et rôtisseurs. Cette charge, établie dès le XIe siècle, fut supprimée à la fin du xv*.
QUEVEDO Y VILLEGAS (Francisco de) , satirique espagnol , né à Madrid en 1580, m. à la Torre de Juan Abad en 1645 , fit ses études à l’université d’Alcala : il posséda le latin, le grec, l’hébreu, l’arabe, l’italien et le français, et se distingua dans la théologie, le droit, les belles-lettres la physique et la médecine, lin duel l’obligea de passer en Sicile à la suite du duc d’Ossuna , viceroi de Naples, qui le chargea de missions diplomatiques à Rome. Il prit part à la conspiration des Espagnols contre Venise, 1618, et faillit périr avec ses complices. De retour en Espagne, impliqué dans la disgrâce du duc d’Ossuna, il passa trois ans en prison, 1620-23. En 1622, il fut rappelé à la cour, et nommé secrétaire du roi ; mais on le soupçonna d’être l’auteur d’un libelle contre Olivarez, et il subit encore une dure captivité, 1641. Quevedo, d’un esprit juste et d'un jugement solide, s’est souvent moqué de l’école de Gongora. 11 a écrit 11 gros volumes, dont 8 de prose et 3 de vers, publiés à Madrid , 1791 -94. Son meilleur genre est la satire ; par l’originalité de sa verve, par ses saillies, tantôt fines, tantôt burlesques, il ressemble à Scarroti. Il a excellé aussi dans les romances populaires et dans les odes anaeréontiques. Ses ouvrages les plus estimés sont : los Suenos (les Visions), ouvrage satirique où il prit Lucien pour modèle, trad. en français par l.a Geneste et Brrault, Rouen, 1627 ; la Vie de Tacanno Pablos de Itusron , roman burlesque , supérieur à tout ce que le xvn* siècle a produit, excepté Don Quichotte, et trad. en français par Restif de la Bretonne et d llermilly, sous le titre de : le Pin matois , ou Histoire du qrand Taquin, 1776. Les pièces satiriques ou burlesques en prose ont été traduites en français par Raelotz, Bruxelles, 1698- 99, 2 vol. in- 13. On reproche à Quevedo l’abus des sentences, le goût des antithèses, et les inégalités de son style : faute de méchode , il n’a guère fait que des ouvrages médiocres. Son livre de la Politique de Dieu, dédié à Philippe IV, est un traité complet sur l’art de régner. Une édition des œuvres de Quevedo a été donnée en 1866, 3 vol., par M. Guéna y Orbe. B.
QUEYRAS, hameau (Hautes-Alpes), arr. et à 22 kil. S.-S.-E. de Briançon; 250 hab. Château-fort sur un rocher escarpé, au milieu des Alpes. Place de guerre de 4e classe.
QUEZALTENANGO. V. Quesaltenango.
QUIBDO , v. de la Nouvelle Grenade, ch.-l. de la prev. de Choi-o, sur le Choco ou Atralo (Etat deCauca).
QUI B E RO N , ch.-l. de cant. (Morbihan), arr. et à 55 kil. S.- E. de Lorient, dans une presqu’île de son nom, qui forme, avec plusieurs petites îles, la baie de Quiberon ; 684 bah. Les Anglais y débarquèrent en 1746, et en furent repoussés avec une grande perte. En 1795, ils protégèrent, avec des chaloupes canonnières, une descente d’émigrés français, qui furent battus par Hoche. Tous les prisonniers, qui ne purent être sauvés par le général et ses soldats, furent fusillés par ordre du Comité de salut public. Dans la prairie où l’exécution a eu lieu, on a élevé, sous la Restauration , en 1824, un magnifique tombeau en marbre blanc, où sont gravés les noms des victimes de Quiberon. — La presqu’île de Quiberon a environ 12 kil. de long sur 2 de large ; au milieu, et sur un isthme étroit, est le fort Penthièvre.
QU1BO, île de l’Amérique du S., sur la côte S. de l’isthme de Panama ; par 7» 27’ lat. N., et 84» 5’ long. O : 45 kil. sur 30. B ’
QUiEliXsQUE. V. Cherasco.
QUIElîS. I7. Ciiieri.
QUI ERsY-RJR-OISE. V. Kiersy.
Ql lM ISME , système de mysticité tendant à l’union avec Dieu par I anéantissement de soi-même; plaçant la perfection de I amour divin dans une contemplation passive, une inaction complète des facultés de l ame, une indifléreuce entière pour tout ce qui peut arriver en cet état, en un mot, dans un repos absolu ( quies ), ce qui a fait donner a ses partisans le nom de Quiétistes . Après diverses apparitions dans l'histoire, le Quiétisme fut renouvelé au xvn* siècle par Michel Molinos ( V. ce nom)-, en 1675 il publia un Guide spirituel , dont la doctrine peut se réduire à ces maximes : la Contemplation parfaite est un état où l’âme ue desire rien, pas même le salut; ne craint rien, pas même
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l’enfer; où elle ne réfléchit ni sur Dieu, ni sur elle-même» mais reçoit passivement l’impression de la lumière céleste, sans exercer aucun acte d’amour, d’adoration, de piété chrétienne; n’est astreinte ni à l’usage des sacrements, ni à la pratique des bonnes œuvres; où les imaginations les plus criminelles n’affectent que la partie sensitive, sans atteindre la partie supérieure; où les actions même les plus monstrueuses ne sont que l’opération du démon sur le corps, sans que l’ânte, intimement unie à Dieu , éprouve la plus légère altération du désordre des sens. Cette doctrine, qui conduit à la négation des devoirs de l’homme et du chrétien , à la justification des plus horribles excès, tut condamnée, avec les écrits de Molinos, en 1687, par une bulle d’innocent XI. Vers la même époque, le Quiétisme, un peu mitigé, fut introduit en France par la célèbre Mme Guyon ; elle vint à Paris, en 1687, et, avec des livres à titre bizarre, Moyen court , les Torrents, etc., y répandit ses erreurs et se fit des partisans. Introduite à S1 Cyr, elle y connut Fénelon, et par sa dévotion et sa vertu, il parait sincères, lui inspira estime et aftection , et lui communiqua ses doctrines. Fénelon, craignant d’abord de se tromper, la renvoya à Bossuet, qui jugea ses écrits répréhensibles. Ni elle, ni Fénelon, ne se rendirent à cette sentence, et Mme Guyon demanda des commissaires. Bossuet, le cardinal de Nouilles, et l’abbé Tronson , tinrent à Issy, près Paris, des conférences auxquelles Fénelon finit par prendre part. Il y eut un accord, mais qui n’était qu’apparent. Bossuet, pour combattre l'erreur toujours vivante, composa son Instruction sur les étals d'oraison, mais Fénelon le prévint par la publication de3 Maximes des saints, 1697. Quoique les écrits de Mme Guyon fussent condamnés de toutes parts , Fénelon se faisait illusion à lui-même, parce qu’il n’allait pas aussi loin qu’elle. Mme Guyon avait entrepris de tracer une méthode par laquelle on pouvait conduire les âmes les plus communes à cet état de perfection où un acte continuel et immuable de contemplation et d’amour les dispensait pour toujours de tous les autres actes de religion , ainsi que des pratiques les plus indispensables selon la doctrine catholique. Fénelon soutenait seulement la possibilité d’un état habituel de pur amour, d’où étaient exclus, comme autant d’imperfections, tous les actes explicites des autres vertus, même le désir du salut et la crainte de l’enfer. Il protesta toujours qu’il rejetait cette doctrine, et, en effet, elle ne se trouve pas ou même est combattue dans les écrits qu’il publia pour sa défense; mais, quelle que fût son intention , elle était exprimée dans son livre. Cependant l'amour pur ou désintéressé, sans aucun retour personnel , n’a pas été condamné ; les actes en sont même obligatoires plusieurs fois dans la vie. C’est ce que Bossuet ne vit pas bien au commencement de la dispute lorsqu’il en nia la possibilité. L'état habituel est seul chimérique dans la doctrine du pur amour. Voyant le triste accueil que son livre recevait presque partout, Fénelon le soumit au jugement du pape. L'examen dura plus d’une année. Bossuet fit prévenir par la Sorbonne le jugement pontifical, et se servit de Louis XIV pour hâter la sentence; mais la cour de Rome ne cessa de procéder avec une sage lenteur. Les consulteurs étaient partagés; Innocent XII, par estime pour Fénelon , hésitait tantôt sur le fond , tantôt sur la forme de la condamnation. Enfin, par un bref du 12 mars 1699, il condamna, in ylobo, 23 propositions comme respectivement téméraires, pernicieuses, et erronées, sans infliger à aucune la note d’hérésie. Fénelon monta en chaire pour condamner son livre, publia un mandement où le pasteur se montrait plus docile que la dernière breWs du troupeau, assembla les évêques de sa province pour souscrire avec eux le bref pontifical , et donna à sa cathédrale un magnifique ostensoir comine monument de sa condamnation. — V. sur le Quiétisme, outre les écrits de Bossuet et de Fénelon , les Histoires de ces deux grands hommes par M. de Baussct. La Délation du quiétisme, par Phelippeaux, est infectée de la passion la plus odieuse centre Fénelon. M — d.
QUIÉTUS (Fulvius), 2e fils de l’usurpateur Macrien. Son père, proclamé empereur en 261 par l'armée d'Orient, lui donna le titre d'Auguste, et partagea avec lui le pouvoir. Abandonné des troupes, pendant que Macrien allait se faire reconnaître en Occident et périssait en Hlyrie, Quiétus fut assiégé par Odénat dans Emèse, dont les habitants le tuèrent à l’instigation de Baliste, en 262.
QUIÉVRA1N, brg de Belgique (Hainaut) , à 20 kil. O.-S.-O. de Mons; 2,200 hab. Mines de houille; falir. de tabac. Il fut pris en 1792 (29 avril) par les Français. Frontière belge, station du chemin de fer du Nord, et douane.