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du roi, 1684, et l’un des premiers membres de l’Académie des Inscriptions. On a de lui : Dissertation sur l'origine de ia figure des fleurs de lys, Paris, 1678, in-4° ; Dissertation sur 12 médailles des Jeux Séculaires de l'empereur Domitien, 1684, in-4°, qui contient une histoire de ces jeux; Explication des talileaux de la galerie de Versailles , 1687 , in-4°.
RA1NULF ou KAINOLFE, premier comte normand d’A versa. Débarqué dans l'Italie méridionale avec Drengot, Osmoml et une troupe d’aventuriers normands, 1017, il se mit successivement à la solde de Mélo de B ri, de Pandolfe IV, prince de C’apoue, de Sergius IV, duc de Naples, et il obtint de ce dernier, en 1029, le territoire d’A versa, avec le titre de comte, qui lui fut confirmé par Conrad le Salique, 1037. Il mourut en 1059. G.
RAINY, lac de l’Amérique anglaise (Bas-Canada), sur la frontière des Etats-Unis; 110 lui. sur 16.
RA1SMES, brg(Nord), arr. et à 6 lui. N. -O. de Valenciennes, sur le chemin de fer de Douai à Valenciennes, et près d'une forêt de son nom; 2,913 lmb. Forges, fonderies de fer et de cuivre, fabr. de quincaillerie, sucre indigène. Houille aux environs.
RAISON I Culte de la). En 1793, à une époque où tous les cultes étaient abolis comme des superstitions, des législateurs en délire parodièrent les cérémonies religieuses en élevant des autels à la déesse Raison. Ils lui dédièrent l’église Notre-Dame, le 20 brumaire an il ( 10 uov. 1793), sur la proposition de Chaumette. Après une fête dans son temple, la déesse, figurée par une actrice de l’Opéra, Mlle Maillard | V. ce mot}, ayant les cheveux épars, coiffée d’un bonnet de liberté, portant une tunique blanche, un manteau bleu sur les épaules, appuyant sa main droite sur une p que, et siégeant dans un fauteuil de forme antique enlacé de guirlandes de chêne et porté à l'épaule par 4 hommes, alla visiter la Convention, au milieu d'un cortège de citoyens en bonnet rouge, qui la précédaient, et de deux files de jeunes femmes vêtues de blanc, ceintes d’un ruban tricolore, et la tête ornée de roses, qui l’escortaient. Conduite au bureau, la déesse reçut le baiser fraternel du président et des secrétaires, puis, après cette réception, la Convention marcha en corps au temple de la Raison, pour y chanter avec le peuple l’hymne de la Liberté. Le 20 janvier suivant, le conseil-général de la Commune de Paris arrêta qu’un bâtiment serait assigné à chaque section pour son temple de la Raison. Le 12 mai, le Comité de salut public, devenu plus puissant que la Commuue, arrêta qu’on substituerait partout à ces mots: Temple de la liaison, ces autres mots du décret de la Convention, du 7 mai : l.e peuple français reconnaît l Etre suprême et T immortalité de Time. Le culte de la Raison ne dura que peu de mois; mais il fut signalé par les orgies de l’athéisme, et par les scèues les plus révoltantes de profanations et d'impiété. J. T.
Ra.TAÎTS. V. Radjahs.
RAJANO, brg du royaume d’Itnlie, situé dans 1 1 province et à 50 kil. E. d’Aquila; 3,193 liai). C’est lanc.
Corfinmm .
RAJECZ, v. de Hongrie, comitat et à 56 kil. N - E. de Trencsin; 4,500 hab. Lin, chanvre, cordouan, maroquins. Sources thermales alcalines et bains.
ItAKKA, v. de la Turquie d’Asie. V. P.acca.
, RAKONITZ, v. des Etats autrichiens 1 Bohème) , dans lanc en cercle de son nom, à 40 kilom. O. de Prague; 2,400 lmb. Exploit, de houille, usines à fer et verreries aux environs.— Le cercle, de Rakonitz, ch.-l. S 'hlan, avait 224 ki'. carr. et 180,000 hab.; auj. partie de celui de Prague.
RAKOVV, brg de Pologne ( Radom ) , à 42 kil. de Sandomir, sur la Czarna. C’était autrefois une résidence de Soeiniens.
RaLEIGII ( Walter), célèbre favori de la reine Elisabeth d Angleterre, né en 1552 à Hayes prés de Bodley (l)evonshire), d une ancienne et noble famille, m. en 1618, entra au service vers 1569, combattit parmi les insurgés des Pays-Bas contre l’Espagne, 1578, gagna par sa bravoure sur terre et sur mer l'estime de ia reine Elisabeth , et tut employé dans diverses négociations. Ayant projeté de coloniser l'Amérique du Nord, il découvrit la Virginie en 1584, et y introduisit le tabac. Les combats qu’il livra ensuite aux Espagnols avec des navires équipés à ses frais, et les services qu’il rendit dans le Parlement, dont il avait été élu membre, achevèrent de lui gagner la faveur de la reine , qui le nomma successivement grand -sénéchal de Cornouailles et d'Exeter, surintendant des mines d'étain du Devonshire et du Cornouailles, lieutenant-général de cette dernière province , et enfin capi- i taine de ses gardes. Son élévation lui suscita bien des envieux, surtout les comtes de Leieester et d'Essex; celui-ci !
le fit un instant disgracier, pour avoir séduit une des filles d’honneur d'Elisabeth. Mais les succès de Raleigh sur l’ Invincible Armada de Philippe II, ses travaux pour la découverte et la conquête de la Guyane , et ses services dans l’expédition contre Cadix, lui rendirent toute sa faveur, et on l’accuse d’avoir hâté la perte du comte d'Essex. Disgracié sous Jacques 1er, dépouillé de ses emplois , accusé de haute trahison , condamné à mort par une commission composée de ses ennemis, il dut la vie aux protestations de l'opinion publique, devant lesquelles Jacques recula; mais il subit à la Tour de Londres une captivité de 12 ans, 1604-16 , qu’il employa à l’éducation de ses enfants et à la culture des lettres et des sciences. En 1617 , le roi lui confia une expédition vers la Guyane , où il espérait découvrir des mines d'or; mais ayant détruit quelques établissements espagnols , il tut arrêté de nouveau sur la plainte de l’Espagne; on fit revivre contre lui l’ancienne accusation de trahison; il fut condamné à mort, et décapité. Raleigh se montra insatiable de places, de dignités et de richesses, mais en même temps il avait le génie et les sentiments d’un héros. Sa mort fut une lâcheté du roi Jacques. Il est auteur d’une Histoire du monde, 11e édition , 1736 , in-fol. ; c’est une histoire universelle , qu’il commença de publier en 1614, et qui révéla un écrivain très-érudit et correct’, on a encore de lui des UEueres diverses, publiées en 1751, 2 vol. in-8". On lui attribue l'introduction de la pomme de terre en Angleterre. V. A. Cayley, Vie de M'aller Raleigh, Londres, 1805, 2 vol. in-4°. B.
raleigh, v. des États-Unis, ch.-l. de la Caroline du Nord, près de la Meuse, à 43 kil. N. -O. de Snvithfield ; 4,780 hab. Elle est belle et agréablement située. Le palais de l’Eiat possède une statue de Washington par Canova. Elle fut fondée en 1791, en l'honneur de Walter Raleigh.
RAMA, v. de Palestine. V. Arimatiiie.
rama, 7® incarnation de Vichnou, naquit à Aoude , de Daçaratha et de Kaouçalia, et eut trois frères. Un serpent, issu du front de Ravana, l’ayant enlacé dans son berceau, fut mis en pièces par l’aigle Uaroudha. Rama suivit dans la solitude le brahmine Viçouamitra, qui fit son éducation et lui donna des armes enchantées. Puis il parcourut le monde avec lui , faisant périr plusieurs démons et génies malfaisants. Une armée envoyée contre lui par Ravana fut détruite. S’étant rendu à la cour de Djanaka, qui avait promis sa fille Sita à celui qui tendrait un arc magique, il remplit aisément la condition imposée, et rentra en triomphe au palais d’Aoude. Mais bientôt Daçaratha, trompé par les intrigues d’une nouvelle femme, le bannit pour 12ans. Rama, obligé de céder le trône à sou plus jeune frère, Bharata, recommença avec l’autre, Lakchmana , sa vie de glorieuses aventures, fit alliance avec Songriva, roi des singes, et avec Djambouvan, roi des ours, vainquit Ravana, qui lui avait enlevé Sita, et éleva, dans l’ile de Ceylan, un temple à Siva. Puis il fonda un royaume dans l’Inde, en face de cette île, initia ses peuples à la civilisation , et leur enseigna à adorer les d eux et â obéir aux lois. Laissant l'empire â son fils Ivoucha , il remonta au ciel avec Sita, et de là il veille toujours au bonheur de la terre. L’histoire de Rama fait le sujet du Ramayana ( V. ce mot). B.
RAMA (Pont de). V. RAMISSERAM.
RAMADAN ou RAMAZAN, mois de la grande chaleur, le 9e de l'année musulmane (de l’arabe ruinidà , être échauffé). On l’appelle ainsi parce qu’il arrivait primitivement à l'époque où le soleil est dans toute sa force. Comme l'année musulmane est lunaire, et, par conséquent, plus courte de 11 jours que la nôtre, le Ramadan se trouve, au bout de 33 ans, avoir parcouru toutes les
saisons de l’année. Pendant r rois, les Musulmans ne
doivent prendre aucune espèce de nourriture ni de boisson après le lever du soleil, ni avant son coucher, annoncé, dans les grandes villes, par un coup de canon, dans les petites villes et dans les villages, par le chant des muezzins appelant le peuple à la prière. Le Ramadan est le Carême des Musulmans, et dure juste 30 jours. D.
RAMAL1ES, fêtes romaines en l’honneur de Bacchus et d’Ariane. On y portait des ceps de vigne chargés de leurs fruits.
RAMAPO, v. des Etats-Unis, Etat et à 64 kil. N. de New- York ; 3,500 hab. Importantes usines à fer.
RAMAYANA , c.-à-d. coursede Dama, épopée indienne, en langue sanscrite et eu 50,000 vers , célèbre les aventures de Rama , et est attribuée au poète Valmiki. Elle a été publiée en anglais parCarey etMarsIunan , Serampour, 1806-19; en latin par G. Sehlegel, Bonn, 1820-26; en français, par Hipp. Fauche, Paris, 1854-55, 4 vol. in-18.
RAMAZZ1N1 (Bernardin) , médecin, né eu 1633 à
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Carpi, m. à Padoue en 1714, étudia son art à Parme et à Rome, alla le pratiquer à Modène, et y fut nommé professeur de médecine théorique. En 1700, il quitta Modène pour Padoue , où il enseigna la médecine pratique. L’Académie des Curieux de la nature et celle des Arcades le reçurent dans leur sein. Praticien zélé et instruit , il cultivait les lettres et les sciences. Plusieurs de ses ouvrages sont devenus classiques; ou-remarque, emre autres ; Traité des maladies des ou ni ers , en latin , Modène , 1701 , in-8u, trad. en français par Fourcroy, Paris, 1777 , in-12; De abusu chinœ , publié avec le Traité des fi erres de Torti , Liège, 1821 , in-8°. Les Œuvres de ltamazzini ont été réunies sous le titre de : Opéra omnia medica et physica , Londres , 1710 , in-4° D — G.
RAMBERT (SAINT-), ch.-l. de eant. (Ain), arr. et à 32 kil. N.- O. de Belley, dans un étroit vallon, sur l’Albarine; 1,140 hab. Vins ronges, linge de table, toiles communes. Grotte euiieuse aux environs.
rambkrt-suk-loike (saint-), cb.-l. de eant. (Loire), arr. et à 18 kil. S.-E. de Montbrison; 1,318 hab. Belle église. Construction de bateaux de transport pour les houilles de S'-Etienne et de Rive-de-Gier.
RAMBEKV1LLERS , ch.-l. de eant. (Vosges), arr. et à 28 kil. N.-E. d’Epinal, sur la Mortagne; 4,394 hab. Collège, bibliothèque. Industrie active : filatures de laine, febr. de draps, lainages, toiles, coutils, faïence, poterie, etc : tanneries, scieries hydrauliques. Commerce de blé, lin, chanvre, vins, houblon, papier, etc. Eaux ferrugineuses et source pétrifiante.
RAMBLA, v. d'Espagne (Andalousie), prov. et à 30 kil. S.-E. de Cm doue Fahr. d’alcarazas ; 9.000 hab.
RAMBOUILLET, Itambolium , Ramhnlelum , s.-préf. (Seine-et-Oisej, à 32 kil. S.-O. de Versailles, 48 de Paris par le chemin de fer de l’Ouest, dans une belle vallée au S. delà vaste forêt de Rambouillet; ville bien bâtie, bien percée et propre ; 3,091 hab. Trib de lre instance ; Société archéologique; bibliothèque publique. Château royal, bâti en fer à cheval et, en grande partie, de briques, environné de canaux et flanqué de 5 tours, dans l'une desquelles mourut François 1er; il a de beaux jardins, dessinés par Le Nôtre, et un magnifique parc communiquant avec la forêt, coupé de pièces d’eau , et au milieu duquel est une ferme-modèle établie par Louis XVI eu 1786, et qui devint, en IH11, le dépôt des mérinos importés d’Espagne par Napoléon W. Connu, de moutons, laines, grains, farines, bois. — La seigneurie de Rambouillet appartenait, dès le xi vv siècle, à une branche de la famille dAngennes, et passa depuis aux maisons de Sainte- Maure-Montausier et d’Uzès. Achetée, en 1711, au garde- ■ dés-sceaux Fleuriau, par le comte de Toulouse, duc de Penthièvre, elle fut érigée en duché-pairie par Louis XIV en faveur de ce prince, en 1714. Louis XVI l'acquit en 1778 de la maison de Penthièvre. Charles X s’y retira avec une partie de la garde royale après les journées de Juillet 1830; le gouvernement provisoire envoya contre lui une partie des combattants des barricades de Paris, et le prince s’éloigna sans vouloir faire de résistance. B. '
RAMBOUILLET (.Jacques d’ANGENNES, seigneur de|, favori de français 1er, capitaine des gardes de ce prince d’Henri II , de François 11 et de Charles IX, lieutenant- i général de leurs armées, gouverneur de Metz, fut chargé d’une mission , en 1561, auprès des princes protestants d’Allemagne, et mourut l’année suivante.
rambouillet (Charles d’ANGENNES, cardinal de), un des fils du précédent, né en 1530, m. en 1587, évêque du Mans en 1560, assista au concile de Trente, et fut ambassadeur île France auprès du pape Grégoire XIII. Il a laissé des Mémoires.
rambouillet (Charles d’ANGENNES. marquis de), pe tit-fils de Jacques, né en 1577, m. en 1652. maréchal-de camp, ambassadeur en Piémont et en Espagne, épousa ei 1600 Catherine de Vivonne, et en eut la’ célèbre Juli, ( V. Montausier). Il fonda la société dite l'Hôtel de Ram bowl/et i V. l'art, suivant).
rambouillet (Hôtel de), hôtel où se réunit, dans h moitié du xvn« siècle, une société choisie de grand seigneurs, de gens de lettres, et de femmes distinguées pa la vertu autant que par l’esprit, et qui exerça une grandi influence sur les moeurs et sur la littérature de la France Le nom passa du lieu à la société. L’hôtel de Ramhouille (ane. hôtel l’isani | , résidence de Charles d'Aiigenues marquis de Rambouillet, et de Catherine de Vivonne Fissm qui le lui avait apporté, était situé entre les place: du Palais-1 animal (Palais-Royal) et du Carrousel, date fa rue Si- 1 homas-du-Louvre, qui débouchait à pou près • 1 endroit ou est auj. le pavillon de la bibliothèque di
Louvre sur la place du Palais-Royal. Madeleine de Scudéry l’a décrit dans le Cyrus sous le nom de Palais Cleonyme. Mme je Rambouillet l’avait, sinon fait construire sur ses propres plans, comme il est dit partout, du moins modifié et embelli ; elle substitua, la première peut-être, aux immenses salles des anciens hôtels les appartements de moyenne grandeur, plus favorables â la vie privée et à la conversation. La célèbre clrambre bleue d'Artlicnice (anagramme de ( iatlierine ) était un grand salon du rez-dechaussée , éclairé sur le jardin par des fenêtres ouvertes dans toute la hauteur : l’ameublement était de velours bleu rehaussé d’or et d'argent; de grands paravents pouvaient y être développés selon le nombre des personnes présentes; quand l’affluence était considérable, on ouvrait une suite de cabinets de plain-pied, réservés aux causeries plus intimes ou plus graves. Distinguée par tontes les qualités du cœur et de l’esprit, mariée en 1600 à Charles d’Angeiines de Rambouillet, qui joignait â un esprit noble une afféterie souvent puérile et un caractère intraitable dans la discussion , Mme de Rambouillet s’éloigna de la cour, où régnaient une familiarité sans noblesse, une dépravation sans voile et sans décence; elle groupa autour d’elle les âmes honnêtes, charmées de retrouver, sous Henri 1 V, le culte du devoir, la délicatesse des sentiments, l’exercice de l’esprit, et de plus, sous Richelieu, un reste de liberté banni de tout autre commerce. De 1608 à 1624 la société se forma; « elle fit profession solennelle de sagesse, de science, de vers et de vertu h, et, longtemps avant la société de Conrart , d’où sortit l’Académie Française, s'éleva presque à la hauteur d’une institution : le goût d’une conversation tour à tour noble, aisée, profonde, se développa entre quelques grands seigneurs (le marquis lui-même; M. de Chaudebonne, protecteur de Voiture; peut être les Nogaret de La Valette; Richelieu, évêque de Luçon), des femmes vertueuses et spirituelles, et des gens de lettres d’un goût généralement pur l .Malherbe, (Jgier de Gombault, Vaugelas, Racau, Ralzac, Chapelain , Voiture). Dans cette période, les premiers volumes de VAstrée durent occuper la société, et lui plaire par l'opposition des mœurs platoniques avec celles que l’on fuyait. Mais il ne parait pas que d’Urfé ait lui-mèine été reçu à l’hôtel. De 1624 à 1645, la société, étrangère aux conspirations tramées contre Richelieu, se compléta par l'accession de grands seigneurs et de nobles dames, qui venaient y oublier la politique et les intrigues de la cour; c'étaient le duc d’Enghien , le marquis de la Salle (qui tut le due de Montausier | , La Rochefoucauld , La Calprenéde, et G. de Scudéry, à la fois hommes d’épée et hommes de plume; puis, autour de la marquise et de sa fille, la célèbre Julie, la princesse de Condé et sa fille Mll<- de Bourbon ( plus tard Mme de Longuevillel, Mlle de Coligny ( plus tard Mloe d’Addmgton et comtesse de la 5uze), Mme d Aiguillon, M™' d'Estrades, Mme de Sablé, M,,e Paulet, diie la lionne de l’hôtel de Rambouillet, Madeleine de Scudéry, qui ne publia rien tant que dura cette compagnie, et, beaucoup plus tard, sa belle-sœur, Mme G. de Scudéry, Mme de Saint-Ange, et la prenuère présidente Aubry. Il y faut joindre un grand nombre d’écrivains de génie ou de mérite : R. Corneille, Sarrazin, Costar, Colletet, Conrart, Mairet, Patru , Cotin, Godeau, Rotruu, Charleval , Searron, Ménage, Saint-Evremond, Esprit, etc. L'hôtel de Rambouillet jeta alors son plus vif éclat : Malherbe y finit sa carrière, respecté et chéri; Corneille y lut ses chefsd'œuvre depuis le Cid jusqu’à Rodoyune ; le Cid y fut .soutenu contre l’Académie, Scudéry, Richelieu, et si le jugement sur Palyeucte, dont « le christianisme fut condamné » par l’illustre société, n’a point été ratifié par les contemporains et la postérité, Voltaire l’a expliqué en partie; Bossuet, âgé de 16 ans, y prêcha pour la lre fois sur un sujet d’improvisation ; la Metliode de Descartes y fut dès l’abord étudiée, admirée. Enfin la grâce délicate et légère de la société se révéla dans le célèbre hommage de Montausier à .Julie, dont il recherchait la main | V. Montausier). Tout en répandant le goût des lettres italiennes et espagnoles, l'hôiel imprimait une vraie impulsion à la littérature française, méprisant, au fond, les cnncelli italiens plus que l’enflure espagnole. Port-Ro\al donnait a la langue la logique, la vigueur, la concision ; l'hôtel de Rambouillet lui donnait la noblesse, la pureté, la délicatesse et la grâce. On s’y appliquait à débarrasser les mots des lettres dites parasites (ainsi t retranchement de l’i dans teste, tneschant , exclut , etc.), à trouver d'heureuses alliances de mois I ainsi : revêtir ses pe/ sees d expressions nobles...; laisser mourir la conversation ; le mot me manyae , eic.l, enfin à traiter, immédiatement ou après préparation , des sujets ingénieux ou sérieux. L’affectation guindée, qui déshonora
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le genre précieux, ne vint qu'après la dispersion des membres de I’iiôtel de Rambouillet. C’était l'époque de la vraie précijsité ( le mot semble postérieur à 1645 ), définie par Huet une galanterie honnête dans le sens qu’on donne au mot galant homme; elle consistait, littérairement parlant, daus la finesse et la pureté du langage; elle provoquait le respect, sans avoir rien à craindre des comédies dirigées plus tard par l’abbé de Pure, 1(556, et par Molière, 1659, contre les Précieuses des ruelles, devenues ridicules en imitant grossièrement les délicats procédés de la fierté, de la gSlanterie platonique et de l’esprit finement trempé. La dernière période de l’hôtel de Rambouillet, 1645-65, fut celle, sinon de la décadence, du moins de l’obscurité. Julie d’Angennes, mariée, en 1(545, à Montausier, ne fit d’abord à Paris que des séjours passagers; Pisani, son frère, avait été tué à Nordlingen , 1645 ; la marquise était triste, souffrante ; le marquis, vieux et maladif, mourut en 1653, et déjà la mort de Voiture, 1648, avait privé la société de celui qui en était l’âme. Les deux Frondes achevèrent d’en disperser les membres. L’hôtel ne fut plus fréquenté que par de vieux et sérieux amis, auxquels se joignirent successivement Mme de La Fayette, Mme de Sévigné , qui y parut en 1654, le comte de Grignan , son futur gendre , Bossuet, qu’appelaient fréquemment à Paris les affaires du diocèse de Metz, Fléchier enfin, le protégé de Montausier. Les faits saillants de cette période furent : la grande guerre des Uraniens et des Jobelins, 1649, à propos du dernier sonnet de Voiture et de celui de Benserade ; la lecture par Boileau de ses premières satires, qui furent peu goûtées, peut-être à cause du genre, et sévèrement traitées par Montausier, Chapelain et Cotin ; les applaudissements donnés par Mme de Rambouillet et ses amis, 1659, aux Précieuses ridicules de Molière, par lesquelles l’illustre hôtel ne se sentait pas plus atteint que Molière n’avait eu l’intention de l’attaquer. La mort de la marquise, 1665, la suppression des réunions, remplacées, dans la société polie, par quelques maisons distinguées (hôtels d’Albret , de Longueville, de La Rochefoucauld, etc.), à un échelon inférieur par les ruelles, réduits, alcôves, empêchent également de voir dans les Femmes savantes, 1672, représentées après la mort même de Mme de Montausier, 1671, une satire des femmes illustres qu’avait rassemblées l’hôtel. Les membres ordinaires des réunions se désignaient entre eux par des anagrammes ou par des noms empruntés à l’antiquité et aux romans en vogue : ainsi Artlienice, Rozelinde, Rotandre, Sestiane |Mme de Rambouillet); Ménalide (Julie d’Angennes); Menalidès (Montausier) ; Oariman (Grignan) ; Valère (Voiture); Bélisnndre (Balzac); Sophie ou Sapho (Madeleine de Scudéry); Doralise |Mma de la Suze); Cléoxène ( Conrart ) , etc. Les occupations étaient tantôt le chant de Mlle Paulet et de Mme Aubry, tantôt la conversation sur les affaires du temps et surtout sur les questions littéraires, tantôt la lecture des lettres des absents, écrites pour être lues en publie, et les commentaires auxquels pouvaient donner naissance la recherche de l’expression polie et le raffinement de la pensée, tantôt enfin la lecture et l’appréciation des romans. Puis on écoutait et on jugeait les œuvres nouvelles; on s’exerçait surtout à bien parler, témoin la Rhétorique de René Barry et son Esprit de cour, témoin les dialogues mêmes des romans, les scènes de tragédie et de comédie qui reproduisent le langage usité, témoin la conversation postérieure du chevalier de Méré et du maréchal deClérambault, les Entretiens de M,le de Scudéry, les Maximes et les Portraits, dont le goût dura longtemps, et qui firent l’occupation des sociétés de Mme de Sablé , de Mlle de Montpensier, d’écrivains comme La Rochefoucaud et La Bruyère. En somme, l’hôtel de Rambouillet rendit de grands services: aux mœurs, en créant contre les dérèglements du règne de Henri IV un refuge dont l’autorité alla toujours croissant; aux lettres, en préparant, avant l’Académie, 1635, et simultanément aux débuts de cette institution , la réforme des mots, des tours, des genres, en ruinant peu à peu la licence du langage, en répandant le goût des littératures étrangères, en développant le sentiment le plus vif des qualités de la nôtre. Il ne tomba pas dans la pruderie, ne devint pas un objet de ridicule, et protégea l’affectation beaucoup moins qu’on ne le répète en confondant deux époques distinctes. 11 ne saurait être responsable des travers des Précieuses, génération nouvelle, dont le nom , d’abord pris en bonne part, est postérieur aux beaux temps de l’hôtel de Rambouillet. On a trop confondu avec lui les cercles des hôtels de Nevers, de Bouillon, de Mlle de Scudéry, et des Précieuses inférieures, dont les ruelles ne s’ouvrirent que dans la 2° moitié du xvn« siècle. A. C.
EAMBOUR ou RAMBURES, vge (Somme), arr. et à 22 kil. N. d’Abbeville; 890 hab. 11 a donne son nom à un genre de pommes cultivées dans ses environs.
RAMEAU (Jean-Philippe), célèbre compositeur de musique, né à Dijon en 1683, m. en 1764, était fils d’un organiste, et acquit, dès sa première jeunesse, une grande habileté sur le clavecin. Destiné cependant à la magistrature, et mis au collège des Jésuites, il s’en fit presque chasser. A 18 ans, il partit pour visiter l’Italie; mais, à peine arrivé à Milan, il fut enrôlé comme 1« violon par un directeur de spectacle, qu’il suivit dans plusieurs villes du midi de la France. En 1717, il se rendit à Paris; l’organiste Marchand, qui l’accueillit d’abord avec faveur et le prit pour suppléant aux orgues des Jésuites et des Pères de la Merci, conçut bientôt de la jalousie contre lui, après avoir vu ses pièces d’orgue, et contribua à lui faire refuser l’orgue de S*-Paul, que lui disputait Daquin. Rameau, découragé, accepta une place d’organiste à l’église Sl-Etienne de Lille, puis à la cathédrale de Clermont , et se mit à produire des motets, des cantates, des pièces de clavecin, remarquables par l’originalité de la pensée et la nouveauté du style. Il revint à Paris en 1721, obtint l’orgue de Sle-Croix-de-la-Bretonnerie, 1722, et fonda enfin sa réputation par des écrits théoriques sur la musique. Après avoir composé des chants et des danses pour des pièces de Piron représentées à l’Opéra-Comique de la foire Sl-Germain (la Rose, le Faux prodige, l’Enrôlement d' Arlequin, etc.), il obtint, par l’entremise du fermier-général La Popelinière, que Voltaire lui confiât son opéra de Samson, 1732, et l’abbé Pellegrin celui d ’Hippohjle et Aride, 1733. Vivement applaudi, il sembla vouloir racheter par la rapidité de ses productions le temps qu’il avait dépensé pour se produire au théâtre ; bien qu’il n’eût donné son 1er opéra qu’à l’âge de 50 ans , il fit représenter à l’Académie-Royale 22 grands-opéras ou opéras-ballets , parmi lesquels on distingue les Indes galantes, 1735, Castor et Pollux, 1737, Dardanus, 1739, la Princesse de Navarre, 1745, Pygnialion, 1748, et Anacréon, 1754. Toute cette musique a vieilli; mais on y trouve encore des scènes qui ont conservé leur fraîcheur, leur grâce ou leur énergie. Rameau occupe un rang distingué comme théoricien ; il trouva les lois de l’harmonie, comme Newton celles du système du monde, et son système de la basse [ondamentale, bien que reconnu imparfait aujourd'hui, n’en fut pas moins une grande découverte. Les principaux écrits où il a traité de son art sont ; Traité de l'harmonie, 1722, in-4°; Nouveau système de musique théorique, 1726, in-4°; Génération harmonique, 1737, in-8°; Démonstration du principe de l’harmonie, 1750, in-8°; Erreurs sur la musique pratique de l’Encyclopédie, 1756; Code de musique pratique, et Nouvelles réflexions sur le principe sonore, 1760, in-4°. B.
RAMEAUX ( Dimanche des ) , dimanche qui précèôtMa fête de Pâques dans l’Eglise catholique, et ainsi nommé des rameaux que l’on porte ce jour-là à la procession, en mémoire de l’entrée triomphante de Jésus à Jérusalem avant la Passion. On l’appelle aussi Dimanche des palmes et Pâques fleuries.
RAMÉE (La). V. Ramus.
RAMEL de Nogaret (Jacques), né à Carcassonne vers 1760, m. en 1819, était avocat lorsque ses concitoyens le députèrent aux Etats-Généraux de 1789. Il fit aussi partie de la Convention, vota, dans le procès de Louis XVI, pour l’appel au peuple et contre le sursis, prit une part active à la discussion de la Constitution de 93, entra en 1795 au conseil des Cinq-Cents, fut appelé par le Directoire, en 1796, au ministère des finances, eut le malheur d’arriver à ce poste après les désordres de la tourmente révolutionnaire et lors du passage des assignats au numéraire, et encourut la responsabilité de tons les maux- 11 vécut dans l’obscurité pendant le Consulat et l’Empire, géra la préfecture du Calvados en 1815, durant les Cent- Jours, fut exilé par la deuxième Restauration, et mourut à Bruxelles.
ramei. (Jean-Pierre), né à Cahors en 1770, m. en 1815, chef de bataillon à l’armée des Pyrénées sous Dugommier en 1794, adjudant-général à l’armée du Rhin sous Moreau en 1796, défendit vaillamment le fort de Kehl. Appelé, en 1797, au commandement de la garde des Conseils des Anciens et des Cinq-Cents, il fut proscrit au 18 fructidor et déporté à Sinnamary, s’évada, rentra en France après le 18 brumaire, fit plusieurs campagnes sous l’Empire, devint maréchal de camp en 1814, commandant de loulouse en 1815, et, après la 2a Restauration, ayant voulu désarmer les Verdels (K. ce mot), fut assassiné par ces fanatiques. On a de lui un Journal sur les faits relatifs à la journée du 18 fructidor, etc., 1799,
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RAMENGI1I (Barthélemy), dit le Ragnacavallo , du nom de son pays natal, peintre célèbre, ne en 1484, in. en 1542, fut élève de Raphaël. 11 se distingua par une manière à la fois souple et ferme, un dessin pur, une composition savante. Parmi ses œuvres, on cite : la Vierge et l’enfant Jésus entourés de saints, à Dresde; une Ste Famille , à Naples; Sle Catherine, à Berlin; divers tableaux dans les j églises de Bologne. — Il eut un fils, Jean -Baptiste Ramenghi, qui aida le Primatioe en France et Vasari à Rome. M. V — i. j
RAMERUPT, ch.-l. de cant. (Aube), arr. et à 14 kil.
E. d’Arcis-sur-Aube; 592 hab.
RAMESSÈS ou RAMSÈS, nom commun à 7 rois de Banc. Egypte, appartenant aux xvme et xixe dynasties, qui régnèrent à Thèbes. Ramsès III, surnommé le Grand, j paraît être le même que le Sésostris des Grecs. Un autre j Ramsès, dit Meiamoun, a un monument sépulcral à Thèbes. ; Le Rhampsinit des Grecs est sans doute un Ramsès.
ramessès , v. de la Basse- Egypte , dans le pays de Gessen, bâtie et habitée par les Hébreux.
RAMGANGA, riv. de l’Hindoustan septentrional, naît dans les monts du Ghéroual, arrose l’E. du Delhi et de l’Agrah, et se jette dans le Gange, rive g., à 9 kil. N.-E. de Kanodje. Cours de 450 kil.
RAMEY (Claude), statuaire, né à Dijon en 1754, m. en 1838, élève de Gois, remporta le grand prix de sculpture en 1782, passa trois années à Rome, et fut admis à l’Institut en 1817. Ses principales œuvres sont: Napoléon en costume impérial; Sapho assise; le cardinal de [tichelieu, statue colossale, dans la cour d'honneur du palais de Versailles ; Pascal, à Clermont-Ferrand ; Scipion l'Africain, au Sénat; Eugène de Beauharnais ; plusieurs bas-reliefs à l’arc de triomphe du Carrousel, au palais du Luxembourg, au j Panthéon, etc.
ramey (Etienne), sculpteur, fils du précédent, né à Paris en 1796, m. en 1852, élève de son père, remporta le grand prix de Rome en 1815, et entra à l’Institut en 1829. Ses principaux ouvrages sont : l'Innocence pleurant un serpent mort ; Jésus-Clirist attaché à la colonne ; Thésée combattant le Minolaure; la Tragédie et la Gloire, bas-relief dans la cour du Louvre ; le fronton de l’église de Saint-Germain-en-Laye, etc.
RAMILL1ES, vge de Belgique (Brabant méridional), à 22 kil. S.-E. de Louvain; 400 hab. Défaite de Villeroi par Marlborough, le 23 mai 1706.
RAMI-MÉHÉMET, homme d’Etat turc, fut successivement secrétaire du divan et reis-effendi, travailla avec succès à la paix de Carlowitz en 1699, reçut de Mustapha II le poste de grand-vizir, gouverna l’Egypte sous Achmet III, et fut condamné à mort.
RAMIRE 1er, roi de Léon et des Asturies, 842-850, fils de Bermude Ier, et successeur désigné (dès 835 ) d’Alphonse II, son cousin, arracha la couronne à Népotien, qui , en son absence , s’en était emparé à la mort d’Alphonse, chassa, en 844, les Normands de la Galice, tailla en pièces à Logrono , 846 , l’armée d’Abdérame II , calife de Cordoue, occupa sur l’Ebre les territoires d’Alréda et de Calahorra, et imposa une contribution de blé et de vin « en l’honneur de S1 Jacques, auteur de la victoire. » Il punit de mort, 848, Piniola et ses sept fils, chefs d’une conspiration formée contre lui. A. C.
ramire il, roi de Léon et des Asturies, 927-950, 2e fils d’Ordogno II, succéda à son frère Alphonse IV, qui avait abdiqué, l’empêcha, 928, de remonter sur le trône, et le jeta en prison, après lui avoir fait crever les yeux, ainsi qu’aux trois fils de Froila II, ses cousins. Adversaire du calife Abdérame III le Grand, il s’avança jusqu’à 'Balaiera, qu’il mit à feu et à sang, ne put empêcher les Musulmans de dévaster, en représailles, les villes ouvertes de Léon et de la Galice, voulut leur couper la retraite, et fut abattu au Douro, 929. Mais il profita des révoltes des Musulmans contre Abdérame, pour s’allier avec le wali rebelle de Santarem, poussa en Lusitanie jusqu’à Badajoz et à Lisbonne, revint par la Castille, prit et détruisit Madrid, 922, battit et détruisit les Musulmans à Osma, et obligea peut-être l’émir de Saragosse à reconnaître sa suzeraineté. 11 rétrograda ensuite devant des forces supérieures, fut attaqué, en 938, par Abdérame, qui avait proclamé l’ Algehed (guerre sainte), livra, pour délivrer Zamora, la bataille de Simancas, dont les deux partis s'attribuèrent l’honneur, ne put empêcher la prise de Zamora, la reprit , 939 , et la perdit de nouveau , 940 , après avoir été vaincu à Sl-Estévan de Gormas. Il proposa alors, 941 , une trêve de 5 ans , qui fut prolongée au-delà de son règne, j A l’intérieur, il remit sous son autorité , par la captivité des comtes Gonzalès et Nuguès , le comté de Castille , qui I
avait presque secoué la suzeraineté d’Alphonse IV. Il fonda un grand nombre d’églises et de monastères, et c’est à partir de son règne, disent les traditions espagnoles, que le nom de St Jacques, « réputé l’auteur de la victoire de Simancas » , serait devenu le cri de guerre des Espagnols. A. C.
ramire m, roi de Léon et des Asturies, 967-982, petit-fils du précédent, fils de Sanche pr ;e Gros et de doua Taréja, fut roi à 5 ans, passa de la tutelle de sa mère, avec qui Al-Hakem renouvela les trêves antérieures, sous celle de sa tante Elvire, religieuse de Sl-Sauveur, et, majeur, subit le joug de dona Urraca, sa femme. Il indigna les seigneurs de la Galice par ses débauches et ses cruautés : ils choisirent pour roi, 982, et lui opposèrent Bermude II , son cousin. Ramire perdit presque toute sa noblesse à la bataille de Monterosa, dut abandonner la Galice, et, bientôt, mourant sans enfant, laissa à Bermude II le royaume ruiné par les incursions d’Almauzor depuis 978. A. C.
ramire 1er, 1035-1063 , 4e fils de Sanche III le Grand de Navarre , reçut , à la mort de son père , 1035 , le comté de Jaca ou Aragon érigé en royaume, et passe pour y avoir établi les Cortès. 11 épousa, 1036. la fille du comte Roger- Bernard de Bigorre, Foix et Carcassonne, origine de l’influence aragonaise dans le midi de la France, réunit, 1038, à la mort de son frère Gonzalès, les comtés de Sobrarveou Soprarbe et de Ribagorce, d'abord attribués à ce prince, voulut en outre, 1042 , avec le secours des émirs musulmans de Saragosse , de Huesca et de Tudéla, enlever la Navarre à son frère Gardas IV, mais fut battu par lui, et ne dut qu’à sa générosité la restitution de ses Etats envahis. Plus tard , il se brouilla avec l’émir de Saragosse, pénétra dans ses Etats , et périt à Graos , 1063 , dans une bataille que lui livrèrent, avec Al-Moktader, l’infant Sanche deCastille, et lejeune Rodrigue de Bivar (le Cid ) , qui soutenait dans l’émir un tributaire récent de la Castille. Selon une chronique française du xue siècle , Ramire ( appelé Milon) aurait été écorché vif par les Musulmans ; les chroniqueurs espagnols n’en disent rien. A. C.
ramire il, le Moine, 5e roi d’Aragon, 1134- 1137, petit-fils du précédent et 3e fils de Sanche Ramirèz , fut tiré du monastère de Sl-Pons de Thomières (diocèse de Narbonne) pour succéder à ses deux frères Pèdre Ier et Alphonse 1er. Marié, par dispense d'innocent II ou d’Anaclet, avec Agnès, fille de Guillaume IX d’Aquitaine , et veuve du vicomte de Thouars (tante d’Eléonore, femme de Louis VII de France) , il en eut une fille, Pétronille, en faveur de qui il abdiqua, 1137, et qui fut la tige de tous les rois d’Aragon. Elu évêque de Tarragone et de Barcelone, 1137, il renonça à son titre , et se retira dans son monastère : il y mourut en 1147. A. C.
RAMISSERAM, île de l’Hindoustan anglais (Madras), dans le détroit de Palk et le golfe de Manaar, à 2 kil. du continent; 18 kil. sur 10. Ch.-l. Panban. Il y a un observatoire où les astronomes hindous font passer leur 1er méridien , par 77° 1’ 55” long. E. L’ile est jointe à celles de Ceylan et de Manaar par des récifs, que les Portugais appellent Pont d'Adam , et les indigènes Pont de Ilama , parce que Rama aurait suivi cette route pour conquérir Lanka ou Ceylan.
RAMLÈH ou RAMLA, v. de Syrie (Saïda), à 45 kil. N.- O. de Jérusalem ; 2,000 hab. Belle mosquée, jardins délicieux. C’est l’anc. Rama ou Arimathie.
RAMLER (Charles-Guillaume), poëte lyrique allemand, né à Colberg en 1725 , m. en 1798 , élevé dans les maisons d’orphelins de Stettin et de Halle, fut professeur de logique et de belles-lettres à l’école militaire Je Berlin en 1748, et co-directeur du théâtre national de cette ville, de 1787 à 1796. Ses poésies sont remarquables par une diction élégante et correcte. Il fut moins heureux dans ses traductions des auteurs anciens ( Horace, Martial , Anacréon , Sapho, Catulle ). Les plus célébrés de ses écrits sont les Odes et les Cantates, dont l’une , la Mort de Jésus-Christ , a été mise en musique par Graun. Il a laissé, en outre : Abrège de mythologie , 6e édition , Berlin , 1833 ; un abrégé du Cours de belles-lettres de Batteux, 4 vol., Leipzig, 1807. Ramier était en rapports avec tous les grands esprits de son temps, dont il était généralement estimé. Un recueil de ses œuvres poétiques a été publié par Cœckingk , 2 vol. , Berlin, 1800 et 1801 ; une autre édition a paru en 1825,2 vol. E. S.
RAMNËS ou RAMENSES, nom d’une des tribus de l’ancienne Rome, composée des Romains, après la réunion des Sabins.
RAMON DE LA CRUZ. V. La Cruz.
RAMÜNCHAMP-LE-THILLOT, vge (Vosges), arr. et à
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24 kü. S.-E. de Remireraont ; 948 hab. Fabr. de calicots.
RAM ON D DE CARB0NN1ÈRES (Lonis-Franç.-Elisabeth|, né à Strasbourg eu 1755, ru. en 1827 , fut d'abord conseiller intime du cardinal de Rohan , puis attaché à la Maison militaire de Louis XVI. Député de Paris à l’Assemblée législative , 1791 , il y défendit la monarchie constitutionnelle, se prononça avec chaleur contre la saisie des biens des émigrés et contre la proscription des prêtres réfractaires , appuya la pétition de La Fayette touchant les attentats du 20 juin 1792, fut réduit à fui- après le 10 août; incarcéré en 1793, on l’oublia dans les prisons; il reparut après la chute de Robespierre, fut nommé professeur d’irstoire naturelle à l’Ecole centrale 8 e- Hautes- Pyrénées, 1798, député au Corps législatif de 1800 à 1808, puis préfet du Puy-de-Dôme , baron d’Empire, maître des requêtes en 1815, et conseiller d'Etat en 1818. C’était un homme instruit dans la physique et la géologie; il fut membre de l’Acad. des Sciences. On lui doit: Observations faites dans les Pyrénées, 1789, 2 vol. in-8°, ouvrage trèsintéressant; Opinions sur les lois constitutionnelles , 1791, in-8°; Voyage au mont Perdu, 1801, iu-8°; Mémoire sur la formule b romélrique de la Mécanique céleste, 1812, in-4°.
RAMOTH , v. de Palestine, dans le pays de Galaad, près du torrent de Jabok. Achab y fut tué en combattant contre les Syriens. Anj. Zarca.
RAMPALLE, poète, m. en 1663, plus connu par un vers de Boileau | Art poétique , chap. jv) que par ses œ vres. 11 porta les armes , et se trouva au siège de Philippsbourg, 1644. On lui attribue liélinde, tragi-comédie, 1630 , in-8°; il est auteur de Y Hermaphrodite , poème, 1639, in-4°; de Discours académiques , 1647, in-8°; de 6 Idylles , 1648, in- 4°, etc. Ses vers sont assez faciles , et sa prose ne manque pas de traits ingénieux; mais le tout est médiocre.
RAMPUN (Antoine-Guillaume, comte |, né à Saint- Fortunat | Vivarais) en 1759, m. en 1842, un des plus braves généraux du 1er Empire français, s’engagea à 16 ans, était sous-lieutenant en 1791, et fit toutes les campagnes de Napoléon. A Montenotte, chargé de la défense d’une redoute avec 1,500 hommes, il résista victorieusement aux assauts réitérés de 15,000 Autrichiens conduits par Beaulieu. 11 fut fait général de division en Egypte après la bataille du Mont-Thahor, devint sénateur, puis pair de Fiance en 1814, et en 1815, pendant les Cent-Jours, l.a 2e Restauration le raya de la liste des pairs, et l’y réintégra après quelques années.
RAMPONNEAU, fameux cabaretier de la Basse-Courtüle (V. ce mot), qui, en 1758 et 1760, eut une vogue extraordinaire en vendant du vin à 3 sous 1/2 la pinte, et occupa l’attention publique de ce temps futile Le beau monde de Paris allait, par curiosité, voir Ramponneau et son cabaret.
RAM POUR, v. de lTlindoustan anglais (prov. Nord- Ouest), à 180 Itilom. E.-N.-E. de Delhi , sur la Ivosila; 30,000 hab. Comprise dans les possessions médiates de la Compagnie anglaise des Indes dès 1774, mais occupée seulement depuis 1802.
RAMP5INIT. V. Rhampsjnit.
RA MBA Y (le chevalier André-Michel de), littérateur, né en 1686 à Ayr (Ecosse) , d’une ancienne et illustre famille, m. en 1743, étudia avec goût et. succès les mathématiques et la théologie , et, ayant conçu des doutes sur la vérité de la religion protestante, dans laquelle il avait été élevé, se rendit en Hollande, où le ministre Poiret ne put les dissiper, puis en France , où Fénelon le convertit au catholicisme, 1709. Successivement gouverneur du duc de Château-Thierry , du prince de Turenne , et des fils de Jacques 111 ( le Prétendant) , il retourna en Angleterre en 1730, fut reçu membre de la Société royale de Londres et docteur à l’Université d'Oxford, et accepta enfin la place d'intendant du prince de Turenne (devenu duc de Bouillon). Ou a de lui : Discours sur le poème épique , imprimé en tête de l'édition du Télémaque de 1717 ; Lssui philosophique sur le gouvernement civil , Lond. , 1721 , in-12 ; Y te de hénelon , La Haye, 1723, in-12; Voyages de Cyrus , Paris et Londres, 1727 , 2 vol. in-8°, espece de traité d'éducation moitié romanesque , moitié historique; Histoire de Turenne , Paris, 1735, 2 vol. in-4° ou 4 vol. in-12; Principes philosophiques de la religion naturelle et révélée, Glasgow, 1749,
2 vol. in-4°, ouvrage posthume; divers Poèmes, en anglais, Edimbourg, 1738, iu-4°, etc. Tous ces ouvrages sont écrits en français avec une facilité et une élégance rares dans un étranger. ]>.
ramsay (Allan), dit le Théocrite écossais , né en 1685, m. en 1758, fils d’un paysan, et d’abord garçon coiffeur à Edimbourg, se fit connaître par un recueil de poésies en 1721 , devint libraire et homme de lettres, et publia,
sous le titre d ’Evergreen (toujours vert), une collection de poèmes et de chants écossais, dont il retouchait le style.
ramsay ( Davidi, médecin à Gharlestown (Caroline du S.), membre du Congrès des Etats-Unis de 1782 à 1785, assassiné en 1815 par un aliéné qu’il était allé visiter dans un hospice, a laissé : Histoire de la révolution d’Amérique, en ce qui concerne la Caroline méridionale, trad. en franç., 1791, 2 vol. in-8° ; Revue des améliorations et de l’état de la médecine dans le xvili* siècle , 1802, in-8°; Vie de G. IFashinyton , 1807, in-8°, trad. en français, 1809.
ramsay, v. d’Angleterre, comté et à 16 kil. N.-N.-E. d'Huntingdon ; 3,000 hab. Ane. abbaye de Bénédictins.
RAMSBURY, brg d’Angleterre (Wilts), à 48 kil. N. de Salisburv ; 3,400 hab. Autrefois siège de l'évêché transféré à Salisbury.
RAM5DEN (Jessé), opticien, né en 1735 à Halifax ( York ) , membre de la Société royale de Londres en 1786, m. en 1800, trouva un moyen d'apprécier la dilatation des corps solides, inventa une machine pour la division des instruments de mathématiques, et perfectionna surtout les instruments astronomiques. Ses quarts de cercle muraux sont très-recherchés.
RAMSÈS. V. Ramessès.
RAMSGATE , v. d’Angleterre (Kent)', beau port sur la côte E. de l’ile de Thanet, à 104 kil. E.-S.-E. de Londres, à 24 E.-N.-E. de Cantorbéry; 11,000 hab. Bains de mer. Grand comm. avec la France et les ports de la Baltique. Son port, commencé par Smeaton en 1750, achevé par Rennie, est formé par deux jetées en pierre.
RAMUS , en français La Ramée ( Pierre ), célèbre philosophe, né dans le Vermandois vers 1502, m. en 1572, vint très-jeune à Paris, où la misère le réduisit à servir comme domestique au collège de Navarre. Il passait les nuits à étudier; bientôt il fut en état de suivre un cours de philosophie dans les écoles, et, au bout de 3 ans et demi , il fut reçu maître ès-arts. Il combattit vigoureusement la doctrine d’Aristote. Les deux premiers livres qu'il publia, en 1543, l'un intitulé: Institutiones dialecticœ, l'autre Animadversiones in di.slecticam Aristotelis, excitèrent de grands troubles dans l’université de Paris. On le traita d’impie et de séditieux ; le parlement informa ; mais François 1er évoqua l’affaire à sim conseil. Ramus repoussa victorieusement les reproches de Govea, fut néanmoins condamné, sou enseignement philosophique supprimé, ses livres interdits. L’année suivante, Ramus. s’étant laissé persuader d’enseigner au collège de Presles, la Sorbonne voulut l’eu faire chasser; le parlement l'y maintint. D'un autre côté, le cardinal de Lorraine fit annuler l’arrêt de condamnation de 1543, et obtenir à Ramus la chaire de philosophie et d’éloquence au Collège de France, en 1551. Les persécutions l’y suivirent également. On alla jusqu’à lui faire un crime de la façon dont il prononçait les mots quisquis et quanquam. Il fallut qu’un arrêt du parlement justifiât l’orthodoxie de sa prononciation. En 1562, Ramus présenta à Charles IX un plan pour la réforme de l’université. En 1567, il quitta Paris à cause de ses opinions religieuses, et se réfugia dans le camp du prince de Condé; il assista à la bataille de S'-Denis. Apres la paix, il voyagea en Allemagne, avec la permission de Charles IX, et revint en France en 1571. A la S^-Barthélemv, des assassins l’égorgèrent dans son logement du collège de Presles. Ou a attribué sa mort à l’un de ses antagonistes en philosophie, Charpentier, professeur de mathématiques au Collège île France. Ramus ne s'attacha guère qu'à perfectionner la logique; mais ou lui doit d’importantes améliorations dans la rhétorique, les mathématiques et la grammaire. On l’accuse d’avoir dérobé à Vives quelques-unes de ses inventions, d’avoir prodigué les divisions dans ses écrits, et abusé de la méthode dichotomique. Ses principaux ouvrages, outre ceux déjà cités, sont: A t ithmetic.æ libri III Paris, 1555, in-4°; Rheloricae distinctiones, 1549; lu IV libros Georgicorum et in Rucolica Viryilii prælectiones , 1555-56; Cireronianus, 1556, in-8<>, c’est la Vie de I Orateur romain; Scliolae grammaticce libri II, 1559, in 8°; Liber de moribus relerum G nllorum , 1559 ou 1562, trad. en français par Michel de Castelnau ; Liber de militid C.-J Ctrsaris , 1559; Grammatica latina , 1558; Grammatica gri rca, 1560; Grammaire française, 1562, où il propose quelques réformes orthographiques qui ont été conservées, entre autres, la distinction de l’u et du v, de l’i et du y, et celle des 3 sortes d’e (é, è, e ) ; Commentarius de reli jione chnstianà libri IV, Francfort , 1576, in-8° ; Pnrfationes , Episloht , Grationes , Paris, 1577, in-8°. Ses Œuvres complétés n’ont jamais été recueillies; la Bibliothèque impériale de Paris eu possède environ les deux tiers. V. Ch. Waddington, Ramus , sa vie, ses écrits et ses opinions, Paris, 1U55, iu-8®. C. N.