‹ Dictionnaire général de biographie et d'histoireChapitre 385 sur 864 · RAN · texte numérisé non relu

RAN

RAMUSIO on RAMNUSIO (Jean-Baptiste), né à Venise en 1485, d’une anc. famille originaire de Rimini , m. en 1557, fut chargé, par la République, de missions en France, en Suisse et à Rome, et devint secrétaire du Conseil des Dix. 11 a publié : Raccolla delle navigazioni e viaggi , Venise, 1550-59-66, 3 vol. in-fol., collection bien faite, et encore estimée des géographes, et qui comprend des ■voyages en Afrique, en Asie, et au Nouveau-Monde. On l’a réimprimée plusieurs fois, et une partie a été traduite en français dans la Description de l'Afrique de J. Temporal , Lyon , 1566, 2 vol. in-fol.

RANAI, une des îles Sandwich.

RANCE , riv. de France , prend sa source dans le département des Côtes-du-Nord, coule au S.-E., à l’E., puis au N., en passant à Dinan, Sl-Servan et S'-Malo; elle se jette dans la Manche, entre la pointe du Décole et le Petit-Bé. Cours de 80 kil., navigable avec la marée sur 20 kil., depuis Dinan. Elle communique avec la Vilabie par le canal d’Ille-et-Rance.

RANCÉ (Armand-Jean Le Bouthit.lter de), réformateur de la Trappe, né à Paris en 1626, d’une famille illustre de Bretagne, m. eu 1700, eut pour parrain le cardinal de Richelieu. La mort d’un frère aîné, abbé commendutaire de la Trappe, lui donna cette abbaye. A l’âge de 12 ans, il publia une édition d 'Anacréon, avec des scholies sur chaque ode, et fut reçu docteur en 1653. 11 fréquenta l’hôtel de Rambouillet, où il connut Mme de Montbazon, pour laquelle il conçut l’affection la plus vive. Jeune, riche, doué d’une figure agréable, il menait une vie fort dissipée : tantôt à Paris, tantôt à Véretz, belle terre qu’il possédait en Touraine, passionné pour les chevaux et la chasse, il vivait au sein des plaisirs, bien que tonsuré dès 1635 et ordonné prêtre en 1651. Député en 1645 à l'assemblée du clergé, il devint premier aumônier de Gaston d’Orléans. La mort subite de la duchesse de Montbazon lui fit faire un retour sur sa vie peu régulière, et enfin le jeta dans la pénitence à l’âge de 32 ans, en 1657 ; il prit un directeur, donna ses biens aux pauvres, et , de tous ses bénéfices, ne gardant que la Trappe, comme simple abbé régulier, il s’y retira en 1662. Nommé, par l’assemblée générale des communautés réformées, pour aller plaider à Rome la cause de VEtroite observance de Cileaux , il échoua dans deux voyages successifs, en 1665, mais n’en établit pas moins à la Trappe la réforme dont il publia les sévères Constitutions , en 1671. Cinq ou six années se passèrent obscurément; mais enfin les religieux affluèrent, et la Trappe attira l’attention du siècle ; on en dénonça la doctrine, et, en 1673, le roi lui donna des juges, qui ne décidèrent rien. De 1676 à 1689, de Rancé fut en proie à la maladie, suite de ses austérités, et composa le traité De la sainteté et des devoirs de ta vie monastique, Paris, 1683, in-4°. En 1690, il se chargea de la conduite spirituelle de l’abbaye des Clairets, monastère de femmes dépendant de la Trappe, et, presque mourant, il composa des Réflexions sur les quatre Evangélistes. Cinq ans après, ses infirmités ne lui permettant plus d’administrer son abbaye, il donna sa démission; mais il resta dans la maison comme simple religieux , sans se relâcher de ses austérités, et y mourut sur la paille et sur la cendre, à l’âge de 75 ans. Un a encore de lui : Lettres de piété , écrites à différentes personnes, 1701-1702, 2 vol. in-12; Lettres de Rancé, recueillies et publiées par Gouod, Paris, 1846, in-8°; Maximes chrétiennes et morales, Paris, 1698, 2 vol. in-12. La Vie de Rancé a été composée par Maupeou, Marsollier, I enain de Tillemont, ses contemporains, et par Chateaubriand, Paris, 1844, in-8°, lre édition; la 2e a subi de nombreux retranchements. F. B.

rancé, hameau (Moselle), arr. et à 24 kil. N. -O. de Briey, a donné son nom à l’abbé de Rancé.

RANCUGNE, vge (Charente), arr. et à20 kil. E.-N.-E. d’Angoulême; 500 hab. Grottes à stalactites.

RANDAN-.JUSSAT , ch.-l. de cant. (Puy-de-Dôme), arr. et à 25 kil. N.-E. de Riom; 1,930 hab. Château et vastes domaines de la famille d’Orléans.

RANDAZZO, Tissa, v. de Sicile, à 80 kil. S.-O. de Messine; 6,312 hab. Grains, vins, soie, huile.

RANGERS, v. de Danemark (Jutland), dans le stift et à 33 kil. N. -N. -O. d’Aarhuus, sur le Guden-Aa, à son embouchure dans le Randers- fjord; 9,725 hab. Arsenal, école classique, maison de correction. Distilleries, tanneries, fabr. de gants et bonneterie. Export, de grains, saumons fumés et salés, suif, etc.

KANDuLPH, v. des Etats-Unis (Massachusetts), à 24 kil. S. de Boston; 3,300 hab. — brg des Etats-Unis (Vermontl, à 45 kil. S. de Montpellier; 2,700 hab. Usines à fer.

RANDON. V. Chateauneuf-de-tîandon.

RAN ES, vge (Ornei, arr. et à 23 kil. S.-O. d’ Argentan, 560 hab. Forges et haut-fourneau.

RANGOUN, v. forte de l’Indo-Chine anglaise, port sur la rive g. de l’iraouaddy, à 50 kil. de son embouchure, dans la province et à 80 kil. S.- S.- O. de Régu, par 16° 45' lat. N., et 94° 4' 45" long. E.; 40,000 hab. Chantiers de construction. Les navires de 800 tonneaux peuvent y remonter. Principal entrepôt du commerce de la Birmanie : ivoire, coton, laque, bois de tek, cachou, cire, piment, pierres et métaux précieux. — Fondée en 1753 par Alompra. Les Anglais, qui la prirent en 1824, la rendirent aux Birmans en 1826, et la reprirent en 1852. Elle est le ch.-l. de la présidence de la Birman e britannique.

RANGPOUK, v. de l’Inde transgangélique anglaise, dans le district d’Assam, à 1,000 kil. N.-E. de Calcutta, par 25° 55' lat. N.,et86° 58' long. E. — v. de l’Hindoustan anglais (Bengale), à 475 kil. N. -N.-E. de Calcutta. Comm. de riz, soie, indigo, tabac.

RANNEK1N. V. Rennekin.

RANTZAU (Jean, comte de), illustre général danois, né dans le Holstein, en 1492, m. en 1565, aida Frédéric Ier, duc de Holstein, à monter sur le trône de Danemark lorsque Christian II fut déposé, 1523, lui soumit les villes qui refusaient de le reconnaître, et fut son conseiller intime. Souvent aux prises avec des armées su périeures en nombre, il sortit toujours victorieux, et mérita, par son intrépidité, d’ètre surnommé l'Achille de la Cliersonèse Cimbrique. Il jouit aussi d’un grand crédit sous les rois Christian 111, et Frédéric II.

kantzau (Henri de), fils du précédent, né en 1526, m. en 1598, passa 7 ans à la cour de Charlrs-Quint, l’accompagna au siège de Metz, et succéda à son père dans le gouvernement du Slesvig et du Holstein. Il protégea les sciences et les lettres, qu’il aimait avec passion, mais crut à l’astrologie. On a de lui : Hisloria belli Dilhmarsici, ouvrage publié sous le pseudonyme de Cilicius, Bâle, 1570; de Cotiser vondd valeliidine , Leipzig, 1576, in-8° ; Cutalogus imperatorum , regum et principum qui arlem aslrologicam anidrunl, Anvers, 1580, in-12; Aoroscopograpliia, ou Considérations des choses invisibles, Strasbourg, 1585, in-4°; Genealogia Ranzoviana, Hambourg, 1585, in-4° ; Epigrammata et carmma varia, Leipzig, 1585, in-4° ; Calendarium Ranzovianum, tain ad usum medicorum quàm aslrologorum, Hambourg, 1590, in-fol.; Commenlarius bellicus, Franef., 1595 , in-4°, etc. ,

rantzau (Daniel de), général danois, né en 1529, m. en 1569, fit ses premières armes dans l’armée de Cliarles- Quint, rentra dans sa patrie, servit dans la guerre contre les Suédois, les battit à Svarteraar en 1565, et s’illustra en Scanie, 1568, par une retraite exécutée avec une rare habileté. 11 périt au siège de Warberg.

rantzau (Josias, comte de), né dans le Holstein au commencement du xvii* siècle , m. en 1650, servit jeune dans les armées suédoises , parut avec honneur au siège d’Andernach, 1633, conduisit l’aile gauche de l’armée du prince de Birkenfeld au combat de Pfaffenhoven ou de Paqucnaw, gagné sur le duc de Lorraine (10 août 1633), assista (octobre 1633) au siège de Brisach, vint eu France, 1635, avec Axel Oxenstiern, séduisit Louis XIII par ses dehors brillants et sa connaissance des langues européennes, fut nommé maréchal de camp et colonel de deux régiments, prit part, sous le prince Henri II de Coudé, à l’invasion de la Franche-Comté, 1636, y perdit un oeil au siège de Dole, protégea la retraite, et fit lever à Gallas le siège de S*-Jean-de-Losne. Il passa en Flandre, perdit une jambe et une main au siège d’Arras, 1640, se distingua au siège et dans la retraite d’Aire, 1641, et, en 1642, fut fait prisonnier à Honnecourt. Echangé , il servit, au début du règne de Louis XIV, sous le duc d’Eughien, prit ensuite en Allemagne, après la mort de Guébriant, le commandement des troupes weymariennes , perdit , par leur indiscipline et ses fautes, la bataille de Dutlingen ou Tutlingen contre Charles III de Lorraine, Merci et J. de Werth, et fut fait prisonnier. 11 servit ensuite en Flandre sous Gaston d’Orléans et Gassion, prit Gravelines, 1644, en fut nommé gouverneur, reçut, 1645, le bâton de maréchal des mains de Gaston , et , en conséquence, abjura le protestantisme. Maître et gouverneur de Dunkerque , 1646, il s’empara de Dixmude, 1647, acheva de prendre Lens après la mort de Gassion, enfin soumit, 1647 -48, toutes les villes du littoral, Béthune, Bourbourg, Courtray, Bergues, Mardiek et Fûmes. Suspect a M.izarin. arrêté àS'-Germain, 1649, il passa 11 mois à la Bastille, et, peu après en être sorti, mourut d’une hydropisie contractée en prison. Il était plein de cœur d’esprit, d’une

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